Hôpital Foch

hôpital à Suresnes (Hauts-de-Seine)

Fondation Foch et Hôpital Foch
Image illustrative de l’article Hôpital Foch
Image illustrative de l’article Hôpital Foch
L'hôpital Foch avec le pavillon Balsan, à gauche.
Présentation
Coordonnées 48° 52′ 16″ nord, 2° 13′ 17″ est
Pays Drapeau de la France France
Ville Suresnes
Adresse 40 rue Worth
Fondation 1936
Site web http://www.hopital-foch.org/
Affiliation Notice no IA92000528, base Mérimée, ministère français de la Culture
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L’hôpital Foch est un établissement de santé français situé à Suresnes (Hauts-de-Seine). Ouvert en 1936, il appartient à la Fondation Foch, qui en a confié la gestion à l'association Hôpital Foch.

Établissement de santé privé d'intérêt collectif (ESPIC), l'hôpital est aujourd'hui l'un des plus grands d'Île-de-France. Il s'est notamment spécialisé dans les domaines des pathologies pulmonaires et respiratoires, rénales et urologiques, ainsi qu'en neurosciences.

HistoriqueModifier

FondationModifier

 
La porte monumentale de l'avenue Franklin-Roosevelt, avec une partie des nouveaux bâtiments sur la droite.
 
Pavillon Balsan.
 
Une aile des bâtiments modernes.

En 1926, l'Américain Bernard Flursheim (chargé de réorganiser la Croix-Rouge américaine et de redistribuer des stocks médicaux en Europe) et le sénateur français Justin Godart envisagent d’édifier dans la région parisienne une clinique destinée aux classes moyennes[1],[2]. En effet comme le souligne en 2018 le président de la Fondation Foch Jean-Louis Bühl, « à l'époque, il n'y avait pas encore de sécurité sociale. Une partie de la population n'était pas assez pauvre pour bénéficier de l'aide sociale et pas assez riche pour payer l'hôpital »[3].

L'installation du projet à Suresnes est soutenue par le maire Henri Sellier[3], déjà promoteur d'une politique urbaine volontariste marquée par l'hygiénisme[4].

Reconnue d’utilité publique en 1929, la Fondation médicale franco-américaine du mont Valérien (dite « Fondation Maréchal Foch ») est créée pour en assurer la construction par l'architecte M. Fouque à partir du , puis la gestion. La veuve de Foch (mort en 1929) accepte que le futur hôpital porte le nom de son défunt mari[3].

À partir de 1932, un hôpital de 350 chambres individuelles et une école d'infirmière sont ainsi construits sur les terrains de la propriété de la famille de Charles Frederick Worth, ancien couturier de l'impératrice Eugénie. Entre 1865 et 1869[5] ce dernier avait en effet fait ériger sur le site une riche demeure, réalisée par Denis Darcy[Note 1] ; il avait orné son parc de ruines issues du palais incendié des Tuileries[Note 2]. Ne subsistent de nos jours de la période Worth qu'une porte monumentale 15 avenue Franklin-Roosevelt et un pavillon de style néo-normand datant de 1892[7], érigé par le fils du couturier, Gaston Worth[8], réplique de la villa les Bleuets de son frère Jean-Philippe, en Suisse, dit « pavillon Balsan » (hommage a posteriori à la milliardaire Consuelo Vanderbilt, deuxième épouse du pionnier de l’aéronautique Jacques Balsan, qui fut à l'origine de la collecte de fonds destinée au financement de la construction de l'hôpital, soutenue dans cette entreprise par le Comité des dames[2]). L'État a pour sa part subventionné plus de la moitié de la somme nécessaire aux travaux, soit 20 millions d'anciens francs. L'inauguration officielle de l'hôpital a lieu le , en présence du président de la République Albert Lebrun, du président du Conseil Léon Blum, de l'ambassadeur américain en France et de la veuve du maréchal. L'hôpital entre en service en 1937[3].

Des bâtiments modernes entourent dès lors le vieux pavillon, l'ancien château Worth ayant pour sa part été rasé en 1931. Les héritiers Worth avaient mis comme condition de la vente de la propriété que le pavillon Balsan soit conservé au sein du futur hôpital. De nos jours s'y trouvent les bureaux de la direction de l'hôpital ainsi que ceux de la fondation[3].

En région parisienne, l'hôpital est de la même époque que l'hôpital Raymond-Poincaré et l'hôpital Avicenne.

Seconde Guerre mondiale et après-guerreModifier

 
L'hôpital dans les années 1950.
 
L'hôpital dans les années 1970.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, l'hôpital est réquisitionné par l'armée française. Sous l'Occupation, l'armée allemande lui succède à partir de et y reste jusqu'en , date à laquelle les services médicaux du Reich sont transférés à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, moins susceptible d'être bombardé. Le personnel de Garches vient alors à travailler l'hôpital de Suresnes. Celui-ci, de couleur blanche, était particulièrement visible ; les Allemands le font donc repeindre en vert par leurs services de camouflage. Des échelles extérieures sont également installées aux fenêtres afin de pouvoir évacuer rapidement l'édifice en cas d'attaque[9]. Après la Libération, l'hôpital change de statut et devient une structure à caractère social. L'Assistance publique le prend alors en charge. La gestion de l'établissement est confiée de 1949 au à la caisse de prévoyance de la SNCF[10], si bien que l'hôpital Foch est longtemps considéré comme « l'hôpital de la SNCF »[3].

En 1947, grâce à un don de la princesse de Polignac Winnaretta Singer, un nouveau bâtiment doté de dix chambres est construit, destiné à des malades sans ressources[2].

En 1960 sont réalisées à l'hôpital Foch les premières transplantations rénales entre patients non jumeaux. Il s'agit d'une première mondiale[3].

Depuis les années 1990Modifier

En 1996, un an après l'intervention décisive de la ministre de la Santé Simone Veil[3], la Fondation Foch, le conseil général des Hauts-de-Seine et la ville de Suresnes créent l'association Hôpital Foch, afin de reprendre et opérer la gestion de l'hôpital[10]. À ce moment-là, on constate que les bâtiments ne sont plus aux normes de sécurité. Le coût des travaux est estimé à 109 millions d'euros par des experts, aux frais de l'ancien propriétaire, la SNCF. En 2008, un accord est trouvé, sous la médiation du secrétaire général de la présidence de la République française Claude Guéant : la SNCF accepte de régler seulement 25 millions, alors que le trésorier de la Fondation Foch, Augustin d'Aboville, demandait au moins 88 millions d'euros[11]. En 2013, un rapport de l'inspection générale des affaires sociales met en évidence les liens financiers complexes qui unissent l'association qui exploite l'hôpital et la fondation qui est propriétaire des bâtiments[12].

En 1998, l'hôpital est rénové, puis agrandi en 2011 par l'agence Cro&Co Architecture, par l'ajout de bâtiments consacrés à la maternité[1] et aux services d'urgence, offrant 25 000 m2 supplémentaires[2]. Une maison médicale de garde ouverte en 2011 permet par ailleurs d'assurer la continuité des soins les dimanches et les jours fériés[13]. Il s'agit actuellement du plus grand hôpital universitaire privé d'Île-de-France[8].

Comme les autres établissements de santé, l'hôpital Foch est particulièrement mobilisé lors de la pandémie de Covid-19[14],[15],[16],[17]. En novembre 2020 y est réalisée la première greffe pulmonaire en France pour un malade de ce virus[18].

Le pavillon Balsan, très dégradé, doit faire l'objet de travaux estimés à 275 000 euros. Une collecte de fonds est lancée au tournant de la décennie sur le site Internet de la Fondation du patrimoine afin de récolter 50 000 euros[8],[19].

Fondation FochModifier

C'est en 1996 que la Fondation Foch reprend en main l'hôpital et le confie à l'association Hôpital Foch. Encore de nos jours principalement soutenue par de nombreux dons (10 000 donateurs réguliers) et legs (4 millions d'euros en 2015-2016), la fondation finance à la fois les travaux de rénovation de l'hôpital, l'approvisionnement en équipements de haute technologie ainsi que les travaux de recherche médicale ou de formation de pointe d'équipes médicales. Au début du XXIe siècle, elle a notamment permis l'ouverture d'un Centre d'aide médicale, l'acquisition d'un laser Holmium, du système de navigation pulmonaire Broncchus Lungpoint, le programme de réhabilitation des greffons pulmonaires mené par les équipes du docteur Sage[20] ou encore la mise en place d'une plateforme infirmière de suivi à domicile. Entre 1999 et 2015, la Fondation Foch verse 40 millions d'euros à l'hôpital. En 2018, la fondation reçoit le label « Don en confiance », lequel est décerné par un organisme indépendant. La fondation lance la même année une nouvelle campagne d'appel au don afin de moderniser, de numériser et de robotiser l'hôpital. Un spectromètre de masse est notamment acquis ; d'un coût de 429 000 €, il permet de diagnostiquer de nombreuses maladies dans l'haleine des patients[3].

ActivitéModifier

En 2010, l'activité de l'hôpital Foch repose sur un effectif de 2 000 collaborateurs, dont 300 médecins, réalisant notamment[21] 226 000 consultations externes, 39 700 hospitalisations, 2 775 naissances et plus d'une centaine de transplantations d'organes (reins[22], poumons).

AccèsModifier

L'hôpital est desservi par les lignes L et U du réseau Transilien, la gare de Suresnes-Mont-Valérien se trouvant face à l'entrée de l'établissement. La station Suresnes-Longchamp du tramway 2 est située à proximité, en contrebas.

PartenariatsModifier

La Foulée suresnoise est une course à pied dédiée depuis 2005 au don d’organes[23], en partenariat avec l'hôpital Foch. L'hôpital est aussi partenaire de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, notamment à travers une chaire de transplantation[24].

PersonnalitésModifier

Du fait de l'activité de l'hôpital Foch, un certain nombre de personnalités sont nées ou décédées à Suresnes. Une partie des noms cités dans les catégories suivantes est donc liée à l'hôpital :

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Une photographie du château originel figure dans l'ouvrage de René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 496-497.
  2. Dix-sept colonnes issues des Tuileries sont par la suite vendues à la commune de Barentin (Seine-Maritime) et installées dans le petit théâtre de plein air du parc des Tuileries-Courvadon en 1956[6].

RéférencesModifier

  1. a et b Panneau historique explicatif situé devant l'hôpital Foch.
  2. a b c et d « L'histoire de la Fondation Foch », fondation-foch.com, consulté le 27 novembre 2018.
  3. a b c d e f g h et i Florence Hubin, « À Suresnes, la grande aventure de l’hôpital Foch racontée dans un livre », sur Le Parisien, (consulté le ).
  4. Matthieu Frachon, avec le concours de la Société d'histoire de Suresnes, « Suresnes, pionnière de l’hygiène », Suresnes Mag n°318,‎ , p. 44-45 (lire en ligne).
  5. « DARCY Denis », elec.enc.sorbonne.fr, consulté le 19 janvier 2021.
  6. Renée Grimaud, Hauts-de-Seine insolites : Trésors cachés et lieux secrets, Parigramme, 2013, p. 50.
  7. Notice no IA92000185, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. a b et c Françoise Louis-Chambon, « Journées européennes du patrimoine: Suivez le guide ! », Suresnes Mag n°310,‎ , p. 46-47 (lire en ligne).
  9. René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 582-583.
  10. a et b L’histoire de l’hôpital, Site de l'hôpital Foch.
  11. Anne Jouan. L'hôpital Foch et la SNCF: l'autre "arbitrage" de Claude Guéant. Le Figaro, 26 juin 2013.
  12. Anne Jouan. L'hôpital Foch et ses 45 millions "captés" par sa fondation. Le Figaro, 20 juin 2013.
  13. « Une 5e maison médicale ouvre demain », sur Le Parisien, (consulté le ).
  14. David Livois, « Coronavirus : à Suresnes, des restaurateurs et hôteliers aux petits soins pour les soignants », sur Le Parisien, (consulté le ).
  15. Florence Hubin, « Covid-19 : des psychologues au chevet des équipes de réanimation de l’hôpital Foch », sur Le Parisien, (consulté le ).
  16. Florence Hubin, « À l’hôpital Foch de Suresnes, un programme pour aider les ex-malades du Covid à retrouver une vie normale », sur Le Parisien, (consulté le ).
  17. Marc Payet, « Covid-19 : pourquoi la perte de l’odorat est un symptôme plutôt rassurant », sur Le Parisien, (consulté le ).
  18. « Greffe pulmonaire sur un patient Covid-19, une première en France », sur Le Parisien, (consulté le ).
  19. « Pavillon Balsan à Suresnes », sur fondation-patrimoine.org (consulté le ).
  20. « Une machine pour soigner les poumons avant une greffe », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  21. Chiffres clés de l'Hôpital Foch.
  22. En 2011, l’hôpital Foch réalise plus de 10 % des greffes de donneurs vivants : la 1000e greffe rénale célébrée en mars 2011 (46 ans après la première le 1er février 1965).
  23. La foulée suresnoise du dimanche 19 juin, Foch info, n°50, septembre 2011, page 7.
  24. La première chaire de transplantation française voit le jour autour de l'hôpital Foch.

BibliographieModifier

  • Hôpital Foch : 1937-2017, histoire d'un hôpital, Hôpital Foch éditions, 2017.

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier