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Le Conquet

commune française du département du Finistère

Le Conquet
Le Conquet
La Ria vue du quai du Drellach.
Blason de Le Conquet
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Saint-Renan
Intercommunalité Pays d'Iroise
Maire
Mandat
Xavier Jean
2014-2020
Code postal 29217
Code commune 29040
Démographie
Gentilé Conquétois
Population
municipale
2 678 hab. (2016 en diminution de 0,37 % par rapport à 2011)
Densité 317 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 31″ nord, 4° 46′ 14″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 51 m
Superficie 8,45 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.leconquet.fr

Le Conquet [lə kɔ̃kε] (en breton : Konk-Leon) est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne.

C'est (après Plouarzel en raison de la Pointe de Corsen), la commune la plus occidentale de France continentale. En France métropolitaine, seules trois communes insulaires - Ouessant, Île-Molène et Île-de-Sein - sont plus à l'ouest.

GéographieModifier

SituationModifier

 
Carte de la commune du Conquet.
 
Le Conquet et son port vus de la presqu'île de Kermorvan.

Le Conquet est situé au nord de la Pointe Saint-Mathieu (qui se trouve dans la commune de Plougonvelin) et est en bordure de l'Océan Atlantique et du Chenal du Four. Elle fait partie du Parc naturel marin d'Iroise.

Le littoralModifier

Son littoral est formé de quatre parties bien distinctes : du nord au sud, la plage des Blancs-Sablons, la presqu'île de Kermorvan, la ria du Conquet (y compris le port) et la partie allant de la Pointe Sainte-Barbe en direction de la Pointe Saint-Mathieu, qui inclut notamment la Pointe des Renards et la Pointe de Penzer, ainsi que la plage et ancien port romain de Porz Liogan.

La plage des Blancs-Sablons, longue de 2,5 km à marée basse et exposée au nord-ouest est en pente douce vers la mer. Elle est limitée par le fort de l'Ilette côté sud-ouest et par le petit port d'Illien côté Ploumoguer. Elle contient d'importantes quantités de sable déposées là par le vent depuis la fin de l'Âge du fer et est bordée de dunes fossiles qui culminent à près de 30 mètres d'altitude[1]. Dominant la plage, en son centre, se trouve le fort Saint-Louis, utilisé par des colonies de vacances puis par les scouts qui ont laissé quelques peintures sur les vitres de certaines salles[2]. Elle est fréquentée par les familles, notamment brestoises[3]. Exposée au vent, elle constitue aussi un excellent spot de surf.

 
La plage des Blancs-Sablons vue de la presqu'île de Kermorvan.

La presqu'île de Kermorvan, reliée par un isthme très étroit au continent, a un relief assez accidenté (elle cumine à 30 mètres d'altitude) et possède une allée couverte et un cromlech en partie détruits ; elle contient le fort de l'Îlette, situé sur un îlot accessible seulement à marée basse[4]. À la pointe de Kermorvan se trouvent le phare de Kermorvan et de nombreux blockhaus, ainsi que la plage de Porz Pabu.

 
La ria du Conquet à marée basse vue depuis la presqu'île de Kermorvan.

La ria du Conquet abrite dans sa partie ouest le port du Conquet ; sa partie amont découvre à marée basse une immense étendue de plantes halophiles (slikke et schorre), notamment la salicorne, entrecoupée de nombreux étiers ; à marée haute elle est recouverte par la mer. C'est un refuge pour de nombreuses espèces d'oiseaux[5].

La partie sud du littoral du Conquet présente une alternance de pointes (pointe Sainte-Barbe, pointe des Renards[6], pointe de Penzer) formées de falaises pouvant atteindre un peu plus d'une trentaine de mètres d'altitude et de petites plages ou grèves, toutes exposées à l'ouest (plage de Portez, plage de Porz Liogan, Grève bleue, plage du Goazel).

Le littoral entre la Pointe Sainte-Barbe et la Pointe de Penzer

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En plus de son territoire sur le continent, ces îles de l'archipel de Molène sont également rattachées à la commune du Conquet :

 
L'archipel de Molène (dont plusieurs îles appartiennent à la commune du Conquet).

Le Phare des Pierres Noires est aussi rattaché à la commune du Conquet.

Après les marées à fort coefficient, l’association Ar Viltansoù nettoie chaque mois le littoral de la commune du Conquet[7].

Voies de communication et transportsModifier

 
Le bateau Fromveur quittant le port du Conquet.

Voies routièresModifier

La ville du Conquet est desservie par la D 789 (ancienne RN 789 déclassée) venant de Brest, via Plougonvelin, par la D67 venant de Saint-Renan ainsi que la D 85 venant de la pointe de Saint-Mathieu (Plougonvelin).

Transports en communModifier

La ville du Conquet est desservie par la ligne 11 (Brest, Plouzané, Locmaria-Plouzané, Le Conquet) des Cars de l'Élorn.

Transport maritimeModifier

Le port du Conquet est desservi par la Compagnie Penn-ar-Bed qui assure des liaisons avec Ouessant et l’archipel de Molène durant toute l'année, et durant la saison d'avril à septembre, par la compagnie Finist'mer qui assure des liaisons rapides et directes entre les ports du Conquet et de Lanildut, et les îles de Molène et de Ouessant.

Le port du ConquetModifier

Benjamin Girard décrit en 1889 le port du Conquet :

« Le port est situé sur le Chenal du Four, à peu de distance de la pointe la plus occidentale du Finistère [la Pointe de Corsen] ; il consiste en un estuaire de 2 km environ de longueur, qui s'ouvre à l'ouest-sud-ouest sur 400 mètres de largeur, entre la pointe Sainte-Barbe au sud et la presqu'île de Kermorvan au nord. Cette presqu'île sépare le port du Conquet de la grande baie (...) des Blancs-Sablons. À 400 mètres de l'embouchure, on a construit en 1876 un môle de 94 mètres de longueur, en arrière duquel se trouve le port proprement dit, la partie antérieure constituant une sorte d'avant-port. L'entrée en est éclairée par le phare placé sur la pointe de Kermorvan, à l'ouest. L'anse (en fait la ria) du Conquet assèche marée basse] sur presque toute son étendue, mais on trouve à l'entrée, vis-à-vis de la pointe Sainte-Barbe, des fonds de 3 à 4 mètres de profondeur au-dessous des plus basses mers. Divers écueils sont à redouter, dans la voisinage du port, qui est bien abrité par le môle susdit, et dont l'entrée est en général facile ; mais il n'en est pas de même de l'avant-port, ouvert à la lame de l'ouest et qui est intenable par (...) gros temps (...). On y trouve une profondeur de 7 mètres aux pleines mers de vive eau. Le Conquet possède une station de canot de sauvetage et une station de pilotage que le voisinage de l'archipel d'Ouessant et du passage du Four rendent importantes. La première a été établie en 1867[8]. »

 
Une vague dans le port du Conquet.

Cette description reste en grande partie valable de nos jours, même si une jetée et un quai ont été construits depuis dans l'avant-port, qui reste mal protégé par gros temps et vent d'ouest.

Le phare de Kermorvan[9] et la tourelle de la Grande Vinotière[10] contribuent à sécuriser les abords du port du Conquet. Les tempêtes y sont un spectacle impressionnant[11] et le port peut alors être très dangereux d'accès

En 2019 « 25 navires y pratiquent la pêche au filet et au casier. 200 unités de plaisance s'y abritent et pas moins de 200 000 personnes transitent chaque année pour embarquer et débarquer de Molène et Ouessant »[12]. Si l'on y ajoute les ligneurs, Le Conquet compte une quarantaine de bateaux de pêche ; c'est même le second port français pour la pêche aux tourteaux[13].

La ville du ConquetModifier

Le Conquet a conservé de nombreuses maisons de marins armateurs construites entre le XVe siècle et le XVIIe siècle, surnommées "maisons anglaises" car construites pour la plupart après les destructions subies en 1558 ; la plus connue est la "Maison des Anglais" ou "Castel Coz" 'elle date du XVe siècle), située rampe Lombard[14], mais aussi la "Maison du Lion d'Or", la "maison Poncelin", plus connue sous le nom de "maison des Seigneurs"[15], etc.[16]. Le quai du Drellac'h et la corniche du Drellac'h ont aussi conservé quelques demeures furent construites par des bourgeois, négociants ou armateurs, aux époques les plus prospères du commerce maritime du Conquet[17].

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Une étude commandée par la ville a montré l'intérêt majeur à préserver et à valoriser, le patrimoine maritime bâti du Conquet[18].

L'intérieur de la communeModifier

Les altitudes varient entre 47 mètres (à la limite est du finage communal) et le niveau de la mer ; le relief est assez accidenté : trois lignes de hauteurs, l'une au nord de la ria (43 mètres d'altitude près de Pen ar Valy) les autres au sud de celle-ci (45 mètres d'altitude près du château d'eau et 41 mètres près de la plage de Portez pour celle qui traverse la partie centrale du territoire communal ; 46 mètres à l'est de Lochrist pour la plus méridionale) alternent avec les vallées des minuscules fleuves côtiers et de la ria du Conquet.

La partie rurale de la commune a un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de fermes isolées et de quelques hameaux (le principal étant l'ancien bourg de Lochrist). Elle est en partie grignotée par la périurbanisation à la périphérie de la ville du Conquet. Une rurbanisation de type balnéaire est sensible principalement en arrière de la plage des Blancs-Sablons, notamment aux alentours de Pen ar Valy, et, à un degré moindre, entre Lochrist et la plage de Porz Liogan.

ToponymieModifier

Du fait de l'importance de cet abri pour le commerce maritime depuis au moins le Moyen Âge, le nom du lieu est attesté de nombreuses fois dans ses formes anciennes et dans différentes langues[19] :

  • en français :
    • « Conket » en 1319 et en 1379 ;
    • « Conquet » en 1355, 1397, 1405, 1407 et 1588 ;
    • « Conq » en 1447 ;
    • « Le Conquest » en 1513, 1544, 1624, 1625 et 1648 ;
    • « Le Concquet » en 1540 ;
    • « Le Conquet » en 1544, 1625 et 1693. Cette forme est reprise par la plupart des documents postérieurs à 1693.
    • « Concguet » en 1616 ;
    • « Concguest » en 1673
  • en breton : « Konk Leon ».
  • en espagnol : « Conquest » en 1341 ;
  • en néerlandais : « Konket » en 1420.

Le nom est formé sur le radical « conq » provenant du latin concha qui a donné en breton konk et en français « conche, conque », avec le sens de « baie, havre, anse », le toponyme qualifiant des ports dont l'anse abritée était une garantie de protection pour les navires[20]. Ce terme est peut-être d'origine celtique compte tenu de sa présence en gaélique irlandais sous la forme Cong avec le sens de « goulet, détroit ». La forme conservée dans les textes comporte le suffixe diminutif « -et » depuis le Moyen Âge, et est précédée de l'article défini depuis le XVIe siècle[19].

Le nom breton du Conquet est Konk-Leon. Le deuxième élément de la forme bretonne est Leon, qui est le nom de la région historique où se situe le lieu : le pays de Léon. Leon découle du latin Legiones « légion », ce qui peut être mis en rapport avec la légion romaine basée dans la région au Bas-Empire romain. La première mention du nom « Leon » ne date que de 884 (vita de saint Paul-Aurélien), mais pourrait être plus ancienne, l'évêché de Léon ayant été fondé vers le VIe siècle. L'ajout de Leon à la suite de Konk permet de le distinguer de celui existant en Cornouaille, à savoir Konk-Kerne, « Concarneau ». Il est à noter que les habitants brittophones du Conquet et des alentours n'emploient généralement que la forme courte Konk à l'oral, car il n'en existe qu'un seul à proximité. Toute confusion avec Konk-Kerne/Concarneau, situé à plus de 100 km, ne peut en effet se produire. À l'oral, le nom peut aussi être précédé de l'article Ar ce qui provoque la mutation du K en C'h : Ar C'honk. Cette forme résulte sans doute de l'adaptation assez récente en breton de l'article défini existant dans la forme française « Le Conquet »[19].

HistoireModifier

Étymologie et originesModifier

La trève de Lochrist (dite Treff de Lochrist Plouconvelen en 1527) est sans doute une fondation des Templiers ou des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem[21].

PréhistoireModifier

 
Coffre funéraire datant de l'âge du bronze trouvé près de la carrière du Bilou (Musée de la préhistoire finistérienne de Penmarc'h).
 
Le menhir gravé de l'isthme de Kermorvan (Musée de la préhistoire finistérienne de Penmarc'h.

Des traces d'habitat remontant au mésolithique ont été trouvées dans le secteur du Bilou, en particulier des silex taillés[22]. Un coffre funéraire datant de l'Âge du bronze, composé de six dalles de micaschiste avec grenats, enfoui dans un tertre très bas, surmontant une carrière voisine du Bilou, avec comme mobilier intérieur des restes d’ossements et des galets de grève, a également été trouvé[23] ; sa dalle de recouvrement est surmontée de deux pierres quartzeuses.

La presqu'île de Kermorvan, très étirée et avec ses isthmes étroits, a été de tout temps une position stratégique facile à défendre ; elle a été occupée par les hommes depuis au moins le néolithique et de nombreux vestiges préhistoriques y ont été découverts, par exemple des mégalithes, en particulier un menhir gravé haut de 1,80 mètre et large de 55 cm, dont la face avant présente un dessin de dague qui reste énigmatique[24], un cromlec'h encore visible sur place et des tombes de l'Âge du bronze[25]. Un poignard, datant aussi de l'Âge du bronze, fut aussi trouvé dans cette presqu'île en 1916[26].

« La presqu'île [de Kermorvan] était fermée par un rempart gaulois (un oppidum) dans les années 500 avant notre ère, c'était un site protégé, à l'époque romaine. On peut encore voir, à l'entrée de la presqu'île, les restes du rempart, un gros talus » a écrit l'historien Jean-Yves Éveillard[27].

AntiquitéModifier

Une voie romaine provenant de Kérilien (Vorganium) et passant par Lesneven et Saint-Renan, aboutissait à la pointe Saint-Mathieu, non loin du Conquet[28]. Un port romain (Portus Salionicus, cité par Ptolémée)[29], dont il ne subsiste qu'un vague relief sous-marin en forme de quai, se trouvait à Porsliogan (Porz Liogan)[30] ; d'autres branches de cette voie romaine qui se subdivisait à partir de Saint-Renan menaient, l'une à Ploumoguer et Porsmoguer, l'autre à la presqu'île de Kermorvan[31].

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Moyen ÂgeModifier

Saint Tugdual et ses compagnons auraient débarqué sur la plage de Porz Pabu, à l'extrémité de la presqu'île de Kermorvan, au VIe siècle[32].

En 875 (ou 878) les Normands envahirent Le Conquet, débarquant quelques troupes et pillant les environs[33].

En 1207 des partisans de Jean sans Terre bâtirent un château près du Conquet et s'emparèrent de la ville et du port, dont ils se firent une place d'armes. Les Anglais furent chassés en 1218 par Pierre de Dreux qui fit raser le château et la forteresse qu'ils avaient construits[33].

En 1279 le duc de Bretagne Jean Ier afferma les sécheries du Conquet, de Saint-Mahé [Saint-Mathieu] et autres à quelques marchands de Bayonne qui, en 1289, se joignirent aux Anglais, à l'aide desquels ils brûlèrent Le Conquet et pillèrent et ravagèrent tous les environs. Ces marchands se révoltèrent pour se venger du mauvais traitement qu'ils essuyaient de la part des habitants de la ville[33].

En 1295 une flotte anglaise de 360 voiles, commandée par les comtes de Lancastre et de Lincoln, mouilla à la vue du Conquet. Les habitants furent d'abord si effrayés qu'ils prirent la fuite ; mais, regrettant leurs meubles, ils revinrent les chercher. Les Anglais, qui s'en aperçurent, firent aussitôt une descente, pillèrent l'endroit et brûlèrent les maisons, avec toutes les barques et petits vaisseaux qui se trouvaient dans le port[33].

En 1341, dans le cadre de la Guerre de Succession de Bretagne, l'armée du roi Philippe de Valois (qui soutenait Charles de Blois) assiégea Le Conquet, qui se rendit après quelques jours de siège ; mais la garnison du château, tenue par des partisans de Jean de Montfort, qui fit plus de résistance, fut forcée et passée au fil de l'épée ; mais au début de l'année 1342, une armée commandée par Gautier de Mauni et envoyée par la comtesse de Montfort reprit la ville et « fit à la garnison le même traitement dont elle avait usé envers celle qui y était ci-devant, car il la fit tailler en pièces, à l'exception de dix prisonniers, qu'il conserva. Après cette cruelle expédition, il fit démolir et renverser toutes les fortifications de la ville »[33].

En 1374 le duc de Bretagne Jean IV, dans le cadre d'un prolongement de la Guerre de Succession de Bretagne, assiégea et prit la ville du Conquet (il était en conflit avec le roi de France Charles V), et passa toute la garnison française au fil de l'épée.

La prospérité du Conquet est due à son port situé dans l’anse de Poulconq (Poulconquet en 1398). Le port, très ancien, eut à soutenir maints sièges entre 1313 et 1558 : par exemple, en 1488 l'armée française dirigée par le vicomte de Rohan, en lutte contre les soutiens de la duchesse Anne, assiégea et prit la forteresse de l'île du Conquet ; en 1543, Ambroise Paré, qui accompagne René Ier de Rohan venu défendre la province, trouve « la population en armes, le tocsin sonnant de toutes parts » en raison de la menace d'un débarquement anglais finalement écarté. Il en profite pour décrire le jeu de la lutte bretonne alors déjà pratiquée[34].

L'époque moderneModifier

Lochrist fut longtemps une simple trève de la paroisse de Plougonvelin.

Ambroise Paré a laissé un témoignage datant de 1543 concernant une tentative de débarquement anglais et décrivant aussi le jeu de la lutte bretonne alors pratiquée[35].

Au XVIe siècle, Le Conquet faisait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan[36]. En 1510 la "Maison des seigneurs" du Conquet est construite par Jean de Poncelin[37].

« Le une flotte de vaisseaux anglais et flamands débarqua au port du Conquet. Jean Leprêtre de Lézonnet, commissaire du Roi, fit un rapport décrivant longuement les dégâts consécutifs à cette invasion : « Et la ville du Conquet est rapporté qu'il y avait quatre cent cinquante maisons dont n'est demeuré que huit entières. Au havre du Conquet il y avait le nombre de trente-sept navires garnis et équipés de munitions et artillerie ont été brulés l'artillerie emportée, et pour la soudaine descente de l'armée desdits ennemis qui fut ledit jour à neuf heures du matin sans avoir été découverte jusqu'à l'heure de leur descente, de sorte que les habitants n'ont eu aucun loisir de sauver leurs meubles (...). Rapportent les habitants en avoir perdu trois cent pièces de fer, et de fonte, comme arquebuses avec mousquetons, cerfs-volants, etc.. »[38].

L’École de cartographie du Conquet a été fondée au XVIe siècle par le cartographe breton Guillaume Brouscon. Elle est également connue pour avoir fourni des dessinateurs au missionnaire breton Michel Le Nobletz, pour la réalisation de cartes marines ou géographiques (sur peaux de mouton) servant de « tableaux énigmatiques » (taolennoù, en breton) à visée catéchétique.

 
Plan du Conquet et des environs vers 1700 (par Denis de La Voye).

En 1625 le duc de Vendôme, gouverneur de Bretagne, confie au baron de Kerleach[Note 1] « la garde de l'Isle du Conquet » (c'est-à-dire de la presqu'île de Kermorvan)[39].

L'église de Lochrist renferme le tombeau de Michel Le Nobletz qui au XVIIe siècle, « acheva de convertir les habitants de ces côtes, adonnés encore pour la plupart à certaines pratiques du paganisme »[40].

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse du Conquet de fournir 2 hommes et de payer 13 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[41].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Le Conquet en 1778 :

« Le Conquet-Lochrit [Lochrist] : petite ville au bord de la mer, et trève de la paroisse de Plougoumelen [Plougonvelin] ; à 14 lieues deux tiers à l'ouest-sud-ouest de Saint-Pol-de-Léon, son évêché ; à 49 lieues un tiers de Rennes et à 4 lieues un quart de Brest, sa subdélégation et son ressort. Elle relève du roi et compte 1 400 communiants[Note 2]. C'est un port très ancien. (...). Ce pays est fertile, et les habitants font un riche commerce par mer[33]. »

La Révolution françaiseModifier

L'ancien village du Conquet, qui faisait partie de l'ancienne paroisse de Lochrist, devient le commune et même chef-lieu de canton (le canton du Conquet comprenait Plougonvelin (Saint-Mathieu inclus), Le Conquet, Trébabu, Molène et Ouessant ; il fut supprimé en l'an VIII). En juillet 1791, la nouvelle paroisse de Plougonvelin comprend Plougonvelin, Saint-Mathieu, Le Conquet et Trébabu ; l'église paroissiale de cette grande paroisse est l'ancienne chapelle Saint-Christophe, située au-dessus du port du Conquet, choisie car elle pouvait contenir 450 fidèles (elle a été démolie en 1830 car elle menaçait ruine). Jean-Pierre Le Corre[Note 3] est élu curé constitutionnel de la nouvelle paroisse[42] ; il réside à Lochrist mais son église « reste vide, pendant que l'église de Plougonvelin où est demeuré le pasteur légitime, M. Le Querré, "est devenue le réceptacle de tous les aristocrates" écrit Jean-Pierre Le Corre le  »[43].

Le XIXe siècleModifier

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Le Conquet en 1843 :

« Le Conquet, commune formée de l'ancienne trève de Plougouvelen [Plougonvelin] ; aujourd'hui succursale ; chef-lieu de perception ; bureau des douanes. (...) La ville est construite sur le penchant d'une colline escarpée [en fait le versant pentu de rive gauche de la ria du Conquet], et ses rues tortueuses présentent à l'œil un ensemble pittoresque de toits superposés comme les degrés d'un vaste escalier. Une rue principale descend au quai, ou pour mieux dire à la mer. Le port, formé par un bras de mer qu'enveloppe du côté nord la presqu'île dite de Kermorvan, peut contenir des navires de 100 tonneaux au plus. Ce n'est pas un excellent mouillage. (...) Il n'y a au Conquet qu'une chapelle où on célèbre la messe le dimanche seulement. Le culte s'exerce à Lochrist, ancienne trève, et petit bourg qui n'a de remarquable que son église, dont on cite la flèche comme élégante et gracieuse. Cette église est du XVIIe siècle. (...) Les cultivateurs de cette commune se livrent à l'élève [élevage] des bestiaux ; ils élèvent aussi des chevaux que l'on vend sur les foires de Saint-Renan, Gouesnou et La Martyre. Il y a marché toutes les semaines, et foire les 10 mai et 23 septembre. (...) Il y a au Conquet une raffinerie de soude de warech. Géologie : le gneiss domine, surtout autour du village de Lochrist ; ardoisières à la pointe de l'anse du Conquet[40]. »

 
Église paroissiale Sainte-Croix, vue extérieure d'ensemble.

La construction de l'église Sainte-Croix est décidée en 1850 pour remplacer l'église vétuste de Lochrist. Son emplacement est vivement discuté (la polémique dura 5 ans), la ville (Le Conquet) l'emportant finalement sur la campagne (Lochrist). Pour construire la nouvelle église, on récupère des pierres de l'ancien édifice et on en ajoute d'autres venant des carrières des Blancs-Sablons et de l'Aber-Ildut ; elle est construite dans le style néogothique par l'architecte diocésain Joseph Bigot. Le Conquet devint alors chef-lieu paroissial en 1857, au détriment de Lochrist, qui dépendait autrefois de l'évêché de Léon ; l'église nouvelle est inaugurée en 1858 par Mgr Sergent, évêque de Quimper et de Léon ; escorté d'un nombreux clergé, il préside en même temps au transfert du sarcophage de Dom Michel Le Nobletz dans la nouvelle église.

François Tissier, né en 1803, arrivé au Conquet vers 1829, chimiste, fit fortune en créant en 1830 une usine de fabrication industrielle et de commercialisation d'iode, l'usine de Poulconq, et fut maire du Conquet entre 1870 et 1873 (son fils et son petit-fils furent aussi maires du Conquet). Il fit construire vers 1860 une vaste maison de maître, dénommée "château de Penhep", du nom d'un manoir qui se trouvait précédemment à son emplacement[44].

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Le Conquet en 1873 (photo de Jules Duclos).

Jacques-François Thomas, dit ‘’Locrouan’’, un marchand de porc du Conquet, fut retrouvé assassiné dans un champ isolé à Trémeur en Plougonvelin, victime d’une terrible blessure à la tête. Son cousin, Goulven Hélégoët, fut accusé de l’avoir assassiné en le frappant avec un soc de charrue afin de lui voler 900 francs. Le , la Cour d’assises du Finistère le condamne à mort et il est guillotiné publiquement le à Quimper[45].

 
Les pêcheurs du Conquet recueillent les cadavres des naufragés de la Gorgone rejetés sur la plage (Le Monde illustré, 1894).

La corvette La Gorgone fit naufrage le sur le phare des Pierres Noires ; ses 93 hommes d'équipage se noyèrent et leurs corps furent rejetés par la mer sur la côte du Conquet et des communes avoisinantes les semaines suivantes.

En 1873 une croix de mission est édifiée aux frais de François Benoît Tissier, alors maire et conseiller général, dans le cimetière de Lochrist[46].

En 1885, le port du Conquet a reçu 190 navires, dont 11 venant de l'étranger (important principalement de la houille et du bois du Nord) et 179 en provenance d'autres ports français (notamment Calais, Port-en-Bessin, L'Aber-Wrac'h, Brest, Port-Launay, Camaret, Morgat et Rochefort) pour un tonnage total de 5 509 tonneaux ; les exportations étaient dérisoires (27 tonneaux de produits du pays)[8].

L'accès au port restait difficile comme l'illustre par exemple le talonnage en 1887 du Fulminant, un cuirassé garde-côtes, sur la roche, inconnue alors, dite depuis "du Fulminant"[Note 4] : l'équipage fut secouru par le canot de sauvetage à rames Mallats-Demortiers alors remisé dans son abri au sommet de la pointe Saint-Christophe et mis à l'eau à la cale ouest du Drellac’h, ce qui était fort incommode (à basse-mer, le chariot s’enlisait dans les sables vaseux et les chevaux ne pouvaient l’en extraire). Ce n'est qu'en 1932 que la station de sauvetage fut transférée à la pointe Sainte-Barbe[47].

En 1889 Benjamin Girard décrit Le Conquet en ces termes :

« Le Conquet qui, malgré son ancienneté, ne possède aucun monument intéressant, paraît avoir eu jadis une population plus nombreuse et un commerce plus étendu qu'à présent. (...) Bâtie sur le penchant d'une colline escarpée, à l'entrée du petit estuaire qui lui sert de port, la ville, qui a une population agglomérée de 816 habitants (...) n'a d'autre importance industrielle et commerciale que celle qui résulte de l'existence d'une usine de produits chimiques, la plus ancienne et la plus considérable des usines de ce genre sur le littoral du Finistère[8]. »

Le plus de 20 000 personnes assistèrent aux fêtes données en l'honneur de Michel Le Nobletz, qui venait d'être déclaré "vénérable" par le pape Léon XIII. « La ville est toute pavoisée. Les bateaux dans le port sont également pavoisés. (...) De nombreux pèlerins, venus de toute la Bretagne, visitent le tombeau de Michel Le Nobletz »[48].

En 1899 Le Conquet annexa sept îles (Béniguet, Quéménès, Bannec, Balanec, Trielen, Chrétiens et Lédénez Quéménès) qui faisaient jusque-là partie du territoire communal de Ploumoguer.

Le XXe siècleModifier

 
Le bourg fut relié à Brest de 1903 à 1932 par une ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique, le Tramway de Brest au Conquet.

La Belle ÉpoqueModifier

La ligne de tramway de Brest au Conquet fut inaugurée le , jour du dernier voyage de l'Hirondelle, l'antique diligence qui reliait, généralement une fois par jour seulement, les deux villes[49].

En 1904, un décret du gouvernement Combes, pris en vertu de la loi sur les congrégations, entraîne la fermeture de l'école congréganiste tenue par les Frères des écoles chrétiennes au Conquet[50].

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La Première Guerre mondialeModifier

 
Le Conquet : le monument aux morts.

Le monument aux morts du Conquet porte les noms de 60 marins et soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 6 au moins sont des marins disparus en mer (par exemple Armand Charreteur lors du naufrage du cuirassé Bouvet le  ; François Colin lors du naufrage du Suffren le  ; Yves Mazé lors du naufrage de l'Étendard le  ; Vincent Le Borgne, lors du naufrage du patrouilleur auxiliaire Saint-Mathieu le ) ; 6 au moins sont morts sur le front belge dès l'année 1914, dont 3 (Jean Auffret, Adolphe Frostin, Jean Podeur) à Maissin dès le , 2 (Jean Quéré le et Louis Le Corre le ) à Dixmude, et Jean Le Goaster le à Steenstrate ; la plupart des autres sont morts sur le sol français[51].

L'entre-deux-guerresModifier

Yves Goarzin, matelot, est mort lors du naufrage du remorqueur Paris en mer Noire le .

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En 1922, la maison de maître de la famille Tissier fut transformée en hôtel, puis devint en 1935 un centre de colonie de vacances pour la ville de Brest, avant de devenir le siège de la kommandantur allemande entre 1940 et 1944[52].

En 1923 une campagne (des primes sont accordées) est menée pour la destruction des phoques « qui ravagent les engins de pêche pour dévorer les poissons qui s’y trouvent retenus », ainsi que pour détruire marsouins et bélougas[53].

La Seconde Guerre mondialeModifier

Le monument aux morts du Conquet porte les noms de 43 marins et soldats morts pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale : parmi eux 6 au moins sont des marins disparus en mer (Marcel Menguy le à bord du sous-marin Doris ; Jean Bernugat le à bord de l'aviso Vauquois ; Adolphe Hébert, décoré de la Médaille militaire, de la Croix de Guerre et de la Médaille de la Résistance ainsi que Jacques Rivoallon, titulaire de la Médaille de la Résistance, le à bord du sous-marin Surcouf) ; René Durand le à bord du baliseur Émile-Allard[Note 5] ; Ernest Guillou le à bord du sous-marin Protée) ; François Richard, marin à bord du croiseur Dunkerque a été victime de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir le  ; Goulven Larsonneur, soldat du 241e régiment d'infanterie, est disparu le à Dixmude (Belgique) ; Pierre Raguénès[Note 6], quartier-maître fusilier, a été tué le à Montefiascone (Italie) ; Jean Le Bris, lieutenant dans l'armée de l'air, est mort en combat aérien le en Palestine ; Joseph Jourden, résistant, a été fusillé après avoir été torturé le à Plouigneau ; etc[51].

Article détaillé : Bataillon de Ploudalmézeau.

Quatre aviateurs anglais de la Royal Air Force, dont l'avion s'est abattu en mer le près de la plage de Pors-Liogan, sont inhumés dans le cimetière de Lochrist[54].

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La passerelle du Croaë fut érigée (en bois) pour la première fois par l'armée allemande, lors de l'Occupation. Très rapidement le bois s'est décomposé, elle a été reconstruite en pierre, béton cette fois-ci en 1950. Auparavant la traversée se faisait par barque à marée haute et à pied à marée basse.

L'après Deuxième Guerre mondialeModifier

Yves Podeur, quartier-maître chauffeur, est mort lors du naufrage de la frégate météorologique Laplace, heurtée par une mine magnétique allemande datant de la Deuxième Guerre mondiale qui explosa[55] en Baie de la Fresnaye (près du Cap Fréhel) le [51]

Le centre radio-maritime du Conquet, appelé aussi Le Conquet radio ou FFU (station Française Fixe de Ushant), situé sur la pointe des Renards face à l'archipel de Molène, avait depuis 1952 pour mission d'établir un contact en moyenne fréquence avec les bateaux du golfe de Gascogne à la mer d'Irlande. Il a été fermé le 28 février 2000[56]. Ses locaux sont actuellement occupés par les services du Parc naturel marin d'Iroise.

Article détaillé : Le Conquet radio.

Langue bretonneModifier

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le 27 février 2009.

Le label Ya d’ar brezhoneg de niveau 1 a été remis à la commune le 19 août 2014.

Politique et administrationModifier

La mairie est installée dans le "parc Beauséjour" dans l'ancienne maison de maître de la famille Tissier.

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Guillaume Thomas   Négociant en vins
1791 1793 François Monte[Note 7]   Boulanger, armateur
1793 1795 François Duvillard[Note 8]   Sous-lieutenant de la compagnie franche de Brelez.
1795 1795 François Monte   Boulanger, armateur. Déjà maire entre 1791 et 1793.
1795 1798 Robert Menguy[Note 9]   Aubergiste et négociant.
1798 1800 François Monte   Boulanger, armateur. Déjà maire entre 1791 et 1793 ainsi qu'en 1795.
1800 1801 Christien Joseph Creac'h[Note 10]   Négociant en vins, armateur.
1801 1808 Jean Marie Le Guerrannic (père)[Note 11]   Négociant en vins, armateur.
1808 1809 François Marie Pitot[Note 12]   Ancien capitaine de vaisseau[57].
1809 1824 Jean Marie Le Guerrannic (père)   Négociant en vins, armateur. Déjà maire entre 1801 et 1808.
1824 1828 François Guillaume Le Hir-Quereon[Note 13]   Négociant.
1828 1837 Jean Marie Le Guerrannic (père)   Négociant en vins, armateur. Déjà maire à deux reprises antérieurement.
1837 1843 Charles Lombard[Note 14]   Capitaine d'infanterie en retraite. Chevalier de la Légion d'honneur.
1843 1859 Jean Marie Le Guerrannic (fils)[Note 15]   Négociant en vins, armateur.
1859 1870 François Marie Podeur[Note 16]   Cultivateur et marchand.
1870 1873 François Benoît Tissier[Note 17]   Chimiste-manufacturier à l'usine d'iode. Conseiller général.
1873 1876 François Marie Podeur   Cultivateur et marchand. Déjà maire entre 1859 et 1870.
1876 1878 Frédéric Alexandre Tissier[Note 18]   Chimiste-manufacturier à l'usine d'iode. Fils de François Benoît Tissier, maire entre 1870 et 1873.
1878 1888 Faustin Rigollet[Note 19].   Négociant, armateur.
1888 1915 Hippolyte Levasseur[Note 20]   Manufacturier à l'usine d'iode. Ancien président de la Chambre de commerce de Brest.
1915 1935 Hortensius Tissier[Note 21]   Manufacturier à l'usine d'iode. Fils de Frédéric Alexandre Tissier, maire entre 1876 et 1878 et d'Alexandrine Rousselin de Corbeau de Saint-Albin.
1935 1942 Joseph Taniou[Note 22]   Mécanicien.
1942 1944 Louis Simon   Notaire.
1944 1945 Jean Cann   Buraliste.
1945 1953 Jean René Marie Lahalle[Note 23]   Cultivateur.
1953 1977 Charles Minguy[Note 24] CD Inspecteur puis directeur des impôts.
1977 1979 Georges Kermarrec   Pharmacien.
1979 1989 Jean-François Le Borgne[Note 25]   Météorologiste à Radio Le Conquet.
1989 2001 Christian Couture   Militaire en retraite.
2001 2008 Gilbert Manac'h   Ingénieur TPE.
2008 En cours Xavier Jean DVD[58] Informaticien de réseaux.
Les données manquantes sont à compléter.

Politique de développement durableModifier

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21[59].

ÉconomieModifier

Port de pêcheModifier

 
Débarquement de la pêche sur le port du Conquet.

Port crabier important, Le Conquet est également devenu un lieu de production réputé pour le poisson noble. Le port de pêche est géré depuis 2007 par la chambre de commerce et d'industrie de Brest.

Depuis quelques années, la flottille a diversifié ses activités : à côté des caseyeurs traditionnels pratiquant la pêche au tourteau se sont développés les fileyeurs qui ramènent lotte, raie, barbue, turbot ou langouste ainsi que du poisson de petite pêche, frais du jour. Le tourteau demeure néanmoins le symbole du port du bout du monde.

DémographieModifier

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1758601 2021 4161 2731 3121 3481 2491 370
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 2911 3241 3671 3781 4441 3301 3361 4201 595
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6841 8361 8981 9501 9721 9491 9222 0341 866
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 8911 8111 8812 0112 1492 4082 5342 6662 662
2016 - - - - - - - -
2 678--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[60] puis Insee à partir de 2006[61].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

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  • Église Sainte-Croix (1855-1858, inscrite MH[62]), bel exemple de style néo-gothique flamboyant construit avec les matériaux de l'ancienne église de Lochrist du XVIe siècle. Vitrail de La Passion reconstitué à partir de fragments de vitraux provenant de l'ancienne église de Lochrist[63].

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  • Tombeau de Michel Le Nobletz sculpté en 1750 par Philippe Caffieri,
  • Croix de Lochrist du XVe et XVIe siècles,
  • Maison des Anglais du XVe siècle[64], dite aussi Petit château du Conquet. Imposante maison forte à la façade de douze mètres de haut. Latrines en encorbellement montées sur des corbeaux de pierre.
  • Maison des Seigneurs, sur le port, édifiée par Jean Poncelin, maison forte du XVIe siècle qui faisait partie des fortifications de la ville. Il en constituait probablement l'un des accès par la porte donnant côté port entre deux avancées[65].
  • Manoir de Cosquiez (Cosquies) : il date du XIXe siècle,
  • Fort Saint-Louis (1850)
  • Fort de l'Îlette de Kermorvan, réduit de batterie de côte modèle 1846.
  • Phare de Kermorvan sur la presqu'île de Kermorvan (zone naturelle protégée par le conservatoire du littoral).

Station SNSMModifier

 
Digue Sainte-Barbe dans la tempête.
 
Vedette de 1re classe, SNS 151 La Louve.

La station de sauvetage en mer de la SNSM fut inaugurée le .

Elle s'appuie aujourd'hui sur une vedette de 1re classe de la SNSM de 14 mètres, moderne, insubmersible et autoredressable, la SNS 151 La Louve (mouillée en permanence dans le port), et deux embarcations pneumatiques, dont l'une, la Ville du Conquet, est propriété de la ville et mise à disposition pour la surveillance saisonnière des côtes[66].

Radio ConquetModifier

Situé sur la pointe des Renards, face à l'archipel de Molène, le centre radio maritime du Conquet avait pour mission d'établir un contact avec les bateaux qui croisent au large, du golfe de Gascogne à la mer d'Irlande, jusqu'à sa fermeture le 28 février 2000[67]. Ses locaux sont actuellement occupés par les services du parc naturel marin d'Iroise.

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CultureModifier

  • La troupe de théâtre amateur du Conquet s'appelle « Les Zigafarces ».
  • Salon du livre maritime « La mer en livres » dernier week-end d'avril. Site internet : www.la-mer-en-livres.fr
  • Astérix et Obélix arrivent en bateau au Conquet dans Le Tour de Gaule d'Astérix.
  • Club d'orthographe.
  • Dictée océane en mars.
  • Cours d'initiation au breton.

JumelagesModifier

La ville du Conquet est jumelée avec   Llandeilo (Pays de Galles) et avec Manigod (Haute-Savoie)

Sports et loisirsModifier

  • club de plongée sous-marine du Conquet
  • club des Mouettes (belote, dominos, triomino et sorties diverses).

Tableaux représentant Le Conquet et sa régionModifier

 
Théodore Gudin : Le Conquet (1831)

PersonnalitésModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le manoir de Kerleach se trouve en Plouarzel.
  2. Personnes en âge de communier.
  3. Jean-Pierre Le Corre, né le à Landerneau, paroisse Saint-Thomas, décédé le à Logonna-Daoulas.
  4. Cette roche est située entre la pointe de Kermorvan et la Grande Vinotière.
  5. Baliseur français du service des Phares et Balises coulé par une escadrille de chasseurs bombardiers Whirling MK1 de la RAF qui le prirent pour un navire Allemand
  6. Décoré de la Croix de Guerre, de la Médaille de la Résistance française, de la Médaille Militaire et de la Médaille de la France Libre.
  7. François Monte, baptisé le à Lochrist [Le Conquet], décédé le au Conquet.
  8. François Duvillard, né vers 1742 à Grenoble, décédé le (24 pluviôse an VIII) au Conquet.
  9. Robert Menguy, né le au Conquet, décédé le au Conquet.
  10. Christien Joseph Creac'h, né le à Lochrist [Le Conquet], décédé le au Conquet.
  11. Jean Marie Le Guerrannic (père), né le à Plougonvelin, fils de Martin Le Guerranic et Marie-Françoise Raguenes, décédé le au Conquet.
  12. François Marie Pitot, né le à Morlaix, décédé le au Conquet.
  13. François Guillaume Le Hir-Quereon, né vers 1793 à Blaye (Gironde), décédé le , quai du Drellac'h au Conquet.
  14. Charles Lombard, né en 1773 à Dampierre-lès-Conflans (Haute-Saône), décédé le quai du Drellac'h au Conquet.
  15. Jean Marie Le Guerrannic (fils), né le [15 thermidor an X] au Conquet, de Jean Marie Le Guerranic et Marie Renée Cochohan, décédé le au Conquet.
  16. François Marie Podeur, né le au Conquet, décédé le au Conquet.
  17. François Benoît Tissier, né en 1803 à Lyon (Rhône), décédé le au Conquet.
  18. Frédéric Alexandre Tissier, né le à Paris, décédé le au Conquet.
  19. Faustin Rigollet, né le à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), décédé le au Conquet.
  20. Hippolyte Levasseur, né vers 1837 à Brest, décédé en 1915 au Conquet, marié avec Alexandrine Rousselin de Corbeau de Saint-Albin, veuve de Frédéric Alexandre Tissier, qui fut maire antérieurement.
  21. Hortensius Tissier, né en 1867 à Paris, décédé après 1935.
  22. Joseph Taniou, né le au Conquet, décédé le à Brest.
  23. >Jean Lahalle, né le à Brest, décédé le au Conquet.
  24. Charles Minguy, né le à l'Île-de-Sein, décédé le au Conquet.
  25. Jean-François Le Borgne, né le à Poullaëron en Saint-Vougay, décédé le au Conquet.

RéférencesModifier

  1. http://www.conservatoire-du-littoral.fr/siteLittoral/27/28-les-blancs-sablons-29_finistere.htm
  2. http://www.wiki-brest.net/index.php/Plage_des_Blancs-Sablons
  3. https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/les-blancs-sablons-la-plage-des-brestois-4440489
  4. http://www.wiki-brest.net/index.php/Fort_de_l%27Ilette
  5. http://www.patrimoine-iroise.fr/naturel/faune/Oiseaux-ria.php
  6. https://www.aspect-le-conquet.fr/le-conquet-en-savoir-plus/la-pointe-des-renards-historique/
  7. http://www.wiki-brest.net/index.php/Nettoyage_du_littoral_au_Conquet
  8. a b et c Benjamin Girard, La Bretagne maritime, (lire en ligne).
  9. https://www.bretagne.com/fr/que-faire/visites-et-patrimoine/phares/le-phare-de-kermorvan
  10. https://phares-de-france.pagesperso-orange.fr/phare/grande-vinotiere.html
  11. https://www.letelegramme.fr/finistere/le-conquet/le-conquet-les-images-de-la-tempete-08-02-2016-10951151.php
  12. Jean-Michel Kérébel, adjoint au maire délégué au port, dans Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 3 août 2019, https://sfrpresse.sfr.fr/article/02efb6f9-90ef-4df7-8552-75b5f5149960.
  13. https://www.bretagne.com/fr/ou-aller/finistere/brest-et-les-abers/le-conquet-port-du-bout-du-monde
  14. https://www.aspect-le-conquet.fr/le-conquet-en-savoir-plus/son-patrimoine-urbain/la-rampe-lombard/
  15. https://www.aspect-le-conquet.fr/le-conquet-en-savoir-plus/son-patrimoine-urbain/la-maison-des-seigneurs/
  16. http://www.patrimoine-iroise.fr/culturel/civil/Anglais.php
  17. https://www.aspect-le-conquet.fr/le-conquet-en-savoir-plus/son-patrimoine-urbain/le-quai-du-drellac-h/ et https://www.aspect-le-conquet.fr/le-conquet-en-savoir-plus/son-patrimoine-urbain/la-corniche-du-drellac-h/
  18. http://www.leconquet.info/wp-content/uploads/2016/03/Expertise-PIP-Le-Conquet-1.pdf
  19. a b et c Base de données KerOfis de l'Office public de la langue bretonne (consulté le )
  20. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne, Bonneton, , p. 187.
  21. http://marc-jestin.com/wp-content/uploads/le-conquet-lochrist-histoire-brochure-de-l-office-de-tourime.pdf
  22. Stéphane Blanchet, Olivier Kayser, Grégor Marchand et Estelle Yven, Le Mésolithique moyen en Finistère, nouvelles datations pour le groupe de Bertheaume, "Bulletin de la Société préhistorique française", 2006, consultable http://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_2006_num_103_3_13469?h=bertheaume
  23. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-le-conquet-le-bilou-pors-feunteun-texte-jean-pierre-clochon-77004424.html
  24. http://www.barry.warmkessel.com/Kermorvan.html
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  26. G. Guénin, Chronique d'histoire, de géographie et de littérature de la Bretagne, revue "Annales de Bretagne", 1921, consultable http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1921_num_35_2_4269
  27. Jean-Yves Éveillard, consultable https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/voies-romaines-les-routes-vers-la-mer-d-iroise-29-08-2016-11196969.php#7h8DgpmrieuO9p7l.99
  28. http://www.amis-st-mathieu.org/spip.php?article18
  29. http://www.infobretagne.com/conquet.htm
  30. http://www.aspect-le-conquet.fr/le-conquet-en-savoir-plus/
  31. https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/voies-romaines-les-routes-vers-la-mer-d-iroise-29-08-2016-11196969.php
  32. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-27934367.html
  33. a b c d e et f Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 2, (lire en ligne), p.370.
  34. Wiki-Brest
  35. http://www.wiki-brest.net/index.php/Le_jeu_de_la_lutte_en_Bretagne_en_1543
  36. Jean Kerhervé, Anne-Françoise Pérès, Bernard Tanguy, Les biens de la Couronne dans la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan, d'après le rentier de 1544, Institut culturel de Bretagne, 1984.
  37. http://www.phase-iroise.fr/spip.php?article146
  38. Jean-Louis Dauvin, "Essais topographiques, statistiques et historiques, sur la ville, le château, le port et la rade de Brest", 1816, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65211315/f160.image.r=Plougonvelin
  39. http://www.infobretagne.com/conquet-defense.htm
  40. a et b A. Marteville et P. Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 1, (lire en ligne).
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  42. http://www.phase-iroise.fr/spip.php?article124
  43. Abbé Saluden, Un curé constitutionnel, Emmanuel Pillet, "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1924, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5729760q/f61.image.r=Plougonvelin?rk=815454;4
  44. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-26736374.html
  45. Lénaïg Gravis, "Les grandes affaires criminelles du Finistère", De Borée éditions, 2008 [ (ISBN 978-2-84494-808-3)]
  46. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-26794041.html
  47. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-le-conquet-la-roche-du-fulminant-txt-j-p-clochon-118436978.html
  48. Le Petit Journal, n° du 20 septembre 1897, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k614381m/f2.image.r=Saint-Renan?rk=7296173;2
  49. http://www.wiki-brest.net/index.php/Balade_grand_kerber_:_Tramway_du_Conquet
  50. Journal Le Radical no 194 du 12 juillet 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7623019f/f3.image.r=Plouguerneau.langFR
  51. a b et c « Le Conquet - Monument aux Morts », sur memorialgenweb.org.
  52. http://aspect-conquet.fr.pagesperso-orange.fr/patrimoine.html
  53. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-27386119.html
  54. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=990195
  55. https://www.ouest-france.fr/bretagne/histoire-il-y-65-ans-la-tragedie-du-naufrage-de-la-fregate-laplace-3688764
  56. Vidéo de la fermeture de la station Le Conquet radio et la reprise par Saint Guénolé Radio Vacation Pêche
  57. http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/article-le-conquet-un-maire-oublie-fran-ois-marie-pitot-txt-jp-clochon-112309172.html
  58. https://www.lemonde.fr/bretagne/finistere,29/le-conquet,29040/
  59. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Le Conquet, consultée le 28 octobre 2017
  60. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  61. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  62. « Base Mérimée, immeubles inscrits au titre des Monuments historiques »
  63. https://www.aspect-le-conquet.fr/le-conquet-en-savoir-plus/son-patrimoine-urbain/eglise-sainte-croix-du-conquet/
  64. « Patrimoine d'Iroise »
  65. « Patrimoine d'Iroise »
  66. Site officiel de la station SNSM du Conquet
  67. Histoire de la pointe des Renards, site association ASPECT
  68. Henri Pérennès, Monseigneur Quéméner : évêque de Sura, 1643-1704. Un vieil évêque breton des missions étrangères, préface de Mgr de Guébriant, Quimper, Imprimerie Cornouaillaise, 1935, 206 p. ill.; voir aussi : Le Conquet, Louis Quéméner, missionnaire XVIIe siècle (article en ligne)
  69. « La sirène du port, le nouveau livre de Joël Raguénès », sur Ouest-France.fr, (consulté le 26 décembre 2016).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Chauris (L.). L'aménagement portuaire du Conquet. Cent ans de discussions sur des projets (1771-1873) , Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, no 127, 1998.
  • Clochon (J.-P.). Le Conquet. Un port de cabotage au XVIIIe siècle, Le Chasse-Marée, no 2, 1981.
  • Clochon (J.-P.). Le Conquet, éditions Le Télégramme, 2004.
  • Coat (P.), Perhirin (F.). Pleins feux sur le Conquet, Auto-édition, Brest, 1976.
  • François Olier, Le Conquet garnison du bout du monde. La vie militaire au Conquet au XVIIIe siècle, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome CXV, 1988.
  • Hubert Michéa, Les cartographes du Conquet et le début de l’imprimerie. Guillaume Brouscon, une vie pleine de mystère, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome CXV, 1988
  • Simonin (M.). Saint-Mathieu, Le Conquet, Ouessant, Éditions Ouest-France, Rennes, 1979

Articles connexesModifier

Liens externesModifier