Caius Julius Caesar Vipsanianus

homme politique romain, fils d'Agrippa et de Julia

Caius Julius Caesar Vipsanianus (né en 20 av. J.-C. - mort le 21 février 4) est un petit-fils et un héritier présomptif de l'empereur romain Auguste. Il est comblé d'honneurs dès son adolescence, titré prince de la jeunesse puis consul à 20 ans seulement. Il mène des interventions militaires en Arménie, mais succombe des suites d'une blessure à 23 ans.

BiographieModifier

Caius est le fils ainé de Julia, fille unique d'Auguste, et de Marcus Vipsanius Agrippa, né en 20 av. J-.C.[1]. Il est adopté avec son frère Lucius à leur naissance par leur grand-père Auguste, qui souhaite assurer sa succession, tandis que leur père naturel devient leur tuteur, assurant leur formation[2]. Né dans la gens Vipsania, il entre ainsi dans la gens Julia et prend le nom de Caius Julius Caesar avec l'ajout de son ancien nom gentilice "Vipsania" avec le suffixe "ianus". Son père naturel meurt en 12 av. J.-C., tandis que sa mère Julia est exilée en 2 av. J.-C. en raison de son inconduite[3]

En 5 av. J.-C., puis en 2 av. J.-C., Auguste revêt le consulat pour présenter officiellement au Sénat Caius et Lucius[4], âgés de quinze et douze ans, les fait saluer par les chevaliers du titre de princes de la jeunesse » (principes iuventutis) et les fait désigner pour le consulat cinq ans à l'avance. Les chevaliers leur offrent des lances et des boucliers honorifiques d'argent, tandis que les sénateurs les invitent à assister à leurs réunions[5],[6].

Au cours du deuxième voyage d'Agrippa en Orient, des statues et des bustes leur sont dédiés à Delphes, à Thespies, à Mégare, à Sestos et à Kéramos. Une inscription d'Acerra évoque le temple qui leur est élevé, en tant qu'héros portant le nom d'Auguste[7]. Le temple dit la « Maison Carrée », à Nîmes, leur est dédié[8]. À Rome même, un portique sur le Champ de Mars leur est également dédié[9].

En 2 av. J.-C., Caius et Lucius président les jeux qui accompagnent la dédicace du temple de Mars vengeur, inauguré par Auguste[10].

En 1 av. J.-C., Caius est comme prévu consul éponyme, malgré son jeune âge. Il est mis à la tête d'une armée qu'il commande au nom d'Auguste en Arménie, pour contrebalancer l'influence des Parthes sur ce pays[11], et installer un roi favorable à Rome[12]. En 1 av. J.-C., il est marié avec Livilla, fille de Nero Claudius Drusus et d'Antonia Minor[réf. nécessaire]. L'année suivante, il est encore au Moyen-Orient et guerroit en Arménie[13].

Cependant, ces plans de succession ne se réalisent pas : son frère Lucius meurt en 2 à Marseille[6] et Caius décède en 4 ap. J.-C., à l'âge de 23 ans. Selon Dion Cassius, après avoir été gravement blessé à Artagira durant sa campagne en Arménie, il décide de vivre retiré en Syrie où, d'après Dion, il aurait connu une déchéance physique et psychologique à l'annonce de la mort de son frère. Auguste le presse de rentrer en Italie, et c'est au cours de ce voyage qu'il trouve la mort, faisant escale à Limyra en Lycie[10]. Ses restes sont ramenés à Rome[14], et placés dans le mausolée construit par Auguste[15]. Un cénotaphe fut élevé en son honneur, et un autre à Pise accompagné d'un arc au futurus Augusti successor[8].

GénéalogieModifier

AscendanceModifier

FamilleModifier

Notes et référencesModifier

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  1. Auguste, catalogue d'exposition, p. 86, tableau généalogique.
  2. Petit 1974, p. 18.
  3. Petit 1974, p. 19-20.
  4. Suétone, Auguste, 26.
  5. Auguste, Res gestae, 14.
  6. a et b Petit 1974, p. 20.
  7. CIL X, 03757.
  8. a et b Auguste, catalogue d'exposition, p. 241.
  9. Suétone, Auguste, 29.
  10. a et b Dion Cassius, Histoire romaine, LV, 10.
  11. Pline l'Ancien, Histoires naturelles, VI, 31, 14 et 32, 17.
  12. Petit 1974, p. 20 et 36.
  13. Catherine Virlouvet (dir.), Nicolas Tran et Patrice Faure, Rome, cité universelle : De César à Caracalla 70 av J.-C.-212 apr. J.-C, Paris, Éditions Belin, coll. « Mondes anciens », , 880 p. (ISBN 978-2-7011-6496-0, présentation en ligne), chap. 8 (« Les Romains et le monde »), p. 508.
  14. Dion Cassius, Histoire romaine, LV, 12.
  15. Auguste, catalogue d'exposition, p. 286, tableau généalogique.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, , 800 p. (ISBN 2020026775)
  • Alain Vassileiou, « Caesar proclamé Princeps Juventutis », annales littéraires de l'Université de Besançon, no 294,‎ , p. 827-840. (lire en ligne).
  • collectif, Auguste : Catalogue de l’exposition au Grand Palais, Paris, (ISBN 978-2-7118-6173-6).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier