Ouvrir le menu principal

Patate douce

espèce de plante potagère
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Patate.

Ipomoea batatas

Ipomoea batatas
Description de cette image, également commentée ci-après
Tubercules fraîchement récoltés.
Classification de Cronquist (1981)
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Asteridae
Ordre Solanales
Famille Convolvulaceae
Tribu Ipomoeeae
Genre Ipomoea

Espèce

Ipomoea batatas
(L.) Lam., 1793

Statut de conservation UICN

DD  : Données insuffisantes


Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration botanique, Étienne Denissse : Flore d'Amérique, dessinée d'après nature sur les lieux, Paris 1843.
Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration botanique, Franz Joseph Märter : Naturgeschichte der Bataten (…) Schaumburg, Vienne 1797.

La patate[1] (Ipomoea batatas), ou patate douce Écouter, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Convolvulaceae, tribu des Ipomoeeae, vraisemblablement originaire d'Amérique tropicale. C'est une plante herbacée vivace dont la culture est très répandue dans toutes les régions tropicales et subtropicales, où on la cultive principalement pour ses tubercules (racines tubérisées) comestibles, riches en amidon. Le terme « patate » désigne aussi par métonymie les tubercules produits par cette plante. La patate est un cultigène hexaploïde, inconnu à l'état sauvage, cependant on a découvert en Amérique du Sud des formes sauvages tétraploïdes d’Ipomoea batatas[2].

Avec une production annuelle de 113 Mt (2017), récoltées sur plus de 9 millions d'hectares, la patate douce est la septième production agricole au niveau mondial, après le blé, le riz, le maïs, la pomme de terre, l'orge et le manioc. La Chine est de loin le premier pays producteur avec 72 Mt (64 %). La patate douce est consommée principalement dans les pays en développement, où elle est parfois un aliment de base, par exemple en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans les îles Salomon et dans certains pays d'Afrique de l'Est (Burundi, Ouganda, Rwanda)[3],[4]. La patate douce est aussi utilisée en alimentation animale, notamment pour l'élevage des porcs. En Chine, c'est le principal débouché (60 à 70 %) de la production de patates douces, la consommation des tubercules frais (environ 10 %) s'étant effondrée avec l'urbanisation de la population et l'élévation du niveau de vie, tandis qu'une part croissante des tubercules est transformée en farine et en fécule[5].

Origine et diffusionModifier

L’origine de la patate douce a été longtemps controversée. Bien que cette plante soit inconnue à l'état sauvage, il est maintenant admis qu'elle est originaire d'Amérique. Elle se serait diversifiée à partir de deux zones, un centre principal entre le Yucatán et l'embouchure de l'Orénoque au Venezuela où elle aurait été domestiquée vers 4500 av. J.-C. Puis elle s'est répandue dès 2500 avant J.-C. dans les Andes et dans les Antilles.

 
Voies de dispersion de la patate douce.
 
Poterie de la culture Mochica (vers 500) ornée de représentations de la patate douce. (Musée Larco, Lima).
 
Tombe de Noguni Sokan, à Kadena. Noguni Sokan introduisit la patate douce dans les îles Ryūkyū en 1605 en provenance de Chine[6].

Les plus anciens restes archéologiques de tubercules de patate douce ont été trouvés au Pérou dans le canyon Chilca. Ils sont datés, par datation au radiocarbone, de 8000 à 6000 ans avant J.-C., mais il n'est pas certain qu'ils proviennent de plantes domestiquées. Les premiers restes de tubercules indiscutablement cultivés proviennent de la vallée de Casma, également au Pérou, et datent de l'époque précéramique, soit environ 2000 ans avant J.-C[7],[8].

Selon certains auteurs, la patate douce serait arrivée en Polynésie centrale vers 1100, puis en Nouvelle-Zélande et à Hawaï. Elle était déjà présente quand les explorateurs européens y sont arrivés, notamment James Cook qui rencontra lors de ses voyages des sociétés cultivant déjà la patate douce dans l'île de Pâques, à Hawaï et dans l'île du Nord de Nouvelle-Zélande[9].

Des considérations linguistiques, confirmées par des données génétiques, montrent que la patate douce s'est diffusée dans le monde selon trois voies[10],[7].

  1. La voie « kumara », d'après le terme désignant la patate douce en quechua et dans les langue polynésienne et maories, est un transfert de la patate douce entre le nord de l'Amérique du Sud et l'est de la Polynésie (îles Marquises) datant de l'époque précolombienne probablement entre 1000 et 1100 après J.-C[11]. Ce transfert a pu être effectué par des voyageurs péruviens ou plus probablement polynésiens. De la Polynésie, la plante a ensuite été répandue dans les îles du Pacifique jusqu'à Hawaï, l'île de Pâques et la Nouvelle-Zélande.
  2. La voie « batata », d'un terme emprunté par les Espagnols au taïno, a commencé avec le premier voyage de retour de Christophe Colomb en 1492 qui a introduit la patate douce en Europe occidentale. Par la suite les explorateurs portugais ont transporté ces tubercules cultivés dans l'Europe méditerranéenne vers l'Afrique, l'Inde et les Antilles.
  3. La voie « kamote » (nom de la patate douce en tagalog[12], de camotli, terme emprunté à la langue nahuatl des Mayas), qui consiste en un transfert direct au XVIe siècle de patates douces mexicaines vers les Philippines par les galions de commerce espagnols entre Acapulco et Manille. Des Philipines, où elle a pris un essor considérable, la patate douce a ensuite été introduite en Chine dès 1594, puis au Japon en 1605[8].

ÉtymologieModifier

Nom communModifier

Le terme « patate » est attesté en français sous la forme « pattates » et présenté comme un mot indigène dans La reprinse de la Floride, par le capitaine Gourgue, en 1567[13]. Le terme est emprunté en 1528 à l'espagnol « patata », qui désignait à l'époque Ipomoea batatas, lui-même emprunté au taino batata (le taino étant un sous-groupe des langues arawaks)[14],[15],[16]. L'origine du terme espagnol patata, qui désigne actuellement la pomme de terre en Espagne n'est pas claire. Certains auteurs considèrent que c'est un « croisement » entre papa, nom de la pomme de terre en quechua et batata, un des noms caribéens de la patate douce[17].

Le mot « patate » désigne proprement le tubercule de Ipomoea batatas. Toutefois, il est d'usage d’ajouter l’adjectif « douce » pour ne pas la confondre avec la pomme de terre, qui est couramment appelée « patate » dans un registre familier ou régionalement (Canada)[14].

Nom scientifiqueModifier

  • Le nom générique, Ipomoea, dérive de deux racines grecques, ἴψ, ἰπός (íps, ipós), « genre de ver » et ὅμοιος (homoios), « semblable », en référence au port volubile des tiges[18].
  • L'épithète spécifique, batatas, est un adjectif de latin botanique signifiant « patate », emprunté à une langue caraïbe par l'intermédiaire de l'espagnol.


DescriptionModifier

Appareil végétatifModifier

 
Port de la plante très étalé dans un champ de patates douces.

Ipomoea batatas est une plante herbacée vivace, qui est cultivée comme une plante annuelle par multiplication végétative, généralement en utilisant des boutures. Le port de la plante est principalement prostré, avec des tiges rampantes qui se développent horizontalement sur le sol. Selon les cultivars, le port peut être dressé, semi-dressé, étalé et très étalé[19].

Le système racinaire se compose de racines fibreuses qui assurent les fonctions d'absorption des nutriments et de l'eau, et de racines de stockage latérales, qui se tubérisent et stockent les produits issus de la photosynthèse. Chez les plantes obtenues par multiplication végétative ce sont des racines adventives qui se développent en racines fibreuses primaires, ramifiées ensuite en racines latérales. Avec la croissance de la plante, certaines racines du diamètre d'un crayon se lignifient. D'autres racines, non lignifiées et charnues, s'épaississent pour former des racines de stockage. Les plantes nées de semences véritables forment une racine typique, avec un axe central à ramifications latérales. Plus tard, l'axe central sert de racine de stockage[19].

 
Feuille.
 
Feuilles (Hawaï).

Les tiges, glabres ou plus ou moins pubescentes, ont une longueur variable selon les cultivars et la disponibilité en eau du sol. Les cultivars à port dressé ont des tiges d'un mètre de long environ, tandis que chez les cultivars étalés les tiges peuvent avoir plus de 5 m de long et s'enracinent aux nœuds. La couleur des tiges varie du vert au rouge-violet selon la présence variable d'anthocyanes[19].

Les feuilles, simples et alternes, pétiolées, sont disposées en spirale sur la tige selon une phyllotaxie 2/5 (angle de 144° entre deux feuilles successives). Le pétiole est relativement long (4 à 15 cm). Selon le cultivar, le limbe foliaire, à nervation palmée, de forme très variable, mais habituellement plutôt grand (3 à 15 de long sur 5 à 12 cm de large), peut être entier, denté ou lobé, et présenter à sa base généralement deux lobes arrondis ou presque droits. La forme générale du limbe peut être arrondie, réniforme, cordée, triangulaire, hastée, lobée et presque divisée. Les lobes diffèrent par leur profondeur, allant du superficiel au lobé profond, et par leur nombre, qui varie généralement de 3 à 7. Les feuilles dentées présentent de 1 à plus de 9 lobes minuscules appelés dents. Certains cultivars présentent un polymorphisme foliaire (variations de forme sur la même plante). Les deux faces sont glabres à grossièrement pileuses, quelque peu glauques, avec des nervures très saillantes sur la face abaxiale[19],[20].

TuberculesModifier

 
Tubercules.
 
Diversité morphologique des tubercules (The botany of crop plants, Wilfred W. Robbins, 1917).

Les racines tubérisées, ou racines de stockage, souvent appelées « tubercules », très riches en amidon, constituent le produit commercial de la patate douce. Chez la plupart des cultivars, ces racines de stockage se développent aux nœuds souterrains des boutures mères. Certains cultivars produisent aussi des tubercules aux nœuds des tiges en contact avec le sol. On distingue trois parties dans les tubercules : l'extrémité proximale qui se raccorde à la racine et où se trouvent de nombreux bourgeons adventifs à l'origine des futures pousses, une partie centrale plus renflée, et l'extrémité distale opposée à la racine. Les bourgeons adventifs situés dans les parties centrale et distale germent généralement plus tard que ceux situés à l'extrémité proximale. Les tubercules peuvent se former en grappes plus ou moins serrées autour de la tige[19].

Sur une coupe transversale d'un tubercule on peut voir le périderme protecteur (la « peau »), le cortex ou parenchyme cortical d'épaisseur très variable, l'anneau du cambium où se trouvent les vaisseaux laticifères et la moelle ou parenchyme central. La quantité de latex formée dépend de la maturité du tubercule, du cultivar et de l'humidité du sol en période de croissance. Le latex est exsudé lorsqu'on coupe les tubercules et noircit très rapidement du fait de l'oxydation[19]. L'épiderme des tubercules est généralement lisse, mais certains cultivars présentent des défauts tels qu'une « peau d'alligator », des nervures saillantes, des constrictions horizontales ou des rainures longitudinales. Les lenticelles, présentes sur l'épiderme, peuvent être protubérantes en raison d'un excès d'eau dans le sol.

Les tubercules sont de forme, de taille (poids unitaire de 1 à 3, voire 5 kg[21]) et de couleur variable en fonction du cultivar, du type de sol et d'autres facteurs. Le contour des tubercules peut être rond, elliptique arrondi, elliptique, ovale, obovale, oblong, oblong allongé, elliptique allongé et long irrégulier ou incurvé. La couleur de la peau peut être blanchâtre, crème, jaune, orange, marron-orange, rose, rouge-violet et violet très foncé. L'intensité de la couleur dépend des conditions environnementales dans lesquelles la plante est cultivée. La couleur de la chair peut être blanche, crème, jaune ou orange. Cependant, certains cultivars présentent une pigmentation rouge-pourpre dans la chair répartie en taches éparses, en anneaux pigmentés ou, dans certains cas, dans toute la chair de la racine[19]. Presque toutes les combinaisons de peau et de chair peuvent se rencontrer.

Les tubercules à chair blanche ou jaune clair sont moins sucrés et ont un taux d'humidité inférieur à ceux qui sont rouges, roses et orange. Il en existe un type à chair sèche et un autre à chair plus aqueuse.

Le goût sucré de la patate douce, riche en fructose, et sa texture rappelle fortement celui de la pomme.

Appareil reproducteurModifier

 
Fleur.

Dans les conditions normales de culture, certains cultivars de patate douce ne fleurissent pas ou très peu, tandis que d'autres fleurissent à profusion.L'inflorescence, axillaire, est généralement une cyme bipare, au pédoncule long (de 5 à 30 cm) et robuste. Elle est parfois réduite à une fleur isolée[19].

Les fleurs bisexuées, très semblables à celles du liseron, sont portées par des pédicelles courts dont la couleur varie du vert au violet.

Le calice se compose de 5 sépales inégaux, 2 externes et 3 internes, qui restent attachés à l’axe floral après le dessèchement et la chute des pétales. Les sépales, longs de 7 à 11 mm, sont souvent ciliés sur les bords, mais pas toujours. Les sépales externes, plus courts que les sépales internes, sont oblongs-elliptiques à oblongs-oblancéolés, brusquement mucronés avec une pointe de poil d'environ 2 mm de long et présentent 1 à 5 nervures très saillantes. Les sépales internes sont largement elliptiques, arrondis et mucronés. La corolle, formée par 5 pétales soudés, infundibuliforme (en forme d'entonnoir), de 4 à 4,5 cm de long, est glabre et généralement de couleur lilas ou violet clair, avec la gorge (l’intérieur du tube) rougeâtre à violette Certains cultivars produisent des fleurs blanches. L'androcée est composé de cinq étamines aux filaments couverts de poils glandulaires et partiellement soudés à la corolle. La longueur des filaments est variable par rapport à la position du stigmate. Les anthères, à déhiscence longitudinale, sont blanchâtres, jaunes ou roses. Les grains de pollen sont sphériques et couverts de très petits poils glandulaires en surface[19].

Le gynécée comprend un pistil à ovaire supère, constitué de deux carpelles biloculaires contenant chacun un ou deux ovules. Le style, relativement court, se termine par un stigmate large, divisé en deux lobes couverts de poils glandulaires. Des glandes jaunes situées à la base de l'ovaire produisent un nectar attirant les insectes. Le stigmate est réceptif tôt le matin et la pollinisation est effectuée principalement par les abeilles. [20],[19].

 
Graines.

La fructification de cette plante est très rarement observée en culture. Le fruit, virant au brun à maturité, est une capsule, glabre ou pubescente, plus ou moins sphérique avec une pointe terminale, contenant de 1 à 4 graines.

Celles-ci, longues de 3 mm environ, légèrement aplaties d'un côté et convexes de l'autre, ont une forme qui peut être irrégulière, légèrement anguleuse ou arrondie. Leur couleur varie du marron au noir. L'embryon et l'albumen sont protégés par un tégument (testa) épais, très dur et imperméable. De ce fait, la germination des graines est difficile et nécessite une scarification par abrasion mécanique ou traitement chimique. Les graines de patate douce n'ont pas de période de dormance, et restent viables plusieurs années[19].

GénétiqueModifier

La patate douce cultivée est une espèce allo-auto-hexaploïde (2n=6x=90 chromosomes) combinant deux sous-génomes B1 et B2 non-homologues (B1B1B2B2B2B2)[22].

Une étude de 2018 conduite par une équipe de chercheurs chinois a montré que la patate douce cultivée proviendrait de la forme hexaploïde (6×) d’Ipomoea trifida et que celle-ci est issue d’Ipomoea trifida 4× (tétraploïde) et d’Ipomoea trifida 2× (diploïde). Par conséquent, l'utilisation d’Ipomoea trifida 6× comme plante modèle de la recherche sur la patate douce devrait s'imposer à l'avenir[23].

En 2015, une étude de l'Université de Gand et du Centre international de la pomme de terre a permis de découvrir que le génome de la patate douce contient des séquences d'ADN-T provenant d'Agrobacterium, dont des gènes sont exprimés par la plante. Une des séquences est présente dans toutes les variétés cultivées mais pas dans les variétés sauvages qui ne présentent pas d'intérêt alimentaire, ce qui suggère que les humains ont sélectionné spécifiquement ces traits. La patate douce constitue ainsi la première culture naturellement transgénique[24],[25].

Préservation des ressources génétiquesModifier

L'espèce Ipomoea batatas recèle en son sein une très grande variabilité génétique qui justifie que l'on se préoccupe de la conservation, principalement ex situ, de ce patrimoine génétique, et de celui des espèces proches. Il existe dans le monde 36 collections (en 2012) de patates douces regroupant environ 29 000 accessions, dont 27 000 de plantes cultivées. Les espèces sauvages apparentées sont faiblement représentées. Ces collections se répartissent ainsi : Amérique latine et Caraïbes : 4 (9700 accessions), Amérique du Nord : 1 (USDA/ARS, 1200), Asie : 14 (12 400), Afrique : 16 (4600), Océanie : 1 (1100). La collection la plus importante est celle gérée par le centre international de la pomme de terre (CIP) située à Lima (Pérou). Elle comprend environ 7800 accessions de patates douces (dont 6360 de plantes cultivées - variétés traditionnelles et cultivars modernes) et 1160 de 67 espèces sauvages apparentées du genre Ipomoea (dont 183 accessions d’Ipomoea trifida). La deuxième collection, avec 3800 accessions, est celle de l'Institut central de recherche sur les plantes cultivées tubéreuses (ICAR-CTCRI à Thiruvananthapuram, Kerala, Inde)[26],[27].

Ces collections sont conservées soit sous forme végétative, en pots dans des serres ou des abris anti-insectes, soit sous forme de culture in vitro. Certaines variétés traditionnelles et espèces sauvages sont également conservées sous forme de graines en chambres froides[28].

Séquençage du génomeModifier

Un projet international de séquençage du génome de la patate douce est en cours de réalisation par le consortium de séquençage du génome de l'Association trilatérale de recherche sur la patate douce (TRAS, Trilateral Research Association of Sweet potato). Ce consortium, lancé en 2012, comprend six organisations : le Centre de recherche sur la patate douce Jiangsu Xuzhou (Chine), l'Université agronomique de Chine, l'Administration du développement rural (Corée), l'Institut coréen de recherche en biosciences et biotechnologie, l'Organisation nationale de recherche agronomique et alimentaire (Japon) et Institut de recherche Kazusa sur l'ADN (Japon)[29].

En 2019, quatre bases de données sur les séquences du génome de la patate douce et des espèces apparentées sont publiquement disponibles[29] :

  1. Sweet potato Genomic Resource[30]. Cette base de données fournit les séquences des génomes d’Ipomoea trifida et Ipomoea triloba publiées par Wu et al. (2018). Elle est hébergée par l'université d'État du Michigan avec le soutien du Genomic Tools for Sweetpotato Project (GT4SP) et de la fondation Bill & Melinda Gates.
  2. Ipomoea Genome Hub[31]. Cette base de données fournit des séquences du génome de la patate douce publiées par Yang et al. (2017). Elle est hébergée par le Jardin botanique de Shanghai Chenshan, la Société Max-Planck et l'Académie chinoise des sciences.
  3. Ipomoea Batatas Genome Browser[32]. Cette base de données, hébergée par MPI Molecular Genetics, stocke les séquences du génome de la patate douce publiées par Yang et al. (2017).
  4. Sweet potato GARDEN[33]. Cette base de données, hébergée par l'institut Kazusa de recherche sur l'ADN, fournit les séquences du génome d’Ipomoea trifida publiées par Hirakawa et al. (2015).

DistributionModifier

Probablement originaire d'Amérique du Sud, la plante est inconnue à l'état sauvage. Elle est répandue depuis très longtemps dans toutes les zones tropicales et subtropicales, aussi bien en Afrique en Amérique qu'en Océanie et Asie, et peut s'adapter à différentes conditions écologiques[34]. Cette culture se concentre pour environ 70 % de la surface cultivée dans une bande située entre les 40e degrés de latitude sud et nord (ce qui inclut la Chine), depuis le niveau de la mer jusqu'à 3000 mètres d'altitude à l'équateur[35],[36],[28].

La répartition de la culture de la patate douce se caractérise par l'importance de la Chine, qui représente à elle seule 65 % de la surface mondiale. Outre la Chine, les pays qui présentent une concentration importante de la culture de la patate douce sont Cuba et Haïti dans les Caraïbes, l'île de Java en Indonésie, l'île de la Nouvelle-Guinée (aussi bien dans la partie indonéseienne que dans celle rattachée à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Viêt Nam, et en Afrique, plus particulièrement la région du lac Victoria (Burundi, Rwanda, Ouganda et République démocratique du Congo), ainsi que le Ghana, le Nigeria et Madagascar. La patate douce est également un aliment de base en Océanie (Papouasie-Nouvelle-Guinée, îles Salomon, Tonga et Nouvelle-Calédonie). En Chine, cette culture se concentre particulièrement dans trois régions : le bassin du Sichuan (Sichuan et Chongqing) avec environ 1 million d'hectares, dans le centre-est les provinces de Shandong, Henan et Anhui, avec chacune plus de 600 000 hectraes, et enfin la côte du sud-est. A noter que quatre provinces chinoises ont une aire consacrée à la patate douce supérieure à celle de l'Ouganda, second pays producteur de patates douces[35].

Sa culture en France date seulement de 1750. Elle était alors cultivée par Richard et Gondouin, jardiniers de Louis XV qui appréciait ce tubercule. Elle revint à la mode vers 1796 grâce à Joséphine de Beauharnais, qui la fit cultiver à la Malmaison pour sa table, mais la culture de la patate douce est restée anecdotique en France, le climat n'y étant pas favorable[37].

TaxinomieModifier

L'espèce a été décrite initialement sous le nom de Convolvulus batatas par Linné et publiée en 1753 dans son Species plantarum 1: 154, puis reclassée en 1793 par Lamarck sous le nom d’Ipomoea batatas (Tabl. Encycl. tome 1, 2(2): 465)[38].

La patate, ainsi que 13 espèces sauvages apparentées, est classée dans le genre Ipomoea, sous-genre Eriospermum, section Eriospermum, série Batatas. Ces espèces sont les suivantes : Ipomoea cynanchifolia (2x=30), Ipomoea lacunosa (2x=30), Ipomoea ×leucantha (2x=30), Ipomoea littoralis (2x=30), Ipomoea ramosissima (2x=30), Ipomoea tenuissima (2x=30), Ipomoea triloba (2x=30), Ipomoea umbraticola (2x=30), Ipomoea tiliacea (4x=60), Ipomoea tabascana (4x=60), Ipomoea cordatotriloba (2x, 4x), Ipomoea trifida (2x, 3x, 4x, 6x), Ipomoea grandifolia (2x ?). Ces espèces sont toutes diploïdes ou tétraploïdes, sauf Ipomoea trifida qui présente quatre niveaux de ploïdie. Elles sont toutes endémiques de l'Amérique tropicale, sauf Ipomoea littoralis, originaire d'Asie[19].

La variété Ipomoea batatas var. apiculata (M.Martens & Galeotti) J.A.McDonald & D.F.Austin est une forme sauvage tétraploïde qui a été collectée au Mexique dans les années 1990. Elle est endémique d'une aire réduite du littoral près de la ville de Veracruz et se distingue de la patate douce cultivée par ses fruits (capsules) indéhiscents[39].

SynonymesModifier

Selon The Plant List (26 septembre 2019)[40] :

  • Batatas edulis (Thunb.) Choisy
  • Batatas wallii C. Morren
  • Convolvulus apiculata M. Martens & Galeotti
  • Convolvulus batatas L.
  • Convolvulus candicans Sol. ex Sims
  • Convolvulus edulis Thunb.
  • Convolvulus varius Vell.
  • Ipomoea batatas var. edulis (Thunb.) Makino
  • Ipomoea davidsoniae Standl.
  • Ipomoea edulis (Thunb.) Makino
  • Ipomoea mucronata Schery
  • Ipomoea purpusii House
  • Ipomoea vulsa House
  • Ipomoea wallii (C. Morren) Hemsl.

Liste des variétésModifier

Selon Kew Garden World Checklist (26 septembre 2019)[41], on distingue deux variétés botaniques :

  • Ipomoea batatas var. apiculata (M.Martens & Galeotti) J.A.McDonald & D.F.Austin (1990), tétraploïde,
  • Ipomoea batatas var. batatas, hexaploïde.

Noms vernaculairesModifier

 
Ipomoea batatas 'Margarita' à Cikampek station (Java, Indonésie).

En Amérique latine, les noms les plus communs de la patate douce sont : batata, camote, boniato, batata doce, apichu et kumara[19].

En langue espagnole, notamment en Argentine, au Venezuela, à Porto Rico et dans la République dominicaine, la patate douce est appelée « batata », terme emprunté à une langue indigène des Caraïbes, le taino. Toutefois, au Mexique, au Pérou, au Chili, en Amérique centrale et aux Philippines, elle est connue sous le nom de « camote »(orthographié kamote aux Philippines), terme dérivé du nahuatl « camotli »[42]. En espagnol, le terme « boniato », dérivé du taino « bonyata[43] » est également utilisé dans un registre plus soutenu pour désigner la patate douce, plus particulièrement les cultivars à chair blanche[44].

Au Pérou, le nom quechua d'un type de patate douce est « kumar », qui est étonnamment similaire au nom polynésien « kumara » et à ses équivalents océaniques régionaux.(kumala, umala, uala, etc.), ce qui a conduit certains chercheurs à suspecter un cas de contacts trans-océaniques précolombiens.

En Australie, environ 90 % de la production est consacrée à un cultivar orangé appelé 'Beauregard', sélectionné à l'origine aux États-Unis par la Louisiana Agricultural Experiment Station en 1981[45].

En Nouvelle-Zélande, les variétés originales cultivées par les Maoris produisaient des tubercules allongés à la peau blanche et à la chair blanchâtre[46] (ce qui, pense-t-on, suggère une traversée du Pacifique antérieure à l'arrivée des Européens dans la région)[47]. La patate y est connue sous le nom de « kumara » (orthographié kūmara en langue maori). La variété la plus répandue est le cultivar rouge appelé 'Owairaka', mais des cultivars orangés ('Beauregard'), dorés, violets, etc. sont également cultivés[48],[49]. La patate douce est également connue sous le nom de kumara, aux îles Gambier et dans l'archipel de Cook[50], kumala aux îles Samoa et Tonga, umala aux îles Sandwich, umara à Tahiti, umaa ou kumaa aux îles Marquises [50]. En Polynésie, elle était déjà cultivée avant les explorations européennes. Le nom polynésien kumara viendrait de kumar, terme de la langue quechua, du plateau andin d'Amérique du Sud [51].

Au Japon, elle est connue sous le nom de satsuma imo (薩摩芋?), du nom de l'ancienne province de Satsuma de laquelle elle est originaire.

CultureModifier

 
Boutures.
 
Champ de patates douces.

La patate douce se cultive dans toutes les régions tropicales et subtropicales, dans une bande allant de 30° de latitude Nord à 30° de latitude Sud. Elle se cultive aussi dans certaines régions tempérées chaudes, notamment en Espagne, aux États-Unis et au Japon, où elle est cultivée comme plante annuelle. Sa culture requiert une température supérieure à 15 °C, avec un optimum à 24 °C, et un bon ensoleillement[52].

La patate douce est moins exigeante pour le sol, elle préfère cependant les sols argilo-sableux, profonds, bien drainés et assez riches en humus. Elle est tout de même cultivable en climats arides et en sols secs avec une moindre productivité. Le pH du sol doit être compris entre 5,5 et 6,5, mais la culture reste possible pour des pH allant de 4,5 (sols plus acides) jusqu'à 7,5 (sols plus alcalins). Les sols à texture légère permettent d'obtenir de beaux tubercules de forme régulière, à peau lisse et de couleur vive[52].

En région tropicale, la culture peut se faire en toute saison, toutefois il vaut mieux que la récolte intervienne hors de la saison des pluies, les tubercules étant sensibles au pourrissement en cas d'excès d'humidité.

 
Récolte dans un champ de patates douces en Floride (1986).

La région méditerranéenne se prête très bien à cette culture sous réserve de l'irriguer convenablement. Dans ce cas, la plantation se fait au printemps, à partir d'avril-mai (quand les températures minimales restent supérieures à 10 °C), la récolte intervenant au bout de 4 à 6 mois selon les variétés, vers septembre-octobre. La culture se fait habituellement en billons de manière à faciliter tant l'irrigation que la récolte. Un bon paillage permet également de limiter l'évaporation, conserver la chaleur au niveau des racines, et protéger de l'attaque des limaces qui sont friandes des feuilles et des tubercules.

Le feuillage, très couvrant, limite naturellement la croissance des mauvaises herbes et protège le sol de l'érosion éolienne.

C'est une culture plus productive que les céréales. Le rendement en tubercules, variable selon les variétés, atteint environ 5 à 10 tonnes par hectare pour les cultivars traditionnels et de 40 à 50 tonnes pour les variétés sélectionnées[52].

FertilisationModifier

Exportation moyenne en kg d'éléments fertilisants
pour un rendement de 20 t/ha[52]
N P2O5 K2O
Tubercules 50 14 110
Feuillage 50 28 110
Total 100 42 220

La fertilisation doit être adaptée en fonction des objectifs de rendement et de la variété cultivée, les cultivars modernes, en particulier ceux à chair orange, ont des besoins en éléments nutritifs supérieurs à ceux des variétés traditionnelles. La fertilisation doit également être adaptée aux caractéristiques du sol, en particulier aux éventuelles carences notamment en oligo-éléments. L'apport d'azote doit être maîtrisé car, en cas d'excès, il favorise le développement du feuillage au détriment de la production de tubercules[52].

L'engrais est généralement apporté en deux fois, d'abord avant la plantation puis en couverture environ 30 jours après la plantation.

VariétésModifier

Article détaillé : Liste de cultivars de patate douce.

Les variétés cultivées (ou cultivars) de patate douce sont très nombreuses. Leur cycle de culture peut varier de 3,5 à 8 mois. Les variétés traditionnelles, plus tardives et moins exigeantes, présentent l'avantage de couvrir le sol plus longtemps. Les variétés modernes, plus productives, sont plus précoces et permettent de libérer le terrain plus rapidement et de limiter les attaques de charançons[52].

Quelques cultivars de patate douce cultivés au Portugal[53]
Variétés Temps de maturation (jours) Couleur de la peau Couleur de la chair Rendement
'Lira' 90-110 rouge jaune élevé
'Beauregard' 90-100 rose clair orange élevé
'Centennial' 90-100 orange orange foncé variable
'Covington' 110-120 rose orange élevé
'Hernandez' 110-130 carmin orange foncé élevé
'Jewel' 110-120 marron clair orange variable
'Murasaki' 100-110 rouge foncé crème normal
'Nancy Hall' 100-110 orange clair orange clair bas

Du point de vue de leur commercialisation, on distingue trois grands groupes de cultivars de patate douce :

  • ceux qui sont destinés à la transformation (traditionnelle ou industrielle) à teneur très élevée en matière sèche et en amidon, et à chair blanche,
  • ceux destinés au marché des racines fraiches pour la consommation quotidienne dans les pays en voie de développement, à teneur élevée en matière sèche et faible en sucres,
  • ceux destinés au marché nord-américain, souvent à teneur faible en matière sèche mais élevée en sucres et en carotène[39].

On distingue également parmi les variétés destinées à la consommation humaine celles à chair sèche après cuisson et celles à chair tendre (aqueuse).

Les tubercules peuvent présenter différentes couleurs : la peau peut être blanche, jaune, rose, orange, violette ou brun rougeâtre[54]. La couleur de la chair varie du blanc et du jaune à l'orange clair ou à l'orange foncé. Les cultivars à chair orange, riches en bêta-carotène, sont utilisés dans les programmes visant à lutter contre la carence en vitamine A[54]. Les variétés de patates douces de couleur pourpre (cultivars sélectionnés principalement au Japon), doivent leur couleur à leur teneur élevée en anthocyanes[55].

La création variétale se réalise principalement aux États-Unis, à Hawaï, au Japon et en Inde, et dans certains centres internationaux de recherche agronomique comme le Centre international de la pomme de terre (CIP) au Pérou, le Centre mondial des légumes à Taïwan (variétés préfixées AIS), l'Institut international d’agriculture tropicale (IITA) au Nigeria (préfixe TIS ou TIB)[52].

MultiplicationModifier

 
Bourgeons de patate douce.
 
Culture de patate douce in vitro (Tecnópolis).

En culture, la multiplication est exclusivement végétative. Les graines sont utilisées uniquement à des fins de sélection. Les organes pouvant être utilisés pour la multiplication végétative de la patate douce comprennent les racines de réserve (tubercules), l'extrémité des pousses et les boutures de tige[56]. Dans les régions tropicales, la patate douce se multiplie essentiellement par bouturage de tiges, issues d'une pépinière. En pays tempérés, on utilise des tubercules qui sont stockés pendant l'hiver puis mis à germer avant la plantation[52]. On commence par planter des tubercules qui donnent après 6 semaines des pousses d'une trentaine de centimètres. Ces pousses sont coupées pour être replantées en rangs espacés de 90 cm, chaque plant espacés de 30 cm sur le rang. Les patates douces se multiplient très facilement par bouturage en plantant en pépinière des tubercules qui fourniront six semaines plus tard des rejets à repiquer[57]. Le jardinier amateur peut également simplement multiplier la patate douce en plaçant en intérieur près d'une fenêtre vers la fin de l'hiver une patate du commerce à moitié immergée dans de l'eau dans un bocal en verre ou une bouteille en plastique (dont le goulot aura été coupé pour pouvoir y introduire la patate). Attention au sens de plantation, on immerge le côté pointu et on laisse à l'air libre le côté un peu blanchâtre qui a été sectionné lors de la récolte de la patate. Quatre à six semaines plus tard, on voit apparaitre des racines dans l'eau et des pousses sur la patate. Lorsque ces pousses mesurent environ 30 cm (avec au moins 2 nœuds), on peut les pincer à la base pour les remettre à raciner dans de l'eau. Dès que ces plantules ont des racines d'une dizaine de cm, on peut les repiquer en pleine terre. Cinq à six mois plus tard, on obtient de nouvelles patates[58].

Pour produire des plants de patate douce exempts de virus on utilise presque exclusivement la culture de méristème in vitro. Cette technique consiste à prélever des explants apicaux (méristématiques) le plus grands possible, mais excluant les tissus infectés par le virus. La culture in vitro sur des milieux enrichis en hormones (auxine, cytokinine) permet de régénérer des plants viables, qui sont ensuite testés pour contrôler l'absence de virus[56].

Cette technique est également utilisée pour la conservation de banques de gènes de patate douce. Le maintien d’une collection de matériel génétique in vitro présente de nombreux avantages par rapport à une collecte en serre ou au champ : réduction de la surface de stockage, accessibilité tout au long de l’année, maintien d’un état indemne de maladies, propagation rapide in vitro, transport plus facile, économies de main-d'œuvre et de coûts[56].

Ravageurs et maladiesModifier

 
Tubercules de patate douce endommagés par les larves du charançon (Cylas formicarius).
 
Chenille d’Agrius cingulata sur feuille de patate douce.
 
Feuillage de patate douce attaqué par des larves de mouches mineuses (Bedellia somnulentella).

La patate douce est affectée par de nombreux agresseurs biotiques : on recense environ 35 maladies bactériennes et fongiques, plus de 20 virus ou pseudo-virus, 20 espèces de nématodes et une vingtaine d'espèces d'insectes ravageurs. Parmi ces agents, cinq groupes ont une importance économique significative : les viroses (SPVD) souvent dues à la combinaison de plusieurs virus, les charançons, les nématodes, les « pourritures » dues à diverses espèces de champignons, l'alternariose (Alternaria sp.) et la fusariose (Fusarium sp.). Cette culture peut également être sensible à des facteurs abiotiques comme la sécheresse, la chaleur, le froid et la salinité[59]. Comme toutes les plantes cultivées à multiplication végétative, la patate douce peut subir une dégénérescence des clones du fait de l'accumulation des agents pathogènes (champignons, bactéries, virus) au fil des générations successives. Il faut donc soit accorder beaucoup de soin au choix des plants-mères, soit renouveler régulièrement le stock en faisant appel à des multiplicateurs spécialisés.

Parmi les insectes ravageurs de la patate douce, les espèces les plus dommageables sont les charançons, notamment Cylas formicarius, qui attaquent les tubercules aussi bien avant qu'après la récolte, en phase de stockage. La lutte contre ces insectes repose historiquement sur des pratiques culturales, comme l'emploi de plants non infestés, la rotation des cultures, etc, le recours à des insecticides présentant des difficultés de divers ordres[60]. La pourriture noire de Java, due à une espèce de champignons ascomycètes, Lasiodiplodia theobromae, est l'une des maladies les plus destructives qui affecte les tubercules stockés (post-récolte). Pour prévenir ou au moins limiter l'incidence de cette maladie, on soumet les tubercules à un « ressuyage » qui consiste à les exposer à une température modérément élevée pendant plusieurs jours immédiatement après la récolte[61].

Parmi les infections virales, qui sont responsables d'environ la moitié des pertes de récoltes, la plus grave est la virose complexe de la patate douce (SPVD, sweet potato virus disease), présente notamment en Afrique orientale. Elle résulte d'une interaction synergique entre deux virus, le virus du rabougrissement chlorotique de la patate douce (SPCSV, Sweet potato chlorotic stunt virus), transmis par des aleurodes, et le virus de la marbrure plumeuse de la patate douce (SPFMV, Sweet potato feathery mottle virus), transmis par des pucerons. La méthode de lutte repose sur la fourniture aux agriculteurs de boutures indemnes de virus, issues de culture in vitro de méristèmes[62].

Enfin les nématodes, qui vivent dans le sol au contact des racines et tubercules, sont responsables de pertes évaluées globalement à 10 % des récoltes. Les plus dommageables sont les nématodes cécidogènes appartenant au genre Meloidogyne[63].

Stockage et conservationModifier

Article détaillé : Stockage des patates douces.
 
Stockage de patates douces en fosse (Floride, 1908).

Le caractère hautement périssable des tubercules de patate douce pendant le stockage reste une contrainte majeure dans les pays en développement, en particulier en Afrique subsaharienne. En l'absence d'installations frigorifiques trop coûteuses, les méthodes de stockage traditionnelles qui sont pratiquées consistent en stockage en tas, stockage en fosse, stockage sur plate-forme ou dans des paniers. On recouvre parfois les racines de cendre, de terre, de sciure de bois ou d'autres matériaux pour améliorer la durée de conservation. Ces méthodes de stockage donnent souvent des résultats irréguliers assortis, au bout de 3 à 6 semaines, de perte de poids importante, germination, pourriture et dégâts dus aux charançons[64].

Le recours à des traitements de pré-stockage appropriés pour lutter contre la décomposition microbienne et la germination, permet de prolonger la durée de conservation. Après la récolte, les patates douces ont besoin d'une phase de maturation et de ressuyage qui consiste à les maintenir pendant une semaine à une température de 30 °C et une humidité de 95 %. Cela permet de fixer la peau, de cicatriser les plaies et de commencer à convertir l'amidon en sucre. Après cette phase de ressuyage, on peut les conserver pendant six semaines ou plus à 15 °C et 85 % d'humidité.

Dans des conditions de stockage optimales, on a démontré que la patate douce pouvait se conserver pendant 5 mois, jusqu’à environ un an maximum[65].

Appellations protégéesModifier

 
Tubercules de la variété 'Ubi Cilembu' (Java).

Une production portugaise de patates douces de la variété 'Lira' bénéficie depuis 2009 d'une indication géographique protégée (IGP) sous le nom de « Batata doce de Aljezur ». L'aire de production de cette IGP comprend la commune d'Aljezur (district de Faro) et les paroisses de São Teotóneo, São Salvador, Zambujeira do Mar, Longueira-Almograve et Vila Nova de Milfontes dans la commune d'Odemira (district de Beja)[66]. Chaque année vers la fin novembre, une fête, le festival da Batata-doce de Aljezur, est organisée à Aljezur pour célébrer ce tubercule[67]. D'autres marques ou indications géographiques ont été enregistrées en Asie :

  • au Japon, la patate douce Yamadai (ヤマダイかんしょ Yamadai Kansho). Cette patate douce est produite dans la ville de Kushima (préfecture de Miyazaki) et l'appellation est gérée par la coopérative agricole Otsuka[68] ;
  • en Indonésie, la patate douce de Cilembu ou 'Ubi Cilembu'. Cette variété traditionnelle, reconnue en 2001 par le gouvernement indonésien, est produite dans le village de Cilembu et dans une zone avoisinante (Pamulihan, Tanjungsari, Rancakalong et Sukasari) dans l'Ouest de Java[69]. La variété 'Cilembu', connue également sous les noms de 'Ubi Cilembu', 'Ubi Madu Cilembu' et « patate douce de miel », est une variété très ancienne, réputée pour sa texture veloutée et collante et sa douce saveur de miel à la cuisson ou au four[70].

Dans le monde, cinq autres productions de patates douces bénéficient d'une indication géographique avec une protection légale, généralement sous le statut de marque déposée :

UtilisationModifier

 
Aoki Konyō, considéré comme le « maître de la patate douce ».

La patate douce a de nombreuses utilisations, principalement comme aliment brut ou transformé. L'agronome américain, George Washington Carver, qui faisait la promotion de la patate douce, entre autres plantes cultivées, avait recensé dans son Sweetpotato bulletin de 1922 des dizaines de recettes à base de patates douces et plus de 118 produits dérivés, dont de l'amidon, du tapioca, des noix de coco factices, de la mélasse, divers aliments pour le petit-déjeuner, des aliments pour le bétail, des teintures pour la soie et le coton, de la farine (utilisée par le gouvernement américain pendant la Première Guerre mondiale), du vinaigre, de l'encre et du caoutchouc synthétique[73].

Alimentation humaineModifier

Patate douce
tubercule cru (poids frais)
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 359 kJ
(Calories) (86 kcal)
Principaux composants
Glucides 20,12 g
- Amidon 12,65 g
- Sucres 4,18 g
Fibres alimentaires 3 g
Protéines 1,57 g
Lipides 0,05 g
Eau 77,28 g
Minéraux et oligo-éléments
Calcium 30 mg
Cuivre 0,151 mg
Fer 0.61 mg
Magnésium 25 mg
Manganèse 0,258 mg
Phosphore 47 mg
Potassium 337 mg
Sélénium 0,6 mg
Sodium 55 mg
Zinc 0,3 mg
Vitamines
Provitamine A 8,509 mg
Vitamine A 709 mg
Vitamine B1 0,078 mg
Vitamine B2 0,061 mg
Vitamine B3 (ou PP) 0,557 mg
Vitamine B5 0,8 mg
Vitamine B6 0,209 mg
Vitamine B9 11 mg
Vitamine C 2,4 mg
Vitamine E 0,26 mg
Vitamine K 1,8 mg
Acides aminés
Acides gras

Source : Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA)[74]

Aussi bien les tubercules que les feuilles sont un aliment de base dans les régions tropicales où la patate douce prend la place de la pomme de terre.

Souvent considérée par les populations qui la consomment comme un aliment de sécurité, la patate douce a aidé à sauver de la famine en période de conflits ou de sécheresse. Ce fut le cas par exemple au Japon où la patate douce a sauvé la nation japonaise lorsque les typhons ont détruit toutes les rizières juste avant la Première Guerre mondiale. Déjà l'érudit japonais de l'ère Edo, Aoki Konyō, préconisait dans un traité publié en 1735 de généraliser la culture de la patate douce considérée comme un aliment de secours en période de disette[75],[76]. La plante, introduite dans le sud de la Chine dès 1594, fut promue pour contrer les effets des sécheresses sous le règne de la dynastie Qing (1644- 1912)[77].

En 2016, le Prix mondial de l'alimentation a été décerné à quatre personnalités : Maria Andrade (Cap-Vert), Robert Mwanga (Ouganda), et Jan Low et Howarth Bouis (États-Unis), œuvrant pour le Centre international de la pomme de terre. Ils ont été honorés pour avoir promu la patate douce à chair orange, particulièrement riche en vitamine A, et exemple le plus réussi de biofortification de micronutriments et de vitamine. Ils ont convaincu près de deux millions de ménages dans 10 pays africains de planter, d'acheter et de consommer cet aliment[78].

Programme VITA AModifier

Certaines associations d'aide humanitaire, comme HarvestPlus[79], font la promotion de sa culture comme une meilleure alternative à l'aide alimentaire.

En 2014, la prévalence de la carence en vitamine A était estimée à 42 % chez les enfants de moins de cinq ans en Afrique subsaharienne, ce qui représente environ 78 millions d'enfants affectés[80]. Le programme VITAA (Vitamine A pour l’Afrique) vise à créer, sous l'égide du centre international de la pomme de terre, des partenariats entre agriculteurs, nutritionnistes, chercheurs, médecins, ONG, communautés locales et entrepreneurs, avec un objectif commun : promouvoir les patates douces à chair orange et d’autres approches basées sur l’alimentation pour résoudre les carences en vitamine A et les problèmes plus généraux de malnutrition[81].

Valeur nutritionnelleModifier

La patate douce a une valeur nutritionnelle élevée. elle fournit plus de 90 % des nutriments par calorie nécessaires à la plupart des gens, à l'exception des protéines et de la niacine (vitamine B3).

Les tubercules (racines) sont une source précieuse de glucides, de vitamines (fournissant 100 % de l'apport journalier recommandé (AJR) pour la vitamine A et 49 % pour la vitamine C), et de minéraux (fournissant 10 % de l'AJR pour le fer et 15% pour le potassium). Outre les amidons simples, les patates douces sont riches en glucides complexes, en fibres alimentaires, en fer et en vitamines telles que le bêta-carotène (caroténoïde précurseur de la vitamine A), la vitamine B2, la vitamine C et la vitamine E[82].

Les principaux composants des tubercules crus sont présentés dans le tableau suivant. La matière sèche est constituée essentiellement (de 80 à 90 %) de glucides : amidon, sucres et de faibles teneurs de pectines, hémicellulose et cellulose. Cette composition est très variable, selon les cultivars, la maturité des tubercules, la durée de conservation et les processus de transformation.

Composition des tubercules
(en % de la matière sèche)[83]
Composants Valeur
moyenne
Écart
Amidon 70 30 - 85
Sucres totaux 10 5 - 38
Protéines totales 5 1,2 - 10
Lipides 1 1 - 2,5
Cendres 3 0,6 - 4,5
Fibres totales 10
Autres composants
en faible concentration
<1

L'introduction relativement récente de variétés à chair orange, à teneur élevée en béta-carotène (pouvant aller jusqu'à 20-30 mg/100 g), a donné un regain d'intérêt pour l'inclusion des patates douces dans l'alimentation. La promotion de ces variétés de patates douces à chair orange (PDCO) s'inscrit dans une stratégie visant à compenser les carences en vitamine A, en particulier dans les pays de l'Afrique subsaharienne et au Bangladesh[84]. Plus la couleur de la peau et de la chair est foncée, plus elle contient d’anthocyanes et d'éléments nutritifs. Ainsi les variétés à chair orange ou pourpre sont plus riches en éléments nutritifs que les jaunes et encore plus que les blanches. La patate douce contient de nombreux antioxydants (polyphénols), souvent plus abondants dans la pelure. Elle est aussi plus riche en amidon que la pomme de terre (jusqu'à 18 % du poids frais selon les variétés), mais elle contient sensiblement la même quantité de glucides[85].

Facteurs antinutritionnelsModifier

La patate douce contient, à des teneurs variables selon les cultivars, des sucres complexes (raffinose, stachyose et verbascose) qui ne sont pas digérés dans le tractus digestif supérieur et sont responsables, surtout le raffinose, après fermentation par des bactéries du côlon, de la production de gaz responsables de la flatulence. La patate douce a une activité inhibitrice de la trypsine (AIT) qui peut aller jusqu'à 90 % d'inhibition chez certaines variétés. La teneur en inhibiteurs de trypsine est corrélée avec celle des protéines. Les inhibiteurs de trypsine sont inactivés par la chaleur (à 90 ° C pendant plusieurs minutes) . Selon certains auteurs, l'AIT de la patate douce pourrait être un facteur de l'entérite nécrosante[86].

En réponse à une agression biotique comme une infection ou une contamination fongique, la patate douce peut produire certains métabolites, notamment des furano-terpénoïdes[87], qui sont connus pour être toxiques. La contamination des tubercules par Ceratocystis fimbriata et certaines espèces de Fusarium induit la production de composés hépatoxiques, comme l'ipoméamarone[86].

La patate douce contient de l'oxalate (teneur évaluée dans une étude à 59 mg/100 g dont 38 mg d'oxalate soluble[88]), qui contribue à la formation de calculs rénaux d'oxalate de calcium et sa consommation est déconseillée aux personnes sujettes à des calculs rénaux[89].

Utilisation culinaireModifier

Mets salésModifier

En mets salés, l'utilisation de la patate douce est similaire à celle de la pomme de terre : cuite à l'eau ou au four, ou bien frite ou sautée. La patate douce crue n'est pas toxique, mais sa consommation est déconseillée, l'amidon cru étant indigeste. En Asie de l'Est, notamment en Chine et en Corée, on consomme les patates douces également sous forme de nouilles ou de vermicelles préparés à partir de la fécule extraite des tubercules. C'est le cas par exemple des dangmyeons, sortes de pâtes coréennes qui entrent dans la préparation du japchae.

En Afrique et dans les Caraïbes, le tubercule est moulu pour fournir une farine appréciée, d'un niveau nutritionnel plus élevé que celui de la farine de blé. Elle sert à confectionner des pains, des gâteaux et autres produits. En Afrique de l´ouest, on la consomme également sous forme de frites.

La patate douce est l'aliment de base de la cuisine d'Okinawa, représentant près de 70 % des calories[90]. Cette cuisine serait une des composantes de la longévité particulière des habitants de cette île japonaise[91],[92].

Mets sucrésModifier

Comme elle est sucrée, la patate douce peut aussi servir à préparer des desserts : compotes, gâteaux, glaces et autres.

Les patates douces au sirop, en morceaux entiers, sont un dessert populaire en Argentine et en Uruguay, on y prépare aussi des desserts sucrés comme le postre vigilante et le dulce de batata[93]. Au Brésil, la patate douce est principalement utilisée dans la fabrication de confiseries, appelée « marrom-glacê[94] », généralement vendues en conserve[95].

Aux États-Unis, les tartes aux patates douces sont très populaires, notamment lors des fêtes (Thanksgiving, Noël...)[96]. La variante hawaïenne est agrémentée de haupia[97].

Dans certaines régions d'Espagne, on consomme souvent à Noël, une pâtisserie appelée « pastel de boniato » constitué d'une pâte feuilletée fourrée avec une purée sucrée de patate douce[98].

Dans différents pays, on prépare aussi de la confiture de patate douce. On peut préparer une confiture de patates douces au goût convenable contenant environ 21 % de patates douces, 45 % de sucre et 34 % d'eau. Les morceaux de patate douce cuits, mélangés avec l'eau, le sucre, de l'acide citrique et éventuellement des arômes, forment une pâte qui est ensuite cuite jusqu'à obtenir une valeur de 68 °Bx pour les sucres solubles totaux. Du fait de la forte teneur en amidon de la patate douce par rapport aux fruits, les proportions de patate douce et de sucre diffèrent de la formule standard de 45 % de fruits et de 55 % de sucre dans les confitures de fruits[99]. Dans l'Union européenne[100], et en France[101], la définition légale de la confiture, définie par la Directive 2001/113/CE du Conseil du 20 décembre 2001 relative aux confitures, gelées et marmelades de fruits, destinées à l'alimentation humaine, a été adaptée pour assimiler les patates douces (ainsi que d'autres légumes comme les carottes) à des fruits lorsqu'elles entrent dans la composition de confitures.

Au Maroc, on en fait une sorte de confiture, appelée « crème d´ipomée », qui est assez comparable à la crème de marrons[102].

FeuillesModifier

Les feuilles de la patate douce se consomment à la manière des épinards, contrairement à celles de la pomme de terre qui sont toxiques. Elles sont légèrement mucilagineuses et très fondantes tout en ayant quand même un léger croquant.

Les jeunes feuilles et les pousses servent de condiments.

En Afrique de l'Ouest et à Madagascar, les jeunes feuilles de patate douce sont pilées et blanchies pour être servies avec du riz et de la viande ou du poisson.

À Taïwan, les feuilles de patates douces (appelées 地瓜叶 dìguāyè) ont longtemps été utilisées pour l'alimentation animale et étaient jusqu'à récemment considérées comme un aliment de pauvres. Une nouvelle mode culinaire les a mises au goût du jour et elles sont maintenant servies couramment dans les restaurants. Elles sont soit sautées avec de l’ail haché, soit cuites à l’eau et aromatisées à la sauce de soja, soit utilisées dans des soupes.

On prépare les jeunes feuilles et les pointes en les faisant rapidement bouillir dans une petite quantité d'eau. Servies ou préparées avec un corps gras (lait de coco par exemple), les feuilles aideront l'organisme à assimiler la vitamine A qu'elle contiennent. On peut également les faire frire dans un peu d'huile de cuisson, dans une casserole couverte ou même brièvement en friture profonde. On peut ajouter de l'oignon ou de l'ail pour en relever le goût. Elles se marient bien aux soupes et constituent un aliment excellent pour les nourrissons, les femmes enceintes et les mères qui allaitent leur enfant.

Les feuilles de patate douce sont plus riches en protéines, bêta-carotène, calcium, phosphore, fer et vitamine C que l’épinard. Elles sont riches en fibres et aideraient ainsi à prévenir certains types de cancer[103],[104],[105]. Elles contiennent environ 3 % de protéines. C'est une source de vitamine A, vitamine B2, vitamine C, et de sels minéraux. Les feuilles sont peu caloriques.

Des analyses montrent que les feuilles de patate douce fournissent plus d'éléments nutritifs que le chou. Plus les feuilles sont foncées, plus elles contiennent de vitamine A.

Elles sont riches en composés phénoliques, et contiennent des anthocyanines. La FAO classe les feuilles de la patate douce comme un des dix principaux légumes antioxydants d’Asie.

Alimentation animaleModifier

Les tubercules crus, frais ou après stockage, sont donnés aux cochons en Chine, dans certaines régions d'Indonésie (Irian Jaya), en Corée, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Thaïlande et au Viêt Nam. Ils sont parfois coupés en tranches, mélangés avec les tiges feuillées ou avec d'autres aliments produits sur l'exploitation (par exemple coques de riz ou cosses de maïs), ou même supplémentés en protéines achetées[106]. On recherche alors des variétés à tubercules volumineux et à grand rendement. Dans certains pays les tubercules dont cuits pour améliorer la digestibilité de l'amidon et éliminer le contenu en inhibiteur de trypsine qui limite la croissance des porcs. Un apport complémentaire de protéines est aussi parfois nécessaire[107].

 
Élèves de l'école intermédiaire de Pingtung Taïwan nourrissant des porcs avec des feuilles de patate douce (avant 1945).

Les parties aériennes de la patate douce, les tiges feuillées, peuvent être utilisées, notamment dans les petites exploitations, comme aliment du bétail, principalement les bovins. Elles constituent un excellent fourrage tant à l'état frais ou desséché qu'après ensilage. Elles représentent un potentiel de production variant selon les variétés de 4 à 6 tonnes de matière sèche par hectare et par culture. Lorsque la patate douce est cultivée comme plante vivace et que les tiges sont coupées à intervalles de 15 à 20 jours, de grandes quantités de fourrage vert peuvent être récoltées[108]. La valeur nutritive du feuillage des patates douces est relativement élevée pour les animaux d'élevage. On considère que 3 kg de feuilles vertes équivalent à 1 kg de maïs avec une valeur nutritionnelle évaluée entre 95 et 100 % de celle du maïs. Les feuilles séchées ont une valeur nutritive supérieure à celle du foin de luzerne. Elles contiennent 22 % de protéines brutes, 46 % de fibres brutes et 9 % de cendres totales. La teneur en protéines brutes digestibles est de 9 % et le total des nutriments digestibles est de 22,4 %[3].

Dans certains pays asiatiques, principalement la Chine, mais aussi le Viêt Nam, les Philippines, la Corée, et Taïwan, ainsi qu'en Papouasie-Nouvelle-Guinée, s'est mis en place un véritable « système patates-douce-élevage porcin ». Malgré la faible rentabilité de l’élevage des porcs, cette pratique présente des avantages indéniables : procurer des revenus monétaires à de nombreux ménages ruraux, fournir du fumier pour entretenir la fertilité des sols, et convertir par l'intermédiaire des porcs des patates douces de faible valeur en viande ou en produits hautement commercialisables. En Papouasie, il s'ajoute un facteur culturel, car les porcs, considérés comme la créature vivante la plus importante à part l'homme, y bénéficient d'un statut protégé et presque vénéré[107].

Plante médicinaleModifier

La patate douce est une plante médicinale appréciable, qui possède des activités anticancéreuses, antidiabétiques et anti-inflammatoires[82].

Médecine traditionnelleModifier

Différentes parties de la plante ont été employées dans les médecines traditionnelles. Au Ghana, les tribus Akans utilisaient les feuilles pour traiter le diabète de type 2. Au Brésil, elles servaient à traiter les affections de la bouche et de la gorge infectieuses ou inflammatoires. Au Japon, dans la région de Kagawa, on consommait crus les tubercules d'une certaine variété à chair blanche pour lutter contre l'anémie, l'hypertension artérielle et le diabète. Les tiges étaient utilisées pour traiter la prostatite[82]. En Inde, dans la médecine populaire ayurvédique, les patates douces sont utilisées dans le traitement des tumeurs de la bouche et de la gorge. Une décoction des feuilles est censée être active comme agent aphrodisiaque, astringent, adoucissant, laxatif, énergisant, bactéricide et fongicide. La patate douce s'est avérée bénéfique dans le traitement d'affections variées : asthme, piqûres d'insectes, brûlures, catarrhe, diarrhée, fièvre, nausées, splénose, troubles gastriques, tumeurs. On a signalé aussi l'utilisation d’Ipomoea batatas contre la dengue, entraînant une amélioration du nombre de plaquettes[89].

Constituants phytochimiquesModifier

Constituants phytochimiques de la patate douce[109]
Groupes Phytoconstituants Organes
acides phénoliques acide caféique, dérivés de l'acide caféoylquinique, dont l'acide chlorogénique feuille, racine, peau
coumarines esculétine, ombelliférone, péonidine, cyanidine feuille, racine
triterpènes / stéroïdes acétate de boehméryl, friedéline racine, feuille
sesquiterpénoïdes 6-myoporol, 4-hydroxy-déhydro-myoporone, ipoméamarone racine
alcaloïdes calystégine B1, B2, B3, C1, ipomine tubercule, feuille
flavonoïdes tiliroside, astragaline, rhamnocitrine, rhamnétine, kaempférol feuille
glycosides batatines, batatosides feuille, racine
Protéines de stockage sporamine / ipomoéine racines de stockage (tubercules)

Les composés phytochimiques présents dans la patate douce sont divers, et varient selon les cultivars. On trouve surtout des flavonoïdes, terpénoïdes, tanins, saponines, glycosides, alcaloïdes, stéroïdes et acides phénoliques. Les variétés orange sont particulièrement riche en β-carotène, tandis que les variétés violet-pourpre sont plus riche en anthocyanes que les autres[110].

Activités pharmacologiquesModifier

Un polysaccharide extrait de la patate douce exercerait des effets bénéfiques sur le système immunitaire de l’animal, en augmentant la prolifération des lymphocytes et leur fonction phagocytaire. Grâce aux composés phénoliques et anthocyanes qu’elle contient, la patate douce pourrait avoir une action positive sur l’oxydation du cholestérol LDL. Les anthocyanes de la patate douce pourpre ont montré in vitro une activité antioxydante supérieure à la vitamine C2, au chou rouge, à la baie de sureau, au maïs pourpre et aux extraits de pelure de raisin. Ces anthocyanes joueraient un rôle bénéfique sur la santé cardiovasculaire et sur le foie. Ainsi on a montré que l'ingestion d’une boisson à base de patates douces pourpres améliore les fonctions hépatiques chez les sujets à risque d'hépatite, en réduisant le niveau des marqueur hépatiques dans le sérum et le taux des enzymes hépatiques[111].

D'après des essais chez l'animal, des extraits d'anthocyanes de patate douce pourpre diminueraient l’incidence du cancer colorectal[112] et la progression de l’athérosclérose[113]. D'autres études chez l'animal montrent que ces mêmes anthocyanes ont un effet protecteur sur le foie en le protégeant par exemple des dommages dus à de fortes doses de paracétamol[114]. Certains pigments de la patate douce pourpre peuvent ralentir la détérioration de la fonction cognitive et même inverser la détérioration de la mémoire chez les souris en réduisant l’inflammation et le stress oxydatif dans le cerveau.

Des études ont montré que la patate douce a le pouvoir de diminuer la glycémie et la résistance à l'insuline tant chez l'homme que chez l'animal. Les cultivars à peau blanche, 'White Star' (pakistanais) et 'Beauregard' (américain) ont permis d'abaisser la glycémie chez des patients souffrant de diabète de type 2. Au Japon, un complément alimentaire appelé Caiapo, produit à partir d'extraits de peau de patates douces blanches, a été commercialisé pendant une vingtaine d'année pour lutter contre le diabète[115],[82]. La diminution de la glycémie chez les patients diabétiques semble liée à une augmentation du niveau sanguin de l'adiponectine, hormone adipocytaire qui agit sur le métabolisme de l'insuline. Plus généralement l'activité anti-diabétique de la patate douce est attribuée à son contenu phytochimique[82]. Une certaine protéine, l'arabinogalactane, de la patate douce blanche, contribuerait à ces vertus antidiabétiques[116].

In vitro, des extraits de tubercule et de feuilles ont montré une certaine efficacité pour empêcher les mutations cellulaires et la croissance de cellules cancéreuses. Une protéine inhibitrice de la trypsine contenue dans la patate douce, a montré in vitro un fort effet antioxydant. Cela pourrait entrer dans la prévention du cancer, plus particulièrement de la leucémie.

Les feuilles de patate douce ont également démontré leur capacité à faciliter la relaxation de l'aorte chez le rat. Cela suggère que les composants bioactifs contenus dans les feuilles ont la capacité de promouvoir une protection supplémentaire de l'endothélium vasculaire, offrant ainsi une protection contre les maladies cardiovasculaires[117]. Une étude menée à Taïwan a montré qu'une consommation accrue de légumes riches en vitamine A, en particulier de feuilles de patate douce, pourrait offrir une protection potentielle contre le cancer du poumon[118]. Selon une étude, ce sont les feuilles de patate douce qui contiendraient le plus de composés phénoliques, suivies de la pelure puis de la chair, davantage même que la plupart des légumes-feuilles[119].

TransformationModifier

La patate douce est transformée et utilisée sous différentes formes dans diverses parties du monde[120].

Farine et féculeModifier

 
Schéma des processus de transformation et modes d'utilisation de la patate douce.

La farine de patate douce peut être utilisée seule ou en complément de la farine de céréales, ainsi que comme stabilisant dans l'industrie des crèmes glacées[120].

L'amidon peut être produit à partir de la patate douce de la même manière qu'avec les autres racines amylacées, à la différence près que la solution doit être alcaline (pH 8) en ajoutant de la chaux, qui permet de prévenir le brunissement enzymatique dû aux polyphénol-oxydases[121], et aide à floculer les impuretés et à dissoudre les pigments. Les variétés les plus adaptées pour l'extraction de l'amidon sont celles à haute teneur en matière sèche (de 34 à 41 %) qui ont également une teneur élevée en amidon total (25 à 27 %)[121]. La production d'amidon de patate douce, qui représente seulement 9 % de la production mondiale d'amidon, est surtout développée en Asie de l'Est. La part de la Chine est estimée à 95 %[36]. On utilise cette fécule dans la fabrication de sirop d'amidon, de glucose et de sirop de glucose isomérisé, d'agents épaississants, mais aussi pour produire des boissons à base d'acide lactique, du pain et d'autres confiseries, ainsi que des spiritueux distillés, comme le shōchū au Japon. Les nouilles et les saccharides isomérisés utilisés comme édulcorants pour les boissons sans alcool sont également fabriqués à partir d'amidon de patate douce en Chine, au Japon et au Viêt Nam[120]. L'amidon de patates douces sert aussi à produire du bioéthanol, du glutamate de monosodium, de l'acide lactique et d'autres composés chimiques[121]. En Chine, de loin le plus gros producteur de patates douces du monde, environ 10 % de la production est transformée en fécule qui sert essentiellement à la fabrication de nouilles. Cette industrie, concentrée surtout dans les provinces de Sichuan et Shandong, est le fait de petites unités familiales ou villageoises, peu avancées sur le plan technologique. La production chinoise d'amidon de patates douces est estimée à plus de 2 millions de tonnes[122].

BoissonsModifier

 
Bouteille de Satsuma Shōchū, boisson japonaise obtenue par fermentation de tubercules de patates douces.

Des boissons non alcoolisées sont préparées à partir de patates douces, notamment aux Philippines et en Inde. Une boisson fruitée à base de patate douce contient en plus de la purée de patate douce, du sucre, de l'acide citrique et de l'acide ascorbique. Les patates douces à chair orange produisaient des boissons à la couleur et à l'arôme agréable. qui peut encore être amélioré en ajoutant de la pulpe de fruits tels que goyave, ananas, citron, etc. On prépare aussi ces boisons en mélangeant la pulpe de patate douce, à chair crème ou orange, cuite et écrasée, avec la pulpe de mangue mûre ou de jus de fruits (orange, citron, ananas, etc.)[123].

La commercialisation de boissons et de yaourts à la patate douce a commencé au Japon en 1997 et ces produits sont maintenant très populaires. La brasserie Koedo Kawagoe, située à Kawagoe au Japon, produit depuis 1996 de la bière à partir de patates douces locales rôties. Cette bière contient 7 % d'alcool et a un goût intermédiaire entre ceux de la bière et du vin, et légèrement sucré[120].

Au Japon, on produit également une liqueur distillée traditionnelle à base de patate douce (ou d'autres sources telles que le riz, l'orge, le sarrasin, etc.), le satsuma shōchū. Le processus consiste à préparer un bouillon de fermentation à base de riz blanc, avec un moût d'amorçage appelé koji (contenant des moisissures comme Aspergillus niger). Ce bouillon mélangé à la levure traditionnelle (Saccharomyces cerevisiae) subit une fermentation avant d'être mélangée avec la bouillie de patate douce cuite à la vapeur. Une incubation supplémentaire à 30°C pendant 10 jours donne un bouillon contenant 13 à 15 % d’alcool, qui est distillé pour obtenir la liqueur titrant de 20 à 40 % d'alcool[123].

ConserveModifier

 
Conserve de chaudrée au maïs et à la patate douce de Campbell (États-Unis).

La mise en conserve de patates douces est une pratique courante aux États-Unis car elle permet de prolonger la durée de stockage et d'assurer la disponibilité du produit toute l'année. La patate douce en conserve est également largement disponible dans des pays tels que l'Australie, Taïwan et les Pays-Bas[123]. Les variétés à chair jaune sont préférées pour cette utilisation. Les tubercules sont découpés en gros morceaux, conditionnés dans des pots, chauffés à 85 ° C et immédiatement scellés de façon hermétique.

 
Séchage en extérieur de patates douces coupées en lamelles (Chine).

AutresModifier

 
Chips de patates douces (Indonésie).

Chips : la patate douce peut être transformée en chips de la même manière que la pomme de terre.
Pâtisserie et confiserie : la patate douce peut être transformée en diverses douceurs, notamment des brioches, des gâteaux, des petits pains et des beignets soufflés, en utilisant une pâte à base de tubercules étuvés et râpés.[120]

Sparri : « sparri » est un néologisme (mot valise formé sur « garri » avec « sp » pour sweet potato). il s’agit d’une patate douce râpée qui est ensuite fermentée pendant 1 à 2 jours, puis rôtie, de la même manière que le garri est produit à partir du manioc. Ce produit est aussi savoureux que le garri de manioc et se conserve bien.

Du catsup (ou ketchup), condiment bien connu à base de tomates, peut être préparé en substituant jusqu'à 80 % de la tomate par de la patate douce, ingrédient moins coûteux dans certains pays tropicaux. Ce ketchup a été commercialisé notamment en Malaisie et en Indonésie. Cela nécessite cependant de choisir des variétés bien adaptées, en particulier riches en béta-carotène[124].

Colorants alimentaires : pigments violets de patate douce.

Plante ornementaleModifier

 
Patates douces utilisées en couvre-sol dans un parc public à Savannah (Géorgie).

Certaines variétés de patates douces sont sélectionnées pour leurs feuilles de formes et de couleurs particulières, qui peuvent être violet plus ou moins foncé, vert-jaune, panachées, tachetées, etc., et leurs fleurs qu'elles produisent en plus grande quantité que les variétés alimentaires. Elles sont utilisées en cultures ornementales en extérieur, dans des conteneurs ainsi que dans des bordures et plates-bandes où elles peuvent faire office d'excellents couvre-sol, souvent traitées comme annuelles sous climat tempéré car mourant aux moindre gel, ou comme vivaces en climat chaud (comme en Floride[125]). Les patates douces ornementales peuvent aussi se cultiver en plantes d'appartement[126]. Les tubercules qu'elles produisent et leurs feuilles, sont comestibles mais le tubercule est plus petit et produit en plus faible quantité que les variétés sélectionnées pour l'alimentation et parfois plutôt amer[126].

Variétés cultivéesModifier

Aux États-Unis, il existe six grands types de patates douces ornementales cultivées comme plantes ornementales annuelles d'extérieur[127] :

  • 'Blackie', au feuillage pourpre foncé, aux fleurs lavande et aux tubercules comestibles ;
  • 'Terrace Lime' et 'Margarita', à croissance très vigoureuse, connue également sous le nom de 'Sulfur', aux grandes feuilles vert chartreuse, brillantes, et aux fleurs lavande ;
  • ‘Black Heart’, connue également sous le nom d’'Ace of Spades’, aux feuilles cordiformes de couleur pourpre bordeaux ;
  • ‘Tricolor’, également connue sous le nom de 'Pink Frost ’, aux feuilles panachées , de couleur vert pâle, blanche et bordée de rose ;
  • 'Lady Fingers', aux feuilles vertes, délicates, divisées en lobes longs et minces ressemblant à des doigts, et aux tiges et nervures de couleur bordeaux.

ÉconomieModifier

ProductionModifier

 
Évolution de la production de 1961 à 2017.

La production mondiale de patate douce était de 120 à 145 millions de tonnes de 1990 à 2006 et est descendue au environ 100 millions de tonnes (Mt) par an depuis 2006, date à laquelle la Chine a réduit sa production de 20 %. Sur la période 2014-2016, la Chine reste le premier producteur avec plus de 71 Mt (source FAOSTAT) soit 68 % de la production mondiale estimée à 104 Mt. Le second et le troisième producteur sont africains, avec respectivement 3,7 % (Nigeria) et 3,4 % (Tanzanie) de la production mondiale. (cf tableau1 ci dessous); 50 % de l’offre mondiale est destinée à la consommation alimentaire humaine, 30 % à l’alimentation animale (une demande en forte hausse), le reste servant de semences et autres aspects culturaux[128]. La Chine a un rendement moyen de 21,5 t/ha, l’Indonésie de 16,0 t/ha, l'Inde de 11,0 t/ha, le Vietnam de 10,6 t/ha et les États-Unis de 23,0 t/ha tandis que la Tanzanie se situe à 4,8 t/ha, le Nigeria à 2,6 t/ha et la Tanzanie à 4,8 t/ha. (tableau 2).

Tableau 1 : Production par continents - année 2017[129]
Pays Production
(tonnes)
Surface cultivée
(ha)
Rendement
(q/ha)
Afrique 27 720 784 4 715 295 5,88
Amériques 4 506 829 348 093 12,95
Asie 79 600 417 3 973 206 20,03
Europe 85 652 3 461 24,75
Océanie 921 633 162 721 5,66
Monde 112 835 316 9 202 777 12,26
Tableau 2 : Production par pays - année 2017[129]
Pays Production
(tonnes)
Surface cultivée
(ha)
Rendement
(q/ha)
  Chine 71 796 500 3 362 871 21,35
  Malawi 5 472 013 271 449 20,16
  Tanzanie 4 244 370 800 057 5,31
  Nigeria 4 013 786 1 619 876 2,48
  Indonésie 2 023 000 113 000 17,90
  Éthiopie 2 008 293 246 503 8,15
  Angola 1 857 797 206 727 8,99
  Ouganda 1 656 981 391 974 4,23
  États-Unis 1 616 880 64 470 25,08
  Inde 1 460 000 128 000 11,41
  Viêt Nam 1 352 516 121 634 11,12
  Madagascar 1 140 947 139 646 8,17
  Rwanda 1 078 973 184 609 5,84
  Mali 1 020 878 59 172 17,25
Monde 112 835 316 9 202 777 12,26

ÉchangesModifier

Le commerce international de patates douces est très limité, la production étant essentiellement destinée à la consommation locale. Les exportations ne portant que sur 0,6 % de la production mondiale. Les États-Unis, avec près de 300 000 tonnes, sont le principal pays exportateur. Les importations se dirigent principalement, pour environ 425 000 tonnes (soit 70 % du total), vers l'Europe, d'abord vers le Royaume-Uni et vers les Pays-Bas. Ces derniers, pays de transit portuaire, en réexportent environ les 2/3 vers le reste de l'Europe[130].


Tableau 4 : Principaux pays exportateurs
année 2017[129]
Pays tonnes valeur
(1000 $ US)
  États-Unis 292 350 183 999
  Pays-Bas 71 160 92 786
  Chine 44 230 55 606
  Viêt Nam 42 953 85 699
  Espagne 37 788 32 303
  Canada 30 291 16 893
  Mali 25 532 1 090
  Honduras 14 816 10 125
  Royaume-Uni 14 583 14 980
  Égypte 13 593 16 838
  Belgique 11 262 8 547
  Laos 10 868 4 494
  Indonésie 10 588 10 285
Monde 688 458 596 598
Tableau 3 : Principaux pays importateurs
année 2017[129]
Pays tonnes valeur
(1000 $ US)
  Royaume-Uni 156 825 106 519
  Pays-Bas 110 245 87 444
  Canada 66 226 46 504
  France 47 339 39 933
  Belgique 33 995 25 981
  Allemagne 32 152 42 324
  Thaïlande 18 796 14 090
  Japon 18 411 22 599
  États-Unis 12 171 15 067
  Malaisie 11 500 7 605
  Arabie saoudite 10 167 4 694
  Singapour 9 257 10 071
  Irlande 7 451 6 062
Monde 617 338 510 401

Pour ce qui concerne la France métropolitaine, les importations nettes (import - réexportation) sont en croissance rapide. Avec plus de 40 000 tonnes en 2017, elles ont augmenté de +344 % depuis 2011. La France est en 2017 le 2e importateur net européen derrière le Royaume-Uni (142 200 t) mais devant les Pays-Bas (39 100 t), l’Allemagne (29 100 t) et la Belgique (22 700 t)[129]. Au niveau européen (UE28) les importations nettes atteignaient 27 100 t en 2017. Quatre pays de l'Union européenne produisent des patates douces (dans l'ordre : Espagne, Portugal, Italie, Grèce) pour un total de 85 652 t en 2017. La production des Dom/Tom est d'environ 2500 t, principalement à la Guadeloupe et à la Réunion[129].

ProductivitéModifier

La patate douce est une culture très productive, dont le rendement en matière sèche est supérieur à celui des principales cultures de céréales et tubercules alimentaires.

Tableau 3 : Productivité comparée avec d'autres cultures - 2000[131]
Culture Matière sèche
(kg /ha /j)
Apport énergétique
(10³ kcal /ha /j)
Patate douce 22 70
Pomme de terre 18 54
Igname 14 47
Manioc 13 27
Riz 18 49
Blé 14 40

ConsommationModifier

La consommation moyenne de patates douces dans le monde est estimée en 2013 à 8,5 kg par habitant et par an, avec des valeurs contrastées selon les continents : 14,6 kg en Afrique, 23,3 kg dans les Caraïbes, 9,3 kg en Asie, 5,3 kg en Océanie, 2,7 kg en Amérique du Nord, 2,3 kg en Amérique du Sud, et seulement 0,07 kg en Europe. Elle est la plus élevée dans les régions où la patate douce est un aliment de base, par exemple en Papouasie-Nouvelle-Guinée (550 kg par personne et par an), dans les Îles Salomon (160 kg), au Burundi et au Rwanda (130 kg) et en Ouganda (85 kg). Aux États-Unis, la consommation de patates douces a augmenté d'environ 80 % entre 2000 et 2014, passant de 1,9 kg à 3,4 kg par habitant . Cela s'explique notamment par le développement de la production de frites surgelées de patates douces[132],[121].

La consommation de patates douces devrait globalement augmenter dans les années à venir, mais la consommation des tubercules frais devrait continuer à baisser dans les pays en développement, notamment en Chine. En effet, à mesure que les revenus par habitant augmentent, la demande se porte plutôt vers les céréales et la pomme de terre (celle-ci a tendance à coûter cher et est parfois un légume de luxe dans les pays en développement alors qu'elle est généralement considérée comme un féculent de base bon marché dans les pays développés). En revanche, l'utilisation de la patate douce comme aliment du bétail, soutenue par la croissance de la demande en viande, devrait augmenter, comme c'est le cas déjà en Chine[133],[134].

SymboliqueModifier

 
Monument à la patate douce dans les jardins botaniques de Koishikawa, en hommage au botaniste Aoki Konyō (1698-1769) qui introduisit cette plante au Japon.

Aux États-Unis, la patate douce a été choisie comme « légume officiel de l'État » (State vegetable) d'une part en Caroline du Nord, premier État américain producteur de patates douces, en 1995[135] et d'autre part en Louisiane depuis 2003[136].

Notes et référencesModifier

  1. Grand Dictionnaire Terminologique
  2. (en) Janice R. Bohac, Daniel F. Austin, Alfred Jones, « Discovery of wild tetraploid sweetpotatoes », Economic Botany, vol. 47, no 2,‎ , p. 193–201 (ISSN 0013-0001, DOI 10.1007/BF02862022, lire en ligne).
  3. a et b (en) «  Consensus Document on Compositional Considerations for New Varieties of Sweet Potato [Ipomoea batatas (L.) Lam.]: Key Food and Feed Nutrients, Anti-nutrients, Toxicants and Allergens », sur OECD Environment, Health and Safety Publications Series on the Safety of Novel Foods and Feeds, OECD, (consulté le 9 octobre 2019).
  4. (en) Serge Trèche, « Tropical root and tuber crops as human staple food », IRD, (consulté le 9 octobre 2019).
  5. (en) James Lang, Hubert G. Zandstra, Hubert G. Zandstra, Notes of a Potato Watcher - numéro 4 de Texas A & M University agriculture series, Centre international de la pomme de terre (CIP), , 365 p. (ISBN 9781585441389).
  6. (en) Michael Schoonover, « The Okinawan Sweet Potato and Sugar Cane Save Ryukyu », sur A blog about Okinawan history, culture and people, (consulté le 7 octobre 2019).
  7. a et b (en) Jennifer A. Woolfe, Sweet Potato: An Untapped Food Resource, Cambridge University Press, , 643 p. (ISBN 9780521402958), p. 15-18.
  8. a et b Michel Chauvet, Encyclopédie des plantes alimentaires, Belin, , 878 p. (ISBN 978-2-7011-5971-3), « Convolvulacées »
  9. (en) Tim Denham, « Ancient and historic dispersals of sweet potato in Oceania », Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), vol. 110, no 6,‎ (DOI 10.1073/pnas.1221569110, lire en ligne).
  10. (en) D.P. Zhang, M. Ghislain, Z. Huamán, J.C. Cervantes & E.E. Carey, « AFLP Assessment of Sweetpotato Genetic Diversity in Four Tropical American Regions », sur www.sweetpotatoknowledge.org, Centre international de la pomme de terre (CIP), (consulté le 10 octobre 2019).
  11. (en) Caroline Roullier, Laure Benoit, Doyle B. McKey et Vincent Lebot, « Historical collections reveal patterns of diffusion of sweet potato in Oceania obscured by modern plant movements and recombination », Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), vol. 110, no 6,‎ , p. 2205-2210 (DOI 10.1073/pnas.1211049110, lire en ligne).
  12. « kamote », sur Dictionnaire Tagalog - Français - Glosbe (consulté le 10 octobre 2019).
  13. Leprevost, Rob. (15..?-15..?). Auteur du texte, « La reprinse de la Floride par le capitaine Courgue [1567]. [Manuscrit] / [signé : Rob. Leprevost] », sur Gallica, 15.. (consulté le 13 novembre 2019).
  14. a et b « PATATE : Définition de PATATE », sur cnrtl.fr (consulté le 13 novembre 2019).
  15. Taïnos#Vocables de la langue française provenant de la langue taino
  16. (es) « Lengua Arawak », sur pueblosoriginarios.com (consulté le 10 novembre 2019).
  17. (es) RAE, « patata Diccionario de la lengua española », sur Diccionario de la lengua española - Edición del Tricentenario, Real Academia Española (consulté le 13 novembre 2019).
  18. Umberto Quattrocchi, CRC World Dictionary of Medicinal and Poisonous Plants: Common Names, Scientific Names, Eponyms, Synonyms, and Etymology (5 Volume Set), CRC Press, , 3960 p. (ISBN 9781420080445), p. 2082.
  19. a b c d e f g h i j k l et m (en) Huaman, Zósimo (éd.), « Sweetpotato Germplasm Management (Ipomoea batatas) - Training manual  », sur www.sweetpotatoknowledge.org, Centre international de la pomme de terre (CIP), (consulté le 29 septembre 2019).
  20. a et b (en) « Ipomoea Atlas », sur Ipomoea Genome Hub, (consulté le 29 septembre 2019).
  21. (en) Barbara Sawicka, Jacek Słupski, T. Cybulak, Katarzyna Paradowska & Barbara Krochmal-Marczak, « Nutrition value of the sweet potato (Ipomoea batatas (L.) Lam) cultivated in south-eastern Polish conditions », International Journal of Agricultural Research, vol. 4,‎ , p. 169-178 (lire en ligne).
  22. (en) Zhangjun Fei, Boyce Thompson, « Sweet potato reference genome sequencing », sur www.sweetpotatoknowledge.org, Institute for Plant Research, Cornell University (consulté le 29 septembre 2019).
  23. (en) J. Y. Feng, M. Li, S. Zhao, C. Zhang, S. T. Yang, S. Qiao, W. F. Tan, H. J. Qu, D. Y. Wang, Z. G. Pu, « Analysis of evolution and genetic diversity of sweetpotato and its related different polyploidy wild species I. trifida using RAD-seq », BMC Plant Biology, vol. 18, no 181,‎ (PMID 30185158, DOI 10.1186/s12870-018-1399-x, lire en ligne).
  24. (en) Tina Kyndt, Dora Quispe, Hong Zhai et Robert Jarret, « The genome of cultivated sweet potato contains Agrobacterium T-DNAs with expressed genes: An example of a naturally transgenic food crop », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 112, no 18,‎ , p. 5844–5849 (ISSN 0027-8424 et 1091-6490, PMID 25902487, DOI 10.1073/pnas.1419685112, lire en ligne, consulté le 7 décembre 2017)
  25. « Les OGM c’est naturel : la Patate douce et le cas des Orobanches », Quelques cailloux de ma ruette...,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2017)
  26. (en) « global strategy for ex-situ conservation of sweetpotato genetic resources », sur cdn.croptrust.org, Crop Trust, (consulté le 27 novembre 2019).
  27. (en) M.N. Normah, H.F. Chin, Barbara M. Reed, Conservation of Tropical Plant Species, Springer Science & Business Media, , 538 p. (ISBN 9781461437765), p. 262-263.
  28. a et b (en) Geert Claessens, « Regeneration guidelines for sweet potato », sur Crop Genebank Knowledge Base, Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR). (consulté le 17 novembre 2019).
  29. a et b (en) Sachiko Isobe, Kenta Shirasawa, Hideki Hirakawa, « Current status in whole genome sequencing and analysis of Ipomoea spp. », Plant Cell Reports, vol. 38,‎ , p. 1365-1371 (lire en ligne [PDF]).
  30. (en) « Sweetpotato Genomics Resource », sur sweetpotato.plantbiology.msu.edu (consulté le 1er décembre 2019).
  31. (en) « Welcome to Ipomoea Genome Hub », sur ipomoea-genome.org (consulté le 1er décembre 2019).
  32. (en) « NGS sequencing core facility, MPI Molecular Genetics, Berlin », sur public-genomes-ngs.molgen.mpg.de (consulté le 1er décembre 2019).
  33. (en) « Sweetpotato GARDEN - Sweetpotato Genome And Resource Database ENtry », sur sweetpotato-garden.kazusa.or.jp (consulté le 1er décembre 2019).
  34. Adabe, K.E., Maïga, A. et Diendere, J., Production et transformation de la patate douce, Yaoundé, Ingénieurs Sans Frontières Cameroun, , 48 p. (ISBN 978-92-9081-658-4, lire en ligne)
  35. a et b (en) R.J. Hijmans, L. Huaccho1 & D.P. Zhang, « Global Distribution of Sweetpotato », sur cipotato.org, CIP, 1999-2000 (consulté le 6 octobre 2019).
  36. a et b (en) « Sweet Potato Starch Production », sur www.starch.dk, International Starch Institute, Science Park Aarhus, Denmark., 1999-2006 (consulté le 16 novembre 2019).
  37. Désiré Bois, Les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges - Histoire, utilisation, culture - Phanérogames légumières, Paul Lechevalier, (réimpr. 1995, COMEDIT), 593 p., p. 316-324.
  38. « Ipomoea batatas », sur Tropicos.org. Missouri Botanical Garden (consulté le 24 septembre 2019).
  39. a et b (en) J.E. Bradshaw, Root and Tuber Crops - volume 7 de Handbook of Plant Breeding, Springer Science & Business Media, , 298 p. (ISBN 9780387927657), p. 101.
  40. The Plant List, consulté le 26 septembre 2019
  41. Kew Garden « World Checklist », consulté le 26 septembre 2019
  42. (en) Paloma Albalá, « Hispanic Words of Indoamerican Origin in the Philippines », Philippine Studies, vol. 51, no 1,‎ , p. 125-146 (lire en ligne).
  43. (es) Valentin Anders, « Pequeña explicación sobre la palabra BONIATO », sur Etimologías de Chile - Diccionario que explica el origen de las palabras (consulté le 29 septembre 2019).
  44. (es) « boniato », sur Diccionario panhispánico de dudas, Real Academia Española, (consulté le 29 septembre 2019).
  45. (en) « Sweet potato », sur Slater Community Gardens (consulté le 29 septembre 2019).
  46. (en) Andrew Crowe, Pathway of the Birds: The Voyaging Achievements of Māori and their Polynesian Ancestors, Auckland, New Zealand, Bateman, (ISBN 9781869539610).
  47. (en) Michael Field, « Kumara origin points to pan-Pacific voyage », sur stuff.co.nz, .
  48. (en) D. E. Yen, « The New Zealand Kumara or Sweet Potato », Economic Botany, vol. 17,‎ , p. 31–45 (DOI 10.1007/bf02985351).
  49. (en) « Types of kumara grown in New Zealand », Kaipara Kumara, .
  50. a et b Désiré Bois, Les légumes (réimpression des Phanérogames légumières - Les plantes alimentaires chez tous les peuples et à travers les âges 1927), Comedit, , 593 p., p. 316-324.
  51. (en) Jerald Fritzinger, Pre-Columbian Trans-Oceanic Contact, Lulu.com, , 318 p. (ISBN 9781329972162 et 1329972163, lire en ligne), p.3.
  52. a b c d e f g et h P. Vernier & D. Varin, « La culture de la patate douce », Agriculture et développement, Cirad, no 3,‎ (lire en ligne).
  53. (pt) Associação dos Jovens Agricultores de Portugal, « A Cultura da Batata-Doce », sur Manual Boas Práticas para Culturas Emergentes, (consulté le 15 novembre 2019).
  54. a et b (en) Louise Brodie, « Sweet Potato - Vegetable Farming in South Africa », sur southafrica.co.za, (consulté le 14 octobre 2019).
  55. (en) Elyana Cuevas Montilla, Silke Hillebrand, Peter Winterhalter, « Anthocyanins in Purple Sweet Potato (Ipomoea batatas L.) Varieties  », Fruit, Vegetable and Cereal Science and Biotechnology, vol. 5, no 2 (numéro special),‎ , p. 19-24 (lire en ligne).
  56. a b et c (en) V. Gaba & Sima Singer, « Propagation of Sweetpotatoes, In Situ Germplasm Conservation and Conservation by Tissue Culture », dans Gad Loebenstein, George Thottappilly, The Sweetpotato, Springer Science & Business Media, coll. « Biomedical and Life Sciences », , 522 p. (ISBN 9781402094750), p. 63-80.
  57. "Amélioration des plantes: Application aux principales espèces cultivées en régions tropicales." - Julien Demol - p. 349 - Presses Agronomiques de Gembloux, 2002 - 581pages
  58. Vidéo de bouturage amateur et vidéo de production professionnelle en Louisiane.
  59. (en) Robert Mwanga, Maria Andrade, Edward Carey, Jan Low, Craig Yencho, & W. Grüneberg, « Sweetpotato (Ipomoea Batatas L.) », sur ResearchGate, (DOI 10.1007/978-3-319-59819-2_6, consulté le 9 octobre 2019).
  60. (en) K.A. Sorensen, « Sweetpotato Insects: Identification, Biology and Management », dans Gad Loebenstein, George Thottappilly, The Sweetpotato, Springer Science & Business Media, coll. « Biomedical and Life Sciences », , 522 p. (ISBN 9781402094750), p. 159-188.
  61. (en) C.A. Clark, G.J. Holmes & D.M. Ferrin, « Major Fungal and Bacterial Diseases », dans Gad Loebenstein, George Thottappilly, The Sweetpotato, Springer Science & Business Media, coll. « Biomedical and Life Sciences », , 522 p. (ISBN 9781402094750), p. 80-103.
  62. (en) GadLoebenstein, « Control of Sweet Potato Virus Diseases », sur www.sciencedirect.com (consulté le 23 novembre 2019).
  63. (en) C. Overstreet, « Nematodes », dans Gad Loebenstein, George Thottappilly, The Sweetpotato, Springer Science & Business Media, coll. « Biomedical and Life Sciences », , 522 p. (ISBN 9781402094750), p. 134-159.
  64. (en) Eli Gaveh, « Quality and Shelf-life of Sweet Potato as Influenced by Storage and Postharvest Treatments », sur ResearchGate (DOI 10.3923/thr.2017.1.10, consulté le 24 novembre 2019).
  65. (en) Hall AJ & Devereau D., « Low-cost storage of fresh sweet potatoes in Uganda: Lessons from participatory and on-station approaches to technology choice and adaptive testing », Outlook on Agriculture, vol. 29, no 4,‎ , p. 275-282 (DOI 10.5367/000000000101293347, lire en ligne)
  66. (en) « Batata doce de Aljezur PGI », sur Qualigeo Project, fqualivita (consulté le 12 novembre 2019).
  67. (en) « Aljezur Sweet Potato Festival », sur My Guide Algarve (consulté le 12 novembre 2019).
  68. (en) « Product Summary (Registration No.64 ヤマダイかんしょ », sur www.maff.go.jp (consulté le 12 novembre 2019).
  69. (en) « Cilembu Sweet Potato  », sur Arca del Gusto - Slow Food Foundation (consulté le 12 novembre 2019).
  70. (en) « Cilembu Sweet Potatoes », sur www.specialtyproduce.com (consulté le 12 novembre 2019).
  71. (en) « Guaranteed Louisiana Origin Sweet Potatoes Yams - Trademark of Louisiana State Market Commission », sur trademarks.justia.com (consulté le 26 novembre 2019).
  72. a b et c (en) « I-GI : oriGIn Worldwide GI Compilation  », sur www.origin-gi.com (consulté le 26 novembre 2019).
  73. (en) « Further information on George Washington Carver's Research: The Peanut and the Sweet Potato », sur digitalcollections.lib.iastate.edu, University Library Digital Collections - Iowa State University (consulté le 17 octobre 2019).
  74. (en) « Sweet potato, raw, unprepared (Includes foods for USDA's Food Distribution Program) », sur FoodData Central fdc.nal.usda.gov, USDA - Agricultural Research Service (ARS), (consulté le 22 octobre 2019).
  75. (en) Nozipho M. Motsa, Albert T. Modi, Tafadzwanashe Mabhaudhi, « Sweet potato (Ipomoea batatas L.) as a drought tolerant and food security crop », South African Journal of Science, vol. 111, nos 11/12,‎ , p. 2014-0252 http://dx.doi.org/10.17159/sajs.2015/20140252 (lire en ligne).
  76. (en) Bettina Gramlich-Oka, Gregory J. Smits, Economic Thought in Early Modern Japan - Monies, Markets, and Finance in East Asia, 1600-1900, BRILL, , 320 p. (ISBN 9789004190207), p. 118.
  77. (en) Robert O. M. Mwanga, Maria I. Andrade, Edward E. Carey, Jan W. Low, G. Craig Yencho, Wolfgang J. Grüneberg, « Sweetpotato (Ipomoea Batatas L.) », dans Hugo Campos, Peter D.S. Caligari, Genetic Improvement of Tropical Crops, , 320 p. (DOI 10.1007/978-3-319-59819-2_6, lire en ligne), p. 181-218.
  78. (en) « World Food Prize 2016 », sur VOA, viewfromwashingtonfans (consulté le 11 novembre 2019).
  79. (en) « Disseminating orange-fleshed sweet potato - Findings from a HarvestPlus Project in Mozambique and Uganda », sur www.harvestplus.org, (consulté le 18 novembre 2019).
  80. (en) « Sweet Potato to Fight Vitamin A Deficiency and Reduce Malnutrition », sur afsafrica.org, Oakland Institute & Alliance for Food Sovereignty in Africa (AFSA (consulté le 11 novembre 2019).
  81. Regina Kapinga, Peter T. Ewell, Vital Hagenimana, Wanda Collins, Dapeng Zhang & B. Lemaga, « Promotion of orange-fleshed sweetpotato to enhance dietary Vitamin A intake: Lessons and Strategies in Eastern and Southern Africa », sur www.sweetpotatoknowledge.org, (consulté le 11 novembre 2019).
  82. a b c d et e (en) Remya Mohanraj & Subha Sivasankar, « Sweet Potato (Ipomoea batatas [L.] Lam) - A Valuable Medicinal Food: A Review », Journal of medicinal food, vol. 17,‎ (DOI 10.1089/jmf.2013.2818, lire en ligne).
  83. (en) Jennifer A. Woolfe, International Potato Center, Sweet Potato: An Untapped Food Resource, Cambridge University Press, , 643 p. (ISBN 9780521402958), p. 42.
  84. (en) G. Padmaja, Jaffer T. Sheriff, Moothandassery S. Sajeev, « Food Uses and Nutritional Benefits of Sweet Potato », sur www.globalsciencebooks.info, (consulté le 15 octobre 2019).
  85. « La patate douce - Fiche légume, valeurs nutritionnelles, bien-être », sur Fondation Louis Bonduelle (consulté le 16 avril 2018)
  86. a et b (en) « Roots, tubers, plantains and bananas in human nutrition - Toxic substances and antinutritional factors », sur www.fao.org, Food & Agriculture Organization of the United Nations (FAO), (consulté le 20 octobre 2019).
  87. (en) Ikuzo Uritani, « Induction of Furano-terpene Production and Formation of the Enzyme System from Mevalonate to Isopentenyl Pyrophosphate in Sweet Potato Root Tissue Injured by Ceratocystis fimbriata and by Toxic Chemicals », sur ResearchGate (DOI 10.1104/pp.58.1.51, consulté le 20 octobre 2019).
  88. (en) Kasaye Jiru et Kelbessa Urga, « Forms and contents of oxalate and calcium in some vegetables in Ethiopia » (consulté le 16 novembre 2019).
  89. a et b (en) Monika & Parle Milind, « Sweetpotato as à Super Food », International Journal of Research in Ayurveda and Pharmacy, vol. 6, no 4,‎ (lire en ligne).
  90. (en) B. J. Willcox, D. C. Willcox, H. Todoriki et A. Fujiyoshi, « Caloric Restriction, the Traditional Okinawan Diet, and Healthy Aging: The Diet of the World's Longest-Lived People and Its Potential Impact on Morbidity and Life Span », Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1114, no 1,‎ , p. 434–455 (ISSN 0077-8923, DOI 10.1196/annals.1396.037, lire en ligne, consulté le 17 novembre 2018)
  91. (en) Michael Booth, « The Okinawa diet – could it help you live to 100? », sur the Guardian, (consulté le 17 novembre 2018)
  92. (en) « A Recipe For Longevity? Beans, Friends, Purpose And Movement », sur hereandnow.wbur.org (consulté le 17 novembre 2018)
  93. (es) Marta Vicente, « Cómo hacer dulce de batata - Fácil », sur uncomo.com, (consulté le 22 octobre 2019).
  94. (pt) Dias Lopes, « Marrom-glacê de batata-doce », sur Estadão, (consulté le 24 novembre 2019).
  95. (en) S. Fuentes & E. Chujoy, « Sweetpotato in South America », dans Gad Loebenstein, George Thottappilly, The Sweetpotato, Springer Science & Business Media, coll. « Biomedical and Life Sciences », , 522 p. (ISBN 9781402094750), p. 414-440.
  96. (en) Lynne Oliver, « Sweet Potato Pie », sur Food Timeline, .
  97. (en) uhmccadmin, « Sweet Potato Haupia Pie – University of Hawai‘i at Mānoa Children's Center », sur University of Hawaii System, .
  98. (es) « Pasteles de boniato  », sur Gastronomía y Enoturismo de la Comunitat Valenciana (consulté le 24 novembre 2019).
  99. (en) M.O. Oke & T.S. Workneh, « A review on sweet potato postharvest processing and preservation technology », International Journal of Agricultural Research and Reviews, vol. l [numéro= 1,‎ , p. 1-14 (lire en ligne).
  100. « Directive 2001/113/CE du Conseil du 20 décembre 2001 relative aux confitures, gelées et marmelades de fruits, ainsi qu'à la crème de marrons, destinées à l'alimentation humaine », Journal officiel des Communautés européennes, no L 10,‎ , p. 67-69 (lire en ligne).
  101. « Confitures, gelées, marmelades de fruits et autres produits similaires », sur www.economie.gouv.fr - Fiches pratiques, DGCCRF, (consulté le 24 novembre 2019).
  102. « Crème d'Ipomée - Confiture de Patate Douce », sur www.bahadourian.com (consulté le 24 novembre 2019).
  103. Jin YR, Lee MS, et al. Intake of vitamin A-rich foods and lung cancer risk in Taiwan: with special reference to garland chrysanthemum and sweet potato leaf consumption. Asia Pacific Journal of Clinical Nutrition 2007;16:477-88.
  104. Les feuilles de patates douces pourraient prévenir le cancer du poumon
  105. Les bienfaits de la patate douce
  106. (en) G.J. Scott, « Sweet potatoes as animal feed in developing countries: present patterns and future prospects », Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), (consulté le 14 octobre 2019).
  107. a et b (en) D. Peters, « Use of sweet potato in pig production in Asia: agricultural and socio-economic aspects », animalscience.com Reviews No. 4 : Pig News and Information, CAB International, vol. 25, no 1,‎ , p. 25N-34N (lire en ligne).
  108. (en) Vo Lam, « Agricultural potential of sweet potato (Ipomoea batatas, L. (Lam)) for forage production », Livestock Research for Rural Development, vol. 28, no 6,‎ (lire en ligne).
  109. (en) Parle et Monika Milind, « Sweetpotato as a super-food », International Journal of Research in Ayurveda and Pharmacy, vol. 6, no 4,‎ (lire en ligne).
  110. (en) Taiwo Betty Ayeleso, Khosi Ramachela & Emmanuel Mukwevho, « A review of therapeutic potentials of sweet potato: Pharmacological activities and influence of the cultivar », Tropical Journal of Pharmaceutical Research, vol. 15, no 12,‎ , p. 2751-2761 (ISSN 1596-5996, lire en ligne).
  111. (en) I. Suda, F. Ishikawa, M. Hatakeyama, M. Miyawaki, T. Kudo, K. Hirano, A. Ito, O. Yamakawa & S. Horiuchi, « Intake of purple sweet potato beverage affects on serum hepatic biomarker levels of healthy adult men with borderline hepatitis », European Journal of Clinical Nutrition, vol. 62,‎ , p. 60-67 (DOI 10.1038/sj.ejcn.1602674, lire en ligne).
  112. (en) Soyoung Lim, Jianteng Xu, Jaeyong Kim, Tzu-Yu Chen, Xiaoyu Su, Joseph Standard, Edward Carey, Jason Griffin, Betty Herndon, Benjamin Katz, John Tomich, Weiqun Wang, « Role of Anthocyanin-enriched Purple-fleshed Sweet Potato P40 in Colorectal Cancer Prevention », Molecular Nutrition and Food Research, vol. 57, no 11,‎ , p. 1908-1917 (DOI 10.1002/mnfr.201300040, lire en ligne).
  113. (en) Miyazaki K., Makino K., Iwadate E., Deguchi Y., Ishikawa F.., « Anthocyanins from Purple Sweet Potato Ipomoea batatas Cultivar Ayamurasaki Suppress the Development of Atherosclerotic Lesions and Both Enhancements of Oxidative Stress and Soluble Vascular Cell Adhesion Molecule-1 in Apolipoprotein E-Deficient Mice », Journal of Agricultural and Food Chemistry, vol. 56, no 23,‎ , p. 11485-11492 (DOI 10.1021/jf801876n, lire en ligne).
  114. (en) Choi J.H., Choi C.Y., Lee K.J., Hwang Y.P., Chung Y.C., Jeong H.G., « Hepatoprotective effects of an anthocyanin fraction from purple-fleshed sweet potato against acetaminophen-induced liver damage in mice », Journal of Medicinal Food, vol. 12, no (2,‎ , p. 320-326 (DOI =10.1089/jmf.2007.0691, lire en ligne).
  115. (en) Daniel J. DeNoon, « Sweet Potato Extract May Treat Diabetes - Japanese Folk Remedy Shows Promise in Clinical Trial », sur WebMD, WebMD, (consulté le 20 octobre 2019).
  116. (en) Oki N., Nonaka S., Ozaki S., « The effects of an arabinogalactan-protein from the white-skinned sweet potato (Ipomoea batatas L.) on blood glucose in spontaneous diabetic mice », sur www.ncbi.nlm.nih.gov, (consulté le 20 octobre 2019).
  117. (en) Melissa Johnson et Ralphenia D Pace, « Sweet potato leaves: properties and synergistic interactions that promote health and prevent disease », Nutrition Reviews, vol. 68,‎ , p. 604–615 (DOI doi:10.1111/j.1753-4887.2010.00320.x, lire en ligne).
  118. (en) Jin Y.R., Lee M.S., Lee J.H., Hsu H.K., Lu J.Y., Chao S.S., Chen K.T., Liou S.H., Ger L.P., « Intake of vitamin A-rich foods and lung cancer risk in Taiwan: with special reference to garland chrysanthemum and sweet potato leaf consumption », Asia Pacific Journal of Clinical Nutrition, vol. 16, no 3,‎ , p. 477-488 (PMID 17704030, lire en ligne).
  119. (en) Truong V.D., McFeeters R.F., Thompson R.T., Dean L.L., Shofran B., « Phenolic acid content and composition in leaves and roots of common commercial sweetpotato (Ipomea batatas L.) cultivars in the United States », Journal of Food Science, vol. 72, no 6,‎ , C343-9 (PMID 17995676, DOI 10.1111/j.1750-3841.2007.00415.x, lire en ligne).
  120. a b c d et e (en) S. O. Odebode, N. Egeonu & M. O. Akoroda, « Promotion of sweetpotato for the food industry in Nigeria », Bulgarian Journal of Agricultural Science, vol. 14,‎ , p. 300-308 (lire en ligne).
  121. a b c et d (en) V. D. Truong, R. Y. Avula, K. V. Pecota, and G. C. Yencho, « Sweetpotato Production, Processing, and Nutritional Quality », sur www.ars.usda.gov, (consulté le 21 novembre 2019).
  122. (en) Christopher C. Wheatley & Song Bofu1, « Sweetpotato starch in China: current status and future prospects », Centre international de la pomme de terre (CIP) (consulté le 15 novembre 2019).
  123. a b et c (en) G. Padmaja, « Uses and Nutritional Data of Sweet potato », dans Gad Loebenstein, George Thottappilly, The Sweetpotato, Springer Science & Business Media, coll. « Biomedical and Life Sciences », , 522 p. (ISBN 9781402094750), p. 188-234.
  124. (en) Jennifer A. Woolfe, International Potato Center, Sweet Potato: An Untapped Food Resource, Cambridge University Press, , 643 p. (ISBN 9780521402958), p. 344.
  125. (en) « Gardening Solutions - Ornamental Sweet Potato », sur gardeningsolutions.ifas.ufl.edu, University of Florida, Institute of Food and Agricultural Sciences (consulté le 11 novembre 2019).
  126. a et b (en) Kathee Mierzejewski, « Ornamental Sweet Potatoes: How To Grow An Ornamental Sweet Potato Plant », sur Gardening Know How (consulté le 11 novembre 2019).
  127. (en) « Ornamental sweetpotato plant named ‘Sweet Caroline Light Green’ », sur patents.google.com (consulté le 11 novembre 2019).
  128. http://www.unctad.info/fr/Infocomm/Produits-AAACP/FICHE-PRODUITS---Patates-douces/
  129. a b c d e et f (en) « Données FAOSTAT », FAOSTAT (FAO (consulté le 7 octobre 2019).
  130. (en) « Global trade of sweet potato 1% of production », sur Fresh Plaza, (consulté le 16 octobre 2019).
  131. Chancelle Betty Ndangui, « Production et caractérisation de farine de patate douce (Ipomoea batatas Lam) : optimisation de la technologie de panification », sur hal.univ-lorraine.fr, Médecine humaine et pathologie.Université de Lorraine, (consulté le 9 octobre 2019).
  132. (en) « FAOSTAT », sur www.fao.org (consulté le 21 novembre 2019).
  133. (en) Gregory J. Scott, Mark W. Rosegrant, Claudia Ringler, « Roots and Tubers for the 21st Century, Trends, Projections, and Policy Options », International Food Policy Research Institute (Washington, D.C.), Centre international de la pomme de terres (Lima), .
  134. (en) « World Agriculture: Towards 2015/2030 - An FAO perspective - 3.5 Roots, tubers and plantains », sur www.fao.org, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), (consulté le 28 novembre 2019).
  135. (en) « North Carolina State Vegetable, Sweet Potato (Family Convolvulaceae) », sur www.netstate.com, (consulté le 17 octobre 2019).
  136. (en) « Louisiana State Vegetable, Sweet Potato, Family Convolvulaceae », sur www.netstate.com (consulté le 17 octobre 2019).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Gad Loebenstein, George Thottappilly, The Sweetpotato, Springer Science & Business Media, coll. « Biomedical and Life Sciences », , 522 p. (ISBN 9781402094750)
  • (en) C. Owori, Berga Lemaga, R.O.M. Mwanga, A. Namutebi et R. Kapinga, Sweetpotato Recipe Book : Sweetpotato Processed Products from Eastern and central Africa, Kampala (Ouganda), ASARECA / PRAPACE / CIP / NARO, , 93 p. (lire en ligne).
  • Lucien Degras, La patate douce, Maisonneuve & Larose, coll. « Le technicien d'agriculture tropicale », , 166 p. (ISBN 978-2706812866)
  • (en) Jennifer A. Woolfe, International Potato Center, Sweet Potato: An Untapped Food Resource, Cambridge University Press, , 643 p. (ISBN 9780521402958).

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Références taxinomiquesModifier

AutresModifier

  • Jean-François Baré, « L’énigme de la patate douce. Scénarios historiographiques dans le Pacifique », Journal de la Société des Océanistes, vol. 133 - Trentenaire de la république du Vanuatu,‎ 2e semestre 2011, p. 415-422 (lire en ligne).