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Benyamin Netanyahou

premier ministre d'Israël de 1996 à 1999 et depuis 2009
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Benyamin Netanyahou
בנימין נתניהו
Illustration.
Benyamin Netanyahou en 2012.
Fonctions
Premier ministre d'Israël
En fonction depuis le
(10 ans, 1 mois et 22 jours)
Président Shimon Peres
Reuven Rivlin
Gouvernement Netanyahou II, III et IV
Législature 18e, 19e et 20e
Prédécesseur Ehud Olmert

(3 ans et 18 jours)
Président Ezer Weizman
Gouvernement Netanyahou I
Législature 14e
Prédécesseur Shimon Peres
Successeur Ehud Barak
Ministre de la Défense
En fonction depuis le
(6 mois et 5 jours)
Premier ministre Lui-même
Gouvernement Netanyahou IV
Prédécesseur Avigdor Liberman
Ministre de la Santé
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 25 jours)
Premier ministre Lui-même
Gouvernement Netanyahou IV
Prédécesseur Yaakov Litzman
Ministre des Affaires étrangères

(3 ans, 9 mois et 3 jours)
Premier ministre Lui-même
Gouvernement Netanyahou IV
Prédécesseur Avigdor Liberman
Successeur Yisrael Katz (intérim)

(10 mois et 24 jours)
Premier ministre Lui-même
Gouvernement Netanyahou II et III
Prédécesseur Avigdor Liberman
Successeur Avigdor Liberman

(3 mois et 22 jours)
Premier ministre Ariel Sharon
Gouvernement Sharon I
Prédécesseur Shimon Peres
Successeur Silvan Shalom
Ministre des Finances

(2 ans, 5 mois et 12 jours)
Premier ministre Ariel Sharon
Gouvernement Sharon II
Prédécesseur Silvan Shalom
Successeur Ehud Olmert
Biographie
Surnom « Bibi »[1]
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Tel Aviv (Israël)
Nationalité Israélienne
Parti politique Likoud
Conjoint Miriam Weizmann
(1976 – 1978)
Fleur Cates
(1981 – 1984)
Sara Ben-Artzi
(depuis 1991)
Diplômé de Massachusetts Institute of
Technology
Religion Judaïsme
Résidence Beit Aghion, Jérusalem

Signature de Benyamin Netanyahouבנימין נתניהו

Benyamin Netanyahou
Premiers ministres israéliens

Benyamin Netanyahou (en hébreu, בנימין נתניהו), surnommé « Bibi » par ses partisans, né le à Tel Aviv, est un homme politique israélien, Premier ministre d'Israël de 1996 à 1999 et depuis 2009.

Fils de Bension Netanyahou, historien nationaliste, il est d'abord diplomate, notamment ambassadeur de l'État d'Israël auprès des Nations unies entre 1984 et 1988.

Membre du Likoud, il est nommé Premier ministre d'Israël en 1996, après avoir battu le chef du gouvernement travailliste sortant, Shimon Peres. Il quitte le pouvoir en 1999, à la suite de sa défaite face à Ehud Barak. En 2002, il retrouve une position de force en étant nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d'Ariel Sharon, qui lui confie l'année suivante le ministère des Finances. Il quitte le gouvernement en 2005 et entre dans l'opposition.

En 2009, alors que le Likoud est arrivé en deuxième position aux élections législatives, il forme un nouveau gouvernement, dans lequel il accorde une place importante aux nationalistes, aux ultra-orthodoxes et aux travaillistes. Il est reconduit à la suite des élections législatives de 2013 puis à nouveau après celles de 2015.

Avec un total de 13 ans, 71 jours passés à la tête du gouvernement, il est le Premier ministre israélien ayant exercé cette fonction le plus longtemps après David Ben Gourion.

Sommaire

BiographieModifier

OriginesModifier

Petit-fils d’un rabbin émigré de Lituanie en Palestine en 1920, Benyamin Netanyahou est né à Tel Aviv le dans une famille militante du « sionisme révisionniste ». Son père, Bension Netanyahou, est notamment le secrétaire de Zeev Vladimir Jabotinsky, le père spirituel de la droite israélienne au sein duquel naîtra plus tard le Likoud[2].

FormationModifier

Au début des années 1960, la famille Netanyahou quitte Jérusalem pour s’installer aux États-Unis, où le futur Premier ministre suit des cours d’architecture et en administration des affaires au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

En 1967, il rentre en Israël où il effectue son service militaire dans l’unité d’élite Sayeret Matkal de l'armée de défense d'Israël (Tsahal). Il participe à plusieurs faits d'armes notamment en mars 1968, à la Bataille de Karameh où il tente sans succès de capturer Yasser Arafat. En décembre 1968, en représailles à une attaque à la grenade contre un avion d'El Al à Athènes, son commando et lui plastiquent une quinzaine d'avions de la compagnie libanaise Middle East Airlines sur l'aéroport de Beyrouth. Le il participe au commando chargé de libérer près de cent otages retenus par le groupe Septembre noir à bord d'un avion de la Sabena détourné sur Tel Aviv[3]. En 1973 il quitte l'armée.

De retour aux États-Unis, il fait des études au MIT à Boston. Il est ensuite employé au sein du Boston Consulting Group, un cabinet de conseil en stratégie, jusqu’en 1978, avant de retourner en Israël au sein de la compagnie BlackBerry (alors appelé RIM industries) à Jérusalem.

La fin des années 1970 est ponctuée d’un événement dramatique qui va marquer le développement et le renforcement de son action politique : au cours du raid d'Entebbe, son frère Yonathan meurt au combat, à la tête du commando israélien, lors de la libération d’otages occidentaux[4]. Il défend l'idée de l'obtention de « la paix par la sécurité » et qu'Israël doit conserver le contrôle permanent de la Cisjordanie ainsi que ses colonies en territoires occupés. Cette position subira de nombreuses critiques internationales lors de son accession au poste de Premier ministre de l’État d’Israël.

Vie privéeModifier

Benyamin Netanyahou s'est marié à trois reprises.

De son premier mariage, avec Miriam Weizmann, naît une fille, Noa, le 29 avril 1978. Le couple divorce en 1978, trois ans avant que Netanyahou épouse, en secondes noces, Fleur Cates, une citoyenne britannique qui s'est convertie au judaïsme pour son mariage. Ce mariage est finalement dissout en 1984, sans que le couple n'ait eu d'enfant.

En 1991, Benyamin Netanyahou épouse la psychologue Sara Ben-Artzi qu'il a rencontrée lors d'un vol reliant New York à Tel Aviv. De cette union sont nés deux fils : Yair, né le 26 juillet 1991, et Avner, né le 10 octobre 1994.

Parcours politiqueModifier

Débuts et carrière professionnelleModifier

Issu d’une famille militante de droite et lui-même impliqué dans des actions ponctuelles de soutien au Likoud, Benyamin Netanyahou commence véritablement sa carrière politique en chapeautant l’édification du Yonathan Institute for the Study of Terrorism, une plate-forme de réflexion portant le nom de son frère, héros du raid d’Entebbe, et qui a pour but de sensibiliser l’opinion publique sur les questions de sécurité qui touchent l’État d’Israël. Très proche des élus de droite, il est nommé collaborateur au sein de l’Ambassade israélienne à Washington (1982–1984) sous les ordres du chef de poste Moshe Arens. En 1984, il fait l’objet d’une promotion en assumant le rôle d’ambassadeur de l’État hébreu auprès des Nations unies à New York.

Au cours de ces deux positions successives, il se fait rapidement connaître sur la scène nationale et internationale comme un avocat convaincant des positions israéliennes dans le conflit israélo-arabe. À une carrière météorique au sein de l’administration diplomatique, suivit une entrée en politique avec son élection comme député à la Knesset en 1988. Étoile montante du Likoud, il grimpa successivement les échelons en devenant tour à tour ministre adjoint des Affaires étrangères (1988–1990), puis conseiller spécial lors des négociations relatives à la conférence de Madrid pour la paix. Sa montée dans l’État-major du Likoud est telle qu’il en devient le fer de lance avant de battre le travailliste Shimon Peres lors des élections de 1996.

Premier gouvernement (1996-1999)Modifier

 
Benyamin Netanyahou avec sa femme, en 1997.

En 1996, il est nommé Premier ministre et devient ainsi, à 47 ans, le plus jeune chef de gouvernement de l’histoire du pays, ainsi que le premier à être né après la proclamation de l’indépendance. À la suite de la défaite des travaillistes, l’arrivée d’un membre du Likoud aux affaires a eu pour résultat une différence de politique dans la gestion de la crise au Proche-Orient et du processus de paix entamé avec les Palestiniens. D’emblée, le nouveau Premier ministre a adopté une position basée sur la sécurité en échange de la paix. Lors de sa première rencontre avec le président américain Bill Clinton, Netanyahou se montre virulent envers les Palestiniens ce qui fera dire à Clinton sa réplique devenue célèbre : « Pour qui se prend ce type ? [Il] est un fumier. Et je ne vais pas me laisser avoir par ce genre de conneries. »[5].

De conviction maximaliste sur le plan territorial, il a eu pour objectif de maintenir un contrôle sur la « Judée-Samarie » (Cisjordanie), en favorisant la construction de nouvelles implantations israéliennes sur cette portion de territoire. Opposé à la création d’un État palestinien, il était favorable à un statut d’autonomie étendu, tel que déjà prévu dans les accords d’Oslo. Ces différentes positions ont marqué un tournant majeur par rapport à la politique menée jadis par les travaillistes, et ont fait l’objet d’une dégradation des relations avec l’Autorité palestinienne qui l’accusait de geler le dialogue pour la paix.

Sur le plan international, son mandat a été aussi celui de la gestion de la crise au Liban du Sud, entre le maintien d’unités de Tsahal appuyées par les milices de l’Armée du Liban Sud (ALS) et les demandes pressantes au sein de l’opinion publique, afin de procéder à un retrait militaire. Ce dernier n’a eu lieu que lors du mandat d'Ehud Barak, son successeur à la primature. La Maison-Blanche et l’Union européenne ont souvent critiqué les positions de Benyamin Netanyahou à l’égard de l’Autorité palestinienne. Jusqu’en 1999 et le retour au pouvoir des travaillistes sous la houlette d'Ehud Barak, les relations seront relativement conflictuelles.

Battu lors des élections générales de 1999, Benyamin Netanyahou, sonné par cet échec, quitte la présidence du Likoud, la confiant à l'ancien ministre des Affaires étrangères Ariel Sharon.

Période de retrait du gouvernement (1999-2002)Modifier

Une vidéo tournée secrètement en 2001 et publiée en 2010 montre Benyamin Netanyahou alors qu'il est en visite dans la colonie d'Ofra (en), expliquant à des habitants de l'implantation, victimes du terrorisme[6],[7], comment il a imposé « sa propre interprétation des accords » dans le but de « mettre fin à cette frénésie de retour vers frontières de 1967 ». Le Guardian précise que Benyamin Netanyahou est loin d'être le seul acteur du conflit israélo-palestinien à tenir un double langage en privé et en public, en rappelant la duplicité de Yasser Arafat, dont les déclarations à l'Occident étaient très différentes de celles tenues devant ses soutiens du monde islamique. Le Guardian déplore par la même occasion l'absence de pressions intérieures israéliennes pour relancer les pourparlers avec l'Autorité palestinienne.

Chef de la diplomatie et ministre des Finances (2002-2005)Modifier

En 2002, il revient au poste de ministre des Affaires étrangères lorsque les travaillistes quittent le gouvernement.

Il occupe ensuite le portefeuille des Finances qu’il conservera jusqu’en 2005, dans le 2e gouvernement d’Ariel Sharon, quand il démissionne pour manifester son désaccord avec le Plan de désengagement de la Bande de Gaza, ce qui est interprété par les médias comme un glissement à droite.

À la tête du Likoud dans l'opposition (2005-2009)Modifier

Après un passage au sein du cabinet d’Ariel Sharon et à la suite de l’annonce du Plan de désengagement de la Bande de Gaza, il démissionne de ses fonctions ministérielles et tente de provoquer l’abandon de ce projet en mobilisant une partie du Likoud, en vain. À la suite de l’annonce d’élections anticipées pour 2006 et de la création par Ariel Sharon de Kadima, formation centriste qui réunit d’anciens membres du Parti travailliste et du Likoud, Benyamin Netanyahou est élu chef du Likoud le , avec 43,1 % des voix contre 37,4 % à Silvan Shalom.

Le , il ordonne aux quatre ministres Likoud du gouvernement de surseoir à leur démission prévue le , en raison de la situation créée par la dégradation de l’état de santé d’Ariel Sharon. Une requête accueillie favorablement par le ministre de l'Agriculture Israël Katz (en) qui a annoncé que les membres du Likoud resteraient au gouvernement aussi longtemps que nécessaire. À l’issue des élections législatives, son parti n’obtient que 12 sièges contre 38 précédemment.

Le , il est réélu à la tête du Likoud avec 73 % des voix contre 22 % pour le candidat de la droite religieuse, Moshe Feiglin.

Deuxième gouvernement (2009-2013)Modifier

 
Benyamin Netanyahou en 2011.

Il mène la campagne du Likoud lors des élections législatives de 2009. En obtenant 27 sièges sur les 120 de la Knesset, il est cependant devancé d’un siège par Kadima. Néanmoins, le président Shimon Peres le charge de former un nouveau gouvernement, Tzipi Livni ayant annoncé son intention de rester dans l’opposition[8]. S’il forme un gouvernement ancré à droite dans lequel sont annoncés les nationalistes d’Israel Beytenou d’Avigdor Liberman (15 sièges), le parti ultra-orthodoxe Shas (11 sièges) et Le Foyer juif (3 sièges), il parvient également à convaincre les travaillistes d’Ehud Barak (13 sièges) de rejoindre sa coalition. Le deuxième gouvernement Netanyahou est investi le , par une majorité de 69 voix contre 45[9]. Il prend ses fonctions le lendemain. Un sondage démontre que 54 % des Israéliens s’affirment mécontents de ce gouvernement contre seulement 30 % qui pensent le contraire[10].

Le , Benyamin Netanyahou, dans un entretien avec le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier, a confié que le retrait des colonies israéliennes de Cisjordanie demandé par les Palestiniens conduirait à rendre ce territoire « Judenrein », qualificatif historiquement utilisé par les nazis pour parler des territoires dont ils avaient expulsé la population juive[11]. Le mois suivant, paraît dans le quotidien suédois Aftonbladet, une allégation sur le fait que l'armée israélienne prélèverait des organes sur les cadavres de Palestiniens tués. Les autorités israéliennes condamnent cet article, mais le Premier ministre du royaume, Fredrik Reinfeldt, déclare seulement : « Nous n'avons rien à dire. Nous ne nous excuserons pas ». Son ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt, estime que le pays doit être « plus vigilant pour expliquer à l'extérieur la façon dont notre liberté d'expression et de la presse fonctionne. [...] C'est Aftonbladet qui est responsable du contenu qu'il publie, pas le gouvernement. », venant ainsi le soutenir.

À l'été 2011, Netanyahou doit faire face au plus important mouvement de contestation sociale depuis la création de l'État d'Israël. Des centaines de milliers de personnes protestent notamment contre le coût de la vie[12]. Le 23 septembre suivant, il tient devant l'Assemblée générale des Nations unies un discours où il demande des négociations directes à Mahmoud Abbas[13]. Le 31 octobre 2012, en visite officielle en France, il déclare lors d'une conférence de presse avec François Hollande : « En ma qualité de Premier ministre d'Israël, je le dis toujours aux juifs où qu'ils soient : venez en Israël et faites d'Israël votre chez vous »[14]. Le lendemain, il se rend à Toulouse avec le président français pour participer à une cérémonie d'hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse. Il y déclare : « Le meurtrier de Toulouse n’a pas seulement tué des juifs mais aussi des soldats français, musulmans et chrétiens, sans aucune distinction. La haine barbare de ces assassins ne menace pas seulement les juifs mais la civilisation tout entière »[15].

Troisième gouvernement (2013-2015)Modifier

 
Benyamin Netanyahou recevant le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, en 2013.

Le , il remporte les élections qu'il a convoquées, bien qu'ayant perdu plusieurs sièges au profit de ses alliés d'extrême droite et du bloc d'opposition de centre-gauche. Il reste donc Premier ministre à l'issue de ces élections. La nomination du millionnaire Naftali Bennett au poste de ministre des Affaires religieuses dans son troisième gouvernement prête à polémique : ce dernier a déclaré qu'il n'avait « aucun problème » à tuer des Arabes, ce qu'il a déjà fait durant son service militaire[16].

Le , à la suite du meurtre de trois adolescents israéliens et de l'intensification des tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza, il déclenche l'opération Bordure protectrice, contre le Hamas[17]. Au , plus de 800 morts palestiniens étaient à déplorer et plusieurs bavures graves constatées[18]. Le , malgré plus de 1 900 morts palestiniens depuis le , le Hamas refusait de prolonger la trêve en vigueur depuis le [19]. L'image d'Israël auprès de la communauté mondiale est ternie, après des révélations concernant le fait que Tsahal eut délibérément attaqué des ambulances à Gaza[20], et que l'armée « tire dans le tas pour avoir un terroriste, peu importe le nombre de victimes civiles »[21].

Le mandat de Benyamin Netanyahou est en outre caractérisé par une détérioration des liens entre l'administration Obama et le représentant israélien. Cette dégradation est ponctuée par plusieurs épisodes[22] allant jusqu'à ce qui est décrit comme une crise des relations israélo-américaines en [23],[24]. Cette relation tendue est encore détériorée début 2015 par une invitation au Congrès américain en sans le soutien de l'administration Obama, intervention suscitant maintes réactions négatives dans la communauté juive américaine[25] et commentée par la presse comme un « affront » au président des États-Unis[26]. Nétanyahou doit également faire face en à une manifestation de 2 000 Israéliens d'origine éthiopienne dénonçant le racisme supposé de la police israélienne[27]. Le suivant, l'ONG israélienne Breaking the Silence publie un rapport contenant les témoignages anonymes d'environ 60 soldats qui ont participé à la guerre de Gaza l'année précédente. Ce rapport met en cause le commandement qui demandait aux soldats de ne pas faire la distinction entre civils et terroristes sur ces territoires, de tirer peu importe le risque que présentait la cible[28]. Ces allégations entraînent l'ouverture de plusieurs enquêtes au sein de l'armée israélienne qui a mis en doute la crédibilité des témoignages présenté par Breaking the Silence[28]. Le Washington Post réitère ces dires, affirmant de sources sûres qu'il n'y « avait pas de règles » officielles pour cette guerre[29].

Le pays est par ailleurs accusé par l'ONG américaine Human Rights Watch d'exploiter des centaines de travailleurs thaïlandais pour améliorer ses rendements agricoles[30]. Le ministre de l'Économie ne commente pas le contenu du rapport mais rappelle qu'Israël a signé en 2011 un accord bilatéral avec la Thaïlande qui facilite l'emploi des travailleurs de ce pays. Pour Human Rights Watch, cet accord serait insuffisant pour assurer la protection de leurs droits[30].

Benyamin Netanyahou irrite Barack Obama en exhortant le Congrès américain, devant lequel il est invité à s'exprimer en , de s’opposer aux négociations en cours sur le nucléaire iranien[31].

Quatrième gouvernement (depuis 2015)Modifier

 
Benyamin Netanyahou et le président Reuven Rivlin, en 2015.

La campagne des législatives de 2015 est marquée par la publication d'une note de frais abusive payée pour le couple Netanyahou par l'État, en nourriture notamment[32], et par l'indemnité de fonction de Benyamin Netanhayou[33]. Le Likoud, après avoir mis en avant une politique stricte à l'égard des pays arabes, finit en tête de l'élection avec 23 % des voix, contre 18 % pour l'Union sioniste. Le , le gouvernement obtient la confiance de la Knesset à une voix près. Avigdor Lieberman, meneur de l'extrême droite et ministre des Affaires étrangères, déclare vouloir faire « décapiter à la hache tous les Arabes infidèles à Israël »[34] et la nouvelle ministre de la Justice, Ayelet Shaked, qualifie les Palestiniens de « serpents »[35].

En , Netanyahou condamne l'accord passé entre le groupe des 5+1 et l'Iran sur le programme nucléaire de ce dernier[36]. Plus tard dans le mois, lors d'une visite à Chypre, Netanyahou annonce qu'il a donné son autorisation à la construction de 300 logements supplémentaires en Cisjordanie occupée. Dans le même temps, Amnesty International publie un rapport dans lequel elle affirme que courant 2014, des soldats israéliens ont tué 135 civils palestiniens afin de venger la capture d'un de leurs confrères ; Amnesty estime que l'enquête menée par les autorités militaires fut partiale et rapidement bouclée pour ne mettre en cause aucun commandant[37]. Alors que la communauté internationale demande des explications, le ministre des Affaires étrangères dément ces accusations.

À la tribune des Nations unies, le , Netanyahou déclare être « prêt à reprendre immédiatement » les négociations avec les Palestiniens alors que « le président Abbas n’est pas disposé à le faire »[38]. À partir de ce jour, le gouvernement Netanyahou doit faire face à une vague de violence entre Israéliens et Palestiniens. En effet, plusieurs Juifs sont tués dont certains à l'arme blanche et les Arabes habitant dans les territoires occupés participent à des émeutes contre les colonies. Toujours en , Benyamin Netanyahou soutient qu'« Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l'époque ; il voulait seulement les expulser » et que c'est Mohammed Amin al-Husseini, grand Mufti de Jérusalem, qui l'aurait persuadé de les tuer car il ne voulait pas les voir arriver en Palestine[39]. Cette prise de position entraîne de vives critiques. Du côté israélien, Isaac Herzog déclare sur sa page Facebook qu'« il s'agit d'une distorsion historique dangereuse[40] ». Du côté palestinien, Saeb Erekat déclareque « Netanyahou devrait cesser d'utiliser cette tragédie humaine pour essayer de faire avancer son agenda politique[41] ».

En , alors qu'Israël est sur le point d'annexer plusieurs centaines d'hectares de terres en Cisjordanie[42] — ce qu'aucun allié de l'État hébreu ne soutient en vertu du droit international —, Benyamin Netanyahou accuse le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de « soutenir le terrorisme palestinien », après que celui-ci a déclaré : « La frustration des Palestiniens s'accroît sous le poids d'un demi-siècle d'occupation et de paralysie du processus de paix. […] Il est dans la nature humaine de réagir à l'occupation, qui sert souvent d'incubateur puissant pour la haine et l'extrémisme. »[43]. Selon plusieurs journalistes, Netanyahou se montre de plus en plus clivant, mettant sous pression les Arabes israéliens face à l'« identité distincte juive »[44], notion défendue par le ministère isralien de l'Éducation, qui prend des mesures polémiques[45],[46].

Netanyahou doit faire face en mai 2016 à la démission de son ministre de la Défense Moshe Ya'alon, qui le dit plus préoccupé par « les échéances électorales et les sondages » que par les valeurs morales[47]. Cette démission fait suite à la proposition de Netanyahou au nationaliste et populiste controversé Avigdor Liberman de lui donner le ministère de la Défense[48]. Certains membres du Likoud critiquent Netanyahou, à l'image de Benny Begin (en), qui qualifie la nomination de Liberman de « geste délirant », et du ministre de la Protection environnementale, Avi Gabai, qui démissionne pour protester contre la nomination de Liberman. Pour l'Autorité palestinienne, il s'agit d'« une nouvelle preuve que Netanyahou préfère promouvoir l'extrémisme ». Les commentateurs politiques décrivent alors le gouvernement comme étant le plus à droite de l'histoire du pays.

 
Benyamin Netanyahou et Donald Trump en mai 2017.

Quelque 45 000 Africains[49], la plupart d’origine soudanaise et érythréenne[50], trouvent clandestinement refuge en Israël à partir de 2004 et la guerre au Darfour[51]. En , un accord entre Israël et l'Ouganda et le Rwanda sur le retour de ces réfugiés en Afrique est dénoncé par l'Initiative internationale sur les droits des réfugiés (IRRI)[52],[49]. L'État israélien refuse d'accueillir tout réfugié en raison de la taille de son territoire[53]. Netanyahou défend sa politique de refus par un impératif de sécurité :la lutte contre le risque d'infiltration terroriste. Il met en exergue le fait qu'Israël est prêt à fournir de l'aide internationale aux pays en difficulté, et affirme que son pays soigne des Syriens[54],[55],[56]. Il critique le philanthrope juif George Soros, l'accusant de souhaiter imposer le « multiculturalisme » et d'avoir voulu intégrer des immigrés africains en Israël[57].

Fin 2016, Benyamin Netanyahou s’élève contre le vote de la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies demandant l'arrêt de la colonisation des territoires palestiniens ; cette résolution est adoptée grâce à l’abstention des États-Unis. Benyamin Netanyahou ordonne alors de réduire de 30 millions de shekels (soit 7,5 millions d’euros) le financement de cinq organismes rattachés à l'ONU, et ne cache pas attendre le début de la présidence Donald Trump, qui est plus perçu comme pro-Israël que Barack Obama[31].

La Knesset vote début 2017 la légalisation des expropriations de Palestiniens de leurs terres pour des projets de colonies, ce qui est condamné par la communauté internationale ; le président américain Donald Trump, qui se montre durant la campagne électorale très favorable à Israël, demande sans succès l'arrêt des constructions de colonies[58].

 
Benyamin Netanyahou et le président brésilien, Jair Bolsonaro, en mars 2019.

Le 24 décembre 2019, à l'initiative de Netanyahou, les partis de la coalition au pouvoir décident la dissolution de la Knesset et donc la tenue d'élections anticipées en avril 2019. Les raisons de cette décision sont la très faible majorité de la coalition à la Knesset (un siège) et le désaccord de celle-ci sur la conscription des ultra-orthodoxes juifs[59].

À la fin de son quatrième mandat, Benyamin Netanyahou reçoit plusieurs chefs d’État récemment élus qui lui apportent leur soutien. C’est notamment le cas de Donald Trump, qui fait transférer l’ambassade américaine à Jérusalem et reconnaît la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, et de Jair Bolsonaro, qui est le premier chef de l’État étranger à effectuer une visite au Mur des Lamentations[60].

Élections de 2019Modifier

Aux élections législatives israéliennes de 2019, Netanyahu a participé dans ses détails à l'élaboration de la tactique du Likoud lors des élections législatives. Il a créé une chaîne de télévision appelée « Likoud TV »[61],[62]. À la fin du mois de février 2019, la chaîne de Likoud TV produit une vidéo dans laquelle il est dit que Benny Gantz, le chef de l'alliance Bleu et blanc appartient à l'aile gauche et que la gauche est dangereuse, montrant des tombes de soldats israéliens au Mont Herzl à Jérusalem. Netanyahu affirme également que Gantz est dérangé[63]. Le jour du scrutin du 9 avril 2019, Netanyahu a demandé aux observateurs du Likoud d'utiliser 1 200 caméras cachées dans les bureaux de vote des électeurs arabes. Le but affiché est de lutter contre la fraude, tandis que des Arabes et l'opposition dénoncent une discrimination ou une tentative d'intimidation[64],[65],[66],[67].

À l'issue des élections, Netanyahu et le Likoud réalisent leur meilleur score depuis 2003, et remportent 35 sièges, soit cinq de plus que lors des élections précédentes[68]. Avec les autres partis de droite, il paraît en mesure de former le nouveau gouvernement[69].

Affaires judiciairesModifier

À partir de 2016, il est notamment accusé de corruption. Une première affaire concerne des cadeaux au Premier ministre et aux membres de sa famille dont la valeur s’élèverait à un million de shekels (environ 230 000 euros) reçus entre 2007 et 2016 sous forme de cigares, de bouteilles de champagne et de bijoux[70]. Une deuxième affaire concerne un accord secret que Netanyahou aurait sans succès tenté de passer avec le propriétaire du Yediot Aharonot pour une couverture favorable de la part de ce journal contre la promesse d'organiser la baisse de la diffusion du quotidien gratuit Israel Hayom[71]. Dans une troisième affaire, il est accusé d'avoir favorisé le groupe de télécommunications Bezeq — en validant des régulations profitant à Shaul Elovitch, l’actionnaire contrôlant Bezeq, malgré l’opposition des responsables du ministère des Communications — en échange d’une couverture à son avantage par le journal sur Internet de Elovitch, Walla[72].

Benyamin Netanyahou nie ces accusations et déclare qu'il restera à son poste « encore de nombreuses années »[73]. Le , après deux ans d'enquête et en pleine campagne électorale, le procureur général de l'État d'Israël, Avichaï Mandelblit, annonce sa mise en cause dans ces trois affaires, pour corruption, fraude et abus de confiance[74]. Plusieurs milliers d'Israéliens manifestent alors pour sa démission[75]. La décision d'inculpation formelle ne pourra être prononcée qu'après une longue procédure[76],[77].

Le nom de Netanyahou est cité dans d'autres affaires. En 2016, l'homme d'affaires franco-israélien Arnaud Mimran affirme avoir versé un million d'euros à Benyamin Netanyahou pour financer ses campagnes électorales[78] ; ce possible don, que le Premier ministre israélien dément, ne violerait pas la loi française mais serait contraire au droit israélien sur les dépenses électorales[79]. Par ailleurs, Nir Hefetz, un ancien conseiller de Benyamin Netanyahou, est soupçonné d’avoir soudoyé une juge en 2015 pour éviter de potentielles poursuites contre Sara Netanyahou[80].

Détail des mandats et fonctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Israël : Netanyahou et le jeu des alliances » sur le site de Paris Match, .
  2. « Décès du père de Benyamin Nétanyahou », Le Figaro, 30 avril 2012.
  3. Netanyaou toujours sur le sentier de la guerre sur www.filiu.blog.lemonde.fr (consulté le 17 avril 2018)
  4. « Ce jour-là : dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976 un commando israélien frappe l'aéroport d'Entebbe en Ouganda - JeuneAfrique.com », (consulté le 4 juillet 2016).
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