Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Laure Adler

journaliste, écrivaine, éditrice et productrice de radio française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Adler.

Laure Adler, née Laure Clauzet le à Caen, est une journaliste, biographe, essayiste, éditrice et productrice de télévision française.

Laure Adler
Image illustrative de l'article Laure Adler
Laure Adler au salon du livre de Paris, en 2012.

Nom de naissance Laure Clauzet
Naissance (67 ans)
Caen (Calvados)
Nationalité France
Profession journaliste, éditeur, écrivain, directeur de collection, animateur de radio, producteur de radio, biographe

Sommaire

Parcours professionnelModifier

Fille d'un ingénieur agronome, Laure Clauzet grandit en Côte d'Ivoire à Abidjan jusqu'à ses 17 ans et passe son baccalauréat en France. Elle arrive en France en 1967.

Après avoir obtenu une maîtrise de philosophie et un doctorat en histoire en soutenant une thèse d'histoire consacrée aux féministes du XIXe siècle sous la direction de Jean-Paul Aron, elle entre à la chaîne de radio publique France Culture en 1974.

Elle participe régulièrement à l'émission de Michel Polac, Droit de réponse, entre 1981 et 1987.

En 1989, François Mitterrand l'appelle comme conseillère à la culture.

Elle aborde la télévision en 1993 en reprenant pour France 2 l'émission nocturne de débats culturels créée par Michel Field, Le Cercle de minuit, pendant quatre ans.

À partir de 1995, elle est membre du jury du prix de l'écrit intime[1].

En 1997, après avoir collaboré avec les éditions Payot, Denoël et Plon, elle intègre la maison Grasset, en tant que responsable des essais et documents[2].

En 1998, elle publie une biographie de Marguerite Duras. Alain Vircondelet dénonce alors une « escroquerie intellectuelle » et l'accuse d'avoir « cannibalisé » son travail ainsi que celui d'autres écrivains ou journalistes comme Christine Blot-Labarrère sans références ou citations. Bien que les accusations de Vircondelet fussent totalement ignorées, ces références et citations seront rétablies par Gallimard à partir de l'édition de poche[3],[4].

La même année, elle devient directrice de la collection « Partage du savoir », aux Presses universitaires de France[5].

En janvier 1999, elle est nommée directrice de France Culture, poste dont David Kessler a pris la succession en septembre 2005. Au cours de cette période, elle remanie en profondeur l'image et la programmation de la chaîne, choix contestés par des associations d’auditeurs[6],[7] et certains des journalistes[8] et producteurs de la chaîne[9]. Durant ces années 1999-2005, en moyenne et selon Médiamétrie, l'audience journalière augmente plus que significativement mais la durée d'écoute diminue. Sa gestion a été perçue comme étant dirigiste[10]. Les critiques de son action à la tête de France Culture ont également porté sur la place faite à l'actualité. Laure Adler garde un souvenir douloureux de cette période à France Culture, parlant à ce sujet de violences physiques exercées sur elle[9].

Elle participe toujours à l'émission À voix nue. Celle-ci consiste en une interview très pointue d’une personnalité intellectuelle, artistique ou politique marquante. La diversité des personnalités invitées est garantie par un système de producteurs tournants, ce qui permet notamment de réserver quelques entretiens avec des personnalités peu présentes dans les médias[11],[12]. Selon Acrimed, Laure Adler met en place en 2005, avant son départ de la direction de France Culture, une nouvelle organisation où elle devient la seule productrice de l'émission, l'une des plus prestigieuses et les mieux rémunérées de la chaîne[13],[11].

Elle anime sur Arte entre 2004 et 2006 l'émission mensuelle d'entretiens Permis de penser[14],[15].

En décembre 2005, elle quitte la direction de France Culture pour rejoindre le groupe La Martinière et prendre la direction du secteur Littérature et Documents des éditions du Seuil, fonction dont elle est licenciée en 2006, suite à un conflit de personnalités, selon Le Temps[16]. D'après Le Monde, elle est en désaccord avec Denis Jeambar, le nouveau PDG du Seuil, sur la réorganisation interne, et avait même déjà donné sa démission, refusée, quelques semaines auparavant, car elle ne croyait pas à un fonctionnement structuré en quatre pôles (littérature, sciences humaines, poches, images). Par ailleurs, une partie des éditeurs de la maison reprochent à Laure Adler une activité "brouillonne et désordonnée"[17].

En mars 2007, elle a signé avec 150 intellectuels un texte appelant à voter pour Ségolène Royal, « contre une droite d'arrogance », pour « une gauche d'espérance[18] ».

Toujours en 2007, elle intente un procès au responsable d'une association d'auditeurs de France Culture, Antoine Lubrina, pour un slogan qu'elle trouve injurieux : « Vivre et penser comme des porcs. ». Antoine Lubrina estime que les programmes de France Culture se sont dégradés, afin d'accroître l'audience. Sous Laure Adler, cette audience est passée de 400 000 à 600 000, ce à quoi répond Antoine Lubrina : « si l’opéra faisait venir Sylvie Vartan et Johnny Hallyday, le public serait plus nombreux, mais ce ne serait pas sa mission ». À la barre, Laure Adler affirme avoir été harcelée par les membres de l'association pendant qu'elle était à la tête de la chaîne[19],[20]. Puis, finalement, Laure Adler retire sa plainte[21].

En 2008, elle donne des cours d'histoire des femmes et du féminisme à l'Institut d'études politiques de Paris.

Selon l'OJIM, Laure Adler « collectionne [...] les très hautes et prestigieuses responsabilités »[9]: elle présente Studio Théâtre sur France Inter et anime depuis plusieurs années l'émission littéraire Tropismes sur France Ô, et Hors-Champs sur France Culture. Hors-Champs a pour générique d'entrée le morceau instrumental de piano Dot écrit et joué par le musicien Chilly Gonzales sur son album Solo Piano sorti en 2004. Elle est membre du Conseil d'Orientation du think tank En Temps Réel[22], membre du Conseil d'administration du Théâtre de la Ville à Paris ainsi que de l'Université d'Avignon et des pays de Vaucluse et membre du conseil de surveillance du quotidien Le Monde.

Elle anime, avec Bruno Racine, l'émission Le Cercle de la BNF, en collaboration avec Le Magazine littéraire[23] et fait partie, à partir de 2009, du jury du prix de la BnF. En 2009, elle participe à la Commission Culture et Université présidée par Emmanuel Ethis.

En février 2016, croyant à un canular téléphonique, elle décline la proposition de François Hollande — via Robert Zarader — de devenir ministre de la Culture[24].

Fin août 2012 commence « l'affaire Millet », l'écrivain Richard Millet ayant publié un pamphlet provocateur Éloge littéraire d'Anders Breivik, un tueur de masse norvégien. Laure Adler déclare : « faire d'un tueur en série un héros de notre temps est très grave. », et elle parle de « dérive idéologique ». Elle appelle Gallimard à licencier Richard Millet[25],[9].

À partir de la rentrée 2015, elle anime l'émission Permis de penser sur France Inter, qui consiste en un débat contradictoire entre deux intellectuels sur un sujet d'actualité, et où peuvent être abordés des thèmes de géopolitique, de philosophie, de morale et de diplomatie. Selon Telerama, cette émission représente pour Laure Adler un retour au débat politique, et permet de faire entendre « des singularités de pensée », par exemple sur les changements diplomatiques de la France par rapport au régime syrien, ou bien en organisant un débat sur les « questions de crise migratoire et de montée des populismes sur le Vieux Continent »[26].

Depuis le , elle anime sur France Inter l'émission L'Heure bleue occupant la tranche 20h00-21h00, diffusée le plus généralement en direct. Elle y invite pour dialoguer avec elle « des artistes, écrivains, chanteurs ou encore philosophes comme elle l'a toujours fait » selon Télérama, à la télévision auparavant, et dans Hors-champs, sur France Culture[27].

Vie privéeModifier

En 1968, dans un kibboutz, elle rencontre l'ethnologue Alfred Adler, marié et père d'un fils. Il devient son premier mari. Elle gardera ce nom pour sa vie publique après leur divorce.

En 1970, elle donne naissance à un premier enfant. En 1985, son deuxième enfant, Rémi, meurt de maladie à 9 mois, sujet auquel elle consacre un livre chez Gallimard (À ce soir). Elle donne ensuite naissance à deux filles, Léa et Paloma.

Elle est mariée au producteur de France Culture, Alain Veinstein.

ŒuvresModifier

BiographiesModifier

EssaisModifier

  • 1979 : À l'aube du féminisme : les premières journalistes, Payot.
  • 1981 : Misérable et glorieuse. La femme au XIXe siècle, sous la direction de Jean-Paul Aron, Fayard.
  • 1983 : Secrets d'alcôve : une histoire du couple de 1830 à 1930, Hachette Littératures.
  • 1987 : Avignon : 40 ans de festival, avec Alain Veinstein, Hachette.
  • 1990 : La Vie quotidienne dans les maisons closes de 1830 à 1930, Hachette.
  • 1994 : Les Femmes politiques, Le Seuil.
  • 2006 : Les Femmes qui lisent sont dangereuses, avec Stefan Bollmann, Flammarion.
  • 2007 : Les Femmes qui écrivent vivent dangereusement, avec Stefan Bollmann, Flammarion.
  • 2008 : Femmes hors du voile, photographies d'Isabelle Eshraghi, éditions du Chêne.
  • 2009 : Les Femmes qui aiment sont dangereuses, avec Elisa Lécosse, Flammarion.
  • 2010 : La Beauté des nuits du monde de Marguerite Duras, textes choisis et présentés par Laure Adler, éditions La Quinzaine littéraire, coll. « Voyager avec ».
  • 2011 : Les Femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses, avec Stefan Bollmann, Flammarion.
  • 2011 : Manifeste féministe, éd. Autrement.
  • 2012 : Le Bruit du monde, éditions Universitaires d'Avignon.
  • 2013 : La Vie quotidienne dans les maisons closes, éditions Fayard.
  • 2016 : Tous les soirs, éditions Actes Sud.

RécitsModifier

RomanModifier

  • 2013 : Immortelles, Grasset.

EntretiensModifier

PréfacesModifier

ParticipationsModifier

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Anne Coudreuse et Françoise Simonet-Tenant (dir.), Pour une histoire de l'intime et de ses variations, Paris, L'Harmattan, 2009, p. 7.
  2. Portrait de Laure Adler, France Culture, consulté le 7 septembre 2011.
  3. « Dévastatrices, les rumeurs de plagiat », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  4. Emmanuel Lemieux, Lire, 1er novembre 2002
  5. (fr) « Notice de la collection « Partage du savoir » », sur Catalogue BnF (consulté le 5 juillet 2011)
  6. sosfranceculture.free.fr
  7. ddfc.free.fr
  8. « Lettre ouverte sur la direction de France Culture », Acrimed | Action Critique Médias,‎ (lire en ligne)
  9. a, b, c et d « Laure Adler - Ojim.fr », Ojim.fr,‎ (lire en ligne)
  10. Lettre ouverte sur la direction de France Culture, présenté comme « un texte de personnels de la station », acrimed.org, 8 septembre 2002
  11. a et b « Laure Adler programme Laure Adler, se célèbre et célèbre son successeur », Acrimed | Action Critique Médias,‎ (lire en ligne)
  12. Jeambar et Pécuchette, Didier Jacob, didier-jacob.blogs.nouvelobs, 14 décembre 2006
  13. « « OPA de Laure Adler sur les chaînes de Radio France » (SNRT-CGT) », Acrimed | Action Critique Médias,‎ (lire en ligne)
  14. « Biographie et actualités de Laure Adler France Inter », sur France Inter (consulté le 30 juillet 2017)
  15. « Laure Adler », sur Acrimed | Action Critique Médias (consulté le 30 juillet 2017)
  16. « Laure Adler mise à la porte », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  17. Alain Beuve-Méry, « Laure Adler contrainte de quitter Le Seuil », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  18. « Avant qu'il ne soit trop tard », Le Nouvel Observateur, .
  19. « Laure Adler en procès contre un auditeur de France Culture | Rue89 », (consulté le 26 juillet 2017)
  20. « Laure Adler ne goûte pas la caricature », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  21. « Caricature : Laure Adler retire sa plainte contre l'auditeur de France Culture », Acrimed | Action Critique Médias,‎ (lire en ligne)
  22. Site de l'association En Temps Réel
  23. Fiche et archives de l'émission sur le site de la Bibliothèque nationale de France.
  24. Julien Absalon, « Remaniement ministériel : la journaliste Laure Adler a refusé le ministère de la Culture car elle croyait à un canular », sur http://www.rtl.fr/, (consulté le 25 février 2016).
  25. « Richard Millet va-t-il devoir quitter Gallimard? », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  26. « France Inter : Laure Adler renoue avec le débat politique », Télérama,‎ (lire en ligne)
  27. « Laure Adler, figure libre de “L'heure bleue” », Télérama,‎ (lire en ligne)
  28. Décret du 31/12/2015

Pour compléterModifier