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Ursula von der Leyen

politicienne allemande

Ursula von der Leyen
Illustration.
Ursula von der Leyen en 2019.
Fonctions
Ministre fédérale allemande de la Défense

(5 ans, 6 mois et 29 jours)
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel III et IV
Prédécesseur Thomas de Maizière
Ministre fédérale du Travail
et des Affaires sociales

(4 ans et 17 jours)
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel II
Prédécesseur Franz Josef Jung
Successeur Andrea Nahles
Ministre fédérale de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse

(4 ans et 5 jours)
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel I et II
Prédécesseur Renate Schmidt
Successeur Kristina Köhler
Ministre des Affaires sociales, des Femmes, de la Famille et de la Santé de Basse-Saxe

(2 ans, 8 mois et 18 jours)
Ministre-président Christian Wulff
Gouvernement Wulff I
Prédécesseur Gitta Trauernicht
Successeur Mechthild Ross-Luttmann
Biographie
Nom de naissance Ursula Gertrud Albrecht
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Ixelles (Belgique)
Nationalité Allemande
Parti politique CDU
Père Ernst Albrecht
Diplômée de Université Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre
London School of Economics and Political Science
Profession Médecin

Signature de Ursula von der Leyen

Ursula von der Leyen
Ministres fédéraux de la Défense d'Allemagne
Ministres fédéraux du Travail d'Allemagne
Ministres fédéraux de la Famille d'Allemagne

Ursula Gertrud von der Leyen (Écouter), née Albrecht le à Ixelles (Belgique), est une femme politique allemande membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU).

En 2003, à la suite de la victoire de Christian Wulff aux élections en Basse-Saxe, elle devient ministre de la Famille du Land. Elle est choisie deux ans plus tard par Angela Merkel pour occuper le ministère fédéral de la Famille dans sa première grande coalition. Proche de la chancelière, elle mène une politique familiale jugée aux antipodes des positions de son parti en favorisant notamment le développement des crèches et en instituant un « salaire parental ».

Elle est reconduite en octobre 2009, puis nommée ministre fédérale du Travail à peine un mois plus tard, du fait de la démission de Franz Josef Jung. À la suite de la démission du président fédéral Horst Köhler le 31 mai 2010, elle est perçue comme favorite pour lui succéder, mais c'est finalement Wulff qui est choisi par la coalition au pouvoir.

Elle devient ministre fédérale de la Défense en décembre 2013, étant la première femme à occuper ce poste. Sa désignation à ce poste régalien puis sa reconduction en mars 2018 en font alors l'une des potentielles successeures de la chancelière Merkel. Quelques mois plus tard, ce statut lui est ravi par Annegret Kramp-Karrenbauer.

En juillet 2019, elle est proposée par le Conseil européen comme future présidente de la Commission européenne.

Sommaire

Situation personnelleModifier

OriginesModifier

Ursula von der Leyen est la fille d'Ernst Albrecht, ministre-président de Basse-Saxe de 1976 à 1990[1]. Son frère Hans-Holger, dirigeant d'entreprises, est le président-directeur général de Deezer depuis février 2015[2].

Elle descend d'une famille de la bourgeoisie hanséatique, avec des connexions aristocratiques, et dont l'origine remonte au XVIIe siècle[3].`

FormationModifier

Elle passe son enfance en Belgique, où elle fréquente l'École européenne dès 1964, ce qui lui vaut d'être bilingue allemand et français[4].

En 1976, elle obtient un Abitur en mathématiques et sciences. Elle étudie les sciences économiques aux universités de Göttingen et de Münster entre 1977 et 1980. Elle fréquente la London School of Economics, sous un nom d'emprunt, du fait de la notoriété de son père en pleine période de montée des groupes terroristes d'extrême gauche en Allemagne de l'Ouest, comme la Fraction armée rouge[5].

À partir de 1980, elle entreprend des études de médecine à l'université Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre, qui durent sept ans. À l'issue de ce cursus, elle défend sa thèse et devient docteure en 1991. Elle quitte l’Allemagne l'année suivante pour passer quatre ans à l’université Stanford où elle suit des cours d’économie.

Le 27 septembre 2015, le site internet anti-plagiat VroniPlag Wiki déclare avoir trouvé des « passages avec du plagiat » dans 27 pages de la thèse de doctorat d'Ursula von der Leyen. Elle rejette ces allégations et demande qu'un comité indépendant mène une enquête sur ces allégations[6]. Après avoir effectué une vérification préliminaire, l'université ouvre une procédure formelle d'examen[7] ; néanmoins, en mars 2016, elle est disculpée des accusations dirigées contre elle[8].

En octobre 2015, un représentant de l'université Stanford critique Von der Leyen pour avoir indiqué sur son CV qu'elle a participé à des activités universitaires sans avoir reçu des crédits scolaires pour celles-ci[9]. Par la suite, la presse rend public qu'elle prétendait avoir fréquenté l'université Stanford en tant « qu'auditeure invitée », alors que ce poste n'existe pas[10],[11].

Vie familialeModifier

Ursula von der Leyen est mariée à Heiko von der Leyen, professeur de médecine, PDG d'une société de développement des Affaires (l'ingénierie médicale) et membre de la famille von der Leyen, une famille aristocratique connue comme des entrepreneurs de soie. Ils se sont rencontrés dans une chorale universitaire à Göttingen[12].

Ursula et Heiko von der Leyen ont sept enfants : David (1987), Sophie (1989), Donata (1992), les jumelles Victoria et Johanna (1994), Egmont (1998) et Gracia (1999)[13]. Jusqu'à la fin de 2014, sa famille vivait dans une ferme près de Hanovre avec son père Ernst Albrecht qui est atteint de la maladie d'Alzheimer.

Carrière professionnelleModifier

Elle est médecin assistant à la maternité de l’université de Hanovre entre 1988 et 1992. Elle revient en Allemagne en 1996 et occupe un poste de chercheuse assistante en médecine sociale et recherche dans le domaine du système de santé au sein du département d’épidémiologie de la faculté de médecine de Hanovre de 1998 à 2002.

Parcours politiqueModifier

Débuts et ascension en Basse-SaxeModifier

Elle rejoint l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), dont son père a été vice-président fédéral, en 1990. Elle entame son parcours politique 11 ans plus tard, lorsqu'elle remporte un mandat d'élue locale au sein de l'assemblée de la région de Hanovre. Lors des élections régionales du 2 février 2003, elle est élue à 44 ans députée au Landtag de Basse-Saxe dans la circonscription orientale de Lehrte avec 39 % des voix.

Le scrutin ayant permis au chrétien-démocrate Christian Wulff de former une coalition noire-jaune avec les libéraux, Ursula von der Leyen est nommée le 4 mars ministre des Affaires sociales, des Femmes, de la Famille et de la Santé. Au cours du 18e congrès fédéral de la CDU, convoqué à Düsseldorf en décembre 2004, elle intègre le bureau (präsidium) du parti.

Ministre fédérale de la FamilleModifier

En août 2005, la candidate de la CDU/CSU à la chancellerie fédérale Angela Merkel la nomme au sein de son équipe de campagne (kompetenzteam), chargée des questions sociales. Le scrutin est remporté par les chrétiens-démocrates mais aucune majorité n'émerge au Bundestag. Merkel constitue alors une grande coalition avec le SPD le 22 novembre suivant, au sein de laquelle Ursula von der Leyen est nommée ministre fédérale de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse.

Garde des enfantsModifier

Elle conduit une politique familiale novatrice. Elle encourage ainsi le développement des crèches afin que les femmes puissent concilier travail et éducation des enfants, en contradiction avec la vision de la famille de son propre parti[14]. En 2005, elle fait adopter une loi (Kinderförderungsgesetz) qui garantit un budget de 4,3 milliards d'euros pour financer des systèmes de garde des enfants.

Salaire parentalModifier

En 2007, elle assure par ailleurs la mise en place d'un salaire parental, qui permet au parent s'arrêtant de travailler de toucher jusqu'à 1 800 euros par mois pendant les quatorze premiers mois de l'enfant au plus[15], hommes compris[16].

Elle propose en outre la création d'un congé parental rémunéré (Elternzeit) de deux mois pour les pères. Ce projet est critiqué par l'évêque catholique Walter Mixa, qui l'accuse de vouloir transformer les femmes en « machines à donner naissance ». Le président du groupement régional de la CSU Peter Ramsauer ironise sur le fait que les hommes n'ont pas besoin de « stage de changement de couches ». Elle emporte le soutien de l'opinion publique au moyen d'une campagne de communication gouvernementale, critiquée pour son coût de trois millions d'euros alors qu'elle véhicule un message perçu comme politisé[17].

Blocage de la pédopornographieModifier

 
Caricature d'Ursula von der Leyen en « Zensursula ».

Elle se montre également favorable à un blocage des sites Internet de pédopornographie par les fournisseurs d'accès sur la base d'une liste élaborée par l'Office fédéral de police criminelle (BKA)[18],[19].

Elle se voit affublée du sobriquet de « Zensursula » (en français : « Censursula »), un mot-valise associant le prénom de la ministre et le terme « censure » (Zensur). [20]. L'association du sujet de la pédopornographie à la censure d'Internet aurait alors causé un intérêt croissant dans le Parti pirate[21].

En juillet 2009, elle déclare que la lutte contre la pédopornographie en ligne était rendue difficile puisque les personnes responsables se servaient de serveurs localisés en Afrique et en Inde. Selon elle, « la pédopornographie est légale »[22] dans ce dernier pays, basant son propos sur une étude effectuée par le Centre international pour enfants disparus et sexuellement exploités en 2006. La pédopornographie se trouvant en réalité illégale dans le sous-continent, la ministre présente ses excuses par la suite.

Ministre fédérale du TravailModifier

 
Ursula von der Leyen en 2013.

Élue députée fédérale au Bundestag lors des élections législatives fédérales du 27 septembre 2009, elle est reconduite à son ministère le 28 octobre suivant. Toutefois, à la suite de la démission de Franz Josef Jung, elle est appelée le 30 novembre à le remplacer comme ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales.

Au début de l'année 2010, elle doit faire face aux conséquences d'une décision du Tribunal constitutionnel fédéral qui invalide la réforme de l'assurance chômage (Hartz IV) de Gerhard Schröder et Wolfgang Clement pour cause d'insuffisance des allocations et déclare à ce titre que « ce jugement est incontestable et la société va devoir payer, c'est clair »[23].

À l'occasion du 23e congrès fédéral de la CDU à Karlsruhe, le , elle est élue vice-présidente du parti, sous la présidence d'Angela Merkel, avec 85,12 % des voix[24].

Elle est favorable à la création d'un salaire minimum[16]. En 2013, elle défend sans succès l'instauration de quotas de femmes au sein des conseils d'administration. Ce quota exigerait qu'il y ait au moins 20 % de femmes au sein des conseils d'administration d'ici 2018 et qui augmenterait à 40 % d'ici 2023[25].

Pressentie pour la présidence fédéraleModifier

Après la démission du président fédéral Horst Köhler le , elle est présentée comme favorite pour être candidate de la coalition noire-jaune à l'élection présidentielle anticipée, disposant notamment du soutien de Merkel[26].

Les trois formations lui préfèrent finalement Christian Wulff[27]. Jugé plus consensuel, son élection se révèle finalement plus compliquée qu'attendu en étant acquise au troisième tour de scrutin malgré la majorité dont bénéficie la coalition noire-jaune.

Ministre fédérale de la DéfenseModifier

 
Ursula von der Leyen, en 2014.

Lors des négociations pour la formation du troisième cabinet Merkel, constitué d'une nouvelle grande coalition, le ministère du Travail est attribué au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Un temps pressentie comme ministre fédérale de la Santé, avec des compétences élargies à la réforme des retraites, Ursula von der Leyen est finalement nommée ministre fédérale de la Défense le 17 décembre 2013. C'est la première fois qu'une femme prend ces responsabilités et la seconde fois qu'un ministère fédéral régalien est dirigé par une femme. Cette nomination est perçue comme renforçant son statut de successeur potentielle de la chancelière Merkel[28].

Guerre d'AfghanistanModifier

Au cours de ses 12 premiers mois de mandat, elle rend visite trois fois aux troupes de la Bundeswehr déployées en Afghanistan. Elle gère ainsi le retrait graduel de l'armée allemande, en parallèle de la réduction de la présence de l'OTAN[29].

Au cours de l'été 2014, elle a joué un rôle clé dans la décision de l'Allemagne de réapprovisionner les forces peshmerga kurdes avec des armes létales[30]. En septembre 2015, elle se dit ouverte à l'idée de reporter le retrait de 850 soldats allemands installés dans le nord du pays prévu en 2016, après la prise inattendue par les Talibans de la ville de Kondoz, où les troupes fédérales avaient été stationnées[31].

Crises géopolitiquesModifier

À la suite de critiques de la part de hauts responsables allemands sur la répression militaire du président turc Recep Tayyip Erdoğan à l'encontre des militants kurdes en août 2015, elle décide de laisser la mission des batteries Patriot, qui a duré trois ans en Turquie du sud, s'écouler au lieu de demander le soutien de la part du parlement pour la prolonger. Elle prend également la décision d'engager 65 millions d'euros pour établir une présence permanente sur la base Incirlik dans le cadre de l'engagement allemand contre l'organisation terroriste État islamique[32].

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, elle revendique la décision allemande de ne pas approvisionner l'Ukraine en armes. Elle souligne l'importance pour l'Europe d'être unie dans le conflit ukraino-russe et affirme que les négociations avec la Russie sont possibles, contrairement à Daesh. Selon elle, l'Allemagne perçoit la situation conflictuelle comme une occasion de démontrer qu'au XXIe siècle, les pays développés doivent régler leurs conflits par la négociation[33]. Pour elle, fournir des armes aux autorités ukrainiennes afin de les aider à se défendre pourrait avoir des conséquences imprévues et fatales : « La livraison d'armes serait un accélérateur de feu. Cela pourrait donner un prétexte au Kremlin d'intervenir ouvertement dans ce conflit »[34].

Au début de l'année , elle obtient du Bundestag l'envoi d'un contingent de 650 soldats au plus au Mali dans le cadre de la MINUSMA[35].

Réforme des forces arméesModifier

En 2014, elle propose un régime pour rendre la Bundeswehr plus attrayante pour les nouvelles recrues, en offrant même des garderies aux enfants des soldats, en limitant les affectations pour qu'elles s'alignent avec les périodes scolaires ainsi que des augmentations importantes des primes pour les affectations dangereuses[36],[37].

En 2017, après un scandale, elle interdit la vénération de symboles faisant référence au nazisme dans l'armée allemande[38].

Achat et vente de matériel militaireModifier

 
Ursula von der Leyen et Mike Pompeo, en 2018.

Au début de son mandat, elle s'engage à mieux gérer le budget pour le matériel militaire après avoir publié un rapport préparé par KPMG sur les échecs répétés du contrôle des fournisseurs, des coûts et des délais de livraison, par exemple avec l'avion de transport Airbus A400M, l'Eurofighter Typhoon et le véhicule de combat blindé Boxer[39].

Au début de 2015, elle critique ouvertement Airbus pour les délais de livraison de l'avion de transport A400M en déclarant que la compagnie avait de graves problèmes avec la qualité du produit. Sous sa direction, le ministère a accepté de recevoir 13 millions d'euros comme indemnisation pour les délais de la livraison des deuxième et troisième avions A400M ; en 2016, elle demande 12,7 millions d'euros supplémentaires comme indemnisation pour les délais de livraison du quatrième avion.

Durant son séjour en Inde en 2015, elle annonce un contrat avec le gouvernement pour bâtir six petits sous-marins diesel-électrique TKMS, un projet de 11 milliards de dollars[40],[41].

ImpopularitéModifier

Bénéficiant d’une popularité relativement élevée à partir de 2005, elle voit les bonnes opinions en sa faveur diminuer lors de son passage au ministère de la Défense[42]. Alors que l’armée lui reproche ses méthodes de travail, elle est régulièrement accusée de mauvaise gestion du budget de son ministère[42]. En 2019, sa popularité tombe sous les 30 % et une étude d'opinion réalisée pour le quotidien Bild indique que les Allemands la perçoivent comme le deuxième personne la moins compétente au Gouvernement[42]. Après le Conseil européen de , seuls 33 % des Allemands sondés par l’institut Infratest dimap estiment qu’elle ferait une bonne présidente de la Commission européenne[43].

Pressentie pour la présidence de la Commission européenneModifier

Le 2 juillet 2019, les chefs d'État et de gouvernement réunis en Conseil européen proposent qu'Ursula von der Leyen soit désignée présidente de la Commission européenne en remplacement du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, en poste depuis 2014[44]. Elle a été suggérée par Emmanuel Macron à Angela Merkel afin de débloquer les négociations entre dirigeants européens[45],[46], alors que la candidature du social-démocrate néerlandais Frans Timmermans, qui faisait l'objet de l'accord des dirigeants européens présents au sommet du G20 quelques jours plus tôt, a été rejetée par des figures du Parti populaire européen et les dirigeants polonais et hongrois[46]. Devant l'hostilité du Parti social-démocrate d'Allemagne, membre de son gouvernement, à l'égard du choix final d'Ursula von der Leyen, Angela Merkel s’abstient lors du vote sur son nom, tout en votant en faveur de l'ensemble des nominations pour les différents postes[46]. Ce choix rompt avec le système du spitzenkandidat, consistant à proposer comme président de la Commission la tête de liste du parti européen arrivé en tête des élections européennes, qui avait conduit à l'élection de Jean-Claude Juncker en 2014[46].

Pour ses auditions par les groupes du Parlement européen, elle s'avère, selon Emmanuel Berretta du Point, contrainte d'« en rester aux généralités » la plupart du temps, alors que les députés exigent des réponses tranchées sur les sujets sensibles. Elle se prononce cependant pour laisser le temps nécessaire aux Britanniques pour mener à bien les négociations du Brexit, allant ainsi à l'encontre de la position d'Emmanuel Macron. Après son audition, le groupe des Verts/Alliance libre européenne annonce qu'il votera contre elle[47].

Prises de positionModifier

Politique étrangèreModifier

 
Ursula von der Leyen à la base aérienne d'Incirlik, en 2016

Elle défend en 2014 la nécessité pour l'Allemagne de développer une politique étrangère plus ferme[48]. Le gouvernement valide ainsi en septembre suivant l'envoi d'armes aux forces armées kurdes et irakiennes, rompant la tradition allemande de ne pas exporter de matériel militaire vers une zone de conflit[49].

Réagissant à détérioration des relations euro-russes lors de la crise de Crimée, elle estime que « la dépendance au bon fonctionnement de la relation commerciale avec l'Europe est beaucoup plus importante en Russie » et que les sanctions imposées par les Européens pourraient pousser les oligarques et la société civile russes à réagir auprès de Vladimir Poutine[50]. Elle appelle par ailleurs l'OTAN à mieux protéger les pays baltes dans ce contexte[51].

Le 18 janvier 2019, elle publie une tribune dans The New York Times où elle soutient l'existence de l'OTAN et plaide pour plus de coopération sur les enjeux de défense entre les pays occidentaux[52].

Intégration européenneModifier

 
Ursula von der Leyen et son homologue néerlandaise Jeanine Hennis-Plasschaert, en 2016.

Dans une entrevue accordée au journal Der Spiegel en 2011, elle exprime sa préférence pour « des États-Unis d'Europe – gérés sur le modèle de l'État suisse, de l'Allemagne ou des États-Unis » qui renforceraient la grandeur de l'Europe tout en s'accordant sur des questions importantes telles que la finance, la fiscalité et la politique économique[53]. Au cours de la même année, Angela Merkel critique fortement sa ministre, pour avoir exigé que la Grèce offre des garanties pour les prêts d'urgence afin d'éviter un défaut de paiement[54].

En 2015, elle déclare qu'une armée européenne doit être envisagée sur le long terme « peut-être pas par mes enfants, mais par mes petits enfants »[55]. Au mois de mars, elle rencontre ses homologues français Jean-Yves Le Drian et polonais Tomasz Siemoniak pour encourager la coopération entre leurs trois pays dans les zones de crise. Il s'agit ainsi de la première réunion au niveau du Triangle de Weimar depuis 2007[56]. À la suite du référendum du Royaume-Uni sur l'appartenance à l'Union Européenne en 2016, elle assure que le Royaume-Uni avait « paralysé » les efforts des autres États européens d'intégration dans une politique de sécurité et « bloquait toujours tout ce qui était caractérisé comme étant européen »[57].

Droits homosexuelsModifier

Quand la Cour constitutionnelle fédérale a donné raison à l'égalité fiscale aux couples homosexuels en 2013, Von der Leyen s'exprime en faveur de droit égal à l'adoption, affirmant : « je ne connais pas d'étude qui dit que les enfants qui grandissent avec des parents homosexuels réussissent différemment que ceux qui grandissent avec des parents hétérosexuels ».

Notes et référencesModifier

  1. Nathalie Versieux, « Ursula von der Leyen, la gente d'armes de l'Allemagne », Libération,‎ , p. 10-11 (lire en ligne).
  2. « Un nouveau patron chez Deezer », sur Les Echos, (consulté le 3 juillet 2019)
  3. Jean-Marc Gonin et Nicolas Barotte, « Ursula von der Layen, mère courage », in Le Figaro Magazine, semaine du 27 décembre 2013, p. 24-26.
  4. (de) « Small Talk auf höchster Ebene », Der Tagesspiegel,‎ (lire en ligne)
  5. Marie-Pierre Gröndahl, « Ursula von der Leyen - À bride abattue vers le pouvoir », Paris Match, semaine du 9 janvier 2014, pages 70-73.
  6. (en) « Gay Adoption Debate Flusters Conservatives », (consulté le 20 février 2017).
  7. (en) « German defence minister denies plagiarism », (consulté le 20 février 2017).
  8. (de) « Ursula von der Leyen als Exempel? », (consulté le 20 février 2017).
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  10. (en) « Stanford accuses von der Leyen of misrepresentation », (consulté le 20 février 2017).
  11. (de) « Was von der Leyen gewesen sein will, gibt es gar nicht », (consulté le 20 février 2017).
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  13. (de) « Von der Leyen will Lebenslauf nicht manipuliert haben », (consulté le 20 février 2017).
  14. Pierre Bocev et Ursula von der Leyen, « L'enfant doit être un enrichissement, pas un problème », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  15. « La nouvelle ministre allemande du Travail est déjà une star », Gala, le
  16. a et b Le magazine du Monde, 24 décembre 2011, page 18.
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  21. (de) « "Zensursula" geht in die Offensive= », (consulté le 20 février 2017)
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AnnexesModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier