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Henri Sellier

homme politique français
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Ne doit pas être confondu avec Henri Sellier (football) ou Henri Sellier (ténor).

Henri Sellier
Illustration.
Henri Sellier en 1936.
Fonctions
Maire de Suresnes
Élection 17 décembre 1919
Réélection 10 mai 1925
10 mai 1925
12 mai 1929
12 mai 1935
Prédécesseur Victor Diederich
Successeur Louis Cucuat
Sénateur de la Seine
[1]
Élection 20 octobre 1935
Réélection 23 octobre 1938
Ministre de la Santé publique
Premier ministre Léon Blum
Gouvernement Blum I
Prédécesseur Louis Nicolle
Successeur Marc Rucart
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bourges (Cher)
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Suresnes (Seine)
Nationalité Française
Parti politique SFIO
Diplômé de HEC

Henri Sellier, né le à Bourges et mort le à Suresnes, est un homme politique français. Sénateur de la Seine et ministre de la Santé durant le Front populaire, il est maire de Suresnes pendant 22 ans, de 1919 à 1941.

BiographieModifier

Origines et étudesModifier

Henri Sellier est le fils d'un ouvrier de l'arsenal de Bourges. Il effectue ses études au lycée de la ville en tant que boursier puis entre à HEC avant de décrocher une licence de droit. Il commence à travailler en 1906 comme rédacteur au ministère du Travail, ses engagements politiques ne lui permettant pas de conserver une place durable dans le milieu du commerce[2].

En 1907, il se marie à Jessa Guitton (1886-1969). Le couple a deux enfants, Lucien et Janine[3].

Carrière politiqueModifier

Entre 1909 et 1919, il est conseiller municipal de Puteaux. En 1910, il est élu conseiller général sur le canton de Puteaux, quittant la même année l'administration. Réélu jusqu'en 1925, il voit ce canton subdivisé à cette date, il est désormais élu dans la 2e circonscription Suresnes et Nanterre-Sud (réélu en 1929 et 1935). Entre 1917 et 1920, il est rapporteur général du budget départemental de la Seine et entre 1927 et 1928, président du conseil général[2].

Après avoir échoué au scrutin sénatorial de 1927, il est sénateur de la Seine de 1935 à sa mort en 1943 ; il est membre de la commission d'administration et de la commission d'hygiène sociale. Ministre de la Santé publique sous le gouvernement de Front populaire, maire de Suresnes, il évolue au cours de sa carrière politique d'un socialisme révolutionnaire à un socialisme plus pragmatique : militant du Parti socialiste révolutionnaire à partir de 1898, il rejoint ensuite la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) en 1905. Il collabore notamment avec Jean Jaurès et Albert Thomas. Par discipline de parti, il se range à la majorité et rejoint le Parti communiste français à sa création. Exclu l'année suivante, en 1921, il rejoint brièvement l'Union socialiste communiste puis retourne à la SFIO pour ne plus la quitter[2].

UrbanismeModifier

 
Maison d'Henri Sellier à Suresnes, 21 rue Merlin-de-Thionville (à droite), par l'architecte Maurice Payret-Dortail, qui a également réalisé le lycée Paul-Langevin.

Figure marquante du champ de l'urbanisme français, il fonde en 1919, avec Marcel Poëte, l'École des hautes études urbaines (EHEU), qui devient l'Institut d'urbanisme de l'université de Paris en 1924, puis en 1972 l'Institut d'urbanisme de Paris.

Sa grande cause est l'amélioration de l'habitat des populations défavorisées. Sa thèse principale date de 1921 : il publie La Crise du logement et l'intervention publique en matière d'habitat populaire, puis fonde l'Association française pour l'urbanisme.

Administrateur en 1916, puis président de l’Office départemental des habitations à bon marché de la Seine, son œuvre reste dans l'histoire, avec la création des cités-jardins, pôles d'attraction résidentiels implantés en fonction du marché du travail. Les cités-jardins constituent des ensembles urbains dans lesquels on réunit des groupes d'individus avec leur famille afin de créer de toutes pièces une cité. Elles ont pour fonction de régénérer le tissu urbain :

« L'urbanisme social se doit d'organiser un meilleur aménagement de l'humanité, vers un niveau de lumière, de joie et de santé, un meilleur rendement économique car il y a urgence à défendre la race dans tous les domaines contre la certitude de dégénérescence et de destruction que les lamentables statistiques de la natalité, maladie, mort, laissent apparaître : 18 % de la perte du revenu national est due à la maladie. » (Henri Sellier).

Durant l'entre-deux-guerres, il est à l'origine de onze cités-jardins créées autour de Paris.

Dans la ville où il est maire et qui lui sert de « laboratoire », il créé notamment la cité-jardin de Suresnes, le lycée Paul-Langevin (1927), le centre médical Raymond-Burgos et la crèche Darracq (1931), le collège Émile-Zola (1932) ou encore l'école de plein air (1935)[4].

Fin de vieModifier

Il ne participe pas au vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940[2].

Destitué le 20 mai 1941 de ses fonctions de maire de Suresnes par l'amiral Darlan pour « hostilité manifeste à l'œuvre de rénovation nationale », il est incarcéré à Compiègne du 22 juin au 17 juillet 1941, ce qui affecte son état de santé[5].

Il meurt le 24 novembre 1943 d'une attaque d'hémiplégie[6].

PostéritéModifier

 
Tombe à Suresnes, dans le cimetière Carnot.
 
Monument à Henri Sellier inauguré en 1962, dans le jardin de la mairie de Suresnes.

Le principal boulevard de Suresnes (anciennement boulevard de Versailles), ainsi qu'un collège de la ville, une cité d'habitation dans la commune d'Hydra (un quartier d'Alger), à Vierzon ainsi qu'à Sainte-Geneviève-des-Bois et à Cenon en Gironde, un lycée situé à Livry-Gargan (qui donne son nom à une gare de la ligne 4 du tramway d'Île-de-France), une école élémentaire et un collège à Colombelles, une maternelle ainsi qu'une école primaire à Mulhouse et un parc du Plessis-Robinson portent son nom.

On trouve aussi une rue Henri Sellier à Saint-Priest, Bourges, Saint-Florent-sur-Cher, Fleury-les-Aubrais, Lorient, Nantes, Niort, Gonesse, Montpellier, Sainte-Geneviève-des-Bois, Ris-Orangis, Villeneuve Saint Georges, Sceaux, Villiers-le-Bel, une allée Henri Sellier à Toulouse, Sevran, Puteaux. Il y a une place Henri Sellier à Châtenay-Malabry où fut construite l'importante « cité-jardin de la Butte-Rouge », aux Mureaux et à Pessac en Gironde, un square Henri Sellier à Charenton-le-Pont, Choisy-le-Roi, Nanterre, au Pré-Saint-Gervais.

En 1938, à Seignosse dans les Landes, une nouvelle colonie de vacances des foyers cités-jardins du Grand Paris porte son nom : « Colonie Henri Sellier ». C'est l'architecte dacquois Marcel le Gal qui dessine le grand bâtiment principal en s'inspirant des fermes landaises. Nom qu'elle portera jusque dans les années 1980, la fédération des œuvres laïque du Lot (46) la rebaptise du nom de Louis Forestier. Aujourd'hui, ce camp de vacances porte l'appellation de « Cap Océan ».[réf. souhaitée]

Principales publicationsModifier

  • Henri Sellier, Les banlieues urbaines et la réorganisation administrative du département de la Seine, Paris, M. Rivière, , 107 p.
  • Henri Sellier, Essai sur les évolutions comparées du logement, , 49 p. (lire en ligne)
  • Henri Sellier, La Coopération ouvrière, Paris, Société d'études et de documentation municipale, , 20 p.
  • Henri Sellier, Union des villes et communes de France, Paris, E. Leroux, , 32 p.
  • Henri Sellier, La crise du logement et l'intervention publique en matière d'habitation populaire dans l'agglomération parisienne, Paris, Ed. de l'Office public d'habitations à bon marché du département de la Seine, , 1250 p.
  • Marcel Poëte et Henri Sellier, Paris pendant la guerre, Paris, Dotation Carnegie pour la paix internationale, , 105 p.
  • Henri Sellier, Le problème du logement, son influence sur les conditions de l'habitation et l'aménagement des villes, Paris, les Presses universitaires de France, , 179 p.
  • Henri Sellier, Le programme municipal pour les élections de 1935, Paris, Union des élus municipaux socialistes, , 96 p.
  • Henri Sellier, La Santé publique et la collectivité. Hygiène et service social, coordination, Paris, impr. de A. Maretheux et L. Pactat, , 75 p.
  • Henri Sellier, Une cité pour tous, Paris, Éd. du Linteau, , 266 p.
  • Paul Gemähling, Les Scandales de la prostitution réglementée, Paris, Éditions de "L'Union temporaire", 48 p.

BibliographieModifier

  • « Henri Sellier », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Ouvrage collectif, « La Banlieue oasis : Henri Sellier et les cités-jardins (1900-1940) », Presses universitaires de Vincennes, février 1987 (ISBN 2-903981-39-6)
  • Étienne Crosnier, Histoires de Suresnes, éd. Suresnes Information, février 1989 (ISBN 2-9503475-0-9)
  • Henri Sellier, Une cité pour tous, présentation de Bernard Marrey, éditions du Linteau, 1998
  • Roger-Henri Guerrand et Christine Moissinac, Henri Sellier, urbaniste et réformateur social, éd. La Découverte, Paris, 2005 (ISBN 2-707145-41-6)
  • Il y a cinquante ans… Henri Sellier installait la première municipalité à direction socialiste à Suresnes 1919-1969, ville de Suresnes, 1970.

Notes et référencesModifier

  1. De jure.
  2. a b c et d Fiche sur le site du Sénat.
  3. « Henri Sellier », webmuseo.com, consulté le 8 avril 2018.
  4. Panneau historique explicatif situé devant l'ancienne maison d'Henri Sellier, 21 rue Merlin-de-Thionville.
  5. René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 585-586.
  6. René Sordes, Histoire de Suresnes : Des origines à 1945, Société historique de Suresnes, 1965, p. 592.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier