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180+ cognitive biases, designed by John Manoogian III (jm3)
Les biais cognitifs peuvent être organisés en quatre catégories : les biais qui découlent de trop d'informations, pas assez de sens, la nécessité d'agir rapidement et les limites de la mémoire.
Modèle Algorithmique: John Manoogian III (jm3)
Modèle Organisationnel: Buster Benson.

Un biais cognitif est un mécanisme de la pensée, qui cause une déviation du jugement. Le terme biais fait référence à une déviation systématique par rapport à la réalité. Les biais cognitifs conduisent le sujet à accorder des importances différentes à des faits de même nature et peuvent être repérés lorsque des paradoxes apparaissent dans un raisonnement.

L'étude des biais cognitifs fait l'objet de nombreux travaux en psychologie cognitive, en psychologie sociale et plus généralement dans les sciences cognitives.

Ces travaux ont identifié de nombreux biais cognitifs propres à l'esprit humain[réf. nécessaire] à travers de multiples domaines : perception, statistiques, logique, causalité, relations sociales, etc. Du point de vue de leurs domaines, on peut distinguer entre autres des erreurs de perception, d'évaluation, d'interprétation logique. Ces biais cognitifs ne sont généralement pas conscients. Leur caractérisation est importante aussi bien dans les domaines judiciaire que scientifique puisqu'ils sont néfastes dans un processus logique. La publicité exploite souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages (raisonnement fallacieux, oubli de la fréquence de base).

Certains de ces biais peuvent en fait être efficaces dans un milieu naturel tel que ceux qui ont hébergé l'évolution humaine, permettant une évaluation ou une action plus performante ; tandis qu'ils se révèlent inadaptés à un milieu artificiel moderne.

Sommaire

Liste de biais cognitifsModifier

Biais sensori-moteursModifier

S'agissant des processus sensori-moteurs, on parle par habitude plutôt d'illusions que de biais.

Biais attentionnelsModifier

Biais mnésiqueModifier

  • Effet de récence — mieux se souvenir des dernières informations auxquelles on a été confronté.
  • Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus positive.
  • Effet de primauté — mieux se souvenir des premiers éléments d'une liste mémorisée.
  • Oubli de la fréquence de base — oublier de considérer la fréquence de base de l'occurrence d'un événement alors qu'on cherche à en évaluer une probabilité.

Biais de jugementModifier

  • Effet d'ambiguïté (en) — tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d'information
  • Ancrage mental — influence laissée par la première impression.
  • Préjugé — jugement pré-établi envers une personne ou tout un groupe en raison de son appartenance à une population particulière.
  • Biais d'attribution (Attribution causale) — façon d'attribuer la responsabilité d'une situation à soi ou aux autres.
  • Biais d'autocomplaisance — se croire à l'origine de ses réussites mais pas de ses échecs.
  • Biais de statu quo — la nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d'avantages possibles et amène une résistance au changement.
  • Biais d'immunité à l'erreur — ne pas voir ses propres erreurs.
  • Biais égocentrique — se juger sous un meilleur jour qu'en réalité.
  • Biais rétrospectif ou l'effet « je le savais depuis le début » — tendance à juger a posteriori qu'un événement était prévisible.
  • Effet de halo — une perception sélective d'informations allant dans le sens d'une première impression que l'on cherche à confirmer.
  • Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus positive.
  • Effet râteau — exagérer la régularité du hasard.
  • Effet Dunning-Kruger — les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence.
  • Erreur fondamentale d'attribution (ou biais d'internalité) — accorder plus d'importance aux facteurs internes à l'orateur (intentions, émotions) qu'à son discours ou à ses actes (faits tangibles). Couramment utilisé pour décrédibiliser les éléments rationnels par des éléments émotionnels, qui sont en pratique souvent imaginés et attribués sans preuve à l'orateur puisque ses émotions internes sont difficilement discernables a priori.
  • Illusion de savoir — dans situation en apparence identique à une situation commune, réagir de manière habituelle, sans éprouver le besoin de rechercher les informations complémentaires qui auraient mis en évidence une différence par rapport à la situation habituelle. Il peut ainsi faire état d'une mauvaise croyance face à la réalité.
  • Effet retour de flamme — croyance initiale renforcée en face de preuves pourtant contradictoires.
  • Biais de la tache aveugle (en) — tendance à ne pas percevoir les biais cognitifs à l'œuvre dans ses propres jugements ou décisions, et ce, aux dépens d'informations plus objectives.
  • Aversion à la dépossession — tendance à donner plus de valeur à un bien ou un service lorsque celui-ci est sa propriété.
  • Illusion monétaire — confusion d'un agent économique entre variation du niveau général des prix et variation des prix relatifs.
  • Croyance en un monde juste.
  • Biais de confirmation.
  • Biais de proportionnalité qui favorise l'idée fausse que si l'on observe une augmentation des manifestations d'un phénomène, c'est que le nombre d'occurrences de ce phénomène croît en effet, sans voir que cette augmentation peut n'être que la conséquence de l'amélioration de l'outil d'observation.

Biais de raisonnementModifier

Biais liés à la personnalitéModifier

  • Biais culturel — biais lié à la tendance à se conformer à un type culturel donné.
  • Biais linguistique (hypothèse de Sapir-Whorf) — selon laquelle les caractéristiques d'une langue influent sur la cognition de ses locuteurs
  • Biais d'optimisme irréaliste ; optimisme dispositionnel[1], optimisme irréaliste[2], parfois présenté comme un « non-pessimisme dispositionnel »[3] et d'optimisme comparatif[4],[5] qui semble très ancré dans la plupart des pays d’Amérique du Nord et d’Europe ; il s'agit d'une croyance individuelle qui est que le sujet se juge moins exposé à la plupart des risques qu'autrui[6],[7]. On peut évaluer le degré d'adhésion à cette croyance en demandant au sujet d’évaluer son risque de rencontrer un événement négatif en comparaison à celui d’autrui[7]. Cette croyance aggrave certaines prises de risques, et est souvent impliquée dans l'accident automobile (le conducteur s'estimant à tort meilleur que les autres pour éviter les accidents, même quand il ne respecte pas le code de la route, en raison d'une évaluation fausse et irréaliste de ses capacités (dans le sens d'une surestimation)[8],[9],[10],[11].
  • Conformisme (appelé aussi effet Bandwagon[12]) — chercher à ressembler à la majorité.
  • Effet boomerang (effet inverse au conformisme) — tentative de persuasion à l'effet inverse de celui attendu.
  • Effet Barnum — accepter une vague description de la personnalité comme s'appliquant spécifiquement à soi-même (ex. : horoscope).

Aspects psychiques et sociauxModifier

À noter, au-delà du cognitif, lié à l'intellect, l'interférence inconsciente ou consciente de facteurs émotionnels (biais émotionnel) ou instinctifs. En fait, certains biais cognitifs résultent de biais émotionnels qui perturbent le processus cognitif. Toute prise de décision mettant en jeu, pour prendre une image, la tête, le cœur et/ou les tripes, est naturellement plus exposée à certains biais. Il s'avère donc utile de reconnaître les affects agissants en surveillant ces trois « organes » avant de décider.

L'individu n'étant pas isolé dans ses décisions, la psychologie sociale (phénomènes de groupe et de foule) apporte aussi un éclairage. Le biais cognitif est, selon les cas, exclusivement dû à l'individu, ou lié à la pression sociale sur cet individu. Certaines techniques de persuasion, propagande et manipulation mentale cherchent à exploiter ce travers.

Recherche en économie et financeModifier

Les divers types de biais cognitifs (ancrage, représentativité, cadrage…) ont particulièrement été mis en lumière par la finance comportementale comme étant source de diverses anomalies affectant les comportements économiques et l'efficience des marchés.

C'est du fait de ces travaux que le psychologue Daniel Kahneman a obtenu le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en 2002.

Méthodes scientifiques de réduction des biaisModifier

Les institutions scientifiques organisent des relectures par les pairs, des conférences de consensus, des revues systématiques d'études (basées sur les techniques de méta-analyse) et des cartographies systématiques des connaissances pour les mettre périodiquement à jour, en cherchant à détecter et minimiser les biais afin d'apporter des informations complètes et objectivées aux scientifiques, mais aussi au décideurs et parfois aux négociateurs (par exemple pour le GIEC ou les négociations internationales portant sur la biodiversité, deux sujets de préoccupation mondiale suivis par l'ONU. En Europe, certains organismes ont une accréditation pour produire des formations à ces méthodes (c'est par exemple le cas en France de la FRB qui a été désignée Centre français de la Collaboration for Environmental Evidence[13],[14]).

BibliographieModifier

Les références suivantes couvrent certains biais cognitifs.

Notes et référencesModifier

  1. Scheier MF & Carver CS (1985) Optimism, coping, and health: assessment and implications of generalized outcome expectancies. Health Psychology (journal) (en), 4(3), 219.
  2. Weinstein, N. D. (1980). Unrealistic optimism about future life events. Journal of Personality and Social Psychology, 39, 806-820.
  3. Sultan S & Bureau B (1999) Quel optimisme en psychologie de la santé ?. European review of applied psychology, 49(1), 43-51.
  4. Harris P & Middleton W (1994) The illusion of control and optimism about health : On being less at risk but no more in control than others. British Journal of Social Psychology, 33, 369-386.
  5. Dejoy DM (1989) The optimism bias and traffic accident risk perception ; Accident Analysis and Prevention, 21, 333-340 (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/0001457589900249 résumé]).
  6. Delhomm, P & Meyer T (1999) Un instrument d’analyse : l'optimisme comparatif. Risques, 39, 1-6.
  7. a et b Weinstein ND (1980) Unrealistic optimism about future life events. Journal of Personality and Social Psychology, 39, 806-820.
  8. Delhomme, P. (1991). Comparing one’s driving with others’ : Assessment of abilities and frequency of offences. Evidence for a superior conformity of self-bias ? Accident Analysis and Prevention, 23, 493-508.
  9. Delhomme, P. (1994). Liens entre surestimation de ses propres capacités, expérience de la conduite et activité de conduite (Rapport no 187). Arcueil : Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité.
  10. Delhomme P (2000) Optimisme comparatif chez les usagers de la route : Une protection contre le risque ? Pratiques psychologiques, 1, 99-109.
  11. McCormick IA, Walkey FH & Green DE (1986). Comparative perceptions of driver ability : A confirmation and expansion. Accident Analysis and Prevention, 18, 205-208.
  12. Littéralement « sauter dans le dernier wagon ».
  13. www.environmentalevidence.org
  14. La FRB centre français de la Collaboration for Environmental Evidence

Articles connexesModifier