Pyrénées-Orientales

département français

Les Pyrénées-Orientales (/pi.ʁe.ne.zɔʁ.jɑ̃.tal/[Note 1] ; en catalan : Pirineus Orientals ; en occitan : Pirenèus Orientals) sont un département français situé au sud de la région Occitanie. Sa limite méridionale correspond à la frontière avec l'Espagne (province de Gérone, Catalogne). Son territoire correspond à l'ancienne province du Roussillon agrandi du pays du Fenouillèdes (pays de tradition languedocienne). Sa préfecture est Perpignan. Les autres pays traditionnels du département sont la plaine du Roussillon, la Haute Cerdagne, le Conflent, le Vallespir, les Aspres, les Albères, la Salanque et le Capcir[2].

Pyrénées-Orientales
Blason de Pyrénées-Orientales Drapeau de Pyrénées-Orientales
Pyrénées-Orientales
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Création du département
Chef-lieu
(Préfecture)
Perpignan
Sous-préfectures Céret
Prades
Présidente du
conseil départemental
Hermeline Malherbe-Laurent (PS)
Préfet Thierry Bonnier[1]
Code Insee 66
Code ISO 3166-2 FR-66
Démographie
Gentilé Catalan
Nord-Catalan
Roussillonnais
Population 487 307 hab. (2021)
Densité 118 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 38′ nord, 2° 40′ est
Superficie 4 116 km2
Subdivisions
Arrondissements 3
Circonscriptions législatives 4
Cantons 17
Intercommunalités 12
Communes 226
Liens
Site web ledepartement66.fr

L'Insee et la Poste lui attribuent le code 66. Il n'y a pas de terme officiel pour désigner les habitants des Pyrénées-Orientales, couramment appelés Catalans, Catalanes[3] ou Roussillonnais, Roussillonnaises[4], bien que ces termes puissent prêter à confusion avec les habitants de la Catalogne et ceux du seul Roussillon. Les Pyrénées-Orientales font à la fois partie du Grand Sud-Ouest français et du Grand Sud-Est français.

Géographie modifier

Localisation modifier

Le département des Pyrénées-Orientales fait partie de la région Occitanie. Ses frontières sont constituées de la mer Méditerranée à l'est, l'Espagne (Catalogne, province de Gérone) au sud, du département de l'Aude au nord, de l'Andorre et du département de l'Ariège à l'ouest.

Il fait partie des rares départements français (avec les Alpes-Maritimes, les Pyrénées-Atlantiques, l'Aude et la Corse) qui permettent à leurs habitants et aux touristes de profiter à la fois de la montagne et de la mer.

Points extrêmes du département des Pyrénées-Orientales :

C'est sur le territoire de la commune de Finestret que se trouve le centre géographique des Pyrénées-Orientales, à proximité du Puig des Feixes (42° 36′ N, 2° 31,2′ E)[5].

Population
Superficie

Géologie et relief modifier

 
La plage de Sana, Banyuls-sur-Mer. En médaillon : affleurement de formations paléozoïques déformées, à côté de la plage.
 
Carte géologique simplifiée des Pyrénées. En rouge : les Pyrénées-Orientales

La majeure partie du département est située à l'extrémité orientale de la chaîne des Pyrénées[6],[7].

Immédiatement à l'est de cette chaîne se trouvent la plaine du Roussillon et le littoral du Roussillon, qui sont également situés dans le département.

Les montagnes pyrénéennes se sont formées lorsque la plaque tectonique ibérique a convergé avec la plaque tectonique eurasienne au cours d'une période s'étendant d'environ 100 à 30 millions d'années[8], [9].

Mais la plupart des formations géologiques de la partie montagneuse du département (la partie située dans la zone axiale des Pyrénées, y compris les massifs du Puigmal, du Canigou et des Albères) datent de périodes beaucoup plus anciennes, de 550 à 350 millions d'années environ (Néoprotérozoïque au Carbonifère). Ces formations ont été intensément déformées et métamorphosées pendant l'orogenèse hercynienne (ou varisque), qui a atteint son apogée il y a environ 300 millions d'années.

 
Les Pyrénées-Orientales (en bleu) sur une carte de la zone axiale des Pyrénées.}

Dans les Fenouillèdes et d'autres zones de la partie nord du département, on trouve des formations géologiques datant d'environ 200 à 100 millions d'années.

Lorsqu'à partir de 30 millions d'années environ, une période d'extension et de subsidence tectonique s'est installée, la plaine du Roussillon et le golfe du Lion se sont formés. Un processus similaire à l'intérieur des Pyrénées orientales a conduit à la formation de bassins géologiques en Conflent, Cerdagne et Capcir.

Le relief de nombreuses parties du département a été profondément modifié à la suite de conditions climatiques très froides au cours des 2 millions d'années les plus récentes. On observe une érosion par les glaciers notable, par exemple dans les vallées du Carol (Cerdagne) et de la haute Têt.

 
Carte topographique du département et de ses principaux bassins versants (en bleu).

Le point culminant est le pic Carlit (2 921 m), mais la montagne la plus connue reste le pic du Canigou.

 
Risque sismique dans les Pyrénées-Orientales : Dans les Pyrénées-Orientales, 68 communes sont classées en zone de sismicité 4, correspondant à une sismicité moyenne (en rouge), et 158 communes sont classées en zone de sismicité 3, correspondant à une sismicité modérée (en orange) - sur une échelle de 1 (très faible) à 5 (forte).

Hydrographie modifier

Les Pyrénées-Orientales sont traversées d'ouest en est par trois fleuves parallèles, le Tech, la Têt et l'Agly. C'est également dans les Pyrénées-Orientales que l'Aude prend sa source.

Le Sègre et son affluent le Carol prennent leur source en Cerdagne française et s'écoulent naturellement vers l'Espagne pour rejoindre l'Èbre.

Climat modifier

 
La centrale solaire de Thémis.

Le climat, de type méditerranéen, permet d'avoir des hivers relativement doux, les chutes de neige étant très rares en plaine. Les étés sont chauds. Les vents jouent un grand rôle, en particulier la Tramontane, vent du nord-ouest, qui atteint fréquemment des vitesses supérieures à 100 km/h. Le vent marin (la Marinade) apporte pour sa part grisaille et pluie.

  • ensoleillement : en moyenne 300 jours par an
  • pluviosité : 60 jours

Voies de communication et transports modifier

 
Train Talgo, entre Montpellier, Perpignan et Barcelone. Il est remplacé par un TGV depuis (Renfe-SNCF en Coopération).

Toponymie modifier

En catalan, le département se nomme Pirineus Orientals, et en occitan Pirenèus Orientals.

Lors de sa création le , le territoire se nomme d'abord département du Roussillon. Mais ce nom rappelle trop la province de l'Ancien Régime et change donc dès le pour celui de département des Pyrénées-Orientales[11].

Les catalanistes donnent aux Pyrénées-Orientales le nom de Catalogne nord (ou Catalogne du Nord), voire de Catalogne française. Ce premier terme a été inventé dans les années 1930 par Alphonse Mias, militant catalaniste et fondateur de la revue-mouvement Nostra Terra, qui souhaitait rappeler les liens historiques et culturels de cette région avec le reste des territoires catalans. Le choix des noms Catalogne Nord, Catalogne du Nord, Roussillon ou Pyrénées-Orientales, traduit plus ou moins l'attachement à une identité catalane[12].

L'Institut d'Estudis Catalan (IEC), l'académie normative de la langue catalane dont le siège est à Barcelone a officialisé le toponyme Catalunya del Nord en lieu et place de Catalunya Nord depuis le 19 juin 2007[13].

Le terme Catalogne Nord a obtenu une première forme de reconnaissance officielle lors de la session du conseil départemental des Pyrénées-Orientales du , où a été approuvée une Charte en faveur du catalan. Celle-ci déclare en préambule que « La langue catalane, née il y a plus de mille ans, constitue un des piliers de notre identité, du patrimoine et de la richesse du département des Pyrénées-Orientales (Catalunya Nord) ». Le terme Catalogne Nord, écrit toutefois en catalan et non en français, apparaît ainsi pour la première fois sur un document officiel.

Son usage tend donc aujourd'hui à être plus courant, en particulier dans son usage par les touristes de la Catalogne Sud.[réf. nécessaire]

Histoire modifier

 
Les Pyrénées-Orientales et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : le Roussillon et le Languedoc (Fenouillèdes).

Le département des Pyrénées-Orientales est créé à la Révolution française en application de la loi du , à partir de la province du Roussillon et d'une partie du Languedoc appelée Fenouillèdes.

Le , Jean-Xavier Bureau de Pusy présente à la Constituante un Rapport sommaire sur la nouvelle division du royaume[14], assortit d'un Tableau des départements, suivant l'ordre du travail[15] dans lequel il propose que « le Roussillon, agrandi par une petite cession du Languedoc », forme un département « termin(ant) la chaîne des Pyrénées ». Il convient de l'exiguïté d'un tel département qui n'aurait que « deux cents lieues (carrées) » de superficie ; mais la justifie par « sa position physique (qui) ne permet pas de l'étendre sans tomber dans une contradiction manifeste avec les motifs qui ont déterminé la division (du royaume) en départements ». « En effet, poursuit-il, le Roussillon, borné au midi par la grande chaîne des Pyrénées, est séparé à l'ouest du pays de Foix, par des montagnes presque incommunicables ; au nord, il est séparé du Languedoc par une autre chaîne de montagnes, et sa limite orientale est bornée part la mer (Méditerranée) ».

Le 9 février suivant, l'Assemblée nationale constituante prend un « décret particulier », portant création d'un « département du Roussillon » ayant la ville de Perpignan pour chef-lieu et divisé en trois « districts » ayant respectivement Perpignan, Céret et Prades pour chefs-lieux.

Elle le réitère le 26 février suivant, dans son « décret général », relatif à la division du royaume en quatre-vingt-trois département, dont l'article 65 du titre II crée le département des Pyrénées-Orientales, ayant Perpignan pour chef-lieu et siège de son assemblée, et divisé en trois districts ayant respectivement Perpignan, Céret et Prades pour chefs-lieux.

Sanctionné par lettre patente du 3 mars 1790, ce décret général devient la loi des 26 février – 3 mars 1790.

Deux dates permettent de mieux comprendre l'histoire de ce département :

 
Catalogne (1812-1814).
Département des Pyrénées-Orientales.

Malgré la création du département en 1790, les différences se sont maintenues entre les deux entités. Les Catalans utilisent le terme péjoratif de gavatxos pour désigner les habitants du Fenouillèdes et de l'Aude. En fait, ce terme est toujours très répandu en Espagne sous les formes gavatx (en catalan) et gabacho (en castillan). Gavatx pourrait être assimilé au mot Boche en français [réf. souhaitée]. Mais il désigne les Français[16]. Il est encore vivace car la dernière invasion de l'Espagne date des guerres napoléoniennes. Dans la partie catalonophone des Pyrénées-Orientales, ce terme a perdu sa connotation agressive et est devenu moqueur, il est plus assimilable au franchouillard usité par les Français, ou au mot Teuton que ceux-ci emploient pour désigner les Allemands.

La couronne espagnole, désireuse de retrouver son ancienne possession, envahit avec ses troupes le département en avril 1793, mais la France le récupéra treize mois plus tard, avec la guerre du Roussillon.

Au XIXe siècle, les Pyrénées-Orientales furent l'un des départements les plus républicains de France. François Arago, homme politique et savant né à Estagel, en est le symbole.

Au la région Languedoc-Roussillon, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Midi-Pyrénées pour devenir la nouvelle région administrative Occitanie.

En 2024, une consultation sur le changement de la dénomination des Pyrénées-Orientales a lieu. Le nom retenu sera ensuite proposé à l’État par le conseil départemental[17].

Héraldique modifier

  Blasonnement :
D'or à quatre pals de gueules.

Politique et administration modifier

Politique modifier

 
Les 4 circonscriptions des Pyrénées-Orientales.

La présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales est Hermeline Malherbe-Laurent (PS), la tête du département depuis novembre 2010[18].

Parti Sigle Élus
Majorité (18 sièges)
Parti socialiste, Divers gauche, et EELV PS-DVG 13
Parti communiste français PCF 4
Parti radical de gauche PRG 1
Opposition (14 sièges + 2 non-inscrits)
Les Républicains, et Divers droite LR 8
UDI, Divers centre, et LREM UDI 6
Rassemblement national RN 2
Présidente du conseil départemental
Hermeline Malherbe-Laurent (PS)


Administration modifier

Pays modifier

Les Pyrénées-Orientales sont organisées en 4 pays :

Économie modifier

L'économie du département repose traditionnellement sur l'agriculture, dominée par l'arboriculture (nombreux vergers de pêchers, d'abricotiers et de cerisiers), le maraîchage (salades, artichauts notamment) et la viticulture. Dans ce domaine, les Pyrénées-Orientales se distinguent par une importante production de VDN (vins doux naturels), avec quatre appellations prestigieuses : Banyuls, Maury, Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes, sans compter le Byrrh, élaboré dans les caves de Thuir. On produit aussi de nombreux vins secs AOC, rouges surtout, dont l'appellation Collioure est sans doute la plus connue.

L'élevage, en recul pendant plusieurs décennies, semble trouver une nouvelle vitalité, en particulier celui des bovins (production de viande de veau IGP Rosée des Pyrénées catalanes et Vedell des Pyrénées catalanes).

L'agriculture biologique trouve dans les Pyrénées-Orientales un lieu de prédilection puisque ce sont près de 10 % de la SAU du département qui sont aujourd'hui convertie à ce mode de production respectueux de l'environnement.

Il faut cependant préciser qu'à peine plus de 8 000 personnes, si on excepte les saisonniers, vivent de l'agriculture. Les entreprises industrielles sont peu nombreuses, et ne peuvent constituer une ressource suffisante pour le département, qui connaît un important taux de chômage (plus de 15 % de la population active). La majorité de la population travaille dans le secteur tertiaire (administration, services, distribution, tourisme**). Le recensement de 1999 donnait les chiffres suivants dans la répartition des actifs :

  • agriculture : 8 227 ;
  • industrie : 10 389 ;
  • construction : 8 460 ;
  • tertiaire : 97 673.

Le taux de pauvreté dans le département s'élève à 20,70 % en 2022[19].

Démographie modifier

En 2021, le département comptait 487 307 habitants[Note 2], en augmentation de 3,45 % par rapport à 2015 (France hors Mayotte : +1,84 %). La ville de Perpignan (122 000 habitants) en regroupe plus d'un quart à elle seule, et plus de la moitié avec sa banlieue. C'est la seule ville importante, et seules les villes de Canet-en-Roussillon, Saint-Estève, Saint-Cyprien, Argelès-sur-Mer, Pia, Cabestany et Saint-Laurent-de-la-Salanque dépassent les 10 000 habitants. Les autres villes importantes sont Rivesaltes, Bompas, Thuir, Céret, Elne, Le Soler, Prades et Toulouges, comptant chacune entre 6 500 et 10 000 habitants. L'arrondissement de Perpignan, avec 292 142 habitants en 2021, est celui qui compte le plus d'habitants dans le département. En effet, les deux autres, les arrondissements de Céret et de Prades, comptent respectivement 134 629 habitants et 60 536 habitants.

La répartition par tranches d'âge montre un nombre relativement élevé de personnes âgées de 60 ans et plus (29 % de la population contre 21,3 % pour l'ensemble de la France).

Cette vieillesse de la population a pour conséquence un taux de mortalité supérieur à celui des naissances. Pourtant la population est en augmentation constante depuis plusieurs décennies grâce à un solde migratoire nettement positif. Le département attire en particulier des retraités grâce à son climat agréable, ce qui contribue à la fois à l'augmentation de la population et à son vieillissement[20].

Évolution de la population  [ modifier ]
1791 1801 1806 1821 1826 1831 1836 1841 1846
-110 732126 692143 054151 372157 052164 325173 592180 794
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
181 955183 056181 763189 490191 856197 940208 855211 187210 125
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
208 348212 121213 171212 986217 503229 979238 647233 347228 776
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011
230 285251 231281 976299 506334 557363 796392 803432 112452 530
2016 2021 - - - - - - -
474 369487 307-------
(Sources : SPLAF - population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[21] − puis base Insee − population sans doubles comptes de 1968 à 2006[22] puis population municipale à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Communes les plus peuplées modifier

Liste des quinze communes les plus peuplées du département
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Modifier
Perpignan 66136 CU Perpignan Méditerranée Métropole 68,07 119 656 (2021) 1 758   
Canet-en-Roussillon 66037 CU Perpignan Méditerranée Métropole 22,39 12 598 (2021) 563   
Saint-Estève 66172 CU Perpignan Méditerranée Métropole 11,67 11 550 (2021) 990   
Saint-Cyprien 66171 CC Sud Roussillon 15,80 11 398 (2021) 721   
Argelès-sur-Mer 66008 CC des Albères, de la Côte Vermeille et de l'Illibéris 58,67 10 792 (2021) 184   
Pia 66141 CC Corbières Salanque Méditerranée 13,18 10 733 (2021) 814   
Cabestany 66028 CU Perpignan Méditerranée Métropole 10,42 10 338 (2021) 992   
Saint-Laurent-de-la-Salanque 66180 CU Perpignan Méditerranée Métropole 12,39 10 010 (2021) 808   
Elne 66065 CC des Albères, de la Côte Vermeille et de l'Illibéris 21,29 9 428 (2021) 443   
Rivesaltes 66164 CU Perpignan Méditerranée Métropole 28,76 9 099 (2021) 316   
Thuir 66210 CC des Aspres 19,90 8 173 (2021) 411   
Le Soler 66195 CU Perpignan Méditerranée Métropole 10,35 7 846 (2021) 758   
Céret 66049 CC du Vallespir 37,86 7 648 (2021) 202   
Bompas 66021 CU Perpignan Méditerranée Métropole 5,70 7 619 (2021) 1 337   
Toulouges 66213 CU Perpignan Méditerranée Métropole 8,04 7 334 (2021) 912   

Immigration modifier

En 2023, le département des Pyrénées-Orientales compte 50 549 immigrés, soit 10,53% de la population totale du département[24].

Langues et culture modifier

 
La sardane de la féria de Millas.

La plus grande partie du département est historiquement de culture catalane, sauf dans le Fenouillèdes, au nord, de culture occitane[25]. Le français est la langue communément parlée dans le département, on estime cependant qu'un quart de la population sait parler catalan[26].

D'après Abel Hugo, en 1835, la langue catalane était la seule en usage parmi le peuple du Roussillon[27].

L'État impose historiquement le français comme seule langue d'usage et de scolarisation. En 1700, un édit de Louis XIV interdit l'usage du catalan dans les actes publics à peine de nullité car « cet usage répugne et est en quelque façon contraire à Notre Autorité, à l'honneur de la Nation Française et même à l'inclination des habitants desdits Pays [de Roussillon, Conflent et Cerdagne], lesquels en toutes occasions ne témoignent pas moins de zèle et d'affection pour notre service que nos anciens Sujets »[28]. Au cours du XXe siècle, beaucoup de Catalans ont encouragé leurs enfants à parler uniquement français. Ils ne leur ont pas toujours transmis la langue catalane de peur qu'elle ne nuise à la maîtrise de la langue nationale[réf. nécessaire]. Ce n'est qu'en 1951, avec la loi Deixonne, que l'enseignement du catalan est autorisé à l'école.

 
Édit d'imposition de la langue française dans les actes administratifs au détriment du catalan en Roussillon par Louis XIV.

Néanmoins, la langue catalane reste vivace en comparaison de nombreuses autres langues régionales.

De nombreux rassemblements populaires (aplecs) ont lieu dans le département, et les danses traditionnelles y sont très appréciées, en particulier la sardane. Tous les ans se tient à Prades, l'Universitat Catalana d'Estiu (Université catalane d'été). La langue catalane est également enseignée (jusqu'à aujourd'hui sans grand soutien de la part des autorités[réf. nécessaire]) dans les écoles primaires, lycées et collèges, à l'université, ainsi que dans des écoles où l'enseignement se fait en langues catalane et française (écoles primaires la Bressola et Arrels, collèges col·legi Comte Guifré et col·legi Pompeu Fabra la Bressola).

Durant le XXe siècle, le déclin du catalan est continu (comme pour toutes les autres langues dites régionales). Certains facteurs récents comme la bonne santé économique de la Catalogne du Sud et l'arrivée du TGV Barcelone-Perpignan, pourraient peut-être inverser cette tendance[réf. nécessaire]. Le conseil général des Pyrénées-Orientales, en sa session du , approuve la Charte en faveur du catalan[29]. Il s'agit de la première fois qu'une collectivité territoriale prend ce genre de position.

Peinture et sculpture modifier

XVIIe siècle et XVIIIe siècle

C'est d'abord à Hyacinthe Rigaud, qui venait de Perpignan avant de partir à la cour de Louis XIV, que l'on doit la plus grande renommée de peintres issus du Roussillon. On trouve ses portraits de souverains et de nobles dans tous les musées d'Europe, mais aussi dans le musée éponyme à Perpignan.

XXe siècle et XXIe siècle

Aristide Maillol est lui aussi né dans cette région, à Banyuls-sur-mer et y est resté, comme peintre d'abord, puis sculptant sur le thème bien connu de la femme catalane. On peut visiter son atelier-musée à Banyuls, et admirer nombre de ses œuvres dans le département (Perpignan, Banyuls), mais surtout à Paris dans le jardin des Tuileries et au musée Maillol)

Plusieurs grands peintres sont venus vivre dans les Pyrénées-Orientales au début du XXe siècle, soit à Céret, soit à Collioure. C'est en grande partie à Collioure, où ont séjourné Henri Matisse et André Derain, qu'est né le fauvisme.

Le cubisme s'est quant à lui développé à Céret, fréquenté par Pablo Picasso et Georges Braque à partir de 1911. Céret abrite d'ailleurs aujourd'hui un important musée d'art moderne de Céret, fondé en 1950 par Pierre Brune.

Après la guerre d'Espagne et l'arrivée au pouvoir du dictateur Franco, certains artistes républicains espagnols s'installent définitivement dans le département, comme le peintre et sculpteur Manolo Valiente qui devient une personnalité importante de Banyuls-sur-Mer[30].

Salvador Dalí s'est aussi inspiré du charme nord-catalan pour créer des œuvres picturales comme La Gare de Perpignan, dont il dit qu'elle est « le centre cosmique de l'univers ».

Raoul Dufy ou Georges de Monfreid ont également séjourné dans les Pyrénées Orientales et ont créé des œuvres locales. Le musée Rigaud leur a ainsi consacré des rétrospectives mettant en avant leur séjour dans les Pyrénées Orientales.

Le XXe siècle a également vu des peintres locaux comme Martin Vivès, Delfau, Louis Bausil, ou encore Étienne Terrus prendre leur essor.

L'art contemporain a aussi ses figures locales de renom, comme Roger Cosme Esteve, Caroline Cavalier, en peinture, et Millan Garayalde en sculpture.

Cinéma modifier

Les Pyrénées-Orientales sont un lieu privilégié pour les tournages de films, en particulier depuis les années 2000 grâce à la Commission du film Languedoc-Roussillon Cinéma à Montpellier[31].

Depuis les années 1920, une culture cinéphile dense, avec une longue histoire de ciné-clubs et de nombreuses salles de projections à Perpignan.

L'Institut Jean-Vigo, est un lieu unique en France, pour la conservation, la formation et l'animation de cette culture cinématographique[32].

Le département accueille également depuis 1981, l'un des plus importants festivals de courts métrages en France les Rencontres internationales du court-métrage Image In Cabestany qui offre à des réalisateurs amateur ou semi-professionnel la possibilité de diffuser leur création.

Photographie modifier

Le festival international de photojournalisme Visa pour l'image a lieu chaque année à Perpignan, les expositions sont gratuites et prennent place dans des édifices symboliques de la ville tels que l'hôtel Pams ou le couvent des Minimes.

Musique modifier

Musiques traditionnelles modifier

  • La sardane, répandue dans tous les pays catalans, est toujours vivace dans les Pyrénées-Orientales.
  • La rumba catalane, originaire de Catalogne, est présente parmi les populations gitanes du département.

Musiques populaires modifier

De nombreux artistes sont issus du département, parmi lesquels Cali ou Pascal Comelade, signe d'une scène musicale populaire locale encore riche à ce jour. De plus, le groupe Al chemist est le groupe numéro un du département avec a sa tête depuis 15 ans le chanteur Hugues Di Francesco

Musique classique modifier

Pau Casals ou Déodat de Séverac ont longtemps séjourné dans les Pyrénées-Orientales.

Festivals modifier

Tourisme modifier

 
Un exemple de site protégé par le conservatoire du littoral : Paulilles.

Dans les années 1960, le Languedoc-Roussillon a accéléré son développement touristique pour permettre le tourisme de masse.

Le tourisme dans les Pyrénées-Orientales s'est beaucoup développé depuis les années 1970. D'une part la proximité qu'offre les Pyrénées avec les nombreux sentiers de randonnée et les stations de ski, et d'autre part de la mer Méditerranée. Le littoral du département est divisé en 2 parties :

Au sud-est du département, la Côte Vermeille, rocheuse, attire de nombreux touristes avec les villes de Port-Vendres, Collioure, Banyuls-sur-Mer et Cerbère. Ce sont les villes typiques aux rues étroites, fleuries et colorées. La vigne est cultivée en terrasse sur les versants des Pyrénées plongeant vers la mer.

Au nord-est du département, la Côte Catalane sableuse avec les stations balnéaires comme le Canet-en-Roussillon, Argelès-sur-Mer,Saint-Cyprien, Le Barcarès, qui accueillent de nombreux campings(164 en 2016), et de nombreux hôtels, attirés par les longues plages de sable fin. Qui dit tourisme dit attractions touristiques, et pour cela le département est bien équipé ; en effet, il accueille de nombreuses attractions de grimpe aux arbres dans la montagne, de canyoning (naturel et artificiel), ainsi que le plus grand circuit de karting d’Europe : le Circuit du Roussillon[36].

Patrimoine des Pyrénées-Orientales modifier

Perpignan modifier

Le Vallespir modifier

Les Albères et Côte Vermeille modifier

Les Aspres modifier

Le Capcir modifier

La Cerdagne modifier

Le Conflent modifier

Le Fenouillèdes modifier

  • Site préhistorique du Caune de l'Arago, sur la commune de Tautavel où a été découvert l'Homme de Tautavel[47].
  •   L'aqueduc d'Ansignan : pont-aquaduc aux bases romaines (IIIe siècle)
  •   Le chapitre à Saint-Paul de Fenouillet (VIIIe siècle) : décor de gypseries et clocheton heptagonal (XVIIe siècle),
  •   Le château cathare Saint-Pierre à Fenouillet (XIe siècle) : seul vestige cathare non remanié par les troupes françaises après son annexion au royaume de France par le traité de Corbeil (1258)
  • Les gorges de Galamus et l'ermitage Saint-Antoine, abri troglodyte entre Saint-Paul-de-Fenouillet et Cubières-sur-Cinoble (Ve siècle)
  • La forêt de Boucheville (trois influences climatiques : méditerranéenne, atlantique et montagnarde)
  •   Notre-Dame de Laval (Xe siècle, XVIIe siècle) à Caudiès-de-Fenouillèdes : retable remarquable (XIVe siècle)
  • Le lac de l'Agly

Le Ribéral modifier

La Salanque modifier

La plaine du Roussillon modifier

Les résidences secondaires modifier

Selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, 30,1 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes des Pyrénées-Orientales dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux en 2008 :

Commune Population SDC Nombre de logements Résidences secondaires % résidences secondaires
Les Angles 561 3 704 3 349 90,42 %
Eyne (Espace Cambre d'Aze) 138 641 572 89,20 %
Sainte-Léocadie 133 481 427 88,77 %
Le Barcarès 3 987 16 865 14 839 87,98 %
Bolquère 789 3 104 2 709 87,29 %
Puyvalador 81 424 360 84,94 %
Porté-Puymorens 127 358 287 81,30 %
Saint-Pierre-dels-Forcats 243 578 467 80,82 %
Font-Romeu-Odeillo-Via 1 937 4 964 3 952 79,63 %
Matemale 300 626 481 76,87 %
Formiguères 442 866 640 73,83 %
Molitg-les-Bains 216 386 270 70,03 %
La Llagonne 260 403 281 69,60 %
Estavar 449 795 552 69,48 %
Saint-Cyprien 10 551 15 595 10 273 65,87 %
Argelès-sur-Mer 10 015 16 529 10 856 65,68 %
Collioure 2 937 3 988 2 562 64,24 %
Saillagouse 1 017 1 016 580 57,14 %
Mosset 299 387 220 56,85 %
Err 647 709 398 56,05 %
Canet-en-Roussillon 12 372 14 754 8 104 54,92 %
Osséja 1 493 1 365 747 54,73 %
Palau-de-Cerdagne 475 468 256 54,67 %
Amélie-les-Bains-Palalda 3 688 5 110 2 761 54,03 %
Sainte-Marie-la-Mer 4 373 4 619 2 460 53,26 %
Angoustrine-Villeneuve-des-Escaldes 643 538 286 53,16 %
Enveitg 667 725 383 52,85 %
Cerbère 1 573 1 518 802 52,80 %
Latour-de-Carol 416 461 232 50,39 %
Banyuls-sur-Mer 4 680 4 469 2 172 48,61 %
Prats-de-Mollo-la-Preste 1 148 1 199 561 46,80 %
La Cabanasse 724 604 281 46,48 %
Vernet-les-Bains 1 456 1 652 720 43,55 %
Torreilles 3 110 2 636 1 005 38,12 %
Laroque-des-Albères 1 977 1 527 564 36,95 %
Port-Vendres 4 346 3 362 1 197 35,61 %
Bourg-Madame 1 244 1 025 346 33,79 %
Saint-Laurent-de-Cerdans 1 285 953 294 30,82 %
Sorède 2 990 2 080 602 28,93 %
Maureillas-las-Illas 2 638 1 570 343 21,85 %
Saint-Nazaire 2 362 1 299 276 21,27 %
Vinça 1 880 1 192 226 18,96 %
Saint-André 2 851 1 696 321 18,95 %
Le Boulou 5 293 3 172 511 16,11 %
Saint-Génis-des-Fontaines 2 792 1 650 244 14,78 %
Céret 7 674 4 540 483 10,63 %

Sources :

Sports modifier

Le rugby occupe une place importante dans le département. Dans le cadre du rugby à XIII les Dragons Catalans (équipe dont le siège est à Perpignan) évoluent, depuis 2006, dans le championnat de Super League (première division britannique). En guise de témoignage à son engagement pour la discipline, le département reçoit le XIII d'or (catégorie XIII d'honneur) en 2019136. Un nombre certain de clubs du département font également partie de l’élite du Championnat de France. On peut citer , sans prétendre à l'exhaustivité, les clubs de Saint-Estève XIII Catalan et celui de Palau-del-Vidre, situé dans un village d'à peine 3 500 habitants, qui joue en première division à la fin des années 2010.

Le rugby à XV tient également une place majeur dans l'actualité sportive du département, en particulier avec l'USAP, septuple champion de France, évoluant de 1911 à 2014 en Top 14 et en Pro D2 de 2014 à 2018. En 2023, le club joue en Top 14.

Dans la culture modifier

Littérature

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. Prononciation en français standard standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.

Références modifier

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  8. Elisabeth Le Goff, Marc Calvet, Anne-Marie Moigne, Curiosités Géologiques des Pyrénées-Orientales. Orléans : BRGM Éditions, 2018. (ISBN 978-2-7159-2660-8).
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  15. (fr) Tableau des départements, suivant l'ordre de travail, Modèle:Opt. cit, pp. 120-125 (consulté le 8 janvier 2014)
  16. Pour les habitants des plaines du Languedoc, les Gavaches sont les habitants de l'arrière-pays : Tarn, Aveyron, Lozère. Ces personnes (considérées comme rustres) n'ont cessé de venir peupler les plaines tout au cours des siècles.
  17. https://www.lejournaltoulousain.fr/occitanie/pyrenees-orientales/actualites-pyrenees-orientales/pyrenees-orientales-deviendront-elles-bientot-pays-catalan-258971/ Les Pyrénées-Orientales deviendront-elles bientôt le Pays Catalan ?, Le Journal Toulousain, 18 Avril 2024
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  21. Site sur la Population et les Limites Administratives de la France - Fiche historique du département
  22. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  23. Fiches Insee - Populations légales du département pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021
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Voir aussi modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie modifier

  • Dominique-Marie-Joseph Henry, Le Guide en Roussillon, ou Itinéraire du voyageur dans le département des Pyrénées-Orientales, Perpignan, J.-B. Alzine, , 354 p. (BNF 36385065)
  • Jean Villanove, Histoire populaire des Catalans : des origines au XVe siècle, t. 1, J. Villanove, , XII-339 p. (BNF 34685697)
  • Jean Villanove, Histoire populaire des Catalans : du XVIe siècle à 1714, t. 2, J. Villanove, , 326 p. (BNF 34715572)
  • Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 1, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, , 1-573 p. (ISBN 2904610014)
  • Jean Sagnes (dir.), Le pays catalan, t. 2, Pau, Société nouvelle d'éditions régionales, , 579-1133 p. (ISBN 2904610014)
  • Michel Cadé, Guerre et révolution en Roussillon 1793-1795, Perpignan, Direction des Services d'Archives, , 255 p. (ISBN 2860660208)
  • Michel de La Torre, Pyrénées-Orientales : Le guide complet de ses 224 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », (ISBN 2-7399-5066-7)
  • Fabricio Cárdenas, 66 petites histoires du Pays Catalan, Perpignan, Ultima Necat, coll. « Les vieux papiers », , 141 p. (ISBN 978-2-36771-006-8, BNF 43886275)
  • Lluís Basseda, Toponymie historique de Catalunya Nord, t. 1, Prades, Revista Terra Nostra, , 796 p.
  • Atlas des châteaux et fortifications des Pyrénées-Orientales, Strasbourg, Castrum Europe, Châteaux-forts d’Europe (ISSN 1253-6008)
    Editions du Centre d'étude des châteaux-forts, no 29 / 31
  • Géraldine Mallet, Églises romanes oubliées du Roussillon, Montpellier, Les Presses du Languedoc, , 334 p. (ISBN 978-2-8599-8244-7)

Articles connexes modifier

Liens externes modifier