The Lancet

revue scientifique

The Lancet  
Edition du 13 juin 1829.
Edition du 13 juin 1829.

Titre abrégé Lancet
Discipline
Langue Anglais
Rédacteur en chef Richard Horton
Publication
Maison d’édition Elsevier (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni)
Facteur d’impact
d'après l'ISI
60,4 (2019)
Fréquence hebdomadaire
Indexation
ISSN (papier) 0140-6736
ISSN (web) 1474-547X
LCCN sf82002015
CODEN LANCAO
OCLC 01755507
Liens

The Lancet est une revue scientifique médicale hebdomadaire britannique, propriété du groupe d'édition scientifique Elsevier.

Cette prestigieuse revue médicale, une des plus anciennes et des plus respectées au monde[1],[2], a publié des découvertes majeures (découverte de la pénicilline, première échographie, transmission du VIH), mais aussi des articles entrainant de vives polémiques: celui sur le lien prétendu entre les vaccins et l'autisme en 1998, rétracté douze ans après sa publication, et celui lié à l'affaire Surgisphere, supprimé presque immédiatement après sa parution en 2020. Le journal a aussi dénoncé plusieurs fois les conséquences de l'usage des armes sur les populations civiles.

HistoireModifier

Le journal The Lancet, est fondé en 1823 par une petite maison d'édition, Hodder and Stoughton. Il doit son nom à l'instrument chirurgical appelé lancette (en anglais : lancet), une sorte de scalpel. Le rédacteur en chef actuel est Richard Horton.

Le premier numéro date du et a été lancé par Thomas Wakley qui éditera la revue jusqu'à sa mort[3]. Ian Douglas-Wilson en fut le rédacteur en chef entre 1965 et 1976[4].

Le journal est la propriété depuis 1991 du groupe Elsevier, dont la démarche très lucrative de rachats et réaction de titres universitaires est critiquée par les universitaires[1],[5].

Le site web thelancet.com a été lancé en 1996. L'accès en ligne aux articles publiés a été ajouté en mars 1998 (sur abonnement pour les plus récents).

Comme d'autres groupes d'éditions (tels que le Nature Publishing Group), Elsevier valorise la marque The Lancet en produisant en plus du « weekly » des éditions spécialisées[1] : The Lancet Infectious Diseases (maladies infectieuses) ; The Lancet Neurology (neurologie) ; The Lancet Oncology (oncologie) ; The Lancet Psychiatry (psychiatrie) ; The Lancet Gastroenterology & Hepatology (appareil digestif) , etc.

En , un numéro spécial consacré à la France et à son système de santé accueille un éditorial du président de la République française, François Hollande[6].

Le journal a publié des travaux des plus grands médecins du monde comme Michael Houghton, Harvey J. Alter, Charles M. Rice, Luc Montagnier ou Georges Offenstadt.

Engagement anti-militaristeModifier

En plus des articles scientifiques,The Lancet publie, comme beaucoup d'autres grands journaux, des pages d’actualités.

Dans les années 2000, The Lancet fait campagne contre les ventes d’armes (aux conséquences évidemment catastrophiques sur la santé), dénonçant le fait que Reed Elsevier faisait la promotion de l’armement. Le groupe abandonne ce type de conférences en 2008[1].

Dans un éditorial publié en 2009, le journal accuse Israel de contrevenir à la quatrième convention de Genève (en) dans la bande de Gaza, soulignant « le fardeau injustifiable » que font peser sur les civils les opérations militaires, et affirmant que « les normes internationales du comportement humanitaire en situation de conflit ont été foulées au pied »[7]. Dans un autre article, deux médecins norvégiens en poste à Gaza décrivent des scènes « cauchemardesques »dont ils ont été témoins à l'hôpital Al Shifa de la ville de Gaza[7].

ImpactModifier

Selon le Journal Citation Reports, le journal a un facteur d'impact de 60,4 en 2019, le classant deuxième journal derrière The New England Journal of Medicine (IF 74,7) dans la catégorie Médecine générale.

ControversesModifier

Liens entre les vaccins et l'autisme (1998)Modifier

Le , The Lancet a publié un article d'Andrew Wakefield et douze autres chercheurs intitulé « Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children »[8],[9], suggérant un lien entre le vaccin ROR et l'autisme. La publication du document a déclenché une forte baisse des vaccinations en Europe et en Amérique et dans les années suivantes dans le monde. The Lancet a été vivement critiqué dans cette affaire qui est aujourd'hui connue comme l'« affaire Wakefield », ou la fraude du vaccin ROR-Austime de The Lancet (en). En février 2004, The Lancet publiera une rétractation de dix des treize co-auteurs du journal rejetant la possibilité que le ROR puisse causer l'autisme[10],[11].

Le , le rédacteur en chef, Richard Horton, retire l'article du journal après que le General Medical Council (GMC), qui supervise les médecins en Grande-Bretagne, ait déclaré qu'« il y avait une sélection biaisée de patients dans l'article du Lancet et que la conduite de Wakefield à cet égard était malhonnête et irresponsable ». Horton a déclaré après avoir lu le rapport du GMC qu'il avait été trompé et que Wakefield s'était montré malhonnête[12]. L'auteur principal de l'étude, Andrew Wakefield, avait un grave conflit d'intérêts qu'il avait omis de déclarer lors de la publication de l'article[10]. Cet article reste cité par le mouvement anti-vaccin.

Retrait d'articles fabriqués (2006)Modifier

En janvier 2006, des révélations ont montré que des données avaient été fabriquées pour la rédaction d'un article du chercheur cancérologue norvégien Jon Sudbø et de treize co-auteurs publié en octobre 2005[13],[14]. Plusieurs articles dans d'autres revues scientifiques ont été retirés suite au retrait du Lancet. En une semaine, The New England Journal of Medicine a exprimé des préoccupations sur plusieurs articles de recherche publiés par le même auteur, et en novembre 2006, la revue a retiré deux de ses études sur le cancer de la bouche[14].

Lettre ouverte au peuple de Gaza (2014)Modifier

Le , vers la fin de la guerre de Gaza, The Lancet publie la lettre ouverte d'une trentaine de signataires, « An open letter for the people in Gaza »[15]. Le journal conservateur The Telegraph note que la lettre « condamne Israël dans les termes les plus fermes mais étonnamment sans mentionner les atrocités commises par le Hamas[16] ». D'après le quotidien israélien de gauche Haaretz, les auteurs de la lettre feraient référence à des textes de David Duke, suprémaciste blanc et ancien grand sorcier du Ku Klux Klan[17]. La docteure Paola Manduca, coautrice de la lettre, répond : « je fais légitimement usage de mon droit à la liberté d'opinion […] et je n'approuve ni apprécie les politiques du gouvernement d'Israël[16] ». Le rédacteur en chef du Lancet, Richard Horton, estime lui : « Je ne vois pas ce que tout cela a à voir avec la lettre de Gaza. Je n'ai pas l'intention de retirer la lettre et je ne la retirerais pas même si tout cela était prouvé [la connivence supposée avec David Duke][16]. » Lors d'une visite en Israël en octobre 2014, ce dernier dit néanmoins regretter la polarisation inutile que cette publication a provoqué[18], et annonce la publication d'un série sur les systèmes de santé et de recherche médicale israéliens[19].

Mark Pepys (en), membre de la Jewish Medical Association, a écrit : « Le manquement de Paola Manduca et ses coauteurs de déclarer leurs extraordinaires conflits d'intérêts constitue une erreur des plus graves, non professionnelle et contraire à l'éthique. […] La tentative évidente de masquer cette diatribe politique partisane et substantiellement mensongère en un innocent appel humanitaire n'a pas sa place dans une publication sérieuse ». Il accuse Richard Horton personnellement en déclarant : « Le comportement de Horton dans cette affaire est conforme à l'utilisation totalement inappropriée du Lancet et de longue date comme véhicule de ses propres visions politiques extrémistes […] Ceci a considérablement dégradé le prestige passé du journal ». En réponse, Horton a déclaré : « Comment pouvez-vous séparer la politique et la santé ? Les deux vont de pair[16]. »

LancetGate (2020)Modifier

Le , dans le contexte de la pandémie de Covid-19, les chercheurs Mandeep R. Mehra (en), Sapan S. Desai, Frank Ruschitzka, et Amit N. Patel publient dans la revue une vaste étude intitulée « Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis »[20], mettant en cause l'efficacité de la chloroquine dans le traitement de cette maladie. L'étude est une analyse des données rétrospectives de 96 032 patients hospitalisés dans 671 hôpitaux pour Covid-19 entre décembre et [21] compilées par la société Surgisphere de Sapan S. Desai[22]. Rapidement, les autorités de plusieurs pays, par le biais de l'OMS (avec lequel Richard Horton, rédacteur-en-chef du Lancet, collabore au titre de co-président du groupe d'examen indépendant d'experts[23]), interrompent le 25 mai les essais cliniques de la chloroquine sur la Covid-19[24].

Le , une anomalie est décelée dans les données concernant l'Australie : l'étude indique que 73 patients sont morts du Covid-19 dans le pays, alors que les données officielles à cette date font état de 67 morts[25],[22]. En réponse, les auteurs de l'étude expliquent qu'il y a eu confusion sur un hôpital asiatique, et corrigent l'article le . Selon eux, ces modifications ne changent pas la conclusion de l'étude. Néanmoins, de nombreux scientifiques pointent des erreurs potentielles et une méthodologie discutable[21],[26] et écrivent une lettre ouverte au Lancet pour avoir accès aux données de l'entreprise Surgisphere[27],[28]. Le quotidien britannique The Guardian intervient aussi directement auprès de la revue[29]. Le , The Lancet émet une « mise en garde » (expression of concern) sur l'intégrité des données[30], et indique que, « bien qu’un audit indépendant sur la provenance et la validité des données ait été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere et soit en cours », cette « expression d'inquiétude » correspond aux « très nombreuses critiques » suscitées par l'étude[31] ; le lendemain, l'OMS autorise la poursuite des essais cliniques[32].

Le , l'article est rétracté à la demande de trois des quatre coauteurs, la société Surgisphere ayant refusé de communiquer ses données brutes pour un audit indépendant[33],[34].

Pour le médecin universitaire Philippe Froguel, cet épisode témoigne de « la volonté [pour le journal] de faire le buzz »[35]. Selon un collectif de présidentes et présidents de sections et de commissions interdisciplinaires du CNRS, la controverse ne fait au contraire que rappeler que l’objectivité scientifique « est le fruit d’un processus de validation collective des résultats et, le cas échéant, de l’action correctrice que la communauté scientifique exerce sur sa propre production »[36].

Le 17 septembre, les éditeurs des journaux de la marque « Lancet » décrivent la façon dont ils vont « réduire encore davantage les risques d’inconduite en matière de recherche et de publication ». Au moment de la soumission d'un article il faudra clarifier que les auteurs certifient qu'ils ont eu accès aux données; l’examen par les pairs est renforcé, et doublé d'un examen par un expert en science des données[37]. Par ailleurs, la revue encourage désormais la prépublication des manuscrits qui lui sont soumis, ce qui permettra une vérification par la communauté scientifique en amont[37].

Rédacteurs en chefModifier

  • 1823 : Thomas Wakley
  • 1862 : James Wakley
  • 1886 : T. H. Wakley and Thomas Wakley (junior)
  • 1907 : Thomas Wakley (junior)
  • 1909 : Samuel Squire Sprigge
  • 1937 : Egbert Morland
  • 1944 : Theodore Fox
  • 1965 : Ian Douglas-Wilson
  • 1976 : Ian Munro
  • 1988 : Gordon Reeves
  • 1990 : Robin Fox
  • 1995 : Richard Horton

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d David Larousserie, « « The Lancet », machine à cash à la pointe de la médecine », Le Monde, (consulté le 6 septembre 2019).
  2. (en) « Prestigious Medical Journal, The Lancet, Issues Family Planning Series », Population Media Center, .
  3. Roger Jones, « Thomas Wakley, plagiarism, libel, and the founding of The Lancet », The Lancet, vol. 371,‎ , p. 1410-1411 (lire en ligne)
  4. (en) « Dr Ian Douglas Wilson », The Times,‎ (lire en ligne, consulté le 2 août 2017)
  5. (en) « Is the staggeringly profitable business of scientific publishing bad for science? », sur the Guardian, (consulté le 13 septembre 2020)
  6. Eric Favereau, « François Hollande éditorialiste dans «The Lancet» », sur Libération.fr, (consulté le 13 septembre 2020)
  7. a et b « La revue médicale The Lancet accuse Israël d'"atrocités" », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 13 septembre 2020)
  8. (en) A. J. Wakefield, S. H. Murch, A. Anthony, J. Linnell, D. M. Casson, M. Malik, M. Berelowitz, A. P. Dhillon, M. A. Thomson, P. Harvey, A. Valentine, S. E. Davies, J. A. Walker-Smith, « RETRACTED: Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children », The Lancet, vol. 351, no 9103,‎ , p. 637-641 (lire en ligne)
  9. (en) « RETRACTED: Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children » (consulté le 10 juillet 2020).
  10. a et b (en) « MMR researchers issue retraction », BBC News, (consulté le 24 mai 2020).
  11. (en) S. H. Murch, A. Anthony, D. H. Casson, M. Malik, M. Berelowitz, A. P. Dhillon, M. A. Thomson, A. Valentine, S. E. Davies, J. A. Walker-Smith, « Retraction of an interpretation », The Lancet, vol. 363, no 9411,‎ , p. 750 (PMID 15016483, DOI 10.1016/S0140-6736(04)15715-2).
  12. (en) Sarah Boseley, « Lancet retracts 'utterly false' MMR paper », The Guardian, .
  13. (en) Jon Sudbø, J. J. Lee, S. M. Lippman, et al, « Non-steroidal anti-inflammatory drugs and the risk of oral cancer: a nested case-control study », The Lancet, vol. 366, no 9494,‎ , p. 1359–1366 (PMID 16226613, DOI 10.1016/S0140-6736(05)67488-0).
  14. a et b (en) « Cancer study patients 'made up' », BBC News, (consulté le 24 mai 2020).
  15. (en) Paola Manduca et al., « An open letter for the people in Gaza », Lancet, vol. 384, no 9941,‎ , p. 397-398 (PMID 25064592, DOI 10.1016/S0140-6736(14)61044-8, lire en ligne, consulté le 1er février 2017).
  16. a b c et d (en) Jake Wallis Simons, « Lancet 'hijacked in anti-Israel campaign' », The Telegraph,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mai 2020).
  17. (en) « British Medical Journal Refuses to Retract 'Letter to Gaza' by anti-Semitic Activists », Haaretz, (consulté le 28 mai 2002).
  18. (en) Judy Siegel-Itzkovich, « The Lancet editor relents on medical journal's unbalanced attacks on Israel », The Jerusalem Post,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mai 2020).
  19. (en) « Lancet editor in editorial regrets, but does not retract, Gaza letter », Jewish Telegraphic Agency, (consulté le 28 mai 2020).
  20. (en) Mandeep R. Mehra, Sapan S. Desai, Frank Ruschitzka et Amit N. Patel, « Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis », The Lancet,‎ , S0140673620311806 (PMID 32450107, PMCID PMC7255293, DOI 10.1016/S0140-6736(20)31180-6, lire en ligne [PDF], consulté le 1er juin 2020).
  21. a et b Danielle Messager, « L'étude du Lancet sur la chloroquine suscite des questions de scientifiques », France inter, .
  22. a et b « Coronavirus : le « Lancetgate » révèle des failles de l’édition scientifique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 septembre 2020)
  23. (en) « Accountability for Women's and Children's Health », OMS (consulté le 4 juin 2020).
  24. Hervé Morin, « Covid-19 : pourquoi le traitement à l’hydroxychloroquine est suspendu en France », Le Monde, (consulté le 1er juin 2020).
  25. (en) « Questions raised over hydroxychloroquine study which caused WHO to halt trials for Covid-19 », The Guardian, (consulté le 2 juin 2020)
  26. Nicolas Gutierrez C., « INTERVIEW. Le coauteur de l’étude du Lancet, fondateur de Surgisphere, répond aux questions levées par leur publication sur la chloroquine », Sciences et Avenir, .
  27. (en) Roni Caryn Rabin, « Scientists Question Validity of Major Hydroxychloroquine Study », The New York Times, (consulté le 2 juin 2020).
  28. « Étude du Lancet sur la chloroquine : des scientifiques demandent l'accès aux données », L'Express, .
  29. (en) Melissa Davey, Stephanie Kirchgaessner et Sarah Boseley, « Surgisphere: governments and WHO changed Covid-19 policy based on suspect data from tiny US company », The Guardian, .
  30. (en) « Expression of concern on Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis », The Lancet, .
  31. Hervé Morin, « Hydroxychloroquine : le journal « The Lancet » met en garde contre une étude publiée dans ses colonnes », Le Monde, .
  32. Hervé Morin, « L’OMS reprend ses essais sur l’hydroxychloroquine comme traitement potentiel contre le coronavirus », Le Monde, 3 juin 2020-06-03.
  33. « Trois des quatre auteurs de l'étude du « Lancet » rétractent leur article sur l'hydroxychloroquine », Libération, .
  34. Hervé Morin, « « The Lancet » annonce le retrait de son étude sur l’hydroxychloroquine », Le Monde, .
  35. Phlippe Froguel, « Etude sur l'hydroxychloroquine : The Lancet est "le tabloïd de la presse médicale" et "a eu la volonté de faire le buzz", estime un professeur de médecine », sur francetvinfo.fr,
  36. Un collectif de 44 présidentes et présidents de sections et de commissions interdisciplinaires du CNRS, « La méthode scientifique n’est pas soluble dans l’urgence », sur Libération.fr, (consulté le 25 octobre 2020)
  37. a et b « « Les revues du “Lancet” vont renforcer l’examen par les pairs » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 29 septembre 2020)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier