Royaume de Castille

État souverain européen de 1065 à 1230. De 1230 à 1833, c'était la juridiction territoriale de la Couronne de Castille. ancien État (1065-1230)
Royaume de Castille
Reino de Castilla

10371516

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
La Castille vers 1210 au sein des Espagnes
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Burgos et Tolède
Langue(s) Espagnol
Religion Catholicisme
Monnaie Maravédis
Histoire et événements
1037-1065 Union du comté de Castille et du royaume de León au sein d'un unique royaume
1230 Le royaume de Galice et León est définitivement rattaché à la couronne castillane
1469 Mariage de Isabelle Ire de Castille et de Ferdinand II d'Aragon
1516 Avènement de Charles Quint : union définitive des deux royaumes
Comtes de Castille
(1er) v.850-873 Rodrigo
(Der) 1029-1035 Sanche III de Navarre
Rois de Castille
(1er) 1037-1065 Ferdinand Ier
(Der) 1504-1516 Jeanne Ire

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le royaume de Castille (en espagnol : Reino de Castilla) est un ancien royaume du Moyen Âge qui trouve ses origines au nord de la péninsule Ibérique, dans l'actuelle Espagne. Annexée au départ par le royaume de Dom Sanche III, celui-ci la donna à son fils Ferdinand Ier, la Castille prit alors à ce moment-là le nom de royaume de Castille.

GéographieModifier

À la fin du Moyen Âge, le royaume de Castille s'étend depuis le golfe de Gascogne au nord jusqu'à l'Andalousie au sud et comprend la majeure partie du centre de la péninsule Ibérique.

ÉtymologieModifier

Le nom de Castille tire ses origines dans les tout premiers temps de ce que l'on nommera plus tard la Reconquista. Il apparaît vers l'an 800 lorsque le roi de l'époque, Alphonse II le Chaste, érige une ligne de forteresses dont le nom castillan est castillos, le long des frontières du royaume des Asturies, ancêtre du royaume de Castille[1].

HistoireModifier

 
Blason de Castille

Le mouvement de la Reconquista[2] émane, dans l'histoire espagnole, de la résistance du petit royaume des Asturies, qui fonde ensuite la Castille à partir des marches gagnées sur l'adversaire Al-Andalus, huit ans après la conquête musulmane de l'Espagne en 711. C'est depuis les Asturies que commence le lent processus de la Reconquista, à compter de 718 avec l'élection du roi Pélage le Conquérant, qui ne tarde pas à remporter sa première victoire contre l'envahisseur en 722 lors de la bataille de Covadonga.

Le début de l'ascension commence alors, sûrement dû aux nombreuses forteresses qu'on y bâtit, les castillos. Le centre de ce territoire au contact contesté entre maures et chrétiens fut Burgos, fondée en 882.

Sa première étape est la constitution de la Castille, de prime abord sous la forme d'un comté inféodé au royaume de León, de 850 à 1035, la Vieille-Castille. La Castille est placée sous la souveraineté des rois des Asturies puis de León entre le VIIIe siècle et le XIe siècle.

En 1010, le roi de Pampelune Sanche III Garcés épouse Munia Mayor de Castille. À la mort de son père en 1017, le frère de cette dernière, le nouveau comte García II de Castille n'ayant que sept ans, Sanche III assure la régence, jusqu'à régner officiellement sur la Castille à la suite de l'assassinat de García II en 1029. Le royaume de Pampelune est alors à son apogée. En 1035, Sanche III Garcés divise dans son testament le royaume de Pampelune entre ses trois fils. Ferdinand Ier reçoit le comté de Castille, et après sa victoire contre le León à la bataille de Tamarón (en) en 1037, fonde le Royaume unifié de Castille et León. En 1058, Ferdinand est à l'origine d'une série de guerres contre les Maures, se lançant à la conquête de ce qui allait devenir la Nouvelle-Castille. Afin d'attirer les colons, plusieurs avantages leur sont accordés, les fueros, les colons sont libres et des terres leur sont donnés à condition qu'ils la mettent en valeur et qu'ils la défendent contre les maures.

À la mort de Ferdinand en 1065, le royaume est partagé entre ses trois fils : l'aîné, Sanche, reçoit la Castille ; le cadet, Alphonse, reçoit le León ; et le benjamin, García, reçoit la Galice. Après une lutte fratricide Sanche meurt en 1072, probablement assassiné, et son frère Alphonse de León réunis une nouvelle fois la Castille et le León.

La région s'agrandit particulièrement sous le règne d'Alphonse VI (1065 – 1109) et d'Alphonse VII (1126 – 1157). La Castille fut alors la force politique prépondérante de toute l'Espagne chrétienne, la prise de Tolède en 1085 témoigne de cette force.

La moitié nord de la péninsule est reconquise. Mais l'apparition d'invasions venues d'Afrique vont alors menacer le monde chrétiens d'Espagne. Ces invasions se feront en deux temps : les Almoravides, qui débarquent en 1086, écrasent les Castillans à Uclés en 1108, puis les Almohades.

De plus, à la fin du siècle, la bataille d'Alarcos arrête temporairement la Reconquista. Cette défaite permet l'alliance des princes ibériques, qui conduira à la victoire de Las Navas de Tolosa en 1212 contre les Almohades, permettant la reprise de la basse Andalousie.

En 1230 a lieu l'union définitive entre la Castille et le Léon.

Sous Alphonse X, la vie culturelle et économique (reposant sur l'élevage principalement) du royaume se développe, avec l'exportation de matières premières. La ville de Burgos sera une des principales villes témoignant de la richesse économique du royaume. Alphonse X, octroie notamment sa protection aux marchands de Burgos et leur donne également des privilèges. Au sud de la Castille, la pêche y est fortement pratiquée ainsi que le commerce avec l'Afrique, l'Italie, ainsi que l'Europe du Nord. C'est également sous son règne que les institutions politiques prennent forme. Les Cortès comprennent des représentants du clergé[3], de la noblesse ainsi que des municipalités.

Mais une longue période de conflits internes suit, La nobleza[4] souhaite partager le pouvoir avec l'institution monarchique ou la mettre sous tutelle sans remettre en cause son autorité. En 1469, le mariage de Ferdinand II d'Aragon (plus tard Ferdinand V de Castille) et d'Isabelle Ire de Castille initie l'union de la couronne de Castille avec la couronne d'Aragon et ainsi à la création de la Monarchie catholique espagnole. Isabelle de Castille et son mari vont faire de la Castille une des premières puissances d'Europe.

La Castille va, dans une large mesure, faire l'Espagne. Sa langue, le castillan, deviendra l'espagnol, une langue à vocation universelle.

Acception actuelleModifier

Aujourd'hui, le nom de Castille existe dans deux communautés autonomes d'Espagne : Castille-La Manche et Castille-et-León. La communauté autonome de Castille-La Manche a pour capitale Tolède et comprend les provinces d'Albacete, de Ciudad Real, de Cuenca, de Guadalajara et de Tolède. Sa superficie est de 79 300 km2, pour une population de 1 700 000 habitants.

La communauté autonome de Castille-et-León a pour capitale Valladolid et comprend les provinces d'Ávila, de Burgos, de León, de Palencia, de Salamanque, de Ségovie, de Soria, de Valladolid et de Zamora. Sa superficie est de 94 200 km2 pour une population de 2 800 000 habitants.

La province de Madrid fut constituée seule en communauté autonome (la Comunidad de Madrid), bien qu'elle se situe en plein cœur de la Castille.

La Castille est la région la moins densément peuplée d'Espagne. Les pueblos, les villages, établis sur les points d'eau, sont très éloignés les uns des autres.

HéraldiqueModifier

HéritageModifier

Encore aujourd'hui, les enfants de la famille royale portent le titre de princes des Asturies et ce, uniquement depuis l'arrivée sur le trône de Castille de la dynastie Trastamare, en 1369. L'actuelle princesse des Asturies est Leonor, fille aînée du roi Felipe VI.

Notes et référencesModifier

  1. Philippe Delorme, Les Dynasties du monde, Paris, éditions Express Roularta, , 236 p. (ISBN 9782843436581), p. 15.
  2. Philippe Josserand, « Croisade et reconquête dans le royaume de Castille au XIIe siècle. Éléments pour une réflexion », Actes de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, vol. 33, no 1,‎ , p. 75–85 (ISSN 1261-9078, DOI 10.3406/shmes.2002.1828, lire en ligne, consulté le )
  3. Max Lejbowicz, « Philippe Josserand, Église et pouvoir dans la Péninsule ibérique. Les ordres militaires dans le royaume de Castille (1252-1369 », Cahiers de recherches médiévales et humanistes,‎ (ISSN 2115-6360 et 2273-0893, DOI 10.4000/crm.8093, lire en ligne, consulté le )
  4. Joseph F. O'Callaghan et Emilio Mitre Fernandez, « Evolucion de la nobleza en castilla bajo enrique III (1396-1406) », The American Historical Review, vol. 75, no 4,‎ , p. 1098 (ISSN 0002-8762, DOI 10.2307/1852295, lire en ligne, consulté le )

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier