Residencia de Señoritas

Université espagnole (1915-1939)
Residencia de Señoritas
Fundación Ortega-Marañón (Madrid) 01.jpg
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Fondation
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Résidence universitaire (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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La Residencia de Señoritas est une institution universitaire espagnole et le premier établissement officiel destiné à promouvoir l'enseignement universitaire pour les femmes. Créée en 1915 par Maria de Maeztu, pédagogue de l'Institution libre d'enseignement, la Résidence cesse de fonctionner à la fin de la guerre d'Espagne en 1939, à l'arrivée au pouvoir des nationalistes de Franco.

HistoireModifier

La Residencia de Señoritas ouvre à Madrid en avec 30 élèves inscrites dès la première année. L'institution s'installe dans un bâtiment loué par l'Instituto Internacional (es), calle de Fortuny, laissé vacant par le déménagement de la Résidence d'étudiants dans un autre site de Madrid[1].

Très vite, le succès[2] des inscriptions entraîne la dispersion provisoire des cours dans d'autres locaux autour des rues Fortuny, Rafael Calvo et Miguel Ángel, près du Paseo de la Castellana[3].

De 1933 à 1939, toutes les salles de classes, l'administration et les services sont réunis dans un nouveau pavillon du jardin de la propriété Fortuny, bâti par les architectes Carlos Arniches Moltó et Martín Domínguez Esteban[4].

L'objectif principal de la résidence est la promotion de l'éducation universitaire pour les femmes, et sur beaucoup d'aspects, elle suit le modèle de la résidence d'étudiants qui est son équivalent masculin. Les étudiantes disposent de logements, de laboratoires et d'une bibliothèque où sont assurés les premiers cours de science des bibliothèques[5].

On retrouve deux profils principaux d'étudiantes, comme le décrit la dramaturge Blanca Baltés dans son ouvrage Beatriz Galindo en Estocolmo. D'une part, les maridas (« mariées »), épouses de membres éminents de la grande société espagnole, qui s'inscrivent à leur frais. D'autre part, les étudiantes plus progressistes, férues des courants artistiques de l'époque et mues par la liberté du courant de Las Sinsombrero ("Les Sans-chapeau")[6].

Élèves, professeures et collaboratricesModifier

La grande majorité des femmes qui comptent dans la société espagnole d'avant-guerre sont liées à la résidence, telles que Delhy Tejero et Josefina Carabias[7].

 
Siège de la Residencia de Señoritas, à Madrid

Parmi les anciennes élèves, on retrouve des pédagogues, comme María Sánchez Arbós, Juana Moreno, María Comas Camps, Carmen Castilla, Margarita de Mayo Izarra et Carmen Isern, des scientifiques, comme María García Escalera ou Cecilia García de Cosa, des figures politiques comme Victoria Kent et Matilde Landa[8] et des juristes comme Matilde Huici[9].

L'actrice María del Carmen García Lasgoity, comédienne de la Barraca durant la République, est l'une des anciennes élèves.

María Goyri, María Zambrano, Victorina Durán et Maruja Mallo y ont enseigné.

Zenobia Camprubí, Gabriela Mistral, Victoria Ocampo, María Martínez Sierra, Clara Campoamor, Concha Méndez, María Martos et Julia Iruretagoiena ont également collaboré au projet[10].

Associations et échangesModifier

Le Lyceum Club Femenino et l'Asociación Universitaria Femenina sont créées au sein de la résidence.

L'établissement maintient une étroite relation avec l'Instituto Internacional (es), qui soutient la résidence matériellement et humainement, avec de nombreux échanges avec des étudiantes et des professeures étrangères.

Au fil des années, la résidence accueille des invitées prestigieuses, comme Marie Curie[11], et échange régulièrement avec les grandes institutions féministes internationales, comme l'International Federation of University Women, qui a célébré son congrès de 1928 à Madrid et dont les participantes sont accueillies dans la résidence, ou encore la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté.

Guerre d'Espagne et démantèlementModifier

Lorsque la guerre d'Espagne éclate en 1936, la résidence est pratiquement vide, les étudiantes étant alors en vacances d'été. Ses installations servent alors d'hôpital et d'orphelinat.

L'arrivée au pouvoir des nationalistes met un terme à l'université. Maria de Maeztu doit s'exiler tandis que le régime franquiste met en place la politique d'épuration contre les fonctionnaires fidèles à la République.

L'établissement ouvre de nouveau le , complètement transformé sous la direction de Matilde Marquina García, membre de la Section Féminine de la Phalange. L'école prend le nom de Colegio Mayor Santa Teresa de Jesús et prohibe les principes de l'Institution libre d'enseignement. Matilde Marquina épargne néanmoins Eulalia Lapresta, ancien bras droit de María de Maeztu, et Enriqueta Martín qui devient chargée de la bibliothèque. Le poste de "conseiller religieux", occupé par le prêtre Félix García Vielba[12], est ajouté à la nouvelle organisation.

Archives et récupération historiqueModifier

 
Residencia de Señoritas.

La démocratie revenue, le collège est déplacé dans les années 1980 dans la Cité Universitaire de Madrid. L'ancien siège de la Residencia de Señoritas devient le siège de la Fondation José Ortega y Gasset[13].

Les archives de la Residencia de Señoritas ont été préservées grâce au zèle du professeur Vicente Cacho Viu, le soutien de Soledad Ortega puis le travail poursuivi par les professeurs Capel Martínez et Alicia Moreno.

Y figurent notamment la grande correspondance entretenue par María de Maeztu avec ses élèves et leurs familles, ainsi que les lettres de recommandation reçues. On retrouve ainsi les courriers de María Zambrano, María Goyri, Concha Espina, Victoria Kent, Clara Campoamor, Luis Jiménez de Asúa, Gregorio Marañón, Zenobia Camprubí, Rafael Alberti ou encore des personnalités de la Génération de 98, comme Azorín, Pio Baroja, Miguel de Unamuno ou Ramón María del Valle Inclán.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. (es) « La Residencia de Señoritas », sur Arte en Madrid,
  2. (es) « La Residencia de Señoritas | La Escuela de la República », sur laescueladelarepublica.es
  3. Carmen de Zulueta et Alicia Moreno, Ni convento ni college. La Residencia de Señoritas, Madrid, , 267 p. (ISBN 978-84-00-07356-5)
  4. (es) « Pabellón de la Residencia de Señoritas de la Junta de Ampliación de Estudios », sur www.docomomoiberico.com
  5. Raquel Vázquez Ramil, Mujeres y educación en la España contemporánea. La Institución Libre de Enseñanza y la Residencia de Señoritas de Madrid, Madrid, Akal, , 182 p. (ISBN 978-84-460-2920-5, lire en ligne)
  6. (es) « Blanca Baltés: “Las mujeres del 27 sufrieron el peor de los exilios: el olvido” », Revista Godot (consulté le )
  7. Centenario de la Residencia de Señoritas - CSIC, 2016
  8. (es) PCE, « PCA - Matilde Landa Vaz: Desarrolló destacadas labores en las filas de Socorro Rojo. », sur pcandalucia.org
  9. « EXPOSITION -FEMMES D’AVANT-GARDE LE CENTENAIRE DE LA RESIDENCIA DE SEÑORITAS [1915-1936] », sur www.residencia.csic.es
  10. (es) « La Residencia de Señoritas de Madrid », sur WakeUp Tours,
  11. « CHRONOLOGIE - FEMMES D’AVANT-GARDE LE CENTENAIRE DE LA RESIDENCIA DE SEÑORITAS [1915-1936] », sur www.residencia.csic.es
  12. « Historia C.M.U. Teresa de Jesús » [archive du ]
  13. « Edificios históricos de Madrid », sur monumentamadrid.es