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Troisième Guerre mondiale

hypothétique guerre mondiale future

La Troisième Guerre mondiale, WWIII ou encore WW3, est une expression désignant une hypothétique nouvelle guerre mondiale, qui serait caractérisée par l'usage de l'arme nucléaire, ou bien d'autres conflits jugés d'importance planétaire, survenus après , comme la guerre froide ou la lutte contre le terrorisme.

Sommaire

Utilisations de l'expressionModifier

 
Le centre ville d'Hiroshima en 1945 après la bombe.
 
Axes possibles d'attaque en cas d'offensive du pacte de Varsovie contre l'Allemagne de l'Ouest si la guerre froide avait dégénéré en Troisième Guerre mondiale.

Une idée en lien avec la guerre froideModifier

Elle trouve son origine dans la crainte que la confrontation entre les deux superpuissances de la guerre froide, l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et les États-Unis, n'aboutisse à une guerre totale mobilisant leur arsenal nucléaire. L'expression biblique armageddon a parfois été utilisée, ainsi que "MAD" (Mutually Assured Destruction: destruction mutuelle assurée), ou équilibre de la terreur. Cette guerre aurait constitué un ultime engagement, provoquant la fin de la civilisation et l'extinction de l’espèce humaine pendant un hiver nucléaire. Le recours à une utilisation limitée ou massive d'armes nucléaires pouvant aller jusqu'à la destruction de l'essentiel des terres habitées figurent parmi les scénarios possibles de cette guerre.

La menace d'anéantissement était prégnante dans la pensée collective au lendemain du second conflit mondial, après que l'opinion publique internationale eut découvert le champignon atomique. Interrogé en à propos de l'armement qui serait employé lors d'une éventuelle Troisième Guerre mondiale, Albert Einstein répondit : « Je ne sais pas, mais je peux vous dire ce qu'ils utiliseront dans la quatrième : ils utiliseront des pierres ! »[1],[2]

Cette peur fut relayée par divers médias et sous diverses formes, y compris de nombreuses fictions en déclinant l'hypothèse et entretenant la psychose collective[3].

Tensions critiques historiquesModifier

Les contemporains ont vraiment cru qu'en 1962, la crise des missiles de Cuba entre les États-Unis, Cuba, et l'Union des républiques socialistes soviétiques, venant ajouter un surcroît de tensions à celles déjà générées en 1961 par la construction du mur de Berlin, aurait pu déclencher la Troisième Guerre mondiale.

Les tensions les plus connues qui auraient pu amener une guerre mondiale sont ainsi : la Guerre de Corée: du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953; la crise des missiles cubaine des 15-28 octobre 1962; les tensions entre superpuissances de la Guerre du Kippour du 6 au 25 octobre 1973.

Fausses alertesModifier

Le NORAD fut confronté à une erreur informatique le 9 novembre 1979. Les États-Unis ont procédé à des préparatifs de représailles d'urgence après que le NORAD eut constaté à l'écran qu'une attaque soviétique à grande échelle avait été lancée[4]. Aucune tentative n'a été faite pour utiliser le "téléphone rouge" pour faire clarifier la situation par l'URSS, et ce n'est que lorsque des systèmes de radar d'alerte précoce eurent confirmé qu'aucun lancement de ce type n'avait eu lieu que le NORAD s'est rendu compte qu'un test de système informatique avait provoqué la erreurs d'affichage. Un sénateur à l’époque a décrit une atmosphère de panique absolue au NORAD. Une enquête du GAO a abouti à la construction d’une installation d’essai hors site afin de prévenir des erreurs similaires[5].

Dans la nuit du 25 au , Stanislav Petrov officier de garde soviétique sur la base d'alerte stratégique de Serpoukhov-15, est chargé de recueillir les informations d'éventuels tirs de missiles nucléaires contre son pays. Le système informatique d'alerte anti-missiles Krokus indiqua cinq tirs de missiles balistiques intercontinentaux ICBM Minuteman en provenance de la Malmstrom Air Force Base, aux États-Unis. Ne disposant que de quelques instants pour analyser la situation mais devant le faible nombre de missiles détectés, il indiqua à ses supérieurs qu'il s'agissait selon lui d'une fausse alerte. Son avis fut suivi et permit ainsi d'éviter une riposte soviétique qui aurait pu être le point de commencement d'un conflit nucléaire.

Au cours des manœuvres Able Archer 83, exercice de l' OTAN simulant une période d' escalade de conflit et aboutissant à une frappe nucléaire DEFCON 1, certains membres du Politburo et des forces armées soviétiques ont qualifié cet événement de " ruse de guerre . En réponse, l'armée soviétique s'est préparée à une contre-attaque coordonnée en préparant ses forces nucléaires et en plaçant sous haute alerte ses unités aériennes stationnées dans les États de l'Allemagne de l' Est et de la Pologne relevant du Pacte de Varsovie. L'état de préparation soviétique aux représailles cessa dès la fin des exercices de l'OTAN[6].

L'incident à la roquette norvégien du 25 janvier 1995 est le seul à se dérouler en dehors de la guerre froide. Cet incident est survenu lorsque la station d'alerte précoce russe d'Olenegorsk a accidentellement confondu la signature radar d'une fusée de recherche Black Brant XII (lancée conjointement par des scientifiques norvégiens et américains de Andøya Rocket Range), comme semblant être la signature radar du lancement d'un Missile Trident SLBM. En réponse, le président russe Boris Eltsine a été convoqué et la mallette nucléaire Cheget a été activée pour la première et unique fois. Cependant, le haut commandement a rapidement été en mesure de déterminer que la fusée n'entrait pas dans l'espace aérien russe et a rapidement annulé ses plans de préparation au combat et de représailles. Il a été déterminé rétrospectivement que, alors que les scientifiques de la fusée avaient informé du lancement du test trente États, dont la Russie, les informations n’avaient pas été transmises aux techniciens de radar russes[7].

Troisième ou quatrième?Modifier

La guerre froide est parfois elle-même qualifiée de Troisième Guerre mondiale, notamment dans une approche qui ferait de la guerre contre le terrorisme la « Quatrième Guerre mondiale ». Cette thèse se fonde sur le fait que la confrontation mondiale entre les deux blocs, communistes et capitalistes occidentaux a eu pour conséquence des guerres ou l'alimentation de guerres. Celles-ci ont pour point commun d'avoir constitué des engagements par procuration entre l'URSS et les États-Unis : guerre de Corée, guerre du Viêt Nam, guerre civile angolaise, guerre d'Afghanistan (1979-1989), etc.

Depuis, certains ont introduit l'idée de Quatrième Guerre mondiale, ce qui sous-entend qu'il y en ait eu une Troisième, en l'occurrence la Guerre Froide. Néanmoins cette introduction de la Quatrième Guerre Mondiale est faite en lui donnant une légère nuance. Contrairement à la connotation de la troisième avec la fin des fins futures, la quatrième, qui aurait déjà commencé lors des attentats du 11 septembre 2001, conduisant aux guerres d'Afghanistan et d'Irak, ne verrait l'apocalypse que comme un risque possible de l'issue de ces conflits. Le passage de « troisième » à « quatrième » illustrerait aussi le changement d'adversaire du bloc capitaliste, le communisme étant remplacé par le nationalisme, dont notamment l'islamisme, dans les années 1990. Cette idée inclut aussi un conflit qui ne se concentre pas sur une zone délimitée comme jadis mais qui fait du monde entier un territoire de guerre, avec comme bataille les attentats (Charlie Hebdo, Boston, Bruxelles-Zaventem...).

Mais l'expression Troisième Guerre mondiale a également été employée en une occasion par l'ancien président américain George W. Bush pour désigner sa campagne militaire antiterroriste[8], ou pour évoquer la possibilité d'une confrontation armée qui opposerait Israël et les grandes puissances occidentales à l'Iran et la Corée du Nord (soutenus par la Chine et la Russie) à propos de leurs programmes nucléaires respectifs dont le but supposé ne serait autre que la fabrication et l'utilisation d'armes de destruction massive[9].

On parle aussi, depuis l'année 2014, en liaison avec des agissements réels ou supposés du Kremlin, de nouvelle guerre froide.

Les nations: intégration ou non à un ordre internationalModifier

En , pour Mikhaïl Gorbatchev, la montée de l'armement ainsi que les politiques menées peuvent mener à une troisième guerre mondiale[10],[11]. Il base son analyse sur la difficulté de trouver les budgets nécessaires pour les besoins sociaux essentiels alors que les budgets militaires augmentent[12]. Il constate également que le contexte international est très tendu, alors que les politiciens, militaires et certains médias comme la télévision diffusent des idéologies agressives[12].

En , Robert Kagan écrit un article dans le magazine américain Foreign Policy[13] et repris ensuite sur Slate[14] dans lequel il s'inquiète de l'avènement potentiel d'une Troisième Guerre mondiale face à l'expansionnisme territorial démesuré, au militarisme croissant et à la politique hégémonique de la Russie (en Europe de l'Est) et de la Chine (à propos des archipels Spratleys, Paracels et des îles Senkaku), assimilées à des « puissances révisionnistes », telles l'Allemagne nazie ou le Japon responsables de la Seconde Guerre mondiale. Pour lui, de telles puissances insatisfaites de l'ordre international établi profitent de la faiblesse et du laxisme des démocraties occidentales pour adopter une attitude nationaliste, militariste et toujours plus belliqueuse et regrette la mollesse supposée de l'administration Obama devant les Russes et les Chinois[13],[14].

La psychologie politiqueModifier

Dirigeant contesté, imprévisible, Donald Trump dit en vouloir établir des « zones sûres » en Syrie alors qu'il avait pourtant préalablement affirmé que cette idée mènerait à une troisième guerre mondiale[15]. Dans ce contexte, Alain Tourigny du journal québécois La Presse prétend que l'attitude de Donald Trump pourrait mettre en danger le monde et conduire en effet à une troisième guerre mondiale[16]. La psychologie politique observe et problématise de tels comportements.

La place de l'intelligence artificielle et des robots dans une guerre futureModifier

Une guerre devant en permanence être considérée comme possible, les armements sont en évolution elle aussi permanente, parfois dans la difficulté en raison de la complexité croissante du lien entre matériel et logiciels, comme pour l'avion américain F-35.

En 2013, est présenté un projet d'exosquelette à usage militaire pour l'armée des USA[17], c'est le projet d'armure TALOS (Tactical Assault Light Operator Suit). Des recherches ont lieu aussi en Russie[18].

En 2014, Amnesty International dénonce certains robots de l'entreprise Boston Dynamics comme pouvant devenir des robots tueurs[19].

En , Elon Musk théorise que la prochaine guerre mondiale serait liée à la maîtrise des intelligences artificielles[20].

Culture populaireModifier

Le thème d'une troisième guerre mondiale est récurrent dans les théories du complot, qui se sont développées progressivement, notamment depuis le succès de la série X-Files, le roman puis le film Da Vinci Code, dans le cadre d'un usage libre et croissant de l'Internet. Le survivalisme et la construction d'abris antiatomiques attestent de la réalité d'une inquiétude où l'imagination est déterminante, car selon Joshua S. Goldstein, la réalité est à une diminution des conflits, et une prochaine guerre mondiale pourrait ne pas être pire que les autres[21].

Le thème de la Troisième Guerre mondiale a servi à maintes productions artistiques ou ludiques :

LivresModifier

FilmsModifier

Jeux vidéoModifier

  • Dans les trois sagas de la série de jeux vidéo Command and Conquer, chaque saga aborde une « version » différente de la Troisième Guerre mondiale.
  • Dans les jeux vidéo Modern Warfare 2 et Call of Duty: Modern Warfare 3, la Russie tente d'abord d'envahir la côte Est des États-Unis, puis après la prise de pouvoir par Makarov, tente d'envahir l'Europe.
  • Dans Frontlines: Fuel of War, deux alliances fictives, la Coalition Occidentale (États-Unis et Europe), et l'Alliance de l’Étoile Rouge (Russie et Chine) s'affrontent pour le contrôle des dernières réserves mondiales de pétrole situées dans le Caucase.
  • La saga Fallout met en scène une humanité qui tente de se reconstruire sur les ruines de l'ancien monde, après des années de guerre froide, et débute sur la Troisième Guerre mondiale, en octobre 2077, entre l'Amérique, la Chine, l'Europe et les pays du Moyen-Orient, .
  • La saga Tex Murphy se situe au début des années 2040, juste après la Troisième Guerre mondiale qui a fait beaucoup de ravages. Les humains et les mutants cohabitant ainsi plus ou moins.
  • Dans le jeu World in Conflict et son extension Soviet Assault, suite à une grave crise économique, l'Union Soviétique lance une offensive majeure en Europe Occidentale, puis envoie l'Armée Rouge envahir les États-Unis.
  • La saga de jeux vidéo et de livres Metro, met en scène Moscou après la Troisième Guerre mondiale, où l'apocalypse nucléaire arriva.
  • Le jeu vidéo Tom Clancy's EndWar simule la 3e Guerre Mondiale en 2020 avec trois camps, le JSF (Joint Strike Force, soit les États-Unis), la Fédération Européenne (L'Europe sauf l'Angleterre et L'Irlande) et les Spetsnaz (Russie).
  • La série Splinter Cell, créée par Ubisoft, présente l'histoire de Sam Fisher, dont le rôle est de prévenir l'arrivée de la Troisième Guerre Mondiale en éradiquant les menaces qui pourraient mener à la guerre.
  • Le jeu Theatre Europe, créé en 1985 par Personal Software Services (PSS), plonge le joueur dans un conflit dit "conventionnel" opposant l'OTAN et le Pacte de Varsovie. Il est toutefois possible d'utiliser les armes chimiques et nucléaires.

Notes et référencesModifier

  1. citations d'Albert Einstein
  2. (en) « Looking Ahead with Albert Einstein », The Rotarian, Rotary International, vol. 72, no 6,‎ , p. 9 (ISSN 0035-838X, présentation en ligne, lire en ligne).
  3. (en) World War III in popular culture - Wikipédia anglophone
  4. https://www.cbc.ca/archives/categories/war-conflict/defence/norad-watching-the-skies/norad-false-alarm-causes-uproar.html
  5. https://www.history.com/news/5-cold-war-close-calls
  6. https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/World_War_III&prev=search
  7. https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://en.wikipedia.org/wiki/World_War_III&prev=search
  8. (en) « Bush likens 'war on terror' to WWIII » (version du 23 juin 2006 sur l'Internet Archive).
  9. (en) « Israel Warns World War III May be Biblical War of Gog and Magog », sur Arutz Sheva, (consulté le 3 mai 2018).
  10. « La guerre mondiale est proche, selon Gorbatchev », sur 7sur7, (consulté le 29 janvier 2017).
  11. « Course à l'armement: pour Gorbatchev, "le monde se prépare à la guerre" », sur L'Express, (consulté le 29 janvier 2017).
  12. a et b « Gorbatchev convaincu que le monde « se prépare à la guerre » », sur Direct Matin, (consulté le 29 janvier 2017).
  13. a et b (en) « Backing Into World War III », sur Foreign Policy, (consulté le 6 janvier 2018)
  14. a et b « Si proche d'une Troisième Guerre mondiale... », sur Slate, (consulté le 6 janvier 2018).
  15. « America First ou Amérique seule ? », sur Le Nouvel Économiste, (consulté le 29 janvier 2017).
  16. https://www.lenouvelliste.ca/opinions/donald-trump-futur-maitre-de-la-planete-afbf92b326cb11c0e308ecae5ff7c62c.
  17. https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/un-nouveau-prototype-d-exosquelette-pour-la-darpa_19134
  18. https://www.huffingtonpost.fr/2017/07/03/les-soldats-russes-de-demain-ressembleront-aux-stormtroopers_a_23013592/
  19. https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/robot/le-robot-atlas-boston-dynamics-court-et-grimpe-des-marche_128528
  20. Corentin Durand, « Selon Elon Musk, la course à l’IA pourrait provoquer la troisième guerre mondiale », sur Numerama, (consulté le 3 mai 2018).
  21. « La fin de la guerre », sur slate.fr, (consulté le 4 décembre 2018)

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • (en) Bud Hay et Bob Gile, Global War Game: The First Five Years, Naval War College, United States Dept. of Defense, (ISBN 0-1607-6992-2)
  • Laurent Artur du Plessis, La Troisième guerre mondiale a commencé, Paris, Jean-Cyrille Godefroy, 2011, (ISBN 978-2865531585)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier