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Praxis (philosophie)

concept philosophique
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La praxis (du grec ancien πράξις, « action ») est un concept philosophique en grec ancien, théorisé par Aristote dans l’Éthique à Nicomaque et la Métaphysique. Chez ce penseur, elle désigne la pratique ou l'action, c'est-à-dire les activités qui ne sont pas seulement contemplatives ou théoriques, mais qui transforment le sujet. De surcroît, la praxis est une activité immanente, qui ne produit aucune œuvre distincte de l'agent. Elle a pour fin l’eupraxie, ce qui la distingue de la poïésis qui est au contraire l’action transitive, distincte de l’acte qui la produit, et qui se réalise dans une œuvre extérieure à l’artiste ou à l’artisan[1].

Chez les GrecsModifier

L'action au sens strict est en opposition au faire, à la fabrication. Aristote distingue la praxis[2] de la poïésis. La praxis a une finalité interne à l'action, non séparable de l'action : « Le fait de bien agir est le but même de l'action. » (Eth. Nic., VI, 5, 1140b5). La poïésis (ou création, ou production) relève de l'instrumentalité et a pour finalité la production d'un bien ou d'un service, c'est-à-dire de quelque chose d'extérieur à l'action de celui qui le fabrique ou le rend.

Au sens d'action sous-tendue par une idée vers un résultat pratique[3], elle désigne l'ensemble des activités humaines susceptibles de transformer les rapports sociaux et/ou de modifier le milieu naturel.

Hannah Arendt, dans Condition de l'homme moderne, commente et reprend le concept aristotélicien de praxis.

Chez les marxistesModifier

Le concept a été largement exploité par les philosophes marxistes.

Chez Antonio Gramsci, la philosophie de la praxis désigne sa propre conception du marxisme opposée au déterminisme économique. Selon les situationnistes, qui rejoignent en cela Antonio Gramsci, la praxis est la pratique qui se reconnaît elle-même par la théorie qui découle de son action.

Chez Sartre, dans sa Critique de la raison dialectique, la praxis désigne le champ de l'activité pratique s'opposant à l'hexis (pratique rigidifiée)[4].

Chez Jean-Marie Vincent et André Gorz, qui se réfèrent à Aristote, au faire instrumental (poiésis) est opposé l'agir (praxis) qui recouvre tous les domaines où le but est l'épanouissement de l'homme : il s'agit de l'action politique mais aussi du travail autonome, des loisirs, de l'activité artistique, éducative, solidaire, etc.[5].

Notes et référencesModifier

  1. Jules Tricot, Aristote, La Politique, Librairie Philosophique Vrin, 2005, note page 36.
  2. http://www.universalis.fr/encyclopedie/pratique-et-praxis/
  3. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Praxis » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  4. Critique de la raison dialectique, tome 1, « Théorie des ensembles pratiques », éditions Gallimard p. 179.
  5. Voir Jean-Marie Vincent, Critique du travail. Le faire et l'agir, Paris, PUF, 1987 ; André Gorz, Métamorphoses du travail, Paris, Galilée, 1988.

BibliographieModifier

Aristote
Marxisme et existentialisme

Articles connexesModifier