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Psychologie

étude scientifique des faits psychiques et des comportements
Ne doit pas être confondu avec Phycologie.

La psychologie (du grec psukhê, âme, et logos, parole) est l'étude des faits psychiques, des comportements et des processus mentaux. La psychologie est la connaissance empirique ou intuitive des sentiments, des idées, des comportements d'une personne et des manières de penser, de sentir, d'agir qui caractérisent un individu ou un groupe[1]. Il est commun de définir aussi la psychologie comme l'étude scientifique des comportements[2].

La psychologie est une discipline qui appartient à la catégorie des sciences humaines. Divisée en de nombreuses branches d’étude dont les théories et les méthodes de recherche varient grandement, la psychologie a des applications également nombreuses.

Sommaire

ÉtymologieModifier

 
Lettre grecque psi.

Étymologiquement, le mot psychologie dérive du latin psychologia, terme lui-même formé à partir du grec ancien ψυχή (psukhē : le souffle, l'esprit, l'âme) et -λογία (-logia, la science, l'étude, la recherche)[1] par le savant humaniste croate Marko Marulić (1450-1524) et qui semble apparaître pour la première fois dans le titre de Psichiologia de ratione animae humanae (fin XVe - début XVIe) dont la trace a été perdue[3],[4] si bien que la première occurrence attestée se trouve chez le juriste et philosophe allemand Johann Thomas Freig (lat. Freigius, 1543-1583). Toutefois, le mot est véritablement popularisé par la Réforme protestante en Allemagne, à travers les écrits de Philippe Melanchthon qui reprend le terme dans ses études bibliques et ses commentaires de la philosophie aristotélicienne. Le terme se retrouve ainsi jusque dans les discours ésotériques, tel la Psichologie ou traicté de l'apparition des esprits de Noël Taillepied (1588)[5].

La lettre grecque Ψ (psi) est souvent utilisée comme une abréviation du terme psychologie.

Objet d'étude et objectifsModifier

L'objet d'étude de la psychologie est un débat non clos depuis des siècles. En effet, selon les auteurs, la psychologie s'est trouvée centrée sur des objets très différents, sans qu'il soit encore possible aujourd'hui de décider quelle est la théorie unitaire qui serait largement acceptée[1]. Ainsi les approches sur cette question extrêmement complexe se partagent-elles traditionnellement entre celles qui considèrent que l'objet de la psychologie est le comportement et sa genèse, les processus de la pensée, les émotions et le caractère ou encore la personnalité et les relations humaines, etc.[1].

Les différentes branches de la psychologie se distinguent soit par la méthode utilisée (clinique ou expérimentale), soit par l'activité humaine considérée (travail, mémoire, perception, apprentissage, soin, comportement en groupe, etc.), soit par grand domaine d'investigation (psychologie cognitive, psychopathologie, psychologie sociale, psychologie de l'enfant et du développement, psychophysiologie, psychologie animale)[1].

Histoire de la psychologieModifier

Le développement de la psychologie a été influencé par des courants de pensée ou « écoles ». Dans l'ordre chronologique de leur apparition, les principales approches de la psychologie sont l'approche physiologique issue de la médecine et biologie ; l'approche psychodynamique (issue de la psychanalyse avec Sigmund Freud dans les années 1890), le béhaviorisme ou comportementalisme (de John Watson, Ivan Pavlov et Burrhus Frederic Skinner après 1912), l'humanisme (avec Carl Rogers et Abraham Maslow dans les années 1950) et la psychologie cognitive (avec Donald Broadbent, Ulric Neisser, dans les années 1950)[6]. Ces approches sont présentées en détails dans les sections suivantes.

Sous-disciplines académiques et objets d'étudeModifier

Le tableau ci-dessous illustre la diversité de la psychologie, avec différentes approches théories (première colonne), des objets d'investigation variés (deuxième colonne), des méthodes de recherches dépendant des questions posées et des théories sous-jacentes (troisième colonne). Les applications de la psychologie sont également nombreuses (quatrième colonne). La dernière colonne du tableau présente des disciplines où la psychologie a historiquement joint une autre discipline académique pour former une discipline indépendante. Ces listes ne correspondent pas à une nomenclature publiée et correspondent aux thèmes retrouvés dans divers manuels de référence.

Liste des sous-disciplines de la psychologie, selon les domaines concernés, les types d'approches théoriques et méthodologiques, et les liens avec d'autres disciplines académiques :
Approches théoriques Objets d'investigations Méthodes d'étude Applications Liens avec une autre discipline académique

Courants de la psychologieModifier

Courant psychodynamiqueModifier

Articles détaillés : Psychanalyse et Psychologie dynamique.

L'approche psychodynamique de la psychologie a été développé par Sigmund Freud à Vienne vers les années 1900[6]. Son approche se basait sur une méthode de thérapie qu'il nomma la psychanalyse. Son approche l'amena à développer des théories sur le développement normal de l'enfant et sur le développement de la personnalité[6].

Courant béhavioristeModifier

Article détaillé : Béhaviorisme.

L'approche béhavioriste fut développée par John B. Watson en 1912 aux États-Unis, se basant sur les recherches animales du chercheur russe Ivan Pavlov[6]. L'approche dresse les bases d'une psychologie qui veut développer des modèles scientifiques et a ses origines dans la recherche animale. L'objet d'étude du béhaviorisme est l'apprentissage dans des conditions contrôlées et les méthodes se basent sur des expériences menées en laboratoire de recherche[6].

Courant humanisteModifier

Articles détaillés : Psychologie humaniste et Abraham Maslow.

Le courant humaniste en psychologie a commencé à émerger aux États-Unis dans les années 1950. Ses origines viennent de la philosophie[6]. Tout comme l'approche psychodynamique, son principal objet est la thérapie[6].

Courant cognitivisteModifier

Le courant cognitiviste s'est développé à partir des années 1950 aux États-Unis et au Royaume-Uni[6]. Le courant cognitiviste a ses origines dans l'approche behavioriste, dont il a en commun l'observation scientifique des comportements. Il est distinct du béhaviorisme en ce qu'il s'intéresse à de nombreux processus mentaux (attention, perception, raisonnement, résolution de problème, mémoire)[6].

L'approche cognitive ou cognitiviste en psychologie s'est constituée dans le cadre plus large des sciences cognitives vers le milieu des années 1950. Le projet cognitiviste a été de chercher à caractériser non pas seulement le lien entre le stimulus et la réponse comportementale observable par l'expérimentateur (béhaviorisme) mais aussi l'organisation des processus internes impliqués dans ce comportement.Ces évolutions théoriques vont de pair avec des développements expérimentaux qui forment les bases méthodologiques de l'expérimentation en psychologie cognitive. Parmi ceux-ci, le renouvellement de l'approche dite de la chronométrie mentale proposée un siècle plus tôt par le psychologue Franciscus Donders selon laquelle la mesure du temps de réaction fournit un indice du temps de traitement d'un stimulus donné. La métaphore qui prévaut alors est celle du cerveau-ordinateur, à une époque où les progrès en informatique sont plein de promesses pour l'intelligence artificielle. Selon ce paradigme cognitiviste, l'information ferait l'objet d'un traitement séquentiel ou parallèle en circulant entre les différents processus qui constituent l'esprit humain selon la structure schématique : entrées (perception)   Traitement cognitif   Sorties (comportement).[réf. nécessaire]

Par la suite, ces processus mentaux ont aussi reçu le nom de modules car ils furent conceptualisés comme des mécanismes relativement indépendants les uns des autres. Le philosophe Jerry Fodor formalisera cette conception dans La modularité de l'esprit. Dans cette perspective, l'esprit (humain) est organisé à différents niveaux comme une mécanique complexe comportant des modules caractérisés par le fait qu'ils traitent certaines informations de manière automatique. Cela expliquerait certains phénomènes psychologiques comme les illusions d'optique qui résultent du fait que le système visuel fonctionne de façon modulaire.[réf. nécessaire]

D'autres approches conceptuelles se sont développées, par exemple, basée sur les modèles de réseaux de neurones où l'information est distribuée au sein d'un réseau constitué d'un grand nombre d'unité (cf. connexionnisme).

Recherche et méthodes de rechercheModifier

Les thèmes de recherche en psychologie sont innombrables du fait du grand nombre d'objets d'étude de la psychologie et de ses applications très variées. Les méthodes de recherche sont par conséquent très nombreuses. Certaines méthodes se basent sur des observations, dans des conditions plus ou moins contrôlées. D'autres méthodes se basent sur des méthodes expérimentales aux protocoles stricts et donnant lieux à des analyses statistiques élaborées. Toutes ces méthodes ont des avantages et des lacunes : certaines sont utiles pour observer la complexité d'un sujet, d'autres pour invalider des hypothèses et modèles théoriques. Les méthodes sont choisies en fonction des objectifs du chercheur.

Méthodes d'observation non expérimentalesModifier

La psychologie peut faire usage de méthodes de recherche non expérimentales[7].

Etude de casModifier

L'étude de cas permet l'étude approfondie d'un individu. Elle permet de décrire en détail la complexité de l'individu et se rapproche ainsi des cas cliniques rencontrés par les praticiens (psychologues cliniciens, psychanalystes, psychothérapeutes, psychiatres) dans leur pratique quotidienne.

Observation sur le terrainModifier

L'observation sur le terrain est l'observation d'individus dans leur environnement familier sans intervention et sans changement des variables dans ce milieu naturel (école, lieu de travail, hôpital...). Elle permet une bonne description des comportements, et permet d'émettre de nouvelles hypothèses de recherche. Elle ne permet pas de tester des liens de causalité.

Observation en laboratoireModifier

L'observation en laboratoire est l'observation de personnes dans un milieu artificiel mais sans intervention de l'expérimentateur qui influenceraient les comportements. Elle est une bonne source d'hypothèses de recherche.

Entrevue et méthode cliniqueModifier

L'entrevue avec le participant est une situation dans laquelle l'expérimentateur pose des questions directement au participant. L'entrevue peut être souple, structurée (questionnaire) ou semi-structurée. Elle donne des informations sur les opinions, attitudes, croyances, théories naïves, etc. des participants. Elle permet le recueil d'informations que l'observation des comportements seule ne permettrait pas de connaître. La méthode a de nombreux biais expérimentaux (désirabilité sociale ; effet Hawthorne ; effet Hans le malinetc.).

Statistiques utilisées dans les méthodes non expérimentalesModifier

L'étude de corrélation mesure les relations entre deux variables. Elle permet de mettre en évidence qu'une variable est liée à une autre, mais ne permet pas de déterminer l'existence de liens de causalité. Elle est, comme les autres méthodes non expérimentales, une bonne source d'hypothèses de recherche.

Méthodes d'observation expérimentaleModifier

Article détaillé : Psychologie expérimentale.

Éthique de la recherche en psychologieModifier

La recherche en psychologie doit adhérer aux règles générales d'éthique de la recherche, aux règles d'éthique de l'expérimentation sur sujets humains, et l'éthique de la psychologie. Les règles éthiques du consentement libre et éclairé, le respect de l'estime de soi, le droit à la confidentialité et à la vie privée, entre autres, doivent être respectées. Lorsque la recherche porte sur des personnes vulnérables, les règles éthiques sont plus strictes. Les chercheurs menant des recherches sur les humains doivent adhérer aux déclarations internationales telles que la Déclaration de Genève et la déclaration d'Helsinki (définissant des règles éthiques internationales pour toute recherche impliquant un humain)[8]. L'American Psychological Association publie des règles éthiques de conduite pour mener des recherches en psychologie[9].

Applications de la psychologieModifier

Psychologie cliniqueModifier

Article détaillé : Psychologie clinique.
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La psychologie clinique, dont le champ d'application est le propre de la psychopathologie de l'adulte et de l'enfant, est une approche théorique et pratique du fonctionnement psychique qui prend appui sur de nombreuses conceptions de la vie mentale, et techniques psychothérapeutiques.

Dans cette démarche, l'histoire passée du patient, les vicissitudes du développement psychologique et leurs réactualisations possibles sont prises en compte par un praticien : le psychologue clinicien. Le symptôme est porteur de sens, et la singularité du sujet, dans son vécu et son discours, est mise au premier plan.

La psychologie clinique, qui s'est longtemps appuyée sur le modèle psychanalytique et conserve une base théorique psychodynamique, s'est progressivement diversifiée avec l'arrivée des nouvelles psychothérapies et des techniques de développement personnel. Il est, dans ce cadre, question de la thérapie systémique familiale, de la gestalt-thérapie, de la thérapie motivationnelle, du psychodrame, de la psychothérapie humaniste, pour donner quelques exemples.

Études de psychologieModifier

Article détaillé : Études de psychologie.

Métiers de la psychologieModifier

Article détaillé : Psychologue.

Code de déontologieModifier

Dans nombre de pays, les règles de conduite des psychologues professionnels sont régies par un Code de déontologie des psychologues. L'exercice de la psychologie peut être régulé juridiquement et le titre de psychologue peut être protégé par la loi.

En France, l'exercice de la psychologie est régulé par un cadre juridique de la santé mentale.

Liens avec d'autres disciplinesModifier

Sciences cognitivesModifier

Certaines disciplines de la psychologie sont également du domaine des sciences cognitives. Les sciences cognitives sont une combinaison de psychologie cognitive, de sciences informatiques, de philosophie, de neurosciences, et de linguistique[10].

NeurosciencesModifier

À partir des années 1970, la psychologie cognitive évoluera fortement sous l'influence des neurosciences et des nouvelles méthodes d'étude du cerveau en activité. Avec les progrès de la technologie, l'électroencéphalographie (EEG) permet de mesurer (par Électroencéphalographie quantitative) des potentiels électriques depuis la surface du scalp qui reflètent la dynamique de l'activité globale des neurones. L'analyse de cette dynamique ouvre une voie d'accès à la séquence temporelle des activités nerveuses proposées d'identifier à la séquence d'opérations mentales mises en évidence par d'autres méthodes basées notamment la chronométrie mentale. Durant les années 1980, de nouvelles méthodes d'imagerie cérébrale feront leur apparition avec la tomographie par émission de positons (PET), puis l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) dans les années 1990. Grâce à ces dernières, on[Qui ?] peut cette fois connaître les différentes régions impliquées dans une tâche expérimentale donnée. L'association entre opération mentale se fait donc cette fois non pas sur la dimension temporelle mais sur le plan spatial : l'objectif étant d'identifier les bases neurobiologiques des modules postulés par la psychologie cognitive. L'utilisation des méthodes des neurosciences dans le cadre expérimental de la psychologie cognitive donne naissance à ce qui est actuellement nommé les neurosciences cognitives.

Mathématiques et informatiqueModifier

Les mathématiciens ont abordé très tôt certains aspects de la psychologie, au titre de la logique ou de l'heuristique.

Au XXe siècle on peut citer George Pólya (sur la résolution de problèmes) ou Imre Lakatos (sur la démarche mathématique en général, les idées motrices, l'affrontement des échecs, etc.)

En rapport plus direct avec l'informatique, qui permet de simuler les mécanismes supposés, on peut citer :

  • Norbert Wiener (18941964) : Mathématicien américain, il a appliqué les statistiques à la communication et a fondé la cybernétique (le contrôle et la communication chez l’animal et la machine). Un des premiers à comparer le cerveau à un ordinateur, il est un pionnier des sciences cognitives modernes. Il a précisé les concepts de « but » et de « rétroaction » : le pilotage d’une activité passe par la détermination de divers buts hiérarchisés. L’activité fournit des informations qui sont constamment comparées aux buts, ce qui constitue la rétroaction et guide l’action (par exemple, pour atteindre un but personnel).
  • John von Neumann (1903-1957) : Mathématicien américain d’origine hongroise, il s'intéresse à la Physique quantique  puis à la Théorie des jeux  et à son application à l'économie mathématique. Précurseur de l’intelligence artificielle (IA), il a eu l’idée de coder les programmes et de faire coexister en mémoire données et traitements. Il s'intéressa aussi au traitement de l'information par les organismes biologiques pour définir des applications à des machines artificielles (précurseur du connexionisme et des neurosciences).
  • Alan Turing (19121954) : Mathématicien et logicien anglais. En 1936, son modèle dit Machine de Turing constitue la base de la théorie des automates. Elle applique une succession de règles dépendant des informations d'entrée et d'un état interne, et fournissant un nouvel état interne et un éventuel résultat, modèle dépassant le behaviorisme. A la question « Une machine peut-elle penser ? » il répond par le test de Turing basé sur une conversation homme-machine. En 1954, il écrit un programme jouant aux échecs.
  • Herbert Simon (1916-2001). Économiste américain, « prix Nobel d'économie », 1978, initiera le débat sur les limites de la rationalité : contraintes sur la capacité des agents à traiter l’information disponible, évolution de capacités limitées dans un environnement immensément complexe. Avec Allen Newell, l’un des pionniers de l’informatique, ils développeront la question de la résolution de problèmes à travers des procédures (General Problem Solver) et élaboreront la notion de processus cognitif dans un contexte d’IA.
  • John McCarthy (). Principal pionnier de l'intelligence artificielle avec Marvin Lee Minsky, il incarne le courant mettant l'accent sur la logique symbolique. Il est également le créateur du langage LISP, en 1958, inspiré du lambda-calcul d'Alonzo Church. Il reçoit le prix Turing en 1971 pour ses travaux en intelligence artificielle.

À partir du langage Simula et de ses successeurs les langages objets, la notion de classification à la Quillian a pris un caractère opérationnel. Et l'emploi informatique de mémoires primaires rapides et de mémoires secondaires d'archivage à bas coût a inspiré aux psychologues les concepts de mémoire à court terme et mémoire à long terme.

Problématiques et controverses contemporainesModifier

La psychologie est-elle scientifique ?Modifier

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Longtemps controversé par son origine comme branche de la philosophie, la discipline a acquis le statut de discipline scientifique à part entière au travers d'une série de transformations épistémologiques, méthodologiques, institutionnelles et culturelles, intervenues tout au long du XXe siècle. L'intérêt nouveau porté à la perception par les psychophysiciens, la mise œuvre de la méthode expérimentale et d'analyses quantitatives, le rapprochement avec les disciplines médicales de la psychiatrie et de la neurologie, la création de laboratoires de recherche et de facultés universitaires, la structuration d'une communauté scientifique autour de sociétés savantes et de revues scientifiques furent autant de facteurs qui contribuèrent à faire de la psychologie une science émargeant à la fois au rang des sciences dites naturelles qu'à celui des sciences dites humaines.[réf. nécessaire]

L'expression « psychologie scientifique » est apparue sous la plume de Johann Friedrich Herbart (1776-1841) comme une réponse à l'emprise philosophique de l'idéalisme allemand, et tend à disparaître pour laisser la place à des dénominations plus spécifiques référant à la méthode (psychologie expérimentale, psychologie différentielle, psychologie comparée) ou à l'objet (psychologie du développement, psychologie sociale, etc.).[réf. nécessaire]

Cependant, certains auteurs affirment que les méthodes utilisées[11] ne suffisent pas à faire de la psychologie une science, car beaucoup de ses concepts ne sont pas scientifiques, mais pré-scientifiques, dans le sens qu'ils sont trop souvent de forme anthropomorphiques (le vécu de l'individu sert de critère au savoir). Les défenseurs de cette thèse expliquent que la psychologie ne pourra devenir une science que lorsque celle-ci distinguera le vécu de la description scientifique.[réf. nécessaire] Cette critique reproche à la psychologie de faire des classifications instinctives et non basées sur des critères objectifs, ou tout du moins explicitées sur des critères qui permettront de donner des groupes homogènes (exemple de la classification émotion/ cognition ou de l'intelligence). « Les concepts psychologiques, au moins à certains égards déterminants, sont totalement aristotéliciens dans leur contenu réel, bien que, à d'autres égards, leur formulation ait été quelque peu civilisée, si l'on peut dire »[12].[réf. obsolète]

Il existe également une autre position, celle de la psychanalyse ou de la psychologie humaniste, qui défend l'idée que la psychologie peut ne pas être une science au sens strict du terme. Pour autant, elle reste une discipline rationnelle. La rationalité du discours psychologique pourrait être indépendante des méthodes de vérification expérimentale, soit du fait des interdits éthiques s'opposant à certains types d'expériences sur le sujet soit pour un motif d'irréductibilité de la complexité de la psyché à un jeu simple de facteurs.[réf. nécessaire] Des critiques récurrentes sur la non-scientificité de la psychologie (ou de certaines disciplines ou certaines théories de la psychologie) sont trouvées et en particulier ciblées sur la théorie psychanalytique qui n'utilise pas les principes de la recherche expérimentale en psychologie, mais s'appuie sur des méthodes d'observations individuelles et d'études de cas. Pierre Janet, Henri F. Ellenberger, Karl Popper ont largement écrit à ce propos[réf. nécessaire] (voir les détails dans l'article Critique de la psychanalyse).

Idéalisme et matérialismeModifier

La problématique la plus ancienne et la plus générale est celle que la philosophie projette depuis les origines sur les études de psychologie : les conceptions idéalistes et matérialistes s’opposent depuis Platon et Épicure et sont sensibles à toutes les époques avec des nuances, des compromis variables selon les auteurs (cf. Histoire de la psychologie). Cette problématique traverse les sciences dites cognitives : « les recherches qui utilisent des outils modernes pour analyser matériellement le cerveau et comprendre son fonctionnement vont-elles trouver le sens de ce que vit la personne ? »

Individuel et collectifModifier

Cette problématique oppose l’individuel au collectif. Beaucoup de théories se sont affrontées sur cette dimension des études psychologiques, sans qu’une conclusion consensuelle se dégage actuellement sur les rapports entre la personne et la société. Certains pensent que c’est la personne qui permet à la société d'exister et de se transformer (conception individualiste), pour d’autres c’est le contraire. C'est-à-dire qu'il faut pour comprendre un phénomène social partir de la société pour aller vers l'individu. Il s'agit du holisme. Bien entendu, beaucoup[Qui ?] pensent que les deux sont nécessaires, mais la question est de savoir de quelle manière il peut être décrit.

Inné et acquisModifier

Notes et référencesModifier

  1. a, b, c, d et e Reuchlin, Maurice (1985) Psychologie PUF.
  2. Eysenck 2000, p. 3.
  3. Paul Mengal, « La constitution de la psychologie comme domaine du savoir aux XVIe et XVIIe siècle », Revue d'Histoire des Sciences Humaines, vol. 1, no 2 « Aux origines de la psychologie européenne (16e-19e siècles) »,‎ , p. 5-27 (ISBN 2859396179, DOI 10.3917/rhsh.002.0005, résumé, lire en ligne).
  4. Classics in the History of Psychology – Marko Marulic – The Author of the Term "Psychology".
  5. « psychologie », étymologie, sur centre national de ressources textuelles et lexicale.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i Eysenck 2000, p. 15.
  7. Diane, E. Papalia, Sally W. Olds et Ruth D. Feldman (trad. Adaptation française dirigée par Annick Bève), Psychologie du développement humain, Bruxelles, De Boek, , 482 p. (ISBN 9782765105855).
  8. (en) « Ethical standards in Research », sur srcd.org, (consulté le 25 juillet 2016).
  9. « Ethical Principles of Psychologists and Code of Conduct », sur http://www.apa.org (consulté le 2 janvier 2017).
  10. Miller 2002, p. 219.
  11. Thierry Foucart, « Statistique et idéologies scientifiques », Idées, CNDP, no 138 « supplément en ligne »,‎ , p. 1-5 (lire en ligne).
  12. Lewin K., 1967, p. 35.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages génériquesModifier

Histoire de la psychologieModifier

Articles connexesModifier

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Disciplines liéesModifier

Lien externeModifier