Miguel Abensour

docteur et agrégé en science politique, philosophe et professeur de science politique à l'université de Reims

Miguel Abensour, né à Oran le [1] et mort le à Paris[2], est un philosophe français.

Miguel Abensour
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Naissance
Décès
(à 78 ans)
Paris
Nationalité
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
  • « nouvel esprit utopique »
  • « démocratie insurgeante »
Œuvres principales
  • La Démocratie contre l'État. Marx et le moment machiavélien (1997)
  • Hannah Arendt contre la philosophie politique ? (2006)
  • Pour une philosophie politique critique (2009)
  • Série Utopiques (tomes I à IV, 2013-2016)
  • Influencé par
    A influencé
    Étienne Tassin, Sophie Wahnich, Anne Kupiec, Martin Breaugh, Gilles Labelle, Manuel Cervera-Marzal

    Considéré comme un penseur libertaire[3],[4],[5],[6],[n 1], il fut professeur émérite de philosophie politique à l'université Paris VII-Denis-Diderot, ancien président du Collège international de philosophie, ainsi que le fondateur et le directeur de la collection éditoriale « Critique de la politique ».

    Des années 1960 aux années 1990, M. Abensour participa activement aux débats intellectuels de son époque : le retour de la philosophie politique et la redécouverte de Karl Marx (penser la politique contre la sociologie politique[7], démarquer la pensée de K. Marx de la pensée marxiste), les questionnements entourant la définition du totalitarisme (ce que fut le régime nazi, ce que fut le régime soviétique, ce que fait un régime totalitaire à l'homme, le totalitarisme est-il une politique/du politique), les interrogations autour de ce qu'est la démocratie (celle des Grecs, ses différentes formes au cours de l'histoire, distinguer la démocratie du gouvernement représentatif), enfin, l'évènement révolutionnaire français (que fut la Révolution française, comment interpréter celle-ci, comment interpréter les écrits et les actions de ses acteurs, ou plus largement : que fit la Révolution, que font les révolutions).

    Dans ses recherches et ses travaux, et ce jusqu'à son décès, il explora l'utopie et y trouva ce qu'il nomme le « nouvel esprit utopique » ; cherchant une institution (plutôt une multiplicité de formes institutionnelles) qui, à la fois, promouvrait la liberté, l'égalité et la justice et qui, dans le même temps, préserverait la pluralité là où il y a appartenance à une totalité ouverte[8], il élabora une conception de la démocratie qu'il nomme « démocratie insurgeante ».

    Qu'il s'agisse de son travail d'édition, de son travail d'écriture ou de ses prises de position, Miguel Abensour réfléchit l'émancipation des dominés[9]. Posée par Étienne de La Boétie, une question ne le quitta jamais et servit de fil conducteur à sa pensée[10] : « pourquoi la majorité des dominés ne se révolte-t-elle pas ?[11] » Peu de temps avant son décès, il reposa cette « question politique par excellence et destinée à rester telle » avec les mots de Spinoza : « pourquoi les hommes combattent-ils pour leur servitude comme si c’était pour leur salut ?[12] »

    BiographieModifier

    Enfance et adolescenceModifier

     
    Couverture du livre La communauté politique des « tous uns ». Désir de liberté Désir d'utopie de Miguel Abensour, publié en 2014 par les éditions Les Belles Lettres.

    Né à Oran en février 1939, émigré en France quelques mois avant la début de la Seconde Guerre mondiale, Miguel Abensour « dut vivre caché, sous l'Occupation, car son père était juif[13]. » Ses parents et lui-même quittèrent Paris et s'installèrent dans un village des Pyrénées-Atlantiques[13],[14]. Revenant sur cette période de sa vie dans un long entretien mené par Michel Enaudeau, M. Abensour déclare : « Nous habitions un petit village et mes parents m'avaient indiqué les maisons où il ne fallait pas entrer et les personnes avec lesquelles il ne fallait pas parler. Sans doute est-ce extrêmement troublant pour un enfant de réaliser que le monde dans lequel il vit quotidiennement se divise en deux et inclut des lieux et des personnes dangereuses[14]. »

    Après la Seconde Guerre mondiale, le père de M. Abensour travailla comme interprète d'allemand au Procès de Nuremberg[15]. Le philosophe rapporte cet autre épisode troublant de son enfance : « Vers l'âge de douze ans, j'ai fouillé dans sa bibliothèque et j'ai trouvé, mêlé aux actes du procès, un volume de photo s'y rattachant et portant sur les camps. Ce livre m'a introduit soudain à un univers insoupçonné qui défiait toute pensée. Je me souviens des photos de déportés dont les regards m'interpellaient comme s'ils arrivaient d'une autre planète ; je me souviens de monceaux, de véritables tas de lunettes de plusieurs mètres de haut, images sensibles des massacres de masse. Ces images ne m'ont jamais quitté[15]. »

    M. Abensour fut aussi marqué par la période de la Guerre d'Algérie, « notamment cette idée que la torture était pratiquée couramment, même par des gens qui avaient fait de la résistance. Donc ça a été extrêmement troublant pour moi[16]. » En 1957, il passe une partie de l'été à Oran : « Une atmosphère de haine généralisée y régnait. Toutes les communautés se détestaient les unes les autres. J'ai pu observer également les humiliations que subissaient chaque jour les Algériens de la part des colonisateurs français[17]. »

    Carrière universitaireModifier

    Agrégé de sciences politiques, Miguel Abensour enseigna comme professeur de Science politique à Dijon[18] dans les années 1960[19], puis il passa quelque temps au CNRS. Il devient Docteur en Science politique après la validation d'une Thèse d'État en Science politique dirigée un temps par Charles Eisenmann puis par Gilles Deleuze[20].

    Dans les années 1970, lorsqu'un diplôme de troisième cycle en théorie politique fut créé, M. Abensour fut nommé à l'université de Reims comme professeur de Science politique[2]. Il y créa le Centre de Philosophie Politique[21], où Claude Lefort et Pierre Clastres vinrent exposer leurs idées[22]. En 1990 il rejoignit l'université Paris-VII-Denis-Diderot[2], dans laquelle il enseigna jusqu'au terme de sa carrière et dont il fut professeur émérite de philosophie politique. Au sein de cette université, il participa « à l'aventure du Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques et sa revue Tumultes[23]. »

    Comme professeur, il dirigea les thèses de doctorat « d’un certain nombre d’acteurs importants du renouvellement de la question politique en France »[24] : Luc Ferry, Philippe Raynaud, Jean-Michel Besnier et Étienne Tassin.

    Parcours intellectuelModifier

    De revue en revueModifier

     
    Les huit numéros de la revue Libre parus de 1977 à 1980. Sur la couverture du n°4 figure l'unique article que Miguel Abensour donna à Libre[n 2].

    Miguel Abensour fut « un actif homme de revue »[25], son premier article publié parut en deux livraisons dans les Annales historiques de la Révolution française, il est consacré à Louis Antoine de Saint-Just[26],[27]. Par la suite, en parallèle de ses activités professorales et universitaires, M. Abensour participa à plusieurs revues qui, selon Franck Berthot, jouèrent un rôle important dans le retour de la philosophie politique en France au tournant des années 1980 : « Revenue de l’oubli du politique la philosophie qui se fait jour dans les pages de Textures et Libre développe une double réflexion sur le totalitarisme et la démocratie. Elle est véritablement une théorie critique à l’égard des formes modernes de domination, le totalitarisme qui travaille à la destruction de tout espace politique n’est pas la seule, la démocratie connaît elle aussi des phénomènes de domination alors même qu’elle constitue un horizon d’émancipation indépassable[28]. »

    L'activité de M. Abensour au sein de ces revues fut intense[29], et les débats entre collaborateurs au sein des différentes revues furent, pour le moins, mouvementés[30]. Dans un entretien avec Jean-Claude Poizat daté de 2007, M. Abensour, revenant sur son parcours, déclare : « Je suis plutôt un homme de revues, j’ai participé à Textures, à Libre, à Passé-Présent, à Tumultes ; la pratique de l’écriture a le mérite d’introduire de la distance entre les membres de la revue[31],[n 3]. »

    C'est au début des années soixante-dix que M. Abensour participa à la revue Textures, créée et dirigée par Marc Richir[32],[n 4]. En 1977, avec Cornelius Castoriadis, Pierre Clastres, Marcel Gauchet, Claude Lefort et Maurice Luciani, il co-fonda la revue Libre aux éditions Payot[33],[n 5]. Ensuite, de 1982 à 1984, M. Abensour collabora à la revue créée et dirigée par C. Lefort : Passé-Présent[34],[35],[n 6]. Au milieu des années 1990, M. Abensour collabora à la revue du Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques[36] de Paris-VII-Denis-Diderot créée et dirigée par Sonia Dayan-Herzbrun[37], Tumultes[n 7]. Aussi, M. Abensour collabora au sein du conseil de rédaction à la revue Épokhé, créée et dirigée par M. Richir[38],[n 8]. Enfin en 2017, juste avant sa disparition, il co-fonda avec Michèle Cohen-Halimi, Anne Kupiec, Géraldine Muhlmann, Katia Genel et Gilles Moutot la revue Prismes, dont le premier volume paru en 2018[39],[n 9].

    Au Collège international de philosophieModifier

    Dans les années 1980, M. Abensour participa au Collège international de philosophie. Il présida son assemblée collégiale de à , à la suite de Jacques Derrida et Jean-François Lyotard[40]. Pour Élisabeth de Fontenay, « [M. Abensour] a su, avec une véritable inventivité, diriger démocratiquement et efficacement une institution qui se trouvait encore dans la fragilité et l'instabilité de l'état naissant[41]. » Elle rappelle qu'il fut celui qui « instaura le principe du vote et [que] c'est à l'initiative du comité directeur qu'il présidait qu'on doit l'installation des directions de programme et donc de la nouvelle institution de l'assemblée collégiale »[42]. D'autre part, É. de Fontenay signale qu'il fut l'initiateur de la collection « Bibliothèque du Collège International de Philosophie » aux éditions Aubier et l'initiateur de la création des Cahiers du Collège international de philosophie, « cette revue qui recueillait, selon un modèle mixité qui avait état celui de l'École de Francfort[43], des contributions intérieures et extérieures à l'université[42]. »

     
    Couverture du livre Maximilien Rubel. Pour redécouvrir Marx de Miguel Abensour et Louis Janover, publié en 2008 par les éditions Sens & Tonka.

    Aussi, sa présidence fut « marquée par le colloque “Heidegger. Questions ouvertes” de Emmanuel Levinas accepta de prendre la parole pour évoquer son déchirement profond à l'égard du philosophe allemand[44]. » À l'occasion d'une conversation sur l'histoire du Collège international de philosophie, J. Derrida revint sur ce colloque qui fut organisé par Éliane Escoubas et M. Abensour[42],[45] : « L'exemple du colloque Heidegger — nous pourrions en prendre beaucoup d'autres si nous avions le temps — était particulièrement remarquable à ce titre car c'était en pleine époque de ''l'affaire Heidegger'' et je garde le souvenir d'interventions où il était, d'une part, fait preuve de compétence dans la lecture des textes de Heidegger, d'autre part, fait montre des diverses manières de ne pas être d'accord avec Heidegger, de poser des questions notamment politiques au texte et à la pensée de Heidegger sans céder aux procès médiatiques et aux méthodes expéditives qui dominaient la scène publique[46]. »

    Ses amitiés intellectuellesModifier

    Miguel Abensour a côtoyé et parcouru du chemin avec Maximilien Rubel, duquel il publie Marx, critique du marxisme[47] dans sa collection « Critique de la politique ». Lors de la parution des Œuvres Complètes de Karl Marx en Pléiade, Abensour publia un article intitulé « Pour lire Marx »[48] dans lequel il défendit le travail éditorial mené par Rubel. Il partageait avec ce dernier « la thèse d’un Marx procédant à une critique unitaire de la société bourgeoise, orientée vers un projet d’émancipation radicale[49]. » Au lancement de la collection « Critique de la politique » chez Klincksieck, Abensour réédita un livre de Maximilien Rubel : Karl Marx, essai de biographie intellectuelle[50].

    Aussi, Abensour partagea une profonde amitié et un véritable compagnonnage intellectuel avec Louis Janover[51] qui fut, entre autres, l'un des collaborateurs de M. Rubel pour l'édition des Œuvres Complètes de Marx en Pléiade. En mémoire de M. Rubel, Abensour et Janover publièrent Maximilien Rubel. Pour redécouvrir Marx[52].

    MortModifier

    Le , Miguel Abensour décède à Paris.

    Il repose au Cimetière du Père-Lachaise[53].

    Éditeur et passeurModifier

    Faire vivre les textesModifier

    M. Abensour fut un infatigable passeur de textes[54], pour Lucia Sagradini « toute la vie intellectuelle de Miguel Abensour s’est entrelacée à celle d’incarner une pensée philosophique qui a croisé lectures, rédactions d’ouvrages, mais aussi travail de transmission, des auteurs de la Théorie critique, dont il a permis la réception en français, mais également par son travail toutes ses années durant en tant que professeur[55]. »

     
    La Société contre l'État de l'anthropologue Pierre Clastres[56], accompagné de deux ouvrages dirigés par Miguel Abensour.

    Ainsi, M. Abensour assura la transmission d'un grand nombre de textes : plus d'une centaine de titres dans sa collection « Critique de la politique »[57] ; il édita les œuvres complètes de Louis Antoine de Saint-Just[58],[59] ; il dirigea un Cahier de l'Herne consacré à Emmanuel Levinas qui contient de nombreux inédits[60] ; il organisa un colloque autour de l'œuvre d'Hannah Arendt au Collège international de philosophie[61] ; il fut à l'origine[62],[63] de la traduction de La Formation de la classe ouvrière anglaise d'Edward Palmer Thompson[64] ; ou encore, premier travail d'édition, il publia des textes d'Auguste Blanqui (voir en fin d'article « Œuvres »).

    Aussi, M. Abensour se chargea de faire vivre la « révolution copernicienne »[65] que Pierre Clastres introduisit dans la pensée anthropologique. En mai 1982 il organisa deux journées d'études intitulées « À partir de l'œuvre de Pierre Clastres : anthropologie et politique »[66],[n 10], dont les interventions furent publiées en 1987 dans le livre L'Esprit des lois sauvages[67],[68]. En novembre 2009 il dirigea un colloque intitulé « Pierre Clastres et Nous. La révolution copernicienne et la question de l'État »[69]. Certaines interventions de ce colloque furent réunies en 2011 dans un cahier Pierre Clastres[70],[n 11], auquel furent inclues une lettre d'André Du Bouchet et une lettre de Paul Auster ; y sont aussi traduites la « Préface » de Bento Prado Junior à l'édition brésilienne du recueil de textes de P. Clastres Arqueologia da violência[71], la « Préface » de Tânia Stoize Lima & Marcio Goldman à A Sociedade contra o Estado[72] et l'« Introduction » de P. Auster à la Chronicle of the Guayaki Indians[73] ; enfin, deux inédits de P. Clastres accompagnent ce cahier : « Les sauvages sont-ils heureux ? » et « Les derniers Indiens d'Amazonie ».

    Pour mesurer la quantité de textes passés entre les mains de M. Abensour, des textes qu'il fit circuler inlassablement, il faut consulter les interventions prononcées lors de deux colloques autour de son œuvre[74],[75], ainsi que les témoignages réunis dans un ouvrage collectif, Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour[76], et dans un numéro de la revue Lignes lui rendant hommage[77]. Il faut aussi parcourir La bibliothèque de Miguel Abensour[78] ; dans cet ouvrage sont recensés tous les livres de sa bibliothèque personnelle, des livres qu'il prêtait entre autres à ses étudiants[79].

    Une collection éditoriale indisciplinéeModifier

    Miguel Abensour fut le créateur et le directeur de la collection « Critique de la politique »[11] aux éditions Payot & Rivages (de 1974 à 2015)[80],[81] ; toujours sous le nom « Critique de la politique »[12], il poursuivit cette entreprise éditoriale aux éditions Klincksieck de 2016 jusqu'à son décès[82],[83],[n 12].

     
    Couverture du livre Les philosophes salariés de Giuseppe Ferrari[84], publié en 1983 dans la collection « Critique de la politique » (dont le logo « CP » apparaît sous le nom de l'auteur).

    Par cette expression (« critique de la politique »), « M. Abensour entendait, selon Nicolas Poirier, nommer une constellation de penseurs travaillés par un désir commun de liberté, ainsi que de pratiques et d’événements qui attestent que les humains peuvent trouver en eux-mêmes les moyens de sortir de la servitude[85]. » Antonia Birnbaum relate ainsi la création de cette collection : « un jeune homme enthousiasmé par ses lectures revient des USA et propose à un éditeur, Payot, de faire un anti-textbook (anti-manuel) à partir de textes critiques de la philosophie politique. À la suite de quelque difficulté pour obtenir les droits, l'éditeur lui fait une autre proposition : Ne feriez-vous pas plutôt une collection ? M. Abensour accepte[86]. »

    Outre la réédition d'auteurs oubliés ou laissés de côté (Ferdinand Domela Nieuwenhuis, Jean-Baptiste Cousin de Grainville ou Giuseppe Pelli Bencivenni), outre la publication de thèses de jeunes chercheurs (Étienne Tassin, Géraldine Muhlmann, Blaise Bachofen, Martin Breaugh ou Nicolas Poirier), M. Abensour contribua à diffuser en France les travaux de l'École de Francfort en proposant, souvent, les toutes premières traductions de ceux-ci[87] ; comme le premier titre de cette collection : Éclipse de la raison de Max Horkheimer[88]. Par la suite, il fit traduire des livres de Theodor W. Adorno, Walter Benjamin, Franz Neumann, Siegfried Kracauer ou encore Jürgen Habermas[n 13].

    Selon A. Birnbaum : « C'est [un] lien avec l'émancipation qui motive le rapport de Miguel Abensour aux livres[89]. » Pour N. Poirier, « M. Abensour était un éditeur pour qui l’acte de publication était un acte de pensée à part entière[90]. » En effet, l'activité éditoriale[91] de ce dernier fit partie de son œuvre philosophique et les textes des auteurs qu'il édita furent au cœur de sa réflexion, comme dans cet extrait : « Pour penser le retour des choses politiques, écrit M. Abensour, une interrogation s’impose sur les rapports entre la théorie critique (Theodor W. Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse) et la philosophie politique. Si la théorie critique tend au catastrophisme, c’est-à-dire à une association entre la domination et la politique, la philosophie politique, à l’inverse, tend parfois à effacer le phénomène de la domination au profit d’un espace politique conçu sur le modèle d’un échange entre participants égaux. Une philosophie politique critique devrait tenir compte, à la suite de La Boétie, notamment de ce que la domination tend à naître au sein du politique[92]. »

    L'édition du texte d'Étienne de La Boétie intitulé Discours de la servitude volontaire[93] fut un « ouvrage emblématique et inaugural »[94] de la collection « Critique de la politique »[95], elle s’inscrivit d'emblée dans une « démarche politique critique envers la domination »[96]. Cette édition, à laquelle participèrent de futures signatures de la revue Libre (M. Gauchet, C. Lefort et P. Clastres), fut soigneusement conçue et réalisée par M. Abensour (voir ci-dessus).

    Recherches et travauxModifier

    De texte en texteModifier

    Miguel Abensour mena et développa son œuvre écrite sous forme de textes, plus ou moins longs (pour certains « difficilement trouvables »[97] et/ou non encore regroupés en volume[n 17])[98]. Comme le pointe A. Birnbaum : « avant sa cristallisation tardive en des livres dont le rythme de production s'accélère depuis 1997 »[79] l'œuvre de M. Abensour fut composée de textes épars (préfaces, postfaces, articles, rubrique encyclopédiques, éditions d'ouvrages collectifs dans d'autres collections que celle qu'il dirige)[79]. À ces différentes publications, il faut ajouter les deux manifestes de la collection « Critique de la politique » (1974[11], 2016[12]), ainsi que l'ensemble des quatrièmes de couverture qu'il rédigea pour cette collection[40] : une centaine de présentations d'ouvrages où, pour chaque texte édité, sont ramassés en quelques paragraphes l'originalité du texte publié et les axes de lecture retenus par M. Abensour (voir ci-dessous à droite).

     
    Quatrième de couverture du livre de Nicole Loraux La cité divisée. L'oubli dans la mémoire d'Athènes (1997)[99]. Le texte de présentation fut écrit par Miguel Abensour.

    Nombre de textes de M. Abensour sont réunis d'ans l'ouvrage Pour une philosophie politique critique (sous-titré : Itinéraires)[100] ; d'autres furent assemblés pour constituer des livres, sans jamais gommer leur destination première. Par exemple, il donna quatre textes au Dictionnaire des œuvres politiques[101] publié sous la direction de François Châtelet, Olivier Duhamel et Évelyne Pisier[102],[103],[104],[105] ; celui sur l'Utopie de Thomas More fut associé au texte intitulé « Le guetteur de rêves. Walter Benjamin et l'utopie »[106] pour former le livre L'Utopie de Thomas More à Walter Benjamin[107]. Voici comment M. Abensour présente la réunion de ces deux noms, de ses deux textes : « La réunion de ces deux noms dans une constellation insolite a de quoi surprendre. Rares sont les éléments qui semblent les rapprocher, sinon peut-être l'essentiel, à savoir l'utopie. Il ne s'agit pas pour autant de découvrir une filiation inconnue, ni de prétendre écrire une histoire de l'utopie dont Thomas More figurerait le commencement et Walter Benjamin l'achèvement. […]. Le projet consiste plutôt à saisir l'utopie à deux moments forts de son destin : à son éveil d'une part, puis, face au péril de l'extrême, à ce que Walter Benjamin appelle la "catastrophe", de l'autre[108]. »

    Depuis 2014, la série Utopiques[109],[110],[107],[111] rassemble ses articles sur l'utopie[112] ; en 2012, ses réflexions sur la démocratie furent quasiment toutes réunies dans la réédition de La Démocratie contre l'État[113] ; dans Le cœur de Brutus[114] se trouvent ses recherches sur Saint-Just ; sa lecture de l'œuvre de Levinas est synthétisée dans Emmanuel Levinas, l'intrigue de l'humain. Entre métapolitique et politique[115], nombre d'articles sur cet auteur sont réunis dans l'ouvrage posthume Levinas[116] ; enfin, une vue générale de son œuvre est proposée dans l'entretien conduit par Michel Enaudeau : La Communauté politique des « tous uns ». Désir de liberté Désir d'utopie[117].

    Disséminée dans de nombreux articles, mêlée de réflexions sur les utopies[118] et portée par une conception « insurgeante » de la démocratie, la pensée de M. Abensour est une « philosophie politique critico-utopique »[119] tendue vers l'émancipation[120]. Ci-après, parmi les nombreuses recherches menées par M. Abensour, sont abordées sa critique de la philosophie politique, son approche de la révolution, sa mise au jour d'une autre utopie, son inquiétude face au totalitarisme et sa conception de la démocratie[n 18].

    Une critique de la philosophie politiqueModifier

    Miguel Abensour est un philosophe qui s'intéresse aux opinions, aux idées et aux faits politiques. Pour le dire en termes philosophiques, il s'intéresse à la politique (1) et à la question du politique (2). D'une part (1), il s'intéresse à l'activité politique, à savoir les moments où des femmes et des hommes se réunissent pour agir ou s'associent en vue d'une action (une révolte ou une révolution, une grève ou la création de conseils)[n 19] ; aussi il s'intéresse à la diversité des phénomènes politiques et ce jusqu'à leurs limites (la domination ou l'apolitisme)[121],[122] ou leurs négations (le totalitarisme)[123],[124], ainsi qu'aux réalisations humaines qui sous la forme d'une ou plusieurs institutions (plus ou moins complexes) concrétisent une partie de l'activité politique (le conseil ouvrier, la chefferie, l'assemblée, la démocratie ou l'État)[125],[126],[123]. D'autre part (2), il s'intéresse à la question de savoir si telle activité politique ou telle institution politique sont effectivement politiques et, dans le même mouvement, dans quelle mesure cette activité ou cette institution entravent ou favorisent l'émancipation ; par exemple, est-ce que le totalitarisme qui dénie à sa population toute singularité, toute initiative et finalement toute pluralité, peut être considéré comme un régime politique ? Existe-t-il de la politique sous le totalitarisme ? Ou encore, le totalitarisme participe-t-il du politique ?[127]

     
    Couverture du livre Pour une philosophie politique critique. Itinéraires de Miguel Abensour, publié en 2009 par les éditions Sens & Tonka.

    Par ailleurs depuis sa position, sa profession de philosophe, M. Abensour questionne le rapport de l'activité philosophique à l'activité politique[128],[n 20]. C'est-à-dire qu'il s'interroge sur la façon dont une pratique de la philosophie qui réfléchit aux « choses politiques » peut devenir une « philosophie politique » qui, le plus souvent, tend à subordonner le politique à un principe autre[129]. Sans remettre en cause son apparition ni son existence, M. Abensour estime que la philosophie politique, comme tradition de pensée et (pire) comme discipline académique[130], manque ces « choses politiques » auxquelles elle prétend réfléchir car elle se les approprie sans en reconnaître leur particularité, à savoir leur(s) mode(s) d'être propre(s)[131]. À la suite des réflexions de Hannah Arendt[132], il considère que le tournant de la philosophie politique survient avec Platon et que, depuis, elle ne cesse comme discipline de soumettre les « choses politiques » à ses catégories et à ses visées qui, fondamentalement, sont tout autre que celles des femmes et des hommes qui agissent pour leur liberté. Dit autrement : la « philosophie politique » perpétue la domination et étouffe toute émancipation[133].

    Selon M. Abensour, la politique et le politique ont par essence à voir avec la liberté et, conséquemment, avec l'émancipation[n 21]. Quant à la domination, elle apparaît lorsque la politique est empêchée, bâillonnée ou banalisée, lorsque le politique est ignoré, neutralisé ou, tout simplement, annihilé[n 22]. Pour ne pas trahir la singularité des « choses politiques » : d'une part, M. Abensour se met au diapason du politique et considère des faits, des réalisations et des évènements qui instituèrent la liberté (des épisodes révolutionnaires, certaines utopies, des périodes où la démocratie fut instituée, l'instauration de conseils ouvriers, etc.) ; d'autre part, M. Abensour sonde la politique et dispute des opinions, des idées et des écrits qui visèrent l'émancipation (La Boétie, Spinoza, Saint-Just, Pierre Leroux, William Morris, Karl Marx, Hannah Arendt, Claude Lefort, etc.).

    La Révolution et les voies de l'héroïsmeModifier

    Miguel Abensour s'est intéressé très tôt aux faits révolutionnaires : « J'ai entamé mon doctorat vers 1965, déclare M. Abensour. À l'origine, je comptais travailler sur le jacobinisme. Puis, je me suis aperçu que c'était infaisable et j'ai abandonné l'idée[134]. » Bien qu'il ait abandonné cette idée, les écrits et les actions des révolutionnaires français, ainsi que la question de leur interprétation, ne le quittèrent pas. En effet, les questionnements sur la Révolution française et, plus largement, sur les révolutions resurgissent régulièrement chez M. Abensour : soit dans sa collection éditoriale « Critique de la politique »[n 23], soit dans ses entretiens, soit dans ses textes (notamment sous la figure de Louis Antoine de Saint-Just). Surtout, pour M. Abensour, la révolution « plus que tout événement participe du sérieux de l'histoire[135]. »

     
    Couvertures de trois livres de Miguel Abensour : La lumière et la boue…, Rire des lois, du magistrat et des dieux… et Le cœur de Brutus, publié pour l'un par Horlieu en 2005, publiés pour les deux autres par Sens & Tonka en 2019.

    Dans la constellation de penseurs discutés par M. Abensour, Saint-Just tient une place cardinale. En quelque sorte, M. Abensour fait de Saint-Just (l'homme, l'individu ayant réellement existé) une figure de ce qu'il considère comme l'énigme de la Révolution française : « quand il est question de Saint-Just l'énigme est d'autant plus redoutable que c'est l'énigme de la Révolution même, et peut-être de toute révolution[136]. » C'est-à-dire que les écrits, les discours et les actes (parfois ambiguës) de Saint-Just synthétiseraient certains moments, certaines idées et certains faits de la Révolution française ; à savoir, d'un côté la volonté d'abolir l'Ancien Régime et, d'un autre côté, la persistance d'un certain conservatisme. Ainsi pour M. Abensour, lorsqu'il interroge la Révolution française à travers la figure de Saint-Just : « Il s'agit plutôt de nous interroger sur l'étrange transformation de la Révolution en autorité suprême, sur les voies par lesquelles la Révolution se métamorphose en un nouvel absolu[137],[n 24]. »

    Sinon, M. Abensour interroge la Révolution autrement : au filtre de l'héroïsme[138]. Pour lui, l'héroïsme va de pair avec la Révolution, avec toute révolution : « Pour ma part, je pose l'héroïsme comme une donnée première, une dimension constitutive de la Révolution. J'affirme la centralité de l'héroïsme dont on pourrait dire qu'il est l'élément de la Révolution au sens fort du terme, c'est-à-dire un milieu dans lequel les acteurs sont plongés[139]. » Pour être précis, il s'agit d'un « héroïsme » particulier : « Métamorphose de l'héroïsme : il ne s'agit pas des belles paroles et des grands actes d'un individu magnanime, exceptionnel, mais des hauts faits d'un collectif anonyme, le peuple[140]. » Cependant, M. Abensour prend soin de distinguer le héros moderne du héros antique ; plus, il établit une typologie de l'héroïsme moderne : « l'héroïsme anti-héroïque »[141], « l'héroïsme de la sincérité »[142], « l'héroïsme de maîtrise des apparences »[143],[144]. Par ailleurs, M. Abensour considère que cet « héroïsme » se situe entre politique et Révolution : « À l'origine passion pour le politique, esprit politique, manifestation du thumos, l'héroïsme, au nom de sa relation avec la Révolution, ne perdrait-il pas de vue sa visée politique première ?[145] » Pour M. Abensour, le héros révolutionnaire (du moins certains) aurait tendance à substituer à sa visée politique une visée éthique ; partant, la Révolution ne serait plus politique mais éthique et, par suite, elle perdrait sa visée première (changer l'organisation de la communauté politique). Plus grave encore selon M. Abensour, de nombreux héros révolutionnaires voudraient avec/par la Révolution en finir avec la politique et le politique ; ce deuxième aspect est plus funeste que le premier car il s'agit rien de moins que de nier l'existence des choses politiques et, par conséquent, de constituer un espace où pourrait advenir la domination[n 25].

    Il n'en reste pas moins que Miguel Abensour lie l'héroïsme à la liberté : « L'expérience de la Révolution, en tant qu'expérience de la liberté, passe par un péril extrême ; qui ne le sait pas, ne sait rien d'elle[146]. »

    L'utopie, les utopiesModifier

     
    Dos des livres de la série Utopiques de Miguel Abensour, publiés de 2013 à 2016 par les éditions Sens & Tonka.

    Miguel Abensour consacra sa thèse d'État à l'utopie au XIXe siècle : Les formes de l'utopie socialiste-communiste. Essai sur le communisme critique et l'utopie (1973, deux volumes jamais publiés[40]). Dans celle-ci, selon Mona Ozouf, « Miguel Abensour y entreprend, contre un certain marxisme, mais avec l’aide d’un certain Marx, la réhabilitation de l’utopie[147]. » À l'occasion de divers entretiens, M. Abensour revint brièvement sur la genèse de cette thèse et sur le contexte d'alors[148],[149]. Parti des Socialistes utopiques et d'une relecture de Karl Marx, il considère que l'utopie est multiple et il distingue différentes périodes de l'utopie au XIXe siècle : le « socialisme utopique », Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon, Charles Fourier, Robert Owen ; le « néo-utopisme », représenté par des disciples orthodoxes (par exemple Victor Considerant pour C. Fourier) ; le « nouvel esprit utopique », représenté par Pierre Leroux, William Morris, Edward Bellamy, Joseph Déjacque ou Ernest Cœurderoy. Cette dernière période, ce « nouvel esprit utopique », se poursuit au XXe siècle et, « en dehors de certaines pratiques communautaires-utopiques apparues dans les années 1960 aux États-Unis ou en Europe »[150], elle prend une nouvelle forme pour M. Abensour : « la particularité du nouvel esprit utopique est de produire non pas des utopies mais un discours sur l’utopie, une pensée renouvelée de l’utopie. Les grands noms sont Ernst Bloch, Martin Buber, la théorie critique (Marcuse, Adorno, Walter Benjamin), et aussi Emmanuel Levinas, […]. Il faut compter également avec certaines orientations du surréalisme, notamment chez André Breton dans son rapport à Fourier et avec certaines orientations de l’avant-garde, le situationnisme par exemple ou la revue Utopie en France[150]. »

    Plus généralement pour M. Abensour, « autant il est erroné de réduire l'utopie à un genre littéraire au risque de la couper du sociopolitique et de ne la considérer que dans la perspective de l'histoire littéraire, autant il est aberrant de lire une utopie comme s'il s'agissait de la peinture d'une société historique, ou d'un compte rendu de voyage dans une communauté politique particulière réellement existante[151]. » À ces réductions et ces lectures de l'utopie[n 26], M. Abensour oppose une « pluralité de perspectives » (indiquée par le sous-titre de ses recueils Utopiques[152]) et une collection éditoriale ouverte à diverses conceptions et approches de l'utopie[n 27]. Voici quelques perspectives tracées par M. Abensour : il affirme que T. More « est bien l'inventeur avec L'Utopie d'un nouveau dispositif rhétorique et qu'il tente ainsi une intervention inédite dans le champ politique »[153], il voit en P. Leroux « un militant utopiste qui a une longue pratique utopique »[154], il estime que K. Marx opère un « sauvetage par transfert » de l'utopie[155], il considère que W. Benjamin « pourchass[e] la mythologie ou le délire » qui habite ou ruine les utopies du XIXe siècle[156], ou encore, il décèle chez E. Levinas une autre façon de penser l'utopie, une « Pensée de l'utopie sous le signe de la Rencontre[157]. »

    Plus profondément, M. Abensour envisage l'homme comme un « animal utopique » : « il s'agit d'une tentative de situer l'humain, l'intrigue de l'humain, peut-être insituable, inlocalisable, qui se dérobe à l'assignation à un lieu déterminé et fait du même coup signe vers un non-lieu. C'est aussi en ce sens que l'humain est utopique ou que Levinas a pu s'autoriser à parler d'une utopie de l'humain[158]. » Et il ajoute : « Ne faut-il pas aller plus loin ? N'est-ce pas parce que l'humain est an-archique qu'il noue des liens avec le non-lieu de l'utopie ?[158] » Enfin, Miguel Abensour voit dans l'utopie « une impulsion obstinée vers la liberté et la justice, qui, en dépit de tous les échecs, de tous les désaveux, de toutes les défaites, renaît dans l’histoire, refait jour, qui, au plus noir de la catastrophe, se fait entendre, résiste, comme si la catastrophe même suscitait une nouvelle sommation utopique[159]. »

    Le totalitarisme et ses interprétationsModifier

    Miguel Abensour est taraudé par l'apparition du totalitarisme, par ces « entreprises qui prétendaient mettre fin au politique »[160] (le régime nazi et le régime soviétique[n 28])[n 29]. Contre sa banalisation[161] ou son rejet[162], M. Abensour pratique un usage rigoureux du terme « totalitarisme »[163] : « Le totalitarisme — faut-il y insister — constitue un repère essentiel du monde contemporain, à partir duquel nous nous orientons. De ce point de vue, fondamentale est l'acceptation de la catégorie ou son rejet pour rendre compte du nazisme et du stalinisme[164]. »

     
    Couverture du livre De la compacité. Architecture et régimes totalitaires. Le cas Albert Speer de Miguel Abensour, réédité par Sens & Tonka en 2013.

    M. Abensour considère que le totalitarisme (dans toutes ses dimensions) est une « nouveauté » du social-historique et un fait charnière du XXe siècle. « Double nouveauté pourrait-on dire : le totalitarisme est le nouveau de notre siècle [i.e. XXe siècle] et à ce titre, il en est le ''cœur'' (Hannah Arendt) ; dans l'histoire de la domination, il manifeste une forme radicalement nouvelle en ce qu'elle vise à rien moins qu'à effacer la condition politique des hommes[165]. » Ainsi, pour M. Abensour, le totalitarisme est une forme de « domination inédite, incomparable et qui en raison de son caractère incommensurable [est] irréductible aux autres formes de domination apparues dans l'histoire, qu'il s'agisse du despotisme, de la tyrannie ou du fascisme, puisqu'il est des fascismes qui ne sont pas nécessairement totalitaires[165]. »

    Par ailleurs, pour M. Abensour une autre caractéristique des totalitarismes est la façon dont ils créent de l'apolitisme : « Qui traite du totalitarisme traite de l'apolitisme et de ses entours, des conditions de l'apolitisme, de sa genèse possible. L'expérience totalitaire, […], est le point aveugle et souvent inaperçu de l'apolitisme, de toutes les formes de désinvestissement qui affectent la politique[166]. » Lorsque le totalitarisme est théorisé comme « excès du politique » : « L'apolitisme serait en ce cas un désinvestissement du politique succédant à une phase de saturation[167]. » Lorsque le totalitarisme est théorisé comme « destruction du politique » : « l'apolitisme serait le signe d'une blessure irrémédiable infligée au politique[168]. »

    Enfin, M. Abensour s'est intéressé au « cas » Albert Speer, un architecte nazi[169]. Pour le dire vite, M. Abensour soutient que toute architecture (qu'il s'agisse d'une maison, d'un immeuble, d'un bâtiment privé ou institutionnel, d'une place, voire d'un plan d'urbanisme, etc.) diffère selon les régimes politiques et les manières d'instituer le politique[n 30]. Ainsi, pour M. Abensour, l'architecture en régime totalitaire promeut une vision tronquée du politique : « L'architecture, en tant que pièce constitutive d'un régime totalitaire — là où se déploie son arché, son commandement — institue un espace qui n'a rien de public, rien de politique[170]. » Les monuments dessinés et réalisés par A. Speer instituèrent cette négation du politique et de la politique. Plus même, ils visaient à rendre le peuple allemand indivis : « La monumentalité nazie, aussi bien le gigantisme de la masse (les ''murs humains'') que le gigantisme des édifices, loin de créer du ''public'', produit du massif et du ''compact'', en quête d'une cohésion absolue[171]. »

    Le(s) phénomène(s) démocratique(s) face à l'emprise de l'ÉtatModifier

    Marqué par la Révolution française, notamment par les Insurrections de l'An III[172], impressionné par l'effervescence du mouvement ouvrier au XIXe siècle, notamment par la Commune de Paris[173], Miguel Abensour s'intéressa graduellement à la démocratie et au(x) phénomène(s) démocratique(s), jusqu'à composer (au début des années 2000) un syntagme qui condense sa conception de la démocratie : la « démocratie insurgeante ». Pour le dire rapidement, M. Abensour s'intéressa à la démocratie parce que, selon lui, en démocratie « l'agir politique reste ce qu'il est dans la mesure où il résiste à une transfiguration en forme organisatrice, intégratrice, unificatrice, bref en État[174]. » Autrement dit, la démocratie « n'est pas un régime politique »[175], elle est ce moment continué où l'action politique peut véritablement et effectivement se déployer[176],[n 31].

     
    Couverture du livre La Démocratie contre l'État. Marx et le moment machiavélien de Miguel Abensour, publié dans une édition augmentée en 2012 par Les Éditions du Félin.

    Outre des faits et des actions historiques, M. Abensour appuie sa conception de la démocratie sur les textes de deux penseurs de la politique, Karl Marx et Claude Lefort[n 32]. Du premier, il retient ses réflexions autour de la « vraie démocratie »[177], pour résumer : une conception de la démocratie qui implique la « disparition de l'État politique en tant que forme organisatrice mais maintien du politique, moment de la vie du peuple, de sorte que liberté et universalité puissent s'étendre à l'ensemble des sphères pour les pénétrer »[178]. Du second, M. Abensour retient sous le nom de « démocratie sauvage » son « idée libertaire de démocratie »[179], pour résumer : « ''Démocratie sauvage'' évoquerait plutôt l'idée de grève sauvage, c'est-à-dire qui surgit spontanément, comme de soi et se déploie de façon ''anarchique'', indépendamment de tout principe (arché), de toute autorité — ainsi que des règles et des institutions établies — et se révèle donc immaîtrisable. Comme si ''sauvage'' laissait planer au-dessus de démocratie une inépuisable réserve de trouble[180]. »

    La « démocratie insurgeante » de M. Abensour est une démocratie qui compte au nombre de ses principes l'anarchie[181]. Partant de pistes esquissées par C. Lefort et Reiner Schürmann, il formule sa thèse à la forme interrogative : « dans son mouvement même, dans sa dynamique, la démocratie sauvage n'a-t-elle pas à voir avec l'anarchie entendue au sens d'une libération de l'emprise des fondements — d'une arché — sur l'agir, au sens de la manifestation d'un ''agir sans pourquoi'' ?[182] » Dans sa « Préface » de 2004, M. Abensour précise ainsi sa pensée : « La démocratie insurgeante prend naissance dans l'intuition qu'il n'y a pas de vraie démocratie sans réactiver l'impulsion profonde de la démocratie contre toute forme d'arché, impulsion anarchique qui se dresse donc en priorité contre la manifestation classique de l'arché — à la fois commencement et commandement — à savoir, l'État[183]. »

    Aussi est-ce pourquoi, faisant signe vers Pierre Clastres, M. Abensour intitule son livre La Démocratie contre l'État. Tout comme P. Clastres réfléchit « la société contre l'État »[184], M. Abensour réfléchit « la démocratie contre l'État », c'est-à-dire : non pas l'absence de pouvoir ni l'absence du politique, mais une autre instauration du pouvoir par la création d'institutions politiques qui, favorisant l'agir politique et instaurant l'égalité, permettent l'émancipation[n 33].

    PostéritéModifier

    Tout d'abord, Miguel Abensour lègue à la postérité sa « Critique de la politique », une collection éditoriale au « catalogue époustouflant »[13] (voir les titres indiqués dans les « Notes » de cet article). Dans sa nécrologie, Robert Maggiori écrit : « Cette collection est, si on peut dire, son ''œuvre'' »[185]. Ce jugement rejoint celui de Jean Birnbaum qui, dans un article daté de 2006 consacré à cette collection, écrivit : « Rarement, en effet, vocation intellectuelle et aventure éditoriale auront à ce point convergé dans un seul et même chemin d’idées[186]. » De son côté, F. Perrier souligne que cette collection est « l’une des plus importantes du monde francophone dans le domaine élargi de la philosophie politique[187]. » D'autres, comme Emmanuel Renault et Yves Sintomer rédigeant l'« Introduction » d'un ouvrage consacré à la Théorie critique[188] ou comme Jean-François Kervégan interrogé sur « L'effet Habermas dans la philosophie française »[189], reconnaissent l'importance de cette collection pour la réception française des écrits des théoriciens de l'École de Francfort. Louis Pinto, qui reconnaît le rôle de médiateur joué par M. Abensour dans la réception de la Théorie critique, estime que ce dernier a touché un capital symbolique dans cette entreprise de médiation[190], et L. Pinto ajoute que M. Abensour a « aussi contribué à inventer dans le champ philosophique un style intellectuel nouveau, une sorte d’ "académisme d’avant-garde" qui revendiquait des prétentions de rupture radicale distinctes de celles de l’avant-garde philosophique de la génération antérieure, parfois désignée comme "postmoderne"[191]. »

     
    À la fin des années 2000 la silhouette du Génie de la Liberté, réalisé par Auguste Dumont en 1836 pour la Colonne de Juillet, fit son apparition en tronc sur les couvertures des livres de la collection « Critique de la politique ». À l'occasion du changement d'éditeur, la silhouette du Génie fut reprise en pied.

    Ensuite, parmi les travaux et les recherches de M. Abensour deux pôles attirent particulièrement les commentaires et les commentateurs : le pôle utopique et le pôle démocratique. Du premier pôle (voir plus haut « L'utopie, les utopies »), L. Janover rappelle le contexte des recherches et des travaux de M. Abensour : « il lui revient, en effet, non seulement d’avoir exhumé des auteurs oubliés à une époque où l’utopie avait été bannie dans cet espace indéfini que l’on appelait le pré-marxisme, mais aussi de les avoir réintroduits dans la généalogie du mouvement ouvrier[192]. » Dans le même numéro de la revue Lignes, Michèle Cohen-Halimi et Sophie Wahnich écrivent : « Miguel Abensour est ainsi devenu envers et contre tous, héroïquement, un des plus grands penseurs de l'utopie, un des plus grands passeurs des utopies de tous les temps, depuis Thomas More jusqu'à Walter Benjamin[193]. »[n 34]

    Le pôle démocratique des recherches et des travaux de M. Abensour attire lui aussi l'attention, car son idée de « démocratie insurgeante » se rapproche de certaines conceptions théoriques de la démocratie (notamment celles de Claude Lefort, Cornelius Castoriadis, Jacques Rancière, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, Toni Negri et Michael Hardt) désormais rangées sous une dénomination commune : « démocratie radicale »[194],[195],[196]. Selon Monique Rouillé-Boireau, « dans la démocratie sauvage, ou ''insurgeante'' de Miguel Abensour, il s’agit de maintenir l’idée des pluralités dans la communauté politique, et ce, dans un cadre agonistique de lutte contre l’État, de résistance à l’État[197]. » Dans une intervention éclairant et prolongeant le travail de M. Abensour, Max Blechman écrit : « Dans la vraie démocratie, l'État politique abstrait est dissous car il est réduit à l'essentiel : une objectivation constitutionnelle, rien de plus, et il est important de le souligner, rien de moins que le moment politique de l'autodétermination globale de tout le demos. » Cependant, la « démocratie insurgeante » de M. Abensour n'est pas exempte de critiques. Par exemple, Martin Delheixe estime que concevoir la démocratie contre l'État, c'est-à-dire opposer l'intégralité du peuple à la forme institutionnelle de l'État, c'est concevoir le peuple comme une sorte de totalité « dont l’unité est à la fois le but et le principe de la vraie démocratie[198]. » De son côté, Audric Vitiello remarque : « On peut s’interroger sur le devenir concret d’une telle conception hostile à toute institutionnalisation : si toute institution aboutit à l’arkhè, […], si la démocratie émerge toujours ''contre l'État'', il semble difficile, sinon impossible, de voir s’établir un régime réellement démocratique[199]. »

    Enfin, sans avoir à proprement parler de disciple(s), le travail et l'influence de Miguel Abensour se retrouvent, par exemple, dans les nombreuses contributions de ces deux numéros de la revue Tumultes : Utopia Nova. La démocratie radicalement[200] et Utopia Nova II. La radicalité démocratique[201].

    ŒuvresModifier

      : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

    Articles et entretiensModifier

    Ci-dessous figure une sélection d'entretiens et d'articles de Miguel Abensour accessibles en ligne.

    • M. Abensour, « La passion d'E. P. Thompson », in La Formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Seuil,‎ 2012 (1ère éd. 1988), p. XXVII-XLVIII (lire en ligne)
    • M. Abensour, « Utopie et démocratie », Raison présente, no 121,‎ 1997a, p. 29-41 (lire en ligne)
    • M. Abensour, « Le mal élémental », in Quelques réflexions sur la philosophie de l'hitlérisme, Paris, Payot & Rivages,‎ (lire en ligne)
    • M. Abensour, « Lettre d'un "révoltiste" à Marcel Gauchet converti à la "politique normale" », Réfractions, no 12,‎ (lire en ligne)
    • M. Abensour, « Du bon usage de l’hypothèse de la servitude volontaire ? », Réfractions, no 17,‎ , p. 65-84 (lire en ligne)
    •  Sonia Dayan-Herzbrun, Anne Kupiec, Numa Murard et Miguel Abensour, « L'homme est un animal utopique : Entretien avec Miguel Abensour », Mouvements, nos 45-46,‎ , p. 71-86 (lire en ligne)
    •  M. Abensour, « Philosophie politique, critique et émancipation ? », Lignes, nos 23-24,‎ , p. 86-118 (lire en ligne)
    • Jean Birnbaum et Miguel Abensour, « Machiavel », Le Monde,‎ , p. 8 du cahier « Le Monde des livres » (lire en ligne)
    •  Stany Grelet, Jérôme Lèbre, Sophie Wahnich, Miguel Abensour, Jean-Luc Nancy et Jacques Rancière, « Insistances démocratiques : Entretien avec Miguel Abensour, Jean-Luc Nancy & Jacques Rancière », Vacarme, no 48,‎ , p. 8-17 (lire en ligne)
    • Sophie Wahnich et Miguel Abensour, « Persistance de l'utopie : Entretien avec Miguel Abensour », Vacarme, no 53,‎ , p. 34-37 (lire en ligne)
    •  Julie Clarini, Miguel Abensour et François Jarrige, « "Une biographie de la classe ouvrière" », Le Monde,‎ , p. 2 du « Dossier » (lire en ligne)
    • P. B. et Miguel Abensour, « "Il faut placer l'utopie du côté du réveil, et non de l'illusion" : Entretien avec Miguel Abensour », Le Magazine Littéraire, no 521,‎ , p. 12
    •  Jean-Claude Poizat et Miguel Abensour, « Entretien avec Miguel Abensour », Le Philosophoire, no 44,‎ , p. 11-37 (lire en ligne)

    OuvragesModifier

    • M. Abensour, Rire des lois, du magistrat et des dieux : L'impulsion Saint-Just, Lyon, Horlieu,
    •  M. Abensour, Hannah Arendt contre la philosophie politique ?, Paris, Sens & Tonka, 2006a
    • M. Abensour, Lettre d'un "révoltiste" à Marcel Gauchet converti à la "politique normale", Paris, Sens & Tonka, 2008a
    • M. Abensour et Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx, Paris, Sens & Tonka, 2008b
    •  M. Abensour, Pour une philosophie politique critique : Itinéraires, Paris, Sens & Tonka,
    •  M. Abensour, La Démocratie contre l'État : Marx et le moment machiavélien, Paris, Félin, coll. « Le Félin Poche », 2012a (1re éd. 1997)
    •  M. Abensour, Emmanuel Levinas, l'intrigue de l'humain. Entre métapolitique et politique : Entretiens avec Danielle Cohen-Levinas, Paris, Hermann, coll. « Le Bel aujourd'hui », 2012b
    • M. Abensour, Les passages Blanqui : Walter Benjamin entre mélancolie et révolution, Paris, Sens & Tonka,
    •  M. Abensour, De la compacité : Architecture et régimes totalitaires. Le cas Albert Speer, Paris, Sens & Tonka, 2013a (1re éd. 1997)
    • Série Utopiques (revue et augmentée) à partir de 2013 :
      •  M. Abensour, Le procès des Maîtres Rêveurs : Utopiques I, Paris, Sens & Tonka, 2013b (1re éd. 2000)
      •  M. Abensour, L'homme est un animal utopique : Utopiques II, Paris, Sens & Tonka, 2013c (1re éd. 2010)
      •  M. Abensour, L'Utopie de Thomas More à Walter benjamin : Utopiques III, Paris, Sens & Tonka, 2016a (1re éd. 2000)
      •  M. Abensour, L'histoire de l'utopie et le destin de sa critique : Utopiques IV, Paris, Sens & Tonka, 2016b
    •  M. Abensour, La Communauté politique des « tous uns ». Désir de liberté Désir d'utopie : Entretien avec Michel Enaudeau, Paris, Les Belles Lettres, 2014b
    • M. Abensour et Valentin Pelosse, Libérer l'Enfermé : Auguste Blanqui, Paris, Sens & Tonka, 2014c
    • M. Abensour, La Boétie prophète de la liberté, Paris, Sens & Tonka, coll. « Miguel Abensour »,
    •  M. Abensour, Le cœur de Brutus, Paris, Sens & Tonka, coll. « Miguel Abensour », 2019a
    •  M. Abensour, La lumière et la boue : Le Rouge et le Noir à l'ombre de 1793, Paris, Sens & Tonka, coll. « Miguel Abensour », 2019b
    •  M. Abensour, Levinas, Paris, Sens & Tonka, coll. « Miguel Abensour »,

    Travail d'éditionModifier

    Postfaces, préfaces et présentations d'ouvrages (sélection)Modifier

    • Louis-Mercier Vega, La Révolution par l'État. Une nouvelle classe dirigeante en Amérique latine, présentation de M. Abensour, Paris, Payot, « Critique de la politique », 1978
    • Edward P. Thompson, La Formation de la classe ouvrière anglaise, présentation de M. Abensour, Paris, Seuil-Gallimard, « Hautes études », 1988
    • Martin Jay, L'imagination dialectique. L'École de Francfort, préface de M. Abensour, Paris, Payot, « Critique de la politique », 1989
    • Theodor W. Adorno, Minima moralia. Réflexions sur la vie mutilée, postface de M. Abensour, Paris, Payot, « Critique de la politique », 1991
    • Pierre Leroux, Aux philosophes, aux artistes, aux politiques, postface de M. Abensour, Paris, Payot & Rivages, « Critique de la politique », 1994
    • Pierre Clastres, Entretien avec L'Anti-mythes (1974), avant-propos de M. Abensour, Paris, Sens & Tonka, 2012
    • David Munnich, L'art de l'amitié. Rousseau et la servitude volontaire, préface de M. Abensour, Paris, Sens & Tonka, 2012
    • Alexandre Berkman, Le Mythe bolchevik : journal 1920-1922, préface de M. Abensour et L. Janover, Paris, Klincksieck, « Critique de la politique », 2017

    Édition d'ouvragesModifier

    • Auguste Blanqui, Instructions pour une prise d'armes. L'éternité par les astres. Hypothèse astronomique et autres textes, textes établis et présentés par Miguel Abensour et Valentin Pelosse, Paris, Tête de Feuilles, 1973. Réédition chez Sens & Tonka en 2000
    • Pierre Leroux, De l'humanité, Paris, Fayard, coll. « Corpus des œuvres philosophiques en langue française », 1985 (avec Patrice Vermeren)
    • Arthur Schopenhauer, Contre la philosophie universitaire, préface de Miguel Abensour, Paris, Payot & Rivages, « Petite Bibliothèque Rivages », 1993 (avec Pierre-Jean Labarrière)
    • Emmanuel Levinas, Quelques réflexions sur la philosophie de l’hitlérisme, postface de Miguel Abensour, Paris, Payot & Rivages, « Rivages Poche Petite Bibliothèque », 1997
    •  Saint-Just, Œuvres, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire », (avec Anne Kupiec)

    Direction d'ouvrages et de revuesModifier

    • L'Esprit des lois sauvages : Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, éditions du Seuil, 1987
    • Emmanuel Levinas, Paris, LGF, « Livre de Poche - Biblio Essais », 1993 (1re éd. 1991, dir. avec Catherine Chalier)
    • « Les choses politique », Les Cahiers de philosophie, n°18, 1994 (avec Étienne Tassin)
    • « L'Animal politique », Epokhé, n°6, 1996 (avec Étienne Tassin)
    • « L’École de Francfort : la Théorie Critique entre philosophie et sociologie », Tumultes, 2001/2-2002/1, n°17-18, éditions Kimé (dir. avec Géraldine Muhlmann)
    • Emmanuel Levinas. La question du livre, Paris, éditions de l'IMEC, « Inventaires », 2008 (dir. avec Anne Kupiec)
    • Pierre Clastres, Paris, éditions Sens & Tonka, 2011 (dir. avec Anne Kupiec)

    Documentation supplémentaireModifier

    Notes et référencesModifier

    NotesModifier

    1. « Libertaire » et « socialisme libertaire » sont les courants de pensée dont Miguel Abensour est le plus proche. Toutefois, étant donné que dans ses écrits sur la démocratie M. Abensour tient pour indispensable une forme d'organisation institutionnelle minimale, il est possible d'objecter que la présence de cette (ou de ces) institution(s) dans ses réflexions le disqualifie comme libertaire. Pour autant, comme le conseillisme tient une place importante dans la pensée de M. Abensour, cette organisation « institutionnelle » telle qu'il la conçoit ne ressemble pas à l'État.
      Ce qui est certain, c'est que la pensée de M. Abensour n'incline pas vers l'anarchisme ; voici ce qu'il déclare dans l'un de ses derniers entretiens : « je crois que l'anarchisme contemporain aurait tout intérêt à arrêter de penser que l'anarchisme est la disparition de la politique, mais penser que l'émancipation aura toujours une dimension politique. Quelqu'un comme Eduardo Colombo a un mouvement de ce type. Il n'y a pas de société sans pouvoir et sans institutions politiques. Un anarchisme qui accepterait de penser cela serait beaucoup plus fort. » (Propos recueillis par Manuel Cervera-Marzal, Anders Fjeld et Alice Carabedian, « Chapitre 1. L'utopie et la lutte des hommes. Entretien avec Miguel Abensour » in Manuel Cervera-Marzal, Nicolas Poirier (dir.), Désir d'utopie : Politique et émancipation avec Miguel Abensour, Paris, L'Harmattan, « La philosophie en commun », 2018, page 24)
      Pour une argumentation développée de sa position philosophique et politique vis à vis de l'anarchie et de l'anarchisme, voir son article « "Démocratie sauvage" et "principe d'anarchie" » daté de 1994. Cet article figure dans son livre Pour une philosophie politique critique : Itinéraires, il est aussi repris en annexe dans la nouvelle édition de 2012 de La Démocratie contre l'État (voir en fin d'article « Œuvres » pour les références bibliographiques complètes).
    2. L'article signé « M. Abensour » et intitulé « l'Anti-Utopie » sur la couverture du numéro « 78-4 » correspond à l'article dont le véritable titre est « Le procès des Maîtres Rêveurs » (p. 207-230). Cet article est désormais compilé dans le tome I de la série Utopiques.
    3. Voici quelques noms d'autres revues qui accueillirent ses articles : la Revue française de science politique (1967, 1968, 1971), les Cahiers de marxologie (1968), Le Temps de la réflexion (1981), les Archives de philosophie (1982), les Cahiers de philosophie politique (1983, 1985), Social Research (1989, 2007), Lignes (1992, 2007), la Revue européenne des sciences sociales (1993), Les Cahiers de philosophie (1983, 1994) ou Réfractions, (2004, 2006).
    4. Participèrent entre autres à cette revue : Jacques Dewitte, Robert Legros, Claude Lefort, Marcel Gauchet et Cornelius Castoriadis.
    5. De nombreux auteurs collaborèrent à cette revue, par exemple : Krzysztof Pomian, Bronisław Baczko, Michel-Pierre Edmond, Gladys Swain, Simone Debout, Jacques Lizot, Marshall Sahlins, Pierre Manent et Bernard Manin.
    6. Si l'on retrouve plus ou moins les mêmes collaborateurs qu'à Textures et Libre (par exemple : M. Richir, B. Baczko et M.-P. Edmond), la revue accueillit un grand nombre de nouveaux contributeurs : Nicole Loraux, Pierre Pachet, Edgar Morin, François Furet, Luc Ferry ou encore Jacques Taminiaux.
    7. Collaborent à cette revue parmi d'autres : Robert Legros, Étienne Tassin, Anne Kupiec, Géraldine Muhlmann, Éliane Escoubas.
    8. M. Abensour y retrouve R. Legros et É. Tassin.
    9. Participent aux deux premières livraisons : Daniel Blanchard, Sylwia D. Chrostowska, Antonin Wiser, Efi Plexousaki, Benjamin Torterat, Véronique Moutot-Narcisse.
    10. Voici la liste des participants : Yvonne Verdier, Luc de Heusch, Marc Richir, Michel Deguy, Alfred Adler , Gilbert Vaudey, Nicole Loraux, Charles Malamoud et Claude Lefort.
    11. Voici la liste des contributeurs : Christian Bertaux, Max Blechman, Sergio Cardoso, Michel Cartry, Marilena Chaui, Jacques Chevallier, Hélène Clastres, Guilhem Fabre, Christian Ferrié, Ximena Gonzalez Broquen, Olgaria Matos, Francisco Naishtat, Beatriz Perrone-Moises, Mathieu Potte-Bonneville, Marc Richir, Anne-Marie Roviello et Renato Sztutman.
    12. Depuis, la collection est dirigée par Michèle Cohen-Halimi.
    13. Aussi, il fit traduire des livres dont les auteurs furent un temps proche de l'École de Francfort comme Ernst Bloch ou Oskar Negt, ainsi que des livres de Martin Jay et Trent Schroyer dont l'objet fut l'École de Francfort.
    14. Passage extrait d'un article paru dans la Revue Sociale (août-, p. 169-172).
    15. Extrait traduit par Jacques Laizé.
    16. Passage extrait d'Oppression et liberté (Gallimard, 1955, p. 186-193). Ce texte de Simone Weil fut signalé à M. Abensour par son ami Louis Janover.
    17. Par exemple : ses articles sur T. W. Adorno, ceux sur H. Arendt et ceux sur W. Benjamin, ou encore, ses articles consacrés à P. Clastres.
    18. D'autres entrées (moins thématiques) dans l'œuvre de M. Abensour sont possibles, par exemple : son étude de Leroux, son rapport à la Théorie critique (tout particulièrement à Adorno), sa lecture de l'œuvre de Levinas, son interrogation des textes d'Arendt.
    19. Des écrits, des textes, des livres peuvent faire partie de cette activité politique. En ce sens, derrière chaque titre de sa collection « Critique de la politique » se trouve le geste politique singulier d'un auteur.
    20. Ici, il faut mentionner son travail d'éditeur. Dans sa collection « Critique de la politique », il publia nombre de livres qui questionnent ce rapport de la philosophie à la politique (sélection) : Jürgen Habermas, Théorie et pratique (1975) ; Pierre Manent, Naissances de la politique moderne : Machiavel, Hobbes, Rousseau (1977) ; Theodor W. Adorno, Dialectique négative (1978) ; Max Horkheimer, Théorie critique : Essais (1978) ; Leo Strauss, Pensées sur Machiavel (1982) ; Marc Richir, Du sublime en politique (1991) ; ou encore de Michel-Pierre Edmond, Le philosophe-roi : Platon et la politique (1991) et Aristote, la politique des citoyens et la contingence (2000).
    21. Dans la collection « Critique de la politique » : Étienne de La Boétie, Le Discours de la servitude volontaire (1976) ; Georg W. F. Hegel, Système de la vie éthique (1976) ; Friedrich W. J. von Schelling, Recherches sur la liberté humaine (1977) ; Michèle Ansart-Dourlen, Freud et les Lumières : Individu, raison, société (1985) ; Blaise Bachofen, La condition de la liberté : Rousseau, critique des raisons politiques (2002) ; Martin Breaugh, L'expérience plébéienne : Une histoire discontinue de la liberté politique (2007) ; Jean-Marie Guyau, Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction (2012).
    22. Sur cette question de la « domination », il faut ajouter (plus même, il faudrait développer et préciser) que M. Abensour ne réduit et ne circonscrit pas les phénomènes de « domination » uniquement à la "dimension politique" de l'existence de toute personne. La « domination » peut naître et se déployer dans un raisonnement philosophique, dans une production esthétique, au sein de relations sociales, etc.
    23. Sans recenser tous les titres qui touchent de près ou de loin au(x) fait(s) révolutionnaire(s), relevons tout de même : Johann G. Fichte, Considérations destinées à rectifier les jugements du public sur la Révolution française (1974) ; Christopher Hill, Le Monde à l'envers : Les idées radicales au cours de la Révolution anglaise (1977) ; Michael Walzer, Régicide et Révolution : Le procès de Louis XVI (1989) ; Dolf Oehler, Le spleen contre l'oubli, juin 1848 : Baudelaire, Flaubert, Heine, Herzen (1996) ; Joseph Ferrari, Machiavel, juge des révolutions de notre temps (2003) ; Emmanuel Kant, Le Conflit des Facultés : Et autres textes sur la Révolution (2015) ; Sophie Wahnich, La Révolution française n'est pas un mythe (2017).
    24. Selon Miguel Abensour, Saint-Just envisagerait dans certains de ses textes une sortie du jacobinisme et, par là, une autre voie pour la Révolution. Voir l'article « La philosophie Politique de Saint-Just… », repris dans son recueil Le cœur de Brutus.
    25. Pour d'autres réflexions sur l'héroïsme : voir la conclusion de l'article « Hannah Arendt contre la philosophie politique ? » (repris dans Pour une philosophie politique critique, notamment p. 255-263), pour d'autres développements voir le livre Hannah Arendt contre la philosophie politique ? (notamment p. 233-257) ; voir aussi La Lumière et la Boue. Le Rouge et le Noir à l'ombre de 1793 ? (notamment p. 51-77).
    26. Pour une brève présentation de l'utopie et du phénomène utopique par Miguel Abensour, voir son article « L'utopie une nécessaire technique du réveil » qui sert d'introduction à L'atlas des utopies édité par Le Monde et La vie (dernière réédition en 2018, p. 8-9).
    27. Parmi les ouvrages de la collection « Critique de la politique » : Collectif, Utopie et marxisme selon Ernst Bloch : Un système de l'inconstructible (1976) ; Bronisław Baczko, Lumières de l'utopie (1978) ; Ronald Creagh, Laboratoires de l'utopie : Les communautés libertaires aux États-Unis (1983) ; Bronislaw Baczko, Les imaginaires sociaux : Mémoires et espoirs collectifs (1984) ; Florent Perrier, topeaugraphies de l'utopie : esquisses sur l'art, l'utopie et le politique (2014) ; Daniel Payot, Constellation et utopie : Theodor W. Adorno, le singulier et l'espérance (2018).
    28. Bien qu'il n'y consacre pas de texte en particulier (des allusions et de cours paragraphes apparaissent ici ou là), le fascisme (celui de Benito Mussolini, celui de Francisco Franco) l'inquiète aussi.
    29. On peut mentionner dans la collection « Critique de la politique » : Theodor W. Adorno, Minima Moralia : Réflexions sur la vie mutilée (1980) ; Franz Neumann, Béhémoth : Structure et pratique du national-socialisme 1933-1944 (1987) ; Theodor W. Adorno, Jargon de l'authenticité : De l'idéologie allemande (1989) ; Max Horkheimer, Notes critiques, 1949-1969 : Sur le temps présent (1993) ; Charlotte Beradt, Rêver sous le IIIe Reich (2002).
    30. Sur ce point, outre le fait qu'il faille souligner les différences entre les sociétés à État et les sociétés contre l'État (une habitation partagée n'est pas une maison collective Yanomami), il faut aussi souligner des différences propres aux sociétés à État : les différentes organisations de l'espace urbain (la place de la République n'est pas Piccadilly Circus), les différentes manières d'occuper un bâtiment (le Musée du Louvre n'est pas le Palais du Louvre), les différentes façons de constituer l'espace public (une sculpture d'Eduardo Chillida n'est pas une statue de Jeanne d'Arc), etc.
    31. Dans sa collection « Critique de la politique », cet intérêt pour la démocratie se retrouve dans les ouvrages suivants (sélection) : Jürgen Habermas, L'espace public : Archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise (1978) ; Joseph R. Strayer, Les Origines médiévales de l'État moderne (1979) ; Nicole Loraux, La cité divisée : L'oubli dans la mémoire d'Athènes (1997) ; Nicolas Israël, Généalogie du droit moderne : L'état de nécessité (2006) ; Géraldine Muhlmann, Du journalisme en démocratie : Essai (2004) ; Oskar Negt, L'espace public oppositionnel (2007) ; Marc Richir, La contingence du despote (2014) ; Yohann Dubigeon, La démocratie des conseils : Aux origines modernes de l'autogouvernement (2017) ; Gustave Lefrançais, Étude sur le mouvement communaliste à Paris en 1871 (2018) ; Arthur Arnould, Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris : Notes et souvenirs personnels (2018).
    32. Pour être complet ici, il faudrait ajouter d'autres penseurs qui influencent la conception générale que Miguel Abensour se fait du politique et de la politique. Par exemple : Hannah Arendt pour sa conception de l'action politique, Pierre Leroux pour sa conception de l'association humaine et Machiavel pour sa conception de la division au sein du peuple entre petits et grands.
    33. En 1976, dans un texte présentant le Discours… d'Étienne de La Boétie (« Les leçons de la Servitude et leur destin »), Miguel Abensour formulait déjà cette problématique : « L'énigme même du politique portée à son plus haut point de fascination : pourquoi y a-t-il servitude volontaire plutôt qu'amitié, pourquoi, en traduisant dans les termes de P. Clastres, existe-t-il des sociétés à État plutôt que des sociétés contre l'État ? » (in Le Discours de la servitude volontaire, Paris, Payot, 1976, p. VIII, italiques de l'auteur)
    34. D'autres philosophes français accomplirent et accomplissent la même entreprise : Raymond Trousson, René Schérer, Michèle Riot-Sarcey, Thierry Paquot, Jean-Yves Lacroix, Michèle Madonna-Desbazeille, etc.

    RéférencesModifier

    1. Manuel Cervera-Marzal 2013, p. 14.
    2. a b et c Anne Kupiec 2017.
    3. Jean Birnbaum 2017, p. 14. Au premier paragraphe de l'article, J. Birnbaum qualifie ainsi Miguel Abensour : « Intellectuel libertaire, pédagogue libéral et éditeur libre ».
    4. Nicolas Poirier 2017, À la page 9 de son article (pagination du PDF ; §17 en ligne), N. Poirier écrit : « Il faut […] pointer dans le travail de M. Abensour un mouvement de mise en question de l'État, fidèle à une inspiration et à une sensibilité libertaire qui parcourt son œuvre ».
    5. Monique Rouillé-Boireau 2018, passim. Dans cet article, M. Rouillé-Boireau fait ressortir les traits libertaires de la pensée de M. Abensour.
    6. Louis Pinto 2019, Le nom de Miguel Abensour est mentionné à la page 102 (§11 en ligne). L. Pinto, sans argumenter sur le fond ni sur les textes, range M. Abensour parmi les « intellectuels de luxe » parce qu'il fut directeur du Collège international de philosophie.
    7. Manuel Cervera-Marzal 2013, p. 16.
    8. Stany Grelet et al. 2009, p. 10-11 (En ligne : voir au troisième paragraphe de la deuxième intervention de M. Abensour).
    9. Manuel Cervera-Marzal 2013, p. 18.
    10. Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier 2017, Fin du deuxième paragraphe.
    11. a b et c Miguel Abensour, « Manifeste de la collection "Critique de la politique" chez Payot », sur Collectif Smolny (consulté le )
    12. a b et c Miguel Abensour, « Manifeste de la collection "Critique de la politique" chez Klincksieck », sur Collectif Smolny (consulté le )
    13. a b et c Jean Birnbaum 2017, p. 14.
    14. a et b M. Abensour 2014b, p. 12.
    15. a et b M. Abensour 2014b, p. 376.
    16. Hélène Combis, « Miguel Abensour, penseur à contre-pente de la philosophie politique », sur France Culture,
    17. M. Abensour 2014b, p. 13.
    18. Nicolas Poirier 2017, p. 2 (pagination du PDF) ; §2 en ligne.
    19. Fabien Delmotte 2015, p. 1 (pagination du PDF) ; §3 en ligne.
    20. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, p. 617. Le titre de cette thèse soutenue en 1973 est : Les formes de l'utopie socialiste-communiste. Essai sur le communisme critique et l'utopie.
    21. Patrice Vermeren, « Amb motiu de la mort de Miguel Abensour », sur Mirmanda. Revista de cultura/revue de culture - Catalunya del Nord, (consulté le )
    22. Florent Perrier 2017, p. 68 ; §3 en ligne.
    23. Florent Perrier 2017, p. 69 ; §3 en ligne.
    24. Martin Breaugh 2003, p. 46 ; §3 en ligne.
    25. François Bordes 2018, p. 117 ; §14 en ligne.
    26. Miguel Abensour, « La philosophie politique de Saint-Just. Problématique et cadres sociaux », Annales historiques de la Révolution française, vol. 38e Année, no 183,‎ , p. 1-32 (lire en ligne)
    27. Miguel Abensour, « La philosophie politique de Saint-Just problématique et cadres sociaux (suite et fin) », Annales historiques de la Révolution française, vol. 38e Année, no 185,‎ , p. 341-358 (lire en ligne)
    28. Franck Berthot 2007, p. 108 ; §5 en ligne.
    29. Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier 2017, Fin du premier paragraphe : « [M. Abensour] prit part à l'aventure des revues Textures et Libre où il s'agissait de réinventer une politique émancipatrice en référence à la critique du stalinisme qu'avait menée dans les années 1950 le groupe Socialisme ou Barbarie ».
    30. Franck Berthot 2007.
    31. Jean-Claude Poizat et Miguel Abensour 2015, p. 16 ; §7 en ligne.
    32. François Dosse 2014, Pour un bref aperçu de l'histoire de la revue, voir aux pages 224 à 230. Pour des propos de Miguel Abensour recueillis par F. Dosse, voir à la page 226 : « Je suis arrivé à Textures de la manière suivante. Quand j'ai écrit un texte sur "Le destin de l'utopie", je l'ai proposé aux Temps Modernes. J'ai su après que la grande prêtresse, Simone de Beauvoir, avait dit que c'était trop universitaire. Il a été pris tout de suite par Textures, mais, trop long, il est paru en deux livraisons. Gauchet et Richir m'ont proposé de rejoindre le groupe et de venir à une réunion. Et à la première réunion j'ai assisté à une engueulade terrible entre Lefort et Castoriadis : "Comment ça ? Mais si c'est ça, je ne veux pas discuter davantage avec toi." Au point qu'au sortir de la réunion, Richir et Gauchet se sont excusés auprès de moi : "On est désolé" ».
    33. François Dosse 2014, Pour un bref aperçu de l'histoire de la revue, voir aux pages 234 à 239. F. Dosse écrit à la page 234 : « Textures ayant disparu, l'opportunité se présente de lancer une nouvelle revue éditée par Jean-Luc Pidoux-Payot aux éditions Payot. Une partie de l'ancienne équipe de Textures se retrouve pour prendre en charge Libre, dont le premier numéro paraît en 1977, avec comme sous-titre "Politique-anthropologie-philosophie". » À la note n°46 de la page 234, il est écrit : « Le comité de rédaction est composé de Miguel Abensour, Cornelius Castoriadis, Pierre Clastres, Marcel Gauchet, Claude Lefort, Maurice Luciani. Le secrétaire de rédaction est Marcel Gauchet ».
    34. François Dosse 2014, p. 239 : « Lefort crée alors une revue accueillie par les éditions Ramsay avec, entre autres, Miguel Abensour, Simone Debout, Marc Richir, Fernando Gil, Carlos Semprun, Claude Mouchard et Pierre Pachet, qui prend pour titre Passé-Présent ».
    35. « Passé Présent (1982-1984) », sur revues-litteraires.com
    36. « Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques », sur CSPRP Université Paris Diderot 7 (consulté le )
    37. Patrick Cingolani, « Naissance de Tumultes », Tumultes, no 37,‎ , p. 19-22 (lire en ligne)
    38. « Revue Épokhé (1990-1996) », sur Éditions Jérôme Millon (consulté le )
    39. « Prismes. Théorie critique », sur Sens & Tonka (consulté le )
    40. a b et c Manuel Cervera-Marzal 2013, p. 15.
    41. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, p. 25-26 (contribution d'Élisabeth de Fontenay : « La présidence d'une utopie »).
    42. a b et c Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, p. 25 (contribution d'Élisabeth de Fontenay : « La présidence d'une utopie »).
    43. Miguel Abensour et al. 1998, À la page 124, M. Abensour déclare ceci : « D'une certaine manière, j'ai accueilli le Collège comme une tentative dans le monde contemporain de répéter cette expérience, de répéter l'expérience qu'avait faite l'École de Francfort, comme celle qu'à sa façon avait aussi faite le Collège de sociologie en France à la fin des années trente. Quand j'ai disposé de quelques responsabilités au Collège, j'ai gardé ce modèle présent à l'esprit, d'autant plus présent qu'il m'a semblé qu'il y avait des passerelles possibles entre la critique de la modernité que faisait l'École de Francfort et celle, inspirée par Heidegger, que représentaient certains membres du Collège. C'était un lieu de possible confrontation de ces deux critiques de la modernité ».
    44. Florent Perrier 2017, p. 69 ; §4 en ligne.
    45. Miguel Abensour et al. 1998, À la page 130, M. Abensour déclare : « on a réuni des participants considérés comme entretenant entre eux des rapports d'opposition. Or ce colloque s'est très bien déroulé. C'est assez révélateur de l'espace de pensée qu'offre le Collège. D'une part, ce n'est pas un lieu consensuel ; d'autre part, ce n'est pas un lieu où l'on travaille à cultiver et rigidifier les oppositions pour en faire une sorte de cham agonistique définitif ».
    46. Miguel Abensour et al. 1998, p. 131.
    47. Maximilien Rubel, Marx, critique du marxisme, Paris, Payot, coll. « Critique de la politique » (no 3),
    48. Miguel Abensour, « Pour lire Marx », Revue française de science politique, vol. XX, no 4,‎ , p. 772-788 (lire en ligne)
    49. Fabien Delmotte 2015, p. 4 (pagination du PDF) ; §8 en ligne.
    50. Maximilien Rubel, Karl Marx, essai de biographie intellectuelle, Paris, Klincksieck, coll. « Critique de la politique » (no 3),
    51. Louis Janover, « En mémoire de Miguel Abensour (1939-2017) », sur Collectif Smolny (consulté le )
    52. M. Abensour et Louis Janover 2008b.
    53. Florent Perrier 2017, p. 68 ; chapeau de l'article en ligne.
    54. Martin Breaugh 2003, p. 46-47 ; §4 et §5 en ligne.
    55. Lucia Sagradini 2017, 2ème paragraphe.
    56. Pierre Clastres, La Société contre l'État : Recherches d'anthropologie politique, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Critique »,
    57. Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier 2017, Quatrième paragraphe : « En tant qu’éditeur, Miguel Abensour avait choisi d'endosser les habits du passeur plutôt que de tirer la couverture à lui, en utilisant la collection qu'il dirige pour promouvoir sa propre pensée. On peut en effet considérer la collection "Critique de la politique" à la manière d'un espace où s'est vue diffuser, non la pensée d'un maître ou d'une figure tutélaire à destination d'un public avide d'adhésion, mais des explorations utopiques de la réalité sociale et politique, à travers les recherches originales de penseurs soucieux de dessiner les formes d'une politique où se verrait abolie la division entre les hommes faits pour commander et ceux voués à l'obéissance ».
    58. Antoine-Louis de Saint-Just, Œuvres, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire »,
    59. Bernard Vinot, « Œuvres complètes », Annales historiques de la Révolution française, no 338,‎ , p. 160-161 (lire en ligne)
      Cet article est une recension critique de l'édition réalisée par M. Abensour et Anne Kupiec.
    60. Miguel Abensour et Catherine Chalier (dir.), Cahier de l'Herne : Emmanuel Levinas, Paris, Librairie générale française, coll. « Biblio essais », (1re éd. 1991)
    61. Collège international de philosophie et Goethe-Institut de Paris, Politique et pensée : Colloque Hannah Arendt, Paris, Payot & Rivages, coll. « Petite bibliothèque payot », (1re éd. 1996)
    62. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, p. 606 : « M. Abensour voulait publier La Formation de la classe ouvrière anglaise d'E. P. Thompson [chez Payot], les droits de traduction étaient achetés, mais les problèmes afférents ont rendu la chose impossible. Le livre est finalement paru, coédité par Gallimard et le Seuil, en 1988, avec une préface de lui intitulée "La Passion d'E. P. Thompson". » (contribution d'Antonia Birnbaum : « Miguel Abensour, collectionneur et utopiste »).
    63. Julie Clarini, Miguel Abensour et François Jarrige 2012, M. Abensour déclare dans cet article : « Le livre a été traduit trop tard en français, en 1988, date qui explique que sa réception n'a pas été réussie. S'il avait été traduit en 1968, ou juste après, la situation aurait été différente. Est-ce qu'aujourd'hui, les conditions sont réunies pour une meilleure réception ? L'école de François Furet (1927-1997), qui s'était repliée sur une lecture politique, au sens étroit du terme, paraît aujourd'hui dépassée, ce qui rend le contexte plus favorable ».
    64. Edward P. Thompson, La formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Seuil, coll. « Points histoire », (1re éd. 1988)
    65. M. Abensour 2012a, p. 23.
    66. J.-L. P., « Documents pour servir à l'histoire de l'Association Française de Science Politique 1949-1999 », Revue française de science politique, vol. 51,‎ , p. 269-294 (lire en ligne)
      L'information figure à la page 273 de l'article. Le colloque se tint le 27 et le 28 mai.
    67. Miguel Abensour (dir.), L'Esprit des lois sauvages : Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, Seuil,
    68. Guillaume Courty, « Abensour (Miguel), L'Esprit des lois sauvages. Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, Seuil, 1987 [note critique] », Politix. Revue des sciences sociales du politique, no 2,‎ , p. 88-89 (lire en ligne)
    69. Miguel Abensour et Anne Kupiec, « Pierre Clastres et Nous : La révolution copernicienne et la question de l'État », Programme du Colloque,‎ (lire en ligne [PDF])
    70. Miguel Abensour et Anne Kupiec (dir.), Pierre Clastres, Paris, Sens & Tonka,
    71. (pt) Pierre Clastres, Arqueologia da violência, São Paulo, Cosac & Naify,
    72. (pt) Pierre Clastres, A Sociedade contra o Estado : Pesquisas de antropologia política, São Paulo, Cosac & Naify,
    73. (en) Pierre Clastres, Chronicle of the Guayaki Indians, New York, Zone Books, coll. « Anthropology »,
    74. Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour (document de programme et de réunion), coll. « Journée de la philosophie à l'UNESCO 2004 » (no 9), , 301 p. (lire en ligne [PDF]).
    75. Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier (dir.) 2018.
    76. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, Voici les noms des contributeurs : Blaise Bachofen, Antonia Birnbaum, Max Blechman, Monique Boireau-Rouillé, Martin Breaugh, Catherine Chalier, Marilena Chaui de Souza, Monique Chemillier-Gendreau, Fabio Ciaramelli, Patrick Cingolani, Sonia Dayan-Herzbrun, Éliane Escoubas, Robert Esposito, Elisabeth de Fontenay, Zeynep Gambetti, Alain Garoux, Horacio Gonzalez, Cristina Hurtado Beca, Vicky Iakovou, Anne Kupiec, Gilles Labelle, Jean Lacoste, Martin Legros, Martine Leibovici, Reyes Mate, Olgaria Matoz, Géraldine Muhlmann, Numa Murard, Georges Navet, Dolf Oehler, Guy Petitdemange, Scheherazade Pinilla Canadas, Jordi Riba, Marc Richir, Anne-Marie Roviello, Jacques Taminiaux, Étienne Tassin, Yves Thierry, Enzo Traverso.
    77. Michèle Cohen-Halimi et Sophie Wahnich (dir.) 2018.
    78. Anne Kupiec 2019.
    79. a b et c Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, p. 608 (contribution d'Antonia Birnbaum : « Miguel Abensour, collectionneur et utopiste »).
    80. « Critique de la politique », sur Payot & Rivages Éditions (consulté le )
    81. BnF, Notice de collection éditoriale (Payot), « Critique de la politique », sur Catalogue de la BnF (consulté le )
    82. « Critique de la politique », sur Klincksieck Éditions,
    83. BnF, Notice de collection éditoriale (Kilncksieck), « Critique de la politique », sur Catalogue de la BnF (consulté le )
    84. Joseph Ferrari, Les philosophes salariés, Paris, Payot, coll. « Critique de la politique »,
    85. Nicolas Poirier 2017, p. 2 (pagination du PDF) ; §3 en ligne.
    86. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, p. 602 (contribution d'Antonia Birnbaum : « Miguel Abensour, collectionneur et utopiste »).
    87. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, Sur ces questions de réédition, de publication et de traduction, voir les remarques d'A. Birbaum aux pages 604 et 605 de sa contribution (« Miguel Abensour, collectionneur et utopiste »). Elle écrit ainsi (p. 605-606) : « Réédition, traduction, publication : ces trois pratiques explorent l'intrication entre les tumultes nés du désir d'émancipation et les écritures inventées pour en formuler la nécessité ».
    88. Max Horkheimer, Éclipse de la raison, Paris, Payot, coll. « Critique de la politique » (no 1),
    89. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, p. 597 (contribution d'Antonia Birnbaum : « Miguel Abensour, collectionneur et utopiste »).
    90. Nicolas Poirier 2017, p. 3 (pagination du PDF) ; §4 en ligne.
    91. Martin Breaugh 2003, p. 46, à la note n°4, M. Breaugh écrit : « Dans un séminaire collectif du Centre de recherches politiques Raymond-Aron, à l’École des hautes études en sciences sociales, en 2000-2001, Pierre Rosanvallon affirmait que le retour de la philosophie politique en France voit le jour avec la création de cette collection chez Payot ».
    92. Miguel Abensour, « Philosophie politique critique et émancipation ? », Politique et Sociétés, vol. 22, no 3,‎ , p. 119-142. La citation reprend les dernières lignes du « Résumé ». (lire en ligne)
    93. Étienne de La Boétie, Le Discours de la servitude volontaire, Paris, Payot & Rivages, coll. « Petite Bibliothèque Payot - Classiques », (1re éd. 1976)
      Cette édition en format de poche reprend l'intégralité des textes présents dans l'édition de 1976.
    94. Florent Perrier 2017, p. 69 ; §6 en ligne.
    95. Anne Kupiec et Étienne Tassin (dir.) 2006, A. Birbaum indique à la page 603 que le Discours de la servitude volontaire devait être le titre inaugural de la collection mais : « Les choses ont tardé et L'Éclipse de la raison de Max Horkheimer est paru en premier, en 1974, suivi du Discours de la servitude volontaire en 1976. » (contribution d'Antonia Birnbaum : « Miguel Abensour, collectionneur et utopiste »).
    96. Fabien Delmotte 2015, p. 5 (pagination du PDF) ; § 9 en ligne.
    97. Martin Breaugh 2003, p. 45 (Dans sa note dédicatoire).
    98. Anne Kupiec 2019, Une bibliographie exhaustive de son œuvre (ouvrages, direction d'ouvrages, édition d'ouvrages, articles et contributions) est proposée aux pages 259 à 268.
    99. Nicole Loraux, La cité divisée : L'oubli dans la mémoire d'Athènes, Paris, Payot, coll. « Critique de la politique »,
    100. M. Abensour 2009, Voici la composition de ce recueil d'articles :
      • « Préface » (2009, inédit)
      Itinéraires
      • « Manifeste de la collection "Critique de la politique" » (1974)
      • « Philosophie politique moderne et émancipation » (1983)
      • « De quel retour s'agit-il ? » (1994)
      • « Sur le chemin de Machiavel » (2008)
      Critique de la domination totalitaire
      • « Oser rire » (1975)
      • « Réflexions sur les deux interprétations du totalitarisme selon Claude Lefort » (1993)
      • « Hannah Arendt la critique du totalitarisme et la servitude volontaire ? » (1999)
      • « D'une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets » (2001)
      Philosophie politique critico-utopique et la question de l'émancipation
      • « Comment une philosophie de l'humanité peut-elle être une philosophie politique moderne ? » (1994)
      • « Hannah Arendt contre la philosophie politique ? » (2001)
      • « Pour une philosophie politique critique ? » (2002)
      • « "Démocratie sauvage" et "principe d'anarchie" » (1994)
      • « Utopie et démocratie » (2001)
      • « L'extravagante hypothèse » (2006).
    101. François Châtelet, Olivier Duhamel et Évelyne Pisier (dir.), Dictionnaire des œuvres politiques, Paris, PUF, « Quadrige - Référence », , 1250 p.
    102. Miguel Abensour, « OWEN Robert, 1771-1858, A New View of Society, 1813-1814 », Dictionnaire des œuvres politiques, op. cit.,‎ , p. 839-851
    103. Miguel Abensour, « SAINT-JUST, 1767-1794, De la nature…, fin 1791-1792 », Dictionnaire des œuvres politiques, op. cit.,‎ , p. 1001-1014
    104. Miguel Abensour, « MORE Thomas, 1478-1535, L'Utopie, 1516 », Dictionnaire des œuvres politiques, op. cit.,‎ , p. 798-815
    105. Miguel Abensour, « LEROUX Pierre, 1797-1871, De l'Humanité, 1840 », Dictionnaire des œuvres politiques, op. cit.,‎ , p. 610-623
    106. Miguel Abensour, « Le guetteur de rêves. Walter Benjamin et l'utopie », Tumultes, no 12,‎ , p. 81-122
    107. a et b M. Abensour 2016a.
    108. M. Abensour 2016a, p. 11. Dans ce livre, l'article du Dictionnaire des œuvres politiques devient le chapitre « Thomas More ou la voie oblique », l'article de la revue Tumultes le chapitre « Walter Benjamin, le guetteur de rêves ».
    109. M. Abensour 2013b.
    110. M. Abensour 2013c.
    111. M. Abensour 2016b, Ce livre réédite et réunit, enfin, l'article paru dans la revue Textures en deux livraisons (1973-1974).
    112. Florent Perrier 2017, p. 70 (pagination du PDF) ; §9 en ligne : « Miguel Abensour fut surtout l’auteur de nombreux articles qu’il avait commencé à rassembler sous la série intitulée Utopiques et dont pas moins de six volumes seront à terme publiés par les éditions Sens & Tonka ».
    113. M. Abensour 2012a, La nouvelle édition datée de 2012 contient la « Préface » à la seconde édition « De la démocratie insurgeante » (2004), la « Préface » à l'édition italienne « Démocratie insurgeante et institution » (2008) et, en annexe, le texte « "Démocratie sauvage" et "principe d'anarchie" » (1994). Il manque un article de 1995, « La pari de la démocratie », paru dans Le Monde des débats, ainsi que le texte « Utopie et démocratie ».
    114. M. Abensour 2019a, Ce volume contient tous ses articles sur Saint-Just, ainsi que le texte paru aux éditions Horlieu en 2005. Seul « Lire Saint-Just » (l'introduction aux Œuvres complètes de Saint-Just chez Folio en 2004) n'est pas repris ici.
    115. M. Abensour 2012b.
    116. M. Abensour 2021, Voici la composition de ce recueil d'articles et de textes inédits :
      • « Rencontre, silence » (1988)
      • « Penser l'utopie autrement » (1991)
      • « L'extravagante hypothèse » (1998)
      • « Le mal élémental » (1997)
      • « Éthique et politique : le Contre-Hobbes d'Emmanuel Levinas » (1998)
      • « L'utopie paradoxale de la demeure » (1999, inédit)
      • « Lire Emmanuel Levinas » (2001, inédit)
      • « N'oubliez pas que je suis phénoménologue » (2001, inédit)
      • « L'an-archie entre métapolitique et politique » (2002)
      • « Sartre Levinas » (2003, inédit)
      • « L'État de justice chez Levinas » (2005)
      • « L'utopie des livres » (2008).
    117. M. Abensour 2014b.
    118. Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier (dir.) 2018, À la page 15 de l'entretien conduit par M. Cervera-Marzal, A. Fjeld et A. Carabedian, M. Abensour déclare : « je refuse toujours de parler de l'utopie au singulier parce qu'on remarque facilement que le discours sur l'utopie au singulier est souvent extrêmement défavorable, dépréciatif. Le fait de parler "des" utopies au pluriel, en y apportant ainsi des précisions historiques et théoriques, indique déjà qu'on accepte une certaine positivité de l'utopie ».
    119. M. Abensour 2007, p. 117 ; §46 en ligne.
    120. Sonia Dayan-Herzbrun et al. 2006, p. 76 (§14 en ligne) : « Par émancipation, dit M. Abensour, il convient d'entendre ce mouvement moderne qui consiste à se libérer des formes d'autorité existantes, de telle sorte que puisse apparaître, se constituer une nouvelle manifestation de la vie, de désir de l'humanité ».
    121. M. Abensour 2009, Il réaffirme son intention de débusquer les phénomènes de domination où qu'ils soient dans son « Avant-propos » (p. 11-46).
    122. M. Abensour 2009, p. 168-169, article « D'une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets ».
    123. a et b M. Abensour 2013a, Passim.
    124. M. Abensour 2021, Voir le texte « Le mal élémental ».
    125. M. Abensour 2012a, Passim.
    126. M. Abensour 2009, Passim.
    127. M. Abensour 2009, Voir les articles réunis dans la partie « Critique de la domination totalitaire ».
    128. M. Abensour 2006a, Miguel Abensour écrit à la page 11 : « Il semblerait que la leçon de L. Strauss, selon laquelle la philosophie politique ne concernerait pas les professeurs d'université, mais l'homme ordinaire ait été perdue ».
    129. M. Abensour 2009, « Avant-propos », passim. Dans ce texte inédit, M. Abensour retrace son parcours et expose sa critique envers la « philosophie politique ».
    130. M. Abensour 2009, p. 27-30 de l'« Avant-propos ».
    131. M. Abensour 2009, p. 302-304, article « Pour une philosophie politique critique ».
    132. M. Abensour 2006a, Passim.
    133. M. Abensour 2009, Article « Hannah Arendt contre la philosophie politique ? » page 239. Tout commencerait après la mort de Socrate : « outre la méfiance radicale de Platon à l'égard de la polis » écrit M. Abensour, cet évènement poussa Platon « à remettre en question la leçon de Socrate notamment quant à la valeur de la doxa et quant à la possibilité de s'élever de celle-ci à la vérité. » M. Abensour ajoute : « De même la question du meilleur régime fut-elle transformée. Ce ne fut plus du point de vue de la cité et dans son intérêt qu'il fallut y répondre, mais du point de vue de la philosophie et de sa nécessaire protection. » Dans son livre Hannah Arendt contre la philosophie politique ?, M. Abensour développe cet article sur de nombreux points.
    134. Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier (dir.) 2018, p. 18.
    135. M. Abensour 2019a, p. 255.
    136. Saint-Just 2004, « Lire Saint-Just » p. 98.
    137. M. Abensour 2019a, p. 327.
    138. M. Abensour 2019a, p. 211 : « Quand je parle d'héroïsme, il ne s'agit pas pour moi ni d'exalter ni de dénigrer les acteurs de la Révolution française, mais de les comprendre, d'ouvrir ou plutôt de rouvrir un foyer d'intelligibilité à partir duquel est susceptible de s'éclairer un mode d'être, un mode d'agir dans le champ politique ».
    139. M. Abensour 2019b, p. 69-70, italiques de l'auteur.
    140. M. Abensour 2014b, p. 60.
    141. M. Abensour 2019a, p. 365-366.
    142. M. Abensour 2019a, p. 366-371.
    143. M. Abensour 2019a, p. 371-376.
    144. M. Abensour 2019a, Voir aussi le texte inédit « Le héros révolutionnaire moderne est-il un animal politique ? » (p. 387-398).
    145. M. Abensour 2019a, p. 383.
    146. Saint-Just 2004, « Lire Saint-Just », p. 99.
    147. Mona Ozouf 1980, p. 126. M. Ozouf écrit plus loin : « La tentative d’Abensour — ne faire aucune peine à Marx au nom de l’utopie, mais ne faire aucun ton aux utopies au nom de Marx — a parfois quelque chose d’un peu appliqué. […]. Cela dit, son immense mérite, à travers tous les textes qu’il a exhumés, et brassés, est de faire sentir le poids dont la condamnation marxiste a écrasé l’utopie et quel long discrédit en est résulté pour le genre tout entier ».
    148. Sonia Dayan-Herzbrun et al. 2006, p. 79 (§19 en ligne) : « Quand en 1965 j’ai choisi de travailler sur l’utopie, principalement sur William Morris, je voulais également revenir sur la question du rapport de Marx à l’utopie. À la suite de lectures, j’avais l’intuition qu’il y avait chez Marx, en dépit des critiques adressées au socialisme utopique, une dimension utopique, ce qui était une évidence pour les lecteurs de culture allemande, mais ce que personne n’osait soutenir en France à l’époque, sinon Maximilien Rubel, l’éditeur de Marx dans la collection de la Pléiade ».
    149. Jean-Claude Poizat et Miguel Abensour 2015, p. 29 (§26 en ligne) : « J’ai commencé ma thèse sur l’utopie socialiste au XIXe siècle — notamment sur William Morris, et sur le rapport de Marx à l’utopie — en 1965 et je l’ai soutenue en 1973. Or, dans cette période dominée par le structuralisme et par Althusser et son école, l’utopie n’avait pas bonne presse. Elle était, au mieux, considérée comme un symptôme à diagnostiquer afin d’y remédier. Aussi était-il difficile de faire admettre que l’utopie puisse relever de la sphère politique et, encore plus, de faire admettre que l’œuvre de Marx, loin de signifier la fin de l’utopie, portait en elle l’invention d’un rapport à l’utopie autre que négatif ».
    150. a et b Sonia Dayan-Herzbrun et al. 2006, p. 82 (§29 en ligne).
    151. M. Abensour 2013b, p. 73.
    152. M. Abensour 2014b, p. 266 : « Cette pluralité de perspectives refuse d'une part une théorisation historico-philosophique de l'utopie, plus généralement tout discours totalisant sur l'utopie à partir d'une position de surplomb qui permettrait de dominer et de maîtriser le phénomène en question. Pour moi, il ne s'agit pas tant de penser sur l'utopie que de penser l'utopie, sous forme d'essais multiples non totalisables, qui ont cependant en commun de faire apparaître au mieux l'impulsion utopique ou la disposition utopienne, en ayant pour soucis de laisser le champ libre à l'altérité de l'utopie ».
    153. M. Abensour 2016a, p. 11.
    154. M. Abensour 2013b, p. 116.
    155. M. Abensour 2016b, p. 89.
    156. M. Abensour 2016a, p. 70.
    157. M. Abensour 2021, p. 28. Il écrit à la page 25 : « Nouvelle pensée de l'utopie qui ne se donne pas pour objet des contenus utopiques, mais la forme, les modalités de l'utopie, la détermination de son élément propre et l'élaboration des catégories à l'aide desquelles la penser autrement ».
    158. a et b M. Abensour 2012b, p. 92.
    159. Sonia Dayan-Herzbrun et al. 2006, p. 77 (§14 en ligne).
    160. M. Abensour 2009, p. 60, article « De quel retour s'agit-il ? ».
    161. M. Abensour 2009, p. 167, article « D'une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets ».
    162. M. Abensour 2009, p. 84-86, article « Réflexions sur les deux interprétations du totalitarisme selon Claude Lefort ».
    163. M. Abensour 2009, À la page 86 de l'article « Réflexions sur les deux interprétations du totalitarisme selon Claude Lefort », M. Abensour écrit : « il est nécessaire de redonner toute son épaisseur philosophique au terme de totalitarisme qui n'est pas seulement un mot de l'opinion mais le fruit d'une patiente élaboration critique. » À la page 85 du même article, il rappelle qu'il existe des « conceptions singulières du totalitarisme » (et il dresse une brève liste : Raymond Aron, Carl Joachim Friedrich, Hannah Arendt, les théoriciens de l'École de Francfort, Claude Lefort).
    164. M. Abensour 2009, p. 175, article « D'une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets ».
    165. a et b M. Abensour 2009, p. 83, article « Réflexions sur les deux interprétations du totalitarisme selon Claude Lefort ».
    166. M. Abensour 2009, p. 196 article « D'une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets ».
    167. M. Abensour 2009, p. 168 article « D'une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets ».
    168. M. Abensour 2009, p. 169 article « D'une mésinterprétation du totalitarisme et de ses effets ».
    169. M. Abensour 2013a.
    170. M. Abensour 2013a, p. 43.
    171. M. Abensour 2013a, p. 44 (italiques de l'auteur).
    172. M. Abensour 2012a, p. 30-33. Ces épisodes révolutionnaires reviennent souvent comme exemple d'un agir démocratique dans les argumentations de M. Abensour.
    173. M. Abensour 2012a, p. 211-220. Ce moment communal revient souvent comme exemple d'une institution démocratique.
    174. M. Abensour 2012a, p. 12.
    175. M. Abensour 2012a, p. 29.
    176. M. Abensour 2012a, Voir dans la Préface datée de 2004 aux pages 27-28, et dans la Préface datée de 2008 aux pages 29-30.
    177. M. Abensour 2012a, Voir l'ensemble du chapitre cinq : « Les quatre caractères de la vraie démocratie » (p. 141-190).
    178. M. Abensour 2012a, p. 191.
    179. M. Abensour 2012a, p. 224.
    180. M. Abensour 2012a, p. 254.
    181. M. Abensour 2012a, Lire l'intégralité de l'article placé en annexe, « Démocratie sauvage et principe d'anarchie » (p. 247-290), pour voir comment M. Abensour articule les concepts "démocratie" et "anarchie".
    182. M. Abensour 2012a, p. 169.
    183. M. Abensour 2012a, p. 27-28.
    184. Pierre Clastres, La Société contre l'État : Recherches d'anthropologie politique, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Reprise », (1re éd. 1974)
      Voir en particulier le chapitre 11 qui donne son titre à l'ouvrage : « La société contre l'État » (p. 161-186).
    185. Robert Maggiori 2017, p. 26.
    186. Jean Birnbaum 2006, p. 15.
    187. Florent Perrier 2017, p. 69 (pagination du PDF) ; §6 en ligne].
    188. Emmanuel Renault et Yves Sintomer (dir.) 2003, Dans l'introduction de cet ouvrage, E. Renault et Y. Sintomer écrivent : « La première réception véritable de l'École de Francfort dans notre pays fut tardive. Elle date des années soixante-dix, où quelques ouvrages furent enfin traduits et où des pionniers comme Miguel Abensour, Gérard Raulet et Jean-Marie Vincent entreprirent de diffuser cette attitude théorique et ce programme de recherche dans un contexte qui leur était largement hermétique » (p. 9-10).
    189. Michaël Fœssel, Stéphane Haber et Jean-François Kervégan 2015, Voici ce que dit Jean-François Kervégan à la page 56 : « la collection "Critique de la politique", créée par Miguel Abensour, a permis à un public excédant le cercle restreint des "spécialistes" d’avoir accès à certains des écrits majeurs d’Adorno, de Horkheimer, et naturellement de Habermas, avec les traductions de l’Espace public (1978) et des essais composant Théorie et pratique (1975) ».
    190. Louis Pinto 2020, Dans cet article s'inscrivant dans la tradition sociologique bourdieusienne, Louis Pinto mobilise la théorie des champs de Pierre Bourdieu afin de montrer que différents médiateurs (traducteurs, éditeurs, critiques, etc.) de l'école de Francfort ont recouru aux auteurs et aux écrits de la Théorie critique pour affirmer et/ou obtenir une place dans le champ académique.
    191. Louis Pinto 2020, p. 144.
    192. Michèle Cohen-Halimi et Sophie Wahnich (dir.) 2018, p. 9, article « Miguel Abensour, mémoire de l'utopie ».
    193. Michèle Cohen-Halimi et Sophie Wahnich (dir.) 2018, p. 8, « Présentation ». Conçu en hommage à M. Abensour, ce n°56 de la revue Lignes réunit des contributions de Antonia Birnbaum, Catherine Chalier, Michèle Cohen-Halimi, Christophe David, Simone Debout-Oleszkiewicz, Michel Enaudeau, Louis Janover, Anne Kupiec, Henri Lonitz, Gilles Moutot, Daniel Payot, Damien Pelosse, Florent Perrier, Monique Rouillé-Boireau, Patrice Vermeren, Sophie Wahnich et Irving Wohlfarth.
    194. Marc Chevrier, Yves Couture et Stéphane Vibert (dir.) 2015, Pour une brève mise en perspective, voir aux pages 9-13 de l'introduction. Outre l'ensemble de l'ouvrage, voir en particulier l'article de Pauline Colonna d’Istria, « Démocratie agonistique et démocratie sauvage. Institutionnaliser le conflit ? », aux pages 257-266.
    195. Martin Delheixe et Fabien Delmotte (dir.) 2019.
    196. Manuel Cervera-Marzal 2013, p. 18-19 : M. Cervera-Marzal préfère le syntagme « démocratie agonistique » introduit par Audric Vitiello.
    197. Michèle Cohen-Halimi et Sophie Whanich (dir.) 2018, p. 108, article « Miguel Abensour, penseur libertaire ».
    198. Martin Delheixe 2019, p. 43.
    199. Audric Vitiello 2008, § 12.
    200. Alice Carabédian, Manuel Cervera-Marzal et Anders Fjeld (dir.) 2016.
    201. Alice Carabédian, Manuel Cervera-Marzal et Anders Fjeld (dir.) 2017.

    BibliographieModifier

      : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

    Études sur Miguel AbensourModifier

    ArticlesModifier

    •  Martin Breaugh, « Critique de la domination, pensée de l’émancipation. Sur la philosophie politique de Miguel Abensour. », Politique et Sociétés, vol. 22, no 3,‎ , p. 45-69 (ISSN 1703-8480, DOI 10.7202/008850ar, lire en ligne, consulté le )
    •  Fabien Delmotte, « Miguel Abensour : repenser l’utopie », La vie des idées,‎ (lire en ligne, consulté le )
    •  Nicolas Poirier, « Miguel Abensour, l’émancipation par l’utopie », La vie des idées,‎ (lire en ligne, consulté le )
    •  Monique Rouillé-Boireau, « Miguel Abensour, penseur libertaire », Lignes, no 56,‎ , p. 103-114 (lire en ligne)
    •  Martin Delheixe, « La démocratie radicale et critique du marxisme. Démocratie, État et conflictualité », Raisons Politiques, no 75,‎ , p. 29-44 (lire en ligne)

    Revues et OuvragesModifier

    •  Anne Kupiec (dir.) et Étienne Tassin (dir.), Critique de la politique : Autour de Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, , 630 p. (ISBN 978-2-84534-130-2)
    •  Manuel Cervera-Marzal, Miguel Abensour : critique de la domination, pensée de l'émancipation, Paris, Sens & Tonka,
    •  Michèle Cohen-Halimi et Sophie Wahnich (dir.), « Miguel Abensour : La sommation utopique », Lignes, no 56,‎ (lire en ligne)
    •  Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier (dir.), Désir d'utopie : Politique et émancipation avec Miguel Abensour, Paris, L'Harmattan, coll. « La philosophie en commun »,
    • Gilles Labelle, L'écart absolu : Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, « Collection Miguel Abensour », 2018
    • Patrice Vermeren, Penser contre : Quatre essais sur la philosophie critique de Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, « Collection Miguel Abensour », 2019.

    Autres sourcesModifier

    ArticlesModifier

    •  Mona Ozouf, « L'utopie, encore et toujours », Le Débat, no 2,‎ , p. 126-134
    •  Miguel Abensour, Jacques Derrida, Daniel Dobbles, Élisabeth de Fontenay, Marie-Louise Mallet et Étienne Tassin, « Conversation autour du Collège international de philosophie », Lignes, no 35,‎ , p. 121-136 (lire en ligne)
    •  Jean Birnbaum, « "Critique de la politique" : chez les maîtres rêveurs », Le Monde,‎ , p. 15 (lire en ligne)
    •  Franck Berthot, « Textures et Libre (1971-1980) : Une tentative de renouvellement de la philosophie politique en France », Les revues et la dynamique des ruptures, Rennes, Presses universitaires de Rennes,‎ , p. 105-129 (lire en ligne, consulté le )
    •  Audric Vitiello, « Démocratie radicale », sur DicoPo (Dictionnaire de théorie politique), (consulté le )
    •  Michaël Fœssel, Stéphane Haber et Jean-François Kervégan, « L'effet Habermas dans la philosophie française », Esprit,‎ , p. 55-68 (lire en ligne)
    •  Robert Maggiori, « Miguel Abensour, fin de l'utopie », Libération,‎ , p. 26 (lire en ligne)
    •  Lucia Sagradini, « Pour Miguel Abensour », Variations [en ligne], no 20,‎ (lire en ligne, consulté le )
    •  Jean Birnbaum, « Miguel Abensour. Philosophe », Le Monde,‎ , p. 14 (lire en ligne)
    •  Manuel Cervera-Marzal et Nicolas Poirier, « Nécrologie – Désir d'utopies. En hommage à Miguel Abensour », Non fiction,‎ (lire en ligne)
    •  Florent Perrier, « Miguel Abensour, l’utopie pour fil rouge », En Attendant Nadeau, no 37,‎ , p. 68-72 (lire en ligne, consulté le )
    •  Anne Kupiec, « Abensour Miguel (1939-2017) », Encyclopædia Universalis [en ligne],‎ (lire en ligne, consulté le )
    •  François Bordes, « Prismes. Théorie critique », La revue des revues, no 60,‎ , p. 113-119 (lire en ligne)
    •  Louis Pinto, « Pour une sociologie des intellectuels de luxe », Savoir/Agir, no 47,‎ , p. 97-107 (lire en ligne)
    •  Louis Pinto, « Le commerce des idées philosophiques : Le cas des médiateurs français de la "théorie critique" de Francfort », Revue européennes de sciences sociales, vol. 58, no 1,‎ , p. 117-147 (lire en ligne)

    Revues et OuvragesModifier

    •  Emmanuel Renault et Yves Sintomer (dir.), Où en est la théorie critique ?, Paris, La Découverte, coll. « Recherches »,
    •  François Dosse, Castoriadis : Une vie, Paris, La Découverte, , 532 p. (ISBN 978-2-7071-7126-9)
    •  Marc Chevrier, Yves Couture et Stéphane Vibert (dir.), Démocratie et modernité : La pensée politique française contemporaine, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Res publica »,
    • Alice Carabédian, Manuel Cervera-Marzal et Anders Fjeld (dir.), « Utopia Nova : La démocratie, radicalement », Tumultes, no 47,‎ (lire en ligne)
    • Alice Carabédian, Manuel Cervera-Marzal et Anders Fjeld (dir.), « Utopia Nova II : La radicalité démocratique », Tumultes, no 49,‎ (lire en ligne)
    • Martin Delheixe et Fabien Delmotte (dir.), « Démocratie radicale : retours critiques », Raisons Politiques, no 75,‎ (lire en ligne)

    Voir aussiModifier

    Articles connexesModifier

    Liens externesModifier