République de Florence

République de Florence
Repubblica Fiorentina

11151569

Drapeau Blason
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La république de Florence en 1494.
Informations générales
Statut République oligarchique (1115-1494 ; 1498-1532)
Théocratie (1494-1498)
Capitale Florence
Langue Toscan, italien, latin
Religion Catholicisme romain
Monnaie Florin
Gouvernement Seigneurie de Florence
Siège Palazzo Vecchio
Démographie
Population environ 100 000 habitants[Quand ?]
Gentilé Florentin
Histoire et événements
1115 Florence se constitue en commune
1378 Révolte des Ciompi
1406 Annexion de la république de Pise par Florence
1434-1494 Prise de pouvoir par Côme de Médicis puis maintien de sa famille ; éclosion de la Renaissance florentine
1494-1498 République théocratique du moine Savonarole
1512-1527 Retour au pouvoir des Médicis
1532 Alexandre de Médicis est proclamé duc de Florence

Entités suivantes :

La république de Florence, aussi connue sous le nom de République florentine, est un ancien État italien, prenant place autour de la ville de Florence en Toscane. Fondée après la révolte du peuple contre la marche de Toscane après la mort de Mathilde de Toscane, en 1115, la Commune est dirigée par la seigneurie de Florence, mais est régulièrement confrontée aux guerres d'influences entre les différentes factions, clans et familles florentines cherchant à prendre le pouvoir sur la cité.

La notion de « république de Florence » concerne plusieurs périodes distinctes de gouvernement républicain à Florence, en Italie, commençant en 1115 et s'achevant en 1569[Lien à corriger], lors de la création du Grand-duché de Toscane.

HistoireModifier

La Commune de Florence (1115-1434)Modifier

 
Carte de l'Italie et des côtes illyriennes en 1084.

La première période s'étale approximativement de 1115, année où la cité se constitue en commune, jusqu'en 1434, année où Cosme l'Ancien, fondateur de la maison de Médicis, assied son pouvoir effectif sur la cité, la transformant en seigneurie sans toutefois abolir formellement les institutions communales.

La lutte entre les guelfes et les gibelinsModifier

La Florence des banques : l'affirmation européenneModifier

 
Carte de la péninsule italienne en 1402.
  • République de Florence

L'arrivée des Médicis au pouvoir : de Côme l'Ancien à Pierre II (1434-1494)Modifier

la crise de la République et l'arrivée au pouvoir de Côme l'AncienModifier

Les grandes familles florentines ont, de tout temps, exercé un pouvoir d'influence sur la cité. Depuis 1381, ce sont les Albizzi qui maîtrisent les institutions florentines.

Leurs guerres contre le Milan, fief des Visconti d'une part et la République de Lucques d'autre part, indisposent les grands bourgeois florentins qui subissent les emprunts forcés de la Seigneurie. À la tête de ces bourgeois s'impose Jean de Bicci, banquier de la famille Médicis et troisième plus grand imposable de la ville en 1427. À sa mort en 1429, son fils Cosme l'Ancien hérite de sa fortune (estimée à 180 000 florins[1]). À son tour, les grands aristocrates se rangent derrière lui.

La même année est créé un comité des Dix pour diriger les opérations militaires de la république contre Lucques. Cosme et son frère Laurent y siègent.

Les défaites face au condottiere de Milan Niccolò Piccinino et la contre-offensive de Lucques entraînent la signature de la paix de Ferrare en 1433 par Cosme de Médicis et Palla Strozzi. Florence frôle la banqueroute, et l'opposition des bourgeois se durcit contre la politique de la seigneurie.

Le renouvellement des membres de la Seigneurie la même année donne la majorité au parti de Rinaldo Albizzi, qui forme un comité extraordinaire, la balie, chargée d'empêcher l'accession des Médicis au pouvoir. Elle déclare alors l'arrestation de Cosme de Médicis et l'exil de sa famille hors de Florence. Cosme et sa famille fuient alors à Venise.

Cependant, la pression populaire oblige Rinaldo à rétablir les anciennes modalités de tirage au sort en . La nouvelle Seigneurie rappelle alors les Médicis et Cosme, qui inaugure une période de pouvoir princier exercé avec ses partisans sur la ville, et ce jusqu'à sa mort en 1464.

Le nouvel ordre des MédicisModifier

Pour exercer le pouvoir sur Florence, Cosme utilise lui aussi le système des balies, où siègent ses partisans, et qui empêchent tout opposant de parvenir au pouvoir. Les ennemis des Médicis (dont les Albizzi) sont bannis hors de la ville pour dix ans.

La reprise des hostilités avec le Milan de Fillipo Maria Visconti en 1438 permet l'institution d'une nouvelle balie pour trois ans. Celle-ci concentre tous les pouvoirs et remplace les deux conseils de la Seigneurie : elle assure la tranquillité intérieure et permet aux florentins de remporter à l'extérieur la victoire sur Milan en 1440 à Anghiari.

Alors que le régime tendait à se libéraliser (la balie est remplacée par un comité de 121 membres de large recrutement[2]), le retour des opposants en 1444 et leurs velléités déstabilisatrices pousse Cosme à faire proclamer par le comité un nouvel exil de dix ans. Les partisans des Médicis sont encore, de fait, les seuls à siéger.

À la stabilité intérieure rétablie s'ajoute la stabilité extérieure : Cosme signe une alliance avec le nouveau duc de Milan Francesco Sforza en 1450, puis adhère à la paix de Lodi en 1455.

La stabilisation des Médicis au sein de la ligue Italienne : de Pierre le Goutteux à Laurent le MagnifiqueModifier

La dictature théocratique de Savonarole (1494-1498)Modifier

La seconde période commence en 1494, année où les Florentins chassèrent Pierre II de Médicis, accusé d'avoir cédé aux exigences du roi de France Charles VIII. La république instaurée à Florence en 1494 après la chute du régime médicéen fut inspirée par le frère dominicain Savonarole (1452-1498) qui, depuis la mort de Laurent le Magnifique en 1492, édifiait la cité par ses prêches. Le roi de France, parti à la reconquête du royaume de Naples perdu par René d'Anjou, voulait amputer le Duché de Florence des cités de Pise, Sarzana et Livourne. Une révolte populaire, hostile au duc en place, instaura cette république.

Un retour à la république ? (1498-1512)Modifier

La République qui perdait son essence et son éthique politique, survécut jusqu'à la fin de 1512, quand Laurent II de Médicis, fils de Pierre II et petit-fils de Laurent le Magnifique, put rentrer dans Florence grâce au soutien du pape Jules II et de la Sainte Ligue : une armée espagnole, commandée par Raimond de Cardona, envahit le Mugello et mit à sac d'horrible façon Prato et Campi Bisenzio. Devant ces dévastations, les Florentins reculèrent et acceptèrent le retour des Médicis.

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Une seconde période médicéenne (1512-1527)Modifier

Derniers soubresauts républicains (1527-1532)Modifier

Le troisième gouvernement républicain commença le à la suite d'une très grave crise née des conflits entre le pape Clément VII (Jules de Médicis) et l'empereur Charles Quint, qui se termina par le sac de Rome (1527). Clément VII, enfermé dans le château Saint-Ange, parvient à s'enfuir, déguisé en simple moine.

À Florence, au moment où la nouvelle de la chute de la Ville sainte arriva, le peuple profita de ce moment pour chasser les Médicis et restaurer la République. Le nouveau gouvernement se rangea aux côtés des Français dans leur guerre contre la ligue de Cognac. Mais les défaites françaises au siège de Naples et lors de la bataille de Landriano en 1529 contraignirent François Ier à signer la paix de Cambrai avec Charles Quint.

Lorsque le pape Clément VII et la république de Venise firent la paix à leur tour avec l'empereur, Florence se retrouva isolée. Charles Quint, voulant se concilier la faveur du pape, ordonna à ses armées de s'emparer de Florence pour y rétablir un Médicis, c'est-à-dire un parent du souverain pontife.

Le siège de Florence, qui débuta à l'automne 1529, est l'un des ultimes épisodes des guerres de la ligue de Cognac. Le condottiere Francesco Ferrucci et Michel-Ange, entre autres, contribuèrent à la défense de la cité. Une armée considérable du Saint-Empire romain germanique et d'Espagne commandée par Philibert de Chalon, prince d'Orange, avait encerclé la ville, et, après un siège de près de dix mois, s'en empara, renversant la République florentine pour mettre sur le trône Alexandre de Médicis en tant que duc de Florence dès 1532.

La chute de la République fut suivie de la reprise de la dynastie médicéenne avec Alexandre de Médicis, fils illégitime de Laurent II ou, comme on le suppose[3], du pape Clément VII.

Les ducs de la Républica de FlorenceModifier

En 1532 Clément VII (souverain des États pontificaux et de Florence et le pape de l'Église catholique romaine) nomma son fils illégitime Alexandre de Médicis[4] premier duc de la République de Florence.

Florence avait été sous contrôle officieux des Médicis depuis 1434. La défaite de la République florentine, soutenue par les États pontificaux et par la république de Venise face au Saint-Empire romain germanique dans la septième guerre d'Italie, permit aux Médicis d'étendre leur pouvoir.

Alexandre de Médicis est duc de la République de Florence jusqu'à son assassinat en 1537 par Lorenzino[5]. Cosme de Médicis, cousin d'Alexandre, est choisi par les autorités florentines pour successeur. Celui-ci entreprend le développement d'une puissante marine de guerre et augmente les territoires du duché, avec l'annexion de la république de Sienne après la défaite de cette dernière lors la bataille de Marciano en 1554. Cosme est élevé au statut de Grand-duc de Toscane en 1569 par le pape, mettant fin officieusement au duché de Florence pour laisser place au grand-duché de Toscane, et qui étend sa souveraineté sur l'ensemble de la Toscane, de Florence à Lucques.


Notes et référencesModifier

  1. Ivan Cloulas, L'Italie de la Renaissance, Un monde en mutation (1378-1494), Page 44
  2. Ivan Cloulas, L'Italie de la Renaissance, Un monde en mutation (1378-1494), Page 47
  3. Brucker 1998, p. 252.
  4. Certains historiens[Lesquels ?] suggèrent qu'il était en réalité le fils de Laurent II de Médicis.
  5. (en) History of the Medici, consulté le 7 janvier 2012.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • G. Brucker, Florence: The Golden Age, 1138-1737, Berkeley CA, University of California Press, (ISBN 0-520-21522-2).

Articles connexesModifier