Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sternberg.
Josef von Sternberg
Description de l'image Josef von Sternberg in Japan (cropped).jpg.
Nom de naissance Jonas Sternberg
Naissance
Vienne
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Nationalité Flag of the Habsburg Monarchy.svg Austro-hongroise
Flag of Austria.svg Autrichienne
Décès (à 75 ans)
Hollywood (Los Angeles)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession Réalisateur
Films notables L'Ange bleu
Shanghaï Express
L'Impératrice rouge
Shanghai Gesture

Josef von Sternberg, Jonas Sternberg pour l'état-civil, est un réalisateur austro-américain, né le à Vienne, et mort le à Hollywood (Los Angeles).

Au cours d'une carrière hollywoodienne tumultueuse, il fut notamment le pygmalion de Marlène Dietrich. Il a écrit ses mémoires dans Souvenirs d'un montreur d'ombres (Fun in a Chinese Laundry) en 1966.

Sommaire

BiographieModifier

JeunesseModifier

Né dans une famille de la classe moyenne juive[1] de Vienne[2], le petit Jonas a deux ans quand son père, Moïse, au sortir d'un service militaire prolongé dans l'armée de l' Empereur François Joseph[3], part chercher du travail aux États-Unis. A sept ans, en 1901, il le rejoint avec sa mère. Le projet est un échec et, en 1904, la famille retourne à Vienne. En 1908[4], elle tente de nouveau le Nouveau Monde et s'installe à New York[5] dans le Queens, où le père, désormais appelé Morris, trouve à travailler dans un atelier de confection de dentelles. Jonas a quatorze ans et intègre, avec d'autres enfants d'émigrés, l'école publique de son quartier, Jamaica (en). La misère familiale ne lui permet pas d'achever ses études[6] et l'oblige à prendre un travail de garçon coursier dans un entrepôt de dentelles. Toutefois, contrairement à Erich von Stroheim, Josef Sternberg aura reçu une instruction, tant en Autriche-Hongrie qu'aux États-Unis. A 17 ans, il change de prénom. Dans son livre (petite bibliothèque des Cahiers du Cinéma), Josef von Sternberg quitte le domicile familial peu après que sa mère ait abandonné le foyer. Pour survivre, il occupe différents travaux. Il a 16 ans.

Débuts au cinémaModifier

De la dentelle (von Sternberg a travaillé chez un modiste) le jeune homme passe à un entrepôt cinématographique, où il est chargé de nettoyer et réparer des films[7]. Cette première expérience de la manipulation de la pellicule lui permet, vers 1915, de se faire embaucher à Fort Lee, dans le New Jersey, comme monteur dans la société de distribution World Film Company par William Aloysius Brady, producteur et directeur de théâtre qui est financé par le Consortium Shubert (en) et s'est associé un an plus tôt avec Lewis Selznick, père du futur producteur David O. Selznick, alors âgé de douze ans. Il y est remarqué et soutenu par le comédien et réalisateur français Émile Chautard. À l'entrée des États-Unis dans la Grande Guerre, en 1917, il intègre le Signal Corps (en)[8], service de propagande des armées, où il occupe un poste d'opérateur. À la démobilisation, Émile Chautard le choisit pour être son assistant réalisateur sur une adaptation du Mystère de la chambre jaune, qui sort en 1919.

Sternberg travaille comme assistant pour plusieurs réalisateurs et remplace Roy William Neill, malade, dans le tournage de plusieurs scènes de By divine right, qui sort en 1925. Le premier rôle, Elliott Dexter, qui est aussi coproducteur du film, l'inscrit au générique sous le nom de « von Sternberg », peut-être par assimilation à Erich von Stroheim.

L'acteur de théâtre britannique George K. Arthur lui demande d'être dirigé dans un film qui marquerait ses débuts à l'écran. Sternberg lui soumet un scénario et réalise la même année The Salvation Hunters (en)[9], qui surprend le public par son côté naturaliste, et séduit Charlie Chaplin[10]. Chaplin invite Douglas Fairbanks et Mary Pickford, ses associés de l'United Artists, à lui confier une réalisation, mais Mary Pickford refuse le scénario qu'elle lui a commandé. C'est avec la Metro-Goldwyn-Mayer qu'il signe un contrat.

Les débuts de Sternberg n'y sont pas très heureux. Il quitte le plateau de The Masked Bride (en), qui est achevé par Christy Cabanne en 1925. L'année suivante, The Exquisite Sinner est refait par Phil Rosen. A Woman of the Sea, commandé par Charlie Chaplin pour Edna Purviance, sera détruit avant d'avoir été jamais montré. Cette série noire s'interrompt quand il rejoint la Paramount. Les Nuits de Chicago[11], tiré d'une histoire de Ben Hecht, et Les Damnés de l'océan le classent parmi les grands maîtres du muet.

Rencontre avec Marlène DietrichModifier

Sa carrière prend un nouveau tour avec L'Ange bleu[12], tourné pour la UFA en Allemagne[13]. Premier film parlant tourné en Allemagne et seul film allemand de la carrière de von Sternberg, L'Ange bleu raconte l'histoire d'un respectable professeur, incarné par Emil Jannings, qui s'éprend d'une chanteuse de cabaret. Pour incarner la chanteuse, von Sternberg porte son choix sur Marlène Dietrich, jusque là actrice de second plan. Le film est un succès en Allemagne et fait de Dietrich une vedette, bien qu'elle n'y tienne qu'un rôle relativement secondaire.

L’ange bleu n’est que le premier des films que von Sternberg réalisera et dont Marlène Dietrich sera la vedette. Suivront six longs-métrages tournés à Hollywood et qui contribueront à installer Marlène Dietrich[14] au panthéon des grands mythes cinématographiques. Ce sont Cœurs brûlés[15] en 1930, Agent X 27, inspiré de l’histoire de Mata-Hari, en 1931, Shanghaï Express[16] en 1932 , Blonde Vénus en 1933, L'Impératrice rouge[17], [18], sur le destin de Catherine de Russie, en 1934, et finalement La Femme et le Pantin[19] en 1935, une adaptation du roman de Pierre Louÿs avec lequel s'achève leur collaboration. Opulentes et baroques, ces œuvres connaissent un accueil inégal. Si Shanghaï Express remporte un grand succès, L'Impératrice rouge et La Femme et le Pantin seront en revanche des échecs commerciaux.

Dans ses souvenirs, Sternberg affirmera avoir créé de toutes pièces le mythe de Marlène[20] et minimisera le rôle de son interprète, qui protestera[réf. nécessaire].

 
Sternberg, à gauche, en 1936 au Japon après sa rupture avec Marlène Dietrich.

L'après DietrichModifier

Suite à sa rupture professionnelle avec Dietrich, von Sternberg tourne Crime et Châtiment, une adaptation du roman de Dostoïevski dans laquelle Peter Lorre interprète Raskolnikov. Il réalise ensuite la comédie musicale Sa majesté est de sortie, évocation des amours de l'empereur François-Joseph d'Autriche et de l'impératrice Sissi. Puis, à l'instigation du producteur Alexander Korda, il se rend ensuite en Angleterre pour y filmer une adaptation du roman historique Moi, Claude de Robert Graves. Paru en 1934, le roman est en fait l'autobiographie fictive de l'empereur romain Claude. C'est Charles Laughton qui doit interpréter l'empereur. La relation entre Laughton et von Sternberg est difficile et le tournage s'interrompt suite à un accident de voiture dont est victime l'actrice principale, Merle Oberon. Le film ne sera donc pas complété.

Sternberg déclare avoir « cessé de faire du cinéma en 1935 », faisant allusion à la fin du cycle Marlène. Cependant Shanghai Gesture en 1941, et surtout Fièvre sur Anatahan (The Saga of Anatahan) (1953) tourné au Japon[21], prouvent le contraire, et ne peuvent que faire regretter qu'un sujet aussi ambitieux que I, Claudius n'ait jamais pu être terminé[22].[non neutre]Fièvre sur Anatahan[23] est l'histoire de soldats japonais qui refusent de croire que la guerre est finie[24]. Sternberg écrit, raconte, fait la photographie et dirige le film qui est un échec financier.

En 1957 il co-dirige Jet Pilot[25] produit par Howard Hughes [26].

Entre 1959 et 1963 Sternberg donne des cours sur l'esthétique de ses films à l'University of California à Los Angeles[5], parmi des étudiants il compte Jim Morrison[27] et Ray Manzarek[28], qui vont former le groupe de rock The Doors. Manzarek reconnaitra la grande influence que Sternberg aura eu sur les Doors[29].

Il obtient son étoile sur le Walk of Fame le 8 février 1960[30], [31].

Joseph von Sternberg décède le 22 décembre 1969, il est enterré au Westwood Memorial Park de Los Angeles[3].

Vie privéeModifier

En 1926, Josef von Sternberg épouse l’actrice Riza Royce (1903-1980) dont il divorce en 1930. Entre 1945 et 1947, il est marié avec Jean Avette McBride (1917-1994). En troisièmes noces, il épouse l’historienne de l’art, Meri Otis Wilner, avec laquelle il vécut de 1948 à sa mort. De cette union naquit un fils, Nicholas Josef von Sternberg (* 1951), qui vint compléter la famille von Sternberg à laquelle il faut ajouter Cathy Ann Wilner, fille adoptive de Josef von Sternberg. Le 22 juin 2017, Meri von Sternberg est décédée, à Valencia (Californie), à  l’âge de 97 ans. Elle repose aux côtés de son mari au Westwood Village Memorial Park Cemetary, à [[Los Angeles]] ([[USA]]). (4.)

FilmographieModifier

Films muets
Films parlants

PublicationsModifier

  • Souvenirs d'un montreur d'ombres (Fun in a Chinese Laundry), traduit de l'américain par Magdeleine Paz, Robert Laffont éditeur, 1966

Notes et référencesModifier

  1. Encyclopædia Universalis, « JOSEF VON STERNBERG », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 21 mars 2019)
  2. (en) « TSPDT - Josef von Sternberg », sur TSPDT (consulté le 21 mars 2019)
  3. a et b (en) « Joseph von Sternberg »
  4. (en) « Josef von Sternberg | Austrian-American director », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 21 mars 2019)
  5. a et b « Josef von Sternberg - Cinémathèque française », sur cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr (consulté le 21 mars 2019)
  6. « Dictionnaire du cinéma anglo-saxon|Von Sternberg Josef », sur Dictionnaire du cinéma anglo-saxon (consulté le 21 mars 2019)
  7. (en-US) « Who was Josef von Sternberg? Everything You Need to Know », sur www.thefamouspeople.com (consulté le 21 mars 2019)
  8. (en) « Josef von Sternberg », sur www.hollywoodsgoldenage.com (consulté le 21 mars 2019)
  9. « JOSEF VON STERNBERG », sur www.cinememorial.com (consulté le 21 mars 2019)
  10. (en) « Josef Von Sternberg - Cinema and Media Studies - Oxford Bibliographies - obo », sur www.oxfordbibliographies.com (consulté le 21 mars 2019)
  11. (it) « STERNBERG, Josef von in "Enciclopedia del Cinema" », sur www.treccani.it (consulté le 21 mars 2019)
  12. (en-US) Mordaunt Hall, « The Screen », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  13. (en) « Josef von Sternberg | Austrian Director | Josef von Sternberg Biography | Filmmaker | German Expressionism | Marlene Dietrich | Silent Film » (consulté le 21 mars 2019)
  14. (en-US) Dave Kehr, « Marlene Dietrich’s ‘Dishonored’ and ‘Shanghai Express’ », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  15. (en) « MoMA | Josef von Sternberg’s Morocco », sur www.moma.org (consulté le 21 mars 2019)
  16. (en-US) Mordaunt Hall, « Marlene Dietrich in a Brilliantly Directed Melodrama Set Aboard a Train Running From Peiping to Shanghai », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  17. (en-GB) Derek Malcolm, « Josef von Sternberg: The Scarlet Empress », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  18. (en-US) A.d.s, « Mr. von Sternberg Presents Miss Dietrich and », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  19. (en-US) Andre Sennwald, « The Paramount Presents Mr. von Sternberg's 'The Devil Is a Woman' -- 'On With the Dance.' », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  20. (en-GB) Tim Robey, « Josef von Sternberg: the man who made Marlene sparkle », Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  21. (en) « Josef von Sternberg », sur latimes.com (consulté le 21 mars 2019)
  22. Jean Tulard. Dictionnaire des réalisateurs. Collection Bouquins.
  23. « Reprise : « Anatahan », le rêve japonais de Sternberg », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 21 mars 2019)
  24. japanfm.fr, « Le fascinant fait divers d'ANATAHAN par Josef Von STERNBERG - JapanFM », sur japanfm.fr (consulté le 21 mars 2019)
  25. (en) « Josef von Sternberg », sur www.hollywoodsgoldenage.com (consulté le 21 mars 2019)
  26. : Joseph von Sternberg « Copie archivée » (version du 4 janvier 2006 sur l'Internet Archive), Online Film Critics Society, at Rotten Tomatoes
  27. (en-US) « Josef von Sternberg Movies | UMR » (consulté le 21 mars 2019)
  28. (en) Rebecca Kendall et UCLA, « The Doors’ Ray Manzarek and Jim Morrison as college students, preserved on film », sur University of California, (consulté le 21 mars 2019)
  29. The Doors and Ben-Fong Torres, The Doors
  30. (en) « Josef Von Sternberg | Hollywood Walk of Fame », sur www.walkoffame.com (consulté le 21 mars 2019)
  31. (en) « Josef von Sternberg », sur latimes.com (consulté le 21 mars 2019)

4. Annonce de décès: Meri von Sternberg,Tribune de Genève, Lundi 24 juillet 2017, www.hommages.ch

Liens externesModifier