Mike Pompeo

politicien américain

Mike Pompeo
Illustration.
Portrait de Mike Pompeo (2018).
Fonctions
70e secrétaire d'État des États-Unis
En fonction depuis le
(2 ans, 7 mois et 7 jours)
Président Donald Trump
Gouvernement Administration Trump
Prédécesseur John J. Sullivan (intérim)
Rex Tillerson
Successeur Antony Blinken
(désigné)
27e directeur de la Central Intelligence Agency

(1 an, 3 mois et 3 jours)
Président Donald Trump
Prédécesseur Meroe Park (en) (intérim)
John O. Brennan
Successeur Gina Haspel
Représentant des États-Unis

(6 ans et 20 jours)
Élection 2 novembre 2010
Réélection 6 novembre 2012
4 novembre 2014
8 novembre 2016
Circonscription 4e district du Kansas
Législature 112e, 113e, 114e et 115e
Prédécesseur Todd Tiahrt
Successeur Ron Estes
Biographie
Nom de naissance Michael Richard Pompeo
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Orange (Californie, États-Unis)
Nationalité Américain
Parti politique Parti républicain
Diplômé de Académie militaire
de West Point

Université Harvard (JD)
Profession Militaire
Avocat
Homme d'affaires
Religion Presbytérianisme

Signature de Mike Pompeo

Mike Pompeo Mike Pompeo
Directeurs de la Central Intelligence Agency
Secrétaires d'État des États-Unis

Michael Richard Pompeo, dit Mike Pompeo, né le à Orange (Californie), est un militaire, avocat, homme d'affaires et homme politique américain, secrétaire d'État des États-Unis depuis le .

Membre du Parti républicain, il est élu du Kansas à la Chambre des représentants des États-Unis de 2011 à 2017, puis directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) de 2017 à 2018. Le président Donald Trump le nomme secrétaire d’État des États-Unis en 2018.

Éléments personnelsModifier

Origines et carrière miliaireModifier

D'ascendance italienne en partie, sa grand-mère paternelle Fay Brandolino était la fille de Giuseppe Brandolino et de Carmela Sanelli, émigrés aux États-Unis depuis Caramanico Terme. Il entre dans l'armée américaine en 1986. Après l'armée, qu'il quitte en 1991, il obtient un diplôme de juris doctor à Harvard[1].

Études et carrière professionnelleModifier

Mike Pompeo étudie à l'Académie militaire de West Point et se spécialise en ingénierie mécanique. Il devient avocat à Washington, D.C. pendant deux ans puis homme d'affaires au Kansas. Pompeo lance l'entreprise Thayer Aerospace, dont il devient PDG ; après l'avoir vendue en 2006, il devient président de Sentry International, équipementier de champs d'exploitation de pétrole.

Parcours politiqueModifier

Représentants des États-UnisModifier

Proche du Tea Party et adhérant à la thèse de la controverse sur le réchauffement climatique, il se présente en 2010 à la Chambre des représentants des États-Unis dans le quatrième district du Kansas, un district républicain centré sur Wichita. Le représentant républicain sortant Todd Tiahrt est candidat au Sénat[2]. Pompeo remporte la primaire en réunissant environ 40 % des suffrages devant la sénatrice de l'État Jean Schodorf et l'homme d'affaires Wink Hartman[3]. Il est élu représentant avec 58,8 % des voix contre 36,5 % pour le démocrate Raj Goyle[4]. À la Chambre des représentants, il acquiert la réputation de présenter des projets de loi favorables aux frères Koch, qui financent ses campagnes électorales[5].

N'ayant pas réussi à se faire élire sénateur, Tiahrt tente en 2012 de reconquérir son ancien district. Cependant, Pompeo semble le favori de la primaire républicaine et bat largement Tiahrt en rassemblant plus de 60 % des suffrages[2]. Pompeo est réélu avec 62,2 % des voix lors de l'élection générale. Il remporte 66,7 % des suffrages en 2014[4].

Pompeo a critiqué la décision de l'administration Obama de mettre fin aux prisons secrètes de la CIA (soi-disant « sites noirs ») et l'exigence de l'administration selon laquelle tous les interrogateurs respectent les lois anti-torture[6].

Directeur de la CIAModifier

Le , Donald Trump annonce vouloir le nommer à la tête de la CIA[7]. Confirmé par le Sénat par 66 voix contre 32[8], il prend ses fonctions le [9]. Sa nomination est critiquée, ayant affirmé qu'il était favorable à l'espionnage de masse et de dirigeants étrangers, et au fait qu'Edward Snowden soit jugé et éventuellement condamné à mort. Il explique en outre vouloir d'une CIA plus « agressive, brutale, impitoyable, implacable — vous choisissez le mot »[5]. À ce poste, il devient proche du président[10].

Secrétaire d’ÉtatModifier

 
Mike Pompeo et Mohammed ben Salmane le à Riyad.

Le , dans un tweet, Trump limoge le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson et nomme Pompeo secrétaire d'État[11]. Le Sénat approuve sa nomination le suivant, par 57 voix contre 42. Pompeo obtient moins de voix que lors de sa précédente confirmation, de nombreux démocrates lui reprochant notamment son caractère belliqueux[10]. Il est par exemple décrit comme faisant partie des « faucons » vis-à-vis de l'Iran[12],[13],[14],[15] et du Venezuela[16].

Donald Trump licencie en mai 2020 l’inspecteur général Steve Linick qui avait lancé une enquête sur Mike Pompeo. Ce dernier était visé par plusieurs plaintes selon lesquelles il aurait abusé d’une personne nommée par le pouvoir politique pour accomplir des tâches personnelles pour lui et son épouse[17].

Mike Pompeo se rend en Israël en mai 2020 pour s'entretenir avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou du projet d'annexion, soutenu par l’administration Trump, des territoires palestiniens occupés[18]. Pompeo se rend une nouvelle fois en Israël en août 2020 suite à l'accord de paix entre Israël et les Émirats arabes unis[19]. En novembre 2020, lors d'une nouvelle visite dans l'État hébreu, il visite une implantation israélienne en Cisjordanie et se rend sur le plateau du Golan[20].

Prises de positionModifier

Lors d’un discours prononcé le au Conseil de l’Arctique, en Finlande, Mike Pompeo estime à propos du changement climatique qu’il ouvre de « nouvelles opportunités pour le commerce »[21],[22].

Lors d’une conférence de presse tenue le à Londres avec le secrétaire d'État aux Affaires étrangères et du Commonwealth, Jeremy Hunt, il déclare que le soutien apparent du président du Parti travailliste Jeremy Corbyn au président vénézuélien Nicolás Maduro est « dégoûtant ». En effet, le Parti travailliste a refusé de condamner le gouvernement de Maduro[23].

Le , lors d'entretiens non publics entre Pompeo et la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines (en)[24], un des interlocuteurs de Pompeo lui demande si, au cas où le travailliste britannique Jeremy Corbyn serait élu et où la vie deviendrait très difficile pour les Juifs au Royaume-Uni, il serait prêt à agir. Pompeo répond : « Nous n'attendrions pas qu'il fasse ces choses pour le contrecarrer » (« to push back »). Cette réponse est saluée par des applaudissements de ses interlocuteurs[25].

Historique électoralModifier

Chambre des représentantsModifier

Résultats dans le 4e district du Kansas[26]
Année Mike Pompeo Dem Lib Reform Ind
2010 58,8 % 36,5 % 2,3 % 2,3 %
2012 62,2 % 31,6 % 6,2 %
2014 67,0 % 33,0 %
2016 60,9 % 29,6 % 2,7 % 6,19 %

Notes et référencesModifier

  1. (en) « POMPEO, Mike, (1963 - ) », sur Biographical Directory of the United States Congress (consulté le 20 octobre 2016).
  2. a et b (en) Alex Isenstadt, « Pompeo rolls over Tiahrt », sur Politico, (consulté le 20 octobre 2016).
  3. (en) Shane D'Aprile, « Pompeo wins GOP primary in Rep. Tiahrt's district », sur The Hill, (consulté le 20 octobre 2016).
  4. a et b (en) « Rep. Mike Pompeo, R-Kan. », Member Profile Page, sur Roll Call (consulté le 20 octobre 2016).
  5. a et b « Mike Pompeo, de la CIA au département d’Etat », sur Le Monde.fr (consulté le 14 mars 2018).
  6. (en) Julie Hirschfeld Davis, « Trump Turns to His Right Flank to Fill National Security Posts », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 4 avril 2018).
  7. « Trump a choisi son ministre de la Justice et le chef de la CIA », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 18 novembre 2016).
  8. (en) « Senate confirms Mike Pompeo as CIA director », sur Washington Post, (consulté le 1er février 2017).
  9. (en) Matt Flegenheimer, « Mike Pompeo Is Confirmed to Lead C.I.A., as Rex Tillerson Advances », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 24 janvier 2017).
  10. a et b « Etats-Unis : Mike Pompeo confirmé au poste de secrétaire d’Etat », sur lemonde.fr, (consulté le 27 avril 2018).
  11. « Trump limoge Rex Tillerson, remplacé par le directeur de la CIA Mike Pompeo », sur france24.com, (consulté le 27 avril 2018).
  12. « Mike Pompeo. Un faucon, un vrai ami. », sur Les Echos, (consulté le 23 novembre 2020).
  13. « La fulgurante trajectoire du brutal Mike Pompeo, nouveau Secrétaire d'État américain », sur Le HuffPost, (consulté le 23 novembre 2020).
  14. (en) « The appointments of John Bolton and Mike Pompeo in the US bring us closer to war in the Middle East », The Independent,‎ (lire en ligne, consulté le 4 avril 2018).
  15. (en) Scott Shane, « Mike Pompeo, a Hawk Who Pleased the President, Moves From Spying to Diplomacy », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 4 avril 2018).
  16. Alexander Main, « L’Amérique latine est-elle toujours l’« arrière-cour » des États-Unis ? », sur www.medelu.org, .
  17. « Donald Trump licencie un inspecteur du département d’Etat qui enquêtait sur Mike Pompeo », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  18. « Mike Pompeo en Israël pour discuter «annexion» et Iran », sur leparisien.fr, .
  19. « Pompeo «optimiste» de voir d'autres pays arabes normaliser les liens avec Israël », sur Le Figaro, (consulté le 23 novembre 2020).
  20. « Mike Pompeo visite un musée rendant hommage aux sionistes chrétiens pour clôturer son voyage en Israël », sur i24news.tv, (consulté le 23 novembre 2020).
  21. (en) « Mike Pompeo Praises Climate Change in the Arctic as ‘New Opportunities for Trade’ », sur Observer, (consulté le 23 novembre 2020).
  22. « Verbatim. La fonte des glaces ? “De nouvelles opportunités commerciales” », sur Courrier international, (consulté le 23 novembre 2020).
  23. (en) « Trump's secretary of state calls Jeremy Corbyn 'disgusting' for supporting Venezuela's Maduro », sur The Independent, (consulté le 23 novembre 2020).
  24. (en) John Hudson et Loveday Morris, « Exclusive: Pompeo delivers unfiltered view of Trump’s Middle East peace plan in off-the-record meeting », Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le 23 novembre 2020).
  25. (en) John Hudson, « Pompeo pledges not to wait for Britain’s elections to ‘push back’ against Corbyn and anti-Semitism », Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le 23 novembre 2020).
  26. (en) « Mike Pompeo », sur ballotpedia.org (consulté le 18 novembre 2016).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier