Caius Marius (consul en -82)

consul romain

Caius Marius dit « le jeune » (110/108 - 82 av. J.-C.) est le fils[1] de Caius Marius, sept fois consul de Rome, et de Julia, tante de Jules César.

Caius Marius
Gaius Marius Minor.jpg
Caius Marius le Jeune, portrait fictif du Promptuarii Iconum Insigniorum
Fonctions
Sénateur romain
Consul
Biographie
Naissance
Décès
Époque
République romaine tardive (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Mère
Conjointe
Licinia (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique

BiographieModifier

Il eut Titus Pomponius Atticus comme camarade d'étude auprès de Quintus Mucius Scævola. En -88, lorsque Sylla le fit déclarer ennemi public avec son père Marius, Scaevola lui donna temporairement asile[2] et Atticus l'aida à fuir en lui fournissant de l'argent[3].

Il participe à l'action politique violente de son père. Quand celui-ci s'impose comme consul avec Cinna le 1er janvier 86 av. J.-C., il tue de sa main un ancien tribun de la plèbe et envoie sa tête aux consuls[4]. Lorsque son père décède le 13 janvier 86 av. J.-C., son collègue Cinna prit la relève et le contrôle de la faction des populares[4].

Marius le Jeune se maria durant son consulat avec Mucia Tertia (future femme de Pompée).[réf. nécessaire]

En 83 av. J.-C., les deux proconsuls déchus par Marius Sylla et Metellus reviennent d'Orient et débarquent en Italie avec leur armée, prêts à reconquérir Rome. La guerre civile va reprendre. Cnaeus Papirius Carbo, chef des marianistes, s'adjuge le consulat de 82 av. J.-C. en prenant comme collègue le jeune Caius Marius, qui n'a que trente-six ans[5],[1],[6], soit avant l'âge légal pour le consulat (le résumé de Tite-Live affirme que Marius est nommé consul « avant vingt ans »[7]), et sans avoir fait le cursus honorum. Ce choix politique se justifie par l'espoir de mobiliser grâce au nom prestigieux de Marius les vétérans de son père[8]. Mais ce choix mécontente Sertorius, déjà très critique sur l'incapacité de son parti à s'organiser efficacement contre Sylla. Sertorius quitte donc l'Italie pour l'Espagne, privant son parti d'un commandant militaire compétent et de plusieurs légions[9]. Des exécutions sommaires sont ordonnés par Marius et Carbo[10] pour prévenir d'autres défections : Caius Papirius Carbo, cousin du consul, Publius Antistius, ancien édile, Lucius Domitius Ahenobarbus, ancien consul, sont égorgés dans la Curie, Quintus Mucius Scævola est tué dans le temple de Vesta ; leurs cadavres sont trainés et jetés dans le Tibre[6],[11].

Marius le Jeune tente de empêcher l'armée de Sylla de remonter vers Rome. Il engage la bataille à Sacriport[12],[5],[13]. Le pseudo Aurelius Victor prétend que Marius, épuisé de fatigue, s'endormit pendant que son armée se battait[6]. Il est vaincu lorsque cinq de ses cohortes et deux unités de cavalerie passent du côté de Sylla. Le reste de son armée est alors mis en déroute et se tente de se réfugier dans Préneste, qui ferme ses portes à l'arrivée de l'armée de Sylla ; Marius parvient de justesse à se réfugier dans la ville grâce à des cordes lancées depuis les remparts, tandis que les soldats qui n'ont pu rentrer dans la cité sont massacrés au pied des remparts[1],[14]. Pour continuer sa route vers Rome, Sylla organise le siège de Préneste, qu'il confie à Quintus Lucretius Ofella[14]. Marius tente de rompre le blocus mais doit renoncer après plusieurs jours de combat[15], tandis qu'une armée de secours commandée par le Samnite Pontius Telesinus et le Lucanien Marcus Lamponius ne parvient pas à franchir les défilés qui mènent à Préneste[16]. Début novembre, devant Rome même, Sylla remporte la Bataille de la porte Colline. Il fait achever Telesinus et porter sa tête au bout d'une pique autour des remparts de Préneste, afin de démoraliser les assiégés[17]. Devenu maître de Rome, Sylla publie une liste de proscrits avec le nom de Marius le Jeune en tête de liste[18]. Ne pouvant sortir de Préneste par les souterrains, tous gardés, et constatant sa situation sans espoir, Marius se suicide avec le jeune frère de Telesinus[6], ou se fit couper la gorge, sur sa demande, par un de ses esclaves[19]. Sa tête est ensuite porté à Rome devant Sylla[20].

RéférencesModifier

  1. a b et c Appien, Guerres civiles, 87 ; Appien affirme qu'il s'agit du neveu et fils adoptif de Caius Marius
  2. Combès 1971, p. XVII-XIX
  3. Hinard 1985, p. 162.
  4. a et b Hinard 1985, p. 153.
  5. a et b Velleius Paterculus, II, 26
  6. a b c et d Pseudo Aurelius Victor, De viris illustribus urbis Romae, 68
  7. Periochae de Tite-Live, 86, 1
  8. Hinard 1985, p. 173.
  9. Hinard 1985, p. 174.
  10. Florus, Abrégé de l'Histoire romaine, III, 22
  11. Hinard 1985, p. 174-177.
  12. Periochae de Tite-Live, 87, 1
  13. Plutarque, Vie de Sylla, 28, 7 à 15
  14. a et b Hinard 1985, p. 175.
  15. Hinard 1985, p. 181.
  16. Hinard 1985, p. 181 et 183.
  17. Hinard 1985, p. 187.
  18. Hinard 1985, p. 193.
  19. Diodore de Sicile, 38, 15
  20. Hinard 1985, p. 202.

BibliographieModifier

  • François Hinard, Sylla, Paris, Fayard, (réimpr. 2005), 327 p. (ISBN 2-213-01672-0).
  • Cicéron (trad. Robert Combès), Laelius de Amiticia, Les Belles Lettres,