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Henri Le Sidaner

peintre français
Henri Le Sidaner
Henri Le Sidaner (1862-1939) par Marie Duhem (1871-1918).jpg
Marie Duhem, Henri Le Sidaner (1862-1939) (1894),
musée des Beaux-Arts de Dunkerque.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Henri-Eugène Le SidanerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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Distinction
Archives conservées par
Œuvres principales
Clair de lune (d), La Table (d), La Terrasse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Henri-Eugène Le Sidaner, né le à Port-Louis (Île Maurice) et mort le à Paris, est un peintre post-impressionniste français.

BiographieModifier

 
La Promenade des orphelines, Berck (1888), musée des Beaux-Arts de Dunkerque.

Fils d'un capitaine au long cours, mort au cours d'une tempête dans la Manche en 1880, Henri Le Sidaner passe son enfance à Dunkerque. Boursier de cette ville, il part étudier la peinture à Paris, où il découvre l'impressionnisme et la peinture d'Édouard Manet qui le trouble. En 1882, il est reçu à l'École des beaux-arts de Paris, puis en 1884 y est admis dans l'atelier d'Alexandre Cabanel qui le soutiendra toujours.

Il part s'installer à Étaples en 1884 à l'auberge Joos où il rencontre d'autres peintres venus travailler comme lui dans la région, comme Eugène Chigot. Il y restera jusqu'en 1893, travaille dans la solitude le plus souvent et ses œuvres de l'époque se rapprochent du réalisme sentimental d'un Jean-Charles Cazin[1].

En 1887, il expose au Salon des artistes français et peint de jeunes bergères dans le décor des dunes du Nord. En 1891, il est nommé officier d’Académie par le ministère de l'Instruction publique, et obtient une médaille de troisième classe et une bourse de voyage pour son tableau La Bénédiction de la mer, vaste composition acquise par l'État, actuellement au musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne. Il entretient une correspondance nourrie avec ses amis Henri Martin, Edmond Aman-Jean, Ernest Laurent ou encore Henri Duhem[2].

En 1892, il visite l'Italie et la Hollande — où il se lie avec le peintre Fritz Thaulow — et fait des portraits de jeunes Hollandaises. Au Salon, il présente L'Autel des orphelines (musée des Beaux-Arts d'Arras) dernière importante composition religieuse pour cet artiste non-croyant, mais troublé par le sentiment de recueillement. Il se lie d'amitié avec Émile Claus. Il quitte Étaples et s'installe à Paris au 5, rue Émile-Allez, où il a pour voisin le musicien Gabriel Fauré, interprète des poètes symbolistes. Il se lie à plusieurs personnalités proches du symbolisme, comme Émile Verhaeren et Georges Rodenbach, ou les critiques Camille Mauclair et Roger Marx. Il rejoint la Société nationale des beaux-arts, présente le Départ de Tobie et une première série de deux motifs à des heures différentes : Paysage de neige et Soir de neige.

En 1895, il expose chez Georges Petit — qui le représentera —, concentre son inspiration sur les effets crépusculaires et continue de détruire la plus grande partie de sa production. Sa première exposition personnelle à la galerie Mancini en 1897 connaît un succès critique et il expose Les Âmes blanches et Lumières cendrée au Salon. En 1898, il expose à la Libre Esthétique à Bruxelles, et Le Dimanche, sommet de sa période symboliste, est présenté au Salon. Un séjour décisif à Bruges de 1898 à 1900 avec sa compagne Camille Navarre, et dont Jules Rais écrira qu'il y « tendit un miroir aux buées de la mort[3] », consacre son inspiration symboliste[4]. Gustave Soulier écrit dans La Revue blanche en 1901, qu'il est le « Maeterlinck de la peinture »[5].

Après avoir vécu près de Beauvais, à Gerberoy, il s'installe à Versailles[6],[7], où il demeurera jusqu'à sa mort, d'un infarctus, à Paris. George Desvallières, Albert Acremant, Camille Mauclair et Georges Huisman ont prononcé des discours lors de son inhumation à Versailles.

Henri Le Sidaner est le cousin du dramaturge Albert Willemetz, dont il a fait le portrait en 1937, et le frère de Marthe, qui a épousé, en 1908, le peintre Georges Rouault. Marcel Proust le cite dans À la recherche du temps perdu, le comparant à Elstir.

Le Sidaner à GerberoyModifier

 
Le Jardin blanc au crépuscule (1912), Bruxelles, musées royaux des beaux-arts de Belgique.

C'est sur les conseils du céramiste Auguste Delaherche que l'artiste découvrit Gerberoy, petite ville délaissée de l'Oise où il acheta une maison qu'il restaura peu à peu. Ses différents déplacements en France et à l'étranger lui avaient procuré maintes sensations intimistes. Seul Gerberoy fut propice à une création fertile en devenant presque le thème principal de son œuvre (plus d'une centaine de toiles produites). Dès 1901, il propose au Salon des vues de la cité, puis il se focalise progressivement sur la partie architecturale phare de la maison, à savoir la façade, ses fenêtres, ses volets. Dans la recherche de l'instant intime, de « l'arrêt sur image », les toiles de Gerberoy émanent d'une douceur de vivre incomparable en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. L'artiste passe le printemps et l'été de l'année 1903 à Gerberoy, où il commence à peindre des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules. À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du « temps qui s'arrête[8] ».

Son jardin est orné de son buste réalisé par le sculpteur Pierre Roche.

Son œuvreModifier

Aux alentours de l'année 1900, il se consacre désormais à une peinture intimiste dont se trouve exclue la figure humaine : jardins déserts, tables servies pour d'hypothétiques hôtes, campagnes solitaires, expriment une vision silencieuse et paisible avec une technique post-impressionniste[9] et un chromatisme retenu aux nuances chaudes, à la tonalité raffinée et douce qui nimbent ses scènes moins de mystère que d'une espèce de religiosité. Son inspiration au contact de nombreux voyages s'élargira et perdra son mystère au profit d'un art plus décoratif, dont le succès ne se démentira pas. Décrivant les personnages que le peintre à disposées dans un calme paysage (Le Dimanche, 1898, musée de la Chartreuse de Douai) : « elles sont un chœur blanc de rêves indécis, de figures neigeuses, aux yeux naïfs[10]… », déclare Gabriel Mourey.

Le Sidaner bénéficiera en 1931 d'une importante rétrospective à Bruxelles, inaugurée par la reine Astrid[5].

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Collections publiquesModifier

France
Belgique
Royaume-Uni

SalonsModifier

  • Salon des artistes français :
    • 1891 : La Bénédiction de la mer (médaille de 3e classe) ;
    • 1892 : L'Autel des orphelines (musée des Beaux-Arts d'Arras) ;
    • 1897 : Les Âmes blanches et Lumières cendrée ;
    • 1898 : Le Dimanche.
  • Salon de la Société nationale des beaux-arts :
    • 1893 : Départ de Tobie ; Paysage de neige et Soir de neige.

ExpositionsModifier

  • 1895 : Paris, galerie Georges Petit.
  • 1897 : Paris, galerie Mancini.
  • 1898 : Bruxelles, Salon de la Libre Esthétique.
  • 1900 : en mars, 1re exposition de la Société nouvelle des peintres et sculpteurs, galerie Georges Petit.
  • 1914 : Venise, exposition à la biennale.
  • 1931 : Bruxelles, rétrospective.
  • 1999 : exposition au musée d'Ixelles.
  • 2006 : Chatou, Île des Impressionnistes, musée Fournaise.
  • 2013-2014 : exposition au Singer Museum de Laren (Hollande-Septentrionale).
  • 2014 : expositions aux musées de Cambrai (« Henri Le Sidaner et la douceur de vivre »), du Touquet (« Henri Le Sidaner et ses amitiés artistiques »), de Dunkerque (« Henri Le Sidaner, œuvres de jeunesse ») et à la Maison du Port d'Etaples (« Henri Le Sidaner 1862-1939. Voyages d’étude »).

IconographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. « J'ai vécu là de 1884 à 1893, huit pleines années d'une vie saine et charmante ; j'y ai noué quelques-unes des amitiés qui me sont les plus chères ; Eugène Lawrence Vail, Frits Thaulow, Henri Duhem, y firent de longs séjours ; Thomas Alexander Harrison, Middleton Jameson y travaillèrent aussi. », propos de l'artiste dans Gabriel Mourey, « L’Œuvre de Le Sidaner », The Studio, Paris, traduction et diffusion chez Paul Ollendorff,‎ , p. 10 (lire en ligne, consulté le 3 juin 2019).
  2. Cette correspondance est conservée aux archives municipales de Douai. Plusieurs portraits de Rémy Duhem et de Marie Duhem par Le Sidaner et Henri Martin, ainsi qu'un buste en bronze d'Henri Duhem par Constantin Meunier sont conservés au musée de la Chartreuse de Douai.
  3. Jules Rais, « Henri Le Sidaner », Art et décoration, t. 13,‎ , p. 122 cité dans L’Impressionnisme : du plein air au territoire : [actes du colloque de Rouen, Musée des Beaux-Arts, et Le Havre, Musée Malraux, 8-10 septembre 2010], Paris, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, , 260 p., ill. en noir et en coul. ; 28 cm (ISBN 978-2-87775-555-9, OCLC 997454129, lire en ligne), p. 155.
  4. À la demande de Claude Monet, il offre une œuvre en faveur des héritiers d'Alfred Sisley qui vient de mourir.
  5. a et b Jean-David Jumeau-Lafond et Musée d’Ixelles (catalogue de l'exposition au musée d'Ixelles en 1999), Les Peintres de l’âme : le symbolisme idéaliste en France, Gand, Snoeck-Ducaju & Zoon, , 192 p., 1 vol., ill. ; 30 cm (ISBN 978-9-05325-206-2, OCLC 822744828, lire en ligne), p. 88.
  6. Une plaque sur l'immeuble rappelle qu’il a vécu au 27, rue des Réservoirs, à l'angle de la route de la Reine.
  7. Il existe cinq rues Le Sidaner : à Port-Louis, Gerberoy, Versailles, Créteil et Étaples-sur-Mer.
  8. Fenêtre sur…, catalogue de l'exposition au musée de Roanne en 2002.
  9. Yann Farinaux-Le Sidaner (préf. Rémy Le Sidaner), Le Sidaner : l’œuvre peint et gravé, Monaco, A. Sauret, , 391 p. (OCLC 881741529, lire en ligne), p. 12.
  10. Gabriel Mourey, « L’Œuvre de Le Sidaner », The Studio, Paris, traduction et diffusion chez Paul Ollendorff,‎ , p. 10 (lire en ligne, consulté le 3 juin 2019).
  11. lithographie éxécutée d'après le tableau Canal de nuit à Nemours conservé au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes et non daté.
  12. « Visuel en ligne sur le site de l'agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux (RMN) », sur RMN Photo (consulté le 2 septembre 2019)
  13. Jean-François Mancel, Henri Le Sidaner en son jardin de Gerberoy : 1901-1939 : [exposition, Beauvais, Musée départemental de l’Oise, 16 mai-7 octobre 2001, Douai, Musée de la Chartreuse, 20 octobre 2001-20 janvier 2002], Beauvais ; Saint-Rémy-en-l’Eau, Musée départemental de l’Oise ; Musée de la Chartreuse, , 198 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 28 cm (ISBN 978-2-90382-432-7, OCLC 491324363, lire en ligne), p. 11.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Camille Mauclair, Henri Le Sidaner, Éd. Floury, 1928.
  • Yann Farinaux-Le Sidaner, Catalogue raisonné de l'Œuvre d'Henri Le Sidaner, Éditions André Souret, 1989.
  • Collectif, Henri Le Sidaner, [catalogue de l'exposition du musée Marmottan], Paris, 1989.
  • Collectif, Henri Le Sidaner, [catalogue de l'exposition 1996-1997], Liège, Carcassonne, Limoux, Laren.
  • Jean-François Mancel, Josette Galiègue, et al., Henri le Sidaner en son jardin de Gerberoy, Éditions Monelle Hayot, 2001, (ISBN 978-2-90382-432-7).
  • Collectif, Henri Le Sidaner en son jardin de Gerberoy 1901-1939, Beauvais, musée départemental de l'Oise, Éd. de Monelle Hayot, 2001.
  • Collectif, Henri Le Sidaner et la Bretagne, [catalogue de l'exposition du musée de Pont-Aven], 2002.
  • Collectif, Henri Le Sidaner (1862-1939), le secret des Lumières, [catalogue de l'exposition du musée Fournaise à Chatou], 2006, 40  p.

Liens externesModifier