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Musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes

musée de France, axé sur l'urbanisme social des années 1920-1930
Musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes
Musée urbanisme de Suresnes 3.jpg
Le musée, situé dans l'ancienne gare.
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Le musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes (MUS) est un musée de France installé depuis juin 2013 dans l'ancien bâtiment de la gare de Suresnes-Longchamp.

Présentant l'évolution de la ville, il est tout particulièrement axé sur l'urbanisme social des années 1920-1930 dont la cité-jardin et l'École de plein air sont les exemples les plus significatifs.

Sommaire

HistoriographieModifier

Histoire du muséeModifier

Le musée de Suresnes trouve son origine dans les collections réunies par Narcisse Meunier-Pouthot, industriel, le docteur Gabriel Gillard et Edgar Fournier, ancien instituteur suresnois devenu rédacteur honoraire à la préfecture de la Seine.

La tradition veut que l’idée soit apparue à Edgar Fournier en 1887[1] quand un de ses élèves lui apporta une hache de silex découverte sur les pentes du mont Valérien[2]. Narcisse Meunier-Pouthot s’était, quant à lui, retiré des affaires à cause d’une goutte qui l’immobilisait et avait occupé son temps libéré à étudier ouvrages et archives sur la ville[3].

 
La nouvelle mairie, où est installé le premier musée de Suresnes.

Les premières présentations sont modestes et commencent, à l’initiative du docteur Gillard, en 1895, par une armoire vitrée montrant des documents sur l’histoire de la cité au sein de la salle des mariages du nouvel hôtel de ville construit en 1889. 

En 1900, suite à la création d’une commission dite « du musée », Edgar Fournier y ajoute les pièces de sa collection[4].

L'inventaire sera dressé en 1904.

Leurs recherches sont compilées dans différents ouvrages servant de base aux recherches de leurs successeurs[5] . Edgar Fournier fait publier par souscription son travail sous le titre Suresnes, notes historiques[6] tandis que le docteur Gabriel Gillard, ancien adjoint au maire de Suresnes compile les notes de Narcisse Meunier-Pouthot dans deux ouvrages manuscrits.

Délaissées pendant la Première Guerre mondiale, les collections sont présentées au public en mai 1926 au cours d’une grande fête foraine aux multiples attractions dont une foire exposition de neuf stands[7]. Le stand « Le vieux Suresnes » organisé par Xavier Granoux, collectionneur et Octave Seron, directeur d’école, rencontre un fort succès qui incite le maire Henri Sellier à créer un musée permanent.

Le fonds se compose de documents et gravures sur l’évolution de la ville réunis par Xavier Granoux, de monnaies et médailles réunies par M. Duval et est accompagné par la parution, en septembre 1926 de l’ouvrage d’Octave Seron Suresnes d’autrefois et d’aujourd’hui.

La Société Historique de Suresnes[8] est alors créée le 2 décembre suivant. 

En 1928, un local est attribué au musée de Suresnes, servant de siège à la Société historique : il s’agit d’une ancienne école située sur l’actuel boulevard Franklin-Roosevelt. Le projet d’un centre culturel municipal émerge en 1938 avec une surface de 250 m2 allouée au musée[9] au sein d’un complexe comprenant bibliothèque, salle de lecture, salles de réunion et amphithéâtre[10] : il ne verra jamais le jour à cause de la guerre.

Plusieurs emplacements ont été envisagés dès 1937[11]. Le 28 mai 1953, les collections sont remises au maire de Suresnes, Raymond Cosson. La même année, il devient musée contrôlé par le ministère des Affaires culturelles. René Sordes conçoit le projet du musée avec Georges Henri Rivière, muséologue et fondateur du musée national des Arts et Traditions populaires à Paris et Roger Lecotté, il sera finalement réalisé dans une forme limitée en 1953 pour être inauguré le 20 juin 1954[12]. Le musée est alors organisé en deux parties : autour du folklore avec la vigne et l’ethnographie locale et autour de l’histoire, de la géologie du territoire aux années 1900.

En 1963, la cour du musée est recouverte d’une toiture vitrée pour augmenter les espaces d’exposition.

Après la mort de René Sordes, le musée municipal prend son nom.

En 1978, le musée entame son déménagement vers de nouveaux locaux situés dans la passerelle au-dessus de l’avenue des Cités-Unies (actuelle avenue du général-de-Gaulle) : il comprend une salle de la vigne et un intérieur suresnois reconstitué[13] d’après les recherches historiques de M. Becker et André Desvallées. L’implantation est choisie pour faire du musée un lieu de passage au sein d’une passerelle piétonne et de lien entre le haut de la ville et le futur centre administratif. Cependant, la configuration des lieux empêche les évolutions du parcours muséographique ou l’accroissement des espaces de présentation.

Le musée ferme ses portes au public en 1998. À cette date, un conservateur du patrimoine est recruté par la ville de Suresnes afin de rédiger un projet scientifique et culturel pour l’établissement et d’orienter la politique d’acquisition des collections.

Des expositions temporaires ne cessent d’être présentées dans une galerie du centre-ville. En 2002, le projet scientifique et culturel est validé[14] par le ministère de la Culture et de la Communication. Une étude de programmation est alors lancée pour la création d’un nouvel espace d’exposition et d’activités culturelles. C’est l’ancienne gare de Suresnes-Lonchamp qui est désignée : elle est entièrement réaménagée et reçoit une extension en partie basse.

En 2010, les travaux de réaménagement étant en cours, un parcours patrimoine est inauguré dans la ville.

Le MUS – Musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes est inauguré le 7 juin 2013.

Anciens sites du muséeModifier

  • 1928 – 1976 : 60 rue du Mont-Valérien (actuel 34 avenue Franklin-Roosevelt)
  • 1976 – 1998 : Passerelle des Arts, avenue du général-de-Gaulle, à laquelle s’ajoute entre 1998 et 2013 l’espace d’exposition Galerie des Courtieux.
  • Depuis 2013 : 1 place de la gare de Suresnes-Longchamp.

Diversité des collectionsModifier

Les collections ont été constituées à partir des dons d’érudits locaux auxquels s’ajoutent des dons de particuliers, constituant des témoignages des activités agricoles et industrielles passées.

Depuis la fin des années 1990, une politique d’acquisition est définie en faveur des œuvres relatives à l’urbanisme social de l’entre-deux-guerres.

Ainsi, on peut noter une collection de plus de 500 photographies de la cité-jardins de Suresnes, du mobilier et des photographies de l’école de plein air de Suresnes ainsi que les objets personnels et les ouvrages de la bibliothèque d’Henri Sellier donnés par ses descendants. Les éléments du patrimoine industriel sont largement présents dans les collections grâce à des campagnes de collecte et d’acquisition : flacons de parfum Coty, parfums et cosmétiques Worth et Volnay par René Lalique ; boîtes de biscuits Olibet ; témoins iconographiques des productions automobiles et aéronautiques ; productions de postes de radio et électroménager dès les années 1930 par La Radiotechnique devenue Radiola puis Philips.

L’implication du collectionneur Xavier Granoux dans la création du musée en 1926 l’a conduit à faire don de son importante collection personnelle. Grâce à lui, le MUS – Musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes possède aujourd’hui une très riche collection de caricatures du Second Empire et de la Troisième République, complétée par un fonds documentaire de 60 000 cartes postales sur les éléments marquant la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle (visites de souverains, expositions universelles, construction du métro, affaire Dreyfus, etc)[14].

Un nouveau muséeModifier

Transformation de la gare de Suresnes-LongchampModifier

La gare de Suresnes-Longchamp, construite au moment de l’exposition universelle de 1889, a été fermée en 1993.

Construite sur trois niveaux, elle est semblable à la gare des Moulineaux présente sur la même ligne reliant Paris-Saint-Lazare aux Invalides. Sur un rez-de-chaussée en pierre calcaire, elle présente une façade en brique avec des chaînages en pierre de taille. La couverture est en zinc pour le terrasson et ardoise naturelle pour le brisis.

Rachetée par la commune de Suresnes en 2003, elle bénéficie d’une extension en rez-de-chaussée réalisée entre 2009 et 2013 par le cabinet d’architectes Encore heureux. Les collections permanentes prennent place dans l’enceinte de l’ancienne gare et la partie contemporaine est dédiée aux espaces publics et aux expositions temporaires. Cette dernière est un monolithe en béton teinté dans la masse par de la pierre concassée et du sable qui constitue un ruban autour de la façade et prolonge les murs de soutènement alentour.

Au sein de l’ancienne gare, l’escalier en pierre est conservé, tout comme les voûtains de briques[15]. Les baies donnant sur le quai du tramway sont comblées et habillée de panneaux de métal perforé et rétroéclairé portant le nom de MUS.

Le toit de l’extension constitue une terrasse et des espaces végétalisés permettent d’augmenter l’isolation et de drainer les eaux pluviales.

ÉquipementsModifier

L’agrandissement permet au musée de disposer des équipements suivants :

  • un centre de documentation 
  • un espace de réception des groupes (ateliers pédagogiques ou conférences)
  • deux salles d’exposition temporaire

Parcours muséographique actuelModifier

Le parcours muséographique permanent prenant place dans l’enceinte de l’ancienne gare montre l’évolution de la ville sur le plan urbain, social et architectural avec un large développement de l’urbanisme social de l’entre-deux-guerres à travers la figure emblématique d’Henri Sellier.

La muséographie se veut claire et aérée autour d’une centaine d’objets agrémentés de nombreux documents iconographiques, des archives vidéo et des témoignages audio.

Le parti-pris est de solliciter les cinq sens des visiteurs[14] grâce à des maquettes interactives, des bornes olfactives et autres manipulations.

Le parcours est composé de sept séquences :

  • Suresnes, hier aujourd’hui et demain : introduction et synthèse des collections permanentes, cette séquence résume l’évolution de la ville du village médiéval à nos jours.
  • Le Mont-Valérien : présentation de la vocation religieuse, militaire et mémorielle du point culminant d'Île-de-France situé sur le territoire de Suresnes.
  • Le village viticole : évocation du passé rural de la ville, traditionnel village viticole, lieu de villégiature pour les Parisiens mais aussi vignoble d’un hectare produisant actuellement 5 000 bouteilles chaque année.
  • La ville industrielle : à travers une longue vitrine et des dispositifs pédagogiques, les créations industrielles de la ville sont présentées chronologiquement.

Grâce à la présentation d’objets, la blanchisserieteinturerie présente avec trente établissements sur les bords de Seine avant 1914 est évoquée.

Suresnes a aussi abrité une usine de biscuiterie appartenant à Eugène Olibet dont témoignent des boîtes à biscuits en tôle sérigraphiée.

La parfumerie et les productions cosmétiques sont illustrées par des créations de François Coty (souvent associé à René Lalique), Volnay ou Charles Frédérick Worth, le couturier de l’impératrice Eugénie. Une borne olfactive permet de sentir les grandes familles d’odeurs des productions de la première moitié du XXe siècle. La production de postes de radio figure avec l’entreprise La Radiotechnique, spécialisée dans la production de lampes pour les postes de radio où 10 000 personnes travailleront à Suresnes. En 1990, elle devient Philips Électronique Grand Public Radiotechnique.

La section sur l’automobile, fortement implantée en bords de Seine dans toute la région parisienne, présente les productions de Le ZèbreDarracq et Saurer. L’aviation était aussi présente à Suresnes grâce à la Société du Propulseur Amovible, aux ateliers de Louis Blériot et de Léon Levavasseur.

  • La ville en mutation : le logement social. La transition entre l’accroissement exponentiel de la population dans les premières décennies du XXe siècle et la réponse politique est expliquée dans cette séquence, agrémentée d’un mobile monumental présentant les figures des habitants de la ville.  
  • Henri Sellier : grâce au don de ses effets personnels par sa fille et sa petite fille, cette figure politique est présentée. Son action au niveau communal, départemental et même ministérielle est détaillée.
  • Le projet urbain : les cités-jardins en Île-de-France et l’aménagement de la ville de Suresnes durant l’entre-deux-guerres (cf. l'article « cité-jardin de Suresnes »). Dans cette séquence, des maquettes tactiles, bornes multimédia et documents iconographiques aident à comprendre le principe des cités-jardins et particulièrement l’organisation de celle de Suresnes.
  • Le projet social est divisé en deux sous séquences : « éducation, hygiène, fête »  et « l’École de plein Air » afin de présenter les actions sociales au quotidien et de détailler l’architecture emblématique et la pédagogie de cet établissement d’enseignement particulier. Un ensemble de mobilier d’enseignement remarquable appartenant à l’École de plein air est présenté.

Programmation culturelleModifier

Expositions temporairesModifier

Liste des expositions temporaires passées et actuelles :

  • 2018 : Les cités-jardins d'Île-de-France : une certaine idée du bonheur
  • 2017 : Eugène Beaudouin et Marcel Lods, architectes d'avant-garde
  • 2016 : Aux origines du Grand Paris. 130 ans d’Histoire
  • 2015 : Entre-temps. Histoire d’architecture
  • 2015 : Inventer l’automobile : Fernand Forest et les constructeurs de la boucle de la Seine
  • 2014 : Les villes idéales : rêves et réalités
  • 2013 : Histoire(s) d’un musée
  • 2012 : Des métiers bons pour elles
  • 2011 : Suresnes et le Mont-Valérien
  • 2010 : Promenades suresnoises
  • 2009 : Le musée se dévoile
  • 2009 : Henri Sellier
  • 2008 : Philips avant Philips
  • 2007 : Les coulisses du musée
  • 2007 : La mutation de Suresnes

ActivitésModifier

Le MUS participe aux manifestations culturelles nationales et internationales qui rythment l’année :

Il propose régulièrement des activités pour individuels et groupes. 

Le parcours patrimoineModifier

Inauguré en 2010, un parcours jalonné de 21 mâts et accompagné d’une brochure et d’un audioguide propose un parcours urbain autour des lieux remarquables de la ville.

Il met en avant le patrimoine architectural, essentiellement du XXe siècle.

Les mâts sont :

Appartement témoin de la cité-jardinsModifier

Une ancienne loge de gardien construite en 1932 et située derrière le théâtre Jean Vilar a été préservée des remaniements des appartements de la cité-jardins de Suresnes dans les années 1980.

L’appartement se compose, en plus de la loge, des pièces nécessaires à la vie d’un couple : cuisine avec évier, garde-manger et fourneau, salle à manger, chambre et cabinet de toilette avec douche.

Un travail de restitution a abouti en 2016 afin de remettre en place un mobilier et une décoration en adéquation avec la vie dans un logement social de l’entre-deux-guerres.

Réseaux et associationsModifier

Avec la diversité de ses collections et des problématiques qu’il aborde, le MUS fait partie de plusieurs réseaux de musées et d’institutions culturelles :

  • les Neuf de Transilie ;
  • l’Association régionale des cités-jardins d’Ile-de-France ;
  • RéMuT : le réseau des Musées techniques ;
  • la FEMS.

Notes et référencesModifier

  1. Société Historique de Suresnes, « Notre société à cinquante ans ! », Editions Atelier offset de la ville de Suresnes,‎ , p. 1
  2. Il s'agit d’une hache découverte au lieu-dit « La Croix du Roy » à Suresnes apporté par Camille Chaboty et inventoriée sous le numéro 997.00.929 dans les collections du MUS.
  3. Discours de René Sordes lors de l’inauguration du musée municipal, 20 juin 1954.
  4. Société historique de Suresnes, « Notre société à cinquante ans ! », Atelier Offset de la ville de Suresnes,‎ , p. 5
  5. Seron Octave, « Suresnes d’Autrefois et d’Aujourd’hui », Ecole Jean Macé, Suresnes,‎ , p. 18
    « Notre principale base historique, la grande source où nous avons puisé, c’est l’excellent livre si laborieusement documenté de M. Edgar Fournier, ancien instituteur à Suresnes. »
  6. Fournier Edgar, Suresnes, notes historiques, Editions du Bastion,
  7. Sordes René, Histoire de Suresnes des origines à 1945, Suresnes, édité par la Société historique de Suresnes avec le concours de la Ville de Suresnes, , p. 568
  8. aujourd'hui Société d'Histoire de Suresnes
  9. Société historique de Suresnes, « Bulletin », N°13,‎ 1953-54, p. 44
  10. Société historique de Suresnes, « Bulletin », N°14,‎ , p. 64
  11. Société historique de Suresnes, « Bulletin », N°46,‎ , p. 13
    dans un immeuble hérité par la ville au 9 rue des Verjus puis, dès 1937, dans un groupe de maisons anciennes dans le bas de Suresnes à l’angle des places Triarieux et Général Leclerc et du Marché autour du vieux four banal et de la boulangerie Mozin, dernier fermier de la fin du XVIIIè siècle
  12. Société historique de Suresnes, « Bulletin », N°14,‎ , p. 61
  13. Société historique de Suresnes, « Bulletin », N°37,‎ 1979-1980, p. 56
  14. a b et c MUS – Musée d’Histoire Urbaine et Sociale de Suresnes, Dossier de presse, 2013.
  15. Renée Grimaud, Hauts-de-Seine insolites : Trésors cachés et lieux secrets, Parigramme, 2013, p. 49.

Article connexeModifier

Liens externesModifier