Maison de Brunswick

Maison de Brunswick
Description de cette image, également commentée ci-après
Blason de la maison régnante de Brunswick-Lunebourg, de gueules à la fasce d'argent, adopté au XIIIe siècle.
Pays Duché de Bavière
Duché de Saxe
Duché de Brunswick-Lunebourg
Lignée Maison d'Este
Titres Empereur romain germanique
Roi des Romains
Duc de Bavière
Duc de Saxe
Duc de Brunswick-Lunebourg
Fondation 1070
Welf IV
Dissolution 1635

La maison de Brunswick est une maison princière allemande, branche cadette de la dynastie germanique des Welf qui trouve en fait son origine agnatique (patrilinéaire) en Italie dans la branche aînée de la puissante maison d'Este. En effet, la lignée descend de Welf IV († 1101), fils aîné du margrave italien Alberto Azzo II d'Este et de son épouse Cunégonde Welf, fille du comte Welf II d'Altdorf.

OriginesModifier

 
Welf IV dans la Chronique des Guelfes (1190), abbaye de Weingarten.

Une première maison de Brunswick fut fondée au IXe siècle, sous le règne du duc Otton Ier de Saxe, par son parent, Bruno, qui lui donna son nom : les Brunonides. Cette maison s'éteignit dès 1090, à la mort du margrave Egbert II de Misnie. Mais sa sœur, Gertrude de Brunswick, a une fille avec son second époux Henri, comte de Northeim en Saxe puis margrave de Frise par son mariage. Cette fille, Richenza de Nordheim († 1141) épouse Lothaire de Supplinbourg, duc de Saxe, qui est élu roi des Romains en 1125, puis est couronné empereur en 1133.

Entre-temps, en 1070, Welf IV, fils d'Alberto Azzo II d'Este et fondateur de l'abbaye de Weingarten, était nommé duc de Bavière par le roi salique Henri IV. C'est ainsi qu'a commencé l'ascension de sa famille vers le pouvoir. Les fils de Welf IV, les ducs Welf II et Henri IX le Noir de Bavière, rivalisaient avec la dynastie émergente des Hohenstaufen en Souabe. Henri IX épousait Wulfhilde, fille du duc Magnus Ier de Saxe, le dernier de la dynastie des Billung. Le , leur fils le duc bavarois Henri X le Superbe († 1139) épouse Gertrude de Saxe († 1143), la seule fille du roi Lothaire de Supplinbourg et de Richenza de Nordheim. Ce mariage avait été conclu en 1125 par les pères des deux époux quand Henri le Noir avait décidé de désormais soutenir Lothaire pour son élection comme roi des Romains.

Guelfes et gibelinsModifier

Gertrude, fille de Lothaire de Supplinbourg et Richenza de Nordheim, et petite-fille maternelle de l'héritière de la première maison de Brunswick (Gertrude de Brunswick, épouse du comte Henri de Nordheim et mère de ladite Richenza) est l'héritière des propriétés de trois dynasties saxonnes : la maison de Supplinbourg, les Brunonides comtes de Brunswick et margraves de Frise, et la maison comtale de Northeim. Par ce biais la branche des Welfs, descendants de Cunégonde d'Altdorf, hérite les domaines des Brunonides autour de Brunswick, qu'ils contrôlent jusqu'au XXe siècle. En 1137, Henri le Suberbe est nommé duc de Saxe par son beau-père Lothaire de Supplinburg. La succession du roi, mort le , est chaudement disputée entre Henri le Superbe, d'une part, et Conrad III de Hohenstaufen, d'autre part. Les princes-électeurs, redoutant un tel maître, préfèrent Conrad de Hohenstaufen qui est couronné à Aix-la-Chapelle le . Le gendre de Lothaire en appelle aux armes ; Conrad III et Henri se font face sur la Werra mais les évêques des deux camps s'entremettent pour conclure une trêve.

Henri le Superbe et Gertrude ont seulement un fils, Henry XII le Lion († 1195) qui après la mort de son père en 1139 a recueilli son héritage en tant que duc de Saxe et de Bavière. Il épousa Mathilde, fille aînée du roi Henri II d'Angleterre. Henri le Lion se heurta aux Hohenstaufen, ducs de Souabe, et c'est à cette époque qu'apparurent les appellations guelfes et gibelins en Italie (les Guelfes étant les Welfs, acceptant davantage l'autorité papale et refusant la mainmise impériale, au profit des autonomies locales ; les Gibelins, partisans de la dynastie souabe et de l'autorité impériale face au pape). En 1180, à l'apogée des conflits avec les Hohenstaufen, Henri XII fut dépouillé de ses duchés de Saxe et de Bavière par son cousin germain l'empereur Frédéric Barberousse, neveu de Conrad de Hohenstaufen et fils de Judith de Bavière. Le titre de duc des Saxe passa à la maison d'Ascanie, et le titre de duc de Bavière à la maison de Wittelsbach. Henri se voit condamné à l'exil pour plusieurs années ; en 1194, y eut une réconciliation officielle avec l'empereur qui ne lui laissa en effet que ses terres patrimoniales autour de Brunswick et de Lunebourg.

Dans la suite des conflits, l'un des fils d'Henri le Lion et de Mathilde d'Angleterre, Othon IV, est élu anti-roi contre Philippe de Souabe (fils de Barberousse) en 1198. Après l'assassinat de Philippe en 1208, il accéda à la dignité impériale et, six ans plus tard, fut écrasé par les forces du roi de France Philippe-Auguste à la bataille de Bouvines. Après l'élection impériale de Frédéric II de Hohenstaufen en 1212, Otton se retira dans ses biens propres et mourut en 1218 au château de Harzburg.

Brunswick-LunebourgModifier

 
Othon l'Enfant est inféodé avec Brunswick-Lunebourg, enluminure (1448).

Quand les Guelfes eurent été définitivement vaincus, le neveu de l'empereur Othon IV, Othon l'Enfant († 1252), recueillit ce qu'il put des vastes possessions saxonnes de sa maison, en fit hommage à l'empereur Frédéric II (petit-fils de Barberousse) qui, désireux de se rallier les Guelfes, les lui concéda en fief immédiat avec le titre de duc de Brunswick et Lunebourg à la diète de Mayence en 1235.

Plusieurs années après la mort d'Othon l'Enfant, ses deux fils aînés, Albert le Grand († 1279) et Jean († 1277), se partagèrent ses États, tiges de deux maisons conjointes du même nom : les ducs de Brunswick-Lunebourg. À partir de 1269, la première branche, issue d'Albert le Grand, régna sur la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel, la partie sud autour de Brunswick, Wolfenbüttel, Einbeck et Göttingen. La principauté de Wolfenbüttel forma elle-même les branches de Grubenhagen, en 1291, éteinte en 1596, et de Göttingen, en 1345, réunie à son tour dès 1435 à la principauté de Calenberg.

La seconde lignée, issue de Jean, régna sur la partie nord autour de Lunebourg et s'éteignit en 1368/ 1369 à la mort de Guillaume II (fils d'Othon II, lui-même fils de Jean). Alors les biens de cette ancienne ligne de Lunebourg furent récupérés par la branche aînée subsistante :

À partir de là, les principautés de Brunswick-Wolfenbüttel et de Lunebourg constituaient le duché de Brunswick-Lunebourg ; mais plusieurs divisions et fusions ont suivi :

- L'ancien rameau de Brunswick, issu d'Albert le Grand comme on vient de l'évoquer (cf. Magnus Ier, fils d'Albert II, lui-même fils d'Albert Ier le Grand), se subdivisant encore, fournit, en 1431, la moyenne maison de Lunebourg (cf. Bernard Ier, fils de Magnus II, lui-même fils de Magnus Ier) et la moyenne maison de Brunswick (cf. son frère cadet Henri Ier). Celle-ci, après s'être divisée en branche de Wolfenbüttel et branche de Calenberg, s'éteignit en 1634 à la † de Frédéric-Ulrich.

- La moyenne maison de Lunebourg, issue du duc Bernard Ier se divisa, en 1521, en ligne de Harbourg (éteinte en 1642 ; cf. Othon Ier, frère aîné d'Ernest le Confesseur), et ligne de Celle, partagée dès 1569 en deux branches après la mort de François-Othon en 1559 — fils aîné d'Ernest « le Confesseur », lui-même fils d'Henri Ier, fils d'Othon V, fils de Frédéric II, fils de Bernard Ier — dont les deux frères cadets Henri et Guillaume héritèrent (d'abord conjointement en 1559-1569 ; cf. ci-après) :

La maison de Hanovre obtint la dignité électorale en 1692 avec Ernest-Auguste, duc de Brunswick-Lunebourg (1629-1698). Après s'être divisée encore en deux rameaux, Lunebourg ou Celle (cf. les ducs Ernest, Christian, Auguste et Frédéric, tous fils de Guillaume), et Calenberg ou Hanovre (cf. le duc Georges — dernier fils de Guillaume — et ses quatre fils : Christian-Louis, Georges-Guillaume, Jean-Frédéric[1] et Ernest-Auguste), elle se réduisit à une seule branche et accéda au trône d'Angleterre en 1714 avec le fils de l'électeur (1692) Ernest-Auguste (lui-même dernier fils du duc Georges comme on vient de le voir) : l'électeur Georg Ludwig alias George Ier (16601727 ; époux de sa cousine germaine Sophie-Dorothée fille de Georges-Guillaume ; le roi George Ier tirait ses droits au trône britannique de sa mère Sophie de Bavière-Palatinat, et surtout de l'Acte d'Établissement de 1701 ; les descendants Hanovre-Brunswick du roi George occupèrent le trône du Royaume-Uni jusqu'à la mort de Victoria en 1901 : elle était la petite-fille de George III, lui-même arrière-petit-fils de George Ier, qui était aussi le grand-père maternel du Grand Frédéric de Prusse). Les descendants mâles de George Ier gardèrent aussi l'électorat de Brunswick-Lunebourg-(Hanovre), érigé en royaume de Hanovre en 1814 pour George III, membre de la Confédération germanique dès sa création en 1815 et du Zollverein en 1854, jusqu'à Ernest-Auguste Ier (5e fils de George III) et son fils Georges V (déchu en 1866 : à la suite de la guerre austro-prussienne, la Prusse victorieuse annexe alors le Hanovre).

- La nouvelle maison de Brunswick s'était de même partagée en deux branches : 1° Brunswick-Wolfenbüttel, et 2° Brunswick-Bevern, réduites dès 1735 à une seule (Bevern), qui prit le nom de Brunswick-Wolfenbüttel. Curiosité généalogique : Henri, le fondateur de la nouvelle maison de Brunswick, eut pour fils Auguste II et pour petit-fils Antoine-Ulrich, lui-même père de Louis-Rodolphe, qui fut le beau-père de l'empereur Charles VI de Habsbourg et le grand-père maternel tant de l'impératrice Marie-Thérèse que du tsar Pierre II.

Le duché de Brunswick, aux mains des Wolfenbüttel, fut annexé par Napoléon en 1807 au royaume de Westphalie, mais il recouvra son indépendance en 1814. En 1820, le Brunswick reçut une constitution mais en 1830, le duc Charles II (fils de Frédéric-Guillaume, lui-même fils de Charles-Guillaume-Ferdinand, fils de Charles Ier, fils de Ferdinand-Albert II, fils de Ferdinand-Albert Ier, fils d'Auguste II, fils d'Henri ci-dessus), hostile à cette constitution, vit éclater une révolution, et fut obligé de fuir. Il fut remplacé en 1830 par son frère Frédéric-Auguste-Guillaume. À la mort de ce dernier en 1884 sans héritier direct légitime, éclate une crise de succession qui voit le duché de Brunswick placé par l'empereur sous l'autorité des régents Albert de Prusse (en 1885-1906) puis Jean-Albert de Mecklembourg (en 1907-1913). En 1913, le duché est confié à Ernest-Auguste III de Hanovre, dernier souverain héréditaire du Brunswick, petit-fils de George V de Hanovre, gendre du Kaiser Guillaume et descendant direct des Hanovre, puis disparaît dans la débâcle allemande de .

Le duché de Brunswick fit partie de l'Union douanière allemande en 1842. Il se situait entre les États de Prusse, d'Anhalt et de Hesse, avec pour capitale Brunswick. Il se divisait en six districts : Brunswick, Holzminden, Wolfenbüttel, Helmstedt, Gandersheim, Blankenburg, auxquels il faut joindre la principauté médiatisée d'Oels en Silésie, propriété particulière du duc. Le gouvernement était monarchique et constitutionnel. Le duc de Brunswick avait deux voix dans le conseil fédéral de la Confédération de l'Allemagne du Nord.

Ducs de BrunswickModifier



Branche de Brunswick-LunebourgModifier

 
Armes des Brunswick-Lunebourg

Branche de Brunswick-Lunebourg-ZelleModifier

Branche de Brunswick-WolfenbüttelModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le duc Jean-Frédéric, converti au catholicisme en 1651, et sa femme Bénédicte-Henriette du Palatinat (petite-fille de Frédéric V et arrière-petite-fille de Jacques Ier d'Angleterre), ont une riche postérité qui fait le lien entre l'Europe monarchique du Nord, en général protestante, et l'Europe méridionale catholique : cf. les articles consacrés à leurs deux filles Charlotte-Félicité et Wilhelmine-Amélie. Ainsi, George III de Hanovre-Grande-Bretagne était-il un cousin pas si éloigné de Louis XVI. Ce rôle de passage entre les deux Europes dynastiques protestante et catholique est aussi réalisé par les Brunswick-Wolfenbüttel, comme vu dans la suite de l'article.

Articles connexesModifier