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Présidence de Bill Clinton

(Redirigé depuis Administration Clinton)
Présidence de Bill Clinton

42e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Le président Bill Clinton en 1994.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1992
1996
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 8 ans
Présidence
Nom Bill Clinton
Date de naissance (71 ans)
Appartenance politique Parti démocrate
Divers
Site web [1]

La présidence de Bill Clinton, en tant que 42e président des États-Unis, dura du 20 janvier 1993 au 20 janvier 2001. Membre du Parti démocrate, Clinton entra en fonction après avoir remporté l'élection présidentielle de 1992 face au président sortant George H. W. Bush et au milliardaire Ross Perot. Quatre ans plus tard, Clinton défit à nouveau Perot et le candidat républicain Bob Dole ce qui lui permit d'être élu pour un second mandat. Dans le cadre de ces élections, Clinton s'était présenté comme un Nouveau démocrate et le positionnement centriste, ou « troisième voie », qu'il adopta se ressentit dans les décisions politiques de son administration. Il fut le premier président élu après la fin de la Guerre froide et le premier baby boomer à accéder à la présidence. Il fut également le premier président démocrate à effectuer deux mandats complets depuis Franklin D. Roosevelt. À la suite de l'élection présidentielle de 2000, le républicain George W. Bush lui succéda à la Maison-Blanche.

Sous la présidence de Clinton, les États-Unis connurent une période de forte prospérité économique. Dans les premiers mois de son mandat, Clinton signa l’Omnibus Budget Reconciliation Act of 1993 qui entraîna une hausse des impôts et fut à l'origine des excédents budgétaires ultérieurs. Il obtint également la ratification de l'Accord de libre-échange nord-américain, un pacte commercial négocié par le président Bush entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. Sur le front législatif, le plan d'assurance santé universelle, qui constituait sa réforme la plus ambitieuse, échoua cependant à obtenir l'approbation du Congrès, le président n'ayant pas réussi à mobiliser un soutien parlementaire suffisant à la loi. En conséquence, le Parti démocrate fut sévèrement sanctionné dans les urnes lors des élections de mi-mandat et les républicains prirent le contrôle des deux chambres du Congrès pour la première fois depuis les années 1950. La « révolution républicaine » de 1994 permit aux républicains du Congrès, sous l'impulsion du président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, de proposer des mesures conservatrices. Si Clinton fit usage à plusieurs reprises de son droit de veto, il dut également ratifier certaines de ces lois comme le Personal Responsibility and Work Opportunity Act. Les désaccords avec les républicains du Congrès conduisirent par deux fois à l'arrêt des activités gouvernementales dans le pays entre 1995 et 1996. Dans le domaine de la politique étrangère, le premier mandat de Clinton vit des interventions américaines en Somalie, en Haïti et dans les Balkans.

Son second mandat fut marqué par les premiers excédents budgétaires fédéraux depuis les années 1960, mais cet événement fut en partie éclipsé en 1998 par la mise en accusation du président à la suite d'un scandale sexuel impliquant Clinton et une jeune stagiaire de la Maison-Blanche, Monica Lewinsky. Bien que la Chambre des représentants eût voté en faveur de la destitution, Clinton fut acquitté par le Sénat. En 1997, il signa la loi qui donnait naissance au State Children's Health Insurance Program, un programme d'assurance-maladie qui concernait des millions d'enfants américains. En 1999 enfin, il ratifia la loi Gramm-Leach-Bliley qui fusionnait les activités des banques de dépôts avec celles des banques d'investissement. Sur la scène internationale, le président Clinton ordonna une intense campagne de bombardement dans les Balkans qui déboucha sur la création d'un protectorat sous mandat des Nations unies au Kosovo. Clinton contribua grandement à étendre l'influence de l'OTAN dans les anciens pays du bloc de l'Est tout en continuant à entretenir de bonnes relations avec le président russe Boris Eltsine. Il renforça dans le même temps les partenariats économiques avec certains pays comme la Chine.

Bill Clinton termina son deuxième mandat avec une cote de popularité élevée, bien que son successeur désigné, le vice-président Al Gore, fut défait par Bush à l'élection présidentielle de 2000. Depuis la fin de sa présidence, les historiens et les politologues considèrent généralement Clinton comme un président « moyen » voire « supérieur à la moyenne ».

Sommaire

Élection présidentielle de 1992Modifier

La popularité du président George H. W. Bush à la suite des succès enregistrés lors de la guerre du Golfe convainquit un certain nombre de leaders démocrates de ne pas se présenter à l'élection présidentielle de 1992. Des figures du parti comme Mario Cuomo ou Dick Gephardt étant hors course, les primaires démocrates mirent en concurrence des candidats relativement inconnus. Parmi eux figuraient l'ancien sénateur Paul Tsongas du Massachusetts, l'ancien gouverneur de la Californie Jerry Brown et le gouverneur de l'Arkansas Bill Clinton, en fonction depuis 1983. Clinton émergea rapidement comme le favori dans la course à l'investiture démocrate dès les premières primaires du mois de février 1992. Membre fondateur du Democratic Leadership Council, considéré comme centriste, Clinton parvint à surmonter l'opposition de démocrates plus libéraux comme Brown et décrocha la nomination du parti en avril 1992[1].

 
Clinton battit le président George H. W. Bush à l'élection présidentielle de 1992.

De son côté, Bush triompha de la candidature conservatrice de Pat Buchanan à la convention républicaine et put de fait concourir à sa réélection. En outre, en plus de Bush et de Clinton, la campagne présidentielle fut marquée par la présence d'un troisième homme, Ross Perot, un milliardaire du Texas qui mena une campagne résolument populiste visant à attirer les électeurs désabusés par la politique des deux principaux partis. Perot manifesta également son opposition à l'accord de libre-échange nord-américain et se montra favorable à un équilibre du budget fédéral. Les sondages effectués au début du mois de juin 1992 placèrent Bush en tête, suivi de Perot puis de Clinton. Toutefois, Perot se retira temporairement de la course de juillet à septembre, ce qui endommagea sérieusement sa candidature. À la convention nationale démocrate de 1992, Clinton désigna comme colistier le sénateur Al Gore du Tennessee. Ce choix, entre autres motifs, permit d'unifier le parti derrière la candidature de Clinton. Alors qu'à la même époque la convention républicaine mettait l'accent sur les questions sociales, Clinton focalisa son discours de campagne sur les difficultés économiques engendrées par la récession du début des années 1990[2].

Le jour du scrutin, Clinton obtint 43 % du vote populaire et une large majorité au collège électoral. Derrière lui, Bush récolta 37,4 % des voix et Perot 18,9 %, ce qui constituait le score le plus élevé réalisé par un candidat tiers ou indépendant à une élection présidentielle depuis 1912. Clinton remporta la plupart des États du nord-est des États-Unis ainsi que plusieurs États du Midwest, de l'Ouest et du Sud[3].

Composition du gouvernementModifier

 
Le cabinet sous la présidence Clinton en 1997, réuni dans la Cabinet Room à la Maison-Blanche.

Le vice-président Al Gore et la première dame Hillary Clinton apparurent très vite comme les deux personnalités les plus influentes de l'administration Clinton, le président sollicitant leur avis sur de nombreux sujets[4]. Mack McLarty, un ami de longue date de Clinton qui avait fait carrière dans les affaires et avait été président du comité démocrate de l'Arkansas, devint le premier chef de cabinet de Clinton[5]. Ce dernier convainquit le sénateur Lloyd Bentsen du Texas, qui s'était présenté comme candidat à la vice-présidence sur le ticket démocrate en 1988, d'occuper le poste de secrétaire du Trésor[6]. Au début du premier mandat de Clinton, Bentsen, le directeur du Bureau de la gestion et du budget Leon Panetta, le secrétaire au Travail Robert Reich et le coordinateur politique Robert Rubin furent les principaux conseillers économiques du président[7].

Les premières semaines à la Maison-Blanche furent difficiles pour l'administration[8], en particulier la difficulté pour Bill Clinton de trouver quelqu'un pour le poste d'Attorney General. En effet, il avait promis de nommer un gouvernement qui « ressemblerait à l'Amérique », et des rumeurs avaient supposé que ce poste irait à une femme[9]. Clinton jeta son dévolu sur Zoë Baird, une avocate peu connue, mais le scandale connu sous le nom de Nannygate révéla, en janvier 1993, qu'elle embauchait une immigrante illégale péruvienne en couple, pour travailler dans sa maison. Baird retira sa nomination et Clinton désigna Kimba Wood qui dut rapidement décliner elle aussi en raison de problèmes similaires. À la suite de cet événement, plus d'un millier de postes à pourvoir à la présidence furent soumis à un examen plus minutieux des pratiques d'embauche à l'aide ménagère, ce qui eut pour conséquence de ralentir fortement les nominations à de nouveaux postes administratifs[10]. Janet Reno, une magistrate de l'État de Floride, fut finalement désignée au poste de procureur général quelques semaines plus tard et confirmée en mars 1993[11]

Lors de ce premier mandat, l'équipe de conseillers à la politique étrangère du président fut dirigée par le conseiller à la sécurité nationale Anthony Lake et par le secrétaire d'État Warren Christopher, qui avaient tous les deux servis dans la précédente administration Carter[12]. Le secrétaire à la Défense, Les Aspin, démissionna peu après la bataille de Mogadiscio et fut remplacé par William Perry[13]. Bentsen et McLarty démissionnèrent à leur tour en 1994 et furent remplacés respectivement par Rubin et Panetta[14]. Clinton ayant été réélu pour un second mandat, Panetta quitta ses fonctions et fut remplacé par l'ex-chef d'état-major adjoint Erskine Bowles[15]. Madeleine Albright devint la première femme secrétaire d'État et Sandy Berger succéda à Lake comme conseiller à la sécurité nationale tandis que l'ancien sénateur républicain William Cohen fut nommé secrétaire à la Défense[16]. Selon le journaliste John Harris, la proximité de Berger avec le président a fait de lui le principal responsable de la politique étrangère du second mandat de Clinton, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale le plus influent depuis Henry Kissinger[17]. John Podesta servit en tant que chef de cabinet à partir de 1998 alors que Lawrence Summers remplaça Rubin au secrétariat du Trésor en 1999[18].

Vice-présidentModifier

Le vice-président est élu en même temps que le président des États-Unis sur le « ticket présidentiel ». Il n'est pas membre à proprement parler du cabinet mais a le droit de siéger à ces réunions. Il est également président du Sénat. Si le président change de vice-président en cours de mandature, celui-ci est confirmé par un vote du Sénat comme les autres membres de l'administration.

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat
1  
Vice-président
Al Gore   Démocrate -
(8 ans)

Membres du cabinetModifier

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat
2  
Secrétaire d'État
Warren Christopher   Démocrate -
(3 ans, 11 mois et 28 jours)
Madeleine Albright   Démocrate -
(3 ans, 11 mois et 28 jours)
3  
Secrétaire du Trésor
Lloyd Bentsen   Démocrate -
(1 an, 11 mois et 2 jours)
Robert Rubin   Démocrate -
(4 ans, 5 mois et 21 jours)
Lawrence Summers   Démocrate -
(1 an, 6 mois et 18 jours)
4  
Secrétaire à la Défense
Les Aspin   Démocrate -
(1 an et 13 jours)
William Perry   Démocrate -
(2 ans, 11 mois et 20 jours)
William Cohen   Républicain -
(3 ans, 11 mois et 27 jours)
5  
Procureur général

(Attorney General)

Janet Reno   Démocrate -
(7 ans, 10 mois et 8 jours)
6  
Secrétaire à l'Intérieur
Bruce Babbitt   Démocrate -
(7 ans, 11 mois et 11 jours)
7  
Secrétaire à l'Agriculture
Mike Espy   Démocrate -
(1 an, 11 mois et 9 jours)
Dan Glickman   Démocrate -
(5 ans, 11 mois et 17 jours)
8  
Secrétaire au Commerce
Ronald Brown   Démocrate -
(3 ans, 2 mois et 12 jours)
Mickey Kantor   Démocrate -
(9 mois et 9 jours)
William Daley   Démocrate -
(3 ans, 5 mois et 19 jours)
Norman Mineta   Démocrate -
(6 mois)
9  
Secrétaire au Travail
Robert Reich   Démocrate -
(4 ans)
Alexis Herman   Démocrate -
(3 ans, 8 mois et 19 jours)
10  
Secrétaire à la Santé
et aux Services sociaux
Donna Shalala   Démocrate -
(7 ans, 11 mois et 29 jours)
11  
Secrétaire au Logement
et au Développement urbain
Henry Cisneros   Démocrate - (3 ans, 11 mois et 28 jours)
Andrew Cuomo   Démocrate - (3 ans, 11 mois et 22 jours)
12  
Secrétaire aux Transports
Federico Peña   Démocrate - (3 ans, 7 mois et 22 jours)
Rodney Slater   Démocrate - (3 ans, 11 mois et 6 jours)
13  
Secrétaire à l'Énergie
Hazel R. O'Leary   Démocrate - (3 ans, 11 mois et 29 jours)
Federico Peña   Démocrate - (1 an, 3 mois et 18 jours)
Bill Richardson   Démocrate - (2 ans, 5 mois et 2 jours)
14  
Secrétaire à l'Éducation
Richard Riley   Démocrate -
(7 ans, 11 mois et 30 jours)
15  
Secrétaire aux Anciens combattants
Jesse Brown   Démocrate -
(4 ans, 5 mois et 11 jours)
Togo West   Démocrate -
(2 ans, 2 mois et 5 jours)
Hershel Gober   Démocrate -
(5 mois et 26 jours)

Postes de gouvernement ayant rang au cabinetModifier

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat
16 Chef de cabinet de la Maison-Blanche Mack McLarty   Démocrate -
(1 an, 5 mois et 27 jours)
Leon Panetta   Démocrate -
(1 an, 5 mois et 27 jours)
Erskine Bowles   Démocrate -
(1 an et 9 mois)
John Podesta   Démocrate -
(2 ans et 3 mois)
17 Administrateur de l'Agence de protection de l'environnement Carol Browner   Démocrate -
(7 ans, 11 mois et 28 jours)
18 Ambassadeur américain aux Nations unies Madeleine Albright   Démocrate -
(3 ans, 11 mois et 25 jours)
Bill Richardson   Démocrate -
(1 an, 6 mois et 5 jours)
Richard Holbrooke   Démocrate -
(1 an, 6 mois et 5 jours)
19 Directeur du Bureau de la gestion et du budget Leon Panetta   Démocrate -
(1 an, 8 mois et 26 jours)
Alice Rivlin Démocrate -
(1 an, 6 mois et 9 jours)
Franklin Raines   Démocrate -
(1 an, 8 mois et 8 jours)
Jacob Lew   Démocrate -
(2 ans, 7 mois et 29 jours)
20 Représentant au commerce Mickey Kantor   Démocrate -
(3 ans, 2 mois et 23 jours)
Charlene Barshefsky   Démocrate -
(4 ans, 9 mois et 8 jours)
21 Directeur de la Central Intelligence Agency James Woolsey   NC -
(2 ans, 3 mois et 20 jours)
John Deutch   NC -
(1 an, 7 mois et 5 jours)
George Tenet   Démocrate -
(7 ans, 6 mois et 26 jours)
22 Administrateur de la Small Business Administration Erskine Bowles   Démocrate -
(1 an, 4 mois et 26 jours)
Philip Lader Démocrate -
(2 ans, 4 mois et 10 jours)
Aída Álvarez Démocrate -
(3 ans, 10 mois et 12 jours)

Autres postes d'importance n'ayant pas rang au cabinetModifier

Fonction Titulaire Parti Mandat
Conseiller à la sécurité nationale Anthony Lake   Démocrate -
(4 ans, 1 mois et 22 jours)
Sandy Berger   Démocrate -
(3 ans, 10 mois et 6 jours)

Politique intérieureModifier

Politique budgétaireModifier

 
Graphique en cascade montrant les causes du passage d'une situation de déficit en 1994 à une situation d'excédent budgétaire en 2001, mesurées en pourcentage du PIB. Les recettes liées à l'impôt sur le revenu ont vu leur part dans le PIB augmenter en raison de la hausse des impôts sur les contribuables les plus aisés, tandis que le rapport des dépenses et des intérêts relatifs au secteur de la défense ont diminué.

Clinton hérita des administrations Reagan et Bush un important déficit budgétaire qui se montait à 290 milliards de dollars pour l'année fiscale 1992. Afin de réduire le déficit, Bentsen, Panetta et Rubin conseillèrent à Clinton de continuer à augmenter les impôts et de limiter les dépenses pour encourager le président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, à baisser les taux d'intérêt et ainsi ramener le pays à la prospérité grâce à la confiance accrue des investisseurs[19]. Malgré le secrétaire au Travail Robert Reich qui estimait que la stagnation des revenus constituait un enjeu économique bien plus important que la question des déficits, Clinton fit de la remise à niveau du budget la priorité économique majeure de sa première année au pouvoir[20]. Ce faisant, il dut abandonner à contrecœur un projet de réduction d'impôts de la classe moyenne qu'il avait défendu pendant sa campagne[21].

Clinton soumit sa réforme budgétaire à l'approbation du Congrès en février 1993, proposant à la fois une hausse des impôts et une réduction des dépenses qui devaient combler le déficit de moitié d'ici à 1997[22]. Les dirigeants républicains étaient cependant hostiles à une augmentation des impôts et ils pressèrent les membres de leur parti à faire bloc contre le budget de Clinton[23]. Lors du vote, le projet de loi ne récolta pas une seule voix chez les républicains[20]. Les démocrates du Sénat bloquèrent la mise en œuvre d'une nouvelle taxe énergétique en faveur d'une augmentation de la taxe sur l'essence, mais Clinton résista aux pressions qui s'exerçaient contre lui pour le retrait d'un projet d'extension du crédit d'impôt sur les revenus du travail. En définitive, le Sénat et la Chambre des représentants adoptèrent chacun, à de courtes majorités, une version du projet de loi sur le budget et un comité de conférence régla les différences entre les deux versions[24]. La Chambre des représentants adopta la version finale de la loi par 218 voix contre 216. Après avoir longuement démarché auprès de Bob Kerrey et des autres sénateurs démocrates, Clinton obtint également le passage de la loi au Sénat par 50 voix contre 50, le vice-président Gore venant apporter la 51e voix décisive comme prévu en cas d'égalité. L’Omnibus Budget Reconciliation Act of 1993 fut officiellement ratifié par Clinton le 10 août 1993[25].

Conjugué à une économie forte, le plan de réduction du déficit de 1993 entraîna chaque année une baisse des déficits budgétaires, et en 1998, le gouvernement fédéral connut le premier excédent budgétaire depuis les années 1960. Reflétant l'importance de l'événement, le New York Times décrivit la fin des déficits comme « l'équivalent fiscal de la chute du mur de Berlin ». La bonne santé du budget fédéral avait déjà permis en 1997 à Clinton de s'entendre avec les républicains du Congrès pour n'apporter que des changements relativement mineurs dans le budget[26]. Alors que les excédents budgétaires incitaient les chefs de file du Parti républicain à réclamer une baisse massive des impôts, Clinton ne consentit à aucune modification importante du budget fédéral dans les trois dernières années de son mandat[27].

Situation économiqueModifier

Le 15 février 1993, date de son premier discours à la nation, le président Clinton annonce son intention d'augmenter les impôts pour limiter la dette publique. Puis c'est au tour de la Première dame, Hillary Clinton, d'annoncer, le 17 février 1993 à la télévision, un plan économique de l'administration axé sur la réduction du déficit plutôt que sur une réduction d'impôt en faveur de la classe moyenne. 

Mesures sociétalesModifier

Dans ces premières mesures, figure aussi la loi "Don't Ask, don't tell". Pendant sa campagne électorale, Clinton avait promis aux personnes homosexuelles de pouvoir servir dans les forces armées[réf. nécessaire]. Ce projet de loi, qui sera vivement critiqué par les deux grands partis américains, réunira de longs débats avant d'être approuvé par le Congrès des États-Unis qui est l’institution ayant le pouvoir de réguler les forces armées. Pour mettre d'accord les deux partis, la loi préconisait que l'armée ne demande plus les préférences sexuelles de ces militaires tandis que les homosexuels voulant intégrer cette dernière ne devait pas le revendiquer (Ne demandez pas, n'en parlez pas). Cette loi sera finalement abrogée en 2010 sous la présidence de Barack Obama. 

Ensuite, il signera une loi accordant des congés pour cause de grossesse ou pour raison médicale avant de devoir gérer le premier attentat contre le World Trade Center.

Mesures prises sous la présidenceModifier

Principales lois signéesModifier

  • 1993
    • 5 février : loi sur les congés familiaux et médicaux ;
    • 10 août : loi sur la réduction de la dette publique ;
    • 16 novembre : loi de protection de la liberté religieuse ;
    • 30 novembre : loi de prévention contre la violence des armes à feux.
  • 1994
    • 13 septembre : loi sur le contrôle des crimes violents ;
    • 25 octobre : loi sur l'assistance de communication pour l'application des lois.
  • 1995
  • 1996
    • 8 février : loi sur les télécommunications ;
    • 24 avril : loi sur la peine de mort pour dissuader le terrorisme ;
    • 20 août : loi de protection des emplois pour les PME ;
    • 21 août : réforme de l'assurance-maladie ;
    • 26 août : loi sur les responsabilités individuelles face aux opportunités de travail ;
    • 21 septembre : loi de protection des institutions du mariage ;
    • 26 septembre : loi sur la parité dans le domaine de la santé mentale.
  • 1997
    • 5 août :
      • loi pour l'équilibre budgétaire ;
      • loi sur les taxes et impôts.
  • 1998
    • 7 août : loi d'investissement sur les effectifs ;
    • 31 octobre : loi pour un changement de régime irakien ;
    • 3 novembre : loi sur les recours collectifs privés pour fraudes.
  • 1999
    • 12 novembre : loi sur la modernisation des services financiers.
  • 2000
    • 21 décembre : loi sur la modernisation de la réglementation des produits financiers.

Nominations à la Cour suprêmeModifier

Le président Clinton a nommé deux juges à la Cour suprême :

Notes et référencesModifier

  1. Wilentz 2008, p. 317 à 319.
  2. Wilentz 2008, p. 315 à 321.
  3. Wilentz 2008, p. 321 et 322.
  4. Harris 2005, p. 24 et 25.
  5. Harris 2005, p. 27 et 28.
  6. Harris 2005, p. 21 et 22.
  7. Harris 2005, p. 4, 5 et 21.
  8. Harris 2005, p. 14.
  9. (en) George Stephanopoulos, All Too Human: A Political Education, Boston, Little, Brown and Company, (ISBN 0-316-92919-0), p. 118 et 122.
  10. (en) Michael Kelly, « Washington Memo; Household Hiring Is Trickier With New Broom in Capital », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le 22 mars 2018).
  11. Harris 2005, p. 16.
  12. Herring 2008, p. 925 et 926.
  13. Harris 2005, p. 124 et 125.
  14. Harris 2005, p. 148, 149 et 158.
  15. Harris 2005, p. 254 et 255.
  16. Herring 2008, p. 932.
  17. Harris 2005, p. 370 et 371.
  18. Harris 2005, p. 395 et 396.
  19. Harris 2005, p. 5.
  20. a et b Wilentz 2008, p. 327 et 328.
  21. Harris 2005, p. 5 et 6.
  22. Harris 2005, p. 23, 29 et 30.
  23. Harris 2005, p. 85 et 86.
  24. Harris 2005, p. 87 à 89.
  25. Harris 2005, p. 92 et 93.
  26. Wilentz 2008, p. 371 et 372.
  27. Wilentz 2008, p. 407.

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) John F. Harris, The Survivor: Bill Clinton in the White House, New York, Random House, (ISBN 0-375-50847-3).  
  • (en) George C. Herring, From Colony to Superpower: U.S. Foreign Relations Since 1776, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-507822-0).  
  • (en) Sean Wilentz, The Age of Reagan, HarperCollins, (ISBN 978-0-06-074480-9).