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A : plan de stratification ; B : schistosité espacée (crénulation, fracture) ; C : foliation diagénétique ; D : schistosité pénétrative

La schistosité décrit une famille de plans sub-parallèles et régulièrement espacés selon lesquels les roches schistosées se débitent (ou se clivent) facilement en feuillets plus ou moins épais. Ces feuillets marquent l'aplatissement de la roche schistosée, en général lors d'une phase de déformation. Le plan de schistosité s'ouvre facilement car il s'agit d'une discontinuité mécanique; cette propriété est mise à profit dans la taille des ardoises et des lauzes, par exemple.

On distingue deux grands types de schistosité :

  • la schistosité non pénétrative, lorsque les plans de schistosité sont séparés de quelques millimètres ou plus par des plaquettes de roches non déformées (appelées « microlithons »).
  • la schistosité pénétrative, lorsqu'elle concerne toute la masse de la roche. C'est le cas du phyllade ou de l'ardoise.

Les plans de schistosité se développent selon une direction perpendiculaire au plan d'aplatissement maximal. Ils concernent uniquement les minéraux qui peuvent être orientés (minéraux ayant une forme d'aiguille, de prisme ou en plaquettes) et reflètent souvent le fait que des micas (foliation) sont réorientés, ont cristallisé ou recristallisé à plat sur ces plans. À ce titre, la schistosité est souvent caractéristique des roches métamorphiques par la venue de minéraux néoformés appelés blastes (les cristaux relictuels se nommant quant à eux clastes). On peut y distinguer des textures granoblastiques (cristaux en grains), lépidoblastiques (minéraux en paillettes comme les micas), nématoblastiques (minéraux en aiguilles comme les amphiboles)[1].

La schistosité existe presque systématiquement dans des roches qui ont été déformées (plissements, zones de cisaillement), sans contrepartie dans les roches qui ne l'ont pas été. La schistosité est donc un plan d'anisotropie mécanique, typiquement proche du plan axial des plis — on parlera alors de pli synschisteux.

Une roche peut receler plusieurs schistosités qui traduisent chacune des phases de déformation au cours d'une ou de plusieurs orogénèses. Suivant leur morphologie et le degré d'aplatissement (déformation de plus en plus ductile), on distingue plusieurs types de schistosité :

  • schistosité de fracture;
  • schistosité de flux (réorientation de minéraux comme dans la schistosité ardoisière) ;
  • un stade de foliation : cristallisation de nouveaux minéraux en paillettes dans les plans de schistosité[2].

Sommaire

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

RéférencesModifier

  1. Alain Foucault, Jean-François Raoult, Fabrizio Cecca, Bernard Platevoet, Dictionnaire de Géologie, Dunod, , p. 328
  2. la schistosité de crénulation (plis en chevron) déforme un élément structural préexistant (souvent une foliation de micas)