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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Manent.
Pierre Manent
Pierre Manent.jpg
Pierre Manent en 2011.
Fonction
Président
Société des amis de Raymond Aron (d)
Biographie
Naissance
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ToulouseVoir et modifier les données sur Wikidata
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Académie pontificale des sciences sociales
Société des amis de Raymond Aron (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Pierre Manent, né en 1949 à Toulouse[1], est un philosophe français.

Professeur de philosophie politique, il est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.

Sommaire

BiographieModifier

Normalien, agrégé de philosophie (hypokhâgne au lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, enseignement de Louis Jugnet), il est depuis 1992[1] directeur d'études à l'EHESS, aujourd'hui au centre de recherches politiques Raymond Aron.

Assistant auprès de Raymond Aron (1905-1983) au Collège de France, il a participé à la création de la revue Commentaire en 1978 et fait toujours partie du comité de rédaction. Il participe alors au séminaire de François Furet, qui constitua la base de la création du centre Raymond Aron. Il y croise notamment Claude Lefort, Cornelius Castoriadis, Pierre Rosanvallon, Marcel Gauchet ou Vincent Descombes[2].

L'essentiel de sa réflexion politique se structure autour de deux questions fondamentales. D'abord, son travail tente de retracer la genèse de la pensée politique moderne. Manent a contribué, dans le cadre du centre Raymond Aron, à un mouvement de redécouverte des grands textes libéraux français (Benjamin Constant, François Guizot et surtout Alexis de Tocqueville[3]).

Après cette interrogation sur la politique, Manent entreprend de comprendre ce qu'est devenu l'homme, ou plutôt de comprendre la disparition de la question de l'homme à l'intérieur de la philosophie moderne et de penser philosophiquement le rapport entre les sciences sociales et la philosophie politique. Influencé à la fois par Aristote, Raymond Aron et Leo Strauss (1899-1973), il tente de faire valoir l'importance de la vie politique dans l'expérience humaine[4].

Dans son ouvrage La Raison des nations, Manent livre ses réflexions sur la construction européenne et l'avenir de la nation, après le rejet français lors du référendum sur l'adoption d'un Traité établissant une Constitution pour l'Europe.

Il a enseigné pendant plusieurs années à l'EHESS le séminaire « La Question des formes politiques » au cours duquel il a étudié les formes de la philosophie politique en Grèce antique, dans la Rome républicaine et impériale et les transformations dues au christianisme (avec l'apport de saint Augustin), ainsi que les problématiques modernes introduites dans les représentations modernes de la vie politique par Machiavel, Montesquieu et Rousseau.

Pierre Manent est revenu sur sa biographie et son parcours intellectuel dans un livre d'entretiens, Le regard politique (Flammarion), publié en 2010.

DistinctionModifier

Le 23 juin 2016, l'Académie française lui décerne le prix du cardinal Lustiger pour l'ensemble de son œuvre[5].

Prises de position et critiquesModifier

S'interrogeant sur la place des citoyens musulmans dans la société française, il avance que « la cristallisation communautaire se confirme plutôt qu’elle ne tend à disparaître[6]. » Il propose un contrat social qui permettrait à ceux-ci de conserver leurs mœurs en échange de quoi ils devraient accepter « une totale liberté de critique et de pensée relative à [leur] religion[7]. »

Pour Gilles Kepel, « dans l'absolu, le raisonnement se tient mais ce n'est guère crédible. » Un clergé musulman partenaire du « deal » n'existe pas. « Le livre de Pierre Manent pêche par méconnaissance du terrain[8]. » Dans Philosophie magazine, Martin Legros affirme en revanche que le livre de Manent a le mérite de rebattre les cartes du problème[9].

Pierre Manent est également critiqué dès le début des années 2000 par Daniel Lindenberg dans son pamphlet controversé Le Rappel à l'ordre (enquête sur les nouveaux réactionnaires)[10]. Par la suite, Lindenberg avouera avoir commis une erreur en incluant Manent dans son essai[11].

En mars 2018, le journal Le Monde lui consacre un portrait "Pierre Manent, grammairien de l'action"[12].

PublicationsModifier

OuvragesModifier

  • Naissances de la politique moderne : Machiavel, Hobbes, Rousseau, Paris, Payot, 1977 ; rééd., Gallimard, "Tel", 2007, 294 pages.
  • Tocqueville et la nature de la démocratie, Paris, Gallimard, 1982 ; rééd. Gallimard, "Tel", 2006, 196 pages.
  • Les Libéraux, 1986, rééd. Gallimard, "Tel", 2001, 896 pages.
  • Histoire intellectuelle du libéralisme : dix leçons, Paris, Fayard, 1987 ; réed. "Pluriel", 1997, 2012, 252 pages.
  • La Cité de l'homme, Paris, Flammarion, 1994, rééd. Flammarion, 2010, 295 pages. EAN 9782081279339.
  • Modern Liberty and Its Discontent, textes édités et traduits par Daniel J. Mahoney et Paul Seaton, Lanham, MD : Rowman and Littlefield, 1998.
  • Cours familier de philosophie politique, Paris, Fayard, coll. L’Esprit de la cité, 2001 ; rééd., Paris, Gallimard, coll. Tel, 2004. 350 pages. Prix Victor-Delbos, 2002.
  • Allan Bloom, L'Amour et l'amitié (traduction), Paris, Fallois, 1996 ; rééd. Paris, Librairie Générale Française, coll. « Le Livre de Poche », 2003.
  • Une éducation sans autorité ni sanction ? avec Alain Renaut et Albert Jacquard, Grasset, 2004.
  • La Raison des nations : Réflexions sur la démocratie en Europe, Gallimard, collection "l'esprit de la cité", 2006, 112 pages (ISBN 2070777340).
  • Ce que peut la littérature (collectif avec Alain Finkielkraut, Mona Ozouf et Suzanne Julliard, Stock, coll. « Les Essais », 2006, 295 p., (ISBN 2-234-05914-3))
  • Enquête sur la démocratie : Études de philosophie politique, Gallimard, 2007, 295 pages. Recueil de nombreux articles.
  • Le regard politique. Entretiens avec Bénédicte Delorme-Montini, Flammarion, 2010, 268 pages.
  • Les métamorphoses de la cité, Paris, Flammarion, 2010, 427 pages (ISBN 2081237504).
  • Montaigne : la vie sans loi, Paris, Flammarion, 2014, 328 pages (ISBN 9782081270428).
  • Situation de la France, Desclée de Brouwer, , 176 p. (ISBN 978-2220077116)
  • La loi naturelle et les droits de l'homme, Paris, PUF, "Chaire Etienne Gilson", 2018, 131 pages.

ArticlesModifier

  • « Les théoriciens de la monarchie : Bodin et Montesquieu », in Les Monarchies, ouvrage édité sous la direction d’Emmanuel Leroy Ladurie, p. 91 à 99, PUF 1986.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Interview de Pierre Manent, page Idées, Le Point, no 1984, 23 septembre 2010
  2. « Pierre Manent, grammairien de l’action », Le Monde des livres, 24 mars 2018.
  3. Cf. Les Libéraux et Tocqueville et la nature de la démocratie.
  4. Cf. La Cité de l'Homme.
  5. « Académie française », sur academie-française.fr, (consulté le 24 juin 2016).
  6. Pierre Manent : «Il faut faciliter l'engagement des musulmans dans l'aventure française», entretien, liberation.fr, 23 octobre 2015
  7. Situation de la France, compte-rendu par Martin Legros, philomag.com.
  8. « La géopolitique de la guerre civile », entretien avec Gilles Kepel, Conflits, no9, avril - mai - juin 2016
  9. « Situation de la France (pour pour tout le monde) • DESCLEE DE BROUWER • L'essai du mois, Pierre Manent, Islam, Contrat social, Musulmans • Philosophie magazine », sur www.philomag.com (consulté le 17 octobre 2018)
  10. Daniel Lindeberg, Le rappel à l'ordre (enquête sur les nouveaux réactionnaires), La république des idées/Le Seuil, 2002.
  11. « Néoréacs : piqûre de «Rappel» », Libération.fr,‎ 20janvier 2016 (lire en ligne)
  12. « Pierre Manent, grammairien de l’action », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Rémy Rieffel, « manent (Pierre) », dans Jacques Julliard et Michel Winock (dir.), Dictionnaire des intellectuels français : les personnes, les lieux, les moments, Paris, Le Seuil, (ISBN 978-2-02-099205-3), p. 899-900.
  • Giulio De Ligio, Jean-Vincent Holeindre, Daniel J. Mahoney (dir.), La Politique et l'âme. Autour de Pierre Manent, CNRS éditions, Paris 2014
  • Emmanuel Fournier, « Pierre Manent découvre l'Occident », L'Histoire, no 360, p. 18-19, janvier 2011 (lien)
  • Compte-rendu par Blaise Bachofen de l'ouvrage Les Métamorphoses de la Cité, sur le site de La Vie des idées
  • Compte rendu par Tanguy Wuillème, « Pierre Manent, Les Métamorphoses de la Cité. Essai sur la dynamique de l’Occident », dans la revue Questions de communication, 19 - 2011
  • « Essai général sur Les Métamorphoses de la Cité » par Jean-Pierre Delange, sur le site Phronesis

Articles connexesModifier

Liens externesModifier