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Georges de La Tour

peintre lorrain
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir De La Tour.
Georges de La Tour
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Mouvement
Mécènes
Influencé par
Œuvres principales

Georges de La Tour[note 1] est un peintre lorrain, baptisé le à Vic-sur-Seille et mort le à Lunéville.

Artiste au confluent des cultures nordique, italienne et française, contemporain de Jacques Callot et des frères Le Nain, La Tour est un observateur pénétrant de la réalité quotidienne. Son goût prononcé pour les jeux d'ombres et de lumières fait de lui l'un des continuateurs les plus originaux du Caravage.

BiographieModifier

Georges de La Tour est baptisé le 14 mars 1593 à Vic-sur-Seille, siège du bailliage de l'évêché de Metz. L'acte de baptême de Georges de La Tour, conservé au Musée départemental Georges-de-La-Tour à Vic-sur-Seille, indique qu'il est le fils de « Jean de la Tour boullengier [= boulanger] », et de Sibylle de Crospaux, issue également d'une famille de boulanger. Il est le deuxième des sept enfants de la famille.

Son parcours, et particulièrement sa formation initiale, restent méconnus. Il commence une carrière de peintre et fait peut-être la rencontre des maîtres hollandais de l'école caravagesque d'Utrecht Gerrit van Honthorst et Hendrick ter Brugghen lors d'un voyage en 1616. Il a été avancé qu'il se serait rendu à Rome où il aurait découvert l'œuvre du Caravage, mais rien ne l'atteste et, s'il est clairement influencé par le caravagisme, cette influence semble plutôt lui avoir été transmise par le biais de la connaissance de l'œuvre de Terbrugghen, peintre auquel il a souvent été comparé. Il serait donc l'un des rares peintres français de l'époque à ne pas avoir entrepris le classique voyage en Italie.

Il se marie le 2 juillet 1617 à Vic-sur-Seille avec Diane Le Nerf, membre d'une famille noble de Lunéville. Les deux époux s'installent dans cette ville où La Tour commence une carrière brillante, sous le règne d'Henri II de Lorraine, admirateur du Caravage : il multiplie les tableaux à sujet religieux mais aussi les scènes de genre, les tableaux réalistes représentant musiciens et mendiants. Il s'installe en 1619 à la cour du château de Lunéville. En 1620, il est même reçu bourgeois de la ville, doté par le duc de lettres d'exemption qui lui octroient les franchises accordées aux aristocrates. Il devient lui-même l'un des habitants les plus riches de Lunéville et reçoit de nombreuses commandes de la bourgeoisie et de la noblesse lorraine, bien qu'il ne parvienne pas à devenir peintre officiel du duc Henri II, ce titre étant alors l'apanage de Claude Deruet.

Mais à partir de 1633, la Lorraine, dirigée depuis peu par le maladroit duc Charles IV, et jusque-là prospère et sûre, sombre dans les destructions de la guerre de Trente Ans. Lunéville, où réside La Tour, est incendiée en septembre 1638 et le peintre est obligé de fuir la ville pour se réfugier avec sa famille à Nancy, où l'on trouve sa trace à partir du 8 février 1639[1]. Il se rend à Paris puisque l'on sait qu'en 1639 il y reçoit le titre de « peintre ordinaire du roi » ainsi qu'un logement au Louvre, le roi Louis XIII possédant un Saint Sébastien soigné par Irène de sa main. Mais ses possessions et privilèges sont chez lui, en Lorraine, et dès que sa maison est reconstruite, en 1641, il est de retour à Lunéville. Le succès est toujours au rendez-vous puisque plusieurs fois le duc de la Ferté, gouverneur français de Lorraine, se voit offrir pour ses étrennes, un tableau du maître – notamment de scènes nocturnes –, le premier étant une Nativité en janvier 1645[2].

Les œuvres de la fin de sa vie représentent exclusivement des scènes religieuses – bien que marquées par la peinture de genre – probablement, selon le critique Anthony Blunt, en raison du regain d'importance de la vie religieuse dû aux franciscains en Lorraine après la guerre de Trente Ans. Georges de la Tour meurt, d'après son acte de décès, d'une « pleurésie » le 30 janvier 1652 à Lunéville, mais vraisemblablement d'une épidémie qui a également emporté sa femme Diane le 15 janvier 1652 et son valet Jean « dit Montauban » le 22 janvier[3]. Il sombre rapidement dans l'oubli.

Son fils Étienne (né en 1621[4]) qui a été son apprenti, seul héritier du peintre avec deux sœurs qui ne se marieront pas, va alors réaliser le rêve de son père : acheter le domaine franc de Mesnil près de Lunéville, et gagner ses lettres de noblesse, pour faire oublier son origine roturière. Il décède en 1692.

L'oubli et la redécouverte de Georges de la TourModifier

Très réputé à son époque, Georges de la Tour sombre ensuite dans l'oubli. Ses œuvres sont dispersées et attribuées à d'autres peintres : italiens, comme Guido Reni, Carlo Saraceni ou Orazio Gentileschi, hollandais comme Hendrick Terbrugghen ou Gerrit van Honthorst et parfois même espagnols comme Francisco de Zurbarán et Vélasquez. Très peu de ses tableaux sont signés, et l'on a parfois volontairement effacé sa signature pour constituer une attribution plus prestigieuse pour l'époque[réf. nécessaire].

On n'a identifié jusqu'ici aucune relique de la vie de La Tour : portrait, objet personnels, livres, demeures, ainsi que sa tombe, tout semble avoir disparu[5].

Mérimée dans Notes d'un voyage dans l'Ouest de la France, puis, Stendhal, dans Les Mémoires d'un touriste, parus en 1838, découvrant le Vieillard jouant de la Vielle l'attribuent tous deux à l'école de Séville, parlant de Murillo ou de Vélasquez[6].

Son Nouveau-né du Musée des beaux-arts de Rennes est attribué, quant à lui, à Le Nain par Hippolyte Taine en 1863[7], tandis que Louis Gonse, en 1900, évoque les noms de Rembrandt, de Vermeer ou encore d'un caravagiste[8] non identifié.

Certaines de ses toiles se retrouvent même sous le nom de Quentin de La Tour, à cause de la proximité du patronyme avec celui du peintre lorrain, et ce, bien qu'il soit né plus d'un siècle après Georges de La Tour et qu'il peigne dans un style complètement différent.

Georges de La Tour est redécouvert seulement en 1915, par l'historien d'art allemand Hermann Voss (1884-1969) à partir de deux tableaux du Musée d'arts de Nantes, L'Apparition de l'ange à saint Joseph et Le Reniement de saint Pierre, qui sont signés et pour l'un d'entre eux daté, ce qui est très rare chez La Tour, permettant à Voss de lui attribuer aussitôt Le Nouveau-né du musée de Rennes[9] (le troisième tableau de Nantes, Le Vielleur, ne sera attribué qu'en 1931). Les travaux de Hermann Voss[10] – qui s’appuie notamment sur des travaux antérieurs et demeurés un peu ignorés d’Alexandre Joly de 1863[note 2], vont permettre de réattribuer plusieurs tableaux à éclairage diurnes – ils ont justement replacé Georges de La Tour parmi les plus grands peintres « français » du XVIIe siècle[note 3].

Une exposition « Les Peintres de la Réalité en France au XVIIe siècle », organisée au musée de l'Orangerie de novembre 1934 à février 1935, permet au public de le découvrir. C'est la première fois que sont réunis treize des quinze tableaux alors attribués à l'artiste et c'est une révélation. En 1948, une thèse de François-Georges Pariset renforce les travaux de Voss.

Depuis, les travaux et les études sur l'œuvre de Georges de La Tour se sont multipliés et ont permis l'identification d'une production d'une petite centaine de toiles[note 4], dont une quarantaine nous sont parvenues : il est ainsi aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands et originaux maîtres français de son temps. Dès 1960, sa Diseuse de bonne aventure est acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York, ce qui provoque d'ailleurs une polémique sur l'autorisation du départ d'une œuvre de telle importance hors du territoire français, et une nouvelle exposition est consacrée au peintre à l’Orangerie, en 1972.

Des artistes contemporains insistent sur l'influence que Georges de La Tour a pu ou peut encore avoir sur leurs œuvres. Richelet se réclame ainsi de lui pour ses représentations de corps décharnés inspirées par son Saint Jérôme pénitent.

Vic-sur-Seille, sa ville natale en Lorraine, lui a dédié un musée, le musée départemental Georges-de-La-Tour qui rassemble notamment des œuvres de l'époque et de l'école du peintre ainsi qu'un tableau de sa main récemment acquis (Saint Jean-Baptiste dans le désert) ainsi qu'une Tête de femme qui a sans doute fait partie d'un plus grand tableau disparu.

ŒuvresModifier

Description de son œuvreModifier

Les premières œuvres de de La Tour sont caractérisées par l'influence du Caravage, probablement via ses suiveurs hollandais, notamment dans le choix de scènes de genres mettant en scène tricheries et duperies (Le Tricheur à l'as de carreau ou La Diseuse de bonne aventure par exemple) ou encore des rixes de clochards (thèmes qui ont été popularisés par les artistes hollandais). Ces œuvres sont à placer relativement tôt dans la carrière du peintre - avant 1640 en tout cas. Ses premières œuvres montrent également l'influence du peintre lorrain Jacques Bellange.

La Tour est particulièrement célèbre pour les effets de clair-obscur qu'il introduit dans ses scènes nocturnes, technique qu'il a développée bien mieux que tous ses prédécesseurs du nord de l'Europe, tout en transférant son usage, jusque-là réservé à la peinture de genre par les Hollandais, à des sujets religieux. Contrairement au Caravage, les peintures religieuses de La Tour ne présentent pas d'effets dramatiques ou théâtraux ni de monumentalisation des figures, si bien que l'on peut facilement les confondre avec des scènes de genre, ces scènes de la vie quotidienne dont la peinture flamande et hollandaise de l'époque était friande : La Nativité du musée des Beaux-Arts de Rennes en est l'un des meilleurs exemples. Paulette Choné évoque d'ailleurs l'hypothèse que ce tableau pourrait ne représenter qu'une nativité ordinaire, qu'il s'agirait d'un nouveau-né quelconque et non Jésus-Christ, mais pour la rejeter aussitôt « en raison surtout de la densité symbolique, de la gravité quasi liturgique du geste de la servante[11]. » Cette deuxième phase dans sa production picturale commence à partir des années 1640. Les compositions géométriques et la simplification des formes qu'il met en œuvre montrent bien la particularité de son approche du clair-obscur et des leçons du Caravage, ce qui le place clairement en marge du mouvement ténébriste d'un José de Ribera et des suiveurs italiens du Caravage. Sa manière semble être sans équivalent. Sa palette chromatique est caractérisée par des harmonies de rouges, bruns et de blancs avec très peu de couleurs dissonantes. Le recours à une légère simplification des formes, la grande précision du dessin pour les détails et l'absence, dans ses tableaux, de composition construites autour de lignes violentes pourtant si courantes dans la peinture caravagesque sont autant de caractéristiques de l'art de Georges de La Tour.

Le style unique qu'il a développé, ainsi que sa prédilection pour des sujets nocturnes au cadrage serré, où la source de lumière n'est la plupart du temps qu'une chandelle, permettent également bien souvent de reconnaître d'emblée un tableau comme étant de sa main ou, tout du moins, de son école.

Il a souvent peint plusieurs versions d'un même tableau (comme le Tricheur à l'as) mais sa production – ou ce qu'il en reste – est relativement restreinte. Son fils Étienne[note 5] ayant été son élève[note 6], ses œuvres ayant souvent été imitées ou copiées ainsi que le manque de sources et de documents sur sa vie et son travail font qu'il est souvent difficile d'établir le corpus des œuvres de Georges de La Tour, seule une trentaine lui ayant été rendues avec sûreté. Le travail d'attribution n'est donc pas encore terminé aujourd'hui.

MuséographieModifier

Titre[12] Date Format (en cm) Inscriptions éventuelles Collection Ville Pays N° d’inventaire Image
Vieillard[13] 1618-1619 91 × 60 California Palace of the Legion of Honor San Francisco États-Unis 75. 2. 9
Vieille Femme[14]. 1618-1619 91 × 60 California Palace of the Legion of Honor San Francisco États-Unis 75. 2. 10
Les Mangeurs de pois 74 × 87 Gemäldegalerie Berlin Allemagne 76.1
Le Vielleur au chien[15] vers 1622 186 × 120 Musée du Mont-de-Piété Bergues France P/VER. 97
Le Vielleur (au chapeau, ou à la mouche)[16] 1620-1625 162 × 105 Musée d'arts de Nantes Nantes France 340
Le Vielleur aveugle (au ruban)[17] (fragment) 1620-1630 84 × 61 Musée du Prado Madrid Espagne P07613
Le Vielleur (à la sacoche, ou Waidmann)[18] vers 1625 157 × 94 Musée municipal Charles-Friry Remiremont France 689-1-1
La Rixe des musiciens[19] 1625-1630 94 × 104,1 The J. Paul Getty Museum Los Angeles États-Unis 72. PA. 28
Le Vielleur à mi-corps
(fragment d'une Réunion de musiciens)[20]
85 × 58 G. de La Tour f. Musées royaux des beaux-arts de Belgique Bruxelles Belgique 6477
Saint Jacques le Mineur 65 × 54 Musée Toulouse-Lautrec Albi France 10
Saint Jude Thaddée
Série des apôtres d'Albi
vers 1620 62 × 51 Musée Toulouse-Lautrec Albi France 9
Saint Philippe[21]
Série des apôtres d'Albi
vers 1625 63 × 52 Chrysler Museum of Art Norfolk, Virginie États-Unis 77-431
Saint Thomas[22]
Série des apôtres d'Albi
vers 1620 65 × 54 Musée national de l'art occidental Tokyo Japon P.2003-0002
Saint André
Série des apôtres d'Albi
vers 1620 60,5 × 47,5 Collection particulière Suisse
Saint Jacques le Majeur[23]
Série des apôtres d'Albi
65 × 52 vendu aux enchères par Sotheby’s New York le 24 janvier 2008[24]
Saint Jérôme Lisant[25] 79 × 65 Musée du Prado, dépôt du Ministerio de Trabajo y Asuntos Sociales Madrid Espagne T-5006
Saint Jérôme lisant une lettre 62 × 55 Zurbarán [26] Château de Hampton Court Grand Londres Royaume-Uni
Saint Thomas dit Le Saint à la pique[27] 1625-1630 69 × 61 Georguis De La Tour fecit Musée du Louvre Paris France R. F. 1988-15
Saint Jerôme pénitent (à l'auréole)[28] 1628-1630 157 × 100 Musée de Grenoble Grenoble France MG 408
Saint Jerôme pénitent (au chapeau cardinalice)[29] 1638-1639 152 × 109 Nationalmuseum Stockholm Suède NM 2026
La Diseuse de bonne aventure[30] vers 1630 102 × 123 G. De La Tour Fecit Lunevillæ Lothar Metropolitan Museum of Art New York États-Unis 60.30
Le Tricheur à l'as de trèfle[31] 1630-1634 97,8 × 156,2 Musée d'Art Kimbell Fort Worth, Texas États-Unis AP 1981.06
Le Tricheur à l'as de carreau[32] (ou Le Tricheur Landry) 1635-1638 106 × 146 Georgius De la Tour fecit Musée du Louvre Paris France R. F. 1972-8
Job raillé par sa femme 1620-1650 145 × 97 G De La Tour fecit Musée départemental d'art ancien et contemporain Épinal France 1829-22
La Femme à la puce[33] vers 1638 120 × 90 Musée historique lorrain Nancy France MHL 55. 4. 3
La Madeleine pénitente (à la flamme filante)[34] 1638-1640 118 × 90 G. de La Tour Musée d'art du comté de Los Angeles Los Angeles, Californie États-Unis M.77.73
La Madeleine pénitente (au miroir)
(ou La Madeleine Fabius)[35]
1635-1640 113 × 93 National Gallery of Art Washington États-Unis 1974.52.1
La Madeleine pénitente (aux deux flammes)[36] vers 1640 134 × 92 Metropolitan Museum of Art New York États-Unis 1978.517
La Madeleine pénitente (à la veilleuse)[37]
ou La Madeleine Terff
1640-1645 128 × 94 [...] La Tour fect Musée du Louvre Paris France R. F. 1949-11
Saint Joseph charpentier[38] vers 1642 137 × 102 Musée du Louvre Paris France R. F. 1948-27
Le Souffleur à la lampe[39] vers 1640 61 × 51 De La Tour f Musée des beaux-arts de Dijon Dijon France DG 827
L'Apparition de l'ange à saint Joseph
ou Le Songe de saint Joseph[40]
1630-1635 93 × 81 GS. De la Tour f... Musée d'arts de Nantes Nantes France 642
Les Larmes de saint Pierre
ou Saint Pierre repentant[41]
1645 114 × 95 Georges de La Tour Inve et pinx 1645 Cleveland Museum of Art Cleveland États-Unis 51. 454
L'Adoration des bergers (Georges de La Tour)[42] vers 1644 107 × 137 Musée du Louvre Paris France R. F. 2555
Saint françois en extase[43] vers 1645 62 × 55 Wadsworth Atheneum Hartford États-Unis 1940.166
Le Nouveau-Né[44]
(dit aussi Sainte Anne et la Vierge au maillot)
1645-1650 66 × 54,6 Musée des beaux-arts de l'Ontario Toronto Canada 91/415
Le Nouveau-né[45] 76 × 91 Musée des beaux-arts de Rennes Rennes France 794. 2. 6
L'Éducation de la Vierge (fragment)[46] vers 1640 57,5 × 44,1 Detroit Institute of Arts Détroit États-Unis 38.8
Tête de femme (fragment) 38 × 30 Collection particulière Vente Christie's 2004
Les Joueurs de dés[47] vers 1640 92,5 × 130,5 Georges de La Tour Invet et Pinx. Preston Hall Museum Stockton-on-Tees Royaume-Uni SBC0200/76
La Fillette au brasero vers 1645 67 × 55 [...]a Tour Collection particulière Allemagne
Le Souffleur à la pipe[48] 1646 70,8 × 61,5 La Tour fec [...] Tokyo Fuji Art Museum Tokyo Japon 1236-AB047
Saint Sébastien soigné par Irène[49] vers 1649 167 × 130 Musée du Louvre Paris France R. F. 1979-53
Le Reniement de saint Pierre[50] 1650 81 × 101 G. de La Tour in et fec mdcl. Musée des beaux-arts de Nantes Nantes France 643
L'Argent versé 99 × 152 De la Tour (date illisible) Musée des beaux-arts Lviv Ukraine G 700 79
Saint Jean-Baptiste dans le désert vers 1651 81 × 101 Musée départemental Georges-de-La-Tour Vic-sur-Seille France R. F. 1995-4
Le Jeune Chanteur[51] (atelier?) 66,9 × 50,2 New Walk Museum and Art Gallery Leicester[52] Royaume-Uni F19.1983
Non attribués 
Titre[12] Date Format (en cm) Inscriptions éventuelles Collection Ville Pays N° d’inventaire Image
Saint Sébastien à la lanterne (soigné par Irène)[53]
(copie d'après un original d'avant 1639 perdu ?)
105 × 139 Musée d'art Kimbell Fort Worth, Texas États-Unis AP 1993.04
L'Éducation de la Vierge[54] (atelier) vers 1650 84 × 100,5 The Frick Collection New York États-Unis 1948.1.155
Saint Jérôme lisant (atelier)[55] 1625-1650 95 × 72 La Tour fec [?] Musée lorrain Nancy France 92-1-6

 Le rapport entre littérature et peinture : comment son œuvre picturale a-t-elle imprégné la littérature ?Modifier

 Le dialogue entre littérature et peintureModifier

Le rapport entre la littérature et la peinture est étroit [56]: la peinture, pendant des nombreuses années, n'était pas autonome mais sous la tutelle de la littérature. En outre, la peinture occupait une fonction proprement religieuse et politique. Georges de La Tour a lui-même été nommé peintre du roi Louis XIII, et donc peintre de cour attitré avant de sombrer dans l’oubli [57]. Peu à peu, la littérature s'est référée de plus en plus à la peinture, soit «par concurrence mimétique ou alors par fascination pour son autonomie esthétique», selon les mots de Daniel Bergez. Georges de La Tour est un peintre du XVIIe siècle, mais son œuvre depuis sa redécouverte dans les années 1930, a fait couler l'encre de nombreux écrivains. Le livre, en tant qu'objet, est un élément récurrent dans les représentations de Georges de La Tour. Il permet au peintre d'exercer sa technique picturale de la lumière : il offre la possibilité de faire jouer les lumières sur ses angles variés. Le livre constitue un exercice de style du peintre. Le livre le plus représenté est sans conteste la Bible. Georges de La Tour ne fait pas exception à cette remarque générale : on sait de lui que la maîtrise de la lumière est une part important de son œuvre par son usage du ténébrisme. En outre, il a représenté de nombreux sujets religieux mettant en scène la Vulgate. On peut citer Saint Jérôme pénitent qui illustre parfaitement l'idée de dialogue et de tension entre l'image et le livre ainsi que L'Apparition de l'ange à saint Joseph dit aussi le Songe de saint Joseph. À partir du XIXe siècle, la peinture devient source de création pour la littérature ; soit que l’écrivain tente de restituer un rendu pictural à l'aide de son style, soit que la littérature se métamorphose en une écriture de la peinture. Enfin au XXe siècle, les écrivains s'inspirent de l'art pictural dans une visée poétique parmi lesquels on retrouve des surréalistes célèbres tels que André Breton et Paul Eluard. On peut citer aussi : René Char, Henri Michaux, Jean Tardieu, Jacques Prévert, Michel Leiris, Philippe Jaccottet, Michel Butor, Yves Bonnefoy... Les rapports entre littérature et peinture sont parfois difficiles à saisir, car la référence à une œuvre peut être implicite ou mentionnée clairement dans le texte. Par le biais d'une approche stylistique des textes littéraires, il est parfois possible de percer à jour le lien entretenu entre texte et image, par un écrivain avec Georges de La Tour.

René Char et Georges de La TourModifier

René Char a découvert Georges de La Tour, lors d'une exposition organisée à l'Orangerie (Paris) de novembre 1934 à février 1935: elle était intitulée « Les Peintres de la Réalité en France au XVIIe siècle ». Il a consacré divers écrits au peintre, un texte sur Le Prisonnier[58], dans les Feuillets d'Hypnos 178[59]. René Char dialogue avec le tableau en l'impliquant dans le contexte de Seconde Guerre mondiale : « ténèbres hitlériennes »[58]. . Un autre texte de René Char, extrait encore une fois de Fureur et mystère, rend hommage à la Madeleine à la veilleuse [58]. Dans Le Nu perdu , Char écrit un texte intitulé « Justesse de Georges de La Tour » et dans lequel il fait allusion à divers tableaux du peintre tels que Le tricheur ou Le vielleur[60].

André Malraux et Georges de La TourModifier

André Malraux a publié en 1951 Les Voix du silence [61], un ensemble de différents essais sur l'art. Il y exprime sa fascination pour l'œuvre de Georges de La Tour, notamment sa maîtrise de l'éclairage. Malraux parle des détails du style pictural de La Tour : la ligne d'un profil, les formes ou encore l'éclairage. Il compare La Tour avec d'autres peintres : Cézanne, Uccello, Giotto etc.

Pascal Quignard et Georges de La TourModifier

Pascal Quignard a publié un essai intitulé Georges de La Tour en 1991 [62], republié en 2005 [63]. Pascal Quignard voit dans les représentations du peintre une spiritualité mystique. Ainsi, il exprime que la flamme chez Georges de La Tour : « c'est Dieu ». Il parle de « la nuit méditative de Georges de La Tour » dans La Nuit sexuelle [64]. Quignard écrit aussi : « une pensée les absorbe » parlant des figures peintes par La Tour[65],[66].

Charles Juliet et Georges de La TourModifier

Charles Juliet a consacré dans Télérama un article où il se glisse dans la peau de Georges de La Tour. Il choisit de rédiger son texte à la première personne du singulier. Il se focalise sur l'emploi de la lumière dans les œuvres de Georges de La Tour et sur des thématiques générales qu'il lui confère. Charles Juliet décrit quelques tableaux par fragments, isolant les éléments marquants[67].

ExpositionsModifier

  • Une rétrospective de son œuvre a été organisée au musée de l'Orangerie à Paris en 1972 : Le Songe de Saint Joseph
  • Une exposition de 42 de ses œuvres s'est tenue à Paris dans les Galeries nationales du Grand Palais d'octobre 1997 à janvier 1998.
  • Une exposition consacrée à la production du peintre sur le thème de saint Jérôme est organisée au musée Georges-de-La-Tour de Vic-sur-Seille du 1er septembre 2013 au 20 décembre 2013[68].
  • Les musées de Nantes et Rennes, entre lesquels s'est jouée en 1912-1915 la ré-identification de La Tour par Hermann Voss, commémorent ce centenaire en réunissant leurs quatre toiles dans l'exposition Georges de La Tour : trois « nuits » pour une renaissance (Nantes, 6 décembre 2013 - 8 février 2014 ; Rennes, 18 avril - 18 août 2014).
  • Le Musée du Prado de Madrid réunit 31 œuvres pour une exposition monographique du 23 février au 12 juin 2016.
  • L' exposition-dossier Georges de La Tour et le mystère de la Femme à la puce, présentée du 31 mars au 2 septembre 2018 au Musée des Beaux-Arts de Nancy a permis de faire le point sur l'ensemble des oeuvres liées à l'artiste conservées au Palais des ducs de Lorraine - Musée lorrain.

NotesModifier

  1. Ainsi que l'indiquent son acte de baptême conservé au Musée départemental Georges de La Tour et son acte de mariage conservé aux Archives départementales de la Moselle.
  2. Alexandre Joly, architecte lorrain, retrouve la trace d'un certain Georges Du Ménil-La-Tour, peintre, et reconstitue quelques éléments de sa carrière dans une courte étude des archives locales, mais sans pouvoir y adjoindre le moindre tableau.
  3. Bien qu'il soit lorrain : c'est également le cas d'autres artistes du duché de Lorraine (Jacques Callot, Claude Gellée…)
  4. Le « Catalogue raisonné » de Jacques Thuillier en présente 89 en 1973.
  5. Mort en 10 avril 1692, il avait érigé son domaine franc en fief (1669) et obtenu ses lettres d'anoblissement en 1670, il doit être susceptible de faire oublier lui aussi l'activité – jugée roturière – de son père.
  6. Bien qu'il semble qu'il ait arrêté de peindre dès la mort de son père.

RéférencesModifier

  1. Thuillier 2012, p. 107.
  2. Thuillier 2012, p. 267.
  3. Thuillier 2012, p. 277.
  4. Thuillier 2012, p. 248.
  5. Thuillier 1973, p. 84-85 (« Les Signatures de Georges de La Tour »).
  6. Thuillier 1973, p. 10-11 (« La Fortune critique de Georges de Latour »).
  7. Hippolyte Taine, Carnets de voyages : Notes sur la province, , 320 p. (lire en ligne), p. 51-53.
  8. Louis Gonse, Les Chefs-d'œuvre des Musées de France, Paris, Société française d'éditions d'art, 1900.
  9. Hermann Voss in Archiv für Kunstgeschichte, 1915, pl. 121-123 et notices.
  10. Hermann Voss, Tableaux à éclairage diurne de G. de La Tour, in Formes, juin 1931, p. 99-100.
  11. Paulette Choné, Georges de la Tour : un peintre lorrain du xviie siècle, Casterman, Tournai 1996, p. 150.
  12. a et b Cuzin et Salmon 1997, p. 161.
  13. Notice du Vieillard sur le site du De Young Museum. Page consultée le 29 juillet 2013.
  14. Notice de La Vieille femme sur le site du De Young Museum
  15. Notice du Vielleur au chien sur le site du Musée du Mont-de-Piété. Lire en ligne. Page consultée le 20 août 2013.
  16. Le Joueur de vielle. Notice no 07430003032, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 29 juillet 2013.
  17. Notice du Vielleur aveugle sur le site du Musée du Prado. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
  18. Le Veilleur Waidmann. Notice no 000PE006840, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 29 juillet 2013.
  19. Notice de La Rixe des musiciens sur le site du J. Paul Getty Museum. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
  20. Notice du Vielleur sur le site officiel des Musées royaux des beaux-arts de Belgique. Lire en ligne. Page consultée le 28 juillet 2013.
  21. « Notice de Saint Philippe »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur le site du Chrysler Museum of Art. Page consultée le 29 juillet 2013.
  22. Notice du Saint Thomas sur le site officiel du Musée national de l'art occidental. Lire en ligne. Page consultée le 28 juillet 2013.
  23. Notice de Saint Jacques le Majeur sur le catalogue de la vente Sotheby. Lire en ligne. Page consultée le 29 juillet 2013.
  24. Didier Rykner, « Vente chez Sotheby’s New York des dessins italiens de la collection Horvitz », La Tribune de l'Art, vendredi 18 janvier 2008. Lire en ligne. Page consultée le 28 juillet 2013.
  25. Pierre Rosenberg, « Un nouveau chef-d’œuvre de Georges de La Tour : Le Saint Jérôme récemment réapparu à Madrid », Boletín del museo del prado, t. XXIII, no 41, 1er décembre 2005, p. 46-59. Lire en ligne. Page consultée le 12 mars 2018.
  26. Cette attribution erronée mena l'œuvre au musée du Prado à Madrid, comme l'indique le catalogue de l'exposition temporaire (23/02 - 12/06/2016) tenue audit musée.
  27. Saint Thomas. Notice no 00000104552, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 29 juillet 2013.
  28. Saint Jérôme pénitent. Notice no 09940004427, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 29 juillet 2013.
  29. Notice du Saint Jérôme pénitent au chapeau cardinalice sur le site du Nationalmuseum. Lire en ligne. Page consultée le 29 juillet 2013.
  30. Notice de La Diseuse de bonne aventure sur le site du Metropolitan Museum of Art. Lire en ligne. Page consultée le 29 juillet 2013.
  31. Notice du Tricheur à l'as de trèfle sur le site du Kimbell Art Museum. Lire en ligne. Page consultée le 29 juillet 2013.
  32. Notice du Tricheur à l'as de carreau sur le site du Musée du Louvre. Lire en ligne. Page consultée le 29 juillet 2013.
  33. Notice en ligne de La Femme à la puce sur le site du Musée lorrain. Lire en ligne. Page consultée le 4 avril 2015.
  34. Notice de La Madeleine à la flamme filante sur le site du LACMA. Lire en ligne. Page consultée le 28 juillet 2013.
  35. Notice de La Madeleine repentante (au miroir) sur le site de la National Gallery of Art. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
  36. Notice de La Madeleine pénitente sur le site du Metropolitan Museum of Art. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
  37. Notice de La Madeleine à la veilleuse sur le site du Louvre à Paris. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
  38. Notice du Saint Joseph charpentier sur le site du Musée du Louvre. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
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  40. Le Songe de saint Joseph. Notice no 07430004402, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 11 mars 2018.
  41. Notice du Saint Pierre repentant sur le site du Cleveland Museum of Art. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
  42. L'Adoration des bergers. Notice no 000PE001639, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 11 mars 2018.
  43. St François, Hartford (E-U) Page consultée le 12 mars 2018
  44. Notice du Nouveau né sur le site de l'AGO. Lire en ligne. Page consultée le 11 mars 2018.
  45. Le Nouveau-né. Notice no 00000075381, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 29 juillet 2013.
  46. Notice de L'Éducation de la Vierge sur le site du DIA. Lire en ligne. Page consultée le 12 mars 2018.
  47. Magazine Apparence
  48. Notice du Souffleur à la pipe sur le site du Tokyo Fuji Art Museum. Lire en ligne. Page consultée le 12 mars 2018.
  49. Saint Sébastien pleuré par sainte Irène. Notice no 000PE017992, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 11 mars 2018.
  50. Le Reniement de saint Pierre. Notice no 07430004404, base Joconde, ministère français de la Culture. Page consultée le 12 mars 2018.
  51. Notice du Jeune chanteur sur le site VADS. Lire en ligne. Page consultée le 12 mars 2018.
  52. Article L'Express 2017
  53. Notice du Saint Sébastien soigné par Irène sur le site du Kimbell Art Museum. Lire en ligne. Page consultée le 29 juillet 2013.
  54. Notice de L'Éducation de la Vierge sur le site de la Frick Collection. Lire en ligne. Page consultée le 12 mars 2018.
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  65. Pascal Quignard, « Traits de plume, La nuit nous simplifie », Télérama hors-série, no 80 Georges de La Tour,‎ , p. 47
  66. Pascal Quignard, Georges de La Tour, Paris, Galilée, 2005, p. 32
  67. Charles Juliet, « Peintre des lueurs », Télérama hors-série, no 80 Georges de La Tour,‎ , p. 40
  68. Présentation de l'exposition sur le site touristique http://www.lorraineaucoeur.com Lire en ligne. Page consultée le 17 septembre 2013.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

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