Arawaks
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Femme arawak, par Jean-Gabriel Stedman (gravure colorée datée de 1818)

Populations significatives par région
Autres
Religions Animisme
Ethnies liées Caraïbes
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Carte de répartition

Les Arawaks (en espagnol : Arahuacos, Aroüagues dans les écrits français du XVIIe siècle) sont des Amérindiens des Antilles issus de la forêt amazonienne, proches de la culture saladoïde[1]. Le nom d'Arawaks qu'on leur a donné ne désigne pas un peuple en particulier, mais une famille linguistique à laquelle se rattachent de nombreuses populations amérindiennes d'Amazonie, dont les populations Kali'na ou Caraïbes.

DénominationsModifier

Les Arawaks comprennent les ethnies suivantes[2] :

  • les Ashanincas que l’on trouve au Pérou du rio Éné au sommet de la cordillère de Villablanca ;
  • les Yanomamis du Brésil au corps peint de terre ocre et de cendre ;
  • les Jivaros d’Équateur, réputés pour réduire la tête de leurs ennemis.

HistoireModifier

Populations et culturesModifier

 
Roche gravée, art Arawak, Guadeloupe

À la fin du XVe siècle, les Arawaks étaient dispersés en Amazonie, sur toutes les Grandes Antilles, aux Bahamas, en Floride et sur les contreforts des Andes.

Les plus connues des peuplades arawaks sont les Taïnos, qui vivaient principalement sur l'île d'Hispaniola, à Porto Rico et dans la partie orientale de Cuba. Ceux qui peuplaient les Bahamas s'appelaient les Lucayens.

Il s'agit de populations néolithiques pratiquant l'agriculture, la pêche et la cueillette, mais ils produisirent une céramique typique, extrêmement décorée par la technique de l'adorno et les peintures blanches, noires, ocre. Les populations amérindiennes des Antilles ne connaissaient pas l'écriture.

Dans leur phase la plus récente (800-900 apr. J.-C.) et aux Petites Antilles, les Arawaks se rattachent à la culture suazoïde, du nom du site de Savane Suazey sur l'île de Grenade. Ceux-ci ont été longtemps désignés sous l'appellation de caraïbe. Ces populations ne sont pas des populations radicalement différentes des populations saladoïdes.

On dit que les Arawaks avaient une doctrine bien particulière quant aux animaux qu'ils tuaient : ils s'excusaient et les remerciaient en faisant une prière pour leur viande.

Arrivée des Européens et massacreModifier

Les Arawaks sont les premiers Amérindiens à avoir eu un contact avec les Espagnols du XVe siècle, c’est-à-dire Christophe Colomb et son équipage. Le bateau de Colomb arrivait alors aux Bahamas, l'étrange gros navire attirait la curiosité des Amérindiens, qui, émerveillés, s'en allèrent à la nage à la rencontre des visiteurs. Quand Colomb et ses marins débarquèrent, armés de leurs épées, parlant leur étrange langage, les Arawaks leur apportèrent rapidement de la nourriture, de l'eau, des cadeaux. Plus tard Colomb écrira ceci : « Ils nous apportèrent des perroquets, des ballots de coton, des javelots et bien d'autres choses, qu'ils échangèrent contre des perles de verre et des grelots. Ils échangèrent de bon cœur tout ce qu'ils possédaient. Ils étaient bien bâtis, avec des corps harmonieux et des visages gracieux [...] Ils ne portent pas d'armes - et ne les connaissent d'ailleurs pas, car lorsque je leur ai montré une épée, ils la prirent par la lame et se coupèrent, par ignorance. Ils ne connaissent pas le fer. Leurs javelots sont faits de roseaux. Ils feraient de bons serviteurs. Avec cinquante hommes, on pourrait les asservir tous et leur faire faire tout ce que l'on veut[3] ».

Colomb, fasciné par ces gens si hospitaliers, écrira plus tard : « Dès que j'arrivai aux Indes, sur la première île que je rencontrai, je m'emparai par la force de quelques indigènes, afin qu'ils apprennent et puissent me donner des renseignements sur tout ce qu'on pouvait trouver dans ces régions[4] »

Les Arawaks d'Hispaniola furent réduits en esclavage. Exploitée, la population de l'île fut réduite de moitié en deux ans (250 000 personnes). En 1515, il ne subsistait plus que 15 000 Indiens. En 1650, tous les Arawaks et leurs descendants avaient disparu[5].

Population actuelle et descendantsModifier

 
Populations arawaks actuelles.

Notes et référencesModifier

  1. Le qualificatif de « saladoïde » est issu du site vénézuélien de Saladero).
  2. Jéromine Pasteur, Selva, Filipacchi, .
  3. Zinn 2002.
  4. Extrait du journal de bord de Christophe Colomb
    Zinn 2002.
  5. Zinn 2002, p. 9.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Littérature orale
  • Marie-France Patte, Contes arawak des Guyanes, Karthala, , 108 p.
Études
  • (en) Jan Rogoziński, A brief history of the Caribbean: from the Arawak and Carib to the present, New York, Facts on File, (ISBN 0816038112)
  • Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Agone, (1re éd. 1980).
  • Armand Nicolas, Histoire de la Martinique : Des Arawaks à 1848, L'Harmattan, , 404 p..
  • Armand Nicolas et Joslen Jonaz, Chez les Arawaks de la Martinique au Ve siècle, Nécessité,
  • Jean Baptiste Du Tertre, Histoire Generale des Antilles..., Paris, Jolly,
  • Marie-France Patte, Parlons arawak : une langue amérindienne d'Amazonie, L'Harmattan, , 204 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier