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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la capitale de l'Espagne. Pour les autres significations, voir Madrid (homonymie).

Madrid
Blason de Madrid
Héraldique
Drapeau de Madrid
Drapeau
Madrid
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Statut Municipalité
Communauté autonome Madrid Communauté de Madrid
Province Madrid
District judic. Madrid
Budget 4 761 578 658 euros (2018)
Maire
Mandat
José Luis Martínez-Almeida (PP)
2019-2023
Code postal 28001-28080
Démographie
Gentilé Madrileño/a, Matritense (es)
Madrilène (fr)
Population 3 223 334 hab. ()
Densité 5 302 hab./km2
Géographie
Coordonnées 40° 26′ 00″ nord, 3° 41′ 00″ ouest
Altitude 657 m
Superficie 60 800 ha = 608 km2
Rivière(s) Le Manzanares
Divers
Saint patron Isidore le Laboureur
Localisation
Localisation de Madrid

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Madrid
Liens
Site web www.madrid.es

Madrid /ma.dʁid/[1] Écouter (en espagnol : /maˈðɾið/[2]) est la capitale et la plus grande ville d'Espagne. Située en plein cœur du royaume, elle est également la capitale et la ville la plus peuplée de la Communauté de Madrid. En tant que capitale d'État, elle abrite la plupart des institutions politiques du pays, dont le Palais royal, le siège du gouvernement et le Parlement.

Comptant une population d'environ 3,2 millions d'habitants intra-muros sur une superficie totale de 604,3 km2, au sein d'une aire urbaine d'environ 6,5 millions d'habitants en 2014[3] en comptant sa population intra-muros, Madrid est la troisième ville de l'Union européenne, derrière Londres et Berlin.

Ville mondiale, elle abrite le siège de nombreuses institutions, dont l'Organisation mondiale du tourisme, l'Organisation des États Ibéro-américains, l'Académie royale espagnole et l'Institut Cervantes. Considérée comme l'une des principales places financières de l'Europe du Sud, elle partage le statut de cœur économique de l'Espagne avec Barcelone. Elle accueille le siège social des plus grandes entreprises du pays, comme Telefónica, Repsol ou Iberia.

Les bâtiments d'architecture récente côtoient des constructions de style néo-classique, telles que la porte d'Alcalá, la place de Cybèle ou la cathédrale de l'Almudena. Ville d'art, ses trois principaux musées, le musée du Prado, le musée Reina Sofía et le musée Thyssen-Bornemisza, comptent parmi les plus visités au monde[4]. En outre, Madrid abrite deux des plus grands clubs de football au monde, le Real Madrid et l'Atlético de Madrid.

Sommaire

GéographieModifier

SituationModifier

Très proche du centre géographique de la péninsule ibérique, la colline des Anges (Cerro de los Ángeles), à environ 50 km au sud de la Sierra de Guadarrama, la ville s'étend sur le plateau de la Meseta entre 600 et 700 m au-dessus du niveau de la mer. Située à une altitude de 657 m, Madrid est la deuxième plus haute capitale européenne, après Andorre-la-Vieille, qui s'élève à 1 013 m.

Nichée au sud de la Meseta centrale, la ville appartient au bassin hydrographique du Tage.

Madrid est, à vol d'oiseau, distante de 504 km de Barcelone, 391 km de Séville, 303 km de Valence et 350 km de la frontière française (Roncevaux, Communauté forale de Navarre).

Communes limitrophesModifier

HydrographieModifier

Le principal cours d'eau de Madrid est le Manzanares, qui traverse la ville du nord au sud en passant par le mont du Pardo où il alimente le barrage du même nom. C'est là qu'il reçoit les eaux des ruisseaux Manina et Tejada. Une fois le mont dépassé, la rivière poursuit son cours par la cité universitaire, puis brièvement par la Casa de Campo, où le ruisseau Meaques se jette dans son lit.

Le Manzanares baigne ensuite l'espace urbain, vers le pont du Roi, où il est rejoint par le ruisseau Leganitos et par une autre rue qui passe sous la rue de Ségovie. Puis c'est au tour du ruisseau de la Fuente Castellana de s'y fondre. Il sert ensuite de frontière entre plusieurs arrondissements de la capitale, laissant au sud-ouest la Latina, Carabanchel, Usera et Villaverde et, au nord-est, Centro, Arganzuela, Puente de Vallecas et Villa de Vallecas. À la limite entre Arganzuela et Puente de Vallecas, il reçoit les eaux de l'Abroñigal, dont le lit coïncide presque totalement avec le parcours de l'autoroute M-30, et celles du Butarque, non loin de l'arrondissement de Villaverde.

Lorsqu'il quitte la ville proprement dite, le Manzanares entre à Getafe par l'est, voyant ainsi le ruisseau Culebro le rejoindre. C'est à Rivas-Vaciamadrid qu'il se jette dans le Jarama.

ClimatModifier

 
Madrid sous la neige.

La ville de Madrid jouit d'un climat méditerranéen à influence continentale. La capitale est marquée par des hivers relativement modérés, avec des gels fréquents et de la neige occasionnelle. Durant cette période, les températures peuvent descendre jusqu'à −4 °C, tandis que les étés sont très chauds. Juillet et août affichent fréquemment des températures journalières supérieures à 30 °C.

La température moyenne à Madrid est de 14 °C, avec un maximum de 40,6 °C, enregistré au parc du Retiro le , et un minimum de −10,1 °C le .

Madrid reçoit peu de précipitations. Ces dernières s'établissent autour de 400 mm par an, atteignant leur minimum en été. La pluie ou la neige tombent en moyenne 49 jours par an. S'il tombe 56 mm de pluie en novembre et décembre, le mois d'août est le plus sec avec 10 mm.

Les températures sont relevées au niveau de trois stations de l'Agence d'État de la météorologie (AEMET), respectivement situées au parc du Retiro, à l'aéroport de Barajas et à celui de Cuatro Vientos.

Relevé météorologique de Madrid Parc de Buen Retiro
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,6 3,7 5,6 7,2 10,7 15,1 18,4 18,2 15 10,2 6 3,8 9,7
Température moyenne (°C) 6,1 7,9 10,7 12,3 16,3 21 24,8 24,4 20,5 14,6 9,7 7 14,6
Température maximale moyenne (°C) 9,7 12 15,7 17,5 21,4 26,9 31,2 30,7 26 19 13,4 10,1 19,4
Record de froid (°C) −10,1 −9,1 −5,1 −1,6 0,6 4,4 8,5 9,2 4 0,4 −3,4 −9,2 −10,1
Record de chaleur (°C) 19,9 22 26 30,1 34,3 38,8 39,5 40,6 37 30 22,7 18,6 40,6
Ensoleillement (h) 148 157 214 231 272 310 359 335 261 198 157 124 2 769
Précipitations (mm) 37 35 26 47 52 25 15 10 28 49 56 56 436
Nombre de jours avec précipitations 6 6 5 7 8 4 2 2 3 6 6 7 63
Source : [5]
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
9,7
2,6
37
 
 
 
12
3,7
35
 
 
 
15,7
5,6
26
 
 
 
17,5
7,2
47
 
 
 
21,4
10,7
52
 
 
 
26,9
15,1
25
 
 
 
31,2
18,4
15
 
 
 
30,7
18,2
10
 
 
 
26
15
28
 
 
 
19
10,2
49
 
 
 
13,4
6
56
 
 
 
10,1
3,8
56
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

UrbanismeModifier

 
Plan de Madrid par Pedro Teixeira (1656).
 
Plan de Madrid (1762).

Le centre historique de Madrid correspond à l'ancienne médina, construite sur un emplacement stratégique. À cette époque, elle permet en effet de dominer la vallée du Manzanares, traversable à gué à cet endroit. L'extension de la ville originelle est limitée par la rivière ainsi que par un fossé aujourd'hui occupé par la rue de Ségovie. Au nord s'élève la forteresse musulmane (alcazaba) et au sud s'étendent les quartiers mozarabe et juif.

Lorsque Philippe II hisse Madrid au rang de capitale, elle n'est pas apte à recevoir la Cour et l'ensemble des administrations afférentes. Conjointement avec les autorités locales, la Couronne établit un règlement intitulé Carga de Aposento qui stipule que tout propriétaire d'un bâtiment de plus d'un étage doit céder l'un de ses niveaux pour le logement des fonctionnaires et du personnel de la Cour. Mécontents de cette décision, de nombreux Madrilènes réagissent en faisant construire les fameuses casas a la malicia. Il s'agit de demeures ne comportant qu'un seul véritable étage, de sorte que leur propriétaire n'a pas à obtempérer audit règlement. Cette façon de contourner la loi a pour conséquence un rapide étalement urbain qui se réalise en une quarantaine d'années. Ce phénomène, par la suite conjugué à une nouvelle croissance en hauteur des bâtiments, configure l'essentiel de la morphologie de Madrid jusqu'au XIXe siècle.

L'inévitable développement urbain se voit limité par le cours du Manzanares et Madrid doit par conséquent s'étendre vers l'est. À partir du règne de Charles III, les artères qui débouchent sur l'actuel Prado deviennent des espaces de divertissement et de villégiature de l'aristocratie. C'est d'ailleurs à cette époque que la Couronne conçoit le paseo del Prado, premier tronçon d'un axe nord-sud qui s'étend aujourd'hui jusqu'au paseo de la Castellana.

La croissance galopante du XVIe siècle ne laisse pas le loisir d'aménager des places publiques et c'est pourquoi le règne de Joseph Ier est caractérisé par l'ouverture de semblables espaces. Cette intense activité urbanistique lui vaut le surnom de Pepe Plazuelas (littéralement « Jojo placettes »).

Pendant plusieurs siècles, la ville connaît peu de nouvelles extensions et il faut attendre l'œuvre du marquis de Salamanca, au XIXe siècle, pour que la capitale fasse l'objet d'un vaste programme de construction. Après avoir abattu la muraille de Philippe IV, l'architecte Carlos María de Castro fait réaliser de nouveaux quartiers au nord de la ville, vers l'actuel périphérique M-20. Au début du XXe siècle, l'urbaniste Arturo Soria fait bâtir sa célèbre Cité linéaire. Cette époque est également propice au percement de grandes avenues, dont l'exemple le plus célèbre est la Gran Vía.

Le périphérique M-30 définit le centre de la capitale, surnommé « amande centrale » (almendra central). Au-delà, Madrid comprend pour l'essentiel d'anciennes communes annexées après la guerre civile. Il s'agit également de quartiers nouveaux édifiés sur d'anciens terrains agricoles ou en remplacement de bidonvilles.

Après la guerre civile, le développement urbain se poursuit (Orcasitas, San Blas, El Pilar, etc.) dans le cadre d'une certaine spéculation immobilière qui laisse peu de place à la planification à long terme. Pour preuve, Madrid comprend 300 000 logements inoccupés en 2019[6].

ToponymieModifier

La plus ancienne attestation de nom de la ville remonte à 932 dans un document latin, Ad civitatem quae dicitur Magerit. Selon l'orientaliste Jaime Oliver Asín, le terme de Magerit était également connu en castillan ancien. Ce vocable, qui doit se prononcer Maŷriţ ou Maǧrīţ, serait à rapprocher de l'arabe Madǧra (مَجْرَى), mot qui désigne un ruisseau, un canal ou un aqueduc[7],[8]. Un des deux pluriels de ce nom est Madǧriat (مجريات), terme qui fait référence à un cours d'eau avec des ruisseaux. Au XIIe siècle, le toponyme évolue vers Madrit puis vers Madrid, dénomination attestée au XIVe siècle[9].

D'autres étymologies existent, ainsi celle qui rapproche ce nom du terme madroño, qui désigne l'arbousier en espagnol. Cet arbre, présent sur les armoiries de la ville, était vraisemblablement le seul qui poussait dans la région à l'époque où le roi Alphonse VI s'en empara, au milieu du XIe siècle.

HistoireModifier

Article détaillé : Histoire de Madrid.

Moyen ÂgeModifier

 
Vestiges de la fortification musulmane.

Fondée par l'émir cordouan Muhammad Ier vers la fin du IXe siècle, Madrid remplit le rôle d'une forteresse protégeant Tolède, l'antique capitale wisigothe. En 1047, le roi Ferdinand Ier de Castille entre dans Madrid, mais jugeant le lieu peu intéressant, il l'échange contre un tribut au roi de Tolède.

Madrid appartient définitivement au royaume de Castille quand Alphonse VI prend la ville de Tolède en 1085. Mais en 1109, La ville est détruite par les Almoravides qui ne sont expulsés définitivement de la région qu'en 1132, après la victoire d'Alphonse VII à Villarrubia de los Ojos. Madrid étend progressivement sa domination sur d'autres villes comme Ségovie.

Au cours des siècles suivants, le développement de la ville se poursuit, avec notamment la construction d'édifices religieux.

Les Cortes de Castille se tiennent pour la première fois à Madrid en 1309 sous le règne de Ferdinand IV. Elles ont de nouveau lieu en 1329, 1339, 1391, 1393, 1419 et deux fois en 1435. Après l'unification des royaumes d'Espagne sous une couronne commune, les Cortes sont convoquées à Madrid avec une plus grande fréquence.

Au XVe siècle, sous les règnes de Jean II et d'Isabelle la Catholique, de nouvelles règles d'urbanisme sont édictées et obligent, entre autres, Madrid à se doter de rues pavées.

La maison de HabsbourgModifier

Lors de la guerre des Communautés de Castille, menée par Juan de Zapata, Madrid rejoint le soulèvement contre Charles Quint et les révoltés prennent la forteresse de la ville le . Cependant, après la défaite des comuneros à Villalar, la ville est assiégée et occupée par les troupes royales à la mi-mai 1521.

En 1525, le roi de France François Ier est fait prisonnier lors de la bataille de Pavie par l'armée de Charles Quint. Il est emprisonné à Madrid durant un an dans la tour des Lujanes. Un traité de paix est signé entre les deux puissances et François Ier peut rentrer en France, laissant à Madrid ses deux fils comme garantie jusqu'à l'accomplissement des clauses dudit traité.

En 1547, le prince héritier Philippe crée la Puerta del Sol et dix ans plus tard, la princesse Jeanne, sa sœur, fonde le couvent de religieuses franciscaines des Déchaussées royales.

En juin 1561, alors que la ville compte déjà 30 000 habitants, Philippe II transporte la cour de Tolède à Madrid, l'installant dans l'antique alcazar. Il fait ainsi de la ville la capitale du royaume d'Espagne[10].

Madrid perd provisoirement son titre de siège du pouvoir royal quand Philippe III décide le d'installer la cour à Valladolid. Cependant, face au mécontentement populaire, la ville retrouve son statut de capitale de l'Espagne le [11].

Le XVIIe siècle est marqué par de grands travaux d'aménagement comme la création de la Plaza Mayor et du palais du Buen Retiro.

Avec l'installation définitive de la Cour à Madrid, sa population commence à augmenter de manière significative. En 1625, Philippe IV fait abattre les murailles de la ville, déjà dépassées par l'urbanisation, et fait édifier une nouvelle enceinte exclusivement pour des raisons fiscales. Les fonctions du gouvernement sont centralisées dans l'Alcázar royal, un ensemble de bâtiments situés sur le terrain occupé plus tard par le palais royal et la place d'Orient.

Dans le même temps, le palais du Buen Retiro fait l'objet d'une extension connue sous le nom de Casón del Buen Retiro.

La maison de BourbonModifier

 
La Plaza Mayor lors de l'entrée de Charles III dans Madrid, par Lorenzo Quirós en 1760.
 
Vue de Madrid, par Francisco Goya, 1788, musée du Prado.

En 1700, Madrid voit arriver Philippe V, le premier roi de la dynastie des Bourbons,

Le changement de dynastie donne une nouvelle impulsion à la capitale. Au goût des Bourbons, celle-ci est sombre, parcourue de rues étroites et encombrées, sans système d'égout. Il s'agit pour eux d'élever la ville au rang d'autres capitales européennes.

Le , un incendie détruit l'Alcázar, symbole de la dynastie des Habsbourg en Espagne (événement malheureux à l'origine de la disparition d'un tiers de la collection royale de peintures). Philippe V décide de la construction d'un nouveau palais royal dont la première pierre est posée dès le .

En outre, le monarque soutient l'édification de diverses infrastructures (ponts, hôpitaux, parcs, fontaines, bâtiments à usage scientifique) et promeut des ordonnances relatives à l'assainissement.

La Casa de Correos (« maison de la Poste »), actuel siège du gouvernement de la communauté autonome de Madrid, est édifiée à partir de 1766 sous l'impulsion de Charles III. Le parc du Buen Retiro est ouvert au public l'année suivante.

L'aménagement du quartier du Prado dans le dernier tiers du XVIIIe siècle laisse un héritage architectural remarquable, notamment composé des fontaines de Neptune, de Cybèle et d'Apollon, du Jardin botanique royal et de l'Observatoire royal. Le cours des Récollets bénéficie également de ces travaux.

La guerre d'indépendanceModifier

Le , le peuple de Madrid se soulève contre les troupes françaises stationnées sur place, ce qui marque le début de la campagne d'Espagne de Napoléon Ier, qui installe son frère Joseph sur le trône espagnol. Ladite révolte est immortalisée par Francisco de Goya dans un célèbre tableau, tout comme l'est la répression effectuée par les Français le 3 mai.

Le roi Joseph lance des projets visant à réaménager et aérer le centre de la ville. Il projette en effet plusieurs places majeures comme celle d'Orient ou Sainte-Anne. Il fait également transférer les cimetières à l'extérieur de la ville[12]. En 1812, il doit cependant fuir Madrid après la bataille de Majadahonda et les troupes françaises sont expulsées d'Espagne un an plus tard. Le , Ferdinand VII fait une entrée triomphale dans les rues de Madrid.

Restauration des BourbonsModifier

 
Théâtre royal de Madrid.

Les processus successifs de désamortissement modifient radicalement le système de propriété immobilière. Ils favorisent également la concentration des collections artistiques en un seul lieu (musée de la Trinité, futur musée du Prado, ouvert en 1819) ainsi que le rapprochement de l'université d'Alcalá de Henares, qui devient par la suite l'Université complutense.

Le , un soulèvement de la Garde royale est étouffé après des affrontements au Prado et sur la Plaza Mayor. Le , le général Riego est pendu, puis décapité[13].

En 1831, la ville ouvre une des premières bourses de valeurs d'Europe[14], cinq ans après l'inauguration du palais Brongniart à Paris. Cette période correspond en effet à un accroissement démographique et économique qui fait disparaître la ville pré-industrielle.

Le règne d'Isabelle II est marqué par l'entrée de la ville dans l'ère technologique moderne, avec notamment l'ouverture des premières lignes de chemin de fer en Espagne, qui s'organisent peu à peu en étoile autour de la capitale. Cette dernière se dote logiquement de gares permettant d'accueillir les voyageurs — Atocha, Delicias et du Nord (aujourd'hui Príncipe Pío). Le premier trajet ferroviaire depuis Madrid ouvre le et mène jusqu'à Aranjuez. Les travaux du canal Isabelle-II, vaste réseau d'adduction et d'épuration des eaux, commencent la même année.

Un semblable mouvement de modernisation peut également être observé dans le domaine artistique avec l'inauguration du Théâtre royal le . En matière littéraire, les bouleversements de l'époque stimulent la créativité d'auteurs comme Ramón de Mesonero Romanos. Ce dernier est célèbre pour ses tableaux de genre de la vie à Madrid typiques du costumbrismo. Par ailleurs, un travail de conservation du patrimoine littéraire est engagé avec la création de la Bibliothèque nationale en 1866.

En 1868, la muraille de Philippe IV est complètement abattue, ce qui permet aux plans d'urbanisme modernes de voir le jour. C'est notamment le cas du projet de Carlos María de Castro dès 1860 et surtout de celui de José de Salamanca. De telles planifications s'inscrivent de façon générale dans le mouvement des ensanches, ces extensions urbaines rationnelles et ordonnées, à l'image de l'Eixample à Barcelone[15].

De la révolution de 1868 à la guerre civileModifier

 
Cathédrale de l'Almudena.

Après la révolution de 1868, la volonté de modernisation des autorités ne faiblit pas, comme en témoignent la création de la Caisse d'épargne et Mont de piété en 1870, ou encore l'apparition l'année suivante des premiers tramways hippomobiles qui sont électrifiés en 1898.

Les grands travaux se poursuivent. L'édification de la cathédrale de l'Almudena commence le . De son côté, l'architecte Carlos Velasco Peinado présente son projet de Gran Via qui reproduit, avec son quartier des affaires, le goût autrichien pour l'architecture grandiose. Comme toutes les grandes capitales européennes, Madrid se dote d'un métro dont la première ligne ouvre en 1919.

Le tournant entre le XIXe et le XXe siècle se caractérise à Madrid par contestation des autorités en place qui va jusqu'à l'organisation d'attentats. Ainsi le le couple royal (Alphonse XIII et Victoire Eugénie) sort-il indemne d'une attaque dans la Calle Mayor. Le , c'est au tour du président du Conseil, José Canalejas, d'être assassiné sur la Puerta del Sol par l'anarchiste Manuel Pardiñas. Enfin, le , l'un de ses successeurs, Eduardo Dato, est tué place de l'Indépendance.

Cela n'empêche pas la pensée scientifique de se développer dans la ville et de rayonner à l'international. À titre d'exemple, le , Madrid reçoit la visite d'Albert Einstein, qui participe à plusieurs conférences à l'université, à l'Athénée et à l'Académie royale. À cette occasion, il est reçu par la famille royale.

 
Les arènes de Las Ventas.

La fin des années 1920 et le début des années 1930 voient de plus l'inauguration de lieux emblématiques de la capitale tels que les arènes de Las Ventas et l'aéroport de Barajas.

Toutefois, l'époque est surtout restée dans les livres d'histoire par la proclamation de la Seconde République espagnole à Madrid le . Cet événement fait suite à la victoire des républicains aux élections municipales deux jours plus tôt.

Guerre civileModifier

Le début de la guerre civile qui entraîne le renversement de la République ne permet pas aux nationalistes, dont les premiers mouvements sont écrasés par les forces armées loyalistes, de conquérir Madrid. Les autorités locales décident alors de réprimer les opposants au régime républicain par le biais d'exécutions sommaires de prisonniers qui suivent les sacas de presos. Elles tentent d'obtenir des informations sur le camp franquiste en ayant recours aux arrestations et à la torture, notamment dans le cadre de checas (lieux illégaux d'interrogatoire). Une des plus célèbres d'entre elles se trouve dans les sous-sol du Cercle des Beaux-Arts.

De fait, dans la capitale, des tensions précèdent déjà le déclenchement du conflit. Ainsi le lieutenant de la Guardia de Asalto (corps de police républicain) José Castillo est-il assassiné le 12 juillet, puis, quelques heures plus tard, le député monarchiste José Calvo Sotelo. De même, le 17 juillet, des manifestants exigent la distribution d'armes devant les rumeurs de renversement de la République.

Le 27 août, Madrid est bombardée par les troupes rebelles. Pour faire face aux combats, la première junte de défense de la ville est créée le 8 octobre, puis le gouvernement décide de quitter Madrid le 6 novembre pour établir la capitale de la République à Valence. Le lendemain commence la bataille de Madrid.

En tant que bastion républicain, la capitale se défend contre les attaques rebelles pendant plus de deux ans, ce qui pousse les troupes franquistes à la contourner. Toutefois, après la chute du gouvernement, qui s'est réfugié en Catalogne en octobre 1937, Madrid dépose les armes au début de 1939. La chute de la ville marque la victoire finale des nationalistes.

Régime de FrancoModifier

Article détaillé : Espagne franquiste.

De 1948 à 1954, Madrid va intégrer dans son aire métropolitaine les communes limitrophes de la capitale.

Le , le zoo de Madrid est inauguré à la Casa de Campo.

Le , l'organisation séparatiste basque ETA assassine le président du Gouvernement, Luis Carrero Blanco dans la rue Claudio Coello.

Deuxième restauration des BourbonsModifier

 
Monument édifié face à la gare d'Atocha en mémoire des victimes des attentats du 11 mars 2004.

Deux ans plus tard, Francisco Franco meurt le 20 novembre 1975 à la suite d'une grave maladie. Juan Carlos est proclamé roi d'Espagne, et le 27 décembre 1978 il signe la nouvelle Constitution faisant de l'Espagne une monarchie constitutionnelle. La Constitution entre en application deux jours plus tard.

En 1981, le colonel Antonio Tejero Molina prend d'assaut le Congrès des députés, mais le roi, soutenu par la population espagnole, s'oppose fermement au coup d'État.

En 1992, Madrid porte le titre de capitale européenne de la culture.

Le 11 mars 2004, la ville est frappée par des attentats islamistes qui causent la mort de 191 personnes.

Ces trois dernières décennies, Madrid s'est affirmée comme l'une des grandes capitales européennes tant sur le plan économique que culturel, avec un très grand dynamisme et une forte croissance.

Politique et administrationModifier

Statut de capitaleModifier

Bien qu'elle soit la résidence de la cour depuis 1561, la ville n'a obtenu le statut juridique de capitale qu'avec l'avènement de la Seconde République et la promulgation de sa Constitution. Historiquement, Madrid n'a jamais joui officiellement du titre de ciudad (« ville »), ayant dû se contenter de celui de villa (« bourgade »). Sous la dictature franquiste, la loi du relative au régime spécial de Madrid confirme le statut de capitale, décision définitivement entérinée par la constitution de 1978. En 2006, le Parlement national adopte la loi relative au statut de capitale et au régime spécial de Madrid[16].

En vertu de ce statut, elle héberge le Palais royal, le siège du gouvernement, le Parlement, le Tribunal suprême et le Tribunal constitutionnel.

Administration municipaleModifier

La mairie (Ayuntamiento), qui administre la ville, comprend deux branches. La branche législative, appelée Assemblée plénière (Pleno), se compose de 57 conseillers élus au scrutin proportionnel pour quatre ans. La branche exécutive, quant à elle, appelée Junta de Gobierno, réunit le maire (Alcalde), ses adjoints (Tenientes de Alcalde) ainsi que d'autres conseillers.

Pour l'année 2018, le budget de la ville s'élève à la somme de 4 761 578 658 euros[17].

Le maireModifier

Comme dans les autres villes espagnoles, le maire est élu par les membres de l'Assemblée et nomme ses adjoints. À la différence des autres communes d'Espagne, il peut ne pas présider le Pleno, lequel élit son propre président.

Actualités politiquesModifier

Selon le quotidien Le Monde, plus de 2,7 millions de madrilènes ont été invités par la ville en 2017 à participer à un vote concernant les moyens de déplacement alternatifs dans leur ville. Ces différentes réformes visent à favoriser le déplacement à pied, en vélo ou encore en transports en commun[18].

Maires et conseils municipaux depuis 1979Modifier

Article détaillé : Liste des maires de Madrid.
Date de l'élection Répartition des sièges Maire Parti
UCD : 25 ; PSOE : 25 ; PCE : 9 Enrique Tierno Galván PSOE
PSOE : 30 ; AP-PDP-UL : 23 ; PCE : 4 Enrique Tierno Galván
Juan Barranco (1986)
PSOE
PSOE
PSOE : 24 ; AP : 20 ; CDS : 8 ; IU : 3 Juan Barranco
Agustín Rodríguez Sahagún (1989)
PSOE
CDS
PP : 30 ; PSOE : 21 ; IU : 6 José María Álvarez del Manzano PP
PP : 30 ; PSOE : 16 ; IU : 9 José María Álvarez del Manzano PP
PP : 28 ; PSOE : 20 ; IU : 5 José María Álvarez del Manzano PP
PP : 30 ; PSOE : 21 ; IU : 4 Alberto Ruiz-Gallardón PP
PP : 34 ; PSOE : 18 ; IU : 5 Alberto Ruiz-Gallardón PP
PP : 31 ; PSOE : 15 ; IU-LV : 6 ; UPyD : 5 Alberto Ruiz-Gallardón
Ana Botella (2011)
PP
PP
PP : 21 ; AM : 20 (dont 10 pour le PCE) ; PSOE : 9 ; C's : 7 Manuela Carmena AM
MM : 19 ; PP : 15 ; C's : 11 ; PSOE : 8 ; Vox : 4 José Luis Martínez-Almeida PP

Arrondissements et quartiersModifier

 
Quartiers de Madrid.

Madrid est divisée en 21 arrondissements (distritos), subdivisés en 129 quartiers (barrios).

Article détaillé : Subdivisions de Madrid.
  1. Centre : Palacio, Embajadores, Cortes, Justicia, Universidad, Sol.
  2. Arganzuela : Paseo Imperial, Acacias, Chopera, Legazpi, Delicias, Palos de la Frontera, Atocha.
  3. Retiro : Pacífico, Adelfas, Estrella, Ibiza, Jerónimos, Niño Jesús.
  4. Salamanca : Recoletos, Goya, Fuente del Berro, Guindalera, Lista, Castellana.
  5. Chamartín : El Viso, Prosperidad, Ciudad Jardín, Hispanoamérica, Nueva España, Pza. Castilla.
  6. Tetuán : Bellas Vistas, Cuatro Caminos, Castillejos, Almenara, Valdeacederas, Berruguete.
  7. Chamberí : Gaztambide, Arapiles, Trafalgar, Almagro, Vallehermoso, Ríos Rosas.
  8. Fuencarral-El Pardo : El Pardo, Fuentelarreina, Peñagrande, Barrio del Pilar, La Paz, Valverde, Mirasierra, El Goloso.
  9. Moncloa-Aravaca : Casa de Campo, Argüelles, Ciudad Universitaria, Valdezarza, Valdemarín, El Plantío, Aravaca.
  10. Latina : Los Cármenes, Puerta del Ángel, Lucero, Aluche, Las Águilas, Campamento, Cuatro Vientos.
  11. Carabanchel : Comillas, Opañel, San Isidro, Vista Alegre, Puerta Bonita, Buenavista, Abrantes.
  12. Usera : Orcasitas, Orcasur, San Fermín, Almendrales, Moscardó, Zofio, Pradolongo.
  13. Puente de Vallecas : Entrevías, San Diego, Palomeras Bajas, Palomeras Sureste, Portazgo, Numancia.
  14. Moratalaz : Pavones, Horcajo, Marroquina, Media Legua, Fontarrón, Vinateros.
  15. Ciudad Lineal : Ventas, Pueblo Nuevo, Quintana, La Concepción, San Pascual, San Juan Bautista, Colina, Atalaya, Costillares.
  16. Hortaleza : Palomas, Valdefuentes, Canillas, Pinar del Rey, Apóstol Santiago, Piovera.
  17. Villaverde : San Andrés, San Cristóbal, Butarque, Los Rosales, Los Ángeles (Villaverde).
  18. Villa de Vallecas : Casco Histórico de Vallecas, Santa Eugenia.
  19. Vicálvaro : Casco Histórico de Vicálvaro, Ambroz.
  20. San Blas : Simancas, Hellín, Amposta, Arcos, Rosas, Rejas, Canillejas, Salvador.
  21. Barajas : Alameda de Osuna, Aeropuerto, Casco Histórico de Barajas, Timón, Corralejos.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution 1897 - 2011
Année Total
Commune
Total
province
Pourcentage
(%)
1897 542 739 730 807 74,27
1900 575 675 773 011 74,47
1910 614 322 831 254 73,90
1920 823 711 1 048 908 78,53
1930 1 041 767 1 290 445 80,73
1940 1 322 835 1 444 134 84,04
1950 1 553 338 1 823 418 85,19
1960 2 177 123 2 510 217 86,73
1965 2 793 510 3 278 068 85,22
1970 3 120 941 3 761 348 82,97
1975 3 228 057 4 319 904 74,73
1981 3 158 818 4 686 895 67,40
1986 3 058 812 4 780 572 63,98
1991 3 010 492 4 647 555 64,78
1996 2 866 850 5 022 289 57,08
2001 2 938 723 5 423 384 54,19
2003 3 092 759 5 718 942 54,08
2006 3 250 334 6 161 680 52,75
2011 3 277 034 6 271 638 52,25

La population de Madrid a connu une lente augmentation entre 1877 et 1960 en raison de l'incorporation de diverses communes limitrophes : La Alameda, Aravaca, Barajas de Madrid, Canillas, Canillejas, Carabanchel Alto, Carabanchel Bajo, Chamartín de la Rosa, Fuencarral, Hortaleza, El Pardo, Vallecas, Vicálvaro et Villaverde. Avec l'industrialisation et l'exode rural, la population explose à partir des années 1960. Elle triple ainsi entre le recensement de 1940 et celui de 1970, ce qui, conjugué à l'absence de plans d'urbanisation, entraîne la création de zones résidentielles anarchiques et de bidonvilles, principalement au sud de la capitale. Les services publics fondamentaux ne s'y installent que plusieurs années après[19].

Dès les années 1970, la croissance profite aux communes suburbaines et Madrid perd des habitants. Il faut attendre 1995 pour que la croissance de la population municipale reprenne, principalement grâce à l'immigration étrangère[20]. Ainsi, selon les données officielles du , la population atteint environ 3,3 millions d'habitants contre 2,9 millions selon le recensement de 2001.

En janvier 2006, l'aire urbaine de Madrid, qui s'étale aussi sur la Castille-La Manche et la Castille-et-León, compte environ 7 millions d'habitants et la Communauté, plus de 6 millions.

En 2008, 16,9 % des Madrilènes ne sont pas originaires d'Espagne. Depuis le milieu des années 1990, en effet, la communauté de Madrid, plus encore que le reste du pays, voit arriver des milliers d'immigrants d'Afrique (notamment du Maroc), d'Amérique latine (notamment d'Équateur, de Colombie et de Bolivie), d'Europe de l'Est (notamment de Roumanie et de Bulgarie) et d'Asie (notamment de Chine et du Pakistan).

Tableau des résidents étrangers à Madrid en 2015.

Pays de naissance Population
  Équateur 104 184
  Roumanie 52 875
  Bolivie 44 044
  Colombie 35 971
  Pérou 35 083
  Chine 34 666
  Maroc 32 498
  République dominicaine 19 602
  Brésil 14 583
  Paraguay 14 308
  Italie 14 134
  Philippines 10 522
  Uruguay 9 534
  Bulgarie 8 420
  Grèce 5 658
  Turquie 3 393

Lieux d'intérêtModifier

Alonso MartínezModifier

 
Place Colomb.

Le quartier s'étend entre la vaste place Colomb, qui honore Christophe Colomb, et la place Alonso Martínez. Il est bordé à l'est par le cours des Récollets et au sud par Chueca. C'est un quartier calme au charme discret, étroitement surveillé car il abrite les plus hautes institutions judiciaires espagnoles (le Tribunal suprême, l'Audience nationale — où sont jugées les grandes affaires criminelles, notamment celles liées au terrorisme basque ou islamique — et le Conseil général du pouvoir judiciaire) ainsi que le ministère de l'Intérieur, le siège du Parti populaire, l'Institut français de Madrid.

AtochaModifier

 
Gare d'Atocha.

Ce quartier doit son nom à l'ancien ermitage d'Atocha, aujourd'hui basilique. Ici se trouve la gare Renfe d'Atocha, qui est la plus ancienne de Madrid et la plus grande d'Espagne. Construite en 1851, elle est célèbre pour son hall, qui abrite un jardin tropical, et, plus tragiquement, pour avoir été le point de convergence des trains de banlieue (cercanías) frappés par les attentats du 11 mars 2004. Un monument érigé à la mémoire des victimes, prend la forme d'un grand cylindre de verre. En face de la gare, s'élève le Centre d'Art Reina Sofía, musée national d'art contemporain qui abrite des pièces maîtresses de Juan Gris, Joan Miró, Salvador Dalí et Pablo Picasso, dont le fameux Guernica.

AZCA / Nuevos MinisteriosModifier

C'est le quartier d'affaires de Madrid, où s'élèvent notamment les tours Picasso et Europa, ainsi que l'immeuble de BBVA.

Un grand magasin de la chaîne El Corte Inglés y est présent. Depuis la station de métro Nuevos Ministerios, la ligne 8 rejoint tous les terminaux de l'aéroport.

 
Tour Picasso dans le centre des finances AZCA de Madrid.

ChuecaModifier

Quartier très animé lors de la Movida madrilène, Chueca avait été déserté dans les années 1980, devenant un repaire d'héroïnomanes. Ayant bénéficié, depuis, de l'évolution urbaine et d'une politique de réhabilitation de la municipalité, Chueca est devenu un quartier branché d'avant-garde, où restaurants, bars et discothèques côtoient les boutiques de mode. C'est aujourd'hui le quartier gay de la ville. Organisé autour de la plaza Chueca, petite place haute en couleurs, il est séparé du quartier voisin de Malasaña par deux rues commerçantes très animées, la calle de Fuencarral et la calle de Hortaleza, bordées de nombreux magasins de jeunes stylistes, d'objets design ou de musique électronique.

Las CortesModifier

Quartier petit mais dense en bâtiments abritant d'importantes institutions, qui fait la jonction entre Sol et le Prado, le long de la carrera de San Jerómino. Le bâtiment le plus notable est celui du Congrès des députés (Congreso de los Diputados). Le musée Thyssen-Bornemisza se situe dans le périmètre, ainsi que la Banque d'Espagne, le Círculo de Bellas Artes, le théâtre de la Zarzuela ou encore le grand hôtel Palace.

Gran VíaModifier

La « grand-rue » est l'avenue la plus importante du centre historique, regroupant actuellement de nombreux centres de services : cinémas, théâtres, hôtels, grands magasins, banques, ainsi que le siège central de Telefónica.

 
Croisement Gran Vía et rue d'Alcala
 
Gran Vía

En 1886, l'architecte Carlos Velasco Peinado proposa un projet de « Gran Via » à la municipalité, entre la calle Alcalá et la place San Marcial, actuelle place d'Espagne. En 1898, la municipalité demanda aux architectes Francisco Andrés Octavio et Jose Lopez Sallavery d'étudier un projet de prolongement de la rue Preciados, approuvé en 1901[21].

Les premiers travaux pour sa construction débutèrent par la pose de la première pierre par le roi Alphonse XIII le 4 avril 1910, selon un plan d'aménagement de la ville de 1862[22]. Avec ce grand projet d'urbanisme, s'inspirant de New York, s'affirma un style néo-classique madrilène établi par des architectes comme Antonio Palacios, Muguruza et Zuazo.

Durant la guerre civile, de nombreux bâtiments furent la cible des bombardements aériens ou de l'artillerie Franquiste et dont les traces de balle sont encore visibles sur de nombreux édifices. Pendant la dictature elle porta le nom d’« avenue José Antonio » en hommage à José Antonio Primo de Rivera, puis elle retrouva son nom originel après la mort de Franco.

LavapiésModifier

Officiellement dénommé Embajadores, c'était au XVe siècle le quartier juif de Madrid. Aujourd'hui c'est un quartier populaire, accueillant de nombreux immigrés et des restaurants du monde entier. Le mélange cosmopolite attire aussi une population bohème d'artistes et de madrilènes à contre-courant. Les épiceries y proposent des ingrédients de toutes les cuisines du monde. On y trouve aussi de nombreux théâtres, des squats et des centres culturels tels que la casa encendida ou la salle de projection de la cinémathèque espagnole, le Cine Doré. Le fragile équilibre interethnique y est menacé par la forte pression spéculative des promoteurs immobiliers et la politique de « dépaupérisation » du centre-ville lancé par la mairie de Madrid. Malgré cela, le quartier continue toujours à souffrir d'une certaine réputation d'insécurité.

La LatinaModifier

Quartier du centre historique, qui se déplie en petites rues tortueuses au sud de la plaza Mayor, de part et d'autre de la calle Mayor. Très fréquentée par les étudiants pour son charme, sa douceur de vivre et ses bars à tapas, la Latina entre en effervescence chaque dimanche matin à l'occasion du Rastro, le marché aux puces de Madrid, dont la tradition remonte à plusieurs siècles. C'est un immense marché en plein air où touristes et Madrilènes s'agglutinent en fin de matinée, autant pour y dénicher d'insolites objets que pour profiter de son ambiance festive.

MalasañaModifier

Originellement dénommé Maravillas, le quartier fut ensuite adopté sous le nom officiel de Malasaña. Manuela Malasaña était une jeune fille de la calle de San Andrés, tuée lors du soulèvement du dos de mayo sous l'occupation napoléonienne en 1808. Le quartier est aussi souvent désigné sous le nom de Tribunal.

Lieu incontournable de la vie nocturne madrilène, organisé autour de la plaza del Dos de Mayo et de la station de métro Tribunal, Malasaña est un quartier vivant et bigarré, dont les rues étroites abritent d'innombrables bars et discothèques attirant une clientèle jeune et animée, principalement étudiante. Le mouvement de la movida est né dans ces rues et dans des locaux qui existent toujours tels que la Via Lactea ou la Nueva Visión.

SalamancaModifier

 
Vue du quartier de Salamanca depuis la tour BBVA.

Ce vaste quartier doit son nom à son promoteur, le marquis de Salamanca, qui le fit ériger ex nihilo au XIXe siècle. Aujourd'hui, c'est le quartier huppé de la capitale espagnole, où résident les classes aisées. Il est délimité par le paseo de la Castellana (Ouest), la calle de Joaquín Costa (nord), la plaza Manuel Becerra (est) et le parc du Retiro (sud). La calle de Goya, la calle de Velázquez et la calle de Serrano (la rue la plus chère de Madrid) en sont les principales artères. Les larges avenues organisées en damier de Salamanca tranchent avec l'imbroglio de petites rues qui forme les autres quartiers du centre de Madrid et sont bordées d'immeubles résidentiels de haut standing, de palaces et de magasins de luxe. C'est un quartier très élégant où il fait bon flâner et faire des emplettes (à condition d'en avoir les moyens) mais peu animé le soir venu. La résidence officielle de l'Ambassadeur de France en Espagne, une magnifique villa du début de XXe siècle, se situe au cœur de Salamanca, à l'intersection de la calle de Serrano et de la calle de María de Molina.

Puerta del SolModifier

 
Real Casa de Correos à Puerta del Sol.

La Puerta del Sol est située au centre de la ville et elle en symbolise le cœur. Elle est aussi le point kilométrique zéro des distances à Madrid, elle est au centre géométrique du pays. En 2011, à la suite d'une manifestation le 15 mai à l'appel du mouvement ¡Democracia Real Ya! (Une vraie démocratie, maintenant), de nombreux manifestants ont occupé la place Puerta del Sol pendant plus d'une semaine, nuit et jour. Des dizaines de milliers de personnes s'y réunirent chaque jour, débattant et s'appropriant l'espace public. À la manière de la place Tahrir au Caire lors de la révolution égyptienne de 2011, la Puerta del Sol est devenue un symbole de la lutte en faveur d'une vraie démocratie lors des manifestations de mai 2011 en Espagne.

Établissement de luxeModifier

 
Westin Palace Madrid.

MuséesModifier

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Musée Reina Sofía, Sculpture de Miró.

Madrid compte sur des musées importants, entre lesquels ils soulignent les pinacotecas, qui constituent l'une des principales attractions touristiques de la ville. Le Triangle de l'art regroupe trois centres de référence: le musée du Prado, le musée Thyssen-Bornemisza et le musée Reina Sofía:

Le musée du Prado est l’un des plus importants musées au monde consacré principalement à la peinture. On dit que ce n’est pas la pinacothèque la plus complète, mais la plus riche en raison de l’accumulation de chefs-d’œuvre. Sa collection se concentre sur la peinture avant le XXe siècle, en particulier l'espagnol, l'italien et le flamand. Parmi les chefs-d'œuvre qu'il expose, il y a: Le Gentilhomme à la main sur la poitrine (El Caballero de la mano en el pecho) de El Greco; Les Menines (Las Meninas), La Reddition de Breda (La rendición de Breda), Les Fileuses (Las hilanderas o La fábula de Aracne), La Forge de Vulcain (La fragua de Vulcano) et Le Triomphe de Bacchus (El triunfo de Baco), par Velázquez; La Maja nue (La maja desnuda), La Maja vêtue (La maja vestida), La Famille de Charles IV (La familia de Carlos IV), Dos de mayo ou La Charge des mamelouks (Dos de mayo o La carga de los mamelucos), Tres de mayo o Les exécutions dans la Moncloa (Tres de mayo o Los Fusilamientos de la Moncloa), Peintures noires (Pinturas negras) de Goya; Les Trois Grâces (Las tres Gracias), Le Jugement de Pâris (El juicio de Paris), L'Adoration des Magiciens (La Adoración de los Reyes Magos) de Rubens; Autoportrait aux gants (Autorretrato), Adam et Eve (Adán y Eva), de Dürer; La Descente de Croix (El descendimiento de la cruz) de Rogier van der Weyden; Le jardin des délices (El jardín de las delicias), Le Chariot de foin (El carro de heno), Les Sept Péchés capitaux et les Quatre Dernières Étapes humaines (Mesa de los pecados capitales) et la La Lithotomie (La extracción de la piedra de la locura) de Bosch; Charles Quint à cheval à Mühlberg (Carlos V a caballo en Nühlberg), La bacchanale de l'andrios (La bacanal de los andrios), Offrant à Vénus (Ofrenda a Venus), Danaé recevant la pluie d'or (Dánae recibiendo la lluvia de oro) de Titien ou Les toilettes (El lavatorio) du Tintoret. Dans la peinture française, ils ont des chefs-d'œuvre de Poussin, tels que Le Triomphe de David et Le Parnasee; par Claude de Lorraine conserve un ensemble de paysages remarquables, trois peintures de Simon Vouet et quatre de Sébastien Bourdon. Le ténébrisme présente des exemples frappants de Georges de La Tour, Nicolas Tournier et Valentin de Boulogne. Les portraits des Bourbons espagnols, tels que Jean Ranc, Louis-Michel van Loo La Famille de Philippe V (van Loo) (La familia de Felipe V) et Michel-Ange Houasse, ainsi que des Bourbons français, tels que Hyacinthe Rigaud et Antoine-François Callet, sont présents aux côtés de maîtres rococo tels que Watteau et Boucher, et les paysagistes Claude Joseph Vernet et Jean Pillement. Outre le chapitre pictural, il possède une remarquable collection de sculptures, d'époques gréco-romaine, de la Renaissance et autres, ainsi que des collections de dessins, d'estampes et d'arts décoratifs.

Le musée du Centre national d'art Reina Sofía est le musée national d'art contemporain. Ses collections couvrent l'art de la fin du XIXe, du XXe et du XXIe siècles, avec un accent particulier sur les artistes espagnols. Ainsi, il possède d'importantes collections de Pablo Picasso (avec Guernica, l'un de ses chefs-d'œuvre), Salvador Dalí (Le Grand Masturbateur (El gran masturbador)), Juan Gris avec dix-neuf peintures (La bouteille d'anis (La botella de anís)) et Joan Miró ((La maison du palmier (1918) (La casa de la palmera), Femme et chien devant la lune (1936) (Mujer y perro delante de la luna), ou Le sourire des ailes flamboyantes (1953) (La sonrisa de alas flameantes)). Dans le cour centrale, une de ses sculptures est exposée, Oiseau lunaire (Pájaro lunar) (1966). Les autres artistes représentés sont les surréalistes Francis Picabia, René Magritte, Óscar Domínguez et Yves Tanguy; les cubistes Georges Braque (Bouteille et fruits, 1911 (Botella y frutas, 1911) et Cartes à jouer et dés, 1914 (Naipes y dados, 1914)), Robert Delaunay, Fernand Léger et Albert Gleizes; en plus de Julio González, Yves Klein, Lucio Fontana, Eduardo Chillida, Pablo Palazuelo, Pablo Serrano, Jean Arp, René Magritte, Antoni Tàpies, Francis Bacon, Pablo Gargallo, Alexander Calder, Mark Rothko, José Luis Gutiérrez Solana, Antonio Saura, Diego Rivera, Roberto Matta, Antonio López García, Miquel Barceló et Sam Francis, quelques-uns Il abrite également une bibliothèque d’accès gratuit, spécialisée dans l’art, dont les fonds s’élèvent à plus de 100 000 livres, 3 500 enregistrements sonores et près de 1 000 vidéos.

Le musée Thyssen-Bornemisza représente l'une des plus grandes collections d'art privées au monde, acquise pour l'essentiel par l'État espagnol. Ses collections présentent une vue panoramique de l’histoire de l’art, ordonnée par ordre chronologique, de sorte que la visite commence à la Renaissance et se termine au XXe siècle. Au deuxième étage, visite du cycle du gothique final et de la Renaissance au baroque, en passant par le Quattrocento italien; avec des auteurs de l’école allemande et flamande, tels que Jan van Eyck, Dürer et Hans Holbein, et une galerie consacrée au Titien, au Tintoret, au Bassano, au Greco, au Bernin et au Caravage, entre autres. Au premier étage, la collection de peintures néerlandaises est présentée, de Frans Hals à Max Beckmann; avec des échantillons de réalisme, rococo, néoclassicisme, romantisme et mouvements impressionnistes. Le rez-de-chaussée regroupe des œuvres du XXe siècle, allant du cubisme aux toutes premières avant-gardes, en passant par le pop art. Certains chefs-d'œuvre contemporains de Picasso, Piet Mondrian, Marc Chagall et Edward Hopper se démarquent. Il convient de noter que ce musée est le seul en Espagne à présenter un panorama cohérent de tendances picturales telles que l’impressionnisme (Manet (Amazone en face), Renoir (Femme au parapluie dans un jardin, 1875), Monet (Le dégel à Vétheuil, 1881), Degas (Dames à la chapellerie, Danseuse en vert), Camille Pissarro (les paysages La forêt de Marly et rue Saint-Honoré, effet de pluie), Alfred Sisley (La crue de Port-Marly, 1876), Pierre Bonnard (Portrait de Misia Godebska) et Berthe Morisot); le postimpressionnisme, qui comprend, entre autres, 4 toiles de Van Gogh et une œuvre de Gauguin, auxquelles il faut ajouter huit peintures et une sculpture rare de cet auteur au Collection Carmen Thyssen-Bornesmisza, Toulouse-Lautrec, Paul Cézanne lui fait concurrence avec l'importante toile pré-publique (Paysanne assise (1905-06)); Le musée présente également des exemples d'autres artistes du début du siècle: Edouard Vuillard, le symboliste Gustave Moreau, Ferdinand Hodler, Lovis Corinth, James Ensor (Le théâtre des masques) et Kees van Dongen. Peut-être les éclipse-t-il (au moins par la gloire actuelle) Munch; l’expressionnisme allemand avec Ernst Ludwig Kirchner (huit œuvres, soulignant la Calle con buscona vêtue de rouge), Emil Nolde, Max Beckmann (autoportrait à la main levée et Quappi vêtu de rose), Franz Marc, Ludwig Meidner, Karl Schmidt-Rottluff ou Erich Heckel. Une mention spéciale doit être faite des artistes atypiques tels que Wassily Kandinsky, Lyonel Feininger et Egon Schiele. Le dadaiste Kurt Schwitters possède également un bon répertoire ou la peinture romantique européenne. L'échantillon de fauvisme est très petit; Henri Matisse a à peine un exemple mineur (les fleurs jaunes), bien qu'il faille souligner un paysage londonien cité du meilleur stade d'André Derain (le pont de Waterloo, 1906). Ainsi qu’à exposer des œuvres d’auteurs totalement absents des autres collections de l’État, telles que Jan van Eyck, Frans Hals, Piero della Francesca, Vincent van Gogh ou Friedrich.

Autres musées:

PalaisModifier

 
Palais royal de Madrid.
 
Situé sur la plaza de Cibeles, le palais des communications est le siège principal de l'administration municipale

Édifices religieuxModifier

Parcs et jardinsModifier

 
Parc del Buen Retiro.

Pavillons et monuments commémoratifsModifier

Artères et places célèbresModifier

 
Puerta del Sol : statue de l'ours et l'arbousier par le sculpteur Antonio Navarro Santafe.
 
Plaza de Canalejas (Madrid).

Tours et gratte-cielModifier

 
Les tours penchées de la Puerta de Europa.
 
Cuatro Torres Business Area.

Bien que Madrid n’ait jamais été une ville qui se démarque par ses gratte-ciel, au cours du XXe siècle, en particulier avec la construction de la Gran Vía, les premières ont été construites. Ce n'est qu'en 1953 que le premier gratte-ciel de Madrid se lève, l'Edificio España, et en 1957, il surpasse la Torre de Madrid. Dans les années 1980, les gratte-ciel AZCA, tels que la tour Picasso et la tour de télécommunication de Torrespaña, ont été construits, bien que cela ne soit généralement pas considéré comme un gratte-ciel. Au XXIe siècle, la tour Titania (de 104 mètres de haut, érigée sur le site de la tour de Windsor détruite) a été construite à AZCA; et sur le Paseo de la Castellana, a été construit le parc d'activités Cuatro Torres Business Area, un complexe de quatre gratte-ciel de plus de 200 mètres de haut, le plus haut d'Espagne.

Actuellement, la liste de certains bâtiments par hauteur est la suivante:

Rang Nom Année Utilisation Hauteur (m) Étages Localisation
1 Tour Cepsa 2008 Bureaux 250 45 Cuatro Torres Business Area
2 Tour de cristal 2008 Bureaux 249 53 Cuatro Torres Business Area
3 Tour PwC 2008 Bureaux 236 52 Cuatro Torres Business Area
4 Tour Espace 2007 Bureaux 224 56 Cuatro Torres Business Area
5 Tour Picasso 1988 Bureaux 156 43 AZCA Paseo de la Castellana
6 Tour de Madrid 1957 Mixte 142 37 Place d'Espagne
7 Tour Europa 1985 Bureaux 120 30 AZCA Paseo de la Castellana
8 Édifice Espagne 1953 Bureaux 117 26 Place d'Espagne
9 Tours Colomb 1976 Bureaux 116 23 Place Colomb
10 Porte de l'Europe I 1996 Bureaux 114 26 Paseo de la Castellana
10 Porte de l'Europe II 1996 Bureaux 114 26 Paseo de la Castellana
12 Castellana, 81 1981 Bureaux 108 31 AZCA Paseo de la Castellana
13 Torre Titania 2011 Bureaux 104 23 AZCA Calle Raimundo Fernández Villaverde
14 Ministère du Commerce 1979 Bureaux 100 25 Chamartín
15 Torre de Valencia 1973 Résidentiel 94 27 Retiro
16 La Vela 2015 Bureaux 93 19 Las Tablas
17 Hospital Central de la Defensa Gómez Ulla 1972 Hôpital 89 20 Carabanchel
18 Edificio Telefónica 1929 Bureaux 88 14 Gran Vía
19 Torre Chamartín Merlin 2818 Résidentiel 86,5 18 Isla Chamartín
20 Torre Mahou 1989 Bureaux 85 22 AZCA
Article détaillé : Liste des gratte-ciel de Madrid.

Autour de MadridModifier

Personnalités liées à MadridModifier

ÉducationModifier

Plusieurs universités sont installées dans la communauté de Madrid.

Voies de communication et transportsModifier

Périphérique intérieur M30Modifier

 
M-30 : Secteur Nord.

L'Autoroute espagnole M-30 aussi appelée Circunvalación de Madrid est une voie circulaire qui a les caractéristiques autoroutières, excepté au nord de la ville sur l'Avenida de la Ilustracion faisant le tour de la capitale espagnole. D'une longueur de 32,5 km environ, c'est l'autovia la plus chargée d'Espagne avec plus de 100 000 véhicules par jour qui y transitent et jusqu'à 300 000 véhicules sur certains secteurs à l'est de la ville.

Transports urbainsModifier

 
Un train typique Metro (type 8000).

Le métro de Madrid offre un réseau dense qui le place en tête des systèmes de transports publics mondiaux. Il est ouvert de h à h 30. En parallèle, un réseau de tramway ainsi qu'un réseau de 215 lignes d'autobus irriguent la ville.

Enfin, on retrouve le Cercanías Madrid, qui relie le centre à la périphérie de la capitale espagnole.

Transports ferroviaires interurbainsModifier

 
Gare d'Atocha.

La société nationale ferroviaire Renfe dessert toute la péninsule à partir de ses grandes gares ferroviaires :

Transports aériensModifier

L'Aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas est situe a 13 km au nord est de Madrid , son trafic a été victime de la crise économique en 2008 qui a durement frappé l'Espagne , la fréquentation a chuté de prés de 22% entre 2008 et 2013 passant de 50,8 millions a 39,7 millions de passagers , en 2018 l'aéroport a accueilli 57,8 millions de passagers soit une augmentation de 8,4 % par rapport a 2017

L'aeroport est accessible grace a la Ligne 8 du métro de Madrid , le train reliant la Gare de Madrid-Chamartín au Terminal 4 , en bus et en taxi

ÉconomieModifier

Économie de la Renaissance au XXe siècleModifier

 
Banco de España.
 
Bilbao édifice de la Banque.

À partir du règne de Philippe II la ville est devenue capitale. Pendant de nombreuses années, la ville resta une ville administrative, centralisant les activités de l'État.

L'industrialisation est arrivée de façon massive après la guerre civile. Elle a été concentrée dans les domaines de mécanique de précision, électronique, pharmaceutique...

Le centralisme étatique favorisa la croissance économique de la ville. De nombreuses entreprises y installèrent leur siège national pendant cette période.

Économie de 1992 à 2009Modifier

Récemment, le phénomène de désindustrialisation urbaine a laissé place à des activités tertiaires. Elles ne se limitent plus à l'administration d'État, mais sont surtout financières et liées aux communications (foires, conférences, trafic aéroportuaire).

 
Bourse de Madrid.

Cette vaste tertiairisation a permis à Madrid d'accéder au rang de métropole financière européenne et de devenir la troisième ville d'Europe pour ce qui est du PIB[réf. nécessaire]. La ville s'est ainsi hissée au 6e rang des capitales les plus attractives de l'Union européenne, selon Cushman & Wakefield[23]. Le tourisme constitue aussi un pôle économique d'importance. La ville joue sur son image vivante, moderne et attrayante pour captiver un tourisme culturel et festif. La ville de Madrid en 2003 avait un PIB de 79 785 000 000 , représentant 10 % du revenu national. Les secteurs économiques de la ville, le plus important est le secteur tertiaire ou des services, qui représente désormais 85,09 % de l'économie de la ville. Ce secteur comprend les services financiers (31,91 % du total du PIB) et les entreprises (31,84 % du PIB total). Le reste du PIB est fourni par l'industrie (8,96 % du PIB total), le secteur de la construction (5,93 % du PIB total). L'agriculture a un caractère résiduel, de sorte que contribue seulement 0,03 % du total.

 
CTBA de Madrid.

Madrid est le plus grand centre d'affaires en Espagne: En 2008, 72 % des 2000 plus grandes entreprises en Espagne avaient leur siège à Madrid [83] Et maintenant, 50,1 % des revenus des 5.000 plus grandes entreprises espagnoles sont générés par les sociétés dont le siège est à Madrid, ce qui représente 31,8 % d'entre eux [84]. Son économie est aussi tournée vers l'automobile avec le groupe français PSA, la construction navale (composants), l'agroalimentaire, l'industrie plastique, l'électronique, la télécommunication... Elle concentre 50 % des activités de haute technologie en Espagne (universités, centre de recherches, sièges d'entreprises...).

La construction est le secteur le plus dynamique de Madrid, estimé à 8,2 % en 2005. La tendance montre une augmentation de la construction non résidentielle, entraîné par le léger ralentissement de la croissance des prix immobiliers en 2005.

Mais le secteur des services menant l'activité économique de Madrid, avec 85 % du total, et occupe les deux tiers de la population active. Les fonctions administratives traditionnelles, pour accueillir l'administration publique centrale, et financières (Madrid est le foyer de nombreuses entreprises qui opèrent en Espagne et en héberge la moitié du capital financier national), ont rejoint celles liées à transport ou de la force de la ligne Madrid-Barajas. En fait, les principaux centres d'emploi et de contribution au PIB de la ville de Madrid, sont du même aéroport et l'IFEMA, le parc des expositions de la ville, avec ses 4,7 millions de visiteurs annuels est la première exposition en Espagne et un des plus importants en Europe.

De plus, Madrid est devenue l'une des villes les plus visitées en Europe, derrière Paris et Londres et est le premier en Espagne. La ville s'est développée de nombreuses activités pour les touristes, récréatives et culturelles.

Madrid, ainsi que d'un chef de file national dans les foires et expositions sont concernés, est le principal organisateur de la foire en Europe, en tenant compte à la fois des foires internationales, nationales et régionales pour ce qui est de la superficie louée par leurs exposants. Organisation a la première exposition en Espagne, l'IFEMA, qui organise des salons comme FITUR, Madrid Fusion, ARCO, SIMO TCI, le moteur et la Cibeles Madrid Fashion Week.

Vie nocturneModifier

La movida, mouvement culturel créatif, est apparue à la suite de la mort de Franco et a contribué à affirmer le caractère festif de la ville. Le mouvement initial fut favorisé par Enrique Tierno Galván, alors maire de Madrid et figure emblématique de la transition démocratique. Depuis l'operación Luna cependant, initiative de la municipalité et du gouvernement de la communauté autonome madrilène, les bars doivent fermer à trois heures, et les botellones sont interdits depuis 2002 (même s'ils demeurent toujours), ce qui a définitivement mis fin à la movida madrilène.

Les principaux quartiers de la vie nocturne madrilènes sont :

  • Barrio de Huertas : plaza de Santa Ana, calle de la Cruz, calle del Principe ;
  • Barrio La Latina: calle Cava Baja, calle de los Cuchilleros, plaza Mayor, plaza Tirso de Molina ;
  • Barrio de Chueca (jeune) : plaza de Chueca ;
  • Barrio de Malasaña (jeune) : plaza del Dos de Mayo ;
  • Barrio de Lavapiés (populaire) : plaza de Lavapiés ;
  • Barrio Argüelles/Moncloa/Bulevar (jeune) : calle Alberto Aguilera, calle de Sagasta, calle de Luchana ;
  • Barrio Salamanca (chic) : calle Jorge Juan, paseo de Recoletos.

AchatsModifier

 
Hotel International sur la rue Arenal à Madrid.

Madrid possède un grand nombre de magasins de mode, que ce soit au centre-ville ou dans les nombreux centres commerciaux, comme Las Rozas village/Heron City Madrid. La chaîne de grands magasins espagnole, El Corte Inglés, est aussi présente partout à Madrid (Preciados, Princesa, Salamanca, Azca...)

Les principaux quartiers commerciaux sont :

  • Sol/Preciados : calle Preciados, calle del Carmen, calle de la Montera, calle de las Carretas ;
  • Gran Vía ;
  • Chueca : calle de Fuencarral, calle de Hortaleza ;
  • Salamanca (chic) : calle Serrano, calle Claudio Coello, calle de Goya ;
  • Princesa : calle de la Princesa.

Cuisine madrilèneModifier

La cuisine locale est riche en charcuteries et produits consistants et s'apparente à celle de toute la Castille. Elle comprend des plats célèbres :

SportsModifier

Le plus célèbre club sportif de la ville de Madrid est le Real Madrid, considéré comme l'un des plus grands clubs omnisports du monde du fait, notamment, que ses sections football et basket-ball sont toutes deux les plus titrées en Championnat d'Europe des clubs. La section football réside au stade Santiago Bernabéu. L'autre célèbre club de football de la ville est l'Atletico Madrid, résidant au stade Vicente Calderón, qui peut contenir environ 55 000 spectateurs[24]. À partir de septembre 2017, l’Atletico joue au nouveau Stade Metropolitano, d'une capacité pour 68 000 personnes.

Madrid fut candidate à l'organisation des Jeux olympiques de la XXXe olympiade de l'ère moderne en 2012. Le maire José María Álvarez del Manzano fut à l'origine de cette initiative. Alberto Ruiz-Gallardón, son successeur l'a poursuivie, mais les Jeux de la XXXe olympiade de l'ère moderne ont été célébrés à Londres. La ville olympique a été choisie et annoncée lors de la 117e session du Comité international olympique (CIO), le à Singapour, Madrid avait été éliminé au troisième tour.

Madrid a été candidate aux Jeux olympiques d'été de 2016 qui auront finalement lieu à Rio de Janeiro, au Brésil. Madrid se représente pour organiser les Jeux olympiques d'été de 2020, mais échoue une nouvelle fois, devancée par Istanbul et Tokyo, désignée ville organisatrice. Madrid a été désignée « Capitale Européenne du Sport » pour l'année 2001[25]. Tous les ans, au mois de mai, la capitale espagnole accueille le tournoi de tennis des Masters de Madrid.

En 2014, Madrid devient la première ville en Europe à avoir deux clubs en finale de la ligue des champions de football. Cette finale oppose le 24 mai à Lisbonne les clubs de Atlético de Madrid au Real Madrid. En 2016, les deux clubs s'opposaient à nouveau à Milan pour la finale de la Ligue des champions.

Culture et patrimoineModifier

MonumentsModifier

Période musulmaneModifier

Vers le IXe siècle, les seigneurs musulmans de Madrid édifient une muraille défensive dont il subsiste quelques tronçons comme dans le parc Mohammed Ier. Ils font aussi creuser des canaux d'irrigation et de transport des eaux (qanats).

Période chrétienne médiévaleModifier

Entre 1083 et 1085, la ville passe sous contrôle chrétien et voit apparaître ses premières églises. Bon nombre d'entre elles sont par la suite détruites ou reconstruites dans un style différent, à l'image des églises Saint-André et Saint-Nicolas-de-Bari. Au XVe siècle, la tour et la maison des Luján sont édifiées sur l'actuelle place de la Bourgade (plaza de la Villa).

RenaissanceModifier

Héraldique et bannièreModifier

Les armoiries de la ville, qui remontent au XIIe siècle, montrent un ours brun avec un arbousier, une des légendes voulant que le nom originel de la cité soit Ursaria (le « pays des ours » en latin du fait de leur présence en nombre alors dans les forêts avoisinantes). Les sept étoiles présentes autour sur la partie bleue, qui représente le ciel symbolisent la Grande Ourse. Enfin, la couronne, dernier élément qui a été ajouté au blason en 1544, est le symbole de la monarchie[26].

La bannière de la ville présente un fond cramoisi orné en son centre des armoiries de la ville.

JumelagesModifier

Fêtes localesModifier

  • 2 mai, Fiestas del 2 de Mayo dans le quartier de Malasaña, en souvenir de l'affrontement tragique qui opposa la population aux troupes de Napoléon (1808) au cours de la guerre d'indépendance.
  • 15 mai, Saint Isidore le Laboureur. Saint patron de Madrid.
  • 12 juin, Saint Antoine de la Floride. Saint patron de Príncipe Pío.
  • Juin, Fiestas de la calle del pez.
  • Juin, Fiestas de Chueca. La Gay pride madrilène est une fête officielle de quartier.
  • Autour du 7 aout : « Fiestas de Lavapiés » dans le quartier du même nom.
  • Autour du 15 aout : « Fiestas de la Paloma » dans le quartier de la Latina.
  • 9 novembre, fête de la Vierge de l'Almudena. Sainte patronne de Madrid.

Notes et référencesModifier

  1. Prononciation en français standard retranscrite selon la norme API.
  2. Prononciation en espagnol standard retranscrite selon la norme API.
  3. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées INE
  4. (en) « The Art News Paper », sur www.theartnewspaper.com (consulté le 15 août 2012).
  5. http://biblioteca.ucjc.edu-stat.info/aemet.es.
  6. (es) « "Violencia de Estado": Más de 100 personas sin hogar acampan frente al Ministerio de Sanidad en Madrid para exigir viviendas dignas », sur RT,
  7. [1].
  8. [2].
  9. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X).
  10. Jean Lucas Dubreton, Madrid : villes et pays, Fayard, , p. 26.
  11. (en) Jules Stewart, Madrid : The History, I.B.Tauris, , p. 57.
  12. (es) « Los 'regalos' de Bonaparte para la capital », sur 20 minutos,
  13. « En días como hoy - La ejecución del general Rafael del Riego », sur RTVE
  14. « Histoire de la Bourse » Site de la bourse suisse
  15. Luis Díaz Simón, Los barrios bajos de Madrid, 1880-1936, Los Libros de la Catarata, 2016, p. 83-84.
  16. (es) Loi 22/2006 du 4 avril 2006 relative au statut de capitale et au régime spécial de Madrid, Mairie de Madrid.
  17. (es) « Presupuesto General 2018 », sur Site officiel de Madrid
  18. Sandrine Morel, « Pollution : les Madrilènes appelés à voter pour chasser les voitures de la ville », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2017).
  19. (es) Luis Enrique Otero Carvajal «De la posguerra al Plan de Estabilización, 1939-1959» Madrid, de territorio fronterizo a región metropolitana, .
  20. (es) Demografía y población.
  21. (es) El Mundo : 100 anos de la Gran Via.
  22. [3].
  23. Dossier BFM "Les dix villes européennes préférées des dirigeants" http://www.radiobfm.com/edito/home/45529/les-dix-villes-europeennes-preferees-des-dirigeants/?photo=6#photos.
  24. (en) « Estadio Vicente Calderón », The Stadium Guide (consulté le 20 novembre 2010).
  25. (en) « European Capitals of Sport List », sur European Capitals of Sport Association (consulté le 1er juillet 2009).
  26. L’Ours et l’Arbousier de Madrid, shmadrid.fr, 25 février 2016.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier