Robert Fossier

historien et universitaire français

Robert Fossier, né le au Vésinet et mort le [1] à Meudon, est un historien et universitaire français. Il est spécialiste du Moyen Âge occidental.

BiographieModifier

Famille et étudesModifier

Robert Fossier est issu d'un milieu catholique. Son père militaire, ancien combattant de la Grande Guerre, était hostile aux accords de Munich. Sa mère, professeur de piano, encouragea son goût pour l'histoire et le roman. Il fit ses études secondaires à Paris, au lycée Janson-de-Sailly, puis au lycée Henri-IV où, lauréat du concours général en géographie, il prépara avec succès le concours d'entrée à l'École des chartes[2].

Il obtint le diplôme d'archiviste paléographe[3] grâce à une thèse consacrée à La vie économique de l'abbaye de Clairvaux, des origines à la fin de la guerre de Cent ans (1115-1471)[4]. Il passa ensuite l'agrégation d'histoire.

Carrière universitaireModifier

Robert Fossier commença sa carrière comme conservateur à la bibliothèque historique de Paris (1949-1953). Il fut par la suite professeur au lycée de Fontainebleau (1953-1955) puis au lycée Carnot de Paris (1955-1957).

En 1957, il devint assistant à la Sorbonne puis chargé de cours à l'université Nancy-II à partir de 1961. Dix ans plus tard, il devint professeur à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne dont il fut directeur du département d'histoire à plusieurs reprises et finalement professeur émérite à partir de 1993.

En 1971, il reçut la médaille d'argent du CNRS. Il est président de la Société de l'École des chartes en 1990-1991, ainsi qu'en 2000. Il meurt le à Meudon.

Robert Fossier a légué sa bibliothèque de recherche à l'université Polytechnique Hauts-de-France[5]. Elle est à présent librement consultable dans une salle portant son nom à la bibliothèque universitaire, sur le site du Mont Houy[6].

Apport à l'histoire du Moyen ÂgeModifier

Comptant parmi les héritiers spirituels de Marc Bloch et de l’École des Annales (dans ses développements économiques et sociaux plutôt que religieux et culturels), Robert Fossier a travaillé presque exclusivement sur les sociétés rurales de l'Europe du Nord-Ouest de Charlemagne à la guerre de Cent ans.

En 1968, il publie sa thèse de doctorat intitulée : La Terre et les hommes en Picardie jusqu’à la fin du XIIIe siècle. L'Académie des inscriptions et belles-lettres lui décerne le prix Gobert en 1970 pour cet ouvrage.

À partir des années 1970, il concentre ses recherches et ses publications sur la paysannerie et la féodalité entre les XIe et XIIIe siècles.

Il crée le concept d'encellulement, en élargissant l'incastellamento de Pierre Toubert. Selon Robert Fossier, le regroupement villageois dans le nord du royaume de France, ne serait pas dû au seul incastellamento, mais plutôt à l'initiative seigneuriale en général, la seigneurie banale en particulier.

L'Académie française lui décerne le prix Thérouanne en 1971 pour Histoire sociale de l’Occident médiéval et le prix Yvan-Loiseau en 1984 pour Le Moyen-âge.

Dans son dernier livre, Ces gens du Moyen Age, Robert Fossier souligne l'aspect de la société médiévale qui nous est le plus familier, l'aristocratie, et il porte son attention sur les gens dont on parle le moins, ceux qui vivent autour de leur seigneur. Il constate « Je suis persuadé que l'homme médiéval, c'est nous »[7].

PublicationsModifier

(traduit en polonais : titre : Ludzie średniowiecza par Aneta Czupa, Cracovie 2009 (ISBN 978-83-7505-301-2)

RéférencesModifier

  1. nonfiction.fr
  2. Philippe-Jean Catinchi, « Robert Fossier, historien majeur du Moyen Age », in Le Monde, 31 mai 2012.
  3. Promotion 1949.
  4. Site de l'École des chartes
  5. Annonce du legs sur le site de l'université de Valenciennes
  6. Annonce de l'inauguration sur le site de l'université de Valenciennes
  7. « L'homme sans âge du Moyen Âge », sur Le Figaro Culture, (consulté le )

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier

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