Frédéric II (empereur du Saint-Empire)

Frédéric II
Illustration.
Frédéric II et son faucon représentés dans son livre
De arte venandi cum avibus
(De l'art de chasser au moyen des oiseaux).
Titre
Roi de Sicile

(52 ans et 16 jours)
Prédécesseur Constance Ire
Successeur Conrad Ier
Duc de Souabe
Prédécesseur Othon IV
Successeur Henri II
Roi de Germanie
Avec Henri II de Souabe (1220-1235)
Conrad IV (1237-1250)
Prédécesseur Otton IV
Successeur Conrad IV
Empereur du Saint-Empire
Prédécesseur Otton IV
Successeur Grand interrègne
Roi consort de Jérusalem

(2 ans, 5 mois et 15 jours)
Prédécesseur Jean de Brienne
Successeur Élisabeth de Bavière
Biographie
Dynastie Hohenstaufen
Date de naissance
Lieu de naissance Jesi
Date de décès (à 55 ans)
Lieu de décès Fiorentino, Foggia (Pouilles)
Sépulture Cathédrale de Palerme
Père Henri VI du Saint-Empire
Mère Constance de Hauteville
Conjoint Constance d'Aragon
Isabelle II de Jérusalem
Isabelle d'Angleterre
Bianca Lancia
Enfants Henri
Conrad
Marguerite
Constance
Manfred

Frédéric II (empereur du Saint-Empire)

Frédéric de Hohenstaufen[1] (Frédéric II, en tant qu'empereur des Romains), né le à Jesi près d'Ancône et mort le à Fiorentino (près de San Severo) en Capitanate[2], régna sur le Saint-Empire de 1215 à 1250. Il fut roi de Germanie, roi de Sicile, roi de Provence-Bourgogne (ou d'Arles), et roi de Jérusalem.

Il connut des conflits permanents avec la papauté et se vit excommunié par deux fois. Le pape Grégoire IX l'appelait « l'Antéchrist ».

Il parlait au moins six langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand et l'allemand[3]. Il accueillait des savants du monde entier à sa cour, portait un grand intérêt aux mathématiques et aux beaux-arts, se livrait à des expériences scientifiques (parfois sur des êtres vivants) et édifiait des châteaux dont il traçait parfois les plans. De par ses bonnes relations avec le monde musulman, il mena à bien la sixième croisade — la seule croisade pacifique — et fut le second à reconquérir les lieux saints de la chrétienté, après Godefroy de Bouillon.

Dernier empereur de la dynastie des Hohenstaufen, il devint une légende. De ses contemporains, il reçut les surnoms de Stupor Mundi (la « Stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses »[4], au point qu'on attendit son retour après sa mort. Dans la conscience collective, il devint « l'Empereur endormi » dans les profondeurs d'une caverne, celui qui ne pouvait avoir disparu, celui qui dormait d'un sommeil magique dans le cratère de l'Etna[5]. Son mythe personnel se confondit par la suite avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse. Son charisme était tel qu'au lendemain de sa mort, son fils, le futur roi Manfred Ier de Sicile, écrivit à un autre de ses fils, le roi Conrad IV, une lettre qui commençait par ces mots : « Le soleil du monde s'est couché, qui brillait sur les peuples, le soleil du droit, l'asile de la paix[6] ».

Une enfance sicilienneModifier

Il était le fils de l'empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, elle-même fille de Roger II de Hauteville, premier roi normand de Sicile. Alors que sa mère avait 40 ans[7], sa naissance eut lieu en public, sous une tente dressée sur la place principale de Jesi[8]. L'accouchement menaçait de tourner au drame lorsque l'on fit appel à deux médecins arabes qui sauvèrent la mère et l'enfant.

Frédéric-Roger fut élu roi des Romains en 1196, à la demande de son père, pour assurer la continuité dynastique des Hohenstaufen au trône impérial. Cependant, Henri VI mourut brutalement en 1197. L'impératrice s'imposa à la régence contre le sénéchal allemand Markward d'Anweiler mais elle mourut en 1198 alors que Frédéric II n'était encore qu'un enfant de trois ans, élevé à Foligno par la femme de Conrad d'Urslingen[9].

Constance ne revendiqua pas les droits de l'enfant en Germanie, conformément aux requêtes de Célestin III, où les grands, soucieux d'éviter une minorité comme celle d'Henri IV, se tournèrent vers le frère du défunt : Philippe de Souabe fut élu en 1198 roi des Romains, en place de son neveu. Le pape lui suscita immédiatement un concurrent, le Welf Othon IV. Frédéric-Roger, lui, était seulement roi de Sicile, comprenant alors l'île et la majeure partie de l'Italie méridionale au sud des États pontificaux.

Constance, en mourant, confia la tutelle de l'enfant et du royaume au pape Innocent III jusqu'à sa majorité, lequel désigne un collège composé de prélats et du chancelier Gauthier de Palear[10], évêque de Troia, pour diriger les destinées de l'île durant les dix ans de sa minorité, marquées par la révolte des musulmans et les luttes entre Allemands et alliés du Pape[11]. Markward d’Anweiler revendique également la régence et la tutelle avec le soutien de Philippe de Souabe. Il capture Frédéric à Castello a Mare de Palerme en novembre 1201, et devient régent quelques mois jusqu'à sa mort, en 1202. Un autre seigneur allemand, Guillaume Capparone, lui succède comme régent et garde Frédéric au palais royal de Palerme jusqu’en 1206[10].

« Petit et trapu, avec un visage presque aussi roux que ses cheveux, et des yeux de myope », Frédéric déborde d'énergie et est intellectuellement précoce, mais est aussi volontiers provocateur et cruel. Il fait valoir sa majorité à ses quatorze ans, et épouse Constance d'Aragon, âgée de onze ans de plus que lui, qui introduit à la cour la culture de l'amour courtois[12].

Othon IV, couronné empereur romain germanique par Innocent III en 1209, perdit la faveur du souverain pontife, qui soutint à la Diète d'Empire de Nuremberg de 1211 l'élection de Frédéric comme roi de Germanie et excommunia Othon IV. Mais ce titre de roi de Germanie, qui était un préalable à la couronne impériale, ne signifiait rien tant qu'Othon IV demeurait empereur, jusqu'à sa défaite à la bataille de Bouvines en 1214[13].

Une fois couronné empereur, Frédéric délaissera la Sicile au profit de l'Italie du Sud. Capoue accueille vingt des vingt-six sessions de la Magna Curia impériale, ainsi que les assises de 1220, Foggia concentre l'essentiel des séjours impériaux[14].

Les premières années du règne de Frédéric IIModifier

La prise de pouvoir de l'enfant d'ApulieModifier

En 1211, une assemblée de princes et évêques du sud de l'Allemagne réunis à Nuremberg élut Frédéric roi. En 1212, il fit couronner son fils Henri roi de Sicile et son épouse Constance régente, le pape ne souhaitant pas l'union de la Sicile et de l'Empire. Frédéric partit fin février de Messine avec une modeste suite, prêtant hommage à Innocent III au nom de son fils le dimanche de Pâques, puis traversant l'Italie avec le soutien des Génois, les Alpes pour arriver à Constance, où il devança Othon IV de trois heures seulement. Il rallia ensuite les princes de la Souabe et de la Haute-Rhénanie, évitant les combats. Confirmé comme roi par une grande assemblée à Francfort le 5 décembre 1212, il fut couronné en la cathédrale de Mayence le 9 décembre par l'archevêque Siegfried II d'Eppstein, avec une copie des insignes, encore détenus par Othon IV. Battu à Bouvines, ce dernier y perdit son trésor, dont les insignes impériaux qui furent renvoyés à Frédéric par le roi Philippe II de France. Reconnu par tous les princes, Frédéric fut à nouveau sacré à Aix-la-Chapelle le 23 juillet 1215 par l'archevêque de Mayence. L'élection fut reconnue par Innocent III au quatrième concile du Latran[15]. Lors du couronnement d'Aix-la-Chapelle, Frédéric utilisa le manteau de couronnement de Roger II de Sicile, qui devint alors le manteau de sacre des empereurs, l'un des insignes impériaux utilisé par la suite jusqu'au XVIIIe siècle par quarante-sept empereurs. Le manteau est aujourd'hui conservé dans la Schatzkammer (chambre du trésor) de Vienne avec les autres insignes et le trésor des rois de Sicile.

 
L'empereur Frédéric II.

Le pape Honorius III couronna finalement Frédéric II empereur à Rome en 1220. Cela devait être la fin de l'entente entre l'Empire et la papauté puisque Frédéric II n'avait pas l'intention de séparer ses deux héritages, la Sicile maternelle et la Germanie paternelle. Frédéric renouvela le serment d'allégeance envers la papauté, confirma le versement d'un tribut annuel de 1 000 pièces d'or par la Sicile, et promit de partir en croisade dans les lieux saints. Toutes ces promesses lui permirent d'asseoir son pouvoir solidement.

En Germanie, Frédéric II accorda à quatre-vingt-dix évêques et abbés royaux, une charte, la Confœderatio cum principibus ecclesiasticis de 1220, dans laquelle il confirma l'abandon des droits de dépouille ; il renonça aussi à influencer les élections, à exercer ses droits régaliens sur les territoires ecclésiastiques comme la construction de châteaux, les tonlieux, etc. Il donna aux princes laïcs le Statutum in favorem principum de 1231 qui en faisait les maîtres de la justice dans leurs domaines[16].

Son règne fut très largement occupé par les affaires italiennes et les conflits avec la Ligue lombarde puis la papauté. Il séjourna en Germanie de 1212 à 1220, en laissant ensuite le gouvernement à son fils Henri VII, enfant de six ans élu roi des Romains. Il y revint pour faire face en mai 1235 à la rébellion d'Henri qu'il emprisonna[10], et continua par la suite de gouverner à travers ses représentants. Héritier du royaume normand de Sicile, Frédéric II le réorganisa en un État centralisé de caractère moderne doté d'un droit rénové (Constitution de Melfi). Il s'en servit comme appui pour tenter de soumettre le royaume d'Italie.

En concentrant entre ses mains la majorité des terres agricoles de Sicile, les ports de l'île, et les monopoles de production de sel, de souffre, de fer et de soie, il est sans doute l'un des plus riches souverains d'Europe[17].

Il doit son surnom d'Enfant d'Apulie à son attachement pour la région des Pouilles[18].

La croisadeModifier

 
L'empereur Frédéric et le sultan Muhammad al-Kamil.

Lors de son couronnement à Aix-la-Chapelle le 25 juillet 1215, Frédéric avait promis au pape de partir en croisade. Son vœu reprenait en fait celui de son grand-père Barberousse qui lui était parti en croisade, et de son père. Mais son échec devant la résistance des communes lombardes en 1225-1226 retarda son départ. Or, la papauté espérait desserrer l'étau que faisait peser l'empereur du Saint-Empire sur ses États pontificaux en éloignant l'ambitieux souverain[7]. Cette promesse paraît étrange au regard de sa connaissance et de son intérêt pour le monde musulman et la langue arabe[19].

Veuf de Constance depuis 1221, et sur proposition d'Honorius III, il épouse Yolande de Brienne, fille de 14 ans de Jean de Brienne, roi de Jérusalem, et promet le départ de la sixième croisade le jour de l'Ascension 1227[20]. Au lendemain du mariage célébré en la cathédrale de Brindisi le 9 novembre 1225, Frédéric II retire à Jean de Brienne le titre de régent et de roi[20].

N'ayant pas honoré cette promesse (les négociations secrètes avec le sultan, puis la mort du landgrave de Thuringe et enfin une épidémie de choléra ou de typhoïde l'ayant obligé à la différer), Frédéric fut excommunié le par Grégoire IX, fraichement élu pape. Il partit l'année suivante alors que son excommunication n'était pas levée. Sa brève croisade se termina en négociations et par un simulacre de bataille avec le sultan Malik al-Kamel (« le Parfait »), avec qui des liens d'amitié s'étaient tissés, et par un accord, le traité de Jaffa, à cause duquel le pape réaffiirme l'excommunication impériale en mars 1228[21]. Il récupéra sans combattre la ville de Jérusalem et se couronna lui-même roi de Jérusalem le .

Il s’embarque pour l'Italie le 1er mai, laissant les États latins d'Orient sans roi résident, en proie à la guerre civile entre ses partisans et ses opposants[22].

L'affirmation du pouvoir impérialModifier

Frédéric II souhaite restaurer le pouvoir monarchique dans le Royaume de Sicile. Il réunit les grands barons à Capoue en décembre 1220. Ainsi, les titres attribués, terres distribués et les châteaux édifiés depuis la mort de Guillaume II, sont retirés, restituées et confisqués, en Pouilles puis à Malte et en Sicile. L'empereur abolit les privilèges commerciaux aux Génois et des Pisans, reprend le contrôle des ports et des productions de sel, de fer, de soie et de soufre[23]. Il s'intéresse également à l'agriculture en relançant l'exploitation de la canne à sucre, du henné et de la palmeraie de Palerme[24]. En 1224, il fonde l'Université de Naples[25].

En 1231, il promulgua les Constitutions de Melfi ou Liber Augustalis[26], un recueil des lois de son royaume qui devait unifier les lois complexes de l'Empire, soumis aux droits régaliens multiples que possédaient les princes et autres souverains du Saint-Empire. Ce recueil n'avait pour autre but, sous couvert d'une uniformisation des systèmes politico-judiciaires, que d'empêcher la mainmise des petits seigneurs sur les villes et leurs corps de métiers. Le Liber Augustalis, s'ouvre sur l'énumération des titres de Frédéric. Il est Imperator Fridericus secundus, Romanorum Cæsar semper Augustus, Italicus Siculus Hierosolymitanus Arelatensis, Felix victor ac triumphator. À travers la présence des titulatures romaines, on peut voir la volonté d'affirmer le pouvoir impérial. Frédéric fit frapper des monnaies d'or, les « augustales ». Sur l'une des faces, entourée de l'inscription IMP. ROM. CÆSAR AUG, il était représenté, à l'instar des empereurs romains, vêtu du manteau impérial avec une couronne de laurier sur la tête. Sur l'autre face, figurait l'aigle impériale avec l'inscription Fridericus[7]. Frédéric II, comme les empereurs romains, affirmait sa domination sur le monde mais il n'avait pas les moyens de sa prétention. Il se heurtait aussi au pape, qui depuis le XIe siècle voulait imposer à l'Occident son dominium mundi.

Il repeuple Malte et l'arrière-pays sicilien en déplaçant des Lombards et des Grecs[27], constitue un réseau de forteresses, châteaux forts le plus souvent carrés, comme les châteaux d'Ursino, Maniace, d'Augusta et Milazzo[28].

La lutte avec la papautéModifier

 
Bulle de l'empereur Frédéric II donnant à Raymond VII, comte de Toulouse, le Comtat Venaissin et diverses autres terres, 8 septembre 1234. Archives nationales AE/I/1 no 1.

Grégoire IX, pape élu en 1227 avec la conviction de la suprématie pontificale, profite de l'absence de l'empereur pour envahir l'Italie du sud et répandre la rumeur de la mort du monarque. L'armée de Frédéric, conduite par Conrad d'Urslingen jusqu'au retour de l'empereur, affronte les armées pontificales jusqu'en octobre 1229 et signe les traités de San Germano et de Ceprano à l'été 1230 avec Grégoire IX qui lève l'excommunication[21].

Le conflit entre Frédéric et le pape Grégoire IX, puis Innocent IV, reprit. Les cités italiennes de Lombardie qui prirent parti pour Frédéric constituaient le groupe dit des gibelins et les cités plus nombreuses qui s'opposèrent au pouvoir impérial et s'allièrent au pape était les guelfes (parfois, l'opposition entre les factions des guelfes et gibelins traversait la même ville selon les alliances politiques). Il triompha des villes lombardes le à Cortenuova. Sûr de sa force, il offensa alors le pape, à qui il réclamait une partie des villes lombardes en récompense de sa victoire, et écrivit aux Romains pour leur rappeler leur grandeur passée du temps de l'Empire romain. Il est à nouveau excommunié[29].

Dès les années 1237-1238, il suit de près les affaires en Provence en nommant un vice-roi en Arles, puis en 1240 en demandant au comte Raymond VII de Toulouse d'intervenir militairement[30] contre le comte Raimond-Bérenger IV de Provence et Jean Baussan, archevêque d'Arles.

En 1245, Innocent IV fuit Rome et annonce la déposition de l'empereur au premier concile de Lyon, accordant même à ceux qui partiraient en guerre contre lui le statut de croisés. Le pape montrait ainsi qu'il était le maître du pouvoir temporel aussi bien que spirituel puisqu'il pouvait priver un souverain de son pouvoir politique[31]. La sanction n'est pas reconnu par Louis IX et Henri III d'Angleterre, frère de la troisième femme de Frédéric[32]. Les évêques électeurs proclamèrent alors en 1246 empereur le landgrave de Thuringe Henri le Raspon, qui vainquit Conrad IV à la bataille de la Nidda (5 août 1246) mais mourut en 1247. L'anti-roi suivant fut le comte Guillaume II de Hollande, élu roi des Romains le 3 octobre 1247, qui prit Aix-la-Chapelle et y fut couronné le 1er novembre 1248, mais sans s'imposer en Germanie. La guerre civile continua, indécise en Germanie comme en Italie. Frédéric II mourut d'une crise de dysenterie en 1250 avant d'en avoir vu la conclusion. Il repose dans la cathédrale de Palerme auprès de ses aïeux normands de Sicile et de sa première épouse, Constance d'Aragon[7]. Son tombeau a été ouvert en 1781 et en 1998 : il contient la dépouille de l'empereur, d'un homme identifié comme Pierre III d'Aragon et d'une femme inconnue. Les analyses ADN envisagées en 1998 furent un échec.

La fauconnerieModifier

 
Aigle, camée en sardonyx, cour de Frédéric II, vers 1240, Bibliothèque nationale de France, Paris.

Frédéric II est l'auteur d'un manuel de fauconnerie, De arte venandi cum avibus (De l'art de chasser au moyen des oiseaux) dont la préface contenait un éloge de l'expérience contre les théories de l'école. L'ouvrage débordait largement la simple fauconnerie et contenait aussi une partie sur l'anatomie des oiseaux. Ainsi les différentes positions des ailes durant le vol y étaient-elles remarquablement décrites[33].

Les illustrations situées dans les marges étaient d'une grande qualité pour l'époque. Ce livre, du fait des opinions de Frédéric II, fut mis à l'index par l'Église et ne reparut qu'à la fin du XVIe siècle. Les ornithologues n'en découvriront l'intérêt qu'au XVIIIe siècle. Selon l'historien allemand Ernst Kantorowicz, sa passion pour les faucons, nourrissait sa conviction de pouvoir atteindre n'importe quelle cible, un sentiment de toute-puissance que ces prédateurs avaient le don de faire naître en lui[34].

À la fin d'une existence mouvementée, l'empereur Frédéric II mort en 1250 rédigea un monumental traité de fauconnerie en latin. Ouvrage essentiel mais qui fut longtemps d'accès difficile. Son édition critique allemande date de 1942... Et il n'avait jamais été traduit en français moderne[35].

Frédéric II veut corriger toutes les sottises écrites sur la fauconnerie[36]. Il s'inspire de sources arabes, d'Aristote, et surtout de ses propres observations et expérimentations. Son exposé de la migration des oiseaux n'a été surpassé qu'au XXe siècle, par Konrad Lorenz.

Pour replacer le livre de Frédéric II dans son contexte, le lecteur pourra se reporter au bel ouvrage collectif consacré à la chasse au Moyen Âge[37]. Michel Pastoureau y montre comment l'Église, ennemie de la chasse, tenta de la canaliser en l'orientant vers des voies moins sauvages et moins païennes, en désacralisant la chasse à l'ours et au sanglier pour valoriser celle du cerf — à travers la légende de saint Hubert[38].

L'élevage équinModifier

La pratique de la chasse amena Frédéric II à favoriser l'élevage des chevaux indispensables à sa pratique. Son règne correspond à une période de prospérité économique pendant laquelle dans la Capitanate, au nord des Pouilles, la quantité et la qualité des chevaux connurent un véritable essor suite à des interventions clairvoyantes et systématiques de l'empereur au début du XIIIe siècle. Des fermes royales furent implantées dans les plaines et zones humides du nord-est des Pouilles. L'élevage des chevaux s'y développa à partir des souches provenant de l'héritage équin des colonies arabes de Sicile. Frédéric II lui-même créa des haras royaux, les aratie. Dans une lettre de 1239, il ratifie l'organisation de son marestalla Sicilie, son haras en Sicile, précise comment la reproduction doit se faire, et impose que les juments soient nourries avec de l'orge afin que les poulains bénéficient d'une production de lait correcte. Dans un règlement de 1241, il organise la surveillance des juments, étalons et poulains dans les pâtures, alloue une somme pour l'achat d'huile à la fois pour l'éclairage et pour les soins des chevaux, et établit la liste du personnel qualifié qui inclut le marescallus, le maréchal-ferrant, le custos equorum, le gardien préposé aux chevaux et le scuterius, le palefrenier[39].

Une large ouverture d'espritModifier

 
Ordre de Frédéric II, empereur d’Allemagne, à ses officiers du royaume de Sicile de fournir à Louis IX, pendant tout le temps qu’il sera en Terre sainte, les armes, chevaux et vivres qui lui seront nécessaires, donné à Lucera en novembre 1246. Archives nationales AE/I/1/4.

Tout au long de son règne, l'empereur polyglotte fit preuve d'une large ouverture d'esprit[40] et d'un avant-gardisme indiscutable, sans négliger pour autant l'exercice du pouvoir. Ainsi il affronta le soulèvement des communautés musulmanes de Sicile. Après la prise de la forteresse de Iato et l'exécution de leur chef Ibn Abbad, en 1222, il déporta tous les musulmans de Sicile à Lucera dans les Pouilles. La ville leur fut dédiée, rassemblant près de 20 000 habitants. Ceux-ci lui fournissent sa garde impériale et son harem, ainsi que des ouvriers fabriquant des lames d'acier damasquiné dans les manufactures impériales[27].

Au cours des croisades, il sut s'intéresser à la culture arabe. Il tenta notamment de concilier les deux partis (croisés et jihad) afin d'instaurer une paix durable et une cohabitation pacifique. Au prix de nombreux efforts, il faillit atteindre cet objectif mais une crise interne à l'Empire le rappela en Europe, ne lui laissant pas le temps d'achever son travail, et il dut se contenter d'une trêve.

Il eut des échanges diplomatiques intenses avec le sultan d'Égypte Al-Kâmil avec qui il signa un traité, et fut ami de son envoyé l'émir Fakhreddin.

En 1241, Frédéric II promulgua un édit autorisant la dissection de cadavres humains[41], s'opposant ainsi à l'Église, qui, privilégiant l'intégrité corporelle de l'être humain, s'empressera d'annuler l'édit à sa mort. Auparavant, dès le XIe siècle, à la célèbre École de médecine de Salerne par exemple, l'anatomie était enseignée d'après celle du porc, ou d'après les schémas établis par Galien au IIe siècle. En effet, depuis le IIIe siècle av. J.-C., époque où les médecins et anatomistes grecs Érasistrate et Hérophile avaient connu leur heure de gloire, aucun professeur de médecine en Occident n'avait disséqué de cadavre humain, car la religion interdisait la mutilation des corps. La levée de cet interdit par l'édit permit à l'italien Mondino à Bologne de perfectionner certaines notions de l'anatomie humaine.

Dans Divin Moyen Âge. Histoire de Salimbene de Parme et autres destins édifiants (Éditions Flammarion, 2014), Alessandro Barbero écrit qu’il confia à des nourrices plusieurs nouveau-nés avec ordre de ne jamais leur adresser la parole, désireux de savoir dans quelle langue ils s’exprimeraient. De fait tous ces enfants moururent les uns après les autres. « Pour Salimbene, ils étaient condamnés d’avance car, comme il l’explique, les nouveau-nés ne peuvent pas vivre sans tendresse ni sourire, sans les encouragements et les voix des nourrices. Cette évidence, l’empereur Frédéric II, qui avait par ailleurs du génie, n’était visiblement pas assez humain pour l’accepter. »

Frédéric était féru de poésie, de mathématiques et de sciences naturelles. Il put rencontrer à Pise Leonardo Fibonacci, avec qui il rechercha des solutions à divers problèmes. Il écrivit à des savants et philosophes musulmans et appela à la cour ceux qui lui paraissaient devoir être utiles. « Curieux, d'un esprit d'observation très développé, il attira à sa cour un astronome d'origine irlandaise ou écossaise, Michel Scot, qui l'amena à dévier vers l'astrologie ; ainsi, dans les années qui suivirent son retour en Sicile après 1230, il ne pouvait faire un pas ou prendre une décision sans consulter ses astrologues »[7]. Il s'occupa de questions métaphysiques. Il n'hésita pas à poser des questions épineuses à un théologien musulman, Ibn Sabin, sur l'éternité de l'univers, les attributs fondamentaux de l'Être, l'immortalité de l'âme. Cette correspondance accentua la méfiance du pape envers lui[7]. Il accueille également le medecin Théodore d'Antioche[42]. Dans sa cour, nait l'École poétique sicilienne et le sonnet. Il conçoit la porte triomphale de Capoue qui témoigne de son intérêt pour l'architecture[25].

BilanModifier

 
Le tombeau de Frédéric II dans la cathédrale de Palerme, parmi les Hauteville.

Frédéric était un mécène des sciences et il gouvernait son État d'une manière radicalement nouvelle[43].

Excommunié par deux fois, Frédéric fut le principal adversaire à l’Eglise de Rome, sans être un ennemi de la religion catholique : spirituellement proche des Franciscains, il soutient les Cisterciens et l'expansion des Chevaliers Teutoniques[44].

Il indigna son époque en s'habillant parfois à l'orientale. Ses démêlés avec la papauté qui limitait son pouvoir lui firent écrire qu'il enviait que les califes fussent à la fois dirigeants spirituels et terrestres. Il entretenait une grande cour, constituée entre autres de nombreuses jeunes filles (esclaves astreintes à des travaux de couture, servantes, danseuses), si bien que ses adversaires (le pape principalement) lui reprochaient d'entretenir un harem[45]. Cette réputation est cependant fondée sur des mœurs discutables, Eraclès, des sources premières, notamment validées par René Grousset, rapportent l'abus dont fut victime sa première épouse puis le viol de la propre cousine de cette dernière par Frédéric II.

Il mit en place un système centralisé d'administration en Sicile[46] et tenta de le généraliser (avec moins de succès) en Germanie, où il dut octroyer de plus en plus d'indépendance aux princes locaux au fur et à mesure que son conflit en Lombardie se détériorait[10].

Les descendants de Frédéric, son fils légitime Conrad IV, le fils de ce dernier Conradin et son fils illégitime Manfred n'accédèrent pas à l'Empire. Le royaume de Sicile leur fut également enlevé par le pape, qui y installa Charles Ier d'Anjou. Ce fut la fin de la maison des Hohenstaufen de Souabe, qui laissa place aux Habsbourg et à l'essor des cités italiennes.

Toutefois la lignée se perpétua indirectement en Sicile, à travers les petits-fils de Manfred, enfants de sa fille Constance et de Pierre III d'Aragon, à savoir Jacques Ier de Sicile, puis son frère Frédéric II de Sicile et enfin les descendants de celui-ci, Pierre II, fils du précédent, Louis Ier, fils du précédent, Frédéric III, frère du précédent, Marie Ire, fille du précédent (maison d'Aragon en Sicile).

LégendeModifier

Aucun biographe n'a consacré d'ouvrages à Frédéric II de son vivant ou dans les années suivant sa mort. Les sources d'époque sont les écrits cléricaux qui lui sont majoritairement défavorables[44]. C'est cependant un moine, Matthieu Paris, qui le qualifie de Stupor Mundi (la « Stupeur du monde ») et de « prodigieux transformateur des choses ».

Dante le place en Enfer mais loue « la noblesse et la droiture » de l'empereur et son fils dans De vulgari eloquentia[44].

Au XIXe siècle, émerge l'image d'un souverain moderne mettant fin à la féodalité, prince de la Renaissance avant l'heure, à travers les écrits de Jacob Burckhardt (1860), Arnold Zweig (1924) et Ernst Kantorowicz (192.)[44]

AscendanceModifier

Les descendants de Frédéric IIModifier

 
Gravure de 1781 représentant le corps momifié de Frédéric II dans la cathédrale de Palerme.

Notes et référencesModifier

  1. Sa généalogie sur le site Medieval Lands.
  2. Patrice Beck, « Castel Fiorentino en Capitanante, domus de Frédéric II », dans Frédéric II (1194-1250) et l'héritage normand de Sicile, Presses universitaires de Caen, coll. « Colloques de Cerisy », (ISBN 978-2-84133-809-2, lire en ligne), p. 199–212
  3. Giovanni Villani, Cronica, Livre VI e. 1.].
  4. Ces mots sont de Matthew Paris.
  5. Marcel Brion, p. 231.
  6. Henri de Ziégler, Vie de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, R.-A. Corrêa, Paris, 1935, p. 215.
  7. a b c d e et f Pierre Racine, Professeur émérite de l'université Marc Bloch de Strasbourg, « Frédéric II entre légende et histoire », sur [1] (consulté le 16 février 2008).
  8. Georges Guibal, Arnaud de Brescia et les Hohenstaufen ou la question du pouvoir temporel de la papauté au Moyen Âge, Durand, 1868, p. 136.
  9. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 188.
  10. a b c et d Anne-Marie Flambard Héricher, « Du « Gamin d’Apulie » à la « Splendeur du Monde », les grandes étapes du règne de Fréderic II », dans Frédéric II (1194-1250) et l'héritage normand de Sicile, Presses universitaires de Caen, coll. « Colloques de Cerisy », (ISBN 978-2-84133-809-2, lire en ligne), p. 15–28
  11. Henri Bresc, « La chute des Hohenstaufen et l’installation de Charles Ier d’Anjou », dans Les princes angevins du XIIIe au XVe siècle : Un destin européen, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-2558-0, lire en ligne), p. 61–83
  12. Norwich, John Julius, (1929- ...), Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra (ISBN 979-10-210-2876-0, OCLC 1038053850, lire en ligne), p. 159-160
  13. Après la bataille de Bouvines, Philippe Auguste dicta des lettres qui vont apprendre la victoire au prince Louis, à la ville de Paris et à Frédéric II, et fait parvenir à ce dernier l'aigle dorée et le dragon impérial après avoir donné l'ordre de les réparer. Gérard Sivéry, Philippe Auguste, 2003, p. 294.
  14. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 192.
  15. Pierre-François-Félix-Joseph Giraud, Beautés de l'histoire d'Italie volume 1, Alexis Eymery, 1820, p. 276.
  16. Société Jean Bodin pour l'histoire comparative des institutions, La Monocratie, volume 1, De Boeck Université, 1970, p. 295.
  17. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 197.
  18. Suzanne Haldenwang, « Frédéric II et la Pouille », Bulletin de l'Association Guillaume Budé, vol. 1,‎ , p. 63-87 (lire en ligne, consulté le 3 mars 2018).
  19. John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Tallandier, 2018, p. 163.
  20. a et b John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Tallandier, 2018, p. 167-168.
  21. a et b Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 201.
  22. René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem - III. 1188-1291 L'anarchie franque, Paris, Perrin, (réimpr. 2006), 902 p., p=338-341.
  23. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 196-197
  24. Henri Bresc, « Genèse du jardin méridional : Sicile et Italie du sud xiie-xiiie siècles », dans Jardins et vergers : En Europe occidentale (viiie-xviiie siècles), Presses universitaires du Midi, coll. « Flaran », (ISBN 978-2-8107-0912-0, lire en ligne), p. 97–113
  25. a et b John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Tallandier, 2018, p. 176.
  26. Du latin Liber Constitutionum Regni Siciliæ ou encore Costitutiones Melphitanæ.
  27. a et b John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Tallandier, 2018, p. 166.
  28. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 203.
  29. John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Tallandier, 2018, p. 172-173.
  30. Cf. Siège d'Arles (1240).
  31. Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident Médiéval, Hachette, 1991, p. 320 ; traduction de la sentence de déposition dans Patrick Gilli et Julien Théry, Le gouvernement pontifical et l'Italie des villes au temps de la théocratie (fin-XIIe-mi-XIVe s.), Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2010, p. 73-90, disponible en ligne.
  32. John Julius Norwich, Histoire de la Sicile : de l'Antiquité à Cosa Nostra, Tallandier, 2018, p. 174.
  33. Anne Paulus et Baudouin Van den Abeele, Frédéric II de Hohenstaufen, L’art de chasser avec les oiseaux. : Traduction intégrale en français du traité de fauconnerie De arte venandi cum avibus, Nogent-le-Roi, J. Laget – LAME, 2000. (ISBN 9782854970685)
  34. Manuscrits et traités de chasse français du Moyen Âge. Recensement et perspectives de recherche.
  35. Frédéric II de Hohenstaufen, « L'art de chasser avec les oiseaux ». Persée (portail).
  36. Au Moyen Age, seigneurs et bourgeois pratiquent deux sortes de chasse : la chasse à courre et la volerie.
  37. La chasse au Moyen Âge : l’accomplissement d’un rituel, avec (déjà) un code de bonne conduite !. Michel Pastoureau.
  38. La Légende de Saint Hubert.
  39. (en) Giovanni Battista Tomassini, The Italian Tradition of Equestrian Art, Franktown, Virginia, USA, Xenophon Press, , 288 p. (ISBN 9780933316386), Naples, capiltal of Renaissance equitation (page 61)
  40. John Tolan et Philippe Josserand, Les relations des pays d'Islam avec le monde latin (milieu du Xe - milieu du XIIIe siècle), Éditions Bréal, 2000, p. 80.
  41. Au moins une dissection anatomique est attestée pour l'année 1302 : cf. Armelle Debru-Poncet (dir.), La Science classique : Dictionnaire critique, Bruxelles, Éditions Flammarion, (ISBN 2-08-211566-6), « Galénisme », p. 536.
  42. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 206.
  43. Psautier de Frédéric II.
  44. a b c et d Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 182-185.
  45. Ernst Kantorowicz, L'empereur Frédéric II, Paris, Gallimard, 1987, pp. 286, 288.
  46. Suzanne Haldenwang. Frédéric II et la Pouille. Persée (portail).
  47. Thomas Curtis Van Cleve, The Emperor Frederick II of Hohenstaufen: Immutator Mundi, Oxford, 1972, page 381.
  48. Selon Medlands, elle fut la première maîtresse de Frédéric II, alors roi de Sicile. On ignore son lignage exact mais le Thomas Tusci Gesta Imperatorum et Pontificum indique qu'elle était une nobili comitissa quo in regno Sicilie erat heres.
  49. Cf. Italian Biography in Wikipedia. Sa liaison avec Frédéric II prit place pendant le séjour de l'empereur en Germanie (entre 1215 et 1220). Selon certaines sources ([2]), elle était liée à la famille de Hohenburg sous le nom de Alayta von Vohburg (it : Alayta di Marano), mais l'hypothèse la plus communément acceptée fait d'elle la fille de Conrad d'Urslingen, comte d'Assise et duc de Spolète ([3]).
  50. Parfois mentionnée comme enfant illégitime issue de la famille des ducs de Spolète. Cependant plusieurs sources, dont Medlands (cf. supra), indiquent que Catarina était bien la fille d'Adélaïde d'Urslingen. Jacques Benoist-Méchin le confirme, cf. chapitre « Généalogies », p. 611 sq.
  51. Selon Medlands (qui se fonde sur le Europäische Stammtafeln), elle était l'épouse du comte Gottfried von Löwenstein et la fille d'un certain comte Berthold von Beilstein.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Ouvrages biographiquesModifier

  • H. de Ziegler, Vie de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, Paris, 1935.
  • Marcel Brion, Frédéric II de Hohenstaufen, Tallandier, 1948.
  • Georgina Masson, Frédéric II de Hohenstaufen, Albin Michel, 1963.
  • Pierre Boulle, L’Étrange Croisade de l’Empereur Frédéric II, Flammarion, 1968.
  • (en) Thomas Curtis Van Cleve, The Emperor Frederick II of Hohenstaufen, Immutator Mundi, Oxford, 1972.
  • Jacques Benoist-Méchin, Frédéric de Hohenstaufen ou le rêve excommunié, Perrin, 1980.
  • (en) David Abulafia, Frederick II. A Medieval Emperor, Allen Lane the Penguin Press, 1988.
  • Marcel Pacaut, Frédéric Barberousse, Fayard, coll. « Biographies Historiques (Nouv. éd. augm) », , 316 p. (ISBN 978-2-213-02754-8) 
  • (it) Claudio Rendina, Federico II di Svevia, Lo specchio del mondo, Newton Compton, Roma, 1995.
  • (de) Eberhard Horst, Friedrich der Staufer, Düsseldorf: Claassen, 1975 ; nouvelle édition Berlin: Ullstein, 1997.
  • Ernst Kantorowicz, L'Empereur Frédéric II, Editions Gallimard, coll. « Bibliothèque illustrée des histoires », , 657 p. (ISBN 978-2-07-070345-6) : remarquable ouvrage, plus qu'une légende... 
  • (de) Wolfgang Stürner, Friedrich II., 2 Bde., Darmstadt 1992 - 1997 (Gestalten des Mittelalters und der Renaissance).
  • (it) Carlo Fornari, Federico II, Un sogno imperiale svanito a Vittoria, Silva Editore, 1998.
  • Anne-Marie Flambart Héricher, Frédéric II (1194-1250) et l'héritage normand de Sicile (Actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 25-28 septembre 1997), Presses universitaires de Caen, 2000, 240 p.
  • Sylvain Gouguenheim, Frédéric II. Un empereur de légendes, Perrin, 2015.
  • (it) Carlo Ruta, Federico II e il suo tempo (con Ferdinando Maurici, Teresa Sardella e Ferdinando Raffaele), EdS, 2016.

Travaux connexesModifier

Ouvrages générauxModifier

  • (fr) Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Hachette, 1991.

FictionModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier