François Coty

parfumeur et homme d'affaires

Joseph Marie François Spoturno dit François Coty, né le à Ajaccio (Corse) et mort le à Louveciennes, est un industriel parfumeur français, à l’origine de la multinationale Coty Inc. II est considéré comme le père fondateur de l'industrie moderne de la parfumerie.

François Coty
François Coty.jpg
Portrait photographique de François Coty par André Taponier.
Fonctions
Maire d'Ajaccio
-
Paoli (en)
Campiglia (d)
Sénateur
Corse
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière des Sanguinaires (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Joseph Marie François SpoturnoVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
François CotyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activités
Enfant
Roland Coty, Christiane Coty et 5 enfants illégitimes[1]
Autres informations
Propriétaire de
Partis politiques
signature de François Coty
signature

À la veille de la Première Guerre Mondiale, sa réussite financière fait de lui l'un des hommes les plus riches de France, ce qui lui permet d'agir en mécène et de collectionner les demeures historiques et les œuvres d'art, ainsi que d’ambitionner une carrière politique.

Il est élu sénateur de la Corse en 1923, mais l'élection est annulée en 1924 et son mandat, invalidé. Patron de presse, il exprime ses ambitions politiques personnelles à travers les différents organes de presse qu'il contrôle durant l'entre-deux-guerres. Parmi ceux ci figurent Le Figaro, Le Gaulois et L'Ami du peuple, organe xénophobe, antisémite et anticommuniste rédigé par Urbain Gohier et Jacques Ditte.

Face à la montée des socialistes et des communistes à la Chambre, il subventionne divers mouvements de droite et d'extrême droite et en 1933, face à une classe politique qu'il estime incapable de maîtriser la crise, il fait connaître son programme intitulé la Réforme de l'État et fonde le mouvement Solidarité française qui participe à la manifestation du 6 février 1934.

Il meurt à l’âge de soixante ans en 1934, grandement appauvri ; conséquence de son divorce, du coût de son empire de presse et des retentissements de la crise économique de 1929.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Né à Ajaccio[2] en 1874, peu de temps après la création de la Troisième République, dans une famille de notables corses, sa maison natale est proche de celle où Napoléon vit le jour (longtemps, il fera fleurir la tombe de l'Aiglon à Schœnbrunn[pertinence contestée][3]). François Coty est élevé par sa grand-mère Anne Marie Belon (ou Beloni), sa mère étant morte alors qu'il était encore enfant et son père ayant été porté disparu après insoumission militaire[4].

Âgé de onze ans, il quitte son île natale à l'automne 1885 avec sa grand-mère, seulement muni d'un certificat d'études primaires[5], il s'installe à Marseille, où il est probablement vendeur en articles de mercerie[6]. Après avoir effectué son service militaire (1896- 1898), il décide de monter à Paris où il devient attaché parlementaire d' Emmanuel Arène, un homme politique influent, député républicain de la Corse, puis sénateur[7]. Il est alors introduit dans les milieux influents parisiens[8].

Le , alors que Paris accueille l' Exposition universelle qui célèbre, entre autres, la mode et la parfumerie françaises[9], il épouse à la mairie du 6e arrondissement de Paris Yvonne Alexandrine Le Baron (1880-1966), petite fille d'Alphée Dubois, médailleur et prix de Rome, et s'installe définitivement à Paris[10].

À cette époque, il avait l'habitude de jouer au piquet avec son ami et voisin, le pharmacien Raymond Goëry avenue de La Motte-Picquet, celui ci dut, un jour, remettre leur partie car il devait travailler dans son laboratoire à des préparations officinales. Coty l'y accompagna et se montra fasciné par le matériel de chimiste. Le pharmacien lui donna alors la recette de l’eau de Cologne, à laquelle Coty s’occupa. Le résultat fut jugé satisfaisant et le pharmacien lui conseilla d’apprendre la parfumerie.

Pendant plus d'un an à Grasse, Coty se forme aux techniques et à l'art du parfum et de la cosmétique auprès de Georges Chiris (1872-1953)[11], fils de Léon Chiris[12]. Il se lève à l'aube pour se mêler aux cueilleuses de la rose de mai et participe aux opérations de distillations et d' extractions. Il s'initie à la matière première et apprend le langage des odeurs et des essences[10].

Revenu à Paris, il vend aux barbiers de la capitale des essences qu'il fait venir de Grasse. En 1904, il utilise une petite quantité précieuse d'absolue de rose rapportée de Grasse et crée son tout premier parfum La Rose Jacqueminot ; c'est à cette époque qu'Emmanuel Arène lui conseille d'adopter le nom de sa mère, Coti adapté en Coty, pour la commercialisation de ses parfums[10].

Industriel de la parfumerieModifier

 
Vue arérienne de l'usine Coty à Suresnes, circa 1930.

Sa famille paternelle, avait dès les années 1860, introduit la culture d'orangers en Corse. La distillation de la fleur d'oranger lui est familière depuis son enfance.

Il associe les essences naturelles et les produits de synthèse[13],[14] des fournisseurs comme Firmenich[15] et les fabriques De Laire[16] que les progrès de la chimie organique permettent désormais de produire à bon marché. Élisabeth de Feydeau écrit : « François Coty bouleverse finalement les règles traditionnelles de création et de conception et permet l’industrialisation du parfum à une plus grande échelle. Son intuition et son sens stratégique font entrer le parfum dans une ère nouvelle. Sa conviction est que l’on peut étendre la clientèle habituelle de l’époque à la bourgeoisie et même aux milieux plus modestes. Ce visionnaire souhaite pour les femmes des senteurs naturelles de haute qualité. En cela, il innove en mêlant dans un équilibre parfait les matières nobles naturelles et les produis de synthèses massivement utilisés pour obtenir cette puissance et cette clarté qui faisait défaut aux parfums existants. Il fait ainsi naitre les familles olfactives modernes principalement les familles florale, ambrée et chyprée basées sur les accords traditionnels de la parfumerie »[17]. Il est d'ailleurs considéré comme le « père fondateur de l'industrie moderne de la parfumerie »[18].

En 1904, toujours à la période de la Belle Époque, il crée sa société puis sa propre usine sur les bords de la Seine à Suresnes, la « Cité des parfums ». Elle sera suivie de nombreuses autres installations : dans l'île de Puteaux pour les conditionnements métalliques, à Neuilly-sur-Seine pour les boîtes de cuir et de carton, à Pantin et aux Lilas pour les flacons. Dans ses usines, des crèches sont installées pour permettre à ses ouvrières de travailler sereinement. Il verse à ses employés des congés payés et des retraites généreuses[19],[20].

 
Flacon Lalique Ambre antique pour Coty (circa 1910).

Coty comprend l’importance pour les ventes, du conditionnement, de l'emballage, de la présentation, c’est lui qui le premier entreprend d’associer à une fragrance singulière, non seulement une illustration singulière, mais un flacon singulier[21] faisant appel à l'artiste joaillier et verrier René Lalique qui crée pour lui le flacon de L’Effleurt, puis celui d’Ambre antique, mais aussi à Baccarat et au décorateur Léon Bakst[22], les étiquettes en papier gaufré doré à chaud sont imprimées par la maison Draeger ; il résume ainsi sa philosophie commerciale : « Donnez à une femme le meilleur produit que vous puissiez préparer, présentez-le dans un flacon parfait d’une belle simplicité, mais d’un goût impeccable, faites le payer un prix raisonnable, et ce sera la naissance d’un grand commerce tel que le monde n’en a jamais vu »[23].

Il remporte de grands succès commerciaux[24] avec La Rose Jacqueminot (1904), un soliflore associant un absolu de rose de mai à deux composants de synthèse[25], suivi de L'Origan (1905), Ambre Antique (1908), Le Muguet (1910), Lilas blanc (1910), Iris (1913), (soliflore), et surtout Chypre, lancé en 1917[26],[27], qui donne naissance à une nouvelle famille olfactive, et dont le succès durera des décennies. Son souhait est que « chaque femme ait sa propre fragrance subtile, celle qui convient à son style et qui exprime réellement sa personnalité ». Il diversifie également sa gamme avec, outre des parfums, des crèmes, des savons, des sels de bain, des rouges à lèvres[28] et la poudre « L'Origan », dans sa célèbre boîte orange et blanc, qui se vend à 16 millions d'exemplaires par an en France. Ce succès suscite des contrefaçons[29],[30],[31] et ses innovations inquiètent les parfumeurs concurrents du Syndicat national de la parfumerie française[9].

Alors que les parfumeurs ne commercialisaient leurs créations que dans leurs propres boutiques, Coty, qui dispose d'un magasin ouvert en 1905 rue La Boétie et d'un autre au 23 place Vendôme à Paris, décide de vendre ses parfums dans les grands magasins, se heurtant d’abord au scepticisme de ceux-ci[9]. Selon une légende, reprise dans Le Petit Journal, « un jour prenant une caissette d’échantillons, il se rend dans l’un des plus grands magasins de Paris pour y proposer ses parfums. Dans l’un des salons du magasin, une cliente par mégarde le heurte : l’un des flacons tombe et se brise. Aussitôt se répand un parfum d’une délicatesse rare. Les personnes présentes s’émerveillent et ce sont alors les acheteurs eux mêmes qui prient François Coty de venir les trouver. Les commandes commencent à affluer, et peu à peu le succès s’affirme »[32].

À la veille de la Première Guerre mondiale, les parfums Coty sont no 1 dans le monde, avec des succursales à Moscou, New York, Londres et Buenos Aires[33], et Coty est déjà très riche. En 1917, dans la tourmente de la Révolution russe, ses magasins, usines, stocks, comptes et dépôts au Crédit Lyonnais de Moscou (soit près de 4 millions de francs de l’époque) sont tout simplement confisqués par les Bolcheviques[34],[35].

Durant la Première Guerre mondiale, il soutient l'association Les Jouets de France, créée en 1917 par son ami François Carnot (fils du Président Sadi Carnot). Dans les usines de l'Île de Puteaux, qu'il finance, des menuisiers forment des mutilés de guerre pour créer et assembler des jouets en bois pour les enfants[36]. Il accueille également les blessés de guerre dans sa résidence de Longchamp et au château d'Artigny[37].

En 1918, pour relancer les ventes, Coty a l'idée de conditionner ses parfums en petits flacons, cadeaux que les soldats revenus du front vont rapporter à leur épouse ou à leur bien aimée.

Milliardaire, mécène et collectionneurModifier

En 1920, la fortune de Coty se compte en centaines de millions de francs ; il est considéré alors comme l'un des hommes les plus riches du monde.

MécèneModifier

 
Dieudonné Costes devant son Breguet 19 modifié pour les grands raids et surnommé le Point d’Interrogation.

L'homme politique André Tardieu le dit « préoccupé d’autre chose que de défendre sa fortune »[38] ; aussi, sa situation financière lui permet d’accompagner la période des années folles et d’agir en mécène, participant financièrement à l'électrification de la ville d'Ajaccio, à la construction d'HBM et à l'édification du monument aux morts de la Grande Guerre[39] dans la ville. Il finance également, le comité olympique pour que la France puisse participer aux jeux olympiques de 1928[40], le nouveau laboratoire du physicien Édouard Branly (précurseur de la radiodiffusion), dans l'enceinte de l'Institut catholique de Paris[41]. De la même manière, il finance de nombreuses tentatives de records aériens, que ce soit la traversée de l'Atlantique Paris – New York par Costes et Bellonte en 1930[42], ou encore la tragique tentative de record du monde de distance des pilotes Joseph Le Brix et René Mesmin en 1931[43]. Il finance et soutient également de nombreux artistes[44], parmi lesquels Foujita[45], ainsi que l'Académie de France à Rome[46]. Il donne des millions au Saint-Siège et à Pie XI pour sa lutte contre le communisme[47].

CollectionneurModifier

La propriété La Source, un pavillon à Suresnes, est la première de sa collection où il installe ses bureaux.

Il se rend propriétaire, en 1912, du manoir de Beaupré à Veigné (Indre-et-Loire).

Le , Coty acquiert pour 600 000 francs le château d'Artigny à Montbazon, près de Tours[48], remanié au XIXe siècle. Séduit par le site et sa vue magnifique sur la vallée de l'Indre, il l'est moins par les bâtiments. Il fait raser cet ensemble assez hétéroclite pour faire construire, douze mètres plus loin, entre 1912 et 1929, par Emmanuel Pontremoli entre autres architectes, un grand château dans le style du XVIIIe siècle, inspiré du château de Champlâtreux, œuvre de l'architecte Jean-Michel Chevotet.

 
François Coty, son épouse, sa fille Christiane et son gendre Paul Dubonnet en 1918.

François Coty et sa famille résident dans ce domaine de 1 300 hectares d'un seul tenant la moitié de l'année, « le maître » travaillant au premier étage, ce qui explique le choix, de construire les cuisines sous les combles pour que l'odeur de la nourriture ne vienne pas perturber l'élaboration des parfums[49]. Le décor intérieur est somptueux, avec une grande fresque du peintre Charles Hoffbauer (1875-1957), représentant dans un bal costumé la famille du parfumeur, dont son gendre, Paul Dubonnet, et ses amis[50],[51]. En visite au château d’Artigny, quelques années plus tard, le cinéaste Jean-Pierre Melville écrit dans le livre d’or que le château « apprend aux cinéastes que Citizen Kane n’était pas américain »[52]. D'immenses serres à orchidées sont construites dans les jardins à la française.

Dans l'hôtel particulier de l'urbaniste américain George Kessler (en) qu'il a racheté, au 24 - 26, avenue Raphaël au Ranelagh en 1921 (plus tard occupé par le commandant du Gross Paris, puis détruit), considéré comme l’une des plus grandes réussites architecturales d’Ernest Sanson, et qu'il utilise comme adresse postale, préférant résider à l’hôtel Claridge, 74 avenue des Champs-Élysées[53], il entrepose ses collections de meubles, objets d’art et tableaux, étant personnellement amateur d'art et en particulier de l'art du XVIIIe siècle comme en témoigne le catalogue de ses riches collections.

Il acquiert aussi les hôtels mitoyens Toulouse-Lautrec et Bramberger aux 12 et 14 du Rond-Point des Champs-Élysées[54]. En Coty y installe Le Figaro qu'il avait acquis en rachetant quatre mille actions du journal de Camille Aymard, dit « Le Zèbre », avocat radié du barreau de Saïgon, dix fois le prix payé par lui[55] au prince Napoléon (1 600 000 francs). Aymard signera dans le journal La Liberté, —  après le suicide d’Ivar Kreuger, en 1932 —, un article hostile, soulignant les contradictions et paradoxes de Coty, dans lequel il est notamment rappelé qu’il emploie des collaborateurs et des institutions financières d’origine juive[56].

 
Pavillon de Louveciennes.

En 1923, il achète à Louveciennes, un domaine comprenant le pavillon édifié par Claude-Nicolas Ledoux en 1771 pour la comtesse du Barry, où, s'installant dans les communs, il entreprit d'énormes aménagements, inachevés comme dans la plupart de ses nombreuses autres maisons. Afin de créer en sous-sol un laboratoire de parfumerie, un générateur électrique, des cuisines et une piscine, il n'hésite pas à faire déplacer la demeure de plusieurs mètres, ce qui aura pour effet de le préserver, quelques années plus tard, d'un affaissement de la falaise au bord de laquelle elle avait été bâtie. Se croyant menacé en permanence, il équipa ses immenses caves de portes commandées par des cellules photo-électriques[49].

Comme pour celui de Bagatelle à Paris, l'aspect de cette folie néo-classique est altéré par l'ajout d'un étage du à l'architecte Charles Mewès, afin de créer cinq chambres à coucher supplémentaires ; comme à Artigny, des serres tropicales sont créées, reliées au pavillon par des passages souterrains.

Dans les années 1920, Coty possède aussi :

En 1912, il loua le château de Longchamp (propriété de la Ville de Paris), dans le bois de Boulogne, près de son usine de Suresnes. Ancienne résidence du baron Haussmann, comportant une tour de style médiéval et abritant un ascenseur Eiffel, mais laissé à l'abandon, Coty entreprend de le faire démolir et remplacer par un édifice de style du XVIIIe siècle – inachevé – loué ensuite au WWF puis à la Fondation GoodPlanet.

Presse et politiqueModifier

C'est après la Première Guerre Mondiale, à l'orée de la cinquantaine que Coty se lance en politique dans le contexte d'une gestion difficile de l’après-guerre (1919-1929), des conséquences démographiques et économiques des pertes humaines infligées par la Grande Guerre et d’une vague d'immigration en France ; mettant à contribution sa grande fortune personnelle et s'engageant pour cela dans la presse. Michel Winock rappelle que Georges Bernanos a résumé l’engagement politique de François Coty d’une « jolie formule » : « c'est un Birotteau qui se prend pour un César »[58],[59],[60]. Nationaliste, antiparlementaire, admirateur de Mussolini, anticommuniste[61],[62],[63] et xénophobe, Coty subventionne diverses organisations avant de fonder son propre mouvement, la ligue Solidarité française[64].

Gilles Lahousse indique que : « François Coty est souvent présenté par ceux qui l'ont connu comme un homme délicat, timide, réservé, esthète par certains côtés. Son métier le met constamment en relation avec une clientèle aisée et majoritairement féminine, ayant, a priori, le culte du luxe et du bon goût. Anglophile, il craint par-dessus tout l'Allemagne, qu'il pressent inexorablement belliqueuse, et le communisme, dont il redoute l'extension. Admirateur de Mussolini, il n'en reste pas moins attaché aux traditions politiques nationales : « Ma thèse est spécifiquement française, et ses applications strictement françaises ... Le fascisme est une formule spécifiquement italienne, conçue par un génie tout italien, pour la situation particulière de l'Italie au moment où les circonstances l'exigeaient. Le plan que je propose pour la réforme de l'État s'inspire uniquement des traditions, du passé, des besoins présents de la nation française et de sa culture millénaire, de ses mœurs et de ses vœux évidents » . Enfin, dernier point, mais d'importance, il ne connut guère le front puisqu'il fut rapidement démobilisé à la suite d'un accident qui lui fit perdre l'usage de l'œil droit.[65] ».

Stratégie électorale en CorseModifier

François Coty a d'abord des ambitions politiques dans son île natale, la Corse. En 1919, les grandes lignes du projet qu’il a conçu pour tirer l’île de son sous-développement et assurer sa prospérité sont publiées dans Le Petit Bastiais[66]. Le projet adresse trois secteurs d’activité : l’industrialisation, le tourisme et la formation, avec également la création à Paris d’une « Maison de la Corse »[67].

En 1921, il crée le quotidien L'Éveil de la Corse[68]. L'historien Francis Arzalier rapporte que le journal multiplie au début des années 30 « les phrases admiratives pour la réussite du fascisme ou du nazisme » et propose de mettre hors d'état de nuire les réfugiés allemands antinazis, assimilés à une vermine qu'il faudrait « parquer dans un camp de concentration » pour mieux les surveiller[69].

En 1923, Coty est élu sénateur de la Corse mais l'année suivante, son élection est invalidée par le Sénat[70] après contestation de son adversaire qui lui reprochait des faits de corruption et l'implication du brigand Nonce Romanetti dans sa campagne[71],[72],[73],[74]. L'annulation de huit suffrages provoque l'invalidation de l'élection[75],[76]. En 1931, Coty est élu maire d’Ajaccio. Son secrétaire politique est Antoine Leandri.

Patron de presseModifier

 
Ancien siège du Figaro Rond-point des Champs-Élysées.

Dès 1919, Coty vise à acquérir le contrôle du Figaro, possédant 31 % des parts du journal en 1921 et acquérant la majorité en [77],[78],[79]. Jacques Varin écrit qu'il « renou[e] avec le journalisme qu’il avait pratiqué pendant sa jeunesse »[80]. Au contraire, Louis Latzarus et Léon Daudet le qualifient « d'illetré », faisant écrire les articles qu'il signe par des nègres[81],[82], tel Urbain Gohier[83], qui décrit Coty comme « dénué de culture et de tous moyens d'expression »[84],. André Lang note toutefois qu'il « n'écrivait lui-même ses articles que lorsqu'il parlait de soi »[85],[84]. Coty installe Le Figaro rond-point des Champs-Élysées. D'après Claire Blandin, il commence par le moderniser et le relancer (20 000 exemplaires en 1921 ; 50 000 en 1928)[86]. En 1925, il nomme Lucien Romier rédacteur en chef du Figaro, mais se sépare de lui deux ans plus tard. À partir de la mort de Robert de Flers, le journal adopte une ligne éditoriale résolument à droite. François Coty opère un changement de ton, utilisant le journal comme une tribune de combat, « il dénonce les complots occultes qui menacent la France, il vante les bienfaits du fascisme italien, félicite le régime nazi d’avoir écrasé le communisme et les syndicats marxistes ; car l’anticommunisme de François Coty prend de plus en plus le pas sur son hostilité à l’Allemagne »[87]. Kim Perron estime que sous la direction de Coty, qu'il qualifie de « grand admirateur du fascisme italien » et dont il juge les propres positions politiques comme fascistes, « le corporatisme, l'antisémitisme, la xénophobie, mais surtout l'anticommunisme représentent quelques-uns des thèmes récurrents que l'on retrouve dans Le Figaro »[88].

Au Figaro, il croise Georges Bourdon avec lequel, en dépit d’opinions différentes, il partage le refus du communisme et de la lutte des classes[89]. ( L'historien Claude Quétel estime qu'au sein du grand patronat, Coty incarne « un exemple presque caricatural » de l'anticommunisme, bien que « l’opinion des Français dans leur majorité (et donc pas seulement l’extrême droite) s’ancre dès le 29 décembre 1920 dans l’anticommunisme et dans le rejet « viscéral » d’un parti qui se dit français mais qui prend ses ordres à Moscou », il ajoute que « Mezza voce, toute la presse de droite dit la même chose [que lui]. Cette conviction du complot va perdurer pendant tout l’Entre-deux guerres. Le parti communiste est le parti de l’étranger et les communistes, en attendant d’être traitres à leur pays, sont des « espions moscoutaires »[90]. »)

Selon l'historien Laurent Joly, pour expliquer la crise économique aux lecteurs, il s’appuie sur plusieurs mythes et stéréotypes et adopte « une ligne éditoriale sinueuse au service de l'« intérêt national », mais aussi de ses propres entreprises. ». L'industriel tempête contre l'administration fiscale et soutient la politique de réconciliation de Briand (et Chamberlain) tandis que la « xénophobie s'impose néanmoins d'emblée comme l'un des thèmes de prédilection du Figaro ». À partir de 1924, Coty y mène campagne contre le capitalisme, la finance internationale, et contre le communisme par le biais d'articles « denses » et « souvent austères »[91]. Sur une suggestion de Paul Bourget, il renomme le journal « Figaro » (de 1929 à 1934), reprenant le nom que lui avaient donné ses fondateurs. Ces évolutions font perdre des lecteurs au journal[92]. D'après Pierre Milza, il ne reste qu'une dizaine de milliers de lecteurs en 1933 lorsque Coty perd le contrôle du quotidien[93].

Coty rachète également plusieurs journaux de province[55], et en 1928 Le Gaulois, quotidien monarchiste, puis bonapartiste et républicain, qu’il fusionne avec Le Figaro pour en faire un puissant organe de rassemblement politique au service de la droite nationaliste[94],[95],[71]. La même année, il fonde le quotidien L'Ami du peuple, dont les bureaux sont installés rue Drouot. Destiné aux classes populaires, L'Ami du peuple est vendu moins cher que les autres journaux, Havas, distributeur parisien exclusif, refuse alors de lui donner la publicité en dépit d’une circulation d’un million par jour, et les messageries Hachette qui détenaient le monopole de la vente des journaux dans les kiosques parisiens et dans les gares refusent de le distribuer ; s’ensuit un procès retentissant intenté par Havas et les 5 plus grands quotidiens parisiens[96]parmi lesquels Le MatinLe Journal, Le Petit Parisien et Le Petit Journal. Déboutés, ceux-ci seront condamnés à lui verser deux millions de dommages-intérêts[97].

En 1930, le journal publie sa carte de visite indiquant : « François Coty, Artiste, Industriel-Technicien, Économiste Financier, Sociologue. Promoteur de la Croisade des Patries, auteur de la Réforme de l’État, prélude nécessaire à la reconstitution de l’ordre, de l’autorité, de la hiérarchie, de la discipline démocratique et sociale sans quoi ne peut subsister aucune grande nation du monde civilisé, Maire d’Ajaccio, deux fois élu Sénateur de la Corse »[98],[99]. Son premier biographe, l'historien Fred Kupferman remarque que « ses châteaux annonçaient le nouveau riche », que Coty dépense à perte des millions « afin d'imposer par le dumping ses vues et phobies de Mussolini français » à travers L’Ami du peuple, « journal lancé à deux sous » et constamment surveillé par le monde politique et la presse [100], diffusant, selon l'historien Ralph Schor les « thèmes majeurs » de l'extrême droite française des années 1930[101], dérangeant la droite et inquiétant la gauche[100]. La campagne que la gauche mène contre lui pendant plusieurs années, commence à porter ses fruits et les ventes de L'Ami du Peuple s'en ressentent de plus en plus[102].  

 
Urbain Gohier en 1912.

Laurent Joly estime que François Coty donne à l'antisémitisme des années 1930 en France et à la xénophobie une médiatisation exceptionnelle grâce à la force de frappe de son quotidien[103]. Principal rédacteur de L'Ami du peuple, Urbain Gohier sert également de secrétaire particulier et de « nègre » à l'industriel, en particulier dans le cadre d'une campagne de presse co-organisée avec l'avocat nationaliste Jacques Ditte et menée du 8 au . Le riche parfumeur signe ainsi six articles de Gohier qui exploite la théorie du complot judéo-bolchévique en fustigeant les « financiers qui mènent le monde »[104], « la finance judéo-germano-américaine, complice des Soviets. » Coty poursuit sur le même ton dans Le Figaro en , déclare Pierre-André Taguieff[105].

 
Jacques Ditte en 1930.

En , Jacques Ditte se déclare candidat à Paris lors des Élections législatives françaises de 1932 remportées par le Cartel des gauches avec trois cent trente cinq voix au parlement[94]. Il tonne dans L'Ami du peuple « contre les magnats de la haute finance "Judéo-Germano-Américaine" », campagne dénoncée comme xénophobe et antisémite par la LICA. Bien que les membres de la LICA fassent stratégiquement de Coty « l'épouvantail antifasciste idéal » pour contrer la candidature parisienne du publiciste de L'Ami du peuple, Laurent Joly note qu'ils n'en perçoivent pas moins « l'importance historique de la campagne » journalistique comme un « second antisémitisme » après l'affaire Dreyfus[106]. Bernard Lecache, fondateur de la LICA, déclare en  : « Nos pères ont eu Drumont, et nous avons Coty »[107]

En mai 1933, il proteste dans le Figaro contre la proposition du ministre de l'Éducation nationale, Anatole de Monzie, d'offrir à Einstein, fuyant l'Allemagne nazie, une chaire de physique théorique au Collège de France, déclarant  « Le Collège de France n'a pas été créé pour hospitaliser tous les Israélites qui, se jugeant persécutés, se targueraient d'une science inaccessible au reste des mortels »[108] ; ce n’est pas tant le scientifique qu’il critique, mais l’agent communiste, étant donné qu’Einstein avait précédemment déclaré son soutien au Secours ouvrier international[109] et au communisme, dans un article du Berliner Tageblatt, ce qui selon l’historien Alexandre Moatti lui aurait causé bien des torts[110].

En juin 1933, après la publication dans Le Figaro et dans L'Ami du peuple d'articles affirmant que des associations d'anciens combattants juifs et de sportifs juifs étaient des paravents pour des organisations révolutonnaires, Coty perd un procès en diffamation intenté par des associations d'anciens combattants juifs[111],[112]. Le mois suivant, en juillet 1933, il publie un article où il critique l'influence auprès de Franklin Delano Roosevelt de Bernard Baruch, dans laquelle il voit l'effet d'un complot du B'nai B'rith[113]. Le 10 septembre, il adresse à la communauté juive de Genève un télégramme de « rétractation de son anti-sémitisme » en demandant qu'il soit lu à une séance de préparation du Congrès juif mondial[114]. En juillet 1934, la condamnation pour diffamation de juin 1933 est confirmée en appel[115].

Ralph Schor dénombre près de 400 articles sur les étrangers publiés dans L'Ami du peuple entre 1928 et 1937, avec un pic en 1931 et le début de la crise économique (plus de 70 articles), fréquence sans équivalent dans la presse de l'époque, même à L'Action Française[116]. Dans le même article, Schor indique qu’en effet, dans la France de l'entre-deux guerres, certaines catégories sociales et diverses professions témoignaient une méfiance ou une hostilité plus ou moins marquée à l'égard des étrangers. Ainsi, « André Armengaud évoque « l'animosité latente » qui régnait, avant 1931, entre travailleurs français et travailleurs immigrés, puis le conflit ouvert qui opposa ensuite les deux groupes [117] ». De nombreux journaux de droite critiquaient les étrangers ; L'Ami du peuple était loin d'être le seul[118]. Ainsi, les campagnes xénophobes furent bien reçues par les lecteurs et Ralph Schor demande, si en en somme, L'Ami du peuple influence le public ou s’il est influencé par lui. La réponse étant assurément positive dans les deux cas, écrit il[119].

Laurent Joly et Rita Thalmann qualifient L'Ami du peuple de « journal le plus xénophobe de son temps[120] », « véritable anthologie xénophobe et antisémite »[121]. L'historien Zeev Sternhell estime que le quotidien, avec 600 000 exemplaires vendus en 1933, joue un rôle fondamental « dans la formation du climat politique de l'époque » qui débouchera après la défaite de 1940 sur l'antisémitisme d'État du régime de Vichy[122]. Le publiciste Henry Coston rééditera en , dans un numéro spécial de La Libre Parole, plusieurs articles signés par Coty durant la campagne de 1932, tout en le félicitant d'avoir soi-disant pressenti « l'avènement de la judéo-maçonnerie au pouvoir »[123]. Au début des années 1930, en conclusion d'une édition des Protocoles des Sages de Sion (à l’origine un faux fabriqué par la police politique du Tsar au début du siècle[124]),[125], il lance un appel aux Français : « Maintenant que vous connaissez le plan juif, qu’allez-vous faire ? Laisserez-vous votre patrie, votre famille, votre personne tomber sous la tyrannie juive ? Réfléchissez et si vous êtes un homme courageux, venez à nous. »[126].

Coty doit vendre L'Ami du Peuple en janvier 1934, racheté par Havas entre autres, et perd le contrôle d'un Figaro en crise, lors d'une réunion extraordinaire de son conseil d'administration, annoncée par Charles de Beaupoil de Saint-Aulaire, le 4 octobre 1933 qui supprime la fonction de directeur[127].

Au total, selon l'universitaire Patrick Eveno, Le Figaro et Le Gaulois font perdre une centaine de millions à François Coty, à comparer avec les 500 millions que lui coûte L'Ami du peuple et les 425 millions de son divorce[128],[135].

Soutien à différents mouvements et création de la Solidarité françaiseModifier

En parallèle, face à la gauche, après les résultats des élections législatives de 1924 et la montée des socialistes et des communistes à la Chambre, François Coty soutient et subventionne un temps différents mouvements de droite. L'historien Pierre Milza présente Coty comme le principal financier de « l'ultra-droite des années trente », dans le cadre d'un engagement « dans la voie du putschisme fascisant »[136].

D'après les historiens américains Eugen Weber et Robert Soucy, entre 1924 et 1928, il a donné deux millions de francs au mouvement monarchiste Action française[137],[138]. Il contribue également, selon Zeev Sternhell et Robert Soucy, à hauteur d'un million de francs au Faisceau de Georges Valois[138],[139], l'historien français Yves Guchet estimant toutefois que les sources exploitées par ces deux historiens ne permettent pas de faire la lumière sur le montant exact de ce financement[140]. Valois et Maurras l'insulteront dès qu'il cesse ses financements[réf. nécessaire].

Jean d'Orléans, « duc de Guise », prétendant orléaniste au trône de France de 1926 à 1940, fit appel à lui pour servir de conseiller à son fils Henri d'Orléans, titré « comte de Paris » en 1929[141]. Il offrit en cadeau de mariage () à Isabelle d'Orléans-Bragance, future « comtesse de Paris », « qu’il considère comme la future reine de France, un magnifique diadème de feuillages en diamants sertis de sept grosses émeraudes cabochon »[142].

En 1927, à la suite du scandale des décorations mettant en cause le haut fonctionnaire Ruotteil, Coty soutient financièrement la création de l'Association des membres de la Légion d'honneur décorés au péril de leur vie (faits de guerre et d'héroïsme civil) de Maurice d'Hartoy, qui s’installe dans les locaux de Figaro. L'association sera par la suite absorbée par le mouvement regroupant des anciens combattants français décorés de la Croix de guerre 1914-1918 les Croix-de-feu. François Coty apporte son soutien financier à la création de cette dernière organisation en 1927 et met à sa disposition des locaux dans l'immeuble du Figaro[143],[144].

François Coty se déclare bonapartiste[145], nationaliste, fervent défenseur d'une République forte avec une prépondérance du pouvoir exécutif et l’usage de référendums, il regrette le rôle excessif du parlement, la centralisation et l’étatisme qui paralyse les initiatives. Pour faire connaître ses idées politiques il rédige deux ouvrages : Contre le communisme, Grasset, 1928 et en 1931 : Sauvons nos colonies, le péril rouge en pays noir, Grasset, 1931[96].

 
Première page du Figaro du .

Fred Kupferman le décrit entouré de courtisans, de parasites, d'aigrefins sachant tirer parti de sa fortune, mené en bateau par des politiciens plus aguerris que lui[146], isolé dans le monde politique et dans le patronat de presse. Cette situation d'« homme seul », finalement conforme à l'image qu'il souhaite se donner[147], est encensée par son ami Albert Surier dans le journal ajaccien L'Éveil de la Corse afin de lui forger une stature d'homme providentiel dressé contre la « horde » des partis politiques, bien qu'il ne reste « qu'un franc-tireur, contesté au sein même de sa famille politique et raillé par bien des observateurs », affirme Jean Garrigues[148].

Après l’assassinat de Paul Doumer, dans un climat délétère[149], c'est au printemps 1933, que, déçu par ceux qu'il a soutenu notamment après avoir offert 100 millions de francs au gouvernement pour créer un fonds de stabilisation de la monnaie française dans le cadre de la contribution volontaire de 1926[150],[151], avant d'être malgré cela exclu du groupe désigné pour superviser le fonds[Information douteuse][152], dans un contexte où les gouvernements se succèdent les uns après les autres (six gouvernements de à ), constitués des mêmes hommes de la majorité, tour à tour institués puis discrédités, l'inflation et la politique déflationniste et un régime décrédibilisé par une succession de scandales politico-financiers tels l'affaire Hanau, l'affaire Oustric ; l'industriel fonde son propre mouvement : la Solidarité française[71],[73]. Parmi les adhérents, les retraités, les rentiers et les chômeurs, les agriculteurs, la classe moyenne commerciale, les fonctionnaires et travailleurs de bas niveau, soit les groupes sociaux les plus durement touchés par la crise et les mesures prises par le gouvernement pour y faire face, trouvent au sein de la Solidarité française une plate-forme pour leur protestation, indique Klaus-Jürgen Müller (de)[153]. Le nombre d'adhérents, difficile à évaluer, se monte probablement à « plusieurs dizaines de milliers » en 1933-1934, chiffre que l'historien Gilles Lahousse estime « comparable à celui des disciples de Pierre Taittinger plus qu'à celui des partisans de Marcel Bucard »[154]. Le , Coty publie par l'intermédiaire de L'Ami du peuple un « programme global » intitulé La Réforme de l'État[73]. L'industriel y propose de renforcer le pouvoir du président de la République, dans la limite des traditionnelles fonctions régaliennes. En outre, la Solidarité française tranche avec les autres mouvements politiques de droite en réclamant une élection présidentielle au suffrage universel direct masculin et féminin, en sus d'un « vote familial » incluant le vote des enfants par l'intermédiaire du chef de famille[155]. Coty défend également un mandat présidentiel de sept ans, potentiellement renouvelable, ainsi que la création d'une cour suprême garante des droits fondamentaux[156].

Selon l'historien allemand Klaus-Jürgen Müller, une analyse du contenu de ses déclarations ainsi que du programme de La Réforme de l'État[157] révèle deux éléments déterminants ; premièrement « avec l'introduction du vote des femmes, le programme anticipait une institution de la IVe République, et avec l'idée d'un exécutif présidentiel fort, d'une réduction du rôle du parlement et l'introduction du plébiscite, il contenait déjà des éléments de la constitution de la VeRépublique ». « Il ne s'agissait nullement d'un refus de la République, de la démocratie et du parlementarisme, mais plutôt de l'expression d'une attitude protestataire envers une classe politique incapable de maîtriser la crise »[158]. À ses deux idées centrales venait s'ajouter un anticommunisme militant et « Coty répondait tout à fait aux tendances dominantes de l'heure. C'est là un fait dont, le plus souvent, il n'a pas été tenu compte par les chercheurs »[158].

D'après l'historien Richard Millman, la Solidarité française se distingue comme l'une des plus virulentes ligues lors de l'émeute antiparlementaire du — qui suit les révélations de l’affaire Stavisky en janvier 1934 — ; chez les dirigeants des ligues, « seul Coty, en sécurité et loin du champ d'action, semble prêt pour un putsch »[159]. La pression et la menace de la rue parisienne aboutirent alors à un changement de majorité politique donnant à postériori au 6 février son caractère insurrectionnel[160]. Kupferman, indique que le label « fasciste » est, à ce moment, apposé automatiquement par la gauche sur les ligues anciennes ou modernes[161].

À compter de 1934, après la mort de Coty, le mouvement se radicalise sous l'impulsion de son successeur Jean Renaud en s'orientant « vers un activisme de plus en plus fascisant », indique Lahousse[162]. Klaus-Jürgen Müller indique qu'un changement de l'équipe dirigeante s'accompagna d'une dénaturation des idées de Coty[158]. Jean Renaud « poursuivra les campagnes de dénonciation de la « tyrannie judéo-bolchévique » lancées par Coty dans sa presse », précisent Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour[163].

PostéritéModifier

François Coty s'éteint à Louveciennes, des suites d'une double congestion pulmonaire[32] et cérébrale[164], le 25 juillet 1934, âgé de soixante ans[165]. Il est inhumé dans le cimetière de Montbazon, puis transféré à Ajaccio vers la fin des années 1960. Il repose dans l'ancien cimetière marin U Campu Santu di u Canicciu.

 
Maison France 1936, affiche de propagande anti-maçonnique et antisémite. Zeev Sternhell, Pierre-André Taguieff et Laurent Joly voient une continuité entre Coty patron de presse et l’antisémitisme postérieur à la mort de l’industriel[122],[123],[166].

« Coty mort, le cotysme s'écroule comme un château de cartes », écrit Fred Kupferman[167]. Selon l'historien américain Dietrich Orlow (de), l'entreprise politique de François Coty et son empire de presse ne survivent pas à sa mort, ses héritiers ne souhaitant pas en continuer le financement[168]. Sa campagne antijuive lancée en 1932 joue un rôle précurseur de l’antisémitisme qui connaît un essor politique important au milieu des années 1930, annonçant, selon Laurent Joly « la période de l'Occupation et de l'« antisémitisme de plume » parisien » où s'illustreront encore les deux ex-rédacteurs de L'Ami du peuple, Jacques Ditte et Urbain Gohier[166].

Tristan Gaston-Breton estime que « pour les historiens, l'industriel est une figure controversée » et qu'avant de mourir ruiné et abandonné, François Coty « révolutionna l'industrie du parfum avec une réussite éclatante »[28], alors que Jean-Noël Jeanneney souligne que sa vie est une succession d'aventures plus ou moins réussies[169][réf. souhaitée]. Avec Ford aux États-Unis et Emil Rathenau en Allemagne, Coty est l’un des trois novateurs de l’époque, écrit Maurice de Waleffe[38]. Le seul regret de François Coty est de « ne pas être parvenu à capturer l'essence du chèvrefeuille »[28].

L'ex-épouse de Coty devient la première actionnaire du Figaro dès 1934, elle cédera la moitié de ses actions, le , à un groupe constitué autour de Jean Prouvost et, en 1964, l'autre moitié au groupe Prouvost-Béghin.

Le 21 février 1935, peu de temps après la mort de Coty, Armand Petitjean, son collaborateur, crée sa propre marque Lancôme[170].

Les ligues seront interdites en 1936 par le gouvernement du Front Populaire[171]au nom de l'antifascisme[172], analysé par l’historien Gilles Vergnon comme un puissant levier unitaire pour les gauches françaises [173] et l’Ami du peuple disparait en 1937[174].

 
La belle Strasbourgeoise (vers 1703), aujourd’hui au musée des beaux-arts de Strasbourg[175].

La maison de Louveciennes est encore en chantier à la mort de Coty en 1934. Du fait de sa situation financière préoccupante à cette date, conséquence du divorce engendré par ses frasques amoureuses[176], de son train de vie, de sa prodigalité[177], des retentissements de la crise de 1929 et du coût de son empire de presse, elle est placée sous séquestre, ainsi que le château d'Artigny, où son fils Roland vécut jusqu'en 1936. Les 30 novembre et 1er décembre 1936, ses collections d'art, qui comprenaient des pièces de Boucher, Greuze, Fragonard, Watteau, Reynolds[178], Perroneau, Demachy et Gainsborough, ainsi que des tapisseries d'Aubusson, des Gobelins, de Beauvais (Amphitrite, Thétis, Vénus, ces dernières désormais au siège de la Banque de France [179]) et du mobilier de Mathieu Criaerd[180] sont vendues en 124 lots à la Galerie Charpentier à la requête d'un administrateur judiciaire près le tribunal civil de la Seine. Entre autres peintures La Belle Strasbourgeoise, un portrait de Nicolas de Largillierre[181], fut adjugé un million et demi de francs[182], un prix exceptionnel pour une œuvre de l’École française[183],[184]. Le tableau est aujourd'hui conservé au Musée des beaux-arts de Strasbourg. Le château d'Artigny fut fermé jusqu'en 1939. L'ex-épouse de Coty, remariée avec M. Cotnaréanu[185], ne rentre en possession du château d'Artigny qu'en 1944 ; sa fille Christiane (1903-2005) le vend en 1959 à René Traversac, qui en fait le fleuron de sa chaîne de châteaux-hôtels (« Grandes Étapes françaises »).

En 1963, la société Coty est vendue à Pfizer[185], qui garde son nom ; la Société des Parfums Coty existe toujours aujourd’hui, elle détient des marques comme Calvin Klein, Chloé, Cerruti, Jennifer Lopez, Céline Dion, les parfums Adidas, Rimmel, et Lancaster[186]. Ses grandes créations, comme Chypre[187], qui donna son nom à la famille des parfums chyprés, Ambre Antique, l'Origan, Émeraude, l'Aimant, le jasmin de Corse ou son premier parfum la Rose Jacqueminot, peuvent toujours êtes sentis au Conservatoire international des parfums de Versailles.

Dans les années 1980, le bâtiment de Coty sur la Cinquième Avenue de New York est redécouvert, sauvegardé, et inscrit à la protection historique après la restauration des fenêtres signées Lalique[188].

L’« Association François-Coty », qui perpétue sa mémoire, remet chaque année un prix à un parfumeur, pour l’ensemble de son œuvre[189].

Le principal stade[190] de la ville d'Ajaccio porte actuellement son nom[191]. En septembre 2019 est inaugurée à Puteaux, la passerelle François Coty[192]. En janvier 2020, le choix de la mairie de Puteaux de dédier une passerelle à la mémoire de l'industriel suscite une polémique eu égard au parcours politique de ce dernier[193],[194].

PublicationsModifier

ParfumsModifier

Conservés à l'Osmothèque :

 
Affiche de Leonetto Cappiello pour La Rose Jacqueminot.
  • 1904 : « La Rose Jacqueminot »
  • 1905 : « L’Origan », « Ambre Antique », « La Jacée »
  • 1906 : « Jasmin de Corse », « l’Ambréine », « La Violette Pourpre »
  • 1907 : « l’Effleurt »
  • 1909 : « Cologne Cordon Vert », « Cologne Cordon Rouge »
  • 1910 : « Muguet », « Lilas Blanc »
  • 1911 : « Styx »
  • 1912 : « Au Cœur des Calices », « L’Or »
  • 1913 : « Iris », « Cyclamen »[195], « Héliotrope », « l’Entraînement »
  • 1914 : « Lilas Pourpre », « L’œillet France », « Jacinthe », « La Violette Ambrée »
  • 1917 : « Chypre de Coty »
  • 1918 : Lance les parfums présentés en petite bouteille
  • 1920 : « La Feuillaison », « Eau de Coty »
  • 1921 : « Emeraude »
  • 1922 : « Idylle », « Moia », « Paris », « Le Nouveau Cyclamen »
  • 1924 : « Knize Ten » avec Vincent Roubert[196].

Patrice de Sarran écrit :

« On ignore que le fameux « numéro 5 de Chanel » lui aussi est signé (si l’on peut dire…) Coty. Loin de la rue de la Boétie, devenu l’un des plus importants industriel du monde, François Coty a comme amie Gabrielle Chanel. « J’aimerais avoir un parfum à moi », dit un jour la grande demoiselle de la couture à l’empereur du parfum lors d’une visite de ses usines. Courtois et élégant, Coty choisit une fragrance parmi une ligne en cours d’élaboration. C’est le numéro 5. Il s’appellera Chanel. Le parfumeur regrettera son geste. Certains l’entendent dire quelques temps plus tard: « j’ai commis là la plus grosse erreur de ma vie. Maintenant tous les couturiers vont avoir leur parfum et il n’y aura plus de parfumeurs. » Il a en grande partie raison. »

— Patrice de Sarran[197].

Sous le nom de François Coty par d'autres nez parmi lesquels Vincent Roubert, assistant de Coty :

  • 1927 : « L'Aimant », (Vincent Roubert pour François Coty) ;
  • 1933 : « La Fougeraie au crépuscule » (Vincent Roubert) ;
  • 1934 : « A Suma » , (Vincent Roubert) ;
  • 1938 : « Vertige », « Meteor » (Vincent Roubert) ;
  • 1939 : « Eau de Lavande », (Vincent Roubert) ;
  • 1942 : « Muguet des bois » (Henri Robert) ;
  • 1946 : « Muse » (Vincent Roubert ; flacon de Pierre Camin) ;
  • 1966 : « Imprévu » (Bernard Chant) ;
  • 1969 : « Masumi » (Joséphine Catapano) ;
  • 1974 : « Complice » (Jean-Pierre Weil)[198].

Notes et référencesModifier

  1. Sicard-Picchiottino 2006, p. 208.
  2. Annick Le Guérer, Le Parfum : des origines à nos jours, Odile Jacob, , 416 p. (ISBN 978-2-7381-8783-3, lire en ligne), p. 196, 197, 198.
  3. Patrice de Sarran 1990.
  4. Sicard-Picchiottino 2006, p. 9.
  5. Maroille 2005, p. 10.
  6. Maroille 2005, p. 11.
  7. Arène, Êmmanuel, sénateur de la 3e Républiquesur Sénat.fr.
  8. Sicard-Picchiottino 2006, p. 21-29.
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  10. a b et c Maroille 2005.
  11. Sicard-Picchiottino 2006, p. 58.
  12. Mathilde Cocoual, « Élites et familles méditerranéennes influentes en politique, XIXe-XXe siècle », Cahiers de la Méditerranée, no 92,‎ (lire en ligne).
  13. (en) Robert R. Calkin et J. Stephan Jellinek, Perfumery: Practice and Principles, John Wiley & Sons, (lire en ligne), p. 121.
  14. Annick Le Guérer, Le Parfum : Des origines à nos jours, Odile Jacob, (lire en ligne), p. 197.
  15. Maroille 2005, p. 25.
  16. François Coty sur auparfum.com.
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  18. Biusanté.Paris Descartes
  19. Maroille 2005, p. 23-25.
  20. Notice Joconde, Suresnes, musée d'Histoire urbaine et sociale.
  21. Anne-Sophie Trébuchet-Breitwiller et Fabian Muniesa, « L’emprise des tests : comment les tests marketing agencent le marché de la parfumerie fine », dans Armand Hatchuel, Olivier Favereau, Franck Aggeri, L’activité marchande sans le marché?, Centre Culturel International de Cerisy, Presse des Mines, Paris Tech, (ISBN 9782911256219, lire en ligne), p. 321 à 338.
  22. (en)Coty powder compact designed by Leon Bakst, Museum of Applied Arts & Sciences.
  23. (en)Coty founders- François Coty.
  24. [vidéo] Photomontage © Marc Antoine Harmeau sur Vimeo.
  25. Élisabeth de Feydeau, Le roman des Guerlain. Parfumeurs de Paris, Flammarion (lire en ligne), p. 157.
  26. Emilie Veyretout, « Il y a 100 ans, le Chypre de Coty changeait la face de la parfumerie », Madame Figaro,‎ (lire en ligne).
  27. (en)Janet Flanner, Perfume and Politics, 25 avril 1930 sur The New Yorker.
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  32. a et b Le Petit Journal, François Coty est mort à Louveciennes, 26 juillet 1934 via Retronews.
  33. (en)François Coty, the Genius of Perfumery sur Patrons.org.
  34. Toledano et Coty 2009, p. 33.
  35. Sicard-Picchiottino 2006, p. 91.
  36. Sicard-Picchiottino 2006, p. 92-94.
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  38. a et b Maurice de Waleffe, « Derrière le cercueil de Coty », La vie à Paris - Paris-midi,‎ (lire en ligne).
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  40. L'Auto-vélo : automobilisme, cyclisme, athlétisme, yachting, aérostation, escrime, hippisme / dir. Henri Desgranges, 29 juillet 1927 via Gallica.
  41. Bulletin de l’institut Catholique de Paris, 24 juin 1932. via Gallica
  42. l’Aérophile, 15 novembre 1930.
  43. Gérard Hartmann, « Les avions de record français (1928-1931) », p. 13,14 [PDF].
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  47. Toledano et Coty 2009, p. 3O.
  48. Stephane Fraget, Un parfum des années 1920 au château d’Artigny, 18 août 06 sur les Échos.
  49. a b et c Maroille 2005, p. 31-32.
  50. Patrice de Sarran 1990, p. 48.
  51. Bridgeman Images
  52. Cité en exergue par Patrice de Sarran 1990
    À plus d’un titre Artigny est remarquable. D’abord parce qu’il apprend aux cinéastes que Citizen Kane n’était pas américain et qu’ensuite il enseigne que toute folie est sage, que toute démesure finit par être à la dimension de son temps »
    .
  53. (en) Debra Milligan, The Dawn : Volume I, Debra Milligan (ISBN 978-1-4762-4703-8, lire en ligne).
  54. Toledano et Coty 2009, p. 123, 140.
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  56. Camille Aymard, « Qui se ressemblent s’assemblent », La Liberté,‎ (lire en ligne).
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  58. Michel Winock, Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Histoire » (no H131), (1re éd. 1982 sous le titre Édouard Drumont et Cie : antisémitisme et fascisme en France), 504 p., poche (ISBN 978-2-7578-4307-9, présentation en ligne, lire en ligne), p. 258.
  59. Jean-Christian Petitfils, L'Extrême-droite en France, Presses Universitaires de France, (lire en ligne), p. 35.
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  62. Renaud Dély, Pascal Blanchard et Claude Askolovitch, Les années 30 sont de retour: Petite leçon d'histoire pour comprendre les crises du présent, Flammarion, (lire en ligne), p. 213.
  63. Pierre-André Taguieff, L'antisémitisme de plume 1940-1944, Univers Poche, (lire en ligne), p. 491.
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    « Reform of the State contained several democratic and even liberal features. It called for the president of the republic to be elected by direct universal suffrage (women were also to vote) and for a Supreme Court that would guarantee basic rights.[...] France would practice a true republicanism, not the false republicanism of the Third Republic. [...] The president would be elected for seven years and be eligible for a second term. »
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AnnexesModifier

BibliographieModifier

Bibliographie complémentaireModifier

  • Patrick Renard, François Coty, un magicien du parfum, Historia, décembre 1987,
  • Pierre Enckell, Il ne s'appelait pas Hersant, L'Évènement du Jeudi, du 19 au 25 mars 1987,
  • Collectif Historama, Un politicien au parfum, François Coty, Historama, no 48, février 1988,
  • Jean-Jacques Vignault, Un grand parfumeur, François Coty, Parfums, cosmétiques et arômes, no 54, décembre 1983,
  • Jean-Paul Luciani, Coty, le grand vaporisateur corse, Historia, juin 1998, no M 1856-618 30 F ,
  • Jean Galtier-Boissière, Les Gros, chapitre : grandeur et décadence de François Coty, republié dans Le Crapouillot, no 35, 1956.
  • George Garnir, Léon Souguenet et Louis Dumont-Wilden, « François Coty Empereur de la presse et de la parfumerie », Pourquoi Pas?, no 757,‎ (lire en ligne [PDF]).

LittératureModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier