Télévision numérique terrestre en France

télévision numérique terrestre
TNT française
Logo Télévision numérique terrestre.jpg
Logo de la TNT.
Caractéristiques
Création
(17 ans) (métropole)
(12 ans) (outre-mer)
Langue
Pays
Site web
Diffusion
Aire
Drapeau de la France France métropolitaine et outre-mer
Chronologie

La télévision numérique terrestre (TNT) est lancée le en France métropolitaine et le en France d'outre-mer. Comme dans le reste de l'Europe ce service est conforme à la norme de télédiffusion DVB-T et il exploite le format de compression vidéo MPEG-4 AVC / H.264. En métropole, elle comprend 27 chaînes nationales — dont 5 payantes — et 42 chaînes locales ou régionales ; toutefois, en outre-mer la TNT compte seulement 6 chaînes nationales, principalement publiques et une à quatre chaînes de chaînes locales parmi la vingtaine d'antennes privées de DROM-COM). En métropole, la plupart des chaînes sont diffusées en haute définition et les chaînes locales ou régionales sont principalement diffusées dans leur territoire respectif. Les signaux de la TNT peut théoriquement être reçus par plus de 95 % de la population française, grâce à près de 2 200 émetteurs répartis sur tout le territoire. Toutefois, il subsiste des zones géographiques mal ou pas desservies par ces émetteurs.

À l'étude depuis les années 1990, la TNT est lancée le en France métropolitaine conformément à la norme DVB-T et au format vidéo MPEG-2. Cette technologie permet de diffuser jusqu'à 6 fois plus de chaînes que la télévision analogique. Les chaînes locales font leur apparition à partir du . La TNT HD est lancée le conformément à la norme DVB-T et au format vidéo MPEG-4 AVC / H.264. La totalité des chaînes TNT exploitent cette norme à partir du , pour généraliser la haute définition et libérer certaines fréquences aux opérateurs de télécommunications. En France d'outre-mer, la TNT est lancée le , directement à la norme DVB-T et au format vidéo MPEG-4 AVC / H.264.

En 2017, le CSA engage des travaux préparatoires en 2017 avec l’ensemble des acteurs du secteur pour les prochaines évolutions de la TNT en France dont notamment l'adoption de la norme DVB-T2 déjà exploitée par d'autres pays d'Europe. Les Jeux olympiques de Paris en 2024 sont fixés comme objectif pour lequel la plateforme TNT modernisée devrait être proposée aux téléspectateurs vivant en France.

HistoriqueModifier

Avant la TNTModifier

Avant la TNT lancée en 2005, six chaînes TV nationales sont diffusées sur la télévision analogique terrestre en France : TF1, France 2, France 3, Canal+ (chaîne payante avec certains programmes en clair), Arte et France 5 en canal partagé et M6. Plusieurs chaînes locales ou régionales sont également diffusées dans certaines agglomérations. On compte aussi deux chaînes privées étrangères reçues sur le sol français dans certaines régions : la chaîne monégasque Télé Monte-Carlo reçue dans le sud-est du pays et la chaîne luxembourgeoise RTL9 reçue dans le nord-est. Certaines villes et communes peuvent également recevoir les chaînes analogiques étrangères des pays limitrophes, comme le Nord-Pas-de-Calais et les Ardennes avec les chaînes belges ou en Alsace et en Moselle avec les chaînes allemandes ainsi que dans les Pyrénées avec les chaînes espagnoles, le Doubs et la Haute-Savoie avec les chaînes suisses, la Savoie et les Alpes françaises, avec les chaînes italiennes. Plus annecdotique, la diffusion des chaînes britanniques relayées notamment sur Îles Anglo-Normandes permet à certains foyers ou hôtels situés à proximité de cette côte bretonne et équipés d'un système d'antenne adapté et de téléviseurs compatibles, d'en capter localement les signaux.

Projet de la TNTModifier

Préparation et expérimentations (1994-2000)Modifier

Le , les ministres des télécommunications de l'Union européenne réunis à Bruxelles décident d'établir une norme unique pour la télévision numérique, le Digital Video Broadcasting ou DVB. Des offres de télévision par satellite en numérique voient alors le jour dans les années qui suivent[1],[2].

En , le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) prend connaissance d'un rapport de Philippe-Olivier Rousseau sur la télévision numérique terrestre et décide de mener une concertation avec les acteurs de l'audiovisuel en vue de la mise en place d'expérimentations[3]. En , François Fillon, ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace, crée un groupe de travail sur la télévision numérique terrestre, placé sous la direction de Philippe Levrier, ex-directeur général de TDF et membre du CSA, qui lui a remis en mai un rapport sur ce sujet[4],[5]. En , l'Agence nationale des fréquences (ANFR) remet un rapport indiquant que six multiplex pourraient être diffusés avec l'infrastructure existante, dont quatre couvriraient 80 % de la population[6],[7]. En , un autre rapport de Jean-Pierre Cottet et Gérard Eymery préconise de s'engager dans la télévision numérique terrestre sans délai pour développer une nouvelle offre de programmes et de chaînes[6].

Après plusieurs expériences locales en Corse, en Creuse et dans les Pyrénées-Orientales, le CSA autorise TDF à expérimenter la diffusion numérique en Bretagne (autour de Rennes, Vannes et Lorient) le pour un premier multiplex et le pour un second. Les chaînes TF1, France 2, France 3, Arte et La Cinquième participent à cet essai. D'autres expérimentations ont lieu dans les Vosges (autour de Remiremont et Saint-Dié) dans un relief plus montagneux[6],[5],[7],[8].

La loi no 2000-719 du sur l'audiovisuel fixe le cadre juridique et le calendrier du développement de la télévision numérique terrestre en France[9],[10].

Sélection des chaînes (2001-2005)Modifier

Le , le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) lance un appel à candidatures pour sélectionner 22 chaînes nationales qui seront diffusées sur la télévision numérique terrestre (TNT), étant donné que 8 canaux ont déjà été réservés pour le service public (France 2, France 3, France 5, Arte, La Chaîne parlementaire (LCP) et 3 canaux supplémentaires). Cependant, les chaînes privées historiques (TF1, M6 et Canal+) sont assurées d'être sélectionnées et se voient même attribuées un canal supplémentaire, appelé « canal bonus », à titre de dédommagement (LCI, M6 Music et I-Télévision). En parallèle, trois canaux sont réservés pour des chaînes locales en attente d'un futur appel d'offres. Le CSA reçoit 69 candidatures dans les temps dont 66 sont jugées recevables[11],[12],[13],[14],[15]. Les auditions publiques des candidats se déroulent du au et sont retransmises en direct par LCP[16].

Le , le CSA annonce avoir sélectionné les 30 chaînes de la future TNT : 16 chaînes gratuites (TF1, France 2, France 3, France 5, M6, Arte, Direct 8, M6 Music (future W9), TMC, NT1, NRJ TV (future NRJ 12), LCP, iMCM et trois autres chaînes publiques) et 14 chaînes payantes (Canal+, i-Télévision, LCI, AB1, Canal J, CinéCinémas, Cuisine.TV/Comédie!, Eurosport, Match TV, Planète, Sport+, TF6, TPS Star, Paris Première). Cinq nouveaux éditeurs de chaînes de télévision (AB, Bolloré, Lagardère, NRJ, Pathé) rejoignent donc les trois existants (TF1, M6, Canal+)[14],[17],[18]. Les chaînes privées sont réparties sur 4 multiplex tandis que les chaînes publiques sont réparties sur 2 autres[19]. Le CSA établit ensuite une convention avec les éditeurs de chaque chaîne avant de leur délivrer une autorisation d'émission[17],[18].

Mais le , le gouvernement indique vouloir rassembler toutes les chaînes publiques sur un seul multiplex. Il décide de ne conserver qu'un seul des trois canaux supplémentaires préemptés et de l'attribuer à Festival (future France 4)[20]. De plus, le , le Conseil d'État annule six autorisations accordées au groupe Canal+ et à Lagardère Active par le CSA, sur la requête du groupe TF1. Cela concerne les chaînes Canal J, iMCM, CinéCinémas, i-Télévision, Planète et Sport+. Les deux groupes détenant ces chaînes ensemble, ils dépassent la limite de cinq chaînes par groupe imposée par le dispositif anti-concentration[21].

Le , le CSA lance un nouvel appel à candidatures pour désigner 6 chaînes nationales[22]. En , les groupes Pathé, Canal+ et Lagardère Active décident de remettre en jeu l'autorisation accordée aux chaînes Comédie et Cuisine.TV/Match TV occupant deux canaux. Le CSA repousse la date de clôture de l'appel à candidatures qui concerne désormais 8 chaînes[23],[24]. Le CSA reçoit 35 candidatures et les auditions publiques ont lieu du 18 au [25].

Le , le CSA révèle les huit chaînes sélectionnées : quatre sont gratuites (les chaînes d'information BFM TV et I-Télé, la chaîne jeunesse Gulli et la chaîne musicale iMCM) et quatre sont payantes (la chaîne jeunesse Canal J, la chaîne cinéma Canal+ Cinéma, la chaîne sportive Canal+ Sport et la chaîne documentaire Planète)[26],[27]. Les chaînes sont lancées à partir de [28].

La TNTModifier

Lancement et développement (2005-2016)Modifier

La télévision numérique terrestre (TNT) est lancée le à 17 h 30 en France métropolitaine. Elle compte 13 chaînes gratuites (TF1, France 2, France 3, France 5, M6, Arte, Direct 8, W9, TMC, NT1, NRJ 12, LCP et France 4) et une chaîne payante avec des plages en clair (Canal+), en lieu et place de 6 chaînes jusque-là sur la télévision analogique. Elle couvre 35 % de la population française grâce à 17 émetteurs situés dans les régions d'Île-de-France, de Bretagne, de Poitou-Charentes, les départements des Bouches-du-Rhône, de Seine-Maritime, de Gironde, et les agglomérations de Lille, Lyon et Toulouse. Les chaînes sont diffusées en définition standard (720 × 576 pixels) à balayage entrelacé (576i) sous la norme DVB-T MPEG-2 pour les chaînes gratuites et MPEG-4 pour les chaînes payantes[29],[30],[31].

En octobre, la TNT s'enrichit de 4 nouvelles chaînes gratuites : BFM TV, I-Télé, Europe 2 TV et Gulli. À partir de ce même mois et jusqu'en 2006, 10 chaînes payantes viennent progressivement s'ajouter : TPS Star, Paris Première, Canal+ Sport, Canal+ Cinéma, AB1, Planète, TF6, Canal J, LCI, Eurosport. La TNT compte alors 28 chaînes nationales, 17 gratuites et 11 payantes[29]. Dans le même temps, la couverture de la TNT est progressivement étendue à 50 % de la population à l'automne 2005, 65 % en 2006, 85 % en 2007 et 97 % en 2012[30],[32].

Le , le CSA lance un appel à candidatures pour 4 chaînes locales diffusées sur la TNT en région parisienne[33]. Il reçoit 22 candidatures[34] et en sélectionne sept le  : trois chaînes à temps plein (Côté Seine, IDF1 et LTF) et quatre chaînes se partageant un même canal (Cinaps TV, BDM TV, Demain ! IDF et Télé Bocal)[35],[36]. Les chaînes commencent leur diffusion le [37].

La loi du relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle prévoit le basculement des chaînes de télévision locales analogiques vers le numérique[36]. Ainsi le , le CSA autorise 18 chaînes de télévision locales à diffuser simultanément en analogique et en numérique : TLM à Lyon, TLT à Toulouse, TV7 Bordeaux à Bordeaux, LCM à Marseille, Clermont Première à Clermont-Ferrand, TV8 Mont-Blanc à Annecy et Chambéry, Nantes 7 et Télénantes à Nantes, 7L à Montpellier, TV Rennes à Rennes, Orléans TV à Orléans, Canal 8 au Mans, TéléGrenoble à Grenoble, TV Tours à Tours, Cityzen TV à Caen, Angers 7 à Angers, Bip TV à Issoudun et Canal 32 à Troyes[36],[38]. Elles commencent leur diffusion le après une recomposition des multiplex[39]. Par la suite, le CSA lance plusieurs appels à candidatures pour d'autres chaînes locales diffusées sur la TNT dans leurs régions respectives. L'organisme concentre d'abord ses efforts sur 25 zones jugées prioritaires en lançant 5 appels : Brest, Saint-Étienne, Strasbourg, Nice, Menton et Montluçon le , Saint-Raphaël/Cannes, Grasse, Belfort/Montbéliard, Lorient, Vannes, Limoges et Mulhouse le , Caen, Poitiers, Reims/Mézières et Perpignan le , Bayonne, Dijon, Lille et Meaux le , Bar-le-Duc, Épinal/Vittel, Privas et Toulon/Hyères le [36],[40],[41],[42],[43],[44].

Le , le CSA ouvre une consultation publique sur le basculement de la télévision analogique terrestre (TAT) vers la télévision numérique terrestre (TNT). L'arrêt définitif de la télévision analogique est prévue pour le [45]. Il en ressort que l'arrêt de la diffusion analogique doit se faire par zones géographiques en commençant dès 2009 dans deux régions[46]. Cela libèrera des fréquences afin d'améliorer la réception de la TNT et de lancer de nouveaux services comme la TNT HD, la télévision mobile personnelle, la radio numérique terrestre et l'Internet mobile à très haut débit. De plus, cela permettra aux chaînes historiques de supprimer les coûts de double diffusion analogique/numérique[47]. Le GIP France Télé Numérique est créé pour assister les téléspectateurs dans cette transition. Le , Coulommiers (Seine-et-Marne) est la première ville à passer au tout numérique. Deux autres expérimentations ont lieu à Kaysersberg (Haut-Rhin) et dans la région de Cherbourg et du Nord-Cotentin la même année. L'extinction de l'analogique dans le reste du territoire se déroule par zones géographiques correspondant au découpage régional de France 3 sur une période de deux années jusqu'au . De son côté, Canal+ suit son propre calendrier d'extinction de l'analogique de 2009 à 2010[47],[48],[49].

En , le groupe TF1 consolide sa position sur la TNT (TF1, LCI) en rachetant les chaînes TMC et NT1 à AB Groupe. L'opération est autorisée par l'Autorité de la concurrence et le Conseil supérieur de l'audiovisuel mais ils imposent des contraintes au groupe pour éviter les synergies entre les chaînes sur la publicité et les programmes et pour favoriser la création audiovisuelle française[50],[51]. Le même mois, le groupe Bolloré (Direct 8) rachète la chaîne musicale Virgin 17 à Lagardère Active qu'il renomme Direct Star le [52],[53]. En , le groupe Canal+ annonce le rachat des chaînes Direct 8 et Direct Star au groupe Bolloré[54]. Le rachat est autorisé sous conditions par l'Autorité de la concurrence en 2012, avant d'être annulé en puis d'être ré-autorisé en [55].

TNT d'outre-mer (depuis 2008)Modifier

En , le gouvernement charge le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) d'une mission d'évaluation et de proposition sur le développement de la télévision numérique terrestre en France d'outre-mer[56]. Le rapport d'Alain Méar remis en met en évidence les différentes aspirations des départements, régions et collectivités d'outre-mer : certains veulent la même offre qu'en France métropolitaine, d'autres s'inquiètent d'une invasion culturelle et de la disparition des chaînes locales face aux grandes chaînes métropolitaines. Le rapport préconise donc un déploiement progressif en trois phases : une première avec les chaînes nationales publiques, une deuxième avec des chaînes locales privées, et une troisième avec les chaînes nationales privées volontaires. Ces dernières sont en effet réticentes à une diffusion gratuite en outre-mer à cause de coûts de diffusion trop importants — autour de 2 millions d'euros par chaîne et par an[57] — par rapport au potentiel du marché publicitaire local[58],[59].

La TNT est lancée le en outre-mer, récupérant les fréquences de la chaîne Tempo de RFO arrêtée le même jour.

Elle ne compte alors que 7 chaînes nationales publiques (France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô, France 24 et Arte), la déclinaison locale du réseau Outre-mer 1re et des chaînes privées et associatives locales selon le territoire.

Les chaînes privées nationales françaises (groupe TF1, groupe M6...) ne sont pas diffusées sur la TNT d'outre-mer. Ces groupes de télévision jugent les coûts de diffusion trop importants — 2 millions d'euros par chaîne et par an selon le CSA — par rapport au potentiel du marché publicitaire local. Ces chaînes ne sont donc disponibles que via des bouquets payants (satellite, internet...)[60],[57].

Les chaînes sont diffusées en définition standard (720 × 576 pixels) à balayage entrelacé (576i) — comme auparavant en métropole —, sous la norme MPEG-4 — comme en métropole — pour pouvoir diffuser toutes les chaînes sur un seul multiplex (ROM 1)[59],[61].

L'extinction de l'analogique en outre-mer a eu lieu progressivement entre septembre et [62].

En , la chaîne France 24 arrête d'émettre sur la TNT d'outre-mer et est remplacée par France Info. Cette décision a été prise dans un souci d'économies par la direction de France Médias Monde[63].

Le , la chaîne France Ô cesse la diffusion de ses programmes. Cet arrêt fait suite à la signature, deux ans plus tôt du « Pacte pour la visibilité des outre-mer », entre France Télévisions et les ministres de la Culture et des Outre-mer. Le , le signal hertzien de la chaîne est définitivement coupé. La libération des canaux permet alors progressivement le passage en haute définition des chaînes du réseau La 1re[64]. Ainsi, depuis janvier 2022, tous les services de télévision de La 1re sont diffusés en haute définition sur la TNT d'outre-mer[65].

Difficultés de la TNT payante (2008-2016)Modifier

En , la chaîne AB1 (AB Groupe) arrête sa diffusion sur la TNT payante. La chaîne Canal J (Lagardère Active) cesse également d'émettre sur la TNT payante en raison de coûts de diffusion trop important. Ces deux retraits mettent en évidence le peu de succès de la TNT payante qui ne compte que près de 60 000 abonnés chez les distributeurs TV Num et TNtop[66]. Le CSA prévoit alors de lancer des appels à candidatures pour trois nouvelles chaîne payantes et deux nouvelles chaînes gratuites en HD. De plus, la chaîne France Ô (France Télévisions) commence sa diffusion nationale à partir du [67],[68].

Le , le CSA lance un appel à candidatures pour une chaîne nationale payante[69]. Le , la chaîne sportive CFoot de la Ligue de football professionnel est choisie face à Canal+ Family du groupe Canal+ et l'indépendant SelecTV[70]. Le , le CSA lance un appel à candidatures pour un service de médias audiovisuels à la demande (SMAD)[71]. Le service de vidéos à la demande SelecTV (TV Num) est choisi en pour rejoindre la TNT payante et proposer des films par abonnement ou en paiement à la séance[72].

À l'été 2011, les groupes TF1 et M6 demandent le passage en gratuit de leurs chaînes respectives LCI et Paris Première. Mais le , le CSA leur refuse la gratuité[73]. En , la chaîne premium payante TPS Star cesse d'émettre[74]. En juin, la Ligue de football professionnel ferme sa chaîne CFoot à cause de coûts de diffusion trop importants sur la TNT payante et la perte de droits sportifs consécutifs à l'arrivée de beIN Sports en France[75].

Au début de l'année 2014, LCI et Paris Première demandent de nouveau leur passage en gratuit[76]. Nonce Paolini, PDG du groupe TF1, menace de fermer LCI à la fin de l'année s'il n'obtient pas satisfaction[77]. Mais le , le CSA refuse de nouveau la gratuité aux deux chaînes, ainsi qu'à Planète+ (Groupe Canal+) qui leur embraye le pas sans réelle volonté[78]. Le , les groupes TF1 et M6 ferment leur chaîne payante TF6, concurrencée par les chaînes gratuites et en manque de souffle sur la TNT payante[79]. À son tour, Eurosport quitte la TNT payante en janvier 2015 après que TF1 a vendu le groupe à l'américain Discovery[80].

Le , le Conseil d'État annule la décision du CSA du refusant la gratuité de LCI et Paris Première pour « procédure irrégulière »[81]. Le , le CSA autorise cette fois-ci le passage de LCI en gratuit considérant que le marché publicitaire a évolué et que la chaîne n'a plus d'avenir dans la TNT payante. Mais il refuse toujours celui de Paris Première et Planète+[82].

La TNT haute définitionModifier

Expérimentations et premières chaînes (2006-2012)Modifier

Le , le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) lance un appel à projets en vue d'expérimentations de diffusion en haute définition (1 920 × 1 080 pixels) sous la norme MPEG-4 (H.264) dans les villes de Paris, Lyon et Marseille. Les chaînes TF1, M6, Canal+, Arte et les chaînes publiques de France Télévisions sont ainsi autorisées à diffuser en HD du au à l'occasion d'événements sportifs tels que Roland-Garros, Wimbledon et la Coupe du monde de football. Une seconde vague d'expérimentations a lieu du au avec cette fois-ci Canal+, M6, Arte, Direct 8, NRJ 12, BFM TV et les chaînes de France Télévisions[83],[84],[85]. Une troisième vague d'expérimentations se déroule du au et permet notamment la diffusion du Tour de France en HD[86].

En parallèle, le CSA ouvre le une consultation publique sur la haute définition pour recueillir les avis des acteurs de l'audiovisuel. Ces derniers affichent leur volonté de développer la HD, vue comme le futur standard de la télévision[87]. Le , le CSA lance un appel à candidatures pour la diffusion de deux chaînes privées nationales en haute définition sur la TNT. Un canal est également réservé pour une chaîne du service public[88]. Le , les chaînes gratuites TF1 et M6 sont choisies au côté de France 2[89],[90]. Le , un nouvel appel à candidature est lancé pour la diffusion d'une chaîne nationale privée payante en haute définition[91]. La chaîne Canal+ est choisie, le [92].

Cinq chaînes commencent leur diffusion en haute définition sur la TNT le à 15 h 30. Mais si Arte et Canal+ sont accessibles comme les autres chaînes de la TNT, TF1, France 2 et M6 ne sont diffusées que via 27 émetteurs ne couvrant que 40 % de la population. Cela est dû au fait qu'une intervention est nécessaire sur chaque émetteur pour activer le nouveau multiplex R5 contenant les trois chaînes[93]. La couverture des cinq chaînes s'étend progressivement au cours des années et atteint 96 % de la population métropolitaine en [94],[95].

Développement (2011-2016)Modifier

En , la Commission européenne juge que les « chaînes bonus » promises aux groupes TF1, M6 et Canal+ sont illégales vis-à-vis du droit européen. Ces chaînes bonus (TV Breizh pour TF1, M6 Famille pour M6 et Canal 20 pour Canal+) leur ont été réservées par la loi de 2007 en compensation des efforts financiers pour le passage au tout numérique et l'arrivée de la concurrence, et doivent être lancées après l'extinction de l'analogique en [96],[97]. Ainsi, prenant acte de cette décision, le CSA lance le un appel à candidatures pour 6 chaînes gratuites en haute définition[98]. Il reçoit 34 candidatures et les auditions publiques se déroulent du 5 au [99].

Le , le CSA sélectionne les chaînes HD1 (Groupe TF1), L'Équipe HD (Groupe Amaury), 6ter (Groupe M6), TVous La Diversité (Diversité TV), RMC Découverte (NextRadioTV) et Chérie 25 (NRJ Group). Elles commencent à émettre le mais ne sont accessibles que pour seulement 25 % de la population[100],[101]. Leur couverture est progressivement étendue par zones géographiques. 13 phases sont prévues entre et . Plus de 97 % de la population métropolitaine sera alors couverte, tout comme la TNT en définition standard[102].

Le , le CSA lance un appel à candidatures pour des chaînes nationales en haute définition. Il reçoit 26 candidatures et les auditions publiques ont lieu du 21 au [103]. Compte tenu que l'État a préempté 5 canaux HD pour les chaînes publiques France 3, France 4, France 5, France Ô et LCP et que les chaînes déjà présentes sur la TNT sont prioritaires, le CSA sélectionne 12 chaînes le  : BFM TV, Canal+ Cinéma, Canal+ Sport, D8, D17, Gulli, I-télé, NRJ 12, NT1, Planète+, TMC et W9[104].

En , le groupe NextRadioTV (BFM TV, RMC Découverte) annonce racheter la chaîne Numéro 23 pour un montant de près de 90 millions d'euros[105]. Mais en octobre, le CSA retire son autorisation d'émettre à la chaîne — une première dans l'histoire de la télévision —, considérant que son propriétaire, Pascal Houzelot, les a berné en réalisant une manœuvre de pure spéculation qui consiste à vendre avec une belle plus-value le canal obtenu gratuitement seulement deux ans et demi auparavant[106]. Cependant, le Conseil d'État casse la décision du CSA le jugeant que la fraude n'est pas démontrée[107]. Finalement, NextRadioTV ne prend qu'une participation minoritaire de 39 % dans le capital de la chaîne[108].

Évolution et généralisation de la HD en France métropolitaine (depuis 2016)Modifier

Le , toute la TNT passe au MPEG-4, une norme de compression plus performante que le MPEG-2 encore utilisé pour les chaînes en définition standard. Ce changement permet de diffuser les 25 chaînes gratuites de la TNT en haute définition, contre seulement 10 jusque-là. Une recomposition des multiplex a lieu pour répartir les chaînes sur seulement six multiplex au lieu de huit[109],[110]. Ce changement de norme a également pour conséquence de libérer les fréquences de la bande des 700 MHz (dividende numérique) que le gouvernement vend aux opérateurs de réseau mobile pour le développement de la 4G[111]. Le même jour, la chaîne d'information LCI du groupe TF1 commence sa diffusion en clair. Mais elle n'est présente qu'en définition standard car elle n'a pas pu participer à l'appel à candidatures de 2015, n'étant alors pas encore autorisée par le CSA à passer en gratuit[112].

Une trentaine de chaînes locales passent à la haute définition comme les chaînes nationales[113].

Cependant, la généralisation de la haute définition ne concerne pas les chaînes de la TNT d'outre-mer.

Le , le CSA autorise la création d'une chaîne publique d'information, associant France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l'Institut national de l'audiovisuel[114]. France Info commence sa diffusion en définition standard sur la TNT le à 20 h[115]. La chaîne France Ô doit abandonner la haute définition au passage pour lui faire de la place sur le multiplex R1[116].

En 2018, la ministre de la Culture Françoise Nyssen dévoile ses propositions de réforme de l'audiovisuel public[117]. Parmi les grands axes, on retrouve notamment la suppression des chaînes France 4 et France Ô. En début d'année 2020, on apprend que l'arrêt des deux chaînes publiques est fixé au [118]. Finalement, le ministère de Culture annonce dans un communiqué du , l'arrêt de la chaîne France Ô à compter du , soit deux semaines après l'échéance initiale. Le à h 49, France Ô cesse la diffusion de ses programmes et le signal hertzien de la chaîne est définitivement coupé dans la nuit du 1er au . La libération du canal 19 permet ainsi le passage en HD de la chaîne France Info[119]. Quant à France 4, dont la fermeture était prévue en même temps que France Ô, la chaîne a réussi à démontrer son importance sur le plan éducatif pendant la période de confinement liée à la pandémie de Covid-19[120], et obtient ainsi un an de sursis[121] avant d'être finalement pérennisée à la suite d'une annonce du président de la République Emmanuel Macron le via Twitter[122].

Fin , France Télévisions annonce le lancement une déclinaison TV de l'offre Culturebox, déjà disponible depuis le sur la plateforme france.tv, afin de soutenir le secteur de la culture particulièrement pénalisé par la crise du Covid-19. À vocation éphémère, la chaîne culturelle est autorisée à diffuser des programmes pendant une période de trois mois, soit normalement jusqu'à la réouverture des lieux culturels. Culturebox est lancée le à 20 h 35 sur le canal 19, laissé vacant après l'arrêt de France Ô à la fin de l'été [123]. Par ailleurs, France 4 et France Info sont contraints de repasser temporairement en SD pour permettre à Culturebox d'émettre en HD sur le multiplex R1[124]. En avril 2021, le ministère de la Culture annonce dans un communiqué le prolongement de la chaîne sur le canal 14 en soirée à partir de 20 h 10. Culturebox devient ainsi une chaîne à mi-temps avec France 4 à partir du 3 mai 2021. Ce prolongement est censé être effectif jusqu'à l'arrêt de France 4 prévu en août 2021[125]. À la suite de l'annonce du maintien de France 4 en , une décision du 28 juillet 2021 acte l'arrêt de Culturebox en tant que chaîne de télévision à compter du 20 août 2021[126].

Projets de passage en UHDModifier

En , le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) autorise la société TDF à expérimenter la diffusion en ultra-haute définition (3 840 × 2 160 pixels) avec les normes DVB-T2 et HEVC (H.265) depuis l'émetteur de la Tour Eiffel à Paris. Ces nouvelles normes, déjà utilisées dans d'autres pays, pourraient permettre de diffuser sur la TNT des chaînes en haute définition à balayage progressif (1080p) — contre de la HD à balayage entrelacée (1080i) aujourd'hui — ou des chaînes en ultra-haute définition[127],[128],[129],[130]. D'autres expérimentations ont lieu en 2016 et 2017 à Rennes et Paris[131],[132].

Chaque année depuis 2014, France Télévisions retransmet le Tournoi de Roland-Garros en UHD 4K sur une chaîne évènementielle diffusée dans les zones de Paris, Nantes et Toulouse sur les canaux 81, 82 et 83[133],[134],[135],[136],[137],[138],[139],[140],[141]. Une chaîne UHD 4K à titre expérimental est également lancée à l'occasion de l'édition 2021 du Grand Raid à La Réunion. La chaîne temporaire est disponible dans le département d'outre-mer mais également en métropole à Paris, Nantes et Toulouse sur le canal 81[142]. L'expérimentation est renouvellée lors de l'édition 2022[143].

Le CSA engage des travaux préparatoires en 2017 avec l’ensemble des acteurs du secteur pour préparer les prochaines évolutions de la TNT en France. Les Jeux olympiques de Paris en 2024 constituent l’horizon auquel une plateforme TNT modernisée serait proposée aux téléspectateurs. Des travaux sont engagés au premier trimestre 2018 pour les standards d’images et de son. Un nouveau multiplex pourrait être déployé sur une partie du territoire métropolitain pour assurer la couverture de 60 % de la population[144].

Dolby AC-4Modifier

Dolby et TDF annoncent en avril 2021 de nouvelles expérimentations à Nantes, Paris et Toulouse en utilisant pour le son la norme Dolby AC-4. Cette dernière permet de séparer chaque élément audio (musiques, voix, audio-description, version originale...) et de les régler indépendamment. Bien que cette nouvelle norme permettrait de réduire grandement la bande passante, elle pourrait ne pas être compatible avec un tiers des téléviseurs 4K actuellement sur le marché. De plus, les constructeurs doivent payer une licence pour pouvoir intégrer cette technologie sur leur produit[145].

HbbTVModifier

Le 8 avril 2021, la plateforme Arte.tv est lancée sur le canal 77 via les flux HbbTV pour une expérimentation de 6 mois. Ce service fonctionne uniquement pour les téléspectateurs possédant une télévision connectée à Internet et suffisamment récente pour lire la norme HbbTV[146].

La part de ressource radioélectrique utile attribuée à chaque service est de 8 millièmes pour la diffusion des différents flux et la mise en œuvre des mécanismes nécessaires à sa diffusion.

À partir du 19 avril 2021, deux autres services sont également lancés :

Ces deux services ont cessé le 15 janvier 2022[151] en raison de tests peu concluants[152]. L'expérimentation de la plateforme Arte.tv, qui connait quant à elle un meilleur succès est prolongée par l'Arcom pendant plusieurs mois et devrait finalement s'achever le [153].

Les chaînes de la TNTModifier

En France métropolitaine, les chaînes nationales sont disponibles dès le lancement de la TNT le [154] tandis que les premières chaînes locales sont apparues le , soit deux ans et demi plus tard[155].

En France d'outre-mer, les chaînes nationales ainsi que les premières chaînes locales sont disponibles dès le lancement de la TNT en outre-mer le , soit cinq ans et demi après le lancement de la TNT en France métropolitaine[156].

France métropolitaineModifier

En France métropolitaine, la télévision numérique terrestre (TNT) compte 30 chaînes nationales — dont 7 chaînes publiques, 18 chaînes privées gratuites et 5 chaînes privées payantes (avec des plages en clair ou non) — et 42 chaînes locales.

Chaînes nationalesModifier

Liste des chaînes nationales de la TNT en France métropolitaine[157]
Canal Chaîne Logo Type Accès Groupe Lancement Multiplex Format
1 TF1 Généraliste privée Gratuit Groupe TF1 R6 - SMR6 1080i (HD)
2 France 2 Généraliste publique France Télévisions R1 - SGR1
3 France 3
4 Canal+ Généraliste privée Payant (plages en clair) Groupe Canal+ R3 - CNH3
5 France 5 Généraliste publique Gratuit France Télévisions R4 - Multi 4
6 M6 Généraliste privée Groupe M6
7 Arte Généraliste publique Arte France
8 C8 Généraliste privée Groupe Canal+ R2 - NTN2
9 W9 Groupe M6 R4 - Multi 4
10 TMC Groupe TF1 R6 - SMR6
11 TFX
12 NRJ 12 NRJ Group
13 LCP Thématique publique Parlement français
14 France 4 Généraliste publique France Télévisions R1 - SGR1
15 BFM TV Thématique privée Altice Média R2 - NTN2
16 CNews Groupe Canal+
17 CStar Généraliste privée
18 Gulli Groupe M6
20 TF1 Séries Films Généraliste privée Groupe TF1 R7 - MHD7
21 La chaîne L'Équipe Thématique privée Groupe Amaury
22 6ter Généraliste privée Groupe M6 R4 - Multi 4
23 RMC Story Altice Média R7 - MHD7
24 RMC Découverte Thématique privée
25 Chérie 25 Généraliste privée NRJ Group
26 LCI Thématique privée Groupe TF1 R3 - CNH3 576i (SD)
27 France Info Thématique publique France Télévisions R1 - SGR1 1080i (HD)
41 Paris Première Généraliste privée Payant (plages en clair) Groupe M6 R3 - CNH3 576i (SD)
42 Canal+ Sport Thématique privée Groupe Canal+ 1080i (HD)
43 Canal+ Cinéma Payant
45 Planète+

Chaînes localesModifier

Liste des chaînes locales de la TNT en France métropolitaine[157]
Canal Chaîne Logo Zone de diffusion Lancement Multiplex Format
28 BFM Grand Littoral Boulogne-sur-Mer R1 - SGR1 1080i (HD)
30 Angers Télé Angers
BFM Alsace Strasbourg, Mulhouse
BFM Lyon Lyon, Villefranche-sur-Saône, Vienne R1 - SGR1, R15
BFM Marseille Provence Marseille R1 - SGR1
BFM Normandie Rouen, Neufchâtel-en-Bray
BFM Paris Île-de-France Île-de-France
BFM Toulon Var Toulon, Hyères
TVPI Bayonne
ViàTéléPaese Corse R15
Wéo Nord-Pas-de-Calais Lille R1 - SGR1
31 8 Mont-Blanc Savoie, Haute-Savoie R15
BFM DICI Alpes du Sud Gap R1 - SGR1
BFM DICI Haute-Provence Digne-les-Bains, Serres, Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban R15
BFM Grand Lille Lille
BFM Nice Côte d'Azur Nice R1 - SGR1
Canal 31 Île-de-France L8 - Multi 7
Tébéo Brest R1 - SGR1
Télénantes Nantes
TL7 Saint-Etienne
ViàOccitanie Montpellier Montpellier
ViàOccitanie Toulouse Toulouse R1 - SGR1, R15
Vosges Télévision Épinal, Vittel R1 - SGR1 576i (SD)
32 BFM Grand Littoral Dunkerque 1080i (HD)
Canal 32 Troyes R15
IDF1 Île-de-France L8 - Multi 7
33 LDV Média Monistrol-sur-Loire R15 576i (SD)
LMtv Sarthe Le Mans R1 - SGR1 1080i (HD)
Moselle TV Metz, Forbach, Sarrebourg
TébéSud Lorient, Vannes
TLC Vendée, Maine-et-Loire L8 - TVO
TV7 Bordeaux R1 - SGR1
ViàOccitanie Pays Catalan Perpignan
ViàOccitanie Pays Gardois Nîmes, Alès R1 - SGR1, R15
Via Stella Corse R1 - SGR1
34 MATÉLÉ Saint-Quentin, Hirson, Laon
Museum TV Paris Île-de-France L8 - Multi 7
TV Vendée Vendée, Maine-et-Loire L8 - TVO
35 TVR Rennes R1 - SGR1 576i (SD)
Wéo Picardie Abbeville, Amiens 1080i (HD)
36 Bip TV Argenton-sur-Creuse, Issoudun R1 - SGR1, R15
37 TV Tours-Val de Loire Tours, Blois R1 - SGR1
38 TéléGrenoble Grenoble

France d'outre-merModifier

En France d'outre-mer, la TNT compte seulement 6 chaînes nationales publiques et 1 à 4 chaînes locales par zone de diffusion (soit au total de toutes les zones 23 chaînes locales)[158].

Chaînes nationalesModifier

Liste des chaînes nationales de la TNT en France d'outre-mer[157]
Canal Chaîne Logo Type Groupe Lancement Multiplex Format
2/3/4 France 2 Généraliste publique France Télévisions ROM 1 576i (SD)
3/4/5 France 3
4/5/6 France 4
5/6/7 France 5
7/8/9 Arte Arte France
8/9/10 France Info Thématique publique France Télévisions

Chaînes localesModifier

Liste des chaînes locales de la TNT en France d'outre-mer[157]
Zone de diffusion Canal Chaîne Logo Type Lancement Multiplex Format
Guadeloupe 1 Guadeloupe La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
3 Canal 10 Généraliste privée 576i (SD)
11 Éclair Télévision ROM L 1080i (HD)
12 Alizés Télévision
Guyane 1 Guyane La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
10 KTV Guyane Généraliste associative 576i (SD)
Martinique 1 Martinique La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
2 ViàATV Généraliste privée 576i (SD)
3 KMT Généraliste associative
11 Zitata TV Généraliste privée ROM L
Mayotte 1 Mayotte La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
9 Kwezi TV Généraliste privée 576i (SD)
10 Chiconi FM-TV Généraliste associative
Nouvelle-Calédonie 1 Nouvelle-Calédonie La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
9 NC9 Généraliste privée 576i (SD)
10 Caledonia 4 mai 2017
Polynésie française 1 Polynésie La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
2 TNTV Généraliste privée 576i (SD)
La Réunion 1 Réunion La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
2 Antenne Réunion Généraliste privée
Saint-Barthélemy 1 Guadeloupe La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
Saint-Martin 1 Guadeloupe La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
10 Io TV Généraliste privée 576i (SD)
Saint-Pierre-et-Miquelon 1 Saint-Pierre-et-Miquelon La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)
Wallis-et-Futuna 1 Wallis-et-Futuna La 1re Généraliste publique ROM 1 1080i (HD)

Régions frontalièresModifier

Les Français vivant dans des zones frontalières peuvent recevoir partiellement ou intégralement les services de télévision numérique terrestre (TNT) des pays frontaliers sous réserve de compatibilité des équipements techniques et des normes de diffusion. Il est ainsi possible de capter :

Anciennes chaînesModifier

De nombreuses chaînes nationales, régionales ou locales, gratuites ou payantes ont été diffusées sur la TNT et n'en font plus partie. Soit elles se sont arrêtées — généralement pour des raisons économiques —, soit ont été remplacées, soit ont abandonné ce moyen de diffusion.

Chaînes nationales de France métropolitaine

  • Europe 2 TV : chaîne généraliste privée gratuite du groupe MCM diffusée du au (remplacée par Virgin 17) ;
  • AB1 : chaîne généraliste privée payante d'AB Groupe diffusée du au (sortie de la TNT) ;
  • Canal J : chaîne thématique privée payante du groupe M6 diffusée du au (sortie de la TNT) ;
  • Virgin 17 : chaîne généraliste privée gratuite du groupe MCM diffusée du au (remplacée par Direct Star) ;
  • Planète : chaîne thématique privée payante du groupe Canal+ diffusée du au (remplacée par Planète+) ;
  • TPS Star : chaîne thématique privée payante de TPS puis du groupe Canal+ diffusée du au (disparue) ;
  • CFoot : chaîne sportive privée payante de la Ligue de football professionnel diffusée du au (disparue) ;
  • Direct 8 : chaîne généraliste privée gratuite du groupe Bolloré diffusée du au (remplacée par D8) ;
  • Direct Star : chaîne généraliste privée gratuite du groupe Bolloré diffusée du au (remplacée par D17) ;
  • TF6 : chaîne généraliste privée payante du groupe TF1 et du groupe M6 diffusée du au (disparue) ;
  • Eurosport : chaîne sportive française payante du groupe TF1 diffusée du au (sortie de la TNT) ;
  • L'Équipe 21 : chaîne thématique privée gratuite du groupe Amaury diffusée du au (remplacée par La chaîne L'Équipe) ;
  • D8 : chaîne généraliste privée gratuite du groupe Canal+ diffusée du au (remplacée par C8) ;
  • D17 : chaîne généraliste privée gratuite du groupe Canal+ diffusée du au (remplacée par CStar) ;
  • I-Télé : chaîne thématique privée gratuite du groupe Canal+ diffusée du au (remplacée par CNews) ;
  • HD1 : chaîne généraliste privée gratuite du groupe TF1 diffusée du au (remplacée par TF1 Séries Films) ;
  • NT1 : chaîne généraliste privée gratuite du groupe TF1 diffusée du au (remplacée par TFX) ;
  • Numéro 23 : chaîne thématique privée gratuite de Diversité TV France diffusée du au (remplacée par RMC Story) ;
  • France Ô : chaîne généraliste publique de France Télévisions diffusée du au (disparue) ;
  • Culturebox : chaîne thématique publique de France Télévisions diffusée du au (disparue)[159].

Chaînes locales et régionales de France métropolitaine

Chaînes nationales de France d'outre-mer

Chaînes locales et régionales de France d'outre-mer

  • Guadeloupe Télévision : chaîne généraliste privée diffusée du au en Guadeloupe (disparue) ;
  • Télé Kréol : chaîne généraliste associative diffusée du au à La Réunion (sortie de la TNT)[160] ;
  • Zouk TV : chaîne généraliste privée diffusée du au en Martinique (sortie de la TNT)[161] ;
  • Télémante : chaîne associative diffusée à Mayotte (sortie de la TNT).

Organisation administrativeModifier

Mode de désignation des chaînesModifier

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a pour mission de sélectionner les chaînes privées pouvant être diffusées sur la TNT. La procédure débute par une consultation publique dans le cas où les nouvelles chaînes sont susceptibles de modifier de façon importante le marché. Le CSA lance un appel à candidatures dans lequel il précise les caractéristiques des chaînes qu'il recherche (nationale ou locale, gratuite ou payante, généraliste ou thématique...). Les candidats ont généralement deux à trois mois pour répondre. Le CSA vérifie si les candidatures respectent bien les caractéristiques recherchées et publie la liste des candidats jugés recevables au Journal officiel. Des auditions publiques sont ensuite organisées lors desquelles les candidats présentent leur projet et répondent aux questions du jury. Le CSA effectue alors une sélection des candidats qu’il envisage d'autoriser et établit avec chaque éditeur de chaîne une convention définissant ses engagements. Finalement, il accorde les autorisations de diffusion[162].

Les autorisations de diffusion sont délivrées pour une période de 10 ans. Une reconduction peut être accordée hors d'un appel à candidatures pour une période de 5 ans à deux reprises. Au-delà, un nouvel appel à candidatures doit être organisé[163],[164].

Déploiement de la TNTModifier

À son lancement le , la télévision numérique terrestre (TNT) n'est retransmise que par 17 émetteurs situés principalement dans des grandes agglomérations et n'est alors disponible que pour 35 % de la population métropolitaine. Par la suite, 95 autres émetteurs sont mis en service en 5 phases de à , couvrant ainsi 80 à 85 % de la population[165],[166],[167].

Calendrier du déploiement des 112 premiers émetteurs de la TNT
Phase Date Zones Couverture
1 Bordeaux (2 sites), Brest, Lille, Lyon, Mantes-la-Jolie, Marseille (2 sites), Niort, Paris (4 sites), Rennes, Rouen, Toulouse et Vannes 35 %
2 Ajaccio, Bayonne, Bourges, Caen, Cherbourg, Grenoble, Le Havre, Lyon, Le Mans, Nantes, Orléans, Reims, Saint-Étienne, Toulon et Toulouse 50 %
3 - Agen, Alençon, Angers, Arcachon, Argenton-sur-Creuse, Bastia, Besançon, Brive, Caen, Cannes, Clermont-Ferrand, Évreux, Laval, Lorient, Meaux, Nice, Roanne, Saint-Raphaël et Tours 59 %
4 - Albi, Alès (2 sites), Aubenas, Aurillac, Autun, Bergerac, Carcassonne, Chartres, Dieppe, Guéret, Hyères, La Rochelle, Le Puy-en-Velay, Limoges, Mende, Montluçon, Montpellier, Neufchâtel-en-Bray, Perpignan, Poitiers, Privas, Ussel et Valence 66 %
5 mars - Annecy, Auxerre, Avignon, Bar-le-Duc, Belfort, Chambéry, Chaumont, Le Creusot, Dijon, Épinal, Mâcon, Menton, Montbéliard, Montmélian, Parthenay, Sens, Troyes, Vittel et Voiron -
6 octobre - Abbeville, Amiens, Boulogne-sur-Mer, Charleville-Mézières, Cluses, Dunkerque, Forbach, Hirson, Lille, Longwy, Maubeuge, Metz, Mulhouse, Nancy, Sarrebourg, Strasbourg, Valenciennes, Verdun 80 - 85 %

De nombreux émetteurs sont activés par vagues successives entre 2008 et 2009 pour étendre la couverture de la TNT. Puis, d'autres émetteurs sont mis en service au cas par cas. Ainsi, il est prévu par la loi de couvrir 95 % de la population métropolitaine avec 1 626 émetteurs avant le , date de l'arrêt de la télévision analogique[168].

  • 55 émetteurs en 2008[169] ;
  • 77 émetteurs entre le et le [169] ;
  • 36 émetteurs le [170] ;
  • 42 émetteurs le [171] ;
  • 24 émetteurs le [171] ;
  • 59 émetteurs le [172],[173]
  • 22 émetteurs le [172] ;
  • 45 émetteurs le [174].

Extinction du réseau analogiqueModifier

Schéma d'arrêt de l'analogiqueModifier

La loi no 2007-309 du relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur fixe l'extinction définitive de la télévision analogique terrestre au au plus tard. Le , le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) ouvre une consultation publique sur le basculement de la télévision analogique vers la télévision numérique. Il en ressort que l'arrêt de la diffusion analogique doit se faire par zones géographiques en commençant dès 2009[47],[45],[46].

L'arrêt de la diffusion analogique libérant des fréquences, le dividende numérique, ce qui permet d'étendre et améliorer la réception de la TNT sur le territoire français, ainsi que de lancer de nouveaux services comme la TNT Haute Définition, la télévision mobile personnelle, la radio numérique terrestre et l'Internet mobile à très haut débit (4G). De plus, cela permettra aux chaînes historiques de supprimer les coûts de double diffusion analogique/numérique[47].

La transition des émetteurs de l'analogique vers le numérique se fait en deux étapes successives et rapprochées : premièrement, l'arrêt des chaînes analogiques, et deuxièmement, le basculement des multiplex sur les fréquences définitives de la TNT[47]. Les fréquences utilisées sont issues d'une coordination internationale mise en place avec le plan numérique de Genève de 2006 afin de limiter les brouillages en zones frontalières[175].

Pour accompagner les téléspectateurs dans cette transition, un groupement d'intérêt public (GIP) dénommé France Télé Numérique est créé en 2009 par l'État et les chaînes analogiques historiques. Plusieurs campagnes publicitaires sont diffusées par les chaînes de télévision nationales pour informer les téléspectateurs du changement à venir. Des campagnes locales et régionales d'information sont lancées quelques mois avant la date de basculement dans les régions concernées. Des dépliants sont distribués dans les boîtes aux lettres, des points d'information fixes et mobiles sont ouverts, et un centre d'appel et un site web sont mis en place pour répondre à toutes les questions. De plus, un fonds d'aide subventionne l'achat d'adaptateurs numériques et le réglage de l'antenne de télévision pour les foyers les moins aisés. Une prestation de service à domicile est offerte aux personnes âgées et aux personnes handicapées pour régler les équipements techniques grâce à 8 000 intervenants et 43 000 bénévoles. Un fonds d'aide complémentaire est mis en place à destination des personnes qui ne peuvent plus recevoir la télévision terrestre et doivent changer de mode de réception[47],[176].

Calendrier du passage au « tout numérique »Modifier

Avant de généraliser l'extinction de la télévision analogique, trois opérations pilotes sont organisées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, le GIP France Télé Numérique, et les représentants des chaînes. Il s'agit d'examiner les difficultés rencontrées par les Français lors de l'opération, de mesurer l'efficacité de la campagne de communication auprès des foyers, et de vérifier les capacités d'intervention et de coordination des acteurs[47].

Le calendrier prévoit ensuite un arrêt de l'analogique région après région selon le découpage de la chaîne de télévision régionale France 3 en France métropolitaine et selon les territoires en France d'outre-mer[47],[176].

Cas particulier de Canal+

L'autorisation de diffusion analogique de Canal+ arrivant à échéance le , soit avant les autres chaînes hertziennes, la chaîne est obligée de suivre son propre calendrier d'extinction de l'analogique en avance par rapport au calendrier général[176],[182].

Reprise par d'autres moyens de diffusionModifier

La télévision numérique terrestre (TNT) couvre 97 % de la population française métropolitaine grâce à 1 627 émetteurs. Pour les Français ne recevant pas la TNT, d'autres moyens de réception doivent être utilisés, tels que le satellite, le câble et Internet[183],[184],[185]. Les chaînes nationales et certaines chaînes régionales y sont reprises gratuitement, et des offres payantes permettent de recevoir des chaînes supplémentaires.

Les chaînes nationales gratuites sont accessibles en clair (free to air) sur le satellite Eutelsat 5 West A[186]. De plus, deux bouquets gratuits mais sous contrôle d'accès proposent de recevoir les chaînes de la TNT. D'un côté, le bouquet TNT Sat du groupe Canal+ lancé en et accessible sur Astra 1. De l'autre, le bouquet Fransat du groupe Eutelsat lancé en et accessible sur Eutelsat 5 West A. Ils permettent tous deux de recevoir des radios et des chaînes supplémentaires françaises ou étrangères gratuitement. Ils proposent aussi des offres payantes contenant des chaînes thématiques supplémentaires[183],[187],[188],[189].

Les chaînes nationales gratuites sont également disponibles sans abonnement sur le câble[190].

Les chaînes nationales gratuites sont aussi proposées dans les offres télévisuelles des opérateurs de télécommunications mais sous réserve de disposer d'un abonnement[190].

DiffusionModifier

Transport du signalModifier

L'éditeur de service responsable d'une chaîne de télévision fournit son signal vidéo numérique à un opérateur de multiplex[191].

L'opérateur de multiplex se charge d'abord de compresser le flux vidéo pour en réduire le débit. Puis, il assemble les flux compressés de plusieurs chaînes dans un même canal correspondant à une gamme de fréquences pour former un multiplex. Ce multiplexage permet à la télévision numérique de diffuser plusieurs chaînes sur un même canal contrairement à la télévision analogique où chaque chaîne est diffusée sur son propre canal. Le multiplex créé est ensuite confié à un opérateur de diffusion[192],[193],[194].

L'opérateur de diffusion tel que TDF ou Towercast achemine le multiplex par liaison satellite, faisceau hertzien ou fibre optique jusqu'aux émetteurs de télévision répartis sur tout le territoire français. L'opérateur est choisi par un appel d'offres pour une durée limitée dans chaque zone d'émission[192],[193],[194].

NormesModifier

Normes de diffusion

La télévision numérique terrestre (TNT) est diffusée en France sous la norme DVB-T (Digital Video Broadcasting - Terrestrial), comme dans une bonne partie du monde, notamment en Europe. Il est envisagé dès 2011 que cette norme soit remplacée un jour par son évolution, la DVB-T2, aux performances accrues[195]. Des expérimentations de diffusion en DVB-T2 ont lieu depuis l'émetteur de la Tour Eiffel à Paris à partir de [127],[128]. Le passage de la TNT à la DVB-T2 n'est pas prévu avant les années 2020[196].

Normes de codage/compression

Au lancement de la TNT en France métropolitaine le , les chaînes gratuites sont diffusées sous la norme de codage/compression MPEG-2 en définition standard (720×576 pixels). Cette norme est choisie car elle repose sur une technologie confirmée, moins couteuse. Elle permet de respecter le calendrier du lancement de la TNT, contrairement au récent format MPEG-4 qui n'est pas encore totalement défini techniquement[197]. Cependant, la norme MPEG-4 AVC (H.264) est retenue pour la diffusion des chaînes payantes en métropole[198], et pour toutes les chaînes en France d'outre-mer[61]. Les chaînes en haute définition (1440×1080 puis 1920×1080 pixels) sont diffusées sous la norme de codage/compression MPEG-4 AVC (H.264) depuis les expérimentations de 2006. Toutes les chaînes de la TNT sont diffusées sous cette même norme depuis le , qu'elles soient en haute définition ou non[199].

Normes de chiffrement

Les chaînes de la TNT payante disposent d'un contrôle d'accès (Simulcrypt ou Multicrypt)[réf. nécessaire]. L'accès aux chaînes de la TNT payante est réservé aux détenteurs d'un décodeur spécialisé vendu avec un contrat d'abonnement, comme les décodeurs de type CanalReady ou le Cube TNT, les adaptateurs standards vendus sans abonnement permettent uniquement de recevoir les plages en clair et ne permettent pas de décrypter ces chaînes. Pour les téléviseurs dotés de la TNT intégrée, seule une carte d'abonnement suffit. Elle s'insère dans le poste de télévision, et est activable avec abonnement.

Rôle de protection des mineurs[réf. nécessaire]

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a pour rôle notamment de restreindre la diffusion de contenus choquants dans le but de protéger les mineurs. L’article 3 de la recommandation de , modifié en 2014, prévoit que les programmes de catégorie III (déconseillés aux moins de 12 ans) diffusés sur les chaînes de télévision autres que les chaînes de cinéma ne doivent pas être programmés avant 22 h. Une exception peut être accordée pour une diffusion après 20 h 30 sauf les mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et périodes de vacances scolaires. De plus, « la diffusion de sons ou d’images difficilement soutenables doit systématiquement être précédée d’un avertissement explicite au public destiné à protéger les plus vulnérables de leur éventuel impact ». Le CSA est là pour vérifier la bonne application de ces lois et peut mettre en garde ou, le cas échéant, sanctionner.

Réseau de télédiffusionModifier

Le réseau de télédiffusion de la TNT compte 1 626 émetteurs en France métropolitaine et plus de 200 en France d'outre-mer. Gérés par les opérateurs techniques tels que TDF et Towercast, les émetteurs sont de deux types[200],[201],[202],[203] :

  • les sites d'émission « principaux » ou « primaires », qui comptent des émetteurs de forte puissance (plusieurs milliers de watt) situés sur des points hauts (grands pylônes ou montagnes) et des émetteurs de puissance moyenne (quelques centaines de watt) situés en plaine ;
  • les sites d'émission « secondaires », dont les émetteurs sont de faible puissance (quelques watt ou dizaines de watt).

De plus, les collectivités locales peuvent installer et maintenir à leurs frais des ré-émetteurs locaux avec l'autorisation du CSA. Ainsi, plus de 360 ré-émetteurs sont en service en France[204],[205].

Canaux et fréquences de la TNTModifier

La télévision numérique terrestre (TNT) utilise les fréquences UHF comprises entre 470 MHz et 694 MHz (canaux 21 à 48)[206].

L'arrêt de la télévision analogique pour le passage à la télévision numérique en 2011 permet de libérer les fréquences dans la bande des 800 MHz (791 MHz - 862 MHz) afin de développer le réseau de téléphonie mobile à très haut débit 4G/LTE. Il constitue le premier dividende numérique. Ainsi, l'ARCEP vend ces fréquences aux opérateurs de réseau mobile pour des montants variant entre 600 millions et 1 milliard d'euros. Mais l'utilisation de ces fréquences pour la 4G peut entraîner un brouillage avec la TNT[207],[208].

La généralisation de la norme MPEG-4 en 2016 permet de libérer de nouvelles fréquences dans la bande des 700 MHz (694 MHz - 790 MHz) pour continuer le développement de la 4G. Elle représente le deuxième dividende numérique. L'ARCEP a vendu aux opérateurs mobiles, fin 2015, deux blocs de fréquences, 703-733 MHz et 758-788 MHz. Le calendrier de transfert comprend huit étapes se déroulant entre le et le [209],[210].

Correspondance des canaux et des fréquences[211],[212]
Canal Fréquence centrale Canal Fréquence Canal Fréquence Canal Fréquence Canal Fréquence
21 474 MHz 31 554 MHz 41 634 MHz 51 714 MHz 61 794 MHz
22 482 MHz 32 562 MHz 42 642 MHz 52 722 MHz 62 802 MHz
23 490 MHz 33 570 MHz 43 650 MHz 53 730 MHz 63 810 MHz
24 498 MHz 34 578 MHz 44 658 MHz 54 738 MHz 64 818 MHz
25 506 MHz 35 586 MHz 45 666 MHz 55 746 MHz 65 826 MHz
26 514 MHz 36 594 MHz 46 674 MHz 56 754 MHz 66 834 MHz
27 522 MHz 37 602 MHz 47 682 MHz 57 762 MHz 67 842 MHz
28 530 MHz 38 610 MHz 48 690 MHz 58 770 MHz 68 850 MHz
29 538 MHz 39 618 MHz 49 698 MHz 59 778 MHz 69 858 MHz
30 546 MHz 40 626 MHz 50 706 MHz 60 786 MHz

Composition des multiplexModifier

Un multiplex est un ensemble de chaînes de télévision diffusées sur un même canal, c'est-à-dire sur une même gamme de fréquences. Contrairement à la télévision analogique où chaque chaîne est diffusée sur son propre canal, la télévision numérique permet de diffuser plusieurs chaînes sur le même canal grâce à la technique du multiplexage[213],[214]. Un multiplex est géré par un opérateur de multiplex qui rassemble les éditeurs des chaînes de télévision[215].

NationauxModifier

Les chaînes nationales sont réparties sur six multiplex, à raison de 5 ou 6 chaînes par multiplex : R1 - SGR1 (Société de gestion du réseau R1) ; R2 - NTN (Nouvelles télévisions numériques R2) ; R3 - CNH (Compagnie du numérique hertzien R3) ; R4 - Multi 4 (Société opératrice du multiplex R4) ; R6 - SMR6 (Société d'exploitation du multiplex R6) ; R7 - MHD7 (Multiplex haute définition R7).

Composition des multiplex nationaux[158]
R1 R2 R3 R4 R6 R7
2 8 4 5 1 20
3 15 26 6 10 21
14 16 41 7 11 23
27 17 42 9 12 24
Chaînes locales ou
2e décrochage de France 3
18 43 22 13 25
45
  • Gratuites en HD (24)
  • Payantes en HD (4)
  • Gratuites en SD (1)
  • Payantes en SD (1)

Au cours des années, les multiplex ont été remaniés à plusieurs reprises :

  • Le , cinq multiplex sont lancés : R1, R2, R3, R4 et R6[216] ;
  • À l'automne 2005, quatre chaînes sont ajoutées sur le multiplex R2 : BFM TV, Gulli, Europe 2 TV et Canal J ;
  • Le , afin de permettre le développement de chaînes locales sur le multiplex R1, plusieurs chaînes sont déplacées : France 4 du R1 au R2, TMC du R2 au R6 et TPS Star du R6 au R3[217] ;
  • Le , 5 chaînes commencent leur diffusion en HD : Canal+ sur le multiplex R3, Arte sur R4, TF1, France 2 et M6 sur le nouvel R5[218]. Pour leur faire de la place, TF6 est déplacé sur R6 tandis qu'AB1 quitte la TNT, libérant une place sur le multiplex R4[219] ;
  • Le , Canal J quitte la TNT, libérant une place sur le multiplex R3 ;
  • Le , Arte est déplacée sur le multiplex R6 pour permettre une diffusion nationale de France Ô sur le multiplex R1[220] ;
  • Le , CFoot intègre le multiplex R3 ;
  • Le , TPS Star cesse la diffusion de ses programmes et quitte la TNT, libérant une place dans le multiplex R3 ;
  • Le , CFoot cesse la diffusion de ses programmes et quitte la TNT, libérant une place dans le multiplex R3 ;
  • Le , deux nouveaux multiplex sont créés : R7 (HD1, Chérie 25 et L'Équipe 21) et R8 (6ter, RMC Découverte et Numéro 23)[221] ;
  • Le , TF6 cesse la diffusion de ses programmes et quitte la TNT, libérant une place dans le multiplex R6 ;
  • Le , Eurosport quitte la TNT, libérant une place dans le multiplex R6 ;
  • Le , la norme MPEG-4 est généralisée à toute la TNT. L'ensemble des chaînes passe en HD (sauf Paris Première et LCI) et les chaînes concernées arrêtent leur double diffusion SD/HD. Grâce à ce gain de place, les multiplex R5 et R8 sont supprimés et ceux restants sont recomposés : France 5 (R1 à R4), LCP (R1 à R6), France 4 (R2 à R1), NT1 (R4 à R7), Paris Première (R4 à R3), Arte (R6 à R4), LCI (R6 à R3), 6ter (R8 à R4), Numéro 23 (R8 à R7) et RMC Découverte (R8 à R7)[222]. LCI passe également en gratuit à compter de cette même date[223] ;
  • Le , France Info intègre le multiplex R1 en SD et France Ô doit abandonner la HD pour lui faire de la place[224] ;
  • Le , France Ô quitte la TNT à la suite de l'arrêt de ses programmes, libérant une place dans le multiplex R1 et permettant à France Info de passer en HD[225] ;
  • Le , Culturebox intègre le multiplex R1, France 4 et France Info doivent repasser en SD pour lui faire de la place et lui permettre de diffuser en HD[124] ;
  • Le , dans le multiplex R1, le canal 19 est libéré à la suite du transfert de Culturebox sur le canal 14 quelques jours plus tôt. France 4/Culturebox et France Info peuvent repasser en HD[226].

LocauxModifier

La majorité des chaînes de télévision locales diffusée en métropole sont diffusées sur un canal du multiplex national R1 - SGR1, réservé à cette occasion depuis le . Une chaîne différente est diffusée selon les régions et les émetteurs. Si aucune chaîne locale n'occupe le canal, un second décrochage régional de France 3 d'une région voisine est retransmis, sous condition de la puissance des émetteurs.

Il existe également des multiplex locaux diffusés uniquement dans certaines régions en suppléments des chaînes locales du multiplex national R1 - SGR1. Le simplex R15 permet de diffuser une deuxième chaîne locale si le canal du multiplex R1 - SGR1 est déjà occupé (sans compter le décrochage régional de France 3). Le simplex permet également à une chaîne locale d'émettre sur une zone où seul un émetteur régional est recevable. Dans certaines régions, il existe également un multiplex L8 rassemblant plusieurs chaînes locales : le L8 - Multi 7 depuis le en Île-de-France[227] et le L8 - TVO depuis le en Vendée[228].

R1 R15 Multi 7 TVO
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RéceptionModifier

En 2016, 56 % des foyers français, soit 15 millions de ménages, reçoivent la télévision via la TNT[229].

Le décodeurModifier

Les chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT) étant compressées et multiplexées, il est nécessaire d'avoir un adaptateur ou décodeur TNT pour les recevoir. Il est soit directement intégré au téléviseur, soit se présente sous la forme d'un boîtier externe placé entre l'antenne et le téléviseur. Il peut être à double tuner pour pouvoir recevoir deux chaînes de multiplex différents simultanément. Pour enregistrer des programmes télévisés, il peut intégrer un disque dur interne ou être connecté à un disque dur externe ou à une clé USB[230].

Il est également possible de recevoir la TNT sur un ordinateur grâce à une carte tuner TNT ou une clé USB TNT. Les deux dispositifs peuvent être connectées à une antenne externe ou utiliser leur propre petite antenne[231],[232].

Avec la généralisation de la norme MPEG-4 en 2016, de nombreux adaptateurs deviennent obsolètes car ils ne peuvent décoder que la norme MPEG-2. Les Français concernés doivent donc racheter un décodeur compatible MPEG-4[233],[234].

Antenne individuelle ou collectiveModifier

Pour recevoir les chaînes de la TNT, il est nécessaire d'avoir une antenne Yagi, dite « antenne râteau ». Installée en extérieur, l'antenne individuelle doit être « large bande » pour recevoir les bandes de fréquences UHF IV et V. L'antenne est ensuite reliée au décodeur TNT via un câble coaxial. Il est aussi possible d'utiliser une antenne intérieure si la zone est située à proximité d'un émetteur[235]. La bonne réception dépend notamment du gain d'antenne lié à sa taille et à sa directivité, et à la qualité du câble coaxial. De nombreux composants peuvent s'adjoindre à l'antenne selon les situations : préamplificateur, amplificateur, coupleur, découpleur, filtre (notamment 4G), répartiteur, parafoudre, éclateur...

En habitat collectif, l'antenne collective est à la charge de la copropriété et distribue la TNT à tous les habitants qui doivent chacun disposer d'un décodeur TNT. Chaque locataire ou propriétaire peut cependant s'équiper à ses frais d'une antenne individuelle. Ce principe est le droit à l'antenne individuelle, garanti par la loi[236].

Lors du passage au tout numérique, 32 % des antennes individuelles et 48 % des antennes collectives nécessitent l'intervention d'un antenniste[235].

Problèmes de réceptionModifier

La bonne réception de la TNT peut être sensiblement affectée par plusieurs phénomènes[237],[238] :

Confusion sur les sigles, labels et logosModifier

 
Logo apposé sur certains appareils.

Depuis le lancement de la TNT en 2005, plusieurs sigles officiels ou commerciaux sont apposés sur les téléviseurs, vidéoprojecteurs, décodeurs TNT et autres appareils électroniques : HD Ready, HD Ready 1080p, Full HD. L'utilisation de ces sigles contradictoires entraine une grande confusion dans l'esprit des consommateurs — probablement entretenue par la distribution et les fabricants — : si les téléviseurs sont bien capables d'afficher la haute définition, l'éventuel décodeur intégré ne permet généralement pas en 2008 de décoder les chaînes de la TNT HD[239].

L'article 19 de la loi no 2007-309 du clarifie la situation pour le public. Il établit un calendrier rendant obligatoire l'intégration d'un tuner TNT aux téléviseurs neufs à partir de , puis d'un tuner TNT HD aux téléviseurs HD à partir de , aux téléviseurs de plus de 66 cm de diagonale à partir de et enfin à tous les téléviseurs à partir de [240]. La France fait également un grand ménage dans les logos et seuls deux sigles peuvent être utilisés, HD TV et HD TV 1080p, depuis le [241],[242].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

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AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Bernard Denis-Laroque, Télévision numérique terrestre : fondamentaux et perspectives, Paris, Éditions Dunod, coll. « Audio-photo-vidéo », , 149 p. (ISBN 2-10-049576-3, BNF 40136070).
  • Didier Maïsto, TNT, un scandale d'État : (Numéro 23, etc), Les Enquêtes de Lyon Capitale, , 192 p..

FilmographieModifier

  • La guerre de la TNT, documentaire en deux parties (Avis de tempête pour les chaînes hertziennes, puis La Loi du plus fort), réalisé par Bertrand Delais, diffusé fin 2011 sur France 5.

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier