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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Angot et Schwartz.
Christine Angot
Description de cette image, également commentée ci-après
Christine Angot dans les années 1990.
Nom de naissance Christine Schwartz
Naissance (60 ans)
Châteauroux, France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

Christine Angot, née Christine Pierre Marie-Clotilde Schwartz le à Châteauroux (Indre), est une romancière et dramaturge française. Elle pratique fréquemment la lecture publique de ses textes, notamment sur scène.

L'œuvre littéraire de cette figure emblématique de l'autofiction – un terme que toutefois elle rejette –, ainsi que ses nombreux articles et ses interventions médiatiques suscitent la controverse. Depuis la parution de L'Inceste en 1999, elle est devenue une personnalité de la littérature francophone contemporaine, lauréate du prix France Culture en 2005, du prix de Flore en 2006 et du prix Décembre en 2015.

Recrutée pour remplacer Vanessa Burggraf, elle se produit depuis septembre 2017 comme chroniqueuse, aux côtés de Yann Moix (2017-2018) puis de Charles Consigny (2018-2019), dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché, diffusée par France 2.

Sommaire

BiographieModifier

Enfance et étudesModifier

Née Christine Pierrette Marie-Clotilde Schwartz, Christine Angot passe son enfance à Châteauroux, avec sa mère Rachel Schwartz, d'origine juive[1], et sa grand-mère. Son père, Pierre Angot, traducteur auprès des institutions européennes, a quitté le foyer familial avant sa naissance et ne la reconnaîtra officiellement que lorsqu'elle aura quatorze ans. Elle prend alors le nom d'Angot. Les rapports avec son père seront très éprouvants pour elle, car, comme elle l'a confié au Monde, entre treize et seize ans, celui-ci lui a imposé des relations sexuelles qui l'ont gravement traumatisée et sont à l'origine de ses romans L'Inceste puis Un amour impossible[2]. Elle quitte Châteauroux et s'installe à Reims avec sa mère. Après le baccalauréat, elle entame des études d'anglais et de droit. Elle obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) de droit international public, puis se spécialise en droit européen au Collège d'Europe, à Bruges, qu'elle quitte en milieu d'année et dont elle n'est pas diplômée[3].

Vie privéeModifier

En 2006, Christine Angot a vécu durant quelques mois avec Doc Gynéco, qu'elle avait rencontré lors d'une foire littéraire[4]. En 2008, un an après leur rupture, elle publie son roman Le marché des amants dans lequel elle détaille son intimité avec le chanteur[5].

Depuis 2008, elle est en couple avec Charly Clovis, musicien martiniquais et un des meilleurs amis de Doc Gynéco[6].

Vie littéraireModifier

Débuts littérairesModifier

Christine Angot se désintéresse alors de ses études et commence ses premières années d'écriture :

« Il y a eu un jour où j'ai écrit. Écrit vraiment. Ce fut quelque chose de très important. Claude [son mari à l'époque] et moi étions allés à Amsterdam, mais le séjour ne s'est pas bien passé et nous sommes repartis aussitôt. Nous avons pris un hôtel au Touquet. J'étais très énervée. Je n'acceptais pas la réalité de ce week-end gâché. Je me souviens que nous avions acheté une tablette de chocolat. J'ai pris son papier d'emballage et j'ai commencé à écrire ce qui s'était passé durant le week-end. J'ai demandé du papier à l'hôtel pour continuer. Puis j'ai fait lire ce que j'avais écrit à Claude : « C'est bien ! » J'ai pris peur alors : « Ne me redis pas ça, je suis capable de tout laisser pour écrire. » »[7]

Dès lors, pendant six ans (elle est mariée, mère d'une fille et réside à Nice), ses manuscrits lui sont retournés par les maisons d'édition à qui elle propose ses textes[3]. Elle ne publie son premier roman, Vu du ciel, qu'en 1990 chez Gallimard dans la collection « L'Arpenteur » dirigée par Gérard Bourgadier. Ce roman et les deux suivants, Not to be et Léonore, toujours connaissent une faible résonance médiatique et se vendent peu[8]. Son quatrième manuscrit, Interview, est refusé par son éditeur. Christine Angot quitte la maison Gallimard à la suite d'un rapport de lecture qui lui est défavorable :

« Ils refusent mon quatrième roman, Interview. Je repars à la recherche [d'un éditeur]. Léonore, toujours [son précédent roman], les avait choqués. Le rapport de lecture dit que je suis dangereuse pour mon entourage, ils faisaient déjà la confusion entre ma vie et mes livres. »

Christine Angot est ensuite éditée chez Fayard puis Stock, par Jean-Marc Roberts[9].

Production littéraireModifier

Christine Angot est propulsée sur le devant de la scène littéraire en 1999 avec la publication de L'Inceste qui défraie la chronique littéraire et qui se vendra à près de 50 000 exemplaires[10]. Le livre suscite un accueil médiatique et critique houleux. Pierre Jourde et Éric Naulleau dans Le Jourde & Naulleau notent que « toutes les lignes de force de l'œuvre en gestation sont ici déjà repérables : agitation, déni du réel, livres qui tiendraient aisément sur quelques centimètres carrés promis aux bennes de recyclage »[11]. Au contraire, dans Le Monde, Josyane Savigneau écrit : « Christine Angot va gagner. Parce qu'elle ne risque pas de plaire. Elle va trop vite, trop fort, trop loin, elle bouscule les formes, les cadres, les codes, elle en demande trop au lecteur. Elle vient d'avoir quarante ans, elle écrit depuis quinze ans et, en huit livres, elle a enjambé la niaiserie fin de siècle. Elle n'est pas humaniste, elle a fait exploser le réalisme, la pseudo-littérature consensuelle, provocante ou faussement étrange, pour poser la seule question, la plus dérangeante : quel est le rapport d'un écrivain à la réalité ? »[12].

En 2005, elle obtient le prix France Culture pour Les Désaxés et Une partie du cœur[13].

En 2006, elle quitte Stock pour Flammarion, où elle publie Rendez-vous, qui obtient le prix de Flore[14]. La même année, elle intervient régulièrement dans l'émission Campus[15], animée par Guillaume Durand sur France 2. Elle change une nouvelle fois d'éditeur et signe un contrat avec Le Seuil en 2008. Ce transfert est largement médiatisé en raison de la somme déboursée par la maison d'édition : 240 000 [16].

En 2011, Christine Angot fait son retour chez Flammarion, où elle publie Les Petits. À partir de la même année, elle fait partie du jury du prix Saint-Germain[17] qu'elle préside en 2012.

En 2012, elle obtient le prix Sade pour Une semaine de vacances, court roman qui fait scandale[18]. Son éditeur, Flammarion, avait pourtant annoncé qu'il ne souhaitait pas qu'elle reçoive ce prix, notamment pour lui donner plus de chances d'en obtenir un autre plus prestigieux[19]. Elle refuse le prix, dans une lettre au président du jury, Emmanuel Pierrat, en expliquant : « L'image de ce prix, qu'elle corresponde ou non à l’œuvre du Marquis de Sade, est en contradiction totale avec le livre que j'ai écrit, et ne pas refuser ce prix serait souscrire à un contresens objectif quant à ce que dit ce livre, contresens que je récuse[20]. »

Interprétation de ses œuvresModifier

Au-delà des lectures organisées dans les librairies, Christine Angot se produit régulièrement sur des scènes théâtrales, comme en 2000, au Théâtre national de la Colline, où elle propose une lecture de Quitter la ville[21] – théâtre dans lequel, en 2008, elle ouvre le festival Mediapart avec une lecture de son roman Le Marché des amants[22].

Plusieurs « événements » consacrés à son œuvre ont été organisés : en 2013, par exemple, durant le Festival d'Avignon, Christine Angot, accompagnée de comédiens, propose des lectures, mises en scènes et conversations autour de ses œuvres dans la cour du musée Calvet. Le programme est retransmis sur France Culture sous le titre Une semaine de vacances avec Christine Angot[23]. La même année, le Théâtre Sorano lui est confié et propose, durant une semaine, des rencontres, des lectures et des projections avec, notamment, Laure Adler, Jacques-Alain Miller, Camille Laurens, Rachid O. et Typhaine Samoyault[24].

À partir de 2013, elle se produit régulièrement à la Maison de la poésie où elle propose notamment des lectures[25] et conférences[26] autour de ses livres et des lectures d'œuvres d'autres écrivains comme Marguerite Duras[27].

Autres activités littérairesModifier

En mars 2016, elle est la rédactrice en chef du supplément Libé des écrivains du journal Libération[28].

Depuis 2007, l'agent littéraire Andrew Wylie travaille pour elle[29].

Par ailleurs, Angot publie des récits[30], ainsi des articles en lien avec son travail d'écriture[31] et qui évoquent la réception de ses livres[32],[33], ses apparitions médiatiques[34] ou encore des sujets plus intimes[35],[36].

De nombreux textes ont également été publiés dans le magazine Epok, lorsque l'auteur y tenait une chronique : « Le mot d'Angot », au début des années 2000.

Personnalité médiatiqueModifier

Christine Angot collabore régulièrement au journal Libération au sein duquel elle tient, en alternance avec d'autres écrivains, la chronique « Écritures »[37]. Elle publie également, de façon fréquente, notamment dans Le Monde, Le Point ou encore Télérama, des chroniques sur la littérature et l'art (sur Emmanuel Carrère[38], Michel Houellebecq[39], Van Gogh[40], Marguerite Duras par exemple), des réactions en lien avec l'actualité[41], ainsi que des portraits d'hommes politiques (dont François Hollande[42], Ségolène Royal[43], Dominique Strauss Kahn[44], Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen[45]) et de personnages médiatiques (Bernard-Henri Lévy[46], Jean-Marc Roberts[47]). À partir de 2016, elle collabore au journal Le Nouvel Observateur, pour lequel elle rédige des portraits des candidats à l'élection présidentielle de 2017. Depuis la rentrée de 2017, elle est chroniqueuse dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier sur France 2, où elle se distingue par des prises de position et des réactions polémiques. La saison est caractérisée par des audiences de moins en moins importantes. Un essoufflement qui serait dû d'après François Jost, professeur en science de l'information et de la communication, à une perte de légitimité des chroniqueurs dans des échanges où la forme a pris le pas sur le fond. François Jost souligne également l'« impopularité de Christine Angot » causée par son « incapacité à dialoguer », une attitude qu'il qualifie de « consternante », voire de « dramatique »[48].

Prises de positions politiquesModifier

En juillet 2014, elle fait partie des signataires d'une lettre ouverte adressée au président de la République, publiée dans Libération, qui s'oppose à la gestation pour autrui[49],[50].

En février 2017, Christine Angot exhorte François Hollande à se représenter à l’élection présidentielle. Dans une lettre ouverte, elle affirme que celui-ci dans les situations exceptionnelles, a « toujours été à la hauteur »[51].

En mars 2017, elle intervient dans L'Émission politique sur France 2 qui reçoit François Fillon (voir section Controverses).

ControversesModifier

Elle est critiquée pour la violence de ses interventions politiques et médiatiques[52].

Intervention contre François FillonModifier

Le , durant l'affaire Fillon, elle a, en direct sur le plateau de L'Émission politique, une violente altercation verbale avec François Fillon qui est largement commentée dans la presse[53].

Parmi les nombreuses réactions qui s'opposent à cette intervention, Benoît Duteurtre écrit déplorer ces artistes qui se prennent pour des « procureurs » et qui fréquentent « les plateaux télé pour y dire le bien et le mal ; et surtout pour juger la vie politique, au risque de nous laisser entendre que la voix d'un romancier, d'un acteur, d'un cinéaste, revêtirait une valeur particulière dans le débat électoral »[54]. Alain Finkielkraut se demande quant à lui : « Comment a-t-on pu tomber si bas ? »[55].

D'autres voix se font entendre pour au contraire soutenir l'écrivaine, comme Jean-Michel Aphatie : « Sur le plateau de France 2, l'écrivaine était parfaitement dans son rôle et, avec elle, nous avons assisté à un grand moment de télévision. Elle n'était pas venue pour débattre avec François Fillon mais pour lui lire un message à la suite des différentes affaires qui le touchent. Elle s'est clairement positionnée comme écrivaine, venue porter une émotion que beaucoup de Français indignés par les affaires en cours partagent[56]. » Les Inrockuptibles soutiennent également Christine Angot en affirmant qu'elle a remporté son débat[57].

François Fillon considère que ce type d'attaque lui est profitable et déclare : « Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m'attaque, plus je suis en forme ! »[58].

Le , Angot réagit à la polémique dans un entretien accordé au journal Libération[59]. Elle y déclare ne pas regretter cet échange et évoque les messages qu'elle a reçus à la suite de son intervention télévisée : « Vous avez parlé pour nous ».

Chroniques dans On n'est pas couchéModifier

Le , face à Alexis Corbière, elle affirme que « Dieudonné = Francis Lalanne = La France insoumise », le mouvement du député n'ayant pas protesté après le report de voix en sa faveur des deux candidats issus du show-business[60]. Elle affirme sur le même plateau : « Je ne suis pas une intellectuelle, je suis une artiste. [...] J'ai pas de convictions ! »[60].

Le 30 septembre 2017, survient une autre polémique. Face à l'ancienne porte-parole de Europe Écologie Les Verts Sandrine Rousseau, qui présentait le livre où elle a raconté son combat pour faire reconnaître l'agression sexuelle qu'elle a subie de la part de Denis Baupin, elle s'emporte jusqu'à faire pleurer l'invitée[61],[62]. Durant la séquence diffusée à la télévision, Christine Angot affirme que ce livre démontre que les féministes se sont trompés de combat (souhait d'une féminisation des professions, mouvement féministe au sein d'un parti politique, communication sur la libération de la parole, etc.) et que, de fait, le nombre des viols et des agressions sexuelles ne baisse pas significativement. Sandrine Rousseau évoquait en effet dans son livre Christine Angot et, selon celle-ci, déformait sa démarche. La réaction, jugée agressive, de Christine Angot entraîne la saisine du CSA par Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes[63]. Une pétition[64],[65] réclamant des excuses publiques de l'émission à Sandrine Rousseau est lancée par l'écrivaine Valentine Goby et recueille près de 132 000 signatures le [64]. Le suivant, le CSA a finalement rendu sa décision avec une mise en demeure de France Télévisions[66],[67].

Une autre polémique naît le 19 février 2018 lorsque, face à Grand Corps Malade, Christine Angot explique que « être artiste, est toujours le résultat d'un échec, c'est un plan B ». Ces propos jugés naïfs et insultants, parce qu'ils supposent que la création artistique ne serait qu'un substitut à une frustration sociale, suscitent l'indignation et la consternation dans de nombreux médias, et donnent à nouveau lieu à une pétition demandant des excuses de la présidente de France Télévisions ou une sanction à l'encontre de l'écrivaine[68],[69].

Une nouvelle polémique se déclenche à la suite de l'émission du 10 mars 2018, durant laquelle Christine Angot attaque Virginie Calmels, vice-présidente des Républicains, en évoquant sans justification avec le sujet de la discussion, sa vie privée et son milieu social supposé. L'avocat Éric Dupont-Moretti, présent sur le plateau, et applaudi par le public, dénonce alors ce comportement « d'une grande violence », s'attirant à son tour les critiques de la chroniqueuse : « Il faut y aller fort avec ces gens-là » (sic). Cette séquence provoque une violente réaction négative des réseaux sociaux et des signalements au CSA[70],[69].

Le 1er juin 2019, lors d'un dialogue avec Franz-Olivier Giesbert, elle affirme que les souffrances ne se valent pas et que l'on ne peut pas comparer la souffrance des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale à celle des esclaves noirs. Elle déclare :

« Le but avec les Juifs pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, de les tuer, et ça introduit une différence fondamentale, alors qu'on veut confondre avec par exemple l'esclavage et l'esclavage des Noirs envoyés aux États-Unis ou ailleurs, et où c'était exactement le contraire. C'est-à-dire l’idée c'était qu'ils soient en pleine forme [« Qu'ils soient en bonne santé, oui », insiste Franz-Olivier Giesbert], en bonne santé pour pouvoir les vendre et pour qu'ils soient commercialisables. Donc non, ce n’est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes[71]. »

Affaires judiciairesModifier

En 2008, à la suite de la publication du Marché des amants, Christine Angot se voit obligée de dédommager, après accord, à hauteur de 10 000 euros, Élise Bidoit, qui a reconnu une partie de sa situation personnelle transcrite dans l'œuvre[72].

En 2011, lors de la publication du roman Les Petits, Élise Bidoit accuse à nouveau Christine Angot d'atteinte à sa vie privée et familiale[73] et décide d'attaquer l'auteur en justice. Cette dernière comparaît le pour atteinte à la vie privée[74],[75],[76]. Le 27 mai 2013, elle est condamnée, conjointement avec son éditeur, à verser 40 000 euros de dommages et intérêts à Élise Bidoit[77].

En 2017, elle est mise en examen, ainsi que le directeur de la publication Laurent Joffrin, pour diffamation après la parution d'un article dans Libération où elle accuse l'éditeur Christophe Lucquin de « publier des livres à caractère essentiellement pédophile »[78].

En août 2017, elle porte plainte après une altercation avec un homme qui l'a traitée à plusieurs reprises de « pourriture » et lui a demandé de partir alors qu'elle discutait dans une rue du Marais avec une amie fondatrice d'une librairie chic[79].

En mars 2019, elle porte plainte en raison d'inscriptions injurieuses et menaçantes qui sont découvertes à proximité d'un lieu où elle doit se produire en conférence, et qui font explicitement référence à la consonance juive du nom de famille de sa mère, ainsi qu'à la couleur de peau de son ancien compagnon, Doc Gynéco[80].

Invitée du musée Eugène-DelacroixModifier

En 2017, Christine Angot se voit invitée par le musée national Eugène-Delacroix à Paris pour un accrochage « carte blanche » intitulé « Regards sur les collections », à la faveur duquel elle rédige divers cartels et met les œuvres en perspective avec sa vie et ses points de vue. Cette intervention est vivement déplorée et critiquée pour son égocentrisme et sa banalité[81],[82].

DistinctionsModifier

LittératureModifier

ÉcritureModifier

La critique littéraire classe souvent les textes d'Angot dans la catégorie autofiction. L'auteur refuse pourtant cette étiquette :

« Le terme [autofiction] ressemble trop à “autobiographie”. Je crains qu'une fois de plus on en déduise : “Ce n'est pas vraiment du roman”. L'autofiction est portée par l'usage du “je”. Si ce “je” est celui du miroir, je ne fais pas d'autofiction. Si on reconnaît que ce “je” peut s'élaborer dans l'imaginaire, alors oui, je fais de l'autofiction. Le roman, je le répète, n'est pas du témoignage. C'est pourquoi ce qu'il dit de la société est politique[85]. »

Christine Angot déclare ne rien « raconter », au sens purement narratif du terme, mais simplement « dire »[86], et concevoir la littérature comme une « aventure, d'autant plus que c'est une aventure, dit-elle, qui concerne la personne qui écrit l'écriture mais aussi ceux qui sont en mesure de recevoir ou de ne pas recevoir l'écriture »[85].

Son œuvre se caractérise par le déploiement d'un discours qui met à l'épreuve les rapports entre la vérité et la fiction dans le roman autobiographique :

« La vérité, fût-elle littéraire, est un engagement, à condition que plane, au-dessus de chaque affirmation, l'ombre du doute. Il faut faire en sorte que le lecteur croie en la véracité. Qu'il soit persuadé que la plus grande part s'est réellement passée. La littérature n'a pas d'autre but[87]. »

Dès lors, œuvre qui mêle dénudement confessionnel et fiction, les livres de Christine Angot, pour qui, en littérature, « il n'y a ni morale ni responsabilité »[88], sont le résultat de la rencontre frontale entre la vie et l'écriture : « La vie tout le temps, comme ça, infecte tout ce que je suis en train de faire »[89].

François Fillon considère que ce type d'attaque lui est profitable et déclare « Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m'attaque, plus je suis en forme ! »}.

On notera par ailleurs l'emploi du récit « métafictif »[90], racontant et commentant l'écriture, la lecture et la réception médiatique de ses textes dans, entre autres, Sujet Angot, Une partie du cœur et Quitter la ville.

Christine Angot s'efforce aussi de sonder le rapport de la société à la parole de l'écrivain sur la place publique, parole qu'elle qualifie de « performative » dans les premières pages de Quitter la ville :

« La vie des écrivains, c'est plus important en tout cas que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et hors de soi [...]. La parole est un acte. C'est un acte quand on parle. Et donc ça fait des choses, ça produit des effets, ça agit. Ce n'est pas un jeu, un ensemble de règles de toutes sortes [...] Ce n'est pas une merde de témoignage, comme on dit. »

L'exploration du motif incestueux (ou des liens entre l'espace sociétal et l'interdit fondamental de l'inceste) est un thème récurrent de son œuvre, et plus particulièrement dans L'Inceste et Une semaine de vacances.

Influences littérairesModifier

Les influences littéraires de Christine Angot sont nombreuses, et vont de Louis-Ferdinand Céline à Marguerite Duras en passant par Marcel Proust — page 24 de Léonore, toujours, il y a une allusion claire à l'incipit du roman Du côté de chez Swann et elle cite d'ailleurs Proust en exergue à Pourquoi le Brésil ?. Elle déclare :

« Je ne suis pas autant intimidée par Duras ou Proust que par Céline. Voilà quelqu'un qui parle sa langue. Duras, ce qui est bien, c'est qu'elle ne s'emmerde pas. Dans C'est tout, dans Emily L.… Ce que j'aime aussi, c'est qu'elle a fait en sorte qu'on se demande toujours si elle est un écrivain ou pas[91]. »

Elle évoque aussi son admiration pour Samuel Beckett : « Lui, on ne peut pas se demander si c'est un écrivain ou non. On sait que c'en est un »[91], mais aussi Hervé Guibert qu'elle reconnaît être « un auteur important qui a ouvert des portes ». Elle déclare s'être intéressée tardivement au genre poétique, notamment au travers d'Henri Michaux : « Je me rends compte que la poésie, c'est bien. Je croyais qu'il y avait trop de « regardez, je fais de la belle littérature » alors que le roman peut traîner partout et peut flirter avec le vulgaire. La poésie c'est un art noble, le roman est une forme bâtarde. Qui, donc, me convient mieux[91].

Parmi ses contemporains, elle souligne son goût pour les romans de Camille Laurens : « Ce que j'aime bien chez elle c'est qu'elle ne s'embarque pas dans des contradictions. Chez elle, les phrases ne se détruisent pas les unes les autres comme chez moi. Avec elle, la phrase, rien ne peut l'arrêter »[91] et Mathieu Lindon qu'elle soutiendra lors de la polémique suscitée par la publication de son roman Le Procès de Jean-Marie Le Pen. Par ailleurs, l'œuvre de Christine Angot est souvent rapprochée de celle de Guillaume Dustan dont elle serait l' « alter-Angot »[92].

Emprunts et réécrituresModifier

Dans L'Inceste, Christine Angot note : « Toujours m'appuyer sur des choses annexes, faire des rapprochements, depuis que j'écris, il y a toujours eu d'autres voix, d'autres textes, d'autres choses, un autre angle sous lequel j'essaie de me montrer »[93]. De fait, la plupart de ses œuvres sont le produit d'un processus de réécriture et de citations d'autres livres - emprunts explicites ou cachés au lecteur.

On évoquera, en premier lieu, la réécriture de l'incipit d'À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie d'Hervé Guibert qui ouvre L'Inceste, ainsi que les nombreuses citations qui émaillent le texte. Quant à son roman suivant, Quitter la ville, il contient de nombreux emprunts (réécrits ou fidèles), à la pièce Œdipe, ainsi que des citations extraites de Cet amour-là de Yann Andréa, dernier compagnon de Marguerite Duras. En outre, le texte est largement composé de citations d'article de presse, de chroniques et critiques littéraires.

Christine Angot avoue aussi s'être servie des Cahiers de Vaslav Nijinski et du Livre noir élaboré par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman (destiné à recueillir des témoignages et documents sur la Shoah), afin de rédiger son ouvrage Les Autres. Quant à Léonore, toujours, le texte évoque Sexus d'Henry Miller et L'Usage de la vie mentionne quant à lui des liens avec C'était tout une vie de François Bon[91]. En outre, Interview contient une citation voilée du chanteur Dominique A.

L'exercice de l'emprunt et de la réécriture est par ailleurs abordé frontalement dans Léonore, toujours où l'auteur propose au lecteur un poème qu'elle aurait rédigé pour sa fille avant d'avouer, quelques pages plus tard, l'avoir simplement recopié à partir d'un recueil.

Réception critiqueModifier

Les premiers textes d'Angot ont une faible résonance médiatique, comme l'auteur l'écrit dans L'Usage de la vie lorsqu'elle évoque cette période passée à « vendre [son] rien » (elle confesse que les ventes de ses trois premiers ouvrages n'ont pas dépassé les 500 exemplaires).

En 1999, avec la publication de L'Inceste, elle devient une des figures majeures et médiatiques de la nouvelle scène littéraire française. Controversée, se révélant parfois pythique[94] voire radicale, Christine Angot défraya alors la chronique littéraire. Qualifiée par les uns d'« écrivain provocateur et histrionique »[95] auteur d'une œuvre racoleuse « rédigée dans un style brouillon »[96], L'Inceste fut qualifiée par d'autres (Les Inrockuptibles, Libération, Le Monde des livres) d'œuvre au modernisme certain et aux qualités littéraires indéniables[réf. nécessaire]. L'Inceste se vendra à près de 50 000 exemplaires.

Par la suite, la réception de ses textes se fait toujours dans une profonde dichotomie, entre critiques élogieuses et critiques négatives. Lors de la publication de son roman Les Désaxés, la revue Lire se demande : « Faut-il lire Angot ? »[97]. Dès lors, si la critique littéraire note que « la romancière reste unique, seule aujourd'hui à être reconnaissable dès les premières lignes », elle souligne aussi que Christine Angot « a épuisé son sujet dès les vingt premières lignes [et que] les pages, répétitives, se suivent alors sans le moindre rythme, à peine heurtées par quelques clichés sur le monde du cinéma et de nombreuses marques d'élégance (« vie de merde », « grosse vache », « pisse-copie », etc.) ».

Il en est de même, pour illustration, de son livre Le Marché des amants, considéré par Benjamin Berton, écrivain et critique, comme « le meilleur de l’auteur », mais qui souligne aussi que le livre est « le plus ridicule que vous pourrez jamais lire si vous aimez, disons, la littérature d'ambition, la littérature d'aventure, la littérature qui raconte des histoires amples, historiques ou dramatiques », avant de conclure, à propos de Christine Angot : « C'est une tragédienne magnifique et affligeante »[98].

À la publication de son livre en 2018 intitulé Un tournant de la vie, les critiques s'avèrent relativement négatives. L'écrivain Éric Neuhoff le qualifie de « roman à l'eau de rose totalement faiblard [99]». Michel Crépu parle d'un « effondrement littéraire[99] » tandis que Jean-Claude Raspiengeas commente l'œuvre comme étant d'une « bêtise abyssale[99] ». Arnaud Viviant tempère en disant qu'il est « très bien décrit[99] ».

ŒuvresModifier

Romans et récitsModifier

MonographiesModifier

Pièces de théâtreModifier

EntretiensModifier

  • Christine Angot, entretiens avec Jacques Henric, éditions IMEC, coll. « Les grands entretiens d'artpress », 2013.

Ouvrages collectifsModifier

  • Le Sexe, La Découverte, coll. « Les français peints par eux-mêmes », 2003, chap. « Les Naturistes ».
  • Dix ans sous la Bleue, Stock, 2004, p. 13-17.
  • Amour toujours ?, Gallimard, coll. « Folio essai », no 583, 2013.

ThéâtrographieModifier

AudiographieModifier

Disques audioModifier

  • 2001 : Christine Angot lit L'Inceste, Stock/France-Culture, 3 CD.
  • 2016 : Un amour impossible, lu par l'auteur, Gallimard, coll. « Écoutez lire ».

RadiodiffusionsModifier

FilmographieModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

CritiquesModifier

 
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Œuvre de Christine Angot.

Pastiches et fictionModifier

Études universitairesModifier

  • Claude Burgelin, « Donner son corps à la littérature ? Brèves remarques sur l'écrivain et son image en l'an 2000 », Portraits de l'écrivain contemporain, éditions Champ Vallon, 2003.
  • Martine Delvaux, Histoires de fantômes : spectralité et témoignage dans les récits de femme contemporains, Montréal, Presses de l'université de Montréal, 2005.
  • Jeannette Den Toonder, « L'autoreprésentation dans une époque massmédiatisée : le cas Angot », Territoires et terres d'histoires : perspectives, horizons, jardins secrets dans la littérature française d'aujourd'hui, éditions Rodopi, coll. « Faux titre », 2005.
  • John Faerber, « Le bruissement d'elles ou Le questionnement identitaires dans l'œuvre de Christine Angot », Nouvelles écrivaines : nouvelles voix ?, éditions Rodopi, coll. « Faux titre », 2002.
  • Éric Fassin, « Le Double « Je » de Christine Angot : sociologie du pacte autobiographique », Le Sexe politique. Genre et sexualité au miroir transatlantique, Éditions EHESS, coll. « Cas de figure », 2009.
  • Francesca Forcolin, « Christine Angot : le désir d'indigner le lecteur », revue Carnets[105].
  • Arnaud Genon, « Christine Angot : l'écriture ou la vie », Autofictions : pratiques et théorie. Articles, Mon Petit éditeur, 2013.
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Sur les autres projets Wikimedia :

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

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