Rhodes

île grecque

Rhodes
Ρόδος (el)
Vue satellite de Rhodes.
Vue satellite de Rhodes.
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Dodécanèse
Localisation Mer Égée et mer Méditerranée
Coordonnées 36° 10′ 00″ N, 28° 00′ 00″ E
Superficie 1 398 km2
Point culminant Mont Attavyros (1 216 m)
Géologie Île continentale
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
Districts régionaux de Grèce Rhodes
Démographie
Population 115 490 hab. (2011)
Densité 82,61 hab./km2
Plus grande ville Rhodes
Autres informations
Fuseau horaire UTC+02:00
Site officiel http://www.rhodes.gr
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Rhodes
Rhodes
Îles en Grèce

Rhodes (en grec ancien : Ῥόδος / Rhódos, grec moderne : Ρόδος / Ródos) est une île grecque, la plus grande du Dodécanèse. Bordée au nord-ouest par la mer Égée et au sud-est par la mer Méditerranée, elle est située entre l'île de Karpathos (Grèce) et les côtes turques, à 17,7 km de ces dernières. Sa population en 2011 est estimée à 115 490 habitants. Rhodes est aussi le nom de la ville principale de l'île et est peuplée de 50 000 à 60 000 habitants. Elle est le siège d'un évêché orthodoxe, la Métropole de Rhodes.

Porte d'entrée du palais des grands maîtres, à Rhodes.

Le colosse de Rhodes, l'une des Sept Merveilles du monde, était une statue gigantesque, traditionnellement située à l'entrée du port de la ville de Rhodes.

MythologieModifier

Hélios est le premier à voir l'île sortir des eaux et la trouve si belle qu'il décide de la prendre sous sa protection. Quelque temps après, une nymphe locale appelée Rhodé donne sept fils et une fille à Hélios. Kerkafos (en) ou Cercaphus, le second fils, devient père de trois enfants, trois garçons dont les noms sont Camiros, Ialissos et Lindos, qui créent les trois premières cités de l'île[1].

Avant les Héliades, Rhodes aurait porté le nom, d'après Strabon, d'Ophiusse, de Stadie puis de Telchinis, qui vient des Telchines.

Selon le Catalogue des vaisseaux, Rhodes fournit neuf navires aux Achéens pendant la guerre de Troie. Ils sont menés par Tlépolème, fils d'Héraclès[2].

GéographieModifier

PrésentationModifier

L'île de Rhodes a la forme d'un fer de lance de 79,7 kilomètres de long pour 38 kilomètres de large. D'une superficie d'environ 1 400 km2, l'île compte approximativement 220 kilomètres de côtes. Rhodes culmine à 1 216 mètres au mont Attavyros. Tandis que les rivages sont rocheux, l'intérieur est constitué de bandes de terres arables où sont cultivés agrumes, vignes, légumes et olives, entre autres.

La ville de Rhodes est située à l'extrémité nord de l'île, c'est-à-dire à l'emplacement des ports commerciaux antiques et modernes. L'aéroport principal[3] est situé 14 kilomètres au sud-ouest de la ville, à Diagoras. Le réseau routier de l'île rayonne depuis la ville.

En dehors de la ville de Rhodes, l'île est parsemée de petits villages et stations balnéaires, dont Faliráki, Lindos, Afántou, Kremasti, Haraki, Pefkos, Archangelos, Afantou, Koskinou, Kiotari, Embona (Attavyros), Paradisi et Trianta (Ialysos). Le tourisme est la première source de revenus de l'île[réf. nécessaire].

ClimatModifier

Relevé météorologique de Rhodes
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8,8 8,8 10,1 12,5 15,8 19,9 22,3 22,7 20,5 16,9 13,2 10,4 15,2
Température maximale moyenne (°C) 15,1 15,2 16,8 20 24,2 28,4 30,5 30,7 28,2 24,5 20,1 16,6 22,5
Précipitations (mm) 149 105 75 27 18 2 0 0 5 65 94 157 696
Nombre de jours avec précipitations 15 12 10 7 4 1 0 0 1 6 9 15 80
Source : Le climat à Rhodes (moyennes mensuelles)


 
Courbes du climat de Rhodes.

Faune et floreModifier

Pour ce qui est de la flore et de la faune, Rhodes est plus proche de l'Asie Mineure que du reste de la Grèce. L'intérieur de l'île est montagneux, peu habité et couvert de forêts de pins et de cyprès. L'île abrite des cerfs communs de Rhodes. La vallée de Petaludes (« vallée des papillons » en grec) accueille en été un grand nombre de papillons de la famille des Arctiidaes, telle l'écaille chinée. De plus, l'hespérie de Lederer (Thymelicus hyrax) est signalé dans cette île.

Tremblements de terreModifier

Rhodes a subi de nombreux séismes au cours de son histoire. Parmi les plus importants, on peut noter celui de ou qui a détruit le célèbre colosse de Rhodes, ou celui du qui a détruit une grande partie de la ville de Rhodes. Dans l'histoire contemporaine, on retient le séisme très important qui a frappé l'île le .

Plus récemment, Rhodes a été frappée par un tremblement de terre d'une magnitude de 6,3 le , causant des dommages mineurs à quelques vieux bâtiments.

HistoireModifier

AntiquitéModifier

Période grecque archaïqueModifier

 
Ruines de Camiros.

L'île est colonisée par les Grecs au cours du XIIe siècle av. J.-C. Les Doriens l'envahirent dès les temps les plus anciens, assimilant les Lélèges et les Pélasges qui y sont mentionnés antérieurement. L'île connut une période de prospérité et de puissance dès la période archaïque. Les anciens appelaient l'île Atabyria, à une époque où Zeus est surnommé Atabyrios sur l'île, dont il est la plus ancienne divinité. Les trois principales cités de Rhodes à cette époque étaient : Lindos sur la côte méditerranéenne de l'île, Camiros ou Kamiros et Ialyssos sur la mer Égée. Camiros fut la première à frapper sa monnaie.

Rhodes au IIIe siècle av. J.-C., une cité grecque prospère et influenteModifier

Sous supervision d'Athènes jusqu'alors, Lindos, Camiros et Ialysos s'en détache à la suite d'une rebellion en 411 av. J.-C. En 408 ou , ces trois cités s'unirent pour former la cité-État de Rhodes, peut-être sous la supervision d'Hippodamos[4].

Elle rejoint en 470 av. J.-C. la ligue Athénienne et reste une puissance mineure durant cette période. En 357 av. J.-C. Rhodes passe sous la coupe du roi Carian Mausolus à la suite d'une révolte. On ne sait alors plus ce qui arrive à la cité jusqu'à sa conquête par Alexandre le Grand en 334 av. J.-C.

À la mort d'Alexandre le Grand en , l'île retrouva son autonomie en expulsant sa garnison macédonienne, puis entretint des relations commerciales étroites avec le royaume égyptien des Ptolémées. Sa prospérité économique était très importante : ses vins était exportés jusque dans les cités grecques du Pont Euxin, comme le montrent de nombreux timbres amphoriques. Pendant les guerres des Diadoques, l'île résista à un siège fameux par Démétrios Poliorcète en , qu'elle commémora par l'édification du colosse, détruit par un tremblement de terre en

Si on sait que pour Rhodes, le IIIe siècle est une période de prospérité, on ne sait paradoxalement que peu sur ses activités. Rhodes y acquiert une partie de la Pérée qu'elle fortifie, ainsi que la citée de Stratonicée, et de Caunes ( en 191 auprès des Lagides). Ces acquisitions permettent un gain financier très important, à hauteur de 120 talents annuels selon Polybe[5].

Militairement, Rhodes participe à la seconde guerre de Syrie contre les Lagides, afin de brider leur puissance et permettre d'éviter l'apparition d'une puissance inarrêtable dans la région. Si cette décision nuit à court terme aux revenus de la cité, il apparaît qu'elle s'en remet très vite[6].

En 228 av. J.-C. un séisme frappe la cité lourdement: le Colosse se fracture et tombe, mais les murailles et les arsenaux sont, entre autre, également détruit. Ce qui aurait du être un désastre pour Rhodes se transforme pourtant en un immense gain de puissance, grâce à l'aide des grandes puissances hellénistiques qui font des dons faramineux pour permettre à l'île de se relever ( Ptolémée III fournissant ainsi 1 000 talents de pièce de bronze et 300 de pièces d'argents, Antigone 100 000 médimnes de blé...)[7]. Cet évènement met en valeur le rôle de transport et de redistribution du grain qu'avait Rhodes dans la région, essentiel pour de nombreux royaumes[8]. De plus la peur d'une crise bancaire provoquant une crise économique à également probablement joué dans l'importance des dons effectués[9].

Durant cette période, Rhodes joue également un grand rôle contre la piraterie, qu'elle combat activement. Elle est d'autant plus reconnue pour cela que les autres puissances hellénistiques lui ont délégué ce rôle et s'investissent pas dans ce combat, notamment les Lagides. Ce rôle conduit à une guerre active entre Rhodes et la Crête, terre connue pour sa grande pratique de la piraterie.

La flotte rhodiennes acquiert par conséquent une grande réputation, qui lui vaut d'être appelée à l'aide en 220 av. J.-C. contre Byzance[10], afin de lutter contre la mise en place d'un péage dans le détroit du Bosphore. Cette guerre fait apparaître les nombreux lien diplomatiques qu'a tissé Rhodes: elle appelle à ses cotés la Bithynie et les Lagides, lui permettant de signer un traité de libre circulation dans le Bosphore sans même déployer son armée.

Par la suite Rhodes participe à plusieurs négociations de traités de paix notamment entre Ptolémée et Antiochos. Ce rôle de diplomate permet à Rhodes d'obtenir une grande influence dans la région.

Apamée et la domination romaineModifier

En 188 av. J.-C., la bataille d'Apamée, opposant les Romains, Pergame, la Macédoine et Rhodes contre les Séleucides d'Antiochos III, s'achève par une victoire romaine. L'Asie mineure est libérée de l'influence séleucide, et les alliés de Rome obtiennent d'importantes récompenses. Rhodes obtient la Carie et la Lycie, étendant donc sa Pérée considérablement. Son territoire est d'une taille équivalent à celui d'un roi mineure, chose rarissime pour une cité.

De plus, l'influence reçu par cette victoire sur les cités grecques d'Asie Mineure est très importante, lui permettant une grande ingérence dans leurs affaires : Milet est par exemple quasiment co-gérée par Rhodes[11]. Rhodes devient un arbitre auprès des cités grecques, allant négocier la paix entre l'Étolie et les romains, établir des alliances avec plusieurs cités et se présentant comme garante de la liberté grecque. L'apogée de ces relations diplomatique est la re-création de la Ligue des Insulaires dont elle devient la présidente et seule chef véritable. Il s'agissait d'une confédération payant tribus a Rhodes et patrouillant contre les pirates. Cette ligue permit à Rhodes un champ d'opération navale bien plus étendu, et une flotte beaucoup plus puissante[6].

Cependant Apamée n'a pas eu que des conséquences positives sur Rhodes. Si l'annexion de la Carie, depuis longtemps sous influence rhodienne, ne pose pas de problème, la Lycie, possédant déjà une forte identité (car regroupant auparavant une majorité de leurs cités dans une confédération), se voit comme alliées de Rhodes et non sujette. Cela provoque un refus de l'annexion et une rébellion permanente contre eux dès 188 av. J.-C. Il faut à Rhodes un grand nombre de troupe et d'argent pour la réprimer, en 178 av. J.-C.

Mais cette révolte redémarre presque immédiatement grâce à la reconnaissance de leur statut "d'amis et d'alliés des Rhodiens" par les Romains à la suite d'une ambassade lycienne à Rome. Ce revirement est du à l'influence grandissante des Rhodiens dans la région, gênant les romains qui commençaient à vouloir gérer personnellement l'Asie Mineure. De plus Rhodes restaient indépendante vis-à vis de Rome, contrairement à Pergame, deuxième grande puissance de la région. La révolte ne fus matée que en 168 av. J.-C.

Les actions romaines provoquèrent la montée d'un sentiment anti-romain très important, et le rapprochement de la cité avec la Macédoine et les Séleucide pour faire barrage aux ambitions romaines dans la région. Ces mesures lui valurent une forte hostilité romaine.

Lors de la 3ème guerre macédonienne, Rhodes tenta ainsi d'intervenir à Rome en faveur de Persée, ce qui conduisit Rome à l'associer en alliée des Macédoniens.Ainsi la défaite de Persée entraîna de très lourdes sanctions sur Rhodes : ils perdirent la Carie et la Lycie, y compris les citées détenues avant Apamée. De plus la ligue des Insulaires fut dissoute, l'influence extérieure Rhodienne très fortement réduite. Pour finir, la création du port franc de Délos détourna une partie du trafic maritime de la cité, provoquant une chute de ses revenus.

En 164 av. J.-C., après de multiples ambassades, Rhodes obtient le pardon de Rome en signant une alliance avec eux, provoquant la perte de l'indépendance de la cité. Afin d'éviter toute sanction, la cité suivit à la lettre toute demande de Rome et leur demandant l'autorisation pour toute intervention extérieure, comme le montre les ambassades envoyés à Rome pour avoir l'autorisation d'importer du blé de Sicile ou d'annexer la cité de Calynda en Carie.

Militairement Rhodes en est très affaiblis, Polybe rapportant les difficulté de l'île à affronter les Crêtois en 133 av. J.-C., et doit demander des fonds et de l'aide extérieur pour en sortir[12]. Enfin, le tremblement de terre de 142 av. J.-C. touche fortement la cité et lui fait abandonner la cité de Camiros. Elle sera redécouverte au XIXe siècle par Alfred Biliotti (en) et Auguste Salzmann et étudiée par des archéologues danois, français, anglais, italiens et grecs. Ces fouilles révèlent une culture orientalisante, exprimée notamment à travers une orfèvrerie exubérante[13], assimilée dans un premier temps à de l’art phénicien[14].

Le statut de Rhodes s'améliore en 88 av. J.-C., lors de l'offensive de Mithridate VI suivi par de nombreuses cités d'Asie Mineure. Rhodes reste fidèle à Rome et repousse le siège de Mithridate, lui permettant d'obtenir après la guerre le statut de ville libre et immune[15]. De plus, Rome n'ayant pas de flotte permanente dans la région, Rhodes reste importante pour pouvoir fournir flotte et équipage en cas de besoin, et son savoir-faire navale reste très réputé.

Pourtant, Rhodes est dévastée en par les troupes de Cassius, pour avoir soutenu César. Rattachée à la province romaine d'Asie (Asie Mineure), l'île passe à l'Empire romain d'Orient lors du partage de l'Empire. C'est dans cette île que Cicéron viendra rencontrer Molon, pour devenir sénateur romain. Au Ier siècle, Paul de Tarse évangélisa l'île, qui devint le siège d'un évêché.

Moyen ÂgeModifier

Période byzantineModifier

Attaquée par les Arabes sous Muʿāwiya en 654, elle fut occupée par eux en 673 et utilisée comme une base pendant le premier siège de Constantinople en 674-678. Sa population s'expatria alors sur le continent, en Anatolie. Après la paix de 678/9 entre l'Empire byzantin et le Califat omeyyade, l'île fut rendue à Byzance, ses habitants y revinrent, et elle fut rattachée au thème des Cibyrrhéotes.

Après la prise de Constantinople par les croisés en 1204 et la dislocation de l'empire, l'aristocrate local Léon Gabalas transforme l'île en État indépendant. Sa diplomatie consiste à garder l'équilibre entre Venise et l'empire de Nicée. En 1243, son frère Jean Gabalas lui succède. Les Génois envahissent Rhodes en 1248 mais en sont chassés par les Byzantins deux ans plus tard qui lui rendent le statut de province.

Période hospitalièreModifier

 
La cité médiévale de Rhodes avec le château des Grands Maîtres au fond.

Après l'expulsion des croisés de Terre sainte (1291), l'Ordre s'installe à Chypre avant de conquérir l'île de Rhodes. Les Hospitaliers débarquèrent sur Rhodes en 1307 et en achevèrent la conquête en 1310. Rhodes devint le siège de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et sera une puissance maritime pour continuer à être le rempart de la chrétienté contre les Sarrasins. Ils garderont l'île plus de deux siècles, jusqu'en 1522. Ils fortifièrent la ville, laissant les impressionnantes murailles actuelles. Dans la partie basse de la cité de Rhodes, le Collachium, les Hospitaliers édifièrent le palais du grand maître et les « auberges », résidences organisées par langues et servant aux Hospitaliers venus d'Occident. L'Auberge de la Langue de France située sur la rue des Chevaliers a été restaurée par Albert Gabriel à partir de 1910[16].

L'île résista à un premier siège en 1480 mené par Mehmed II, avant de tomber aux mains des Turcs de Soliman le Magnifique le , après un siège de cinq mois. Les Hospitaliers s'installèrent, après sept ans d'itinérance, à Malte, à l'invitation de Charles Quint.

Époque moderneModifier

Période ottomaneModifier

 
Troupes ottomanes au siège de Rhodes.

La population grecque rhodienne est placée sous la protection du patriarche grec de Constantinople selon le système des milliyets en vigueur dans l'Empire ottoman.

Rhodes, terre d'asile des Juifs d'EspagneModifier

Aux XVIe et XVIIe siècles, l'île, qui comptait déjà des Juifs romaniotes, accueillit tant de Juifs séfarades rejetés d'Espagne, qu'elle prit le surnom de « petite Jérusalem ».

Époque contemporaineModifier

Au XIXe siècle, une grande partie de la communauté juive rhodienne s'expatrie pour raisons économiques, notamment vers l'Anatolie. Au début du XXe siècle, les États-Unis, le Brésil, l'Argentine, l'Afrique du Sud et le Congo belge attirent d'autres émigrants, recherchant une vie meilleure. Parmi les descendants connus de ces Juifs séfarades ayant quitté l'île, le couturier belge Olivier Strelli et l'homme politique congolais Moïse Katumbi Chapwe.

Rhodes sous domination italienneModifier

Le , l'Italie s'empare de l'île et du reste du Dodécanèse qui appartenaient jusqu'alors à l'Empire ottoman : le général Giovanni Ameglio commande les troupes italiennes et ne rencontre pas de résistance sérieuse[17].

La communauté juive à Rhodes : épilogue au cours de la Seconde Guerre mondialeModifier

À son apogée, la communauté juive compte pour un tiers de la population totale de l'île[18].

À partir de 1936, la présence fasciste italienne sur l'île se fait plus oppressante. En 1938, les lois raciales fascistes sont appliquées mais la vie de la communauté juive continue sans trop de difficultés.

En 1943, les bombardements britanniques sur l'île commencent mais aucune mesure antisémite n'est encore imposée. Tout change le lorsque les Allemands, qui occupent l'île, décident de regrouper tous les Juifs de Rhodes dans une caserne. Les derniers Juifs séfarades de Rhodes sont immédiatement déportés, le , pour Le Pirée puis Auschwitz-Birkenau[19] où ils sont exterminés à leur arrivée.

Une île grecqueModifier

Placée sous protectorat britannique après la capitulation allemande, l'île passe sous souveraineté grecque en 1948.

En 1961, Rhodes partage le prix de l'Europe avec Schwarzenbek. Elle voit ensuite le développement d'une importante industrie touristique, favorisé par celui du transport aérien.

AdministrationModifier

La municipalité de Rhodes et le résultat de la fusion, en 2011, des dix anciennes municipalités de l'île, lesquelles deviennent des districts municipaux. Ils regroupent 43 villes et villages.

Ville/Village Population District municipal Ville/Village Population District municipal
Rhodes 50,636 Rhodes / Gennadi 671 Rhodes sud
Ialyssos 11,331 Ialyssos / Salakos 576 Kameiros
Afántou 6,329 Afántou / Kritinia 503 Attavyros
Archangelos 5,476 Archangelos / Kattavia 307 Rhodes sud
Kremasti 5,396 Petaloudes / Dimylia 465 Kameiros
Kalythies 4,832 Kallithea / Kalavarda 502 Kameiros
Koskinou 3,679 Kallithea / Pylona 627 Lindos
Pastida 3,641 Petaloudes / Istrios 291 Rhodes sud
Paradeisi 2,667 Petaloudes / Damatria 641 Petaloudes
Maritsa 1,808 Petaloudes / Laerma 361 Lindos
Emponas 1,242 Attavyros / Apolakkia 496 Rhodes sud
Soroni 1,278 Kameiros / Platania 196 Kameiros
Lartos 1,380 Lindos / Kalathos 502 Lindos
Psinthos 853 Kallithea / Lachania 153 Rhodes sud
Malona 1,135 Archangelos / Monolithos 181 Attavyros
Lindos 3,087 Lindos / Mesanagros 155 Rhodes sud
Apóllona 845 Kameiros / Profilia 304 Rhodes sud
Massari 1,004 Archangelos / Arnitha 215 Rhodes sud
Fanes 858 Kameiros / Siana 152 Attavyros
Theologos 809 Petaloudes / Vati 323 Rhodes sud
Archipoli 582 Afántou / Agios Isidoros 355 Attavyros
Asklipiío 646 Rhodes sud /

Personnages importants originaires de RhodesModifier

Avant J.-C. :

Arts et littératureModifier

Rhodes est le théâtre d'une grande partie du roman Heather Mallender a disparu de l'écrivain anglais Robert Goddard.

Notes et référencesModifier

  1. Pindare, « Olympique pour Diagoras de Rhodes », sur Wikisource.org
  2. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] (Chant II, vers 653-670).
  3. L'aéroport international de Diagoras, dont le Code AITA est « RHO ».
  4. (en) Nigel Wilson, Encyclopedia of Ancient Greece, Routledge, , p. 709.
  5. Polybe, XXXI, 7
  6. a et b (en) Richard M. Berthold, Rhodes in the hellenistique Age, Cornell University Press, , 251 p., p. 91
  7. Polybe, V, 88
  8. Laronde André, « Séisme et diplomatie : Rhodes en 228 av. J.-C. », Actes du 16ème colloque de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer,‎ 14-15 octobre 2005 (www.persee.fr/doc/keryl_1275-6229_2006_act_17_1_1120)
  9. (en) Richard Berthold, Rhode in the hellenistique age, Cornell University Press, , 251 p., page 93
  10. Polybe, IV, 12
  11. Alain BRESSON, Raymond DESCAT, Les cités d’Asie Mineure occidentale au IIe siècle, Ausonius Edition, , 329 p.
  12. Polybe, XXXIII, 15
  13. Sideris A., « La rosette dans l'orfèvrerie grecque orientalizante », Græcolatina Pragensia 11, 1987, p. 121-132.
  14. Exposition « Rhodes, une île grecque aux portes de l’Orient », musée du Louvre, au .
  15. FAUCHERRE Nicolas (éd.), PIMOUGUET-PÉDARROS Isabelle (éd.), Les sièges de Rhodes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 306 pages p.
  16. Pierre Pinon, Albert Gabriel et la restauration de l'Auberge de France à Rhodes, dans Bulletin monumental, 2017, no 175-3, p. 245-251, (ISBN 978-2-901837-68-8)
  17. http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/13/11/46/PDF/BocquetRhodes1912.pdf.
  18. https://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/vjw/Greece.html.
  19. Nisso Pelossof, Nisso, d'une île à l'autre suivi de Les hortillonnages : une tradition maraîchère, Amiens, édition Encrage, 2007, 191 pages (ISBN 978-2-911576-74-4).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Antiquité
  • Pline l'Ancien Histoire naturelle, XXXIV.
  • V. Gabrielsen, The Naval Aristocracy of the Hellenistic Rhodes, Aarhus, 1977.
  • C. Mee, Rhodes in the Bronze Age: An Archaeological Survey, Warminster, Aris and Phillips, 1982.
  • E. E. Rice, The Rodian Navy in the Hellenistic Age , dans Actes du Colloque international : Rhodes 24 siècles, Rhodes 1er-5 octobre 1992, Athènes, 1996, p. 199-219.
  • W. Hoepfner, Der Koloss von Rhodos und die Bauten des Helios. Neue Forschungen zu einem der sieben Weltwunder, Mainz am Rheim, 2003.
  • N. Badoud, L'Image du Colosse de Rhodes, MonPiot 91, 2012, p. 5-40.
  • T. Marketou, Time and Space in the Middle Bronze Ag Aegean world: lalysos (Rhodes) A gateway to the Eastern Mediterranean dans : S. Souvatzi, A. Hadji (eds), Space and Time in Mediterranean Prehistory Routledge, Routledge Studies in Archaeology, 2013, p. 193-212.
  • M. Michalaki-Kollia, À la recherche de l'ancienne Rhodes, que les Hospitaliers trouvèrent à leur arrivée, dans Rhodes et les Chevaliers de Rhodes 1310-2010, Actes du colloque de Rhodes 28 et 29 mai 2010, Flavigny-sur-Ozerain, 2013, p. 7 à 29.
  • Mélina Filimonos-Tsopotou (directrice honoraire de la 22e éphorie des Antiquités de Rhodes), Anne Coulié (conservatrice en chef au musée du Louvre), Vasiliki Patsiada, Toula Marketou, Kalliopi Baïrami (archéologues) Rhodes une île grecque aux portes de l'Orient, dans : Archéologia, no 526, novembre 2014, « Dossier Rhodes » p. 28-63/82.p.
  • Sideris A., Orientalizing Rhodian Jewellery in the Aegean, Cutlural Portal of the Aegean Archipelago, Athènes, 2007.
  • Anne Coulié, Rhodes,une île grecque aux portes de l'Orient, Éditions Somogy, (ISBN 978-2-757-20883-0)[1].
Histoire moderne
  • Nicolas Vatin, Rhodes et l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, Paris, CNRS éditions, 2000, 119 p.

Articles connexesModifier

Antiquité romaine

Liens externesModifier