Marcus Antonius Creticus

préteur romain en 74 av. J.-C.

Marcus Antonius Creticus (Ier siècle av. J.-C.) est un plébien de la nobilitas romaine, le père du triumvir Marc Antoine. Il combat les pirates qui infestent la Méditerranée, sans pouvoir les réduire complètement, et tente sans succès d'occuper la Crète.

Marcus Antonius Creticus
Fonctions
Sénateur romain
jusqu'en
Préteur
Biographie
Naissance
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nom dans la langue maternelle
M.Antonius M.f. CreticusVoir et modifier les données sur Wikidata
Époque
République romaine tardive (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Mère
Inconnu ou NN (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoints
Julia
Numitoria (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Gens

BiographieModifier

Membre de la gens plébéienne des Antonii, Marcus Antonius est le fils de Marcus Antonius Orator, consul de la République romaine en 99 av. J.-C.[1] Plutarque lui donne une réputation flateuse « homme le plus juste, le plus honnête et le plus libéral », prêt à aider financièrement ses amis malgré une fortune médiocre[1].

Il est préteur en 74 av. J.-C. et, un an plus tard, il reçoit de la part du Sénat des pouvoirs militaires extraordinaires sans limite géographiquep contrairement à l'usage d'attribution de province déterminée (majus imperium infinitum) afin de libérer la mer Méditerranée des pirates[2]. Avec sa flotte, il tente de rétablir les communications maritimes avec l'Espagne, et attaque les pirates en Ligurie puis en Espagne ceux qui sont alliés de Sertorius[3]. Il intervient ensuite en Sicile et en Méditerranée orientale. En 72 av. J.-C., il attaque les Crétois, suspectés d'aider Mithridate VI, roi du Pont en guerre contre Lucullus. Sa flotte se fait battre[4] et Marcus Creticus, fait prisonnier, doit conclure avec les Crétois une paix honteuse[5]. C'est pour cette raison qu'on lui attribua par dérision le surnom de Creticus, qui signifie le Vainqueur de la Crète[6]. Il meurt au cours du voyage de retour à Rome quelques mois plus tard, en 72 ou en 71 av. J.-C.[7],[8].

Son action contre les pirates fut peu efficace, car il faut tout recommencer quelques années plus tard lors de la guerre des pirates de Pompée. L'échec est attribué à l'incompétence d'Antonius, en raison de son échec en Crète[9]. Mais il faut tenir compte de la faiblesse maritime des Romains, Antonius dut faire des réquisitions de navires et d'équipages chez les alliés, principalement greques[10], donc visiblement, le Sénat ne lui avait pas donné des moyens suffisants. Seuls les pirates disposaient d'une marine permanente et opérationnelle[11].

Il a épousé Julia[1], la fille de Lucius Julius Caesar, consul en 90 av. J.-C. et cousine éloignée de Jules César, et en eut trois fils[12] :

RéférencesModifier

  1. a b et c Plutarque, Vie d'Antoine, 1 lire en ligne.
  2. Velleius Paterculus, II, 31.
  3. Salluste, Histoires, III, 5-7.
  4. Florus, Abrégé de l'Histoire romaine, I, 42 la guerre crétoise.
  5. Garlan 1978, p. 7.
  6. Appien, Guerres dans les îles, 6 lire en ligne.
  7. Periochae de Tite-Live, 97.
  8. Bourdin et Virlouvet 2021, p. 499.
  9. Reddé 1986, p. 462.
  10. Reddé 1986, p. 469.
  11. Reddé 1986, p. 464.
  12. Plutarque, Vie d'Antoine, 15.

BibliographieModifier

  • Stéphane Bourdin et Catherine Virlouvet, Rome, naissance d'un empire : De Romulus à Pompée, 753-70 av. J.-C., Belin, coll. « Mondes anciens », , 800 p. (ISBN 978-2-7011-6495-3).
  • Paul Foucart, Les campagnes de M. Antonius Creticus contre les pirates, 74-71, Hachette, (lire en ligne).
  • Yvon Garlan, « Signification historique de la piraterie grecque », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 4,‎ , p. 1-16 (lire en ligne).
  • (en) E Maroti, « On the problem of M. Antonius Creticus Imperium Infinitum », Acta Antica XIX.,‎ , p. 259-272.
  • Michel Reddé, Mare Nostrum. Les infrastructures, le dispositif et l'histoire de la marine militaire sous l'empire romain, Rome :, Ecole française de Rome, coll. « Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, 260 », , 776 p. (lire en ligne).