Juan Branco

avocat et miliant politique franco-espagnol

Juan Branco [ˈxwan ˈbɾɐ̃ko][note 1], né le à Estepona (Espagne), est un activiste politique et avocat franco-espagnol.

Juan Branco
Image dans Infobox.
Juan Branco en 2016.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (31 ans)
EsteponaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Juan Paulo Branco LópezVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Espagnol (depuis )
Français (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Père
Autres informations
Domaines
Partis politiques
Directeur de thèse
Site web

Fils du producteur de cinéma portugais Paulo Branco, il grandit dans un milieu aisé. Encore étudiant, il se fait remarquer en s'opposant à la loi Hadopi et s'engage en politique, d'abord auprès de Dominique de Villepin puis au sein du parti politique Les Verts.

Docteur en droit et avocat, il devient en 2015 le conseiller juridique en France de WikiLeaks et de Julian Assange. Il est également le défenseur de Jean-Luc Mélenchon en 2017, année où il se présente sans succès aux élections législatives en Seine-Saint-Denis avec le soutien de La France insoumise.

Il participe au mouvement des Gilets jaunes et défend des figures du mouvement, dont Maxime Nicolle. En 2019, il publie Crépuscule, un pamphlet critiquant l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron.

Situation personnelleModifier

Origines et vie privéeModifier

Né en Espagne dans la commune d'Estepona, en Andalousie, Juan Branco est le fils du producteur de cinéma portugais Paulo Branco et de la psychanalyste espagnole Dolores López. Il grandit en Andalousie puis à Paris, entre le 5e et le 6e arrondissement[1]. Il a deux sœurs et un frère[2]. Il est naturalisé français en 2010[3].

Il vit une enfance « dorée » dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, où sa famille côtoie de nombreuses personnalités, notamment Catherine Deneuve et Raoul Ruiz[4].

En 2018 et 2019, il déclare percevoir le revenu de solidarité active après avoir renoncé à des revenus en tant qu’avocat[5].

Il habite dans le 6e arrondissement de Paris[4],[6].

FormationModifier

Après une scolarité passée au sein des écoles publiques de la rue Cujas et de la rue Victor-Cousin[7], il étudie à l'École alsacienne, un établissement privé du 6e arrondissement. Selon ses propres termes, « on peut s'y reproduire et socialiser sans crainte d'être contaminé par de mauvaises fréquentations ». Il affirme également avoir « un grand mépris pour le conformisme de tous ces héritiers »[8]. Il utilise alors les réseaux sociaux pour commenter le physique de ses camarades ; son camarade Gabriel Attal se plaint alors de ses agissements auprès de la direction de l’établissement[4].

Il intègre en 2007 l'Institut d'études politiques de Paris, où il relance le ciné-club et se fait remarquer par le directeur de l'établissement, Richard Descoings, qui lui confie la mission de prendre des photos pour alimenter son compte Facebook[9]. Des années après que la veuve de celui-ci lui a demandé de prononcer un éloge funèbre au nom des étudiants de l’école à son enterrement, il déclare : « Toutes les flatteries étaient instrumentales, avaient l'objectif de m'absorber pour me faire servir le système[8] ». Il sort diplômé du master affaires publiques en 2012[10],[11].

En 2009, il est admis sur dossier au département littérature et langages (LILA) de l'École normale supérieure (ENS), dont il sort « étudiant diplômé » en 2013[5],[10],[12]. Il suit en parallèle des études aux universités Paris-Sorbonne (Paris-IV) et Panthéon-Sorbonne (Paris-I), où il obtient respectivement une maîtrise en littérature moderne (2011) et des masters en philosophie politique (2012) et en géopolitique (2013)[13].

Sous la direction de l'historien du droit Jean-Louis Halpérin, il commence un doctorat en droit international et philosophie du droit. Sa thèse, soutenue à l'ENS Ulm en 2014, lui confère le titre de docteur en droit[14],[15]. Ses travaux portant sur la Cour pénale internationale sont récompensés en 2015 par l'un des prix de thèse de l'institut universitaire Varenne — devenu prix Louis-Joinet —, catégorie « justice pénale internationale »[16].

L'Express indique en 2019 qu’il a mentionné sur son curriculum vitæ « chargé de séminaire à l'École normale supérieure », ce qu’il n’a pas été. Juan Branco répond à l’hebdomadaire : « Cela ne change strictement rien dans les faits, que ce soit organisé par un élève ou non[5],[8]. »

CarrièreModifier

Juriste puis avocatModifier

Il travaille en tant que collaborateur extérieur au ministère français des Affaires étrangères pendant un an[8].

Salarié au département de français de l'université Yale entre 2013 et 2014, il devient chercheur invité à la Yale Law School[11], où il collabore au Yale Journal of International Law (en)[17]. En 2015, il est recruté en tant que Senior Research Fellow au Max Planck Institute Luxembourg for Procedural Law, dont la directrice est Hélène Ruiz-Fabri, l'une des rapporteurs de sa thèse[18]. Il y gagne huit mille euros de salaire et précise à ce sujet : « Je ne savais pas quoi en faire. C’était un peu déstabilisant »[19].

Dans le même temps, après avoir collaboré avec l'organisation en tant que bénévole pendant quelques mois, il intègre l'équipe de défense de WikiLeaks et Julian Assange, sous la direction de Baltasar Garzón[8],[20]. En tant que conseiller juridique, il représente alors publiquement l'organisation, notamment lors des révélations d'espionnage de la National Security Agency (NSA) en 2015, relatives aux présidents de la République française ainsi qu'à ses grandes entreprises[21],[22]. Il participe aux négociations diplomatiques pour obtenir le droit d'asile à Assange, auxquelles l'Élysée finit par opposer une fin de non recevoir[23],[24]. Décrit par Le Supplément comme « l'homme dans l'ombre » de Julian Assange[25], chargé notamment des procédures auprès de l'ONU et des rapports avec certains États[26], il décrit à de nombreuses reprises les risques inhérents au travail avec WikiLeaks[27], notamment au contact des agences de renseignement, et définit l'organisation comme une « bibliothèque mondiale des appareils de pouvoir[28]. »

Avocat depuis , il défend notamment Jean-Luc Mélenchon lors de l'affaire dite « OAS »[29],[30], ainsi que son père, opposé à Terry Gilliam et au festival de Cannes dans le cadre de l’affaire « Don Quichotte »[31].

Recruté en par l'ONU en République centrafricaine en tant qu'expert indépendant[32], il est chargé avec deux autres personnes de l'élaboration de la stratégie des poursuites du procureur de la Cour pénale spéciale centrafricaine[33]. Lié par une clause de confidentialité, il accuse le 25 mai, de façon publique sur Twitter, les forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) d'être à l’origine d'un massacre à Bangui[34], Moins d'une semaine plus tard, il est expulsé du pays et allègue que ceci est le résultat de la « culture d'impunité » de l'institution[35].

Lors du mouvement des Gilets jaunes, il devient l'avocat de figures de la contestation, tel Maxime Nicolle, Christophe Dettinger et Stéphane Espic[36],[37].

En , il dépose à la CPI, conjointement avec Omer Shatz, une communication de 250 pages sur la politique migratoire européenne, accusant les dirigeants de l'Union européenne de crimes contre l'humanité[38]. Présenté par un consortium de médias internationaux comme le travail des deux avocats[39],[40],[41],[42], il s'agit en réalité du « résultat d'un projet de clinique pro-bono » réalisé par huit étudiants d'un des masters de Science Po Paris[43]. Le rapport affirme qu'une attaque systématique et généralisée aurait été menée contre des civils en mer Méditerranée et en Libye entre 2014 et 2019. Le document n'est pas fondé sur une « enquête ou de nouvelles preuves » mais sur l'analyse de déclarations, décisions et rapports européens[44]. Le ministère français des Affaires étrangères français réagit en indiquant que « cette accusation […] ne repose sur aucun fondement juridique »[45].

Activités dans les médiasModifier

Branco a écrit des chroniques pour L'Humanité, Libération, Lignes et Esprit[source détournée][46],[47],[48],[49][source insuffisante][source secondaire nécessaire], et développe une critique médias, notamment dans le cadre de son ouvrage livre Crépuscule[50],[51],[52].

Parcours politiqueModifier

Villepinisme, Les Verts et Parti socialisteModifier

 
Logo de Jeune République, mouvement lancé par Juan Branco et proche de Dominique de Villepin.

Alors qu'il étudie à Sciences Po, il s'engage auprès du directeur Richard Descoings dans des projets de réforme de l'école[53]. Réputé proche de Dominique de Villepin[4], il rejoint les Jeunes Verts, dirigeant la section Île-de-France et se mobilisant notamment contre la politique migratoire européenne et la directive retour[3],[54],[55].

France Info indique : « Après s'être présenté sur une liste des Verts aux municipales en 2008 à Paris, il crée à la fin de sa deuxième année le think tank Jeune République, identifié comme proche de Dominique de Villepin. « Sur les idées, il y a toujours eu une certaine cohérence, par contre je me suis cherché sur la façon de les défendre », explique-t-il[8]. »

Lors de la campagne présidentielle de 2012, il s’engage au sein du Parti socialiste et travaille au sein du pôle culture de la campagne de François Hollande. Il affirme que Dominique de Villepin lui a proposé d’intégrer son équipe au moment où celui-ci entendait briguer l’Élysée[5],[56].

Impliqué dans le mouvement des Indignés, devenu proche de Julian Assange du fait de son implication dans le combat sur la loi Hadopi[57], édité par Alain Badiou, Michel Surya et Barbara Cassin[57], il intervient pendant cette période aux côtés de Noam Chomsky[57], Jean-Luc Godard[58] et Baltasar Garzón[59] sur des problématiques ayant trait aux droits d'auteur, aux violences de masse et à la surveillance dans l'ère numérique[60]. Il intègre l'équipe de campagne du Partido X (en), issu des indignés, lors des élections européennes de 2014 en Espagne[61],[62]. En 2016, lors du procès sur la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, qui avait donné lieu aux émeutes de 2005, il relate en direct le déroulement des audiences, écrits qui font l'objet d'une adaptation audiovisuelle interprétée notamment par Disiz et Kery James[63],[64].

En 2009, aux côtés de la Quadrature du Net[65], il s'engage contre le projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet[66] (dit « Hadopi ») en créant la plateforme Création, Public, Internet et en rédigeant, en , une lettre ouverte s'opposant au projet qui est signée par des personnalités du monde cinématographique, dont son père, Catherine Deneuve, Chantal Akerman et Christophe Honoré[67].

Son livre Réponses à Hadopi, paru un an après, propose l'élaboration d'un nouveau système légal et financier pour l'industrie du cinéma[68]. Membre du pôle « culture, audiovisuel et médias » — dirigé par Aurélie Filippetti — de la campagne présidentielle de François Hollande en 2012[69], Juan Branco défend une réforme de l'exception culturelle française avec l'abrogation de la loi Hadopi et la dépénalisation des échanges culturels non-commerciaux en pair-à-pair[70],[71]. Selon Juan Branco, c’est à la suite d'une campagne de lobbying provenant d'une partie des industries culturelles qu’il est révoqué, au lendemain de l'élection présidentielle[70],[72]. Aurélie Filippetti affirme pour sa part que c'est son refus d'accéder à la demande de Juan Branco de devenir son directeur de cabinet qui est la cause de son départ[73]. Celle-ci affirme :

« Il a travaillé quelques mois avec moi. Il était jeune et recommandé par Richard Descoings, l’ancien directeur de Sciences Po. Ensuite, il a exigé d’être mon directeur de cabinet lorsque je suis devenue ministre, à 22 ans. […] Quand j’ai refusé, il a vrillé totalement, affirmant avoir enregistré nos conversations […] et surtout plaidant l’idée que j’avais sacrifié mes idéaux, et lui-même, pour devenir ministre. […] Il est dangereux, intelligent et habile. […] Il est à la fois mégalo, mythomane et très, très manipulateur[4],[8]. »

La France insoumise et opposition à Emmanuel MacronModifier

Critique virulent d'Emmanuel Macron très en amont de son élection et appelant le journaliste Marc Endeweld à enquêter sur lui dès 2013[74], il affirme que les modalités d'accession au pouvoir de celui-ci détermineront l'exercice de son pouvoir[53]. À partir de 2016, il décrit la possible élection du candidat d’En marche comme le préalable à l'élection de Marine Le Pen, défendant le vote blanc entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017[75].

Juan Branco se présente aux élections législatives de 2017 dans la douzième circonscription de la Seine-Saint-Denis sous l’étiquette de La France insoumise, dont le dirigeant Jean-Luc Mélenchon a été séduit par son soutien à Julian Assange[4],[53]. Juan Branco arrive en quatrième position, se voyant éliminé dès le premier tour, avec 13,9 % des suffrages exprimés et 5,5 % des inscrits. Il est devancé par Jordan Bardella (FN, 15,1 %), Ludovic Toro (UDI, 19,7 %) et Stéphane Testé (LREM, 33,8 %), ce dernier étant élu au second tour[76],[77].

Concernant le président de la République, il annonce, en , dans un entretien avec Aude Lancelin et dans un premier passage à Thinkerview, une « tentation autoritaire » découlant des modalités d'accession d'Emmanuel Macron au pouvoir, anticipant une rupture politique majeure ainsi que l'accroissement de la violence politique dans le pays[78].

Devenu l'avocat de Jean-Luc Mélenchon, il abandonne sa défense en , sans que les raisons de cette rupture soient dévoilées[4],[53].

Dans la foulée, sur son blog hébergé par Le Monde, il publie Crépuscule, un long document relatant de façon critique l'ascension d'Emmanuel Macron, appelant à une révolte populaire et proposant une attaque au vitriol d'une partie de l'élite parisienne[79]. Il y décrit la Macronie comme « une nouvelle variante du fascisme »[80]. Contre Macron, un premier texte d'ordre philosophique, publié en , qui paraît chez Divergences en , fait état d'une aporie démocratique majeure. Après avoir été téléchargé environ 100 000 fois, Crépuscule est édité aux éditions Au diable vauvert et s'écoule à 150 000 exemplaires[81],[82]. À l'étranger, l'ouvrage bénéficie également d'une couverture, notamment en Espagne, en Belgique[83],[84] et en Suisse[85].

Peu après la parution de son texte, il est signalé au parquet de la République par la députée Aurore Bergé pour avoir « arm[é] les esprits pour légitimer [l]es violences dans [le] pays »[86]. Récusant toute faute et revendiquant ses écrits[87], il est défendu par WikiLeaks[5], Denis Robert, qui préface la version écrite de son texte, ou encore Pamela Anderson[88].

Il soutient, dès ses débuts, le mouvement des Gilets jaunes[5]. Il appelle à la destitution d’Emmanuel Macron mais se voit reprocher par certains d’appartenir au « système ». Le , il est présent sur les lieux lorsqu’un chariot élévateur force l’entrée du porte-parolat du gouvernement, exercé par Benjamin Griveaux[8]. En février 2019, lors d'un entretien accordé à L'Express, il déclare au sujet de la Macronie : «  Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption »[80].

Lors des élections européennes de 2019, Juan Branco appelle à l’abstention, ce qui lui attire la désapprobation de Jean-Luc Mélenchon[8].

ControversesModifier

Tentative de défense de Salah AbdeslamModifier

En , Valeurs actuelles révèle que, dans une lettre déposée en à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, Juan Branco propose de « congédier [s]es conseils » à Salah Abdeslam, un des terroristes responsables des attentats islamistes de en France. Juan Branco souligne le fait qu'il a le même âge que lui et qu'il est, comme lui, un « fils d’immigré » et « un enfant que ce pays ne considérera jamais comme le sien ». Il lui écrit aussi n’avoir « jamais partagé la position de [son] avocat bruxellois et de ses confrères » et que le « dégrader ne sert à rien ». Il affirme « partager [son] ressenti quant à la nécessité d'imposer une radicalité dans [sa] ligne de défense » et lui propose de continuer à garder le silence ou d'opter pour une « défense de rupture », stratégie choisie par l’avocat Jacques Vergès avec les « terroristes » du FLN algérien. Salah Abdeslam ne donne pas suite à cette lettre[89],[90].

Cette révélation fait réagir des avocats, qui dénoncent un « exercice illégal de la profession ». Quand Juan Branco sollicite Salah Abdeslam, il n'est en effet pas encore avocat. Maître Frank Berton, premier avocat français du terroriste, évoque de possibles poursuites : « Le parquet comme le bâtonnier pourraient enclencher les poursuites pour exercice illégal de la profession, voire tentative d'escroquerie. Salah Abdeslam sait parfaitement qui est Julian Assange. En se présentant comme son avocat, alors qu'il ne l'était pas, Monsieur Branco a franchi la ligne rouge[91]. » Juan Branco revendique l'écriture du courrier en affirme vouloir « permettre à ceux qui ne sont pas défendables d'être défendus »[92],[93],[94]

Révélation de l’homosexualité de Gabriel AttalModifier

En , il critique sur Twitter la nomination du nouveau secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal. Il révèle que celui-ci est lié par un pacs à Stéphane Séjourné, conseiller de la présidence de la République, affirmant ainsi qu'il s'agit d'une « promotion canapé ». À la suite de la polémique née de ses propos, qualifiés par certains d'« outing », Juan Branco déclare ne pas avoir voulu faire de la question de l'orientation sexuelle des personnes concernées le sujet de sa communication[95] mais dénoncer « des rapports de népotisme avérés », notamment « dans le cadre de l'attribution d'une circonscription à M. Attal par son conjoint » mais aussi « à l'Assemblée nationale, puis au gouvernement, où M. Séjourné a été un élément clef de l'ascension de son conjoint, sans ne jamais le révéler »[96].

Conflit avec L’ExpressModifier

Un article de L'Express, paru le , affirme qu’il n’a pas été « chargé de séminaire » à l'École normale supérieure, le qualifie de « radical chic qui veut la peau de la Macronie », critique sa proximité avec le mouvement des Gilets jaunes, rappelant la polémique avec Gabriel Attal et mettant en doute la sincérité de son engagement[5]. Exerçant son droit de réponse, publié par le journal le , Juan Branco reproche à l'article de produire « le portrait unilatéralement à charge d'un homme de 29 ans, en s'appuyant notamment sur des faits intervenus lors de [sa] minorité »[97] ; il souligne aussi que L'Express est la propriété de l'homme d'affaires Patrick Drahi, durement critiqué dans Crépuscule[98],[99],[100].

Portrait et révélations de L’ObsModifier

Dans un long portrait de L'Obs paru le , le journaliste Matthieu Aron affirme que Juan Branco aurait contacté en 2017 la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué afin qu'elle l'aide à obtenir un poste d'éditorialiste. Il affirme également que Juan Branco aurait proposé à Xavier Niel — l'un des actionnaires principaux du Monde et de L'Obs — de devenir précepteur de ses enfants, ce que Juan Branco rapporte pourtant dans l'ouvrage Signé Branco[101], ou encore qu'il déclare avoir été surveillé par la CIA et d'autres agences de renseignement, notamment du fait de son travail avec WikiLeaks[102]. Le , Mediapart affirme que Juan Branco a été espionné par la CIA lors de ses visites à Julian Assange à Londres[103].

Accusations de collusion Ruffin/MacronModifier

En , une polémique naît après qu'il a exhumé l'enregistrement d'un échange entre François Ruffin et Emmanuel Macron. Juan Branco crée la controverse en livrant une interprétation considérée comme partiale. L'enregistrement, daté de et initialement publié par Radio Nova, est une discussion relative aux difficultés économiques de l'entreprise iséroise Ecopla. François Ruffin intervient alors qu'Emmanuel Macron a démissionné du gouvernement et qu'il prépare sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. Selon Juan Branco, cet enregistrement, censé révéler les dessous d'une communication politique montée de toutes pièces, est la preuve que les spectateurs ont été « manipulés » par les deux hommes, qui auraient mis en scène leur opposition. Branco met ainsi en perspective une nouvelle confrontation intervenue entre Emmanuel Macron et François Ruffin, quelques jours avant sa publication, au sein de l'usine Goodyear, lors de laquelle François Ruffin a affirmé « ne pas supporter que l'on mette en doute sa sincérité ». Son interprétation est contestée par François Ruffin et le magazine Marianne, qui rappellent que des ouvriers d'Ecopla étaient présents lors de l'échange en question[104],[105],[106]. Le Figaro indique que cette accusation de collusion entre le député et le président de la République a dégradé l’image de Juan Branco au sein de La France insoumise[4].

Affaire Benjamin GriveauxModifier

Le , le magazine Le Point révèle que Juan Branco a été consulté en tant qu'avocat par l’activiste russe Piotr Pavlenski, avant que celui-ci mette en ligne des vidéos à caractère sexuel attribuées à Benjamin Griveaux, ce qui conduit ce dernier à retirer sa candidature à la mairie de Paris. Selon l'hebdomadaire, « le rôle de Juan Branco dans cette affaire pourrait en réalité dépasser celui de simple avocat. Selon plusieurs sources, ce dernier aurait lui-même sollicité des personnes début février afin de réfléchir au moyen de diffuser les vidéos intimes du candidat LREM », ce que l'avocat dément[107]. Le site Mediapart révèle en outre que Piotr Pavlenski et Juan Branco se connaissaient auparavant[108]. Le , le bâtonnier de Paris - Olivier Cousi - annonce l'ouverture d'une enquête déontologique à la demande du Parquet[109]. Deux jours plus tard, il demande à l'avocat de se retirer de l'affaire en indiquant que « [s’]il n'y a pas en l'état du dossier de conflit d'intérêts », en revanche, « un certain nombre de déclarations et de comportements dans la presse et dans les médias de Juan Branco le mettent dans une situation qui risque d'altérer l'indépendance entre son client et lui-même »[110]. Juan Branco choisit finalement d'aller à l'encontre de cette recommandation et se joint à maître Yassine Bouzrou dans la défense de l'activiste russe. Il demande également une expertise psychiatrique de Griveaux[111].

La première personne à avoir diffusé la vidéo serait une écrivaine sous pseudo, Zoé Sagan, qui affirme que Juan Branco lui a envoyé le lien[112]. L’hebdomadaire Le Point estime que Juan Branco a « joué un rôle flou dans ce qui est devenu « l'affaire Griveaux ». »[113]. Dans le cadre de ses entretiens, Marianne relève l'emploi confus des pronoms « je » et « on », en référence à Juan Branco[114]. D'après LCI, Alexandra de Taddeo, compagne de Piotr Pavlenski et destinataire des vidéos intimes, aurait même évoqué dans un message adressé à Juan Branco « la stratégie de Juan »[115],[116]. Juan Branco répond que sa seule « stratégie » consistait à décider s'il prendrait ou non la parole en cas de garde à vue de son client[117]. Dans ce contexte, Juan Branco saisit le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) après un entretien mouvementé avec la journaliste Apolline de Malherbe[118], qui a suggéré qu'il puisse être « le manipulateur » et Piotr Pavlenski simplement « l’exécutant »[119]. En parallèle, 23 individus saisissent le « Conseil de déontologie journalistique et de médiation » (CDJM) ; considérant la saisine « partiellement justifiée », le Conseil conclut que « l'ensemble de l’entretien avec M. Juan Branco témoigne d'une partialité envers l'interviewé qui dépasse la liberté d'investigation journalistique, et la dernière phrase prononcée par Mme Apolline de Malherbe ne respecte pas les règles déontologiques concernant les accusations sans preuve et le défaut d’offre de réplique »[120].

Le , Juan Branco, dans un entretien au quotidien Le Parisien, exprime certains doutes concernant l'action de Piotr Pavlenski : « Pour ma part, je n'aurais jamais diffusé ces vidéos », et il accuse de « complicité », voire de « recel », « ceux qui ont relayé la vidéo, comme [le député] Joachim Son-Forget »[117]. Le Canard enchaîné estime qu'il s'agit d'un revirement de l'avocat, qui cautionnait la veille « l'énorme succès » et le « courage » de l'activiste russe[121]. Dans le même temps, Paris Match dévoile une vidéo de dans laquelle Juan Branco imagine la chute de Benjamin Griveaux « en le forçant à une confrontation [aux élections municipales à Paris] qui […] forcerait à le voir nu, dans sa laideur »[122],[123].

Embellissement de son parcours à la CPIModifier

En 2012, Juan Branco signe un article sur Slate Afrique en tant qu'« ancien assistant spécial du Procureur de la Cour pénale internationale »[124]. Lors de sa soutenance de thèse, en novembre 2014, il déclare que sa recherche a été « débutée par plus d'un an de stage passé à la CPI »[125]. En 2018, il est présenté par Le Parisien comme « l'éphémère assistant spécial » de Luis Moreno Ocampo[126].

Finalement, en 2020, la Cour pénale internationale dément l'information : « M. Branco se présente comme ayant été « l’assistant » du procureur […] alors qu’en réalité il a été stagiaire […] puis chargé de liaison au sein de l’Unité d’information publique du bureau du Procureur »[19]. Un responsable du Quai d’Orsay avait auparavant également contesté les dires de Juan Branco[4].

Auto-promotion et interventions hostiles sur WikipédiaModifier

En , trois ans après un article similaire de L’Obs[127], le journaliste Pierre Sautreuil du Figaro écrit dans un article documenté que, « depuis quinze ans, l'essayiste et avocat se sert de l’encyclopédie en ligne sous diverses identités pour embellir sa biographie et régler ses comptes »[128].

Il affirme que Juan Branco édite régulièrement du contenu sur Wikipédia en français et en anglais, sous diverses identités, et qu’il a notamment utilisé l’encyclopédie à des fins d’auto-promotion. Parmi les changements effectués sur son article, il aurait supprimé le fait que Le Monde n'aurait pas voulu qu'il devienne éditorialiste, que Xavier Niel n'aurait pas accepté qu'il devienne le précepteur de ses enfants, ou encore qu'il serait entré à l'École normale supérieure sur dossier (et donc pas par la voie du concours), ce qui selon l'auteur l’aurait empêché à l’époque de prétendre au « prestigieux titre de « normalien »[128] ».

Juan Branco effectuerait également de nombreuses modifications « sur les articles et les débats relatifs à des hauts fonctionnaires, personnalités politiques, hommes d'affaires et anciens élèves de l'École normale supérieure » et « réécrit les biographies en leur donnant une teinte négative, quand il ne propose pas simplement leur effacement ». En 2019, selon L'Express, il se serait fait passer pour un administrateur de Wikipedia afin d'envoyer un courriel à l'employeur d'une contributrice avec qui il a des différends sur l’article de Manuel Flam, un ancien professeur à Sciences Po lui ayant mis un zéro pour absentéisme[129]. Celui-ci porte plainte pour diffamation à la suite des modifications effectuées par Juan Branco, ce qui provoque l’ouverture d’une enquête judiciaire[128].

Accusation de violModifier

Le , il est placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour viol, et en sort libre[130],[131].

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

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  1. La prononciation usuelle en France se rapproche plus de [bʁɑ̃ko].

RéférencesModifier

  1. « Juan Branco désosse Macron | Entretiens », sur Là-bas si j'y suis, .
  2. Françoise-Marie Santucci, « Le joueur des chèques », sur Libération, (consulté le 24 avril 2019).
  3. a et b Endeweld 2013.
  4. a b c d e f g h et i Agnès Leclair et Sophie de Ravinel, « Juan Branco, itinéraire d’un enfant gâté devenu activiste sans scrupule », sur lefigaro.fr, (consulté le 21 février 2020).
  5. a b c d e f et g Benoist Fechner, Jérôme Dupuis et Ludwig Gallet, « Juan Branco, le radical chic qui veut la peau de la Macronie », sur L'Express, (consulté le 7 mai 2019).
  6. « Au Nouvel An de Juan Branco, le début des ennuis pour les protagonistes de l’affaire Griveaux », sur lejdd.fr (consulté le 21 février 2020).
  7. Mariel Primois Bizot, Signé Branco !, Au diable vauvert, , 128 p. (ISBN 979-10-307-0304-7, lire en ligne).
  8. a b c d e f g h et i « Des grandes écoles aux « gilets jaunes » en passant par WikiLeaks : qui est Juan Branco, l'avocat proche de Piotr Pavlenski ? », sur francetvinfo.fr, (consulté le 21 février 2020).
  9. Clément Parrot, « Des grandes écoles aux "gilets jaunes" en passant par WikiLeaks : qui est Juan Branco, l'avocat proche de P... », sur Francetvinfo.fr, Franceinfo, (consulté le 15 juillet 2020).
  10. a et b Clémentine Mercier, « À seulement 26 ans, Juan Branco conseille les plus grands », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  11. a et b « CV universitaire (Max Planck Institute) ».
  12. Association des anciens élèves, élèves et amis de l’École normale supérieure, « Annuaire » (consulté le 17 février 2020).
  13. « Curriculum universitaire et liste de publications », sur http://yale.academia.edu.
  14. Notice biographique de Juan Branco, Institut Max-Planck de droit processuel international et européen.
  15. Juan Branco, « De l'affaire Katanga au contrat social global : un regard sur la Cour pénale internationale », sur theses.fr, (consulté le 28 février 2020)
  16. « Lauréats 2015 | Prix Joinet - IFJD » (consulté le 11 mai 2020)
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Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier