Inceste

relation sexuelle envers des membres de famille

L’inceste est un rapport sexuel entre apparentés, frappé d'interdits variables selon les époques, les pays, la nature des liens de parenté, l'âge, les lois en vigueur. Ce peut être une relation entre membres d'une même famille dont le degré de parenté ou d'alliance interdit le mariage civil ou religieux.

Dans la mythologie, Œdipe incarne une histoire d'inceste vécue en toute inconscience des liens de parenté. Antigone, fille de cet inceste, supporte aussi le poids social du tabou transgressé.
Œdipe et Antigone, tableau de Charles Jalabert, huile sur toile, 1842, musée des Beaux-Arts de Marseille[1].

En dépit de cette prohibition théorique, les victimes d'inceste, généralement des femmes, sont nombreuses dans toutes les sociétés civilisées ; les souffrances causées à ces victimes ne sont généralement pas visibles au moment de l'acte, mais elles le deviennent par la suite, en particulier à travers des tentatives de suicide.

La prohibition de l'inceste existe dans toutes les sociétés connues[2]. Cette norme sociale est pour l'anthropologie un sujet majeur au point que, selon Claude Lévi-Strauss, ce serait même ce qui fonde et structure les sociétés[3]. Le thème est présent au niveau anthropologique chez Sigmund Freud dans son ouvrage Totem et tabou (1913) ; dans le cadre de la théorie controversée de la sexualité infantile, il se retrouve au moment du complexe d'Œdipe.

Étymologie et définitionModifier

ÉtymologieModifier

Le mot inceste vient du latin incestum : souillure, à rapprocher de incesto : rendre impur[4]. Cette étymologie rappelle que l'interdit social est accompagné d'une forte répression culturelle qui fait de l'inceste un tabou. Il en ressort un principe implicite que l'on retrouve dans le langage courant puisque le terme peut aussi être employé de manière métaphorique pour décrire une relation mal venue entre deux entités très proches (par exemple deux entreprises).

DéfinitionModifier

L'inceste qualifie les « relations sexuelles prohibées entre parents très proches »[5], entre parent et enfant, entre enfants d'une fratrie (y compris demi-frère et demi-sœur), entre grand-parent et petit enfant, ou encore entre oncle ou tante et neveu ou nièce, voire selon certains entendements entre cousins.

Autrement défini, l'inceste désigne une relation sexuelle lorsqu’elle a lieu dans le cadre d'une parenté qui interdit le mariage, ce qui peut alors impliquer les filiations par alliance ou l'adoption.

L'inceste est défini par une norme sociale fondamentale relative à la famille mais dont l'application formelle dépend de l'autorité à laquelle on se réfère :

  • La culture, les coutumes et les bonnes mœurs ;
  • la religion, relative à chacune et qui émane des textes de référence ;
  • le droit et la légalité qui sont alors relatifs au lieu géographique, pays ou État, dans le cadre duquel les lois s'appliquent.

Ces différentes formalisations ne sont pas nécessairement concordantes puisque les religions ne définissent pas systématiquement tout ce qui tient de l'inceste, pas plus que le droit. Par exemple en droit français, c'est l'abus sexuel sur mineur qui était pris en compte, aggravé lorsqu’il s'agit d'une « personne ayant autorité »[6], mais indépendamment des liens de parentés jusqu'à une nouvelle loi de 2016[7].

À l'échelle individuelle, l'inceste est étudié en psychologie selon de multiples approches, allant de la recherche de cause de pathologie psychique comme l'a fait Freud dans sa théorie de la séduction en 1896, jusqu'à la conceptualisation d'un mécanisme incestuel qui « édicte comme tabou non pas l'inceste mais la vérité sur l'inceste »[8] comme le formalise Racamier[9].

Fréquence et formes d'incesteModifier

Il existe deux grandes catégories d'inceste : des incestes non-consentis, très généralement dans lesquels un adulte abuse d'un enfant (formant très grande majorité des cas d'inceste), et une minorité d'incestes décrits comme consentis voire revendiqués, par exemple entre frère et sœur[10]. Néanmoins, une série d'études concordantes établissent que les abus sexuels entre membres d'une même fratrie sont plus fréquents et généralement plus longs et non moins traumatisants que ceux commis par les parents[11].

Les incestes non-consentis sont étudiés par la clinique du traumatisme psychique[10]. D'après Isabelle Aubry (présidente de l'Association internationale des victimes de l'inceste, AIVI) et le médecin psychiatre victimologue Gérard Lopez « toutes les théories antivictimaires qui en minimisent la fréquence ou la gravité rencontrent un franc succès alors que sa dénonciation déclenche un sentiment de malaise »[12].

Les hommes sont largement majoritaires parmi les coupables d'inceste ; cependant, l'inceste commis par des femmes est « l'objet d'un tabou plus important encore »[13]. D'après l'enquête conduite en France par l’Institut national d'études démographiques auprès de 27 000 personnes en 2015, 96 % des incesteurs sont des hommes[14].

Aubry et Lopez distinguent trois formes d'inceste subies par les enfants[15] :

Le maternage pathologique est, contrairement aux deux formes d'inceste précédentes, généralement commis par des mères sur leurs fils[16]. Elle consiste à s'introduire dans l'intimité de la victime en lui prodiguant des « soins » injustifiés qui apportent une satisfaction sexuelle : introduction de suppositoire, toilettes, bains et massages avec manipulation des organes génitaux, pouvant déboucher sur une relation sexuelle à l'adolescence ou à l'âge adulte[16]. Peu connue d'après Aubry et Lopez, cette forme d'inceste entraîne les mêmes souffrances chez les victimes que les deux précédentes[16].

Souffrance des victimes d'incesteModifier

La recherche scientifique a permis d'établir depuis longtemps que l'inceste, subi par un enfant, entraîne de lourdes répercussions[17], plus profondes et plus graves que le viol dans la mesure où l'inceste concerne la famille proche, les agresseurs étant liés à la victime par des liens « de proximité, d'autorité, de confiance, de dépendance et d'amour »[18]. ces répercussions portent aussi bien sur la santé psychologique que physique, avec des conséquences sur la vie sentimentale, professionnelle et familiale[19]. Le traumatisme est d'autant plus élevé qu'il s'accompagne souvent d'un sentiment de culpabilité, et la révélation des faits, nécessaire à une reconstruction, est rendue très difficile par les tabous, voire l'omerta entourant le sujet ainsi que par les attitudes d'hostilité ou d'évitement des personnes prises pour confidentes. Cette révélation est généralement très tardive[20]. Les victimes sont souvent accusées par leur propre famille lorsqu'elles osent témoigner[21]. Dans neuf cas sur dix, la famille proche exclut la victime d'inceste afin de préserver sa cohésion familiale[15].

Hélène Romano estime que les enfants victimes d'inceste manifestent rarement « des troubles majeurs et envahissants, au moment même des faits, que les adultes autour de lui ne peuvent ignorer », du type scarification ou encoprésie ; le plus souvent, le comportement de l'enfant victime ne laisse rien paraître[22]. Des troubles plus importants peuvent apparaître plusieurs mois voire plusieurs années après le début du crime, en particulier au moment où la personne victime d'inceste réalise l'anormalité de ce qu'elle a vécu[22]. Cela se manifeste par : « scarification, boulimie, addictions diverses, conduites à risque, tentatives de suicide, etc. »[22]. Romano en conclut que « beaucoup d’idées fausses courent sur la résilience des victimes d’inceste. Il ne faut pas les leurrer : on ne se « répare » jamais d’un inceste »[22].

Une étude sur 27 adolescentes victimes, publiée en 1985, montre qu'elles « ont réagi à leur expérience en adoptant des comportements auto-destructeurs tels que prise de substances toxiques, tentatives de suicide, perfectionnisme, isolement volontaire, ou dépressions »[23]. Il existe une forte occurrence de syndrome de stress post-traumatique chez les victimes d'inceste dans l'enfance[24] : d'après une étude avec groupe contrôle sur 97 femmes adultes, 62 % de ces femmes présentaient des symptômes de stress post-traumatique, alors que le groupe de contrôle n'en comptait pas[25].

Une autre étude sur 92 femmes survivantes d'inceste montre une forte prévalence d'insécurité de l'attachement, qui « prédit la détresse, la dépression et les troubles de la personnalité, au-delà de tout effet de la gravité de l'abus »[26].

Il existe peu de documentation au sujet du risque d'alcoolisme chez les femmes survivantes d'inceste ; certaines femmes avec une histoire d'alcoolisme sont aussi des survivantes d'incestes, mais les causes n'en sont pas connues[27].

Risque de suicideModifier

Le risque de suicide des victimes d'inceste est reconnu comme élevé[28], s'agissant d'un facteur historique de passage à l'acte suicidaire[29].

D'après une étude sur le suicide dans les textes de la mythologie grecque collectés par Caius Julius Hyginus, les suicides de femmes y sont plus nombreux que les suicides d'hommes, et « un grand pourcentage de ces suicides était lié à l'inceste »[30].

Une étude sur 2 ans, publiée par Jean Goodwin (M.D., M.P.H), portant sur 201 familles concernées par l'inceste et publiée en 1981, a révélé 5,4 % de tentatives de suicide chez les victimes (5 chez les mères et 8 chez les filles victimes, des adolescentes âgées de 14 à 16 ans), et aucune tentative de suicide chez les pères criminels[31]. D'après l'auteur de cette étude, toutes les filles qui ont tenté de se suicider ont été au préalable accusées par leur mère d'avoir provoqué l'inceste[31]. Plus de la moitié des victimes d'inceste auraient commis au moins une tentative de suicide durant leur vie, selon une enquête de l'association internationale des victimes d'inceste menée en 2009 par l'institut de sondage Ipsos[20].

Il existe aussi un risque de suicide chez les coupables d'inceste après que leur crime ait été découvert, vraisemblablement en raison de l'effet de la révélation sur leur vie : deux cas de suicides de criminels ont été étudiés au Minnesota en 1986[32].

Sentiment d'identitéModifier

D'après le psychiatre et psychanalyste Claude Balier, subir l'inceste détruit le sentiment d'identité des victimes ; il qualifie à ce titre l'inceste de « meurtre d'identité »[33]. Le magistrat Denis Salas le qualifie de « crime généalogique », dans le sens où « la tragédie de l'inceste met en jeu tout le système d'appartenance généalogique à laquelle la victime est indissolublement liée » ; il le compare au génocide qui « vise à détruire l'individu en détruisant son lien de parenté »[34]. Cette idée est également défendue par Hélène Romano, qui ajoute que, pour la victime, « sa croyance en un entourage familial protecteur est anéantie, en même temps que son sentiment de sécurité personnel. Très souvent, il porte le même nom que son agresseur, ce qui constitue une violence supplémentaire »[22].

ProstitutionModifier

D'après Aubry et Lopez (2017)[35], ainsi que selon le psychothérapeute Bernard Lempert (2001)[36], l'inceste tend à favoriser la prostitution des victimes. Lempert y voit « un des principaux fournisseurs de la prostitution », et « un des symptômes de l'inceste, et/ou des agressions sexuelles extrafamiliales mais avec un système d'exposition à l'intérieur de la famille »[36]. Selon la féministe Andrea Dworkin, l’inceste est la « filière de recrutement » de la prostitution[37],[38]. 42 % des femmes en prostitution sont des victimes de pédocriminels[37].

AnthropologieModifier

En 1891, dans son livre The History of Human Marriage (trad : L'Histoire du mariage humain), Edvard Westermarck défend que jusqu'à l’âge de 30 mois, l’enfant développe un système instinctif de rejet des sentiments amoureux et des pulsions sexuelles vis-à-vis des personnes vivant avec lui.

Ce principe, qui sera appelé l'effet Westermarck, défend qu'une origine naturelle au tabou de l’inceste, physiologique, est préexistante à son élaboration sociale. En 1949, dans les Structures élémentaires de la parenté, Claude Lévi-Strauss pose les bases d'une nouvelle théorie, dite théorie de l'alliance, qui, en ce qui concerne l'inceste, se trouvera plus tard résumée ainsi :

« La prohibition de l'inceste — règle universelle élaborée par l'humanité et transmise d'âge en âge — est une démarche acquise et non pas innée, qui, selon Lévi-Strauss, est « fondamentale, grâce à laquelle, par laquelle, mais surtout en laquelle s'accomplit le passage de la nature à la culture » (Le Monde dimanche, p. 5, col. 3)[5]  »

Selon Lévi-Strauss, l'interdit de l'inceste fonde la société humaine car il oblige les hommes à nouer des relations avec des étrangers. Du fait de cet interdit, les hommes ne peuvent en effet fonder de famille avec leurs sœurs et doivent donc trouver des femmes hors de leur communauté. Claude Lévi-Strauss voit dans l'inceste l’articulation entre nature et culture, le fondement social. Le message n’est pas selon lui « N’épouse pas ta sœur », mais bien plutôt : « Donne ta sœur en mariage à ton voisin ». Ainsi, l’exogamie serait à la base des échanges et des alliances entre groupes sociaux, leur permettant de s’affirmer en tant que tels. La prohibition de l’inceste serait alors le fondement de l’exogamie en interdisant l’endogamie (dont les limites varient fortement d’une société à l’autre) et le tabou de l’inceste serait alors une construction sociale destinée à défendre l’exogamie en tant que fondement de la société.

Les théories de Lévi-Strauss sont fondées sur les cultures patrilinéaires, mais l’organisation familiale matrilinéaire des îles Trobriand modifie la façon dont est signifié l'inceste : découverts par Bronisław Malinowski[39], ces peuples interdisent les relations sexuelles aussi bien entre un homme et sa mère qu'entre une femme et son père, mais ils décrivent ces interdits de manière très différente. Les relations entre un homme et sa mère font partie des relations interdites entre membres d'un même clan ; les relations entre une femme et son père n'en font pas partie.[Passage contradictoire]

Les exceptions historiques à ce principe, comme des pharaons de l’Antiquité égyptienne, ne concernent jamais une société tout entière, mais des minorités aristocratiques qui, par la transgression du tabou existant pour les autres, font valoir un élitisme de rang.

Selon l'anthropologue Dorothée Dussy, le fait que l'inceste soit une pratique répandue entraîne des répercussions sur l'ensemble de la société, du fait du traumatisme subi par la victime et ses proches[40]. Ses enquêtes réalisées auprès d'hommes condamnés pour inceste montrent qu'il s'agit majoritairement de personnes insérées dans la société et d'apparence banale[41]. L'anthropologue et psychologue Illel Kieser 'l Baz estime que « le crime d’inceste pose, d’une manière générale dans nos cultures, le vaste problème de l’excès, de la démesure et finalement, de l’abolition de la conscience morale »[42]. Selon lui, de fausses croyances et préjugés persistent autour de l'inceste, « largement diffusés et faussement étayés par la théorie psychanalytique »[43] : le risque pour les victimes de reproduire ce crime sur leurs propres enfants[44], le fait qu'une cure psychanalytique serait un traitement approprié pour les victimes devenues adultes[44], ou encore le fait que les victimes tireraient « un certain plaisir » de la relation incestueuse, idée qui selon lui provient des prédateurs sexuels[45]. Kieser 'l Baz réfute également que l'inceste soit un fantasme ou un désir inconscient universel chez l'enfant de moins de 7 ans[45].

PsychanalyseModifier

Selon Nathalie Zaltzman, « l'inceste n’est pas une notion spécifiquement psychanalytique. Dans ce que Freud a nommé le complexe d’Œdipe on n’entre pas du tout par la notion de l’inceste, mais par celle du tabou, puis de l’interdit »[46].

Tandis que le terme « inceste » désigne « une relation sexuelle interdite entre proches parents, l'interdit étant posé au plan moral et éventuellement formulé juridiquement », il s'agit en psychanalyse « non seulement de comportements de ce type réellement observables, mais aussi et surtout des fantasmes incestueux et de la conflictualité qui en découle »[47].

Sigmund Freud mentionne pour la première fois le thème de l'inceste dans la lettre à Wilhelm Fliess du (Manuscrit N), en faisant l'hypothèse que le renoncement est associé à la nécessité pour le groupe familial de ne pas se replier sur lui-même et d'assurer les échanges avec l'extérieur et en posant que « la “sainteté” procède de l' “horreur de l'inceste” »[47]. Selon Roger Perron, le thème de l'inceste deviendra central par la suite au moment des Trois essais sur la théorie sexuelle (1905), dans la formulation du complexe d'Œdipe défini comme un conflit entre le désir sexuel adressé au parent de l'autre sexe et sa répression[47]. Dans Totem et Tabou (1912-13a), Freud évoque la peur de l'inceste, et tente d'établir que le tabou de l'inceste est universel, ce qui pour lui, fonde l'universalité du complexe d'Œdipe[47]. Il propose l'hypothèse que la répression des satisfactions sexuelles ainsi frappées d'interdit a fourni un moteur essentiel au développement de la civilisation, et plus particulièrement des œuvres de l'esprit (théorie de la sublimation)[47].

Mis à part la notion d'incestuel développée par Paul-Claude Racamier en 1995, le thème de l'inceste a été sinon « assez peu étudié en lui-même dans la littérature psychanalytique » et Roger Perron souligne qu'« il ne faut évidemment pas confondre les fantasmes incestueux, présents en tout être humain, et les comportements réels de type incestueux, infiniment plus rares », même si « leur abord psychanalytique a permis d'en comprendre beaucoup mieux la genèse et la signification »[47]. En clair, il ne faut pas confondre les fantasmes incestueux et le « crime sexuel » même si, sur le plan métapsychologique, dans le crime sexuel fondamental qu'est l'abus sexuel — dont « le modèle [...] est la relation abusive adulte/ enfant, mais aussi bien le viol et d'autres variantes » —, il importe de ne « pas négliger que l'aspect infantile est essentiel du côté de l'abuseur. Ainsi que l'analyse Jean Laplanche, c'est la sexualité infantile sadique notamment, qui est en cause chez l'abuseur »[48].

Nathalie Zaltzman observe qu'à travers ce qui nous revient aujourd'hui de la culture américaine par les médias et les rumeurs, « nous assistons à un phénomène de dissolution des frontières entre des agirs psychopathiques et des fantasmes inconscients » à propos du « classique fantasme de séduction parentale »[46]. Le psychanalyste s'en retrouverait caricaturé comme poussant son patient à intenter un procès à ses géniteurs[46]. Cependant, « c’est par l’abandon de la séduction réelle que S. Freud est entré dans le monde du fantasme inconscient et dans celui de la psychosexualité infantile »[46].

Annexes : l'affaire de la théorie de la séductionModifier

Selon Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, étant donné l'importance de l'abandon par Freud de ses neurotica, qui signe la naissance de la psychanalyse, la question de la théorie de la séduction a fait l'objet de très vifs débats et commentaires[49].

Dans L’Homme aux statues. Freud et la faute cachée du père (1979, réédition 2014), ouvrage issu de son projet de thèse, l'autrice et psychanalyste Marie Balmary estime que Freud a construit sa théorie du complexe d’Œdipe sur l’abandon d'une théorie qui aurait présenté les pères comme incestueux et indignes, et que cet abandon s'est traduit par l'oubli, de la part de Freud, de la partie du mythe d'Œdipe présentant la faute originelle de Laïos[50],[51]. Commentant cet ouvrage, Josué V. Harari estime qu'il remet en cause la notion de complexe d’Œdipe[52].

Enquête aux Archives Freud (Masson, 1984)Modifier

Dans les années 1980, « l'affaire de la théorie de la séduction devint un véritable scandale », lorsque Kurt Eissler et Anna Freud confièrent à Jeffrey Moussaieff Masson la publication intégrale des lettres de Freud à Fliess. Cet universitaire américain né à Chicago en 1941 et « dûment formé dans le sérail de l'orthodoxie » freudienne, entreprit de lire les archives « en les interprétant de façon sauvage avec l'idée qu'elles recelaient une vérité cachée, et il affirma que Freud avait renoncé par lâcheté à la théorie de la séduction », parce qu'il n'osait pas révéler certaines atrocités commises par des adultes sur des enfants. C'est alors que Sigmund Freud aurait inventé le fantasme, à la manière d'un faussaire pour « masquer une réalité » [53]. Le livre publié en 1984 et intitulé Le Réel escamoté fut un best-seller[53]. Réédité sous le titre Enquête aux archives Freud, des abus réels aux pseudo-fantasmes[54], l'enquête était sur les cas traités par Freud, tandis que Masson insistait pour le rétablissement de la théorie de la séduction : neuf ans après l'abandon de sa théorie initiale, selon laquelle l'hystérie était causée par des abus sexuels pendant la petite enfance, Freud soutenait en effet, était-il dit, que ces souvenirs sexuels étaient des fantasmes d'actes n'ayant jamais eu lieu[55].

D'après Roudinesco et Plon, en s'appuyant sur la tradition du puritanisme, le livre de Jeffrey Masson confortait en 1984 les thèses révisionnistes de l'historiographie psychanalytique américaine : il dévoilait « le mensonge freudien » qui « avait perverti l'Amérique » en contribuant à l'oppression : « colonisation des enfants par les adultes, domination des femmes par les hommes, tyrannie du concept sur l'élan vital, etc. » ; Freud était devenu lui-même « un démon sexuel, coupable de relations abusives dans sa propre famille et sur son divan »[56].

Dans les années 1990, le retour à la théorie de la séduction représenta une réaction contre l'orthodoxie psychanalytique, puis devint « le symptôme majeur d'une forme américaine d'antifreudisme. S'y retrouvaient mêlés : la victimologie, le culte fanatique des minorités opprimées et l'apologie d'une technologie de l'aveu, largement appuyée sur la pharmacologie »[57].

Suites d'un « livre à scandale »Modifier

Selon l'anthropologue de la psychiatrie, Richard Rechtman, la « vérité du traumatisme » s'est imposée après la seconde Guerre mondiale par les récits de la Shoah et de l'expérience concentrationnaire, la psychanalyse ayant contribué à diffuser cette vérité et à lui donner une assise théorique, donnant corps à la figure du « traumatisé psychique » et au concept de « mémoire traumatique » qui se sont imposés, aux Etats-Unis dans les années 60 et un peu plus tard en France, « pour témoigner de toutes les formes d’oppression subies par les groupes minoritaires » : vétérans du Vietnam, association de protection de l'enfance maltraitée et féministes ; ces dernières bien que s'appuyant sur les conceptions psychanalytiques se retournèrent contre la psychanalyse, l'enjeu n'étant pas théorique ou clinique, mais politique[58]. Telle Florence Rush dont l'argument est simple : Freud a été le premier à découvrir « l’ampleur des sévices sexuels subis par ses patientes » mais il aurait renoncé à les divulguer pour ne pas heurter la bonne société viennoise, « sans pour autant jamais nier l’existence de l’inceste » [58]. C'est avec le « livre à scandale » de Jeffrey Masson que cette critique trouvera un véritable écho outre-Atlantique mais « sans apporter les preuves décisives qu’il invoque ». Malgré la faiblesse des arguments avancés, la psychanalyse en sortira discréditée aux Etats-Unis dans le cadre du DSM-III, bien que les psychanalystes « démontèrent un à un les arguments de Masson » et que la presse généraliste contesta de même les hypothèses de Masson en soulignant ses incohérences[58]. « La dénonciation de la conspiration du silence prétendument entretenue par la théorie freudienne du fantasme apportera un redoutable argument moral pour accuser la psychanalyse de tous les maux, pour lui contester son caractère progressiste et pour enfin espérer la ranger aux oubliettes de l’histoire »[58].

PsychologieModifier

 
« La Congestion », M. Van Maele, 1905

Si la psychologie peut distinguer les rapports incestueux comme ayant « les effets les plus graves »[59], son cheminement est inverse à celui de l'anthropologie dans la mesure où le sujet est abordé à partir des vécus individuels.

En 1995, Paul-Claude Racamier étend le principe d’inceste à l'incestuel[9],[8]. Il définit ainsi un climat au sein des familles qui floute la distinction des individus, des générations et des places de chacun, ou expliqué autrement, le fait de « ne laisser à l’autre aucune place pour être, la finalité étant pour reprendre l’expression d’André Green de « désobjectaliser, de retirer à cet autre sa propriété de semblable humain »[60]. » Ce climat familial incestuel - il est aussi question d'« inceste moral » - lève les obstacles culturels tout en installant un tabou sur la vérité,[pas clair] ce qui, bien qu'étant parfaitement distinct du passage à l'acte sexuel, peut s'y substituer aussi bien que le favoriser. [réf. nécessaire]

Selon les religionsModifier

Selon la TorahModifier

Dans la Torah, le Tabou de l'inceste est longuement détaillé au chapitre 18 du Lévitique (parasha A'harei).

  • « Nul de vous ne s’approchera de sa parente, pour découvrir sa nudité » ;
  • « Nul ne prendra femme, la femme de son père et ne soulèvera la couverture du lit du père ».

Mais dans la Genèse, avant la promulgation de la Loi, plusieurs épisodes traitent de cas d'inceste (voir la section Dans la Bible).

L’inceste est traité dans le Talmud avec les deux autres interdits : l’idolâtrie et le meurtre.

Selon le droit canon catholiqueModifier

Dans le droit canon, la prohibition de l’inceste s’étend à des degrés qu’il faut respecter : troisième degré inclus en ligne directe, jusqu’au quatrième en ligne collatérale. Le code de droit canonique de 1984 écrit : « Can. 1091 - § 1. En ligne directe de consanguinité, est invalide le mariage entre tous les ascendants et descendants tant légitimes que naturels.

§ 2. En ligne collatérale, il est invalide jusqu'au quatrième degré inclusivement.

§ 3. L'empêchement de consanguinité ne se multiplie pas.

§ 4. Le mariage ne sera jamais permis s'il subsiste quelque doute que les parties sont consanguines à n'importe quel degré en ligne directe ou au second degré en ligne collatérale[61]. »

Le code ne prévoit donc pas d'autre peine que celle de l'invalidité du mariage.

Selon le CoranModifier

L'islam interdit en ligne directe le mariage entre ascendants et descendants indéfiniment. En ligne collatérale, l'interdiction touche les frères et sœurs, nièces et oncles, neveux et tantes. Néanmoins, le mariage est permis entre cousins. Les prohibitions résultant de la parenté du lait sont les mêmes que celles de la parenté ou de l'alliance mais seul l'enfant allaité[62] est considéré comme enfant de la nourrice et de son époux, à l'exclusion de ses frères et sœurs.

Le Coran a bien décrit les femmes avec lesquelles le mariage est prohibé pour les musulmans, à la sourate Annissaa (IV) verset 22-23 :

« Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles filles d'un frère et filles d'une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage ; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part ; les femmes de vos fils nés de vos utérus ; de même que deux sœurs réunies — exception faite pour le passé[63]. Car vraiment Dieu est pardonneur et Miséricordieux. »

La parenté adoptive ne compte pas en islam, Mahomet a épousé Zyneb :

« Quand tu disais à celui qu'Allah avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l'avais comblé : « Garde pour toi ton épouse et crains Allah », et tu cachais en ton âme ce qu'Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c'est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eut cessé toute relation avec elle, nous te la fîmes épouser, afin qu'il n'y ait aucun empêchement pour les croyants d'épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d'Allah doit être exécuté. (sourate 33 Al-Ahzab (« Les coalisés »), 37) »

Selon le droitModifier

La notion légale d’inceste est variable en fonction des législations et du droit que l'on considère :

Nombre de pays s'abstiennent de criminaliser l'inceste entre personnes majeures et consentantes tout en interdisant le mariage entre proches, par parenté ou filiation. En revanche, l'inceste sur mineur (en fonction de la majorité civile et de la majorité sexuelle) est le plus souvent considéré comme une forme d'agression sexuelle ou, plus généralement, d'abus sexuel sur mineur.

La loi autrichienneModifier

§ 211 du code pénal autrichien Blutschande (traduction littérale : déshonneur du sang)
  1. Celui qui accomplit l'acte sexuel avec un parent de ligne droite est à punir d'une peine d'emprisonnement ferme d'un an au plus.
  2. Celui qui séduit une personne, qui est un parent de ligne ascendante ou descendante, à accomplir l'acte sexuel est à punir d'une peine d'emprisonnement de trois ans au plus.
  3. Celui qui accomplit l'acte sexuel avec son frère ou sa sœur est à punir d'une peine d'emprisonnement six mois au plus.
  4. Celui qui n'a pas atteint l'âge de 19 ans lors du crime n'est pas à punir s'il a été séduit.

La loi canadienneModifier

L'article 155 du code criminel canadien définit l’inceste comme suit : « Commet un inceste quiconque, sachant qu’une autre personne est, par les liens du sang, son père ou sa mère, son enfant, son frère, sa sœur, son grand-père, sa grand-mère, son petit-fils, sa petite-fille, selon le cas, a des rapports sexuels avec cette personne »[64].

La loi françaiseModifier

Le Code civil interdit, depuis 1804, le mariage entre personnes dont les liens de parenté vont jusqu'au troisième degré. Ceci inclut plusieurs cas de figure[65] :

  • en ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants, et les alliés de la même ligne (article 161 du Code civil) ;
  • en ligne collatérale, le mariage est prohibé entre le frère et la sœur, qu’ils aient deux parents communs ou un seul (article 162 du Code civil) ;
  • le mariage entre l'oncle et la nièce ou le neveu, la tante et le neveu ou la nièce, grand-oncle et petite-nièce, n’est possible qu’avec une dispense du président de la République (article 163 du Code civil) ;
  • le mariage entre beau-père et bru, belle-mère et gendre est prohibé depuis le Code Napoléon. Cependant :
    • si le mariage initial a été dissous par divorce, le remariage avec le beau-père ou la belle-mère est rigoureusement interdit ;
    • un tiers ne peut annuler un tel remariage qu'après le décès de l'un des époux (article 187 du Code civil) mais avant un délai de prescription de 30 ans (article 184 du Code civil). Cependant, la Cour de cassation a considéré le , qu'un tel délai de 30 ans était incompatible avec l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et lui a préféré le délai de 20 ans[66] ;
    • si ce mariage a été dissous par le décès d’un des conjoints, ce remariage est soumis à une dispense du président de la République (art. 164-1, qui existe depuis 1938) ;
  • le mariage entre beaux-frères et belles-sœurs, dont l'interdiction était prévue dans le Code Napoléon, est autorisé depuis la loi no 75-617 du portant réforme du divorce.

En revanche, il n'interdit pas le mariage entre cousins germains.

Par ailleurs, le Code civil interdit l’adoption d’un enfant né d’un inceste par son père biologique, si ce père est le frère ou le parent en ligne directe de la mère. Cette disposition permet de ne pas reconnaître la parenté conjointe des incestueux :

« S'il existe entre les père et mère de l'enfant un des empêchements à mariage prévus par les articles 161 et 162 pour cause de parenté, la filiation étant déjà établie à l'égard de l'un, il est interdit d'établir la filiation à l'égard de l'autre par quelque moyen que ce soit. »

— Article 310-2 du Code civil[67]

La Cour de cassation l'a confirmé dans sa jurisprudence (arrêt du [68]).

Selon le Code pénal, le rapport sexuel librement consenti entre deux personnes sexuellement majeures qui sont parentes à un degré où le mariage est interdit ne constitue pas une infraction spécifique[69]. En revanche, le Code reconnaît, depuis la loi du 3 août 2018, l'inceste en tant que qualification pour les viols et agressions sexuelles : d'après l'article 222-31-1[70], un viol ou une agression sexuelle est qualifié d'incestueux si l'agresseur est un ascendant, un frère, une sœur, un oncle, une tante, un neveu ou une nièce. De même pour le conjoint, concubin ou partenaire de PACS de l'un de ceux-ci, s'il a une autorité de droit ou de fait sur la victime. De plus, le fait qu'un viol, une agression sexuelle ou une atteinte sexuelle soit commis par un « ascendant légitime naturel ou adoptif ou toute personne ayant autorité sur la victime » est considéré comme circonstance aggravante.

Repérage et signalementModifier

Les maltraitances sexuelles intrafamiliales sur le mineur, dont l'inceste, ont des répercussions à court et long terme sur sa santé (psychologique, physique, bien-être psycho-social). Il y a donc un enjeu autour du repérage précoce des cas. Les professionnels de santé en tant qu'acteurs de proximité peuvent permettre de reconnaître les signes d’une maltraitance sexuelle ainsi que les situations à risque pour un enfant. À la demande de la Direction générale de la Santé, la Haute Autorité de santé a donc publié en une recommandation de bonne pratique sur le repérage et le signalement de l'inceste par les médecins[71], qui vise notamment à faire mieux connaître la réglementation sur l'inceste par les professionnels de santé et à rendre le signalement plus rapide pour une prise en charge efficace des cas d'inceste.

Depuis la loi du réformant la protection de l’enfance, toute personne craignant pour la sécurité d'un mineur doit déposer une information préoccupante auprès de la cellule départementale de recueil, de traitement et d’évaluation de son département. Cette cellule évalue le risque par de nombreux moyens (médical, enquête, enquête sociale, etc.) et va si nécessaire saisir le procureur de la République[72].

PrescriptionModifier

En France, les règles de prescription pénale ont évolué une dizaine de fois depuis 1989 pour l'inceste et les agressions sexuelles sur mineur. La prescription d'un acte étant acquise définitivement, chaque nouvelle loi allant dans l'allongement de la durée de la prescription, n'est applicable que sur des actes non prescrits par les lois antérieures (article 50 de la loi du 10/07/1989). Depuis la loi du 03/08/2018, les règles de prescription sont les suivantes, mais ne s'appliquent que pour des actes plus ou moins récents :

  • Règle générale :
  • Exception :
    • pour les crimes sur mineur ou sur personne vulnérable, pour lesquelles la prescription est de 30 ans après la majorité de la victime[73],
    • pour les délits (violence, agression sexuelle, atteinte sexuelle) sur mineurs de 15 ans (moins de 15 ans) pour lesquelles la prescription est de 20 ans après la majorité de la victime[74],
    • pour les délits (violence, agression sexuelle, atteinte sexuelle) sur mineurs (entre 15 et 18 ans) où la prescription est de 10 ans et commence à courir à partir de la majorité de la victime[74].

Pour des actes anciens, on se reportera à l'outil[75] du site « Parole en marche » et à son tableau explicatif[76].

La loi italienneModifier

Le code pénal italien établit (art. 564) la réclusion de un à cinq ans pour ceux qui commettent l'inceste avec un descendant, un ascendant, ou un parent affilié en ligne directe (i.e. un frère ou une sœur). Si l'inceste est commis par une personne majeure envers un mineur, la peine est augmentée pour la personne majeure. Le parent (père ou mère) condamné pour inceste perd la tutelle légale du mineur et peut subir un divorce non consensuel. La relation incestueuse (rapport continuatif) est une circonstance aggravante. Le code civil italien interdit le mariage entre consanguins.[réf. nécessaire]

La loi britanniqueModifier

Au Royaume-Uni, un acte de dispense du Parlement peut lever cet interdit. La Cour européenne des droits de l'homme a eu à connaître d'une telle affaire en 2005, et a condamné le Royaume-Uni pour violation de l'article 12 de la Convention (droit au mariage) alors même que la procédure de dispense n'avait pas été engagée[77].

La loi suisseModifier

L'article 213 du code pénal suisse (livre deuxième, titre sixième) condamne clairement l'inceste en ces termes :

  1. L’acte sexuel entre ascendants et descendants, ou entre frères et sœurs germains, consanguins ou utérins, sera puni de l’emprisonnement.
  2. Les mineurs n’encourront aucune peine s’ils ont été séduits.

En 2011, le gouvernement suisse souhaite lever l’interdiction de l’inceste dans le cadre de la révision du droit pénal et de la procédure d’harmonisation des peines[78],[79].

Le mariage est lui aussi prohibé entre parents en ligne directe, ainsi qu'entre frères et sœurs germains, consanguins ou utérins, que la parenté repose sur la descendance ou sur l'adoption (article 95 du Code Civil). Il en est de même pour le partenariat enregistré entre personnes du même sexe (article 4 de la Loi sur le partenariat enregistré). Jusqu'en 2000, le mariage était en outre interdit entre une tante et son neveu, un oncle et sa nièce, une belle-mère et son gendre, ou encore un beau-père et sa bru.

L’inceste dans l'histoireModifier

Depuis l’Égypte pharaonique et encore récemment dans certains pays comme le Pérou pour la famille des Incas, il était fréquent, dans la noblesse, de se marier et d’avoir des enfants avec un membre plus ou moins éloigné de sa famille. Ces mariages consanguins avaient, au moins, différents sens plus ou moins liés :

  • une imitation de caractéristiques divines (Osiris, époux de sa sœur Isis) ;
  • une manifestation de puissance (non asservissement aux règles ordinaires) ;
  • une concentration de légitimité, assurant aux descendants un maximum d’ancêtres royaux, tout en excluant les autres familles de ces caractéristiques du lignage et, par là, une limitation des risques politiques.

Cette tradition disparaît peu à peu : au Japon l’empereur Akihito, monté sur le trône en , est le premier de sa dynastie à être marié à une femme ne faisant pas partie de sa famille.

Dans la Rome antique, la violation du serment de chasteté par les vestales était taxée d' incestus et, considérée comme un crime inexpiable, généralement puni par la mort de la coupable, condamnée à être enterrée vivante. Quant à son séducteur, il était fouetté jusqu'à ce que mort s'ensuive… Mais tous les incestes ne méritaient pas le même sort. Ainsi, l'empereur Caligula avait une probable relation incestueuse avec sa sœur Julia Drusilla. Même si les contemporains pensaient que le frère et la sœur étaient des amants, rien ne confirme qu’ils aient eu vraiment des relations sexuelles. Drusilla n’avait pas une très bonne réputation compte tenu des liens étroits qui l’unissaient à Caligula. Certains érudits, dans leur tentative pour jeter le discrédit sur la vie privée de Caligula, ont utilisé le terme de prostituée à son égard[80]. Bien que présenté comme une exigence du peuple de Rome, le remariage de son oncle, l'empereur romain Claude avec sa nièce Agrippine la Jeune était clairement considéré comme incestueux. Pour apaiser les dieux, on s'adonna à quelques rites purificatoires, et le mariage finit par être accepté.

Au Moyen Âge, la parenté spirituelle comptait aussi pour définir l’inceste : toute union parrain-filleule ou marraine-filleul était ainsi prohibée, mais aussi toute union entre un parent (père ou mère) et le parrain ou la marraine de l’un de ses enfants. Dans l'église de Byzance, les prêtres pouvaient se marier, mais ne pouvaient pas épouser quelqu'un qu'ils avaient baptisé ; pour la même raison, on abandonna l'habitude pour les parents de parrainer leur enfant au baptême et on commença à chercher une personne extérieure à la famille. L'empereur Justinien fut le premier à donner une vision chrétienne dans la législation sur l'inceste dans son Code (529 apr. J.-C.). À partir de Byzance, cette vision chrétienne, dans la législation sur l'inceste, arrive dans l'Europe occidentale. La législation la plus sévère fut probablement celle des rois Wisigoths, qui prévoyait la séparation immédiate du couple et l'entrée dans une congrégation religieuse. Le Pénitentiel de Cummean (en), document ecclésiastique irlandais du VIIe s., ordonne trois ans de pénitence pour ceux qui commettent inceste avec leur mère, tandis que le Paenitentiale Theodori (en), document anglo-saxon de la même époque, ordonne quinze ans[81]. Chez les Francs, les Capitulaires de Charlemagne prévoient la peine capitale pour ceux qui commettent le péché de « bestialité, d'inceste ou de sodomie »[82].

L'interdit fut enlevé par les révolutionnaires de 1789, qui considéraient que la sexualité est une affaire intime et que l’État n’a rien à faire dans les orientations sexuelles.

Cas d’incestes historiquesModifier

Autres casModifier

  • Barbara Daly Baekeland (en), mondaine américaine célèbre pour sa grande beauté, fut assassinée par son fils Antony en 1972 à Londres. Celle-ci n'acceptait pas l'homosexualité du jeune homme et le contraignait à avoir des rapports sexuels avec des prostituées qu'elle lui payait ; comme cela ne suffisait visiblement pas pour le détourner de son attirance pour les hommes, elle le força alors à faire l'amour avec elle à partir de l'année 1968. Antony, déjà diagnostiqué schizophrène et en crise avec sa mère qu'il avait menacée à plusieurs reprises avec un couteau lors de disputes, la poignarda à mort quatre ans plus tard ;
  • Plusieurs célébrités furent accusées d'inceste par le membre de leur famille qui aurait subi des relations sexuelles contraintes. Mais bien souvent ces accusations se firent des années après la mort de l'intéressé, aussi il n'y a pas de preuves tangibles concernant leurs allégations. Citons par exemple John Phillips, chanteur américain des Mamas & The Papas, qui aurait eu des relations sexuelles avec sa fille Mackenzie Phillips la veille de son mariage avec Jeff Sessler, en 1979, à l'âge de 19 ans, afin de la contraindre à renoncer à cette union qu'il n'approuvait pas ; Mackenzie ne parle toutefois pas de viol d'autant plus que la relation incestueuse aurait perduré par la suite ; l'acteur allemand Klaus Kinski, célèbre autant pour ses films d'auteur que pour ses colères noires lors de tournages et de conférences de presse, est accusé de viol en 2013 — soit plus de vingt ans après sa mort — par sa fille aînée, Pola Kinski, qui l'accuse dans son autobiographie d'avoir abusé d'elle durant toute son enfance et adolescence ; les actrices américaines Rita Hayworth, Clara Bow ainsi que l'écrivaine britannique Virginia Woolf auraient également, selon leurs biographies, été abusées durant leur enfance par de proches parents.

Dans la BibleModifier

La Bible compte plusieurs faits d'inceste ; en voici quelques-uns :

  • les filles de Loth (Genèse 19, 30-38), après la mort de leur mère, enivrent leur père pour perpétuer sa lignée ;
  • Abraham épouse sa demi-sœur Saraï (Genèse 12 et 20) ;
  • fils-concubine du père : Ruben et Bilha (Genèse 35, 22) ;
  • Amnon se lie à sa demi-sœur Tamar.

Par ailleurs, l'épisode des mandragores (Genèse 30, 14-18) peut être interprété comme empêchant l'inceste de Ruben avec sa mère Léa.

Les mythes et les contesModifier

MythologiesModifier

Contes traditionnelsModifier

Œuvres de fiction traitant de l’incesteModifier

  • Ada ou l'ardeur de Nabokov (1969), où les officiellement cousins Van Veen et Ada Veen vont découvrir, après de nombreuses relations incestueuses, qu'ils sont en fait frère et sœur.
  • Angel Sanctuary, de Kaori Yuki, manga publié au Japon de 1994 à 2000 en 20 volumes, racontant l'histoire de Setsuna Mudô, seize ans, qui est follement amoureux de sa sœur Sara. À cause des règles sociales, il vit très mal cet amour interdit. Sa situation se complique quand interviennent deux démons, Kouraï et Arachnée, qui lui apprennent qu'il est la réincarnation de l'ange organique Alexiel, qui autrefois se dressa contre Dieu.
  • Anna, soror de Marguerite Yourcenar en 1981.
  • Assassin's Creed: Brotherhood, jeu vidéo de chez Ubisoft de la franchise Assassin's Creed qui se passe pendant la Renaissance et dont le principal antagoniste, Cesare Borgia, entretient une relation incestueuse avec sa sœur Lucrezia.
  • Blesse, ronce noire de Claude Louis-Combet, publié en 1995 : Récit d'une relation incestueuse entre un frère et une sœur.
  • Boku wa imōto ni koi wo suru, d'Aoki Kotomi, manga publié au Japon de 2003 à 2005 en 10 volumes, narre l'histoire de deux jumeaux : une fille Iku et un garçon Yori qui tombent amoureux l'un de l'autre.
  • Byron, le téléfilm de 2003 de Julian Farino relate les aventures incestueuses de Lord Byron avec sa sœur Gusta[83].
  • Nisemonogatari. série où Koyomi est à la limite de l'inceste durant plusieurs scènes avec ses deux sœurs Karen et Tsukihi.
  • Le Jeu de l'amour et du hasard : certaines mises en scène de cette pièce de Marivaux montrent le frère de la promise, Mario, se permettre envers sa soeur Silvia des privautés qui ne laissent pas d'évoquer l'inceste.
  • Borgia, série télévisée de chez Canal+, écrite par Tom Fontana, où les personnages de Cesare Borgia (Mark Ryder) et sa sœur Lucrezia Borgia (Isolda Dychauk) entretiennent une relation incestueuse. Leur père, le pape Alexandre VI (John Doman), éprouve aussi des sentiments ambigus envers sa fille.
  • Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez retrace l'histoire la famille Buendia sur plusieurs générations, commençant par le couple José Arcadio Buendia et Úrsula Iguarán, deux cousins éloignés. Ceux-ci, sous l'influence des légendes locales, ont peur d'engendrer par leur union des enfants à queue de cochon.
  • Comte Cain/GodChild, de Kaori Yuki, manga, racontant l'histoire du Comte Caïn Hargreaves, né de l'inceste de son père Alexis sur sa sœur Augusta. Elle finira par en devenir folle, ce qui la poussera au suicide provoquant une haine et un mépris profond d'Alexis envers Caïn. Celui-ci craint de devenir comme son père car il tombe amoureux de sa cousine Suzette. Il est dit plusieurs fois qu'il est facile de voir qu'il est né d'un inceste à cause de la couleur verte mordorée de ses yeux.
  • Confidence africaine de Roger Martin du Gard, roman de 1930.
  • Dommage qu'elle soit une putain (1626), pièce de théâtre de John Ford, raconte l'histoire de l'amour incestueux entre Giovanni et sa sœur Annabella, qui finit par entraîner leur mort.
  • Le jeu vidéo Drakengard (Drag-on dragoon en version originale) met en scène une jeune femme, Furiæ, censée être la réincarnation d'une déesse et donc être d'une pureté absolue mais entretenant en secret un amour incestueux vis-à-vis de son frère et héros du jeu, Caim.
  • Flower of Evil de Lee Hyeon-sook, est une bande-dessinée narrant l'obsession amoureuse d'une jeune fille pour son frère jumeau. Le manhwa maintient un certain temps l'ambigüité sur le fait que son frère soit ou non amoureux de sa sœur, bien qu'il soit évident que leur attachement l'un pour l'autre est profond.
  • Game of Thrones, série télévisée depuis 2011, adaptation de la série de romans Le Trône de fer. La grande polémique sur les origines de la lignée de la reine Cersei Lannister, en relation incestueuse avec son frère jumeau, Jaime Lannister. Les Targaryen qui ont régné sur le continent de Westeros durant près de 300 ans, descendants de Valyria, ont pour tradition de se marier entre frères et sœurs afin de préserver la pureté de leur sang.
  • Histoire de ma vie, de Casanova
  • Incendies, de Wajdi Mouawad, une pièce de théâtre racontant l'histoire d'un fils enlevé à sa mère, qui devient tortionnaire dans la prison où sa mère est incarcérée, la torture et la viole sans savoir qui elle est. Leurs deux jumeaux partent à la recherche de leur passé et découvrent la vérité.
  • Inceste (1932-1934), d'Anaïs Nin
  • Intuitions T. 2 de Rachel Ward (2011). L'héroïne du livre, Sarah, est enceinte d'une petite fille à la suite des viols répétés de son père.
  • Koi kaze, de Motoi Yoshida, manga publié au Japon de 2002 à 2004 en 5 volumes, narre la rencontre de Nanoka, une lycéenne de 15 ans, et Kōshirō, son frère âgé de 27 ans, se retrouvant après une dizaine d'années de séparation.
  • La fabrique des pervers (2016), récit autobiographique de Sophie Chauveau.
  • La Machine infernale de Jean Cocteau, pièce de théâtre publiée en 1932.
  • La Mort arc-en-ciel, roman de Caroline Girard, contant les relations incestueuses entre une sœur et ses deux frères.
  • La Mort de Blanche-Neige de Jeanne Cordelier, Stock, 1993.
  • La Porte du fond (1988), récit autobiographique de Christiane Rochefort.
  • La Princesse et le Pauvre, téléfilm merveilleux de Lamberto Bava, diffusé en 1997. Dans ce conte, le Prince Migal, frère du Roi Hamil, veut épouser sa nièce la Princesse Mirabella, héritière légitime du trône, afin de devenir roi à la place de son frère aîné. Plus tard, un mage maléfique désire épouser sa fille pour avoir une puissante descendance de sorciers. Par ailleurs, au fil des révélations, on peut considérer qu'un frère et une sœur (nés de la même magie) ont vécu une histoire d'amour ensemble.
  • La Rhétorique des culs, roman de Pierre Guéry (2011), qui narre l'initiation sexuelle, dans une famille nombreuse, du plus jeune des garçons par l'ensemble de ses frères, puis le viol régulier de celui-ci par l'aîné. Outre le caractère homosexuel de l'inceste dans la fratrie, le livre pose à rebours la délicate question du consentement.
  • L'agneau carnivore d'Agustín Gómez-Arcos, roman narrant la passion amoureuse entre deux frères dans une famille bourgeoise espagnole sous la dictature de Franco, de leur petite enfance jusqu'à l'âge adulte. Le roman relate aussi les relations familiales atypiques et surtout le désamour entre le narrateur et sa mère. Y est aussi relaté le poids de l'Église dans l'Espagne de cette époque.
  • Le Crayon de papa d'Ian Soliane, roman publié en 2004.
  • Le Dieu des Petits Riens d'Arundhati Roy, roman où un couple de jumeaux bisexués accomplissent la promesse faite à leur mère de s'aimer toujours.
  • Le Port et M. Jocaste, nouvelles de Guy de Maupassant.
  • Le Sang des Borgia, roman de Mario Puzo et sa compagne Carol Gino, sorti en 2001, traite de l'inceste entre les personnages de Cesare et Lucrezia Borgia, frère et sœur. Leur père, le pape Alexandre VI, a également des sentiments ambigus envers sa fille.
  • L'Épi monstre de Nicolas Genka, roman de 1961 évoquant l'inceste père-fille, et interdit par le ministère de l’Intérieur par un arrêté du 6 juillet 1962 puis autorisé en 2005.
  • Les Bienveillantes, de Jonathan Littell, publié en 2007 et prix Goncourt, grand prix du roman de l'Académie française de cette même année, avec un inceste frère-sœur (Max et Uma). Ceux-ci ont même des enfants (Tristan et Orlando) bien que le narrateur (le frère, Max, un nazi SS homosexuel et sadique qui, lorsqu'il se fait posséder, « devient » en quelque sorte sa sœur) ne semble pas s'en douter. Dans le livre, Uma, la sœur, est mariée avec un aristocrate prussien invalide de guerre et dont on comprend assez vite qu'il est impuissant. Le livre est en fait une métaphore du mythe d'Oreste, probablement amoureux de sa sœur, elle-même mariée à un paysan à qui elle demande de pouvoir conserver sa virginité après le mariage. Le titre fait également probablement écho aux Érinyes, divinités grecques surnommées « les bienveillantes » avec une certaine ironie, puisqu'elles poursuivaient jusqu'à la mort les coupables de crimes familiaux (dont Œdipe ou Oreste).
  • Les Chambres de bois d'Anne Hébert. Il s'agit d'un roman évoquant l'inceste frère/sœur. Le frère tente de se marier, tandis que sa sœur collectionne les hommes. La jeune épouse du frère comprend bientôt le lien indéchirable entre son mari et sa sœur. C'est pour elle la chute, avant la renaissance.
  • Les Enfants du péché, téléfilm en quatre parties de 2014 où l'on retrouve trois forme d'inceste. Les parents de famille sont oncle — nièce, leurs enfants (Cathy et Chris) on une relation frère — sœur avec mariage, le fils de Cathy se marie avec sa sœur adoptive.
  • Les Enfants terribles, roman de Jean Cocteau, publié en 1929.
  • Les Exploits d'un jeune Don Juan de Guillaume Apollinaire, lequel narre les conquêtes d'un jeune don Juan qui séduit de nombreuses femmes dont certaines de sa famille. Le roman a été adapté au cinéma en 1987 par Gianfranco Mingozzi sous le même titre.
  • Les Folies françaises, de Philippe Sollers
  • Les Séquestrés d'Altona de Jean-Paul Sartre, pièce de théâtre publiée de 1959.
  • L'Hôtel New Hampshire de John Irving, roman sorti en 1981.
  • L'Inceste de Christine Angot, roman de 1999.
  • Mr. Robot (série télévisée) est une série de Sam Esmail, diffusée à partir de 2015 ; construite autour des troubles psychiatriques du personnage principal, Elliot Alderson, apparus suite au viol incestueux commis par son père.
  • Papa, Mon Amour de Sylwester Wallscott, Éditions Textes Gais, Paris, 2017
  • Peau d'Âne de Charles Perrault, conte publié en 1694.
  • Phèdre de Jean Racine, tragédie publiée en 1677.
  • René de Chateaubriand en 1802 (roman extrait du Génie du christianisme) : pour échapper à sa passion pour René, sa sœur s'éloigne de lui.
  • Scarface de Brian De Palma, film de 1983 : Tony Montana, personnage principal du film, incarné par Al Pacino, éprouve des sentiments ambigus pour sa sœur Gina (Mary Elizabeth Mastrantonio).
  • Six Feet Under, série télévisée américaine diffusée à partir de 2001.
  • The Borgias de Neil Jordan, série télévisée canadienne sortie en 2011, où Lucrezia (Holliday Grainger) et Cesare Borgia (François Arnaud), frère et sœur, ont une relation amoureuse incestueuse.
  • Time Enough for Love (1973) et Au-delà du crépuscule (To Sail Beyond the Sunset) (1987), ouvrages de Robert A. Heinlein.
  • Toutes les femmes s'appellent Marie, roman de Régine Deforges, publié chez Hugo et Cie (2012).
  • La Pianiste (1983) d'Elfriede Jelinek, prix Nobel, (inceste fille-mère) et Ma mère roman de Georges Bataille (1966, posthume) (inceste mère-fils), deux livres adaptés au cinéma.
  • La petite fille qui cachait les tours, roman de Dominique Agostini (2008).
  • Ore no imōto ga konna ni kawaii wake ga nai : Oreimo, série de light novels japonais écrite par Tsukasa Fushimi de 2008 : Inceste sans rapport sexuel explicite mais menant à un mariage entre un frère (Kyôsuke Kousaka) et sa petite sœur (Kirino Kousaka).
  • Os Maias d'Eça de Queirós, roman publié en 1888.
  • Yosuga no Sora, Jeu eroge : Sora tombe amoureuse de son frère jumeau Haruka, à la suite de la mort de ses parents et de sa santé fragile, son frère s'est toujours occupé d'elle, c'est de là que découle son amour plus que fraternel. Ils ont plusieurs fois des rapports sexuels durant l'anime. Aki Sora. Aki, la sœur aînée, dorlote beaucoup trop son petit frère Sora, surtout au goût de la sœur jumelle de ce dernier, Nami. Sora finit par tomber amoureux de sa grande sœur et par avoir des rapports sexuels fréquents avec celle ci. Nami, quant à elle, est amoureuse de sa meilleure amie Kana, qui elle est amoureuse de Sora, mais finit par violer son frère jumeau par jalousie à la fin de l'anime. Leur mère ne sait absolument rien de ses relations.

CinémaModifier

Chansons portant sur l'incesteModifier

  • La chanson L'Aigle noir de Barbara évoque son viol incestueux commis par son père selon Philippe Grimbert[85],[86].
  • La chanson Lettre pour sauver une enfant anonyme de l'artiste québécoise, Joe Bocan.
  • La chanson Mon frère de l'artiste québécoise France D'Amour porte sur la question de l'inceste.
  • La chanson Lemon Incest de Serge et Charlotte Gainsbourg évoque l'amour d'un père pour sa fille en utilisant dans le titre et le refrain le mot anglais « incest » (presque homophone d'« un zeste ») plutôt par provocation que dans le sens plein du terme.
  • La chanson La blessure de La Chicane. L'histoire d'une fille violée par son père quand elle est jeune et qui a peur pour sa propre fille.
  • La chanson Spiel mit mir de Rammstein évoque les relations sexuelles entre frères.
  • La chanson Daddy (en) de Korn évoque le viol d'un enfant dont les parents auraient été au courant.
  • La chanson Daddy's girl de Scorpions évoque le viol d'une enfant par son père et l'inaction de la mère.
  • La chanson Sister de Prince raconte en détail les relations sexuelles entre un frère et une sœur.
  • La chanson de Pierre Perret Elle m'a dit rendez-vous à 5 heures évoque presque l'inceste car son personnage de soupirant voit arriver en rendez-vous, à la place de sa "petite amie", la mère de celle-ci, et la suite du texte évoque sans ambiguïté des relations intimes. Cependant le couple potentiel n'est pas encore marié, et on comprend clairement que la mère n'a voulu, au pire, que s'octroyer une sorte d' avant-première, au mieux contrôler les qualités de son "candidat-gendre".
  • La chanson de Boby Lapointe Marcelle évoque les relations amoureuses entre le personnage et la soeur de son épouse Marcelle. La loi du juillet 1975 portant réforme du divorce a autorisé le remariage entre beaux-frères et belles-soeurs, jusque-là interdit. Dès lors, à la création de la chanson Marcelle (1960), une telle relation était à la fois adultère et incestueuse.
  • Les White Stripes se présentèrent comme frères et soeurs incestueux avant d'avouer être ex-époux.

Statistiques d'incestes aujourd'huiModifier

D'après El Baz[87], « la transgression du tabou de l’inceste et la pédocriminalité se généralisent de manière ophidienne », la perception de l'ampleur du problème étant masquée par quelques procès médiatiques[88]. Il ajoute que cette transgression du tabou « a toujours existé et reste largement tolérée », des exemples de relations incestueuses non-punies existant, par exemple, dans l'histoire de la famille Borgia[89]. D'après El Baz, le crime d’inceste existe parmi « toutes les couches de nos populations », le plus souvent sans être signalé comme tel[21].

Statistiques en FranceModifier

Selon un sondage commandité par l'association Internationale des Victimes de l’Inceste en 2009, la France comptait deux millions de victimes d’inceste, et 26 % des Français rapportaient connaître au moins une personne victime d’inceste dans leur entourage[90]. En 2015, l'AIVI commande un nouveau sondage à Harris Interactive, qui permet d'estimer que 6 % des Français sont des survivants de l'inceste, soit environ 4 millions de personnes[91]. En prenant des statistiques par genre, 9 % des femmes françaises sont survivantes d'inceste[92].

Une enquête similaire réalisée par internet sur un échantillon de 1 033 personnes en 2020 évalue le chiffre à 6,7 millions de victimes[93].

D'après l'association Mémoire traumatique et victimologie, dans près d'un cas d'agression sexuelle sur mineur sur deux, l'agresseur est un membre de la famille[19]. Le ministère de la justice constate que les cas d’inceste constituent 20 % des procès d’Assises et comptent pour 75 % des situations d’agressions sexuelles sur enfants et plus de 57 % des viols sur mineurs[94].

En France, les plaintes sont déposées en moyenne 16 ans après les faits[20]. Les auteurs ont une très forte tendance à nier ces faits, et surtout, dans 80 % des cas, à ne faire preuve d'aucun remords[20]. Les plaintes en justice sont peu fréquentes, du fait du dépassement du délai de prescription, de la peur d'être rejeté par sa famille ou de n'être pas cru, et les condamnations qui pourraient contribuer aux mécanismes de réparation sont rarissimes (moins de 1 % en France) en 2009[20].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

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    • 1° Lorsqu’elles sont commises par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ;
    • 2° Lorsqu’elles sont commises par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ».
    S’il n’existe aucune forme d’autorité de fait ou de droit, il n’y a donc pas d’infraction. Sur le site jurisamination.fr.
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Voir aussiModifier

BibliographieModifier

TémoignageModifier

Psychologie, psychanalyseModifier

(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs)

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AnthropologieModifier

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  • Dorothée Dussy, L’inceste, bilan des savoirs, ss. la dir. de, 2013.
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  • Maurice Godelier, L'interdit de l'inceste à travers les sociétés, Paris, CNRS Editions, , 118 p. (ISBN 978-2-271-13879-8).
  • Françoise Héritier, Les Deux Sœurs et leur mère : anthropologie de l'inceste, Odile Jacob, 1994 (ISBN 2-7381-0523-8).
  • Léonore Le Caisne, Un inceste ordinaire. Et pourtant tout le monde savait, Belin, 2014. Reed. Points/Seuil janv. 2022.
  • Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté, PUF, 1949 ; nouv. éd. revue, Mouton, 1968.
  • Sophie Perrin, L'inceste : consistance du silence, Dossier d'étude CNAF no 139, 2010.

HistoireModifier

Ouvrages de professionnelsModifier

  • Anne Poiret, Patrick Robin, L'Ultime Tabou : femmes pédophiles, femmes incestueuses, P. Robin, 2006.
  • Marie-Pierre Porchy, Les Silences de la loi : un juge face à l'inceste, Hachette, 2003.
  • [Aubry et Lopez 2017] Isabelle Aubry et Gérard Lopez, L'inceste: 36 questions incontournables, Dunod, (ISBN 978-2-10-076188-3, lire en ligne)

Représentations fictionnellesModifier

  • Jacqueline Chammas, L'inceste romanesque au siècle des Lumières : de la Régence à la Révolution (1715-1789), Paris, H. Champion, coll. « Les dix-huitièmes siècles » (no 162), , 433 p. (ISBN 978-2-7453-2274-6).
  • Marianne Closson et François Raviez (dir.), Les amours entre frère et sœur : l'inceste adelphique du Moyen Age au début du XIXe siècle, Paris, Classiques Garnier, coll. « Masculin-féminin dans l'Europe moderne. / XVIIIe siècle » (no 25), , 440 p. (ISBN 978-2-406-09581-1).
  • Béatrice Pire, Figures de la décomposition familiale dans le roman contemporain américain, M. Houdiard, coll. « Littérature américaine », , 132 p. (ISBN 978-2-35692-163-5).
  • Christelle Bahier-Porte et Catherine Volpilhac-Auger (dir.), L'inceste : entre prohibition et fiction, Paris, Hermann, coll. « Fictions pensantes », , 266 p. (ISBN 978-2-7056-9323-7).

Articles connexesModifier