Saragosse

commune espagnole

Saragosse
Zaragoza
Blason de Saragosse
Héraldique
Drapeau de Saragosse
Drapeau
Saragosse
La basilique du Pilar
et le pont de pierre sur l'Èbre.
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Statut Municipio
Communauté autonome Drapeau de l'Aragon Aragon
Province Drapeau de la province de Saragosse Province de Saragosse
Comarque Saragosse
District judic. Saragosse
Budget 785 400 490 € (2008)
Maire
Mandat
Jorge Azcón (es) (PP)
2019-2023
Code postal 50001 - 50021
Démographie
Gentilé - zaragozano/a (es)
- maño/a (pop.) (es)
- saragossan (fr)
Population 681 877 hab. ()
Densité 700 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 39′ 00″ nord, 0° 53′ 00″ ouest
Altitude 208 m
Superficie 97 378 ha = 973,78 km2
Distance de Madrid 325 km
Rivière(s) L'Èbre
Divers
Fondation 24 av. J.-C.
Patrimoine mondial Palais de la Aljafería, église San Pablo et une partie de la cathédrale (2001)
Saint patron Virgen del Pilar
Localisation
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Saragosse
Liens
Site web www.zaragoza.es

Saragosse (en aragonais et en espagnol : Zaragoza, du latin : Caesaraugusta) est une ville espagnole, capitale de la province du même nom et de l'Aragon.

Un important traité fut signé à Saragosse (traité de Saragosse) en 1529 entre Espagnols et Portugais pour le partage des découvertes du Nouveau Monde.

Elle compte 681 877 habitants en 2020, ce qui en fait la cinquième ville d'Espagne par la population.

ÉtymologieModifier

Son nom vient de Caesaraugusta ou Caesar Augusta en l'honneur de Caesar Divi Filius Augustus[1].

GéographieModifier

Saragosse est située sur les bords de l'Èbre à mi-chemin entre Madrid et Barcelone, environ 300 kilomètres de chacune d'elles, et à 340 kilomètres de Valence.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

ClimatModifier

Saragosse bénéficie d'un climat méditerranéen à tendance continentale sèche comme la majeure partie de l'intérieur de l'Espagne. Les températures connaissent d'importantes variations saisonnières et l'amplitude thermique entre le mois le plus froid et le mois le plus chaud est de l'ordre de 15 °C. La température la plus élevée relevée à Saragosse entre 1951 et 2010 fut 43,1 °C le 22 juillet 2009[2]. Le 26 août 2010 la seconde plus élevée est relevée à 42,8 °C[3].

Les précipitations sont faibles avec une pluviométrie annuelle de seulement 317 mm, le mois le plus arrosé étant mai avec 44 mm.

 
Climat à Saragosse
Relevé météorologique de Saragosse (période : 1971-2000)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,4 3,5 5,2 7,4 11,2 14,8 17,6 17,8 14,7 10,3 5,8 3,5 9,5
Température maximale moyenne (°C) 10,3 13,3 16,6 18,7 23,2 27,7 31,5 31 26,7 20,7 14,3 10,7 20,4
Précipitations (mm) 22 20 20 35 44 31 18 17 27 30 30 23 317
Nombre de jours avec précipitations 7 6 6 8 9 6 4 4 5 7 8 9
Source : Le climat à Saragosse (en °C et mm, moyennes mensuelles) worldweather.org


TransportModifier

 
Les arrêts de bus de Saragosse.

Saragosse constitue un nœud routier de tout premier rang, qui met en relation le centre de l'Espagne, Madrid, avec Barcelone. D'autre part Barcelone, ainsi que Valence avec le nord de la péninsule.

La ville est aussi pour le transport ferroviaire la plaque tournante du nord-est de l'Espagne, point de transit de la ligne ferroviaire à grande vitesse AVE qui relie Madrid et Barcelone en particulier, et encore au-delà de ces deux plus grandes villes espagnoles. D'autres relations concernent les régions du nord de l'Espagne avec celles de la façade méditerranéenne (Valence et, plus au nord, la Catalogne).

Aéroport international

L'aéroport international de Saragosse dessert un grand nombre de villes européennes. Des travaux d'adaptation et de modernisation de l'aéroport ont été effectués pour l'exposition internationale de Saragosse en 2008. Équipé d'infrastructures neuves, la capitale d'Aragon profite d'un aéroport moderne et spacieux. L'aéroport est situé à 10 km au sud-ouest du centre-ville de Saragosse.

 
Carte des pistes cyclables de Saragosse.
Transports urbains

Saragosse a, depuis le , sa première ligne ferroviaire (C-1) de proximité (Cercanías Zaragoza) reliant les gares de Casetas <> Utebo <> Delicias <> Portillo <> Goya <> Miraflores.

Les travaux d'aménagement de gare de Miraflores ont débuté en vue d'en faire la pierre angulaire de banlieue en raison de sa centralité et sa correspondance avec une ligne de tramway, réintroduit dans la ville en 2011.
Dans le futur, la ligne C-1 devrait s'étendre vers l'ouest et l'est, atteignant Alagón et El Burgo de Ebro près d'une deuxième ligne. Cette-ci, en projet, aura une disposition nord-sud (dont perpendiculaire à la ligne C-1 métropolitaine, mais partageant les voies dans la ville).

À long terme, cette deuxième ligne pourrait relier Zuera au nord de Saragosse et Maria de Huerva au sud de la métropole.

HistoireModifier

AntiquitéModifier

Les plus anciennes traces de présence humaine trouvées à Saragosse sont des fondations de maisons datant de l'Âge du bronze à la confluence des rivières de la Huerva et de l'Èbre, vers 630-600 av. J.-C.

Ce peuplement se développa durant le premier Âge du fer entre le VIIe siècle av. J.-C. et le début du Ve siècle av. J.-C.. Plusieurs maisons en brique crue ont été trouvées datant de cette période[4]

SalduieModifier

 
Revers d'un as de Salduie. Le nom de la cité apparaît en écriture ibérique.

Salduie est la cité du peuple ibère des Sedetani, organisée comme une cité-État, sur laquelle nous ne possédons des informations que depuis la deuxième moitié du IIIe siècle av. J.-C.. Au IIIe siècle av. J.-C., la cité occupait un terrain d'un hectare, à la confluence des rivières de l'Èbre et de la Huerva, et elle occupait 10 ha au Ier siècle av. J.-C.. Depuis le milieu du IIe siècle av. J.-C., elle frappait sa propre monnaie, bien que ces monnayages aient pu, peut-être, être initiés un siècle auparavant. Sur ces monnaies ibériques, le nom de la cité ibère : « Saltuie » ou « Salduie » est mentionné, et non « Salduba » comme cela fut interprété, par erreur, à cause du nom latin de la cité donné dans un texte de Pline l'Ancien, « Salduvia »[5]. Cependant, ce n'était pas la cité la plus importante de la zone : d'autres villes des Sedetani comme Sedeisken, Kelse ou Azaila la surpassaient, au moins jusqu'à la fin du IIe siècle av. J.-C..

Au IIIe siècle av. J.-C., les Sedetani, à la différence de leurs voisins puissants les Ilergetes qui étaient alliés à Carthage, furent alliés aux Romains lors de la deuxième guerre punique. La première mention de ce peuple est faite par Tite-Live, lorsqu'il décrit comment, en réponse à une attaque des Ilergetes sur les Sedetani, les Romains les vainquirent et tuèrent leurs chefs Indibilis et Mandonius.

CaesaraugustaModifier

 
La cité romaine de Caesaraugusta superposée au plan de la ville actuelle:
1.- Decumano (actuelle rues Mayor, Espoz y Mina et Manifestación)
2.- Cardo (actuelle calle Don Jaime)
3.- Forum de Caesaraugusta
4.- Port fluvial
5.- Thermes publics
6.- Theatre
7.- Muraille[6]

La ville devient cité Romaine, colonia inmune sous le nom de Caesaraugusta sous Octave Auguste qui la refonde pour les vétérans des guerres cantabriques, entre 25 et 12, sans doute en 14. Son plan est rectangulaire, sa superficie est de 47ha entre les actuelles calle del Corso, à l'Est, l'avenue de César Augusto, à l'Ouest, et lEbre au Nord. Elle devient le centre urbain le plus important de la province.

 
Musée du Théâtre romain de Caesaraugusta
 
Siège de Saragosse par Childebert et Lothaire en 533


Moyen ÂgeModifier

La ville, est pillée en 449 par le roi des Suèves, Rechiaire qui la conquiert en 452, puis elle se trouve dans le domaine des Wisigoths, à partir de 466.

Après la bataille de Vouillé en 507 contre les Francs, le royaume wisigoth se replie vers la péninsule Ibérique. La ville est si riche que les rois francs Childebert et Clovis ont tenté de la conquérir (siège de 541) mais sans succès[7].

En 592, sous la présidence de l'évêque Maxime de Saragosse, un concile local y est tenu par les chrétiens nicéens du royaume wisigoth, alors dirigé par le roi Récarède Ier, converti au christianisme nicéen depuis 587, et opposé à l'arianisme, répandu chez les Goths.

Au septième siècle, les évêques Braulio de Zaragoza et Tajón en font un centre urbain architectural florissant.

En 714, les Berbères et les Arabes de Musa ibn Nusair prennent le contrôle de la ville et la rebaptisent Medina Albaida Saraqusta (سرقسطة). La ville intègre l'émirat de Cordoue. Saragosse grandit jusqu'à devenir la plus grande ville du nord de l'Espagne contrôlée par les musulmans ; par conséquent elle devient la principale ville nord de l'émirat de Cordoue foyer de nombreuses intrigues politiques.

En 777, Charlemagne est invité par Hussein, le wali (gouverneur) de Saragosse, à accepter la soumission de la ville. Mais en marchant avec son armée jusqu'aux portes de la ville, Charlemagne constate qu'Hussein a changé d'avis ; il est forcé de se retirer face à la défense organisée de la ville contre ses attaques, ainsi que contre les Basques sur ses arrières (épisode de la Chanson de Roland). Quatre ans plus tard, l'émir Abd al-Rahman Ier envoie une armée pour reprendre la ville. La famille Hussein se révolte à nouveau en 788, et le chef des Banu Qasi, famille noble d'origine wisigothique mais convertie, est tué en réprimant l'insurrection. D'autres rébellions ont lieu, celles lancées par Matruh al-Arabi (789), Bahlul Ibn Marzuq (798) et Amrus Ibn Yusuf (802) ; ce dernier conclut un accord avec l'émir de Cordoue et conserve le contrôle de la ville.

SaraqustaModifier

 
Saraqusta sur le plan de l'actuelle ville de Saragosse
  • Médina de Saraqusta
  • Quartier juif
  • Quartier mozarabe
  • Arrabales (quartiers voisins en dehors des murs principaux de la cité)
  • Marché
  • Almusara

La ville est dominée en 852 par Musa ibn Musa, dit «Moro Muza» des Banu Qasi, mais après une défaite face aux chrétiens en 861 il est démis de ses fonctions sur la ville par l'émir de Cordoue, la ville est reprise par son fils Ismaïl une décennie plus tard, reprise, avant que Muhammad ibn Lubb ibn Qasi se rebelle contre l'émir de Cordoue en 884 et selon le chroniqueur Ibn Hayyan ne vende la ville à Raymond Ier de Pallars-Ribagorce. Mais Saragosse est immédiatement reprise par l'émir de Cordoue, rachétée en 884 par l'émir de Courdoue Mohámed I de Cordoue pour 15000 dinars d'or et donnée en 886 aux Toujibides.En 890, Muhammad Alanqar en devient gouverneur. En dépit d'un siège de dix-sept années mené par les Banu Qasi, les Toujibides continuèrent à tenir la ville, qui devint de plus en plus puissante. Zone tampon avec les royaumes catholiques, la ville conserve une certaine autonomie vis-à-vis de Cordoue, et au Xe siècle, elle est un lieu de communication avec les autres religions du livre (avec un quartier juif important). La décomposition du royaume de Cordoue en fait en 1018, la capitale d'un royaume indépendant, le Taïfa de Saragosse

Taïfa de SaragosseModifier

De 1018 à 1118, Saragosse est un des royaumes de taïfa, états musulmans apparus au XIe siècle après la fin du califat de Cordoue. De 1018 à 1038, la ville est dirigée par les Banu Tujib de Mundir I. En 1038, ils sont remplacés par les Banu Hud, dont Al-Muqtadir (1046-1081) qui agrandissent le royaume en annexant la taifa de Tortosa, la taifa de Denia et une partie de la taifa de Valencia. Ils construisent un splendide palais fortifié, la Aljafería, à partir de 1065. La dynastíe hudí doit s'imposer sur deux fronts: maintenir son indépendance vis-à-vis des almoravides et des chrétiens du royaume d'Aragon et d'autre part elle doit gérer une difficile alliance avec le Cid de Valence et ses maîtres castillans, contre les Almoravides. Après la mort du Cid, son royaume est occupé par les Almoravides qui, vers 1100, réussissent à traverser l'Èbre à Barbastro.

Les Banu Hud résistent aux Almoravides jusqu'en mai 1110 et la ville tombe aux mains des Almoravides. Le dernier sultan des Banu Hud, Abd-al-Malik Imad ad-Dawla, dernier roi de Saragosse, conclut une alliance avec les Aragonais dirigés par Alphonse Ier le Batailleur qui, avec ses alliés occitans et croisés français conquiert la ville le 18 décembre 1118 et en fait sa capitale. Les Musulmans de Saragosse font partie de ses troupes régulières mais la population musulmane est transférée dans un nouveau quartier hors les murs (quartier neuf de la moriera), tandis que le noyau urbain est repeuplé par les "francs" et baillé en fief à Gaston IV de Béarn.

À la fin du XIIIe siècle, le couvent de la Résurrection est construit à l'angle nord-est de la muraille romaine de Saragosse. C'est un chef-d'œuvre du style mudéjar dont la trace est évidente dans les tours des églises de la Magdalena, San Pablo, San Gil et San Miguel, la Tour de Zuda et le mur de la cathédrale de La Seo[8].

 
Architecture mudejar, cathédrale de La Seo

La ville devient le cœur d'une association de la noblesse aragonaise visant à conserver ses privilèges face au pouvoir royal, l'Unión Aragonaise, écrasée par Pierre le Cérémonieux en 1384. Avec l'union de la Castille et de l'Aragon elle perd son statut de capitale et l'établissement de l'Inquisition provoque des révoltes importantes allant jusqu'à l'assassinat de l'Inquisiteur Pedro Arbués en 1485.

La ville incorpore des faubourgs populaires (San Pablo et las Tenerías) et multiplie des institutions catholiques dont l'université. La croissance urbaine est certaine malgré l'expulsion des juifs en 1492 (25 000 habitants en 1548).

Communauté juiveModifier

 
Carte de (es) l'aljama juive de Saraqusta (entourée de murailles fermées par six portes) sur l'actuel plan de Saragosse. Au Nord, sous la rivière Ebre, figurait l'aljama musulmane, non-colorée. Orange : ancien quartier juif. Rose: Nouveau quartier juif. 1 : Grande synagogue. 2 : Petite synagogue. 3 : Synagogue Neuve de Bicorolim (Biqqur Holim édifiée en 1382). 4 : Synagogue des sept callizos. 5 : Mikveh (bains rituels). 6 : Alcaicería. 7 : Porte Alquibla ou Porte de Valence.

La communauté juive de Saragosse est présente depuis l'Antiquité et y connaît des fortunes diverses avec des périodes fastes alternant avec des moments difficiles tant sous le croissant que sous la croix.

Au Moyen Âge, les Juifs de Saragosse du Xe siècle forment une congrégation florissante de la ville alors que les guerres civiles entre musulmans font rage. Plusieurs érudits juifs, notamment le philologue Yona Ibn Janah, le philosophe Salomon ibn Gabriel ou le poète grammairien Moshe ibn Gikatilla, tiennent des positions élevées sous le roi (en) ibn al-Yahya Mundhir[9].

Après la reconquête de la ville en 1118, Alfonso Ier d'Aragon (1073-1134), « el Batallador », octroie des libertés et privilèges aux musulmans et Juifs du territoire saragossan[9]. Jacques Ier (1208-1276) déclare que tous les Juifs de son empire sont sa propriété. Le Juif le plus riche et le plus respecté d'Aragon est Don Juda ou Jehudano (es) de la Cavallería (vers 1230-1286)[10], bailli en chef de Saragosse et même de tout le royaume. Il est fréquemment consulté par le roi dans les affaires de l'État et en 1263 et dispose d'une flotte par ordre royal[9].

Les Juifs vivent dans un quartier séparé des Chrétiens de Saragosse : la chuderia, judería ou juiverie (imposée à partir de 1412[11]). Elle se situe alors à l'intérieur de la vieille ville, entre la Iglesia de San Gil, la Calle San Jorge, la Plaza Magdalena et le Coso. Ceinte d'une muraille percée de six portes de communication avec le quartier chrétien, la juderia s'organise autour de la principale synagogue qui se dresse sur l'emplacement actuel du Seminario de San Carlos. Au XVe siècle, le quartier juif déborde de sa muraille et gagne de nouvelles rues entre le Coso et la Calle San Miguel[12]. Ce nouveau quartier juif doit correspondre aux rues Flandro, Hermanos Ibarra et Rufas.

La communauté juive est organisée en aljama (Yama 'al-Yahud) sous la domination musulmane et avant l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492[13]. L'aljama de Saragosse constitue l’ensemble des institutions sociales, religieuses et judiciaires qui gouvernent la communauté et la représentent. Elle se réfère également à la synagogue qui sert aussi de salle de réunion. L'organisation de l'aljama est semblable à celle de la ville : elle dispose d'un conseil et d'un organe exécutif[14].

 
Rue principale de l'ancienne Juderia (aljama) de Saragosse

La communauté formait une micro-société à côté de la société chrétienne avec laquelle les Juifs étaient en relation constante de par leur activité professionnelle. Ils se cantonnaient à certains domaines car les lois chrétiennes leur interdisaient certains secteurs précis comme l’armée. Ils excellaient dans la médecine (en partie, grâce à la possibilité qu'ils ont de pratiquer des autopsies interdites aux médecins chrétiens). Ils sont souvent commerçants et pratiquent le prêt d'argent, activité aussi prohibée aux chrétiens[15].

Les lois espagnoles leur interdisent souvent le port de vêtements luxueux, de bijoux voyants et même de monter à cheval. Comme ailleurs, ils sont aussi bien plus lourdement imposés et taxés que le reste de la population de Saragosse. Ils mènent donc une existence plutôt discrète à l’ombre de la société des chrétiens dont ils restent bien séparés car les mariages mixtes sont interdits ainsi que toute relation charnelle entre chrétiens et juifs qui est passible de la peine capitale[16].

En 1240 nait un cabaliste juif de Saragosse appelé Abraham Abulafia qui assurait être le Messie et qui alla à Rome afin de convaincre le pape[17].

 
Rue Mateo Flandre qui était l'un des « sept callizos » (blocs, rues) de la Saragosse juive, où se trouvait la synagogue des Sept Callizos au Moyen Âge

L'année 1391 marque la fin de cette coexistence avec les discours enflammés de l'archidiacre Ferrán González qui conduisent la population de Séville à mettre le feu à sa judería ; ce mouvement se poursuit sur toute l'Espagne, évitant miraculeusement Saragosse grâce à la présence du roi et de celle du rabbin de la ville, l'éminent philosophe talmudiste Hasdaï Crescas - mais pour échapper aux massacres, de nombreux Juifs doivent se convertir ou préfèrent se suicider. C’est également le temps de saint Vincent Ferrier (1350-1419), dominicain de Valence qui prêche avec éloquence et un grand sens de la mise en scène (dans les cimetières, au crépuscule...) en Espagne dans les années 1410 et en France pour la conversion des Juifs par la persuasion[18] et est à l’origine de nombreuses conversions[19]. La Disputation de Tortosa (1413-1414) où sont défendus de manière inéquitable les mérites des deux religions, constitue aussi une grande catastrophe pour la communauté juive séfarade avec la conversion de nombre de rabbins, de fidèles israélites et la disparition de nombreuses communautés juives d'Espagne[20].

Sur le mur de la paroisse de la cathédrale de La Seo peut être aperçue l'étoile de David, un exemple unique dans le monde où les fois musulmane, chrétienne et juive sont ensemble[21].

Le point culminant de la crise anti-juive arrive avec l’Edit d’Expulsion de 1492, année cruciale, par lequel Isabelle et Ferdinand, Rois Catholiques, ordonnent le départ des Juifs d'Espagne qui refusent de se convertir au catholicisme et qui jettent sur les mers et les chemins de l’exil plusieurs milliers de Juifs espagnols de très longue date, fuyant vers des cieux plus cléments : Portugal, Navarre, papauté d'Avignon, Italie, Afrique du Nord, empire ottoman[22].

Mais les nouveaux chrétiens (conversos) fraîchement convertis de force et sans catéchèse sont surveillés de près et harcelés par l’Inquisition, institution implantée dès 1232 en Aragon pour lutter contre ce qu'elle entend par«  hérésies » et qui relève de l’Église. En 1478, la bulle du pape Sixte IV autorise les Rois Catholiques à nommer eux-mêmes les inquisiteurs espagnols, ce qui fait de l'Inquisition une affaire de l’État. Les Aragonais résistent à cette implantation et assassinent même en 1485 Pedro Arbués, premier inquisiteur (qui sera canonisé en 1867), nommé à Saragosse l’année précédente. La répression par Torquemada est terrible et la communauté conversa aragonaise paie un lourd tribut[15] : à Saragosse, s'organise un gigantesque auto da fé auquel sont invités même les grands d'Espagne et au cours duquel sont brûlés vifs des centaines d'hérétiques ou présumés tels.

Les Juifs convertis qui pratiquent en secret le judaïsme sont des crypto-juifs appelés péjorativement « marranes », ce qui veut dire « porcs ». Ils restent persécutés par leurs voisins et poursuivis par l'Inquisition qui leur intente de nombreux procès lors de spectaculaires auto da fé où ils doivent s'humilier en portant le sambenito et le (es) coroza. avant d'être parfois jetés au bûcher.

 
Vue de Zaragoza par Juan Bautista Martínez del Mazo, 1647

À la même époque, les dits « vieux-chrétiens », jaloux de la rapide ascension sociale de certains conversos, essaient de protéger leurs privilèges en instituant les statuts de « pureté de sang » (limpieza de sangre) qui interdisent à toute personne ayant des ancêtres juifs ou musulmans l’accès à un grand nombre de charges et fonctions. Se diffuse alors vers 1550, une œuvre manuscrite connue sous le nom de « Libro Verde de Aragón » qui révèle et démontre (avec des erreurs probablement volontaires) les origines juives des familles les plus puissantes du royaume[23]. L'ouvrage est brulé dans un auto da fé sur la place du marché de Saragosse, en 1622, et interdit par la Pragmatique de 1623[16], bien que quelques exemplaires soient parvenus jusqu’à nous[15].

 
Menorah sur la maison des Morlanes

De la communauté juive de Saragosse, il ne reste que les bains rituels utilisés comme synagogue, hôpital, boucherie et prison dont le terrain est occupé maintenant par le Séminaire de San Carlos. Il descendait les rues de Don Jaime, Veronica, place San Pedro Nolasco, rue Santo Dominguito, place San Carlos et rue de San Jorge[8].

Ángel Sanz Briz, né à Saragosse, était appelé « l'ange de Budapest » car pendant la Seconde Guerre mondiale, il sauvait 5 000 juifs de l'Holocauste, 4 000 de plus que Oskar Schindler[24].

XIXe siècleModifier

 
Plan de la ville et ses environs, v. 1840

Au début du XIXe siècle, Saragosse est le théâtre de deux sièges (en 1808 et 1809) pendant la guerre d'Indépendance espagnole, au cours desquels les Aragonais montrent leur détermination en opposant une résistance farouche aux troupes napoléoniennes, illustrant ainsi la volonté d'indépendance du peuple espagnol.

En juin 1808, la ville est investie une première fois par les Français, qui lèvent le siège le 14 août à l'annonce de la défaite de Bailen. Mais le 21 décembre, le maréchal Jean Lannes réapparaît avec 18 000 hommes. Jusqu'au 20 février 1809, jour de la capitulation, les habitants résistent farouchement sous les ordres du général José de Palafox y Melzi. Stimulés par le "fanatisme des moines" et le courage de personnages hauts en couleur (el tio Jorge, Agustina etc.), ils rendent impossibles les combats à découvert. C'est à la mine, dans les sous-sols, que les sapeurs de Lannes doivent progresser, maison par maison. À l'heure de la reddition, la ville a perdu, par les armes, la famine et les épidémies, plus de la moitié de ses habitants : 54 000 personnes.

À la suite de cette dévastation par l'armée française), la ville a été, en grande partie, reconstruite au XIXe siècle [25]Seule la porte du Carmen porte encore les traces de la mitraille[26].

XXe et XXIe sièclesModifier

La ville

Juan Alberto Belloch, membre du PSOE, est maire de la ville depuis les élections municipales du , ayant battu le maire sortant, José Atarés Martínez. Il fait tandem avec le président de la région autonome d'Aragón, Marcelino Iglesias, également membre du PSOE. Fin 2007 est présenté un grandiose projet de l'International Leisure Developpement intitulé Gran Scala qui veut ainsi créer près de Saragosse une véritable cité à vocation touristique alliant jeu, loisirs et culture.

Saragosse a organisé l'exposition internationale (et non universelle) de 2008. Le thème central était L'Eau et le Développement durable, préfigurant les grandes ambitions de la ville. 106 pays y participèrent, et plus de cinq millions de visiteurs sont passés par Expo Zaragoza 2008 durant les 93 jours d'ouverture[27]. Ce fut une belle vitrine pour la ville, qui mit ainsi en avant sa capacité à organiser des évènements internationaux majeurs.

Politique et administrationModifier

MairesModifier

Liste des maires
Période Identité Parti Qualité
1931-1932 Sebastián Banzo Urrea Parti républicain radical -
1932-1933 Manuel Pérez-Lizano y Pérez Droite libérale républicaine -
1933-1933 Mariano Augusto Muniesa Belenguer Parti républicain radical-socialiste -
1933-1933 Federico Martínez Andrés Parti républicain radical-socialiste - Parti républicain radical-socialiste indépendant -
1934-1936 Miguel López de Gera Parti républicain radical -
1936-1936 Federico Martínez Andrés Gauche républicaine -
1936-1937 Miguel López de Gera - -
1937-1939 Antonio Parellada García Mouvement national -
1939-1941 Juan José Rivas Mouvement national -
1941-1946 Francisco Caballero Ibáñez Mouvement national -
1946-1949 José María Sánchez Ventura Mouvement national -
1949-1954 José María García Belenguer - -
1954-1966 Luis Gómez Laguna Mouvement national -
1966-1970 Cesáreo Alierta Mouvement national -
1970-1976 Mariano Horno Liria Mouvement national -
1976-1979 Miguel Merino Pineda Mouvement national -
1979-1986 Ramón Sainz de Varanda y Jiménez de la Iglesia PSOE -
1986-1995 Antonio González Triviño PSOE -
1995-2000 Luisa Fernanda Rudi PP -
2000-2003 José Atarés Martínez PP -
2003-2015 Juan Alberto Belloch PSOE -
2015-2019 Pedro Santisteve Saragosse en commun -
2019- Jorge Azcón PP -

JumelagesModifier

La ville de Saragosse est jumelée avec les villes suivantes :

De plus, Saragosse a signé des accords de coopération avec :

ÉconomieModifier

Saragosse est la quatrième ville d'Espagne en fonction de l'indice d'activité économique. Le Groupe PSA dispose d'une unité de production depuis 1982 à Figueruelas à 25 km au nord-ouest de Saragosse. Le constructeur automobile français y assemble des modèles Opel, notamment la Corsa et le monospace Mériva.

Situé entre les autres quatre plus importantes villes d'Espagne ; Madrid, Barcelone, Bilbao et Valence, Saragosse devient un grand centre économique.

 
Torre del agua Saragosse.
 
World Trade Center Zaragoza.

Des projets tels que Plataforma Logística de Zaragoza (PLAZA) (le plus important d'Europe du Sud avec ses 12,5 millions de m²) ont dynamisé le secteur de la logistique au cours des dernières années, avec un accent particulier sur l'élan acquis par l'aéroport de Saragosse en matière de transport de marchandises (deuxième en Espagne en 2020, derrière Madrid)[29]. Parmi les entreprises implantées dans la Plaza, on trouve Amazon Web Services, Dell et Inditex (marques Zara, Massimo Dutti…).

Ce genre d'initiatives commerciales majeures a encouragé la création de bureaux dans la ville, tels que le World Trade Center de construction ou l'espace de l'exposition internationale de Saragosse de 2008.

DémographieModifier

Lieux et monumentsModifier

Personnalités nées à SaragosseModifier

CultureModifier

Saragosse est le cœur culturel de l'Aragon et une des plus importantes villes d'Espagne. Le premier film d'Espagne a été réalisé à Saragosse : Salida de misa del Pilar en 1896 (Sortie de messe du Pilar en 1896)[32] La ville comprend plusieurs théâtres : Teatro Principal, Teatro del Mercado, Teatro de la Estación, Teatro de las Esquinas, Teatro Fleta et un théâtre de marionnettes Teatro Arbolé.

La musique a été présente avec des groupes Pop des années 80 comme Radio Futura, des groupes Rock comme Heroes del Silencio ou le pop le plus indie comme Tachenko. Saragosse a été aussi présente dans la musique classique car l'opéra Il Trovatore de Giuseppe Verdi était inspiré en regardant la tour del Trovador au Palais musulman de la Aljafería[33].

Saragosse est la capitale espagnole du Hip-Hop. Des nombreux artistes MC's, chanteurs et chanteuses, sont nés dans la ville comme Rapsusklei, Kase.O, Violadores del Verso[34].

MuséesModifier

La ville possède de nombreux musées dont le musée de Saragosse, qui héberge des œuvres d'archéologie, des beaux-arts, d'ethnologie et de céramique.

L'historien de l'art et collectionneur José Camón Aznar fit don de sa collection à l'Aragon via la création du Musée et Institut d'Humanités Camon Aznar, actuellement géré par les fonds sociaux de la banque Ibercaja. Il comprend entre autres œuvres L'Assomption de la Vierge réalisée en 1789-1790 par Francisco Bayeu et aussi la collection complète des gravures de Goya.

Le musée du feu et des pompiers existe également[35].

Il y a aussi trois musées romains : Musée des Thermes de Caesaraugusta (es)[36], Musée du Port Fluvial de Caesaraugusta (es)[37] et le Musée du forum de Caesaraugusta.

L'art contemporain est notamment représenté avec les musées consacrés aux artistes aragonais Pablo Gargallo et Pablo Serrano[38].

FêtesModifier

 
Offrande de fruits lors des Fêtes du Pilar.

SportsModifier

FootballModifier

HandballModifier

  • La ville disposait d'un important club de handball, le BM Aragón.

Basket-ballModifier

Le club d'handibasket CAI DA, affilié au Zaragoza 2002, organise en avril 2015 la phase finale de la Coupe d'Europe Willi Brinkmann (EC3)[40].

Arrivées du Tour d'EspagneModifier

* deux arrivées à Saragosse dans le même Tour d'Espagne

Voir aussiModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Jean-Louis Davant (préf. Lorea Uribe Etxebarria), Histoire du peuple basque, Bayonne; Donostia, Elkar argitaletxea, coll. « Collection Histoire », , 11e éd. (1re éd. 1970), 352 p. (ISBN 9788497835480 et 8497835484, OCLC 49422842). Zarautz, au Pays basque, a la même origine étymologique.
  2. [1].
  3. [2].
  4. Miguel Beltrán Lloris et Guillermo Fatás Cabeza, Historia de Zaragoza, vol. 1. Salduie, ciudad ibérica, Zaragoza, p. 7.
  5. Miguel Beltrán Lloris et Guillermo Fatás Cabeza, Historia de Zaragoza, vol. 1. Salduie, ciudad ibérica, p. 27-30.
  6. Les fouilles récentes suggèrent que la muraille au moins à l'Est où la ville était protégée par la Huerva ne furent construites que pendant la seconde moitié du troisième siècle.Mostalac Carrillo et Biel Ibáñez 2008, p. 678.
  7. (es) « Los visigodos en Aragón », sur www.enciclopedia-aragonesa.com (consulté le ).
  8. a et b « Saragosse ville des 4 cultures. Découvrir », sur www.doscatedrales.com (consulté le ).
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  10. M. Kayserling, « The Jews of Spain », The Jewish Quarterly Review, vol. 8, no 3,‎ , p. 486–499 (ISSN 0021-6682, DOI 10.2307/1450081, lire en ligne, consulté le ).
  11. Salomon Mitrani-Samarian, « Revue des études juives - n°108, p.241-245, Un sermon valencien de saint Vincent Ferrer », .
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  14. Jacqueline Guiral-Hadziiossif, Meurtre dans la cathédrale : Les débuts de l'Inquisition espagnole, Editions Bouchène, (ISBN 978-2-35676-104-0, lire en ligne), chap. 1.
  15. a b et c Monique Combescure Thiry (FRAMESPA-Université Toulouse 2-Le Mirail), « Les conversos aragonais et le Libro Verde de Aragon. Les Juifs dans la société Médiévale en Catalogne »,Journée d'étude : Les Juifs dans la société Médiévale en Catalogne, juillet 2008, Palau de Cerdagne (Pyrénées Orientales), France. hal- 00486491
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  17. (es) « Sefardíes, España en el corazón », sur XLSemanal, (consulté le ).
  18. Par ailleurs, Normand Rousseau, maître en sciences bibliques, affirme dans « Monsieur Jésus » et dans Les assassaints et les assassinées en 2015 que « Vincent Ferrier incendiait des synagogues », p. 574.
  19. Salomon Mitrani-Samarian, « Revue des études juives - n°108, p.241-245, Un sermon valencien de saint Vincent Ferrer », .
  20. MOTIS DOLADER, Miguel Ángel, « Las comunidades judías del reino de Aragón en la época de Benedicto XIII (1394-1423) : estructuras de poder y gobierno aljamial » in VI Centenario del Papa Luna 1394-1994, Calatayud, Centro de Estudios Bilbilitanos, Institución « Fernando el Católico », 1996, pp. 113-164.
  21. (es) El Periódico de Aragón, « El muro de la parroquieta de La Seo es único en el mundo pues une a musulmanes y judíos », sur El Periódico de Aragón (consulté le ).
  22. LEROY, Béatrice, L'Expulsion des Juifs d'Espagne, Paris, Berg International Editeurs, 1990, p. 138-150 et MECHOULAN, Henry, Les Juifs d'Espagne : histoire d'une diaspora, 1492-1992, Paris, Liana Levi, 1992, 721 p..
  23. GALLEGO, André, « Le Libro verde de Aragón ou la peur de la tache » in L’individu face à la société. Quelques aspects de peur sociales dans l’Espagne du Siècle d’Or, Toulouse, PUM, 1994, pp. 27-37.
  24. (es) James Badcock, « El español que salvó a miles de judíos en la Segunda Guerra Mundial pero no es héroe en su propia tierra », BBC News Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. Los sitios de Zaragoza. Guerra a muerte, Raymond Rudorff, Grijalbo.
  26. « La puerta del Carmen ».
  27. Linda, « Exposition internationale Saragosse 2008 (Zaragoza) », sur ESPAGNE FACILE, (consulté le ).
  28. Annuaire des villes jumelées.
  29. (es) Heraldo de Aragón, « El tráfico de mercancías en el aeropuerto de Zaragoza crece un 20,6% anual en enero », sur heraldo.es (consulté le ).
  30. (es) « Arquitectura renacentista de Zaragoza », dans Wikipedia, la enciclopedia libre, (lire en ligne).
  31. (en) Charles Cawley, « Infante don Alfonso de Aragón (Alphonse III d'Aragon, 1265-1291), et fratrie », dans « Aragon, kings », ch. 3 : « Kings of Aragon (Condes de Barcelona) », section A : « Kings of Aragon 1137-1410 », sur medlands (consulté le ).
  32. Sánchez Vidal, Agustín., Los Jimeno y los orígenes del cine en Zaragoza, Patronato Municipal de las Artes Escénicas y de la Imagen, (ISBN 84-8069-031-3 et 978-84-8069-031-7, OCLC 434229475, lire en ligne).
  33. (es) « El trovador. Una historia de amor desde Zaragoza al mundo », sur Blog de Zaragoza Turismo, (consulté le ).
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  36. (es) « Museos - patrimonioculturaldearagon.es », sur www.patrimonioculturaldearagon.es (consulté le ).
  37. (es) « Museos - patrimonioculturaldearagon.es », sur www.patrimonioculturaldearagon.es (consulté le ).
  38. (es) Oficina de Participación, Transparencia y Gobierno Abierto, « Cultura. Ayuntamiento de Zaragoza », sur www.zaragoza.es (consulté le ).
  39. Aragon turismo.
  40. (es) « El XXX Trofeo Ibercaja Ciudad de Zaragoza de baloncesto en silla de ruedas contará con ocho equipos de primer orden europeo », sur zaragoza.es, (consulté le ).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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