Picardie

région historique et culturelle

La Picardie (en picard : Picardie) est une entité géographique et culturelle, située au nord de la France et bordée par la Manche. Les premières mentions de cette province datent du Moyen Âge, elle connait sa première existence officielle au XIIIe siècle à travers la nation de Picardie de l'université de Paris, et rentre dans l'administration française au XIVe siècle[1]. Contrairement à des régions comme la Normandie, la Bretagne ou la Champagne, la Picardie ne fut jamais érigée en duché, comté, ou principauté, et les définitions de la Picardie fluctuèrent ainsi au cours des siècles dû à l'ancienne instabilité politique de la zone qu'elle recouvre.

Picardie
Picardie (pcd)
Blason de Picardie
Blason de la Picardie.
Drapeau de Picardie
Drapeau de la Picardie.
Picardie
Carte de la Picardie, et des différents pays « picards ».
Administration
Pays Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Statut Entité géographique et culturelle
Territoires actuels Hauts-de-France
Île-de-France
Province de Hainaut
Capitale Amiens
Villes principales Amiens
Beauvais
Arras
Saint-Quentin
Boulogne-sur-Mer
Abbeville
Laon
Calais
Tournai
Soissons
Compiègne
Entités précédentes Comté d'Amiens,
Comté de Ponthieu,
Comté de Valois,
Comté d'Artois,
Comté de Boulogne,
Comté de Vermandois,
Comté de Soissons,
Comté de Flandre,
Comté de Guînes,
Comté de Hainaut,
Comté de Clermont
Entités suivantes Départements de l'Oise et de la Somme en quasi totalité,
de l'Aisne sur sa majorité,
du Pas-de-Calais, du Nord, du Val d'Oise, et de la Seine-et-Marne en partie
Région française des Hauts-de-France
Majeure partie des Hauts-de-France et de la Province de Hainaut pour l'aire linguistique
ISO 3166-2 FR-HDF
FR-IDF
Démographie
Gentilé Picard, Picarde
Population 1 930 095 hab. (2014)
  - Population totale Incertaine
Géographie
Coordonnées 49° 39′ 49″ nord, 2° 31′ 41″ est
Divers
Devises « Fidelissima » (Très fidèle)
« On ne relève pas Picardie » (militaire)
Hymne Réveillez-vous Picards
Langues français, picard
Anciennement : flamand,
vieux néerlandais
Localisation
Localisation de Picardie
Localisation de la Picardie dite royale au sein de la France en Europe

La première description géographique de la Picardie apparaît à la fin du Moyen Âge central, et y range alors les évêchés d'Amiens, Beauvais, Arras, Tournai et Thérouanne[2]. Au Moyen Âge tardif, on y place aussi Saint-Quentin, Douai, Abbeville, Béthune, Clermont ou encore Noyon, Valenciennes, Boulogne-sur-Mer, Hesdin, Laon[3],[4]. On définit alors une Haute et une Basse Picardie, la Haute se veut proche de l'Île-de-France, tandis que la Basse, que Barthélémy l'Anglais cite comme le Hainaut[2], se veut proche de la Flandre et du Brabant.

Sous l'Ancien Régime, la Picardie en tant que province est en général définie par treize pays traditionnels, toujours distribués selon une Haute et une Basse Picardie, la première regroupe les pays à l'intérieur des terres et la seconde les pays maritimes. Cette Picardie est partagée entre les gouvernements de Picardie et d'Île-de-France. Le gouvernement de Picardie contient la Basse-Picardie, ainsi que la moitié nord de la Haute, tandis que le gouvernement de l'Île-de-France détenait la moitié sud de la Haute-Picardie, incluant des villes comme Beauvais, Noyon ou Laon. Cette description de la Picardie, que l'on retrouve au XIXe et au XXe siècle dans les mémoires et compte-rendus de la société des antiquaires de Picardie[5], et de la Société historique de Haute-Picardie[6], s'étend de Senlis jusque Calais, de Soissons et Laon, jusque Abbeville et Boulogne-sur-Mer.

Au XXe siècle, Demangeon démontre l'existence d'une Picardie géographique à travers ce qu'il intitule la plaine picarde, qui est la vaste plaine de craie s'étendant de Beauvais à Arras, de Cambrai et Laon, jusque Abbeville et le Boulonnais[7].

Chez des historiens et des géographes comme Robert Fossier, Albert Demangeon ou Philippe Pinchemel, on substitue à la Picardie d'Ancien régime, l'idée d'une Picardie ethnique, identifiée notamment par la langue picarde, qui comprendrait donc Senlis et Soissons, que la tradition populaire attribuait historiquement à la Picardie en raison de leur parler[8], et dont la limite septentrionale serait la frontière linguistique avec le flamand, s'étendant donc sur Calais et Tournai.

De 1972 à 2015, une région du même nom est créée, rassemblant les trois départements de la Somme, l'Oise et l'Aisne. Cette région regroupait donc la plus grande partie de la Picardie selon sa définition d'Ancien régime.

Aujourd'hui, la Picardie, dans ses multiples définitions, est en grande partie contenue dans la région Hauts-de-France et répartie sur ses cinq départements, une partie de la « Picardie ethnique » ou linguistique fait partie de la région Wallonie, en la province de Hainaut, et une petite partie du Beauvaisis historique figure dans la partie septentrionale du département du Val-d'Oise, autour de Beaumont-sur-Oise et de L'Isle-Adam.

Étymologie modifier

C'est à la fin du XIe siècle que le mot « Picard » apparut pour la première fois dans un texte : Guillaume le Picard mourut au cours de la première croisade, en 1098[9]. « Picard » désigna des hommes avant de désigner un territoire. Au XIIIe siècle, il y avait à l'université de Paris une « nation picarde » (qui regroupait les étudiants des diocèses de Beauvais, Noyon, Amiens, Laon, Arras, Thérouanne, Cambrai, Tournai, ainsi qu'une partie des diocèses de Liège et d'Utrecht), mais cette « nation » était plus linguistique que politique (les frontières entre provinces prévalaient, avec notamment le Comté d'Artois et Comté de Flandre).

La province de Picardie n'émergea réellement qu'à la fin du Moyen Âge (fin du XVe siècle), lorsqu'elle devint la marche frontière entre les Pays-Bas bourguignons et le royaume de France. Un gouvernement de Picardie fut alors créé, qui disparut à la Révolution française.

Le mot signifie en picard « piocheur », au sens de laboureur. Les Parisiens appelaient « piocheurs » tous les agriculteurs vivant au nord des zones forestières du Senlisis et du Valois (où les paysans étaient bûcherons).

À Paris, le néologisme fit florès parce qu'il associait en un jeu de mots la pique et une province réputée pour sa hardiesse militaire (sa milice s'était illustrée à Bouvines en 1214, quelques années avant l'apparition du mot). Il perdura dans ce sens les siècles suivants à cause du caractère montré par les Picards, du genre « tête de pioche », dans leur attachement aux libertés communales acquises par les villes drapières défendues par une milice bourgeoise.

Emblèmes et symboles modifier

Héraldique modifier

Les armoiries de la Picardie se blasonnent ainsi :
« écartelé, au premier et au quatrième : d'azur à trois fleurs de lys d'or ; au second et au troisième : d'argent à trois lionceaux de gueules. »

Une autre version des armoiries de la Picardie se blasonne ainsi :
« écartelé, au premier : d'azur à trois fleurs de lys d'or ; au second : d'argent à quatre lionceaux de gueules ; au troisième : d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au quatrième : de gueules aux quatre lionceaux d'or. »

 

Drapeau modifier

 
Drapeau de la Picardie

Le drapeau picard reprend fidèlement les armoiries picardes, elles ont été établies à partir des armes de la « nation picarde » de l'université de Paris qui nous sont connues par des sceaux datant du XVIe siècle. Les fleurs de lys symbolisent l'appartenance au royaume de France, les lions rappellent les liens de la Picardie avec les provinces du nord : Flandre, Brabant, Hainaut, Luxembourg.

Cependant, le drapeau rappelant les armoiries de la Picardie est utilisé lors de manifestations culturelles ou de loisirs, par des particuliers voire certaines collectivités, et orne des lieux picards emblématiques. La gendarmerie nationale utilisait les armoiries de la Picardie sur son uniforme dans les trois départements picards : Aisne, Oise et Somme.

Hymne modifier

Réveillez-vous Picards est un ancien chant guerrier picard, actuellement hymne régional de Picardie, et serait issu de l'air chanté avant 1479 par les bandes de Picardie, qui sont à l'origine, entre autres, du régiment de Picardie. Il aurait été composé par un certain sieur de Blancousys à La Neuville-sous-Oudeuil, dans le Beauvaisis, en Picardie, et aurait été exécuté par Louis XI à Péronne, toujours en Picardie.

Devise modifier

La devise de la Picardie est celle de la ville d'Abbeville, « Fidelissima »[10],[11], en français « très fidèle »[12], sous entendu « à la France ».

Géographie modifier

Géographie physique modifier

La Picardie se caractérise sur le plan géo-morphologique par l'omniprésence de la craie dans sa partie septentrionale et par le calcaire du bassin parisien dans sa partie méridionale.

Sur le plan hydrographique, la Picardie est partagée entre deux bassins versants : le bassin de la Somme et le bassin de la Seine avec son affluent l'Oise et ses sous-affluents (Aisne, Thérain, etc.)

Albert Demangeon, dans sa thèse sur la Picardie, appelle la plaine picarde le grand plateau de craie s'étendant de Beauvais jusque Lens et Lille, d'Abbeville et Montreuil jusque Vervins et Laon, et passant par Cambrai, Arras, Saint-Quentin et Amiens[13]. Cette plaine s'étend pour l'essentiel sur les départements de la Somme, du Pas-de-Calais, et sur des parties non négligeables de l'Oise, l'Aisne et du Nord.

 
La plaine picarde selon Albert Demangeon

Pays picards modifier


Géographie humaine modifier

La Picardie se caractérise par l'importance numérique de sa population rurale et l'absence de très grandes agglomérations. La ville la plus importante est Amiens avec 133 448 habitants (270 000 hab. pour la communauté d'agglomération Amiens Métropole). Cette situation était déjà celle de la Picardie sous l'Ancien Régime.

L'économie de l'ancienne province de Picardie reposait très largement sur l'agriculture : céréales, plantes tinctoriales ou textile qui alimentaient une industrie textile à la fois urbaine et très répandue en milieu rural.

Définition, délimitation et composition de la Picardie modifier

La définition des territoires composant la Picardie est variable au cours du temps, les descriptions viennent différer d'une époque à une autre, voire au sein d'une même époque.

La première description géographique de la Picardie nous est due à Barthélémy l'Anglais, celui-ci inclut alors les villes d'Amiens, Arras, Beauvais, Tournai et Thérouanne. Son traducteur, Jean Corbechon, rentre dans une description plus précise à la fin du XIVe siècle, dans laquelle il inclut les villes de Saint-Quentin, Clermont, Saint-Omer, Douai, Abbeville, Noyon ou Béthune[3].

Jean Lestocquoy écrit dans son Histoire de la Picardie que « les gens du Moyen Âge placent tout naturellement en Picardie les côtes de l'actuel Pas-de-Calais, Boulogne, Hesdin, Audincthun, Saint-Omer, Thérouanne, Enguinegatte, Aire-sur-la-Lys, Saint-Pol, Arras et l'Artois, le Pays de l'Alleu, Lille et Douai, Hornaing, Valenciennes et Tournai. »[4]

 
Carte de la Picardie royale du XVIIe siècle, détourée commune par commune.

Au XVIIe siècle, on qualifie désormais de Picardie tout ce qui appartenait au roi de France et qui se situait au sud des anciens Pays-Bas. C'est ce qu'Albert Demangeon appelle la Picardie royale dans sa célèbre thèse La Plaine picarde[14]. La Picardie, à l'instar de plusieurs autres provinces, était subdivisée en Haute et en Basse-Picardie. La carte de 1694 de Jean-Baptiste Nolin nous donne la décomposition suivante[15] :

 
Liste des pays de Picardie dans Provinces et pays de France de Benjamin Guérard.

Cette définition est partagée avec le Dictionnaire universel de la France de Robert de Hesseln. Elle est aussi reprise par Auguste Janvier dans sa Petite Histoire de Picardie.

 
Extrait du Dictionnaire universel de la France par Robert de Hesseln.

L'agrégée de lettres et docteur d’État Françoise Morvan conforte par ailleurs cette description de la Picardie dans sa préface aux Contes de Picardie d'Henri Carnoy, publiée en 2016[16] :

« Carnoy prend soin de rappeler à ce sujet que la province de Picardie comportait, avant la Révolution, trois régions : la Haute-Picardie, les pays réunis à l'Île-de-France et la Basse-Picardie. Chacune de ces trois régions comprenait quatre ou cinq subdivisions : pour la Haute-Picardie, l'Amiénois (autour d'Amiens), le Santerre (autour de Péronne), le Vermandois (autour de Saint-Quentin), la Thiérache (autour de La Fère) ; pour les pays réunis à l'Île-de-France, le Laonnais (autour de Laon), le Noyonnais (autour de Noyon), le Beauvaisis (autour de Beauvais), le Valois (autour de Compiègne), le Soissonnais (autour de Soissons) ; pour la Basse-Picardie, les pays reconquis (autour de Calais), le Boulonnais (autour de Boulogne), le Ponthieu (autour d'Abbeville), le Vimeu (autour de Saint-Valéry) »

— Françoise Morvan, Contes de Picardie, Introduction

 
« Le Pays de Picardie est un nom général, on ne trouve point dans l'Histoire aucun Seigneur qui en ait jamais porté le titre, mais seulement des membres qui le composent, comme étaient les Comtes de Vermandois, d'Artois, de Boulogne, de Ponthieu, et de Thiérache ; le vulgaire y met aussi les villes de Laon, Soissons, Senlis, Noyon, Beauvais et Compiègne, à cause du langage des habitants qui en approche, comme faisant aussi partie de la Gaule belgique, mais étant du Gouvernement de l'Île-de-France. »

À cette définition à treize pays, s'ajoutent plusieurs définitions incluant aussi l'Artois en Picardie à la même époque. On peut citer Charles du Fresne du Cange et Pierre Nicolas Grenier[17], ou encore l'Armorial de La Planche. On peut aussi remarquer dans ce dernier que les comtés de Flandre gallicane et d'Artois, ainsi que les châtellenies de Hainaut, y sont présentés comme des « Additions au Gouvernement de Picardie »[18],[19],[20]. Adrien de Valois, dans Notitia Galliarum ordine litterarum digesta, inclut dans la Picardie le Ternois en plus des treize pays cités plus haut. Il y détaille aussi ce qu'il appelle le Senlisien, à savoir pays de Senlis, il décompose aussi le Beauvaisis en Vendelais, pays de Breteuil, en Chambliois, pays de Chambly, et en Bray[21]. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plusieurs descriptions du Hainaut notent que cette région s'appelait antérieurement la Picardie inférieure[22],[23].

 
Carte complète de la Province de Picardie comprenant l'Amiénois le Beauvaisis, le Boulonnais, le Calaisis, le Laonnois, le Noyonnais, le Ponthieu, le Santerre, le Soissonnais, la Thiérache, le Valois, le Vermandois et le Vimeu et réalisée par Auguste Janvier

En 1905, Albert Demangeon publie une thèse sur la Picardie qu'il intitule La Plaine picarde, cette thèse, restée célèbre, est considérée dès sa publication comme un modèle de géographie régionale[24]. Michèle et Jean Sellier notent en 1973 dans leur Guide politique de Picardie qu'« Albert Demangeon a donné de la Picardie, sous le terme de plaine picarde, une définition fondée sur la nature de son sol »[7]. Demangeon définit la Picardie comme étant la vaste étendue de plaine de craie, s'étendant du Boulonnais à la Thiérache, du pays de Bray à la Flandre. À la Picardie d'Ancien Régime se substitue chez Demangeon une Picardie géographique, dans laquelle figure les cinq départements de la Somme, de l'Oise, du Pas-de-Calais, de l'Aisne et du Nord, en partie ou en totalité. La Plaine picarde s'étend donc sur le Cambrésis, le Beauvaisis, l'Amiénois, le Ponthieu et le Vimeu, mais encore l'Artois dans sa majeure partie, le Vermandois et le Laonnois dans sa moitié nord.

Demangeon écrit d'abord que « La Picardie est un domaine linguistique. L'instinct populaire et les documents historiques la définissent comme l'extension d'un dialecte. » Et il énonce « Le populaire a toujours attribué Senlis à la Picardie. »[25] Jacques de Wailly note en 1968 dans son ouvrage Le folklore de Picardie qu'on doit, avec Demangeon, « rechercher une Picardie moins officielle, mais plus ethnique, une Picardie linguistique. »[26]

Robert Fossier, dans son Histoire de la Picardie, partage la même idée qu'Albert Demangeon :

« La Picardie n'est-elle pas tout d'abord une province linguistique, un ensemble de « pays » où s'entend « un dialecte rude et âpre, plein et lourd, aux syllabes sonores... ». Au XIXe siècle, le parler picard est encore communément employé dans les campagnes : de ce fait la coutume populaire a toujours attribué Senlis à la Picardie. Il s'agit d'un parler d'origine romane, stabilisé entre le Xe et le XVe siècle, aux règles phonétiques complexes, aux adjectifs expressifs et nuancés, et dont l'accent peut changer d'un village à un autre. C'est en dialecte picard que se transmettent et se répètent dans les veillées d'hiver au cœur des communautés villageoises légendes, contes, dictons, chansons et comptines. »

— Robert Fossier, Histoire de la Picardie, p.371

Philippe Pinchemel écrivait à ce sujet dans Visages de la Picardie, qu'il existe trois Picardie : selon la linguistique, selon la géographie, et enfin la Picardie royale, il écrit donc : « Première en date, une Picardie linguistique, illustrée par cette « nation picarde » de la Sorbonne, qui ne trouve sa limite septentrionale qu'au contact du Flamand, et englobe, vers le sud, Senlis et Soissons, villes de la haute Picardie. »[8]

Histoire modifier

Un axiome primordial à prendre en compte, lorsque l'on analyse la Picardie, est qu'elle ne fut jamais érigée en duché ou en comté, ses frontières ne furent ainsi jamais véritablement fixées et fluctuèrent à chaque époque en fonction des aléas politiques.

« Depuis un siècle et plus, dit-on, un prix attend l'historien ou le géographe qui pourra, sans défaut, définir les limites de la Picardie : car on la cherche en vain parmi les principautés médiévales ; aucun bailliage royal ne l'engloba toute ; généralités et gouvernements de la royauté moderne en déplacèrent les limites au gré de l'avance ou du recul des frontières militaires ; peu de régions françaises y subirent un arbitraire plus flagrant [...]
Une telle indécision, une si réelle confusion dont pâtit jusqu'à la répartition même des cadres de cette collection, pourraient n'avoir qu'une explication : la Picardie n'existe pas. Pourtant, il ne s'agit pas d'un mythe commodément imaginé pour désigner ce qui n'est ni la Flandre, ni la Normandie, ni la « France » »

— Robert Fossier, Histoire de la Picardie

La première trace attestée de la Picardie se situe à l'extrême fin du XIe siècle, lorsqu'un « Guillaume le Picard » meurt à Jérusalem[27].

 

La Nation de Picardie à l'Université de Paris modifier

On doit la première apparition officielle de la Picardie à l'Université de Paris. Au XIIIe siècle, vers 1259[28], celle-ci répartissait jadis ses étudiants entre quatre nations, à savoir les Nations de France, de Normandie, d'Angleterre et enfin de Picardie. Ces Nations regroupaient les étudiants en fonction de leur diocèse d'origine, ainsi la Nation de Picardie regroupait dix diocèses, puis douze à partir du XVe siècle. On y trouve les diocèses d'Amiens, Arras, Beauvais, Cambrai, Laon, Noyon, Thérouanne, Tournai, et enfin Liège et Utrecht. La Nation était elle-même divisée en Haute et Basse Picardie. La Haute contenait les diocèses d'Amiens, Arras, Beauvais, Noyon et Thérouanne, tandis que la Basse contenait ceux de Cambrai, Tournai, Laon, Utrecht et Liège[29].

Au XVe siècle, plusieurs universités se formèrent dans les anciens Pays-Bas bourguignons, attirant bon nombre d'étudiants, et notamment ceux issus de leur ressort, à savoir des diocèses composant aussi ladite Nation de Picardie de l'Université de Paris, ce qui fit un grand tort à cette dernière. Afin de pallier ce manque d'étudiants en la Nation picarde, et ne pouvant s'opposer à la croissance des universités des Pays-Bas, l'Université de Paris choisit de permettre aux élèves des diocèses de Soissons et de Senlis, originellement contenus dans la Nation de France, et qui voudraient devenir agrégés au Corps de l'Université, de rejoindre la Nation qu'ils aimaient le mieux entre celles de France et de Picardie. Les étudiants hésitèrent peu et choisirent la Nation de Picardie, en raison de la facilité de parvenir plutôt aux charges dans une Nation moins nombreuse[30]. Ainsi les diocèses de Soissons et Senlis rejoignirent également la Nation de Picardie.

Jusqu'à ce que l'Université de Paris donne vie à cette Nation, le nom de Picardie n'était qu'une expression populaire[29]. C'est par la Nation que le nom de Picardie passa en usage, devint plus fréquent, et devint employé par les savants[29]. Ainsi Barthélemy l'Anglais, dans son encyclopédie De proprietatibus rerum, propose une description géographique de la Picardie. Elle est considérée comme s'étendant de Beauvais dans l'actuel département de l'Oise jusque Tournai dans l'actuelle Province de Hainaut en Belgique, Lille ou Arras sont des villes picardes au même titre qu'Amiens ou Saint-Quentin. L'ouvrage rédigé en latin est traduit en français au XVe siècle par Jean Corbichon qui plonge dans une description plus précise, incluant également Béthune, Noyon, Clermont, Saint-Omer, Lille, Orchies, Douai, Péronne et Abbeville[3]. Au XIVe siècle, le chroniqueur Jean Froissart est un picard de Valenciennes[31]. De même au XVe siècle, le poète François Villon parle de « Picardes de Valenciennes »[32].

Blanche Wissen, professeure à l'Université de Montréal[33], énonce que le rôle des universitaires picards à cette époque est fortement documenté, et que la Nation de Picardie s'illustre assez vite par sa langue et son sens critique, ainsi que par un esprit batailleur[34]. Elle énonce par ailleurs qu'« Arras, son histoire, ses éléments culturels constitutifs et sa configuration représente la clé de voûte de l'identité linguistique picarde, et littéraire »[35].

Au point de vue ecclésiastique, le territoire « picard » faisait partie, au Moyen Âge, de la Belgica secunda, ou « Deuxième Belgique », c'est-à-dire de la province ecclésiastique de Reims, et il englobait donc les diocèses suivant : Amiens, Arras, Beauvais, Cambrai, Laon, Noyon, Senlis, Soissons, Thérouanne et Tournai[36].

La province cartusienne de Picardie modifier

 
Armoiries des Chartreux

L'Ordre des Chartreux subdivise le territoire français et belge en différentes provinces dites cartusiennes, la Picardie a alors donné son nom à l'une d'entre elle. Correspondant a peu près aux contours de la Nation picarde en 1411, la province de Picardie se partage en deux, l'une reçoit le nom de province de Picardie rapprochée, Picardia propinquior, et l'autre prend celui de Picardie éloignée ou extérieure ou encore Picardie du Nord, en latin : Provincia Picardiae remotioris. Après 1474, cette dernière est appelée Teutonie, latin : Provincia Teutoniae.

La province cartusienne de Picardie compte de nombreuses chartreuses répertoriés dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Aisne, l'Oise mais aussi dans les Ardennes. Parmi elles, le Val-Saint-Esprit et le Mont-Sainte-Marie de Gosnay, Notre-Dame de Macourt de Valenciennes, le Mont-Saint-André de Tournai, mais aussi le Mont-Renaud de Noyon ou le Val-Saint-Pierre de Braye-en-Thiérache. La première chartreuse de la province est fondé en 1132 au Mont-Dieu, située dans le Rethélois aux Ardennes[37].

La Picardie en tant que gouvernement féodal modifier

La Picardie n'entrera qu'au XIVe siècle dans la nomenclature administrative. Dom Grenier, dans son Introduction à l'histoire générale de la province de Picardie, explique qu'il y eut un gouvernement militaire de Picardie au Moyen Âge, comprenant d'abord les bailliages d'Amiens, Lille et Douai, alors qualifiés frontières d'Artois et de Flandre[38].

Selon les lettres des premiers lieutenants-généraux et gouverneurs de la province, leurs provisions et les Chroniques de Jean Froissart, la Picardie se limitait à ce qui était au-delà de la Somme. Le 28 mai 1319, Gaucher V de Châtillon devient lieutenant du Roi monseigneur en frontières d'Artois et de Flandres. Pierre de la Palu devient gouverneur des bailliages d'Amiens, Lille et Douai sous le nom de capitaine des frontières de Flandres, autrement dit de gouverneur des Marches de Flandres[38].

En 1349, Charles Ier de Montmorency est fait capitaine-général pour sa Majesté sur les frontières de Flandre et de la Mer et en toute la langue picarde. En 1350, Édouard Ier de Beaujeu est fait capitaine pour le Roi aux parties de Picardie, de Boulogne et de Calais[39].

De 1350 à 1352, Geoffroi de Charny est fait capitaine-général des guerres de Picardie et visita à cette occasion en 1351 Boulogne, Guînes et des frontières[39]. En 1351, le comte d'Angoulême, Charles de la Cerda, est qualifié lieutenant pour le Roi en parties de Picardie, de Boulonnais et d'Artois. Gui de Nesle est ensuite capitaine général et souverain en parties d'Artois et de Boulonnais. Le gouvernement militaire de Picardie comprenait alors, à cette époque, les bailliages d'Amiens, Lille, et Douai, ainsi que l'Artois, le Boulonnais et le Calaisis[39].

Tandis que le Roi Jean II le Bon est en captivité, Charles V le Sage, duc de Normandie, est fait régent du Royaume de France. Il décide de réunir le Beauvaisis, le Vermandois et d'autres lieux voisins au gouvernement militaire de Picardie. C'est Robert de Fiennes qui en est fait gouverneur en 1358. Les lettres du régent lui donnent pouvoir par-dessus tous les autres lieutenants et capitaines desdits pays. En sa qualité de lieutenant du Roi et de M. le Régent du royaume de France en pays de Picardie, de Vermandois et de Beauvaisis[39].

De même, en 1359, Guy V de Châtillon-Saint-Pol, comte de Saint-Pol, qui est lieutenant en parties de Picardie, de Beauvaisis et de Vermandois outre la rivière d'Oise. Les lettres qui le confirment dans cette lieutenance indiquent aussi que Tournai était alors partie de Picardie[40].

Il est aussi à préciser que si aucune entité administrative ne portait le nom de Picardie en dehors du domaine militaire, on retrouvait les bailliages d'Amiens et de Vermandois aux XIIIe et XIVe siècle. Celui d'Amiens semble s'être étendu sur les actuels département de la Somme, de l'Oise et du Pas-de-Calais[41]. Le bailliage de Vermandois s'étendait principalement sur Noyon, Saint-Quentin, Laon et Soissons, soit une partie de l'Oise et l'Aisne[42].

Le traité d'Arras, signé le , mit fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Il joue un rôle important dans le destin du futur gouvernement de Picardie. Par ce traité, le roi Charles VII cédait à Philippe le Bon les villes de la Somme, le comté de Mâcon et le comté d'Auxerre. Le Comté de Vermandois, occupait une partie importante de la Picardie comme le dit l'Armorial de La Planche, il avait pour capitale Saint-Quentin, incluse dans les villes de la Somme, mais il possédait aussi le Valois, le Laonnois et le Soissonnais dont les villes resteraient, suivant le traité, des possessions françaises. Le comté se retrouve ainsi démembré entre la France et les Pays-Bas bourguignons. Ce traité donnait surtout une indépendance de fait au duc de Bourgogne.

La mort de Charles le Téméraire en 1477 mit fin à la rivalité franco-bourguignonne, Louis XI récupérant le duché de Bourgogne et les villes de la Somme, la Picardie se trouva définitivement rattachée au royaume de France, et au domaine royal en 1482. Cette rivalité se ranima au XVIe siècle avec les descendants de Marie de Bourgogne, fille du Téméraire et de Maximilien de Habsbourg, les monarchies de Habsbourg d'Autriche et Habsbourg d'Espagne.

La Picardie en tant que gouvernement général militaire modifier

Gouvernement général militaire de Picardie

14821790

   
Le gouvernement militaire de Picardie au XVIIIe siècle dans le Royaume de France.
Informations générales
Statut Gouvernement général militaire
Capitale Amiens
Langue(s) Picard, français, flamand
Religion Catholicisme
Histoire et événements
1557 Bataille de Saint-Quentin
1790 Dissolution des gouvernements généraux

Entités précédentes :

  • Gouvernement féodal

Entités suivantes :

 
Carte de la province de Picardie dressée d'après les travaux de Jean-Baptiste Nolin

La Picardie sera entre 1477 et 1790 un Gouvernement général militaire du royaume de France, situé au nord-ouest du territoire et bordé par la Manche. Ce gouvernement administratif aurait comporté à sa création :

Le Calaisis après sa reconquête de 1558, puis l'Artois en 1678, seront rattachés à ce gouvernement général lors de leurs annexions définitives à la France. Le Calaisis y restera attaché et sera compté comme un pays de la province de Picardie tandis que l'Artois finira par en être détaché pour avoir son propre gouvernement en 1764. Le Calaisis sera donc considéré comme partie de la province de Picardie quand l'Artois sera considéré comme partie des Pays-Bas français. Ce terme, qui ne désignait aucune entité administrative en soit, est un terme qu'on employait pour regrouper l'Artois, le Hainaut, le Cambrésis et la Flandre française qui étaient les provinces conquises par la France vers le nord sur les Pays-Bas, ces « Pays-Bas » devenant ainsi les « Pays-Bas français ».

Il semblerait qu'à un moment donné, le gouvernement de Picardie ait fini par perdre une partie des territoires de la Haute-Picardie au profit du gouvernement de l'Île-de-France, afin d'accroître le rayon d'influence de la capitale. Les pays concernés seraient donc le Soissonnais, le Valois, le Laonnois, le Beauvaisis et le Noyonnais. Certains documents donnent la date de 1624, tandis que d'autres indiquent plutôt le début du XVIIIe siècle.

Certaines cartes permettent de retracer une certaine évolution du gouvernement de Picardie au cours du XVIIe siècle.

 
Carte du gouvernement de Picardie en 1600
 
Carte du gouvernement de Picardie en 1600 (zoom sur la Haute-Picardie)

Les cartes ci-dessus, réalisées par un certain Jocudus Hondius en 1600 et mises à disposition par la BNF, montrent un gouvernement de Picardie en possession des villes de Soissons, Laon, Compiègne et Noyon. En revanche, il ne comprend pas encore le Boulonnais ni le Calaisis. Plus étonnant, des villes comme Rethel, ainsi que l'actuel département des Ardennes sont affichés comme des villes du gouvernement de Picardie sur cette carte. On observe même une pointe qui s'étend dans l'actuelle Wallonie, et qui montre que la commune d'Orchimont, actuellement dans la Province de Namur en Belgique, se trouvait à cette époque dans le gouvernement de Picardie. D'autres villes comme Crèvecœur-le-Grand figurent en Île-de-France alors qu'on les retrouve dans le gouvernement militaire picard à la veille de la Révolution française.

 
Carte du gouvernement de Picardie (1650 ?)

La carte ci-dessus aurait été réalisée au milieu du XVIIe siècle, quelques décennies après celles de Jocudus Hondius. On peut supposer qu'elle date d'après 1624, en suivant ce qui a été évoqué précédemment. On y observe une Haute-Picardie plus réduite, le gouvernement a, cette fois-ci, perdu Soissons, Noyon, Laon, ainsi que le morceau d'Ardenne qu'il possédait. Rethel est finalement revenue au gouvernement de Champagne tandis que le morceau wallon est à présent soit une possession luxembourgeoise ou bien indiqué comme partie d'Allemagne. À défaut d'en avoir perdus, le gouvernement a cependant gagné des territoires, notamment le Boulonnais et le Calaisis, ainsi que le Cambrésis. Ces différentes cartes nous montrent une évolution récurrente des territoires inclus dans le gouvernement militaire, impliquant une certaine instabilité quant à des frontières qui semblent évoluer assez arbitrairement.

Ainsi, de nombreux documents se chargeant d'exposer des descriptions des provinces de Picardie et d'Île-de-France ne manqueront pas de souligner cette nuance. Car le gouvernement général était une entité administrative qui avait la particularité, contrairement aux généralités ou aux diocèses, d'emprunter le nom d'une province et non celui d'une ville, ce qui pouvait être source de confusion. Ainsi Robert de Hesseln, dans son Dictionnaire universel de la France, citait la Picardie comme une "province dont la plus grande partie forme un des grands gouvernements généraux militaires du royaume. La Picardie septentrionale est celle qui compose le gouvernement général militaire de Picardie ; et la méridionale fait partie du gouvernement général militaire de l'Île-de-France". Ce dernier nous fait d'ailleurs dans son ouvrage le commentaire suivant sur ce dernier gouvernement : "L'Île-de-France, considérée comme gouvernement général militaire, est beaucoup plus étendue que ne l'est la province ; outre toute l'étendue de l'Île-de-France, il comprend une grande partie de la haute Picardie : à savoir, le Beauvaisis, le Valois, le Soissonnais, le Noyonnais et le Laonnois"[44].

Liste des modifications du Gouvernement de Picardie de 1477 jusque 1789 modifier

Dates Changements apportés Constitution Illustrations
1477 À la suite de la reconquête des villes de la Somme, le Gouvernement de Picardie est recréé.
1483 Beauvaisis, Senlisis et une partie du Vermandois rejoignent l'Île-de-France[45]. Amiénois, Laonnois, Ponthieu, Santerre, Soissonnais, Valois (en partie), Vermandois (en partie), Vimeu, Thiérache
Vers 1545 Perte du Laonnois, du Soissonnais, du Valois et de la Thiérache pour la Picardie[46]. Amiénois, Ponthieu, Santerre, Vermandois (en partie), Vimeu
1567 Retour du Beauvaisis à la Picardie[46]. Amiénois, Beauvaisis, Ponthieu, Santerre, Vermandois (en partie), Vimeu
1569 Charles IX donne à Léonor d'Orléans-Longueville, gouverneur de Picardie, le Boulonnais et le pays Reconquis (Calaisis)[45]. Amiénois, Beauvaisis, Boulonnais, Calaisis, Ponthieu, Santerre, Vermandois (en partie), Vimeu
De 1585 à 1600 Amiénois, Beauvaisis, Laonnois, Ponthieu, Santerre, Soissonnais, Thiérache, Valois (en partie), Vermandois, Vimeu
 
Vers 1614
  • Partie du Vermandois (Saint-Quentin) en Île-de-France, Reims temporairement annexée au Gouvernement de Picardie.
  • Perte du Réthelois et des Ardennes.
Amiénois, Boulonnais, Boulonnais, Calaisis, Calaisis, Ponthieu, Rémois, Santerre, Thiérache, Vermandois (en partie), Vimeu
 
Gouvernement de Picardie en 1614
Vers 1622-1624
  • Noyonnais, Laonnois et Soissonnais annexés à l'Île-de-France en 1624[47],[Note 1].
  • Retour intégral du Vermandois en Picardie
  • Retour de Reims à la Champagne
  • Annexion du Cambrésis au gouvernement de Picardie
  • Le Boulonnais est fait Gouvernement particulier par Louis XIII[46].
Amiénois, Boulonnais, Calaisis, Cambrésis, Ponthieu, Santerre, Thiérache, Vermandois, Vimeu
 
1640 À la suite de l'annexion de l'Artois à la France, celui-ci est annexé au Gouvernement de Picardie[46]. Amiénois, Artois, Boulonnais, Calaisis,Cambrésis, Ponthieu, Santerre, Thiérache, Vermandois, Vimeu
 
Gouvernement de Picardie en 1651 (même état qu'en 1640)
De 1668 à 1694

En 1668, les communes de Gravelines en Calaisis, Landrecies et Le Quesnoy en Cambrésis, passent toutes les trois du Gouvernement de Picardie au Gouvernement de Flandre française[46].

Amiénois, Artois, Boulonnais, Calaisis, Cambrésis, Ponthieu, Santerre, Thiérache, Vermandois, Vimeu
 
Vers 1753 Le Boulonnais semble devenir un Gouvernement autonome mais restera assimilé au Gouvernement de Picardie par bon nombre de cartographes. Amiénois, Artois, Calaisis, Cambrésis, Ponthieu, Santerre, Thiérache, Vermandois, Vimeu
 
Gouvernement général de Picardie et Artois
Entre 1753 et 1765 Le Cambrésis quitte le Gouvernement de Picardie pour être rattaché au Gouvernement de Flandre française, de même que le Hainaut français Amiénois, Artois, Calaisis, Ponthieu, Santerre, Thiérache, Vermandois, Vimeu
De 1765 jusque 1789 L'Artois quitte le Gouvernement de Picardie et devient un gouvernement autonome[46]. Amiénois, Calaisis, Ponthieu, Santerre, Thiérache, Vermandois, Vimeu
 
Gouvernements du nord de la France en 1782

Culture modifier

La province de Picardie fut, du XVe au XVIIe siècle, une marche frontière qui subit les exactions anglo-bourguignonnes, bourguignonne puis espagnoles. Cette situation façonna la mentalité et les traits de caractère des Picards.

Aire du parler picard modifier

 
L'aire de répartition du Picard au XXe siècle.

Le picard fait partie de l'ensemble linguistique de la langue d’oïl (comme le français) et appartient à la famille des langues gallo-romanes. C’est d’ailleurs à la langue d’oïl que l’on fait référence lorsque l’on parle d’ancien français. Certains linguistes classent le picard dans le sous-groupe septentrional de la langue d'oïl[48].

La langue picarde, telle qu’elle est et a été parlée, est quelque peu différente de ce qu'on appelle « picard » dans l'histoire de la littérature. Dans ce cas, il s’agit d’un ensemble de variétés utilisées à l’écrit (scriptæ) dans le Nord de la France dès avant l’an 1000 et bien sûr marquées par des traits dialectaux picards.

À l'échelle locale, on a conscience de parler picard à Lille dès le XIIIe siècle, dans le Livre Roisin, coutumier lillois rédigé vers 1283, un serment juridique à prononcer sur les reliques explicite : « Et s'il fust aucuns qui devant eschevins plaidast et ne seuist riens dou langage pikart, si doit-il y estre rechus à son sierment faire par le langage que il mius set. »

La Picardie, telle que la concevaient les gens du Moyen Âge, ne renvoyait à aucune entité féodale ou administrative, Fossier souligne d'ailleurs que c'est en vain que l'on peut rechercher une principauté, un comté ou un duché de Picardie[49]. La Picardie représentait un concept ethnique et linguistique. Dans cette « grande Picardie », comme la définit Gossen, se rejoignaient, selon le chroniqueur Jean Froissart, Tournai, Arras, Lille, Douai, Béthune, Saint-Omer, Saint-Quentin, Péronne, Amiens, Corbie ou Abbeville, où le dialecte picard était déjà parlé, formant ainsi une unité linguistique la séparant du normand, du français parisien, du champenois ou du wallon[50].

Il n'est pas possible de définir avec certitude les délimitations précises du picard à l'époque médiévale, mais on pense que la frontière sud du picard englobait autrefois au moins le Laonnois et la Thiérache, Gossen note que le Nouveau dénombrement du Royaume par généralités, élections, paroisses et jeux de Saugrain, publié en 1720, situait encore en Picardie les élections de Beauvais, Compiègne, Senlis, Soissons, Laon, Noyon, Crépy-en-Valois, Clermont et Guise[50]. Mais le dialecte picard fut par la suite refoulé jusque sur les bords de l'Oise[50], et seules les anciennes élections de Clermont, Beauvais, Noyon et Guise figurent encore aujourd'hui en intégralité dans le domaine linguistique picard. Jules Corblet, dans son Glossaire étymologique et comparatif du patois picard, estime que l'idiome picard était compris dans l'ancienne Picardie du XIVe siècle, et qu'il comprenait par conséquent l'Amiénois, le Ponthieu, le Boulonnais, le Vimeu, le Marquenterre, le Santerre, le Vermandois, la Thiérache, le Pays reconquis, le Tournaisis, l'Artois, la Morinie, le Laonnois, le Senlisis, le Soissonnais, le Valois et le Calaisis[51].

L'aire linguistique du picard dépasse de loin les limites de la province de Picardie ; elle réunit outre les trois départements de l'ancienne Picardie administrative, les départements du Pas-de-Calais, en totalité, et du Nord (excepté la région de Cassel) et une partie de la Wallonie (province de Hainaut)

Costume traditionnel modifier

On a recensé plusieurs coiffes féminines :

  • « la calipette », sorte de bonnet, de capuchon très simple ;
  • « la capeline », de l’hortillonne ou de l’ouvrière des champs était un bonnet prolongé sur le devant par une visière qui encadrait le visage, maintenue rigide par des moyens divers : lattis de bois, baleines, morceaux de carton ;
  • « la marmotte » était un simple mouchoir à carreaux, de grande taille que l’on nouait derrière la nuque ou sous le menton ;
  • « l’ahotoir » sorte de grand châle recouvrait la tête et descendait à hauteur de poitrine.

Les vêtements féminins se composaient le plus souvent :

  • « du caraco », chemisier ample et boutonné haut ;
  • « d'un cotron », ample jupe de serge gonflée par des jupons, possédant une poche intérieure où l’on pouvait mettre quelques sous mais plutôt un morceau de pain lorsqu’on allait aux champs ;
  • Un grand tablier recouvrait l’habillement.

Les vêtements du dimanche étaient souvent, pour les femmes, de couleur noire ou sombres à motifs fondus ; les coiffes blanches étaient très simples, ornées ou non de dentelles. Les jeunes filles, en revanche, s'habillaient de couleurs vives.

Les vêtements masculins étaient moins variés :

  • bonnet de laine ou de coton dont la pointe retombait sur l’épaule ;
  • remplacé par la suite par la casquette.

Le dimanche, les hommes portaient un « capieu » (chapeau) en feutre mou. La « rouillère » était une sorte de blouse large, en toile, en général de couleur bleue. Les hommes étaient chaussés de sabots, de galoches ou de gros souliers ferrés[52].

Sports modifier

Ballon au poing modifier

 
Championnat de France de Ballon au poing, parc de la Hotoie à Amiens.

Le ballon au poing est un sport collectif populaire en Picardie et inscrit en 2012 sur la liste de l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Comme son nom l'indique, le joueur n'utilise pas de raquette pour frapper la balle, mais utilise son poing. C'est un jeu de gagne terrain se disputant sur un terrain, appelé ballodrome, de 65 mètres de longueur sur seulement 12 de largeur.

Très bien implanté en Picardie, le siège de la Fédération française de ballon au poing fondée en 1935 se trouve logiquement à Amiens. Cette fédération qui porte de 1935 à 1972 le nom de Fédération française des ballonnistes regroupe plus de quarante clubs pour environ 2 500 licenciés. L'implantation est exclusivement picarde avec 39 clubs dans la Somme. Un championnat de France se tient toutefois chaque année. La grande finale se dispute traditionnellement à la 15 août sur le ballodrome d'Amiens situé à La Hotoie. La finale de la Coupe de France se tient aussi à La Hotoie en septembre. On organise également des compétitions en salles l'hiver avec un règlement adapté.

Gastronomie modifier

La gastronomie picarde repose sur les quatre principaux produits de ses terroirs : la pomme, le lait, la viande et les fruits de mer. Ces abondants produits constituent la base de nombreuses spécialités régionales.

Architecture picarde modifier

  • L'architecture monumentale de la Picardie est marquée par l'art gothique primitif, l'art gothique et l'art gothique flamboyant : les cathédrales d'Amiens, de Beauvais, de Laon, de Noyon, de Senlis et de Soissons, la basilique de Saint-Quentin ou la Collégiale Saint-Vulfran d'Abbeville comptent parmi les édifices majeurs du premier gothique. L'église abbatiale de Saint-Riquier, la collégiale Saint-Vulfran d'Abbeville et la chapelle du Saint-Esprit de Rue sont des chefs-d’œuvre du gothique flamboyant sans compter les très nombreuses églises rurales ou urbaines reconstruites après la guerre de Cent Ans ;
  • Nous retrouvons en Picardie de nombreux pignons à couteaux, ainsi que de nombreux bâtiments en rouges barres.

Architecture rurale modifier

  • L'architecture de l'habitat traditionnel se caractérise par des maisons longues, en torchis (peintes en blanc près du littoral) s'élevant sur un seul niveau. À cette architecture en torchis s'est substituée une architecture de brique lors de la reconstruction de l'entre-deux-guerres.

Les matériaux peuvent être la mémoire d'une région. Au delà de l'esthétique, ils représentent le "bon sens" des constructions anciennes. Leur structure est liée à des matériaux locaux adaptés aux besoins économiques et aux intempéries. Traditionnellement, les murs des maisons étaient en torchis. Les maisons en briques sont plus récentes et occupent l'est de la Picardie dont les villages ont subi les destructions de la première guerre mondiale[53].

La ferme picarde se caractérise par un aspect original : des bâtiments rangés autour d'une petite cour intérieure, formant un quadrilatère tout à fait clos. La grange, à travers laquelle il faut passer pour pénétrer dans la cour, donne sur la rue. Cette ferme picarde est plus ou moins répandue sur les cinq départements des Hauts-de-France. Albert Demangeon note qu'on la retrouve au Sud à Beauvais et Clermont, au sud-ouest jusque la Bresle, vers l'Est, sa présence s'étend jusque Noyon, Saint-Quentin, Cambrai et Douai. Au Nord, la région minière et industrielle n'en est pas la limite, mais l'interrompt momentanément, car on la retrouve aussi dans le pays Wallon. Au Nord, la ferme picarde apparaît au delà de la Lys, de la Ternoise et de la Canche mais seulement par îlots. Elle est, en revanche, complètement absente dans les Bas-Champs picards. Demangeon note que l'on a aussi retrouvé la ferme picarde plus au Sud, à l'Ouest de Luzarches et à Saint-Martin-du-Tertre en Val-d'Oise, ainsi que dans la vallée de l'Oise, en aval de Compiègne[54].

 
Extension de la ferme picarde.
 
Maison en pierre picarde typique.

La maison en pierre à également sa place dans l'architecture picarde, ce type de construction est plus récent, c'est pour l'ensemble les métairies construites à la fin du XIXe et début du XXe siècle. La construction est plus chère qu'une construction en brique cuite. Elle démontre l'augmentation du niveau de vie des paysans au cours du siècle dernier. Les ouvertures sont plus larges, et les pièces plus nombreuses et nettement plus grandes que dans les constructions en pisé ou en brique crue.

En France, on assista au maintien tardif d'un système agricole préindustriel dans lequel le poids des pratiques coutumières, par exemple pour les modes de faire-valoir et de transmission du foncier, s'est manifesté jusque dans l'après-deuxième Guerre mondiale. Cette permanence pèsera tardivement sur la morphologie de l'habitat rural : les effets de la révolution industrielle sur les matériaux et les techniques employés dans le bâti rural ne se généraliseront qu'après la guerre de 1914-18 et, surtout, après la deuxième Guerre mondiale.

L'arrivée des techniques industrielles sera alors brutale et la rupture dans la transmission des savoir-faire traditionnels du bâtiment sera flagrante en France aux alentours de 1950. A cette époque, l'abandon des liants aériens à base de chaux grasse en pâte, de la maçonnerie de terre crue, des appareils en pierre, de la charpente façonnée à la main deviendra quasi général[53].

Matériaux utilisés modifier

  • Le moellon, pierre à bâtir très utilisée dans la Somme et le sud du Pas-de-Calais ;
  • Le rouge barre, appareillage de pierres blanches et de briques liées à la chaux ;
  • Charpente et pans de bois des murs :  structure porteuse en chêne ; frêne, orme, châtaignier
  • Lattes : tilleul ou châtaignier
  • Torchis des murs : limon argileux
  • Chaux pour blanchir les murs : craie blanche gélive issue des carrières pour le marnage
  • Soubassement : terre à briques (limon)
  • Couverture en chaume à l'origine : céréales (blé, avoine, seigle)
  • Pannes des toits depuis le XIXe siècle : argile à silex (bief)
  • Seuil : grès
  • Ardoises des toits :  elles ont été importées d'autres régions notamment des carrières des Ardennes[53].


Saint patron modifier

Saint-Nicolas, évêque de Myre fut le saint patron choisi par la nation de Picardie de l'Ancienne université de Paris, ce qui a vraisemblablement étendu le culte de ce saint en Picardie et auprès des picards[55],[56]. Pinchemel cite par ailleurs Saint-Nicolas comme le patron des « waidiers » d'Amiens[57]. En la nation de Picardie, la tribu d'Amiens célébrait aussi le saint Firmin d'Amiens[58].

On retrouve de nombreux édifices dédiés au culte de Saint-Nicolas dans les pays picards, comme la grande église Saint-Nicolas-en-Cité à Arras, et les églises de Cavillon et Ville-le-Marclet dans la Somme.

Le culte de Saint-Nicolas est également visible dans la littérature picarde, comme dans Le Jeu de Saint-Nicolas, de Jehan Bodel, trouvère picard arrageois.

 
Célébration de la Saint-Nicolas à Compiègne.

Bien que la célébration de la Saint-Nicolas soit de plus en plus rare en Picardie, elle subsiste encore dans certains pays picards, et notamment en Artois, où chaque années, Saint-Nicolas descend du beffroi d'Arras, cette tradition reste très ancrée dans la culture locale[59]. Les coquilles de Saint-Nicolas sont d'ailleurs fabriqués à Tincques à l'ouest d'Arras[60].

Folklore modifier

Les géants modifier

Dans le folklore picard, le géant est une figure gigantesque qui représente un être fictif ou réel. Hérité de rites médiévaux, la tradition veut qu’il soit porté, et qu’il danse dans les rues les jours de carnavals, braderies, kermesses, ducasses et autres fêtes. Sa physionomie et sa taille sont variables, et son appellation varie selon les régions.

Chaque géant a son histoire, les géants naissent, sont baptisés, se marient et ont des enfants comme les humains. Le géant, en tant que représentant des habitants du lieu où il vit, est enraciné dans la tradition et fait partie de la culture populaire.

Les cabotans modifier

 
Marionnette représentant Lafleur, fabriquée par Aravys

Les cabotans sont le nom donné aux marionnettes du théâtre de marionnettes Chés Cabotans d'Amiens, ils ont eu un grand succès à Amiens pendant le XIXe siècle et au début du XXe siècle avant de décliner avec la Première Guerre mondiale et l'arrivée du cinéma.

Lafleur et sa femme Sandrine parlent en picard et les autres personnages parlent en français. Ce sont des marionnettes en bois (chés tchots conmédiens d'bos) avec des costumes typiques. La devise de Lafleur est « Bien boère, bien matcher et ne rien foère » (Bien boire, bien manger et ne rien faire).

Littérature modifier

La Picardie a vu naître plusieurs grands auteurs au cours de son Histoire.

Peinture modifier

Du Moyen-Âge, et ce jusqu'au XVIIIe siècle, la Confrérie du Puy Notre-Dame d'Amiens est une confrérie de laïcs présentant chaque année des poèmes en l'honneur de la Vierge Marie qui se voyaient ensuite adaptés en tableau. Plusieurs villes picardes connaîtront de telles assemblées, comme Abbeville, proposant également des puys, dont certains sont exposés au Musée de Cluny[82].

Vers la fin du Moyen Âge, la Picardie se voit aussi représentée au sein du mouvement des Primitifs flamands avec Simon Marmion, peintre originaire d'Amiens. Au XVIe siècle, François Dubois peint le célèbre tableau Le Massacre de la Saint-Barthélémy, illustrant les barbaries du . À l'instar de Jean Calvin, autre Picard, il ira se réfugier à Genève, où il finira ses jours.

La ville de Beauvais offre deux peintres de renoms illustrant le maniérisme du Nord, du XVIe au XVIIe siècle, avec Antoine Caron et Quentin Varin. Caron est une figure majeure du maniérisme du Nord à la française ; la peinture de Varin, maniériste également, s'inspire d'abord de la peinture flamande, puis de la seconde École de Fontainebleau et de la peinture italienne. Au siècle suivant, le peintre Pierre Patel sera un représentant majeur de l'Atticisme en peinture.

Les Frères Le Nain, trio de peintres originaires de Laon au tournant des XVIe au XVIIe siècle, font preuve d'un réalisme très marqué, leurs œuvres illustrant souvent des scènes paysannes appelées bambochades, issues des peintures hollandaise et italienne[83]. Ces trois peintres furent formés par un maître étranger, que l'on suppose flamand[84],[85] ou néerlandais, en raison des traits stylistiques de leurs œuvres, les rapprochant plutôt d'un Frans Hals que du Caravage[86].

Au XVIIIe siècle, les peintres picards s'inscrivent dans le mouvement rococo avec Quentin de La Tour, célèbre portraitiste, surnommé « le prince des pastellistes », en plus de son Autoportrait au jabot de dentelle, il a notamment peint les portraits de personnages illustres comme Rousseau, Voltaire, D'Alembert, de Madame de Pompadour ou d'Isabelle de Charrière.

Parmi les grands noms de la peinture issus de la Picardie, l'on pourrait citer le senlisien Thomas Couture et ses Romains de la décadence, œuvre monumentale exposée au Musée d'Orsay. S'ajoute également le célèbre Henri Matisse, élevé à Bohain-en-Vermandois.

La Picardie est aussi représentée dans la peinture, voici une liste de plusieurs tableaux la représentant :

Sculpture modifier

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. Auguste Janvier et Demangeon énoncent le Beauvaisis comme extirpé du Gouvernement de Picardie en 1624. Les cartes montrent cependant qu'il était déjà en Île-de-France avant cette date, et que le troisième pays visé par une annexion au gouvernement francilien serait plutôt le Noyonnais.

Références modifier

  1. Josiane Sartre, Châteaux "brique et pierre" en Picardie: Quatre siècles d'architecture, Nouvelles Editions Latines, (ISBN 978-2-7233-9574-8, lire en ligne), p. 62
  2. a et b (la) Bartholomaeus : Anglicus, De proprietatibus rerum, apud Wolfgangum Richterum, impensis Nicolai Steinii, not. & bibliopolae, (lire en ligne), p. 690 :

    « est Hannonia nuncupata »

  3. a b et c Barthélémy l'Anglais, De proprietatibus rerum (Le propriétaire des choses), trad. en français par Jean Corbichon, Lyon, Claude Davost pour maître Jehan Dyamantier, xve siècle, 418 p. (lire en ligne), p. 235
  4. a et b Jean Lestocquoy, Histoire de la Picardie, p. 6-7
  5. Roger Rodière, Épitaphier de Picardie, (lire en ligne), p. IX :

    « de cette Picardie qui s'étend de Calais à Senlis et de Vervins à la mer »

  6. Société historique de Haute-Picardie, « Bulletin de la Société historique de Haute-Picardie »  , sur Gallica,
  7. a et b Jean Sellier et Michèle Sellier, Guide politique de Picardie : Aisne, Oise, Somme, Tema Éditions, , 379 p., p. 13
  8. a et b Philippe Pinchemel, Visages de la Picardie, p. 15
  9. Lusignan Serge, « Langue et société dans le Nord de la France : le picard comme langue des administrations publiques XIIIe – XIVe siècle) », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 151e année no 3,‎ , p. 1275-1295 (DOI https://doi.org/10.3406/crai.2007.91350http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_2007_num_151_3_91350).
  10. René Normand, Le Picard, FeniXX réédition numérique, (ISBN 978-2-402-19750-2, lire en ligne)
  11. Alphonse Chassant et Henri Tausin, Dictionnaire des devises historiques et héraldiques, Dumoulin, (lire en ligne)
  12. M. Tallet de Virivillé, Lettre à M. Ch. Dufour, membre de la Société des antiquaires de Picardie, « Armoiries de la Province et de la Nation de Picardie », novembre 1858, in Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, t. XVII, p. 329, éditées par M. Peigné-Delacourt Librairie J.B. Dumoulin, Paris, sans date.
  13. Albert Demangeon, La Picardie et les régions voisines - Artois, Cambrésis (lire en ligne)
  14. Albert Demangeon, La Plaine picarde, (lire en ligne), p. 419
  15. Jean-Baptiste Nolin, « La Province de Picardie », sur Gallica, (consulté le )
  16. Henry Carnoy 2016, p. 19
  17. Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et de l'Artois, (lire en ligne), p. 6-7
  18. « Artois - La Planche »  
  19. « Chastellenies de Haynaut - La Planche »  
  20. « Comté de Flandres Gallicane - La Planche »  
  21. (la) Adrien de Valois, Notitia Galliarum ordine litterarum digesta, Fredericum Leonard, (lire en ligne), p. 447-448
  22. Le Grand dictionnaire historique, t. IX, (lire en ligne), p. 18
  23. Jean Baptiste d'Audiffret, La Géographie ancienne, moderne et historique, Jean Baptiste Coignard, (lire en ligne), p. 338
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  25. Albert Demangeon, La Plaine picarde (lire en ligne), p. 421
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  28. Robert Fossier, Histoire de la Picardie, p. 6
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  30. Claude Carlier, Dissertation sur l'étendue du Belgium et sur l'ancienne Picardie, , 68 p. (lire en ligne), p. 55-56
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  55. « Picardie »
  56. Pierre Nicolas Grenier, Introduction à l'histoire générale de la province de Picardie, éditeur non identifié, (lire en ligne)
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  58. Ferdinand Pouy, Recherches historiques sur l'imprimerie et la librairie à Amiens: avec une description de livres divers imprimés dans cette ville, Typ. de Lemer aîné, (lire en ligne)
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Annexes modifier

Bibliographie modifier

  • Henry Carnoy (préf. Françoise Morvan), Contes de Picardie, Ouest France, , 464 p. (ISBN 2737371600, lire en ligne)
  • Jacques Darras, Tout Picard que j'étais... : L'exceptionnelle richesse littéraire de la Grande Picardie à travers les siècles, Amiens, Éditions de la Librairie du labyrinthe, , 287 p. (ISBN 2918397288)
  • René Debrie (dir.), La Picardie, Paris, Les Éditions d'Organisation, coll. « peuple et pays de France », , 606 p. (ISBN 2-7081-0422-5).
  • Albert Demangeon, La Picardie et les régions voisines. Artois, Cambrésis, Beauvaisis, Paris, Armand Colin, 1905, 496 p. réédition, Paris, Guénégaud, 1973 – disponible sur Gallica.
  • Robert Fossier, Histoire de la Picardie, Privat, , 464 p.
  • Charles Théodore Gossen, Grammaire de l'ancien picard, Klincksieck, , 222 p.
  • Dom Grenier, Introduction à l'histoire générale de la province de Picardie, 1856, 610 p. - disponible sur Gallica.
  • Jean Lestocquoy, Histoire de la Picardie, , 126 p.
  • Philippe Pinchemel, Visages de la Picardie,
  • Philippe Pinchemel, Jacques Godard, René Normand, Colette Lamy-Lassalle, Visages de la Picardie, Paris, Éditions des Horizons de France, 1949.
  • Blanche Wissen, La conscience linguistique dans la production littéraire en domaine picard (fin XIIe-fin XIIIe siècle), Université de Montréal, (lire en ligne)

Articles connexes modifier

Liens externes modifier