Julian Assange

cyberdissident et militant australien

Julian Assange /ˈd͡ʒuːlɪən əˈsɑːnʒ/[1], né Julian Paul Hawkins le à Townsville, est un informaticien, journaliste et cybermilitant australien. Il est surtout connu en tant que fondateur, rédacteur en chef et porte-parole de WikiLeaks.

Julian Assange
RUEDA DE PRENSA CONJUNTA ENTRE CANCILLER RICARDO PATIÑO Y JULIAN ASSANGE - 14953880621.jpg
Biographie
Naissance
Période d'activité
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Nom dans la langue maternelle
Julian Paul AssangeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Julian Paul HawkinsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Formation
Central Queensland University (en)
Université de MelbourneVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
John Shipton (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Christine Ann Assange (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Partis politiques
The Wikileaks Party (en) (-)
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Membre de
Media, Entertainment and Arts Alliance (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamné pour
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Gold medal for Peace with Justice (d) ()
Martha Gellhorn Prize for Journalism (en) ()
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signature de Julian Assange
signature

Assange est au cœur d'une affaire politico-judiciaire d'envergure internationale depuis 2010. À la suite de révélations accablantes de WikiLeaks sur la manière dont les États-Unis et leurs alliés mènent la guerre en Irak et en Afghanistan, il est accusé d'agressions sexuelles en Suède. Dès lors, Julian Assange clame son innocence et s'efforce d'échapper à une extradition vers les États-Unis.

En 2010, WikiLeaks publie des documents classifiés américains, sur la guerre d’Irak en avril — avec notamment la vidéo Collateral murder puis sur la guerre d'Afghanistan en août, révélant au monde les crimes de guerre des États-Unis et de leurs alliés, notamment le Royaume-Uni. Ces révélations déclenchent la « fureur du Pentagone ».

Entre 2010 et 2012, Assange est en liberté surveillée au Royaume-Uni en raison d'un mandat d’arrêt de la justice suédoise, suite à une accusation de « délit sexuel » en Suède en 2010. En mai 2012, la Cour suprême du Royaume-Uni rejette son ultime demande à ne pas être extradé vers la Suède.

Le 19 juin 2012, Julian Assange se réfugie à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il vivra pendant 7 ans dans un espace confiné — il obtient l'asile politique le 16 août 2012, puis est naturalisé le 12 décembre 2017 — dans la crainte des persécutions américaines, et d’une extradition vers le camp de Guantánamo. De nombreux observateurs estiment qu'Assange est victime de détention arbitraire ; il ne peut pas sortir de l’ambassade sans risquer l'extradition vers les États-Unis. Il est alors surveillé en permanence par Scotland Yard et espionné par la Central Intelligence Agency.

En 2016, lors de la campagne pour l'élection présidentielle américaine, Julian Assange toujours enfermé dans l'ambassade, y participe en publiant ses opinions sur les réseaux sociaux. Wikileaks publie alors des leaks des emails du parti démocrate, mettant dans l'embarras sa candidate, Hillary Clinton. Julian Assange, qui a une critique très dure sur la candidate, est alors accusé d'utiliser les leaks pour influencer et manipuler l'opinion afin de participer à faire élire son opposant Donald Trump, sous l'influence de la Russie. En 2017, WikiLeaks publie les MacronLeaks pendant l'élection présidentielle française, deux jours avant le vote du second tour, et Julian Assange est de nouveau accusé d'utiliser des informations piratées afin de manipuler les élections, sous influence russe, pour cette fois-ci nuire à Emmanuel Macron.

Le 11 , le président équatorien Lenín Moreno, le déchoit de la nationalité équatorienne — obtenue l’année précédente sous la présidence de Rafael Correa — et met fin à son droit d'asile. Le jour même, Assange est arrêté dans l'enceinte de l'ambassade par la police britannique. Les États-Unis demandent immédiatement son extradition. Le , il est condamné par la justice britannique à 50 semaines de prison pour violation des conditions de sa liberté provisoire en 2012. L’affaire en justice suédoise se révélera être instrumentalisée par le Royaume-Uni, pour maintenir Assange sous mandat d’arrêt, et justifier son arrestation. La justice suédoise clôt définitivement cette affaire faute de preuves le 19 novembre 2019, quelques mois après l'arrestation de Julian Assange par les Britanniques, et 9 années après les faits reprochés.

Julian Assange est incarcéré à la prison de haute sécurité de Belmarsh depuis le 11 avril 2019, jour de son arrestation à l'ambassade d'Équateur. En mai 2020, il est toujours dans l’attente de la décision de la justice britannique, qui décidera de son extradition aux États-Unis, où il encourt jusqu’à 175 ans de prison pour « espionnage ».

De nombreux observateurs constatent une dégradation de la santé d’Assange avec l’isolement et le stress intense due aux menaces qui pèsent contre lui, et appellent à mettre un terme à la «persécution collective» envers lui.

BiographieModifier

 
Julian Assange en 2006.

Enfance et familleModifier

Julian Paul Assange affirme être né sur Magnetic Island[2],[3], au large de Townsville en Australie, où il passe une grande partie de son enfance ; Interpol prétend qu'il est né à Townsville même[4]. Alors qu'il a un an, sa mère, Christine Ann Hawkins, se marie avec le directeur de théâtre ambulant Brett Assange[5],[6] qui, bien que n'étant pas son père biologique, le reconnaît légalement et lui donne son nom. Son père biologique serait « un jeune homme, rencontré à Sydney, lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam[7]. »

En 1979, sa mère se remarie avec un musicien, « fils présumé d'Anne Hamilton-Byrne[8] », fondatrice de la secte New Age Kia Lama[9],[10],[11]. Le , au cours de l’émission Mise au Point[12] diffusée par la Télévision suisse romande, Julian Assange évoque son enfance, ainsi que les constantes pérégrinations qui l’ont amené — lui, sa mère et son demi-frère — à devoir fuir ce qu’il appelle « la secte d’Anne Hamilton-Byrne (Association du parc Santiniketan)[13],[12],[8] ».

En 1982, le couple divorce après la naissance du demi-frère de Julian. Les parents se disputent sa garde. Sa mère s'enfuit avec ses enfants et les cache pendant cinq ans. Cette vie d'errance conduit Assange à fréquenter trente-sept écoles différentes[12],[14].

À l'âge de 18 ans, Julian Assange emménage avec sa compagne ; elle donne naissance à leur fils Daniel[3],[15].

Informatique et études universitairesModifier

En 1993, Assange participe au lancement de l'un des premiers fournisseurs de services Internet grand public en Australie, Suburbia Public Access Network. À partir de 1994, il exerce des activités en tant que programmeur et développeur de logiciels libres. En 1995, il écrit le logiciel Strobe, un scanner de port. En 1996, il contribue à l’écriture de plusieurs correctifs pour le projet PostgreSQL[16]. Assange a participé à la rédaction du livre Underground: Tales of Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier (en) (« Dans la clandestinité : contes du piratage, de la folie et de l’obsession à la frontière électronique ») (1997), qui relate ce qu'il a vécu avec le groupe des International Subversives. Il co-invente, à partir de 1997, le système de chiffrement niable Rubberhose, un concept de cryptographie élaboré dans un progiciel pour GNU/Linux et conçu pour fournir un déni plausible contre la cryptanalyse du tuyau de caoutchouc (en). À l’origine, dans l’esprit d'Assange, ce système devait constituer « un outil au service des personnes œuvrant en faveur des droits de l’homme, et qui avaient besoin de protéger des données sensibles dans ce domaine ». Parmi les autres logiciels qu’il a écrits ou coécrits, on compte le logiciel de mise en cache NNTPCache pour Usenet et Surfraw (en), une interface en ligne de commande pour les moteurs de recherche Web. En 1999, Assange enregistre le nom de domaine leaks.org, « mais », dit-il, « ensuite, je n’en ai rien fait ».

Le , dans un entretien télévisé accordé à la Radio télévision suisse, il décrit ses premiers pas d'informaticien, grâce au Commodore 64 offert par sa mère[17]. Il a par la suite utilisé un ordinateur Amiga pour ses premières activités de hacking[18],[19].

Il utilise comme pseudo de hacker « Mendax » (menteur en latin) puis « Proff ». Ce dernier nom ferait allusion au roman Cryptonomicon de l'auteur de science-fiction américain Neal Stephenson[20].

Assange a fréquenté six universités. De 2003 à 2006, il étudie la physique et les mathématiques à l'université de Melbourne. Il a également suivi des études de philosophie et de neurosciences.

Vie privéeModifier

Julian Assange a plusieurs enfants dont le plus jeune est français et vit en France[21]. Début avril 2020, dans un entretien au Mail on Sunday, son ancienne avocate Stella Morris révèle qu'elle a eu deux enfants avec Julian Assange lorsqu'il était réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres dans les années 2010. Elle a choisi de révéler l'existence de ses jeunes enfants sous la pression du juge qui, selon elle, souhaitait divulguer publiquement cette information et parce qu'elle «craint que la vie d'Assange ne soit en danger s'il reste à Belmarsh» en raison de la pandémie du coronavirus[22],[23].

Convictions politiquesModifier

La philosophie de Julian Assange consiste en un Crypto-anarchisme fondé sur le constat d'une asymétrie d'information entre les pouvoirs publics et les citoyens ; cette asymétrie profitant essentiellement aux États. Cela signifie que les États sont, d’une part, en mesure de contrôler une grande partie des communications de leurs citoyens, et qu’ils tentent, d’autre part, de garder secrets de larges pans de l'information dont ils disposent.

Partant de ce constat, Assange estime que les innovations techniques offertes par Internet permettent désormais d'inverser l'asymétrie observée en déployant une stratégie reposant sur deux axes essentiels :

Le premier de ces axes vise à protéger les informations à caractère personnel des citoyens par des moyens cryptographiques au développement desquels Assange a d’ailleurs déjà contribué activement et qu’il s’est attaché à diffuser gratuitement (voir supra). De tels moyens sont susceptibles de restreindre très fortement l'influence et le contrôle qu’exercent les États sur leurs citoyens.

Le second axe vise, lui, à organiser la publication-divulgation systématique des connaissances dont disposent les États et leurs dirigeants et de parvenir ainsi à une minimisation de la fonction étatique conçue en tant qu’autorité maîtrisant l'information. Pour Julian Assange, « l’organisation de fuites constitue une action intrinsèquement anti-autoritaire[24] ».

Partant du constat que les guerres du XXe siècle sont souvent parties de diffusion d'informations maîtrisées par les dirigeants qui voulaient la guerre, Assange déclare : « cela signifie que les populations n’aiment pas les guerres et qu’il faut leur mentir. Cela signifie que la vérité peut nous emmener vers la paix[25]. ».

L'asymétrie d'information constatée entre les autorités publiques et les citoyens constitue une grille de lecture que Julian Assange, dans le sillage d'un nombre croissant d'économistes, entend appliquer également à la compréhension du mode de fonctionnement des entreprises ; l'objectif final restant néanmoins pour Assange de corriger les défauts d'une telle asymétrie et, ce faisant, de mettre à nu le cynisme qu'elle favorise.

WikiLeaksModifier

 
Julian Assange, à la conférence SKUP pour le journalisme d'investigation, en Norvège en mars 2010

Assange est connu pour ses actions au sein de l'organisation WikiLeaks[26] (« leaks » signifie « fuites » en anglais), au conseil d'administration de laquelle il participe. Il est également l'un de ses porte-parole les plus connus. Il serait même le fondateur[27] (même s'il ne se présente pas ainsi[28]) et responsable du site Web de WikiLeaks[29]. Il possède un droit de veto sur la publication de tout document soumis à WikiLeaks[30]. Début 2010, il déclare qu’aucun des cinq membres du personnel de WikiLeaks ne perçoit de salaire[28].

En , il reçoit le soutien de Daniel Ellsberg qui, en 1971, avait été à l'origine de la divulgation des Pentagon Papers. Le , les autorités suédoises rejettent sa demande de permis de travail et de résidence, alors qu'il avait spécifiquement opté pour la Suède, afin de bénéficier de la protection des sources des journalistes, à propos desquelles la législation de ce pays est particulièrement stricte[31]. Ce rejet intervient au moment où WikiLeaks s'apprêtait à publier des documents sur la guerre d'Irak[32].

Julian Assange a publié plusieurs millions de documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l'armée américaine en Irak sur le site WikiLeaks. Il a également dénoncé les circuits de corruption de dictateurs africains ou de certaines compagnies russes offshore[33].

Principaux événements de l’affaire AssangeModifier

Julian Assange est au cœur d'une affaire politico-judiciaire d'envergure internationale depuis 2010. À la suite de révélations accablantes de WikiLeaks sur la manière dont les États-Unis et ses alliés mènent la guerre en Irak et en Afghanistan, il est accusé d'agressions sexuelles en Suède. Dès lors, Julian Assange plaidera son innocence et s'évertuera à échapper à une extradition vers les États-Unis.

Publication de documents secrets américains sur la guerre en Irak et en AfghanistanModifier

Images vidéo d'une caméra filmant la frappe aérienne du 12 juillet 2007 à Bagdad sur des civils par les États-Unis, entraînant la mort d’au moins 18 personnes, dont deux journalistes.

En , WikiLeaks publie des documents classifiés sur la guerre d’Irak et notamment la vidéo Collateral murder[33]. Chelsea Manning est l'analyste militaire qui lui fournit les documents, sachant qu’elle risquait d'être poursuivie pour trahison.

Les autorités des États-Unis commencent à enquêter sur WikiLeaks et Assange en vertu de la loi sur l'Espionnage de 1917[34], ce que confirme en le ministre de la Justice américain, Eric Holder. Un grand jury est constitué à Alexandria en Virginie[35],[36].

Mandat d'arrêt suédois pour délit sexuelModifier

Le , la justice suédoise révèle suspecter Julian Assange de délits sexuels (viol mineur)[37],[38],[39],[40] à l'encontre de deux femmes suédoises. Les deux femmes, amies, ont fait une déposition commune auprès du commissariat local quelques jours après avoir eu des relations sexuelles séparées et répétées avec Julian Assange[41]. Quelques heures après l'émission du communiqué de presse, le Parquet lève l'avis de recherche « estimant qu'en fait M. Assange « n'était pas suspect de viol ». En revanche, l'enquête pour agression se poursuit[41]. » Julian Assange nie formellement les faits, et reconnaît avoir eu une relation sexuelle, consentie, avec les deux femmes. Ces dernières ne nient pas que la relation était initialement consentie, mais affirment qu'Assange aurait retiré son préservatif sans qu'elles l'y aient autorisé. Le refus d’arrêter immédiatement les ébats après la rupture d'un préservatif est un acte condamnable en droit suédois[42],[43],[40].

Cette accusation survient peu de temps après que WikiLeaks a publié 77 000 documents confidentiels de l'armée américaine sur la guerre en Afghanistan[41], déclenchant la « fureur du Pentagone », puis annoncé, le , vouloir en publier 15 000 nouveaux. Cette concomitance ne semble pas fortuite à certains commentateurs. « Cette affaire ressemble fort à un coup tordu des services, à l'ancienne », affirme, par exemple, Le Canard enchaîné[44].

Le , quelques jours après les révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks, le parquet suédois, après avoir abandonné les poursuites et l'avoir autorisé à quitter le territoire, émet un mandat d'arrêt[45],[46] à des fins d'interrogatoire contre Julian Assange, afin de l'interroger sur des suspicions de « viol mineur »[37] et d'agression sexuelle[47]. Julian Assange se déclare prêt à être interrogé[45].

Interviewé sur CNN, il réfute la pertinence de la procédure pénale à son encontre (il n'est d'ailleurs pas mis en examen)[48], déclarant comme infondées les accusations portées contre lui, puis ajoute : « On ne peut pas mettre sur le même plan l'énormité des informations que je révèle, concernant la mort de 109 000 civils en Irak, avec les accusations triviales portées contre moi ». Depuis le , il est l'objet d'un mandat d'arrêt international de la part de la Suède relayé par Interpol[49],[50],[51] pour cette affaire[52].

Liberté surveillée, sous caution au Royaume-UniModifier

 
Assange parle sur les marches de la Cathédrale Saint-Paul de Londres le 16 octobre 2011.

Le , alors qu'il se rendait à une convocation judiciaire concernant l'affaire suédoise, Assange est arrêté par la police britannique, qui lui fait savoir son intention de l'extrader vers la Suède[53].

Une semaine après son arrestation, Julian Assange bénéficie d'une décision de remise en liberté surveillée sous réserve du paiement d'une caution fixée à hauteur de 240 000 £ (282 000 )[54]. La décision contestée par l'accusation est confirmée en appel par la Haute Cour de justice de Londres le [55]. Un comité de soutien, qui réunit des personnalités comme Michael Moore[56], Ken Loach, Jemima Khan ou Bianca Jagger[55], se mobilise pour réunir la caution requise et obtenir la libération effective de Julian Assange[57].

Le , après le versement d'une caution de 282 000  exigée pour sa libération conditionnelle, Julian Assange est libéré mais doit porter un bracelet électronique[58].

Finalement, Julian Assange fait appel devant la Cour suprême du Royaume-Uni, qui rejette en sa demande de ne pas être extradé vers la Suède, considérant ainsi que le mandat d'arrêt européen lancé contre lui pour interrogatoire est valide[59].

Refuge à l'ambassade de l'Équateur à LondresModifier

 
Ambassade de l'Équateur à Londres, 16 août 2012.

Poursuivi par la justice britannique du fait du mandat d’arrêt suédois, Julian Assange se réfugie le dans l’ambassade équatorienne de Londres — alors qu’il était en liberté sous caution au Royaume-Uni — pour y déposer une demande d'asile politique. Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patiño, confirme sa demande, déclare que son gouvernement va l'étudier et qu'en attendant Julian Assange peut rester à l'intérieur de l'ambassade[60],[61],[62],[63]. Il vivra reclus, dans une pièce exiguë aménagée en studio au sein de l’ambassade, jusqu’au 11 avril 2019. Ne pouvant sortir et recevant peu de visiteurs, Julian Assange y séjourne dans des conditions qu’il relate comme éprouvantes[64],[21].

Asile politique et menaces britanniquesModifier

Le Metropolitan Police Service de Londres déclare que Julian Assange a violé les obligations de sa liberté conditionnelle et qu'il sera arrêté dès que possible[65]. Un mandat d'arrêt est donc émis contre lui, pour ne pas avoir respecté les clauses de sa liberté sous caution[66],[67].

Les autorités britanniques semblent déterminées à procéder à l’arrestation de Julian Assange, elles se montrent menaçantes envers l’Équateur. Elles envoient notamment une lettre à la diplomatie équatorienne, expliquant que le Royaume-Uni était dans son droit pour intervenir au sein de l’ambassade pour arrêter Julian Assange, suggérant donc que si l’Équateur ne restituait pas Assange elles lanceraient l’assaut, une menace d’attaque à la souveraineté de l’Équateur choquante pour la diplomatie équatorienne. Le 15 août 2012, le ministre des Affaires étrangères Ricardo Patino, lors d'une conférence de presse à Quito déclare «Aujourd'hui nous avons reçu du Royaume-Uni la menace expresse et par écrit qu'un assaut pourrait être lancé contre notre ambassade à Londres si l’Équateur ne lui remet pas Julian Assange», il ajoute «L’Équateur rejette de la manière la plus énergique la menace explicite»[60],[68]. L’ambassade équatorienne de Londres s’est déclarée « profondément choquée par les menaces du gouvernement britannique contre la souveraineté de l'Ambassade de l'Équateur et leur suggestion d’une entrée en force dans l'ambassade »[69],[68],[60]. Le journal The Guardian publie des extraits de cette lettre, confirmant les menaces du Royaume-Uni de lancer un assaut sur l’ambassade : « Vous devez être conscient qu’il y a des lois au Royaume-Uni, comme le Diplomatic and Consular Premises Act de 1987, qui nous permettrait de prendre des mesures afin d'arrêter M. Assange dans les locaux de l'ambassade »[70],[60]. Un porte-parole du ministère des affaires étrangères britanniques déclare que « En vertu du droit britannique, nous pouvons leur donner une semaine de préavis avant d'entrer dans les locaux de l'ambassade, et il n’y aura plus de protection diplomatique », précisant que cette décision n’avait « pas encore été prise »[71],[68],[60].

Le , le ministre des Affaires étrangères de l'Équateur, M. Ricardo Patiño, annonce que l’Équateur accorde l'asile politique à Julian Assange[60],[72] malgré des pressions insistantes du Royaume-Uni[60],[73].

S'exprimant au balcon de l'ambassade équatorienne à Londres le , Julien Assange déclare « WikiLeaks est sous le coup de menaces, tout comme la liberté d'expression et la santé de l'ensemble de nos sociétés. Les États-Unis doivent renoncer à la chasse aux sorcières lancée contre WikiLeaks »[74].

 
Julien Assange s’exprimant au balcon de l'ambassade équatorienne à Londres le .

Le ministère des Affaires étrangères britannique fait savoir qu'il va faire arrêter M. Assange en vue de son extradition dès qu'il posera le pied dehors. L'ambassade équatorienne occupe seulement une partie de son immeuble, les escaliers, les ascenseurs et la porte d'entrée n'en font pas partie. Scotland Yard affirme dépenser 65 000  par jour pour surveiller le pâté de maisons à l'aide de deux camionnettes et 50 hommes, dont plusieurs à l'intérieur du bâtiment[75],[63].

En , Scotland Yard déclare qu'en presque deux ans passés à l'ambassade, les coûts de surveillance policière se sont élevés à plus de 5,9 millions de livres[63],[76],[77] (plus de 7 millions d'euros). Ces charges sont le résultat d'une garde ininterrompue effectuée par trois agents, coûtant chacun 11 000 livres par jour (plus de 13 000 euros). Plusieurs députés, dont Jenny Jones, se sont insurgés contre ces dépenses[78].

Abandon des poursuites en SuèdeModifier

Le , les accusations d'agression sexuelle sont prescrites[79],[79], mais Julian Assange reste enfermé dans l'ambassade d'Équateur où il s'est réfugié, disant craindre une extradition vers les États-Unis[80] et toujours sous le coup du mandat d'arrêt international lancé par la Suède, malgré l'avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU rendu le , après un an et demi d’enquête, qui estime qu’il est victime d’une détention arbitraire et demandant qu'il retrouve sa liberté de mouvement[81],[82]. Le , le tribunal suédois chargé de l'affaire confirme le mandat d'arrêt européen pour les faits présumés de viol qu'il aurait commis. Ses avocats annoncent dans la foulée faire un recours devant la Cour Suprême[83].

Le , John Jones, avocat d'Assange au Royaume-Uni, meurt percuté par un train[84].

Les 14 et , Julian Assange fait sa première déposition auprès d’Ingrid Isgren, magistrate suédoise, dans les locaux de l'ambassade équatorienne[85],[86]. Il y expose les accusations dont il fait l'objet, et le contexte politique et journalistique entourant la publication des câbles diplomatiques américains[87].

Le parquet suédois annonce abandonner les poursuites pour viol contre Julian Assange le [88],[89],[90],[91],[92]. L'affaire est classée sans suite en raison de la longueur de la procédure.

Maintien du mandat d’arrêt britanniqueModifier

Après l’arrêt de la procédure suédoise en , subsiste le mandat d’arrêt britannique[66].

Le , l'Équateur délivre à Julian Assange la nationalité équatorienne[93],[94],[95], la chef de la diplomatie équatorienne Maria Fernanda Espinosa déclare avoir demandé à Londres d’accorder un statut diplomatique à Assange, ce qui a été refusé par le gouvernement britannique[95].

Le , la justice britannique refuse à Julian Assange la levée du mandat d’arrêt à son encontre[66] ; elle s'est prononcée à nouveau sur le maintien de ce mandat d’arrêt le et a décidé que son maintien n'allait « pas à l’encontre de l’intérêt public »[96].

Quelques jours plus tard, le quotidien The Guardian révèle que depuis 2013 la justice suédoise souhaitait clore l'affaire mais subissait des pressions britanniques[97].

Le , le nouveau gouvernement équatorien suspend les communications d'Assange avec l'extérieur. Cette décision sanctionne la « violation de son engagement, pris à la fin de 2017, de ne pas émettre des messages comportant une ingérence dans les affaires d'autres États »[98]. Le le président équatorien Lenín Moreno se rend à Londres. Selon le journaliste Glenn Greenwald, cette visite pourrait donner lieu à un accord entre le Royaume-Uni et l’Équateur aux termes duquel Assange serait expulsé de l'ambassade et remis aux autorités britanniques[99].

Surveillé par Scotland Yard et espionné par les États-UnisModifier

Durant son séjour à l'ambassade, Assange est espionné en permanence par la CIA américaine. La société de sécurité espagnole Undercover Global a installé des micros dans les extincteurs de l'ambassade et dans les toilettes des femmes, où les avocats d'Assange se réunissaient par crainte d'être espionnés, ainsi qu'un système permettant aux États-Unis de suivre tous les enregistrements en direct[100],[101].

Scotland Yard surveillera Julian Assange en permanence pendant les 7 années de son asile. Les coûts de surveillance policière se sont élevés à plus de 10 millions de livres[63],[76],[77] (plus de 13 millions d'euros).

Fin de l’asile politique et déchéance de la nationalité équatorienneModifier

En 2019, Lenin Moreno, le nouveau président de l’Équateur, aimerait se débarrasser de Julian Assange qu’il décrit comme un « problème hérité » de ses prédécesseurs, un pirate informatique et un « caillou dans la chaussure »[102],[103].

Le 3 avril 2019, WikiLeaks publie l'affaire « INA Papers », elle accuse Lenin Moreno et sa famille d'être impliqués dans une affaire de corruption, qui leur aurait permis de s'enrichir via des comptes d'entreprises fictives basées au Panama. WikiLeaks nomme l’affaire « INA » en référence aux prénoms des filles du président Irina, Cristina et Karina, qui ont inspiré une de ces fausses entreprises : INA Investment. Ces révélations ont fortement déplu à Lenin Moreno, qui accuse l'opposition, et notamment son prédécesseur, Rafael Correa, de mener une campagne calomnieuse[104],[105],[106],[107],[108].

Début avril 2019, WikiLeaks déclare qu'Assange est sur le point d’être expulsé de l’ambassade. L'Équateur « rejette catégoriquement les fausses nouvelles qui ont circulé récemment sur les réseaux sociaux, propagées en grande partie par une organisation liée à M. Assange, évoquant une résiliation imminente de l’asile diplomatique qui lui a été accordé depuis 2012 »[109],[110]. L’ancien président, Rafael Correa déclare : « C'est une vengeance personnelle du président Lenin Moreno parce que WikiLeaks il y a quelques jours a publié un cas de corruption très grave »[108].

En , le président équatorien, Lenín Moreno, le déchoit de la nationalité équatorienne[111] — obtenue l’année précédente sous la présidence de Rafael Correa — et met fin à son droit d'asile[112],[104]. Le président équatorien, évoque une décision « souveraine après les violations répétées des conventions internationales et des protocoles de cohabitation » au sein de l'ambassade. Lenín Moreno déclare « J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l’a confirmé par écrit »[112].

Arrestation à l'ambassade de l'Équateur à LondresModifier

Le , Assange est arrêté dans l'enceinte de l'ambassade par la police britannique (Metropolitan Police Service)[113],[114]. Il y était confiné depuis 2 487 jours[115]. Visiblement affaibli, il est porté par six policiers et embarqué à bord d’un fourgon de police. Selon un communiqué de la police britannique, c’est l’ambassadeur d’Équateur lui-même qui a « invité » les policiers à se rendre dans ses locaux.

En pleine tourmente du Brexit, la Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, déclare devant les députés que « personne n'est au-dessus des lois ». Le secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth, Jeremy Hunt, ajoute que Julian Assange « a fui la vérité pendant des années et il est juste que son avenir soit décidé par le système judiciaire britannique »[116].

Saisie de ses affaires personnelles sur demande des États-UnisModifier

Après une tentative infructueuse de Kristinn Hrafnsson (en), rédacteur en chef de WikiLeaks, désireux de récupérer ses affaires personnelles à l'ambassade d'Équateur au Royaume-Uni, le procureur général de ce pays[Lequel ?] informe l'avocat de Julian Assange que ses fichiers, ordinateurs, téléphones portables et autres appareils électroniques seraient saisis lors d'une perquisition à l'ambassade de Londres et envoyés aux États-Unis[117].

Incarcération au Royaume-UniModifier

Assange est incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh le , puis condamné le , à 50 semaines de prison pour violation des conditions de sa liberté provisoire au Royaume-Uni en 2012. Il plaide non-coupable[118].

Conditions de détentionModifier

Julian Assange est soumis à un isolement strict en principe réservé aux terroristes internationaux, alors qu'il est journaliste en détention provisoire. Il est maintenu 23 heures par jour dans un isolement total et ne dispose que de 45 minutes par jour de promenade dans une cour revêtue de béton. Quand il quitte sa cellule, « tous les couloirs par lesquels ils passent sont évacués et toutes les portes des cellules sont fermées pour éviter tout contact avec les autres détenus »[119].

Le , Nils Melzer (en), rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et les traitements humains, alerte sur son état de santé en déclarant que l’« exposition continue [d’Assange] à l’arbitraire et aux abus pourrait lui coûter bientôt la vie »[120],[121],[122]. Nils Melzer, ainsi que deux experts médicaux spécialisés dans l'examen des victimes de torture ont rendu visite à Julian Assange le , et indiquent à son sujet : « En plus de maux physiques, M. Assange présente tous les symptômes typiques d'une exposition prolongée à la torture psychologique, une anxiété chronique et des traumatismes psychologiques intenses[123],[124] ». En , son père, John Shipton, déclare : « Julian est émacié et son état de santé laisse à désirer. Il souffre d’anxiété. Il est certes toujours dans un état d’esprit combatif, mais sa santé décline rapidement[125]. »

Le 21 octobre 2019, Julian Assange faisait sa première apparition publique depuis le mois de mai à l’occasion d’une audience devant un tribunal londonien au cours de laquelle les photos étaient interdites. L’ex-diplomate britannique Craig Murray, militant des droits de l'homme, a assisté à cette audience et déclare : « Pour avoir assisté en Ouzbékistan aux procès de plusieurs victimes de tortures extrêmes et avoir travaillé avec des survivants de Sierra Leone et d’ailleurs, je peux vous dire que […] Julian présente exactement les symptômes d’une victime de torture. » Il décrit un Julian Assange le regard perdu, peinant à articuler et à comprendre ce que la présidente du tribunal lui demandait[126],[121]. Dans un communiqué diffusé le jour de son audience ce 21 octobre, la section britannique de l’ONG Amnesty International avait enjoint aux autorités de « reconnaître le risque sérieux de violation des droits humains auquel Julian Assange ferait face s’il était envoyé aux États-Unis » et les appelaient à « rejeter la demande d’extradition »[127],[121]. En février 2020, l’ONG lance une nouvelle campagne à l’approche d'une l’audience consacrée à la demande d’extradition de Julian Assange par les États-Unis. L'ONG demande d' « abandonner les accusations visant Julian Assange et mettre fin à son extradition »[128],[129].

Le 17 février 2020, un groupe de 117 médecins de 18 pays publie une lettre ouverte dans la revue médicale britannique The Lancet[130]. Ils accusent le gouvernement britannique de porter atteinte au droit fondamental de Julian Assange d'accéder aux soins médicaux et appellent à la fin des « tortures et privations de soins » qui pourraient entraîner sa mort. Ils estiment que « si Assange venait à mourir dans une prison britannique, comme l’a averti le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture Nils Melzer en novembre [2019], il aura effectivement été torturé jusqu’à la mort »[131],[132].

Clôture définitive de l’affaire en SuèdeModifier

Le 13 mai 2019, la justice suédoise rouvre l'enquête pour viol[133],[134],[135],[136]. Le 19 novembre 2019, le parquet suédois annonce classer sans suite l'enquête pour viol, faute d’avoir réuni les « preuves requises pour une condamnation »[137],[138],[139],[140],[92], quelques mois après l'arrestation de Julian Assange par les britanniques.

L’affaire aura duré 9 années, des accusations de « délit sexuel » en novembre 2010, à leur prescription le , puis l’abandon des poursuites par le parquet suédois le [91]. Et enfin la réouverture d’une enquête avant sa clôture définitive, faute de preuves, en 2019[141],[137].

L’affaire en justice suédoise se révélera être instrumentalisée par le Royaume-Uni, pour maintenir Assange sous mandat d’arrêt, et justifier son arrestation. Le quotidien The Guardian révèle que depuis 2013 la justice suédoise souhaitait clore l'affaire mais subissait des pressions Britanniques[97].

Possible extradition vers les États-UnisModifier

En 2019, au Royaume-Uni, l’affaire divise. L’opposition travailliste a appelé le gouvernement à s’opposer à la demande américaine, soutenant que Julian Assange a contribué « à exposer des preuves d’atrocités en Irak et en Afghanistan » attribuées à l’armée américaine. Le gouvernement conservateur s’est de son côté attaché à présenter Julian Assange en justiciable comme les autres. « Personne n’est au-dessus des lois », a ainsi déclaré la première ministre Theresa May, tandis que le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a jugé qu’il n’était « pas un héros »[118].

Dans un premier temps, les États-Unis demandent l’extradition de Julian Assange afin qu’il soit jugé pour piratage informatique. En , il est inculpé d'espionnage aux États-Unis, ce qui modifie la portée d'un éventuel procès[142]. Sous l'administration Obama, les États-Unis font de son arrestation une « priorité », alors qu’Hillary Clinton est secrétaire d'État[114]. Cette dernière se déclare satisfaite de cette arrestation en estimant qu'il était temps qu'Assange s'explique devant la justice[143].

Une seule charge était retenue par les États-Unis contre Julian Assange[144]. Il s'agissait d'une inculpation liée à l'aide qu'il aurait fournie à Chelsea Manning pour lui éviter d'être identifiée lorsqu'elle s'est introduite dans le système informatique de l'armée américaine[145]. C'est donc un crime informatique et non un acte de trahison ou d'espionnage qui était reproché à Assange.

Les journalistes pensaient que la justice américaine serait embarrassée pour aller plus loin du fait d'une part de la haute importance de la liberté de la presse aux États-Unis et d'autre part de la complicité « objective » accordée à Assange par des grands journaux dans la diffusion des informations qui ont mis en cause les États-Unis. « Si Julian Assange était poursuivi pour la publication de documents, cela ferait logiquement des médias ayant collaboré avec lui des complices, impliquant ainsi dans la procédure des journaux tels que The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, Le Monde, Libération, ou encore Mediapart[146]. »

Le ministère de la Justice américaine a cependant indiqué qu'il se réservait le droit d'engager d'autres poursuites contre Assange[147]. En , la justice américaine inculpe Assange pour espionnage et 17 autres chefs d'accusation, ce qui modifie la portée du procès qui pourrait lui être intenté aux États-Unis[142]. Il risquerait ainsi 175 ans de prison. La justice britannique doit investiguer la demande d'extradition à partir du lors d'une audience dont la durée pourrait être de plusieurs semaines[148].

Amnesty International demande au Royaume-Uni de refuser d'extrader ou de renvoyer aux États-Unis Julian Assange, qui risque selon elle d'y être torturé ou exécuté[149]. Des experts indépendants de l'ONU déclarent que son arrestation « l'exposait au risque de graves violations des droits humains s'il est extradé aux États-Unis »[150],[151].

En février 2020, une pétition mondiale est lancée par Amnesty International pour réclamer l’abandon de ces accusations[152]. En France, Éric Dupond-Moretti, avocat français chargé de la défense d’Assange, va déposer officiellement une demande d’asile politique[153].

RéactionsModifier

États-Unis : traque judiciaireModifier

En , WikiLeaks publie des documents classifiés sur la guerre d’Irak et notamment la vidéo Collateral murder.

Les autorités des États-Unis commencent à enquêter sur WikiLeaks et Assange en vertu de la loi sur l'Espionnage de 1917[34], ce que confirme en le ministre de la Justice américain, Eric Holder. Un grand jury est constitué à Alexandria en Virginie[35],[36].

Chelsea Manning, l'analyste militaire qui a fourni les documents, sera condamnée pour espionnage, en 2013, à 35 ans de prison. Elle est graciée après sept ans de détention par le président Obama, le [154].

En outre des enquêtes sont lancées contre Assange par plusieurs agences gouvernementales[155], notamment le FBI[156]. Des documents judiciaires publiés en montrent qu'Assange était encore sous enquête « active et permanente » à cette date[157].

Selon d'autres documents publiés en 2014 par Edward Snowden, le gouvernement des États-Unis a inscrit Assange sur sa liste des personnes les plus recherchées (2010 Manhunting Timeline)[158] et a demandé à ses alliés d'ouvrir des enquêtes pénales contre lui[159]. Ces mêmes documents incluent une proposition de la NSA de traiter WikiLeaks comme un « acteur étranger malveillant ».

En , le site de WikiLeaks rapporte que trois de ses membres ont reçu un avis de Google les informant que cette entreprise avait dû, en , remettre à la justice fédérale leurs e-mails et métadonnées[160], du fait d'un mandat émis pour espionnage, complot en vue de commettre de l'espionnage, vol ou soustraction de biens appartenant au gouvernement des États-Unis, violation du Computer fraud and Abuse Act, et conspiration générale — chefs d'accusation pouvant valoir jusqu'à 45 ans de prison.

En , des réquisitions judiciaires confirment que les poursuites contre Wikileaks restent en cours[161]. En , un fonctionnaire déclare à CNN que l'acte d'accusation formel contre Assange est en cours de rédaction[162].

L’analyste politique Bob Beckel déclare en sur Fox News qu'il faudrait éliminer Julian Assange en disant : « un homme mort ne peut plus divulguer quoi que ce soit. Ce type est un traître, et il a désobéi à toutes les lois des États-Unis. Ce type devrait — je veux dire, je ne suis pas pour la peine de mort, il n’y a qu’une chose à faire, tirer sur ce fils de pute illégalement[163] ». La même année, Donald Trump, déclare souhaiter qu’il soit exécuté. Christopher Matthews, ancien membre de la direction du Parti démocrate et animateur-vedette de la chaîne MSNBC, estime que les services secrets américains devraient « agir à l’israélienne et enlever Assange »[164].

Le , Michael Ratner (en), avocat d'Assange à New York, meurt d'un cancer[165],[166].

Chelsea Manning est de nouveau emprisonnée le 16 mai 2019 à la suite de son refus de témoigner dans le dossier concernant WikiLeaks. Elle est depuis détenue au Alexandria detention center aux États-Unis[91].

Les États-Unis décident le d’inculper Julian Assange pour « espionnage », il encourt 175 ans de prison[167],[168].

Royaume-Uni : 7 ans de surveillance très coûteuse, puis incarcérationModifier

Suite au mandat suédois de 2010, la justice britannique place Julian Assange en liberté surveillée, lui imposant le port d’un bracelet électronique et le paiement d’une caution de 282 000 . En , la Cour suprême du Royaume-Uni, rejette son appel ainsi que sa demande de ne pas être extradé vers la Suède, considérant que le mandat d'arrêt européen lancé contre lui pour interrogatoire est valide. Assange s'étant alors réfugié dans l’ambassade de l’Équateur à Londres, les autorités britanniques font tout pour le récupérer, allant jusqu'à menacer les autorités équatoriennes de prendre l'ambassade d’assaut si elles ne leur restituaient pas Julian Assange. Après l'octroi par l’Équateur du droit d’asile à ce dernier, le Royaume-Uni le place sous surveillance permanente par Scotland Yard et engage des moyens importants (jusqu’à 13 millions d’euros), ce qui fut dénoncé par certains membres du parlement britannique. Le quotidien The Guardian révèle que depuis 2013 la justice suédoise souhaitait clore l'affaire mais subissait des pressions britanniques. Les autorités Britanniques maintiennent le mandat d’arrêt, considérant qu’Assange avait violé sa liberté conditionnelle.

À la faveur de l'accession au pouvoir de Lenin Moreno, les autorités britanniques incitent l’Équateur à déchoir Assange de la nationalité équatorienne qui lui avait été accordée et à mettre fin à son droit d’asile. Elles l’arrêtent manu militari le 11 avril 2019 dans l’ambassade d’Équateur[169] puis l’incarcèrent dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, puis le condamnent le 1er mai 2019, à 50 semaines de prison pour violation des conditions de sa liberté provisoire au Royaume-Uni en 2012. Il plaide non-coupable tandis que des observateurs dénoncent des conditions de détention inhumaines qu'il subit ainsi maintenu dans un isolement complet.

Le 24 février 2020, la justice britannique entame la procédure d'examen de la demande d'extradition américaine. Elle statuera sur le bien-fondé du transfert du fondateur de WikiLeaks aux États-Unis, où il encourt jusqu’à 175 ans de prison pour espionnage.

Le 13 mai 2020, la juge Vanessa Baraitser décide de reporter au 7 septembre la reprise de l’audience en extradition[170]. Assange est toujours détenu dans la prison de haute sécurité de Londres ; tout en sachant le coronavirus actif à Belmarsh, la juge lui avait refusé la liberté provisoire même après les demandes de ses avocats à cause de sa santé déjà fragile ; il est père de deux enfants, leur mère avait en vain imploré qu’il puisse les voir[171].

Suède : neuf ans de procédures judiciaires infructueusesModifier

En novembre 2010, Julian Assange est accusé de « délit sexuel » en Suède, jusqu’à la prescription des faits le , puis l’abandon des poursuites par le parquet suédois le [91]. Après avoir rouvert l'enquête pour viol, le parquet suédois la clôture définitivement le 19 novembre 2019, faute de preuves[141],[137].

Équateur : Octroi de l'asile politique et retrait par le nouveau gouvernementModifier

Le , le ministre des Affaires étrangères de l'Équateur, M. Ricardo Patiño, annonce que l’Équateur accorde l'asile politique à Julian Assange[60],[72] malgré des pressions insistantes du Royaume-Uni[60],[73].

En 2019, afin de justifier le retrait du droit d'asile de Julian Assange, le nouveau président de l’Équateur, le très pro-américain Lenin Moreno, accuse Julian Assange d'avoir tenté de créer un « centre d'espionnage » dans l'ambassade. Il reproche au précédent gouvernement de son pays d'avoir « fourni des équipements dans l'ambassade qui ont permis d'interférer dans les affaires d'autres États »[172].

France : réactions et demandes d’asile politiqueModifier

Le , alors qu'il se trouve dans l'ambassade d'Équateur à Londres, il intervient en direct via Skype dans un meeting du Parti de gauche, sur son invitation et celle de Jean-Luc Mélenchon qui décident de lui offrir une tribune[173],[174]. Julian Assange profite de cette occasion pour décrire sa situation et expliquer les enjeux à venir quant aux négociations diplomatiques. Il se fait le porte-parole des médias « libres et indépendants » et en profite pour remercier publiquement les gouvernements d'Amérique latine pour leur soutien[Lesquels ?]. Le jeudi , Jean-Luc Mélenchon rencontre Julian Assange à l'ambassade d'Equateur à Londres, et demande publiquement à la Suède de renoncer à le faire extrader vers les États-Unis[175].

En , Assange confie à Antoine de Caunes, dans le Grand Journal, recevoir la visite et le soutien de personnalités telles Lady Gaga, Oliver Stone, Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon[176]. Le , Éric Cantona lui rend visite à l'ambassade d'Équateur pour lui apporter son soutien[177].

En , à la suite des révélations de WikiLeaks sur l'espionnage de la France par les États-Unis[178], notamment de trois Présidents de la République, de ministres, de hauts fonctionnaires, de parlementaires et de diplomates qui ont été surveillés téléphoniquement pendant près d’une décennie par les services de renseignement américains, de nombreuses personnalités s'indignent dans la classe politique française[179],[180],[181],[182].

En 2015, une lettre de soutien signée par une trentaine d'artistes et intellectuels, dont Jacques Audiard, Eric Cantona, Matthieu Kassovitz, Edgar Morin, Costa-Gavras, Eva Joly, Thomas Piketty, Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Disiz, Romain Duris, Mouloud Achour, et Tahar Rahim, appelle à son asile politique[183],[184],[185].

En , Julian Assange participe aux journées d'été des Verts via vidéo-conférence[186],[187].

Le , à la suite de déclarations de la ministre de la justice Christiane Taubira se disant favorable à son accueil en France[188], Julian Assange adresse une lettre au président de la République François Hollande, et à travers lui une « lettre au peuple français » publiée dans Le Monde. Il révèle avoir créé Wikileaks à Paris et être père d'un enfant français qui vit en France avec sa mère. Il précise que sa famille avait fait face à des menaces de mort et à du harcèlement à cause de son activisme, les forçant à changer d'identité et à réduire les contacts avec lui. Il demande à François Hollande de lui « offrir la protection nécessaire »[21],[189]. La lettre est interprétée comme une demande d'asile par l'Élysée, qui la rejette 45 minutes après sa publication par voie de communiqué, invoquant « l'absence d'urgence » de la situation et l'existence d'un mandat d'arrêt européen[190],[191],[192]. La décision est largement critiquée par la société civile et la classe politique française, EELV parlant notamment de « déshonneur de la République[184] ». Julian Assange réagira en déclarant avoir reçu un « coup de poignard dans le dos » de la part de François Hollande[193].

En , dans un entretien à l’émission Questions politiques, Jean-Luc Mélenchon déclare que s'il venait à gagner l'élection présidentielle française de 2017, il accorderait la nationalité française à Julian Assange ainsi qu'à Edward Snowden et que la France les accueillerait[194].

En février 2020, Éric Dupond-Moretti, avocat français chargé de la défense d’Assange, dépose officiellement une demande d’asile politique[153].

Suisse : potentielle demande d'asile et rejet d'un compte bancaireModifier

Le , Julian Assange hésite encore à solliciter l’asile politique en Suisse qu´il a évoqué dans un entretien télévisé accordé à la RTS le [195](08:37/17:56). Trois jours après, le compte en banque destiné à la collecte de fonds pour la défense de Julian Assange est consigné chez PostFinance.

Le , Donald S. Beyer, ambassadeur des États-Unis à Berne, met en garde le gouvernement suisse contre les conséquences qui pourraient découler d'un octroi de l'asile politique à Julian Assange, tandis que le service de paiement en ligne basé aux États-Unis, PayPal, annonce avoir bloqué les transferts financiers au bénéfice de WikiLeaks. Le même jour, le porte-parole de PostFinance fait part de la nécessité de procéder à des investigations complémentaires, pour vérifier l’authenticité de l'adresse légale en Suisse communiquée par le souscripteur, en raison des doutes qui entoureraient sa légitimité, voire son existence factuelle[196].

Le , PostFinance décide de clôturer le compte de Julian Assange, pour cause de renseignements erronés[197].

Neuf ans plus tard, le , le débat est relancé lorsque deux élus du canton de Genève, le député des Verts au Grand Conseil genevois Jean Rossiaud et le conseiller d'État genevois Mauro Poggia, se disent favorables à la délivrance d'un visa humanitaire à Assange. Selon Poggia, la décision finale incombe à la Confédération suisse[198].

Soutiens déclarés à Assange pour défendre la liberté de la presseModifier

 
Manifestation devant l’ambassade équatorienne à Londres pour la libération de Assange, le 13 juin 2013.

Plusieurs magistrats, personnalités politiques et associations considèrent que l'arrestation du journaliste constitue une attaque à la liberté de la presse et au droit international[199]. Le président du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, Tiny Kox, a ainsi demandé à la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatovic, si l'arrestation de Julian Assange et une éventuelle extradition vers les États-Unis sont bien conformes aux critères de la Convention européenne des droits de l’homme, parce que désormais, d'après ce député néerlandais, le journaliste arrêté en Grande-Bretagne peut bénéficier de la protection de l'Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme[200]. WikiLeaks a en effet été reconnu comme un média par un tribunal britannique[201].

Eva Joly, magistrate et députée européenne, déclare que l'arrestation de Julian Assange constituait une attaque contre la liberté de la presse, le droit international et le droit d'asile[202]. De même, la députée allemande au Bundestag Sevim Dağdelen, spécialisée dans les questions de droit international et de droit de la presse, a qualifié l'arrestation de l'informateur d' « attaque contre le journalisme indépendant » et a déclaré qu'il « est aujourd’hui gravement en danger »[203],[204]. Dick Marty, ancien procureur général du Tessin et rapporteur sur les prisons secrètes de la CIA pour le Conseil de l'Europe, juge que l'arrestation du lanceur d'alerte est « très choquante » parce qu'il « n'a fait que dire la vérité »[205]. Plusieurs juristes suisses de renom ont même demandé au Conseil fédéral d'accorder l'asile du fondateur de Wikileaks parce qu'il est menacé d'extradition vers les États-Unis, qui ont par le passé « réduit au silence des lanceurs d'alertes »[206].

Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste britannique, a déclaré sur Twitter que « le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange vers les États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités commises en Irak et en Afghanistan »[207]. Ron Paul, représentant du Texas à la Chambre des représentants et candidat à l'élection présidentielle de 1988, s'est également prononcé en faveur de Julian Assange. En 2010, il a déclaré que « dans une société libre, nous sommes censés connaître la vérité. Si dans notre société la vérité devient trahison, alors nous avons de sérieux problèmes. En ce moment même, des personnes sont persécutées pour avoir révélé la vérité. » Il ajoute « C’est un média, non ? Je veux dire, pourquoi ne poursuivons-nous pas en justice le New York Times ou quiconque publierait cette information[208] ? »

Plusieurs associations s'inquiètent également des risques encourus par le fondateur de WikiLeaks s'il venait à être extradé aux États-Unis. Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, a déclaré que « viser Assange […] serait une mesure strictement punitive et constituerait un dangereux précédent pour les journalistes, leurs sources et les lanceurs d’alerte »[114]. Le Syndicat national des journalistes CGT « refuse que la diffusion de documents ou d’informations d’intérêt public puisse être considérée comme un délit. Ces documents et informations mettent le projecteur sur les pratiques inavouables d’États, d’entreprises ou d’autres institutions, qui n’ont bien entendu pas intérêt à leur divulgation ». Ce syndicat appelle la Grande-Bretagne « à refuser l'extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis et à le remettre en liberté »[209]. L'association d'anciens combattants britanniques Veterans for Peace UK a demandé à leur gouvernement de « respecter les droits des journalistes et des dénonciateurs et de refuser d’extrader Julian Assange vers les États-Unis »[210] et a déclaré être préoccupée « par le fait que le journalisme et la dénonciation sont criminalisés par les États-Unis et soutenus activement par les autorités britanniques »[210].

En France, des Gilets jaunes soutiennent le fondateur de Wikileaks[211],[212],[213],[214],[215].

En , un mouvement de soutien est organisé par 120 journalistes qui lancent une pétition spécifiquement destinée à la profession[216]. Cet appel souligne à nouveau le précédent grave pour la liberté de la presse que l'extradition d'Assange constituerait, et relaie une déclaration du rapporteur spécial de l'ONU, Nils Melzer (en) : « J’ai finalement compris que j’avais été aveuglé par la propagande et qu’on avait systématiquement calomnié Assange afin de détourner l’attention du public des crimes qu’il avait révélés. Une fois déshumanisé par l’isolement, le dénigrement et la honte, exactement comme les sorcières que l’on brûlait sur le bûcher. »[217] La pétition dépasse les 1 000 signatures. Deux anciens présidents de Médecins sans frontières appellent à sa libération dans une tribune publiée dans le journal Le Monde[218].

Selon Oliver Stone, réalisateur, scénariste et producteur, « Julian Assange est un éditeur pour la vérité. Il a accompli un travail remarquable pour l'humanité malgré le traitement inhumain qui lui est infligé. Cette affaire est cruciale pour la survie de notre droit de savoir et de notre liberté essentielle pour lutter contre l'oppression des USA et du Royaume-Uni — et maintenant contre la tyrannie[219] ! »

Activités médiatiques et politiquesModifier

Élection présidentielle américaine de 2016Modifier

Assange, alors réfugié à l'ambassade de l'Équateur à Londres pour échapper aux persécutions américaines, s'implique dans la campagne présidentielle américaine de 2016, d'une part par ses jugements sur Hillary Clinton, d'autre part avec des documents révélés par Wikileaks.

Sur Hillary Clinton, Assange écrit en sur WikiLeaks: « J’ai des années d'expérience dans le suivi d'Hillary Clinton et j'ai lu des milliers de ses courriels. Hillary manque de jugement et poussera les États-Unis dans des guerres stupides et sans fin, qui propageront le terrorisme[220]. » Cependant il ne soutient pas son adversaire, disant qu'entre elle et lui, « c'est comme choisir entre le choléra et la gonorrhée »[221],[222],[223].

Quant aux fuites, WikiLeaks rend public le , durant l'élection primaire du parti Démocrate, le contenu des courriels envoyés et reçus sur le serveur personnel de Clinton lorsqu'elle était secrétaire d'État ; ces documents avaient été remis par le Secrétariat d'État en à la suite d'une demande basée sur le Freedom of Information Act[224]. Puis le , WikiLeaks publie des courriels et des documents du Comité national démocrate qui, révélant des biais contre le candidat Bernie Sanders, conduisent à la démission du président du parti Debbie Wasserman Schultz[225],[226].

Le , au micro de Fox News, Assange accuse Hillary Clinton d'être à l'origine de l'hystérie antirusse, après que le parti Démocrate et des experts en cybersécurité ont affirmé que les fuites de Wikileaks provenaient des services secrets russes[227] ; ce qu'il dément absolument[228],[229],[230].

Le , sur WikiLeaks, Assange publie un communiqué de presse accompagnant plus de 2 000 courriels de John Podesta, le président de la campagne démocrate soutenant Clinton[231]. Ces courriels, datant de 2007 à 2016, révèlent des extraits d'une conférence, payée par Goldman Sachs, de Clinton en 2013[232], explicitant sa relation à Wall Street et la mettant en difficulté vis-à-vis de son électorat populaire[233],[234]. Cette publication avait été précédée trois jours plus tôt d'une vidéo conférence télévisée célébrant à Berlin le dixième anniversaire de Wikileaks, où depuis Londres Assange annonçait que ces informations contre Clinton, qu'il appelait « The October Surprise », couleraient sa candidature[235].

Le , après la publication des discours d’Hillary Clinton à Goldman Sachs, le gouvernement équatorien bloque l’accès internet de Julian Assange que lui fournissait l’ambassade pour qu'il n'interfère plus dans l’élection présidentielle américaine du 8 novembre, tout en réaffirmant l’asile politique qui lui est accordé[236].

La communication de Wikileaks amène certains commentateurs politiques à considérer que l’organisation fait « ouvertement campagne pour le candidat républicain »[237]. À la veille de l'élection présidentielle, Assange publie un communiqué réfutant l'accusation de parti pris en affirmant ne pas avoir « reçu d’information critique sur Donald Trump », le candidat républicain opposé à Hillary Clinton[238].

Le le Comité du sénat américain pour le renseignement adresse une lettre à Julian Assange pour l'inviter à apporter son témoignage « en temps et lieu convenant aux deux parties » à l'enquête sur les présumées interférences de la Russie lors de l'élection présidentielle de 2016[239].

En février 2020, démenti par l'intéressé[240],[241], l’avocate d’Assange déclare que Donald Trump a, en 2017, proposé à Assange de lui accorder le « pardon » à la condition qu’il nie toute implication russe dans le piratage des courriels du Parti démocrate en 2016[242].

Selon The New York Times, l’offre par WikiLeaks d’une récompense de 20 000$ pour des informations sur la mort de Seth Conrad Rich (en), membre du personnel du DNC, tué par balles dans le dos le aurait alimenté la théorie du complot autour de sa mort[243],[244],[245],[246],[243]. WikiLeaks a pourtant souligné qu’il ne fallait pas considérer que l’offre de récompense accréditait l’hypothèse d'une implication de Rich dans la fuite de courrier électronique[247]. La théorie du complot, née dans les milieux conservateurs pendant l'été 2016 au cours de la campagne pour la présidentielle et propagée notamment par Newt Gingrich, suggérait que quatre personnes, dont Seth Rich, mortes dans des conditions suspectes, et qui auraient été liées à Hillary Clinton et au Comité national démocrate (DNC), avaient en fait été assassinées afin de dissuader de parler quiconque pourrait posséder des informations susceptibles de faire échouer la campagne de Clinton pour la présidence. Selon le site Snopes, ces quatre personnes n'auraient cependant eu que de faibles liens ou des liens indirects avec Hillary Clinton, et les hypothèses liant les morts à Clinton ne seraient pas vraisemblables[244],[248],[249],[250],[251].

Élection présidentielle française de 2017Modifier

Toujours enfermé dans l'ambassade d'Équateur depuis 2012, Julian Assange participe à la campagne présidentielle de 2017, notamment sur les réseaux sociaux. WikiLeaks publie les MacronLeaks. Comme pour l'élection américaine, Assange est accusé d'utiliser les fuites d'informations afin de manipuler l'opinion, sous l'influence de la Russie[réf. nécessaire].

AutresModifier

Dans une interview de novembre 2010, Julian Assange se déclare en faveur de la transparence de l'information et du libéralisme économique. Il se montre sceptique quant à la régulation qu'il perçoit comme un risque pour la Liberté, mais l'estime néanmoins nécessaire pour combattre la corruption et la tendance qu'auraient selon lui les marchés à tendre vers des situations de monopole[252].

 
Assange aux New Media Days 09 à Copenhague.

En mars 2012, il décide de se présenter aux élections sénatoriales de 2013 en Australie[253].

En , Julian Assange lance la diffusion hebdomadaire de douze émissions intitulées « The World Tomorrow » sur le réseau câblé financé par l'État russe RT Network, émissions présentant des entretiens avec des « acteurs, penseurs et révolutionnaires politiques »[254].

Le 26 septembre 2012, Julian Assange s’exprime devant l’ONU, depuis l’ambassade d’Équateur à Londres où il est réfugié depuis 3 mois. Il dénonce notamment la chasse aux sorcières dont WikiLeaks et lui-même sont victimes, ainsi que les traitements que Chelsea Manning subit en détention[255].

En 2013, Julian Assange aide Edward Snowden à fuir les persécutions des États-Unis pour se réfugier en Russie[256],[257],[258].

En , il se prononce en faveur du Brexit[259].

En , à l'occasion du quatrième anniversaire de la mort d'Hugo Chávez, il fait l'éloge de la lutte de l'ancien président vénézuélien contre l'impérialisme, contre toutes les formes d’oppression et pour la démocratisation de l'information[260].

En , à l'issue de l'élection d'Emmanuel Macron, le comité de soutien officiel de Julian Assange demande sur son compte Twitter si la défaite de Marine Le Pen est due au sexisme[261]. Malgré des réponses et réactions sans équivoque sur Twitter, cette interrogation se transforme en sous-entendu plus marqué lors d'un second tweet, faisant au passage le parallèle avec l'élection américaine où, selon lui, la défaite d'Hillary Clinton serait également due à une résurgence du patriarcat[262],[263].

Prix et récompensesModifier

Julian Assange fait son entrée en 2010 dans le palmarès des 68 personnes les plus influentes du monde du magazine Forbes[264]. Il est élu personnalité de l'année 2010 par les lecteurs du site du magazine Time[265], ainsi que par la rédaction du journal Le Monde[266].

Il reçoit de nombreux prix[267] dont :

PublicationsModifier

LivresModifier

EssaisModifier

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  • (en) Conspiracy as Governance (2006)
  • (en) The Hidden Curse of Thomas Paine (2008)

VidéosModifier

  • World Tomorrow, est une émission télévisée de 2012, de 12 épisodes de 26 minutes d'entrevues politiques animées par Julian Assange[285].
  • Mediastan, documentaire suédois de 2013 produit par Julian Assange pour concurrencer le film Le Cinquième Pouvoir (The Fifth Estate), qu'Assange décrit comme une attaque de propagande contre l’organisation Wikileaks[286].

BibliographieModifier

LivresModifier

FilmographieModifier

DocumentaireModifier

FictionModifier

  • Enfin la liberté, épisode de la série-télévisé américaine les Simpson de 2012, où Julian Assange fait un caméo[291].
  • Le Cinquième Pouvoir (The Fifth Estate), 2013 : film sur la fondation de WikiLeaks, la personnalité et les méthodes de Julian Assange, son amitié et son conflit avec Daniel Domscheit-Berg, dont le livre autobiographique a inspiré en partie le film. Julian Assange dénonce son caractère mensonger[292] ; son personnage y est interprété par Benedict Cumberbatch.

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Julian Assange » (voir la liste des auteurs).
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Articles connexesModifier

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