Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres

lesbiennes, gays, bisexuels et trangenres

LGBT, ou LGBTQIA+, sont des sigles utilisés pour qualifier les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles, c'est-à-dire pour désigner des personnes non hétérosexuelles, non cisgenres ou non dyadiques.

Le drapeau arc-en-ciel, principal symbole des personnes LGBT.

Le sigle « LGBT » est ainsi complété avec d'autres lettres ou avec un « + » pour inclure d'autres variantes d'identité de genre, de caractéristiques sexuelles, ou d'orientation sexuelle, comme l'asexualité, la pansexualité ou la bispiritualité. Ces sigles peuvent également être utilisés dans des expressions qui se rattachent à ces personnes (mouvement LGBT et droits LGBT sont des exemples).

Le terme « gay » est parfois utilisé de façon abusive pour désigner l'ensemble des personnes dites « LGBT ». D'autres termes et sigles, se voulant plus inclusifs, sont aussi usités : « altersexuel » ou « MOGAI » pour « Marginalized Orientations, Gender identities, And Intersex ».

Description

L'orientation sexuelle au sens large indique par quels genres une personne est attirée. Le concept d'orientation romantique existe pour désigner exclusivement l'attraction romantique.

L'identité de genre est la perception interne et personnelle de ce qu'est le genre d'une personne.

  • transidentité : se dit d'une personne dont l'identité de genre n'est pas en accord avec le sexe biologique assigné à la naissance[2].
  • non-binarité : se dit d'une personne « qui ne se reconnaît pas dans le genre qui lui a été assigné à la naissance, mais pas entièrement dans le genre opposé ; qui se situe en dehors des normes du féminin et du masculin »[3].
  • bispiritualité : terme générique se référant aux Amérindiens s'identifiant comme ayant à la fois un esprit masculin et un esprit féminin[4],[5].
  • intersexe : se dit d'une personne née avec des caractéristiques sexuelles (organes génitaux, gonades, taux d’hormones et/ou chromosomes) qui ne correspondent pas aux définitions typiques de « mâle » et « femelle »[6] (Non lié au genre mais au sexe biologique donc.)

Variantes

Si le sigle LGBT (parfois GLBT[5]) se veut représentatif des personnes non hétérosexuelles et cisgenres et est le plus utilisé, il est parfois complété pour être plus inclusif :

Pour éviter ce sigle à géométrie variable, le terme parapluie « altersexuel » est parfois utilisé. « Allosexuel » a également été utilisé comme traduction commode de queer dans les années 2000, notamment au Québec, mais il s'est trouvé déprécié dans cet usage sous l'influence de l'anglais, où allosexual est plutôt utilisé par opposition à asexual[8]. D'autres locuteurs utilisent le terme « LGBTQ+ » ou créent des sigles, comme QUILTBAG[9]. En Belgique, le mot « holebi », emprunté au flamand (de « homoseksueel, lesbisch en biseksueel »), est également employé. Le terme MOGAI (de l'anglais « Marginalized Orientations, Gender identities, And Intersex »), visant à être plus inclusif, est également parfois utilisé[10].

Le terme « gay » est parfois abusivement utilisé pour désigner l'ensemble des personnes LGBT, bien qu'il ne se réfère qu'à l'une de ses composantes (les hommes homosexuels)[11],[12].

Statistiques

La population s'identifiant comme LGBT se décomposerait par ordre décroissant par des personnes bisexuelles, homosexuelles et transgenres[13],[14],[note 1].

Par ailleurs, parmi les personnes s'engageant dans des relations homosexuelles, peu sont celles qui excluent les relations hétérosexuelles. Ainsi, d'après une étude française conduite en 1993, 96,6 % des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ont aussi entretenu des relations hétérosexuelles[15]. Des études américaines ou danoises donnent des chiffres tout aussi considérables (de 90 à 96 %), ce qui montre que l'homosexualité (l'orientation sexuelle unique et exclusive envers les personnes de même sexe) est un comportement sexuel très marginal parmi les personnes s'engageant dans des relations avec des personnes de même sexe[15].

Au cours des XXe et XXIe siècles, des études ont été menées en Occident pour tenter de déterminer la proportion de la population s'étant engagée dans des relations de nature homosexuelle. Ainsi, Alfred Kinsey, dans une étude menée en 1948, a découvert que 46 % des sujets masculins interrogés (5 300 personnes) et de 6 à 14 % des femmes avaient eu une expérience sexuelle avec une femme et un homme, ou que ces personnes avaient déjà sexuellement « réagi » à des personnes des deux sexes[16].

Shere Hite est l'auteure d'une étude sur la sexualité masculine, Le Rapport Hite sur les hommes. Elle découvre dans ses recherches que 43 % des hommes sondés ont eu, durant leur enfance ou leur adolescence, des rapports sexuels avec d'autres garçons, sans que cela ne les empêche de mener ou de développer plus tard dans leur vie une sexualité hétérosexuelle[17].

Néanmoins, ces pratiques ne se retrouvent que rarement dans l'identification aux personnes LGBT : nombreuses sont les personnes s'étant engagées dans des relations avec des personnes de même sexe qui ne s'identifient pas, pour diverses raisons, comme « homosexuelles » ou « bisexuelles »[1]. Cela peut être dû à des raisons culturelles : par exemple, se présenter comme « hétérosexuel » lorsque l'on s'engage dans des relations homosexuelles et hétérosexuelles est une pratique généralisée en Amérique latine[18].

Une étude de l'Institut français d'opinion publique, s'intéressant à l'électorat LGBT dans le cadre de l'élection présidentielle française de 2012 indique que 6,5 % des personnes âgées de 18 ans et plus s'identifient comme bisexuel(les) (3,5 % de l'électorat), lesbiennes, ou homosexuels (3 %), d'après un critère d'auto-identification, et non pas de pratiques (l'étude ne mentionne pas la transidentité, puisqu'elle n'est pas une orientation sexuelle, mais fait référence à l'identité de genre. Les personnes trans sont donc intégrées dans l'étude, au titre de leur orientation sexuelle)[19].

Mouvement LGBT

Droits

Les droits LGBT correspondent aux droits humains des personnes bisexuelles, homosexuelles ou transgenres. Ces droits sont diversement reconnus dans le monde. La problématique particulière des droits LGBT a été abordée par les Nations unies, notamment par le biais de rapports[20].

Culture

La culture LGBT désigne l'ensembles des pratiques et productions culturelles des personnes LGBT.

Représentations

Cinq différentes études ont montré que l'existence de personnages gays à la télévision diminuait les préjugés des téléspectateurs[21]. Les radiodiffuseurs restent plus en arrière, puisque les chaînes câblées et les services de streaming sont plus inclusifs et contiennent des personnages homosexuels, bisexuels ou transgenres[22]. Selon GLAAD, ces chaînes et ces services de streaming manquent néanmoins de diversité, beaucoup de personnages LGBT étant des hommes gays (41 % et 39 % respectivement). Le nombre total de personnages LGBT sur le câble a augmenté de 31 % en 2015, et les représentations bisexuelles ont quasiment doublées.

Les personnes intersexes sont presque complètement exclues. L'intersexuation n'est pas si rare qu'il apparaît qu'environ 1 % de la population est intersexe d'une certaine façon[23]. Les médias accentuent ce que signifie être homme ou femme, ce qui crée un vide pour les personnes qui ne correspondent pas à l'une de ces catégories. Cela a amené les journaux à soulever des questions sur l'intersexuation chez les athlètes en raison de la sexuation du sport. Ces questions ont notamment été soulevées de manière mondiale avec le cas de Caster Semenya, pour laquelle les officiels du sport se sont demandé si elle devait être considérée comme femme ou homme[24].

Discriminations et violences

Santé

Des recherches ont suggéré que les jeunes LGBT sont plus sensibles aux problèmes psychologiques et de santé que les jeunes hétérosexuels[25].

Les minorités sexuelles ont tendance à plus souvent utiliser des méthodes de médecine alternative pour répondre à leurs besoins de santé que les hétérosexuels[26]. Les femmes de minorités sexuelles ont une incidence plus élevée d’asthme, d’obésité, d’arthrite et de maladies cardiovasculaires que les autres groupes[27].

Les adolescents de minorités sexuelles signalent une incidence plus élevée des éléments suivants par rapport aux hétérosexuels[28] :

  • avoir un sentiment d’insécurité lors du trajet vers ou depuis l’école ;
  • ne pas aller à l’école à cause d’une impression d’insécurité ;
  • être forcé de participer à des pratiques sexuelles non désirée avec une personne avec laquelle existe une relation amoureuse (toucher, embrasser, ou être physiquement forcé d’avoir des rapports sexuels) dans les 12 derniers mois ;
  • avoir des rapports sexuels ;
  • avoir eu des relations sexuelles avant l'âge de 13 ans ;
  • avoir eu des relations sexuelles avec au moins quatre autres personnes ;
  • ne pas utiliser de contraception ;
  • avoir subi des violences sexuelles.

Par rapport à la population générale, les minorités sexuelles présentent un risque plus élevé d’automutilation[29].

En 2009, une étude sur un échantillon limité a montré que les adolescents LGBT étaient plus souvent victimisés, avaient des taux plus élevés de psychopathologies, quittaient la domicile plus fréquemment, utilisaient plus fréquemment des substances hautement addictives et étaient plus susceptibles d'avoir plus de partenaires sexuels multiples que les adolescents hétérosexuels[30]. En 2015, l’agence américaine des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies a publié une étude réalisée auprès de grandes cohortes d’élèves de High Schools. Elle a révélé une centaine de comportements à risque pour la santé des élèves LGBT. Les élèves des minorités sexuelles adoptent des comportements plus risqués par rapport aux élèves de la majorité[28].

Les problèmes sociaux peuvent entraîner des problèmes de santé et des problèmes psychologiques, en particulier chez les jeunes. Des études ont constaté que les minorités sexuelles sont confrontées à un stress accru en raison des stigmates associés. Ce stress crée une régulation émotionnelle et un coping élevés ainsi que des processus sociaux et cognitifs menant à un risque de psychopathologie[30].

Notes

  1. L'étude du Williams Institute indique toutefois que selon la date des sondages et les différents pays étudiés, les homosexuels déclarés arrivent parfois en première position, devant les bisexuels.

Références

  1. a b et c (en) Meg Barker, Christina Richards, Rebecca Jones, Helen Bowes-Catton, Tracey Plowman, Jen Yockney et Marcus Morgan, « The Bisexuality report : Bisexual inclusion in the LGBT equality and diversity », Centre for Citizenship, Identities and Governance and Faculty of Health and Social Care, The Open University (2012) (lire en ligne « Copie archivée » (version du 25 août 2014 sur l'Internet Archive)).
  2. Emmanuelle Beaubatie, « Trans' », dans Juliette Rennes, Encyclopédie critique du genre, La Découverte, (ISBN 9782707190482, OCLC 965143553, lire en ligne), p. 640.
  3. « Non-binaire, « gender fluid », trans… des ados « ni tout à fait filles ni tout à fait garçons » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. a et b Michelle Filice, « Bispiritualité », sur L'Encyclopédie canadienne, (consulté le ).
  5. a et b Thomas Sasso et Cathy Gallagher-Louisy, In & out : points de vue divergents sur l'inclusion des GLBT dans le milieu du travail, Centre canadien pour la diversité et l'inclusion, 40 p. (lire en ligne).
  6. « LIBRES & ÉGAUX: VISIBILITÉ INTERSEXE | », Libres et égaux Nations Unies,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (en) An Activist's Guide to the Yogyakarta Principles « Copie archivée » (version du 27 juin 2018 sur l'Internet Archive).
  8. « Queer in Québec : étude de la réception du mouvement queer dans les journaux québécois », sur www.revuecygnenoir.org (consulté le )
  9. (en) QUILTBAG sur Wiktionary.
  10. (en) « MOGAI », sur urbandictionary.com (consulté le ).
  11. (en) « LGBT : Definition of Term », sur geneq.berkeley.edu/.
  12. (en) Clinton Andor, « Words that are biphobic and why », UC Davis LGBT Resource Center, projet associé à l'université de Californie à Davis.
  13. (en) Gary J. Gates, « How many people are lesbian, gay, bisexual, and transgender? » [PDF], sur The Williams Institute, .
  14. (en) San Francisco Human Rights Commission, « Bisexual Invisibility: Impacts and Recommendations », sur sf-hrc.org, p. 1.
  15. a et b Antoine Messiah et Emmanuelle Mouret-Fourme, « Homosexualité, bisexualité : éléments de socio-biographie sexuelle », Population, no 5,‎ , p. 1353-1379.
  16. (en) « Bisexuality « Copie archivée » (version du 27 juin 2018 sur l'Internet Archive) », The Kinsey reports, Kinsey Institute.
  17. Shere Hite, Le rapport Hite sur les Hommes, Robert Laffont, 1983, repris par Élisabeth Badinter dans XY, De l'identité masculine (1992), p. 161-162.
  18. (en) « Living la vida loca », The Economist,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. François Kraus, « Les électorats sociologiques - Les électorats sociologiques Gays, bis et lesbiennes : Des minorités sexuelles ancrées à gauche », sur cevipof.com, .
  20. (en) « Discriminatory laws and practices and acts of violenceagainst individuals based on their sexual orientation andgender identity » [PDF], sur ohchr.org, .
  21. (en-GB) Brian Stelter, « Gay on TV: It’s All in the Family », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  22. (en-GB) Jeremy Egner, « More Gay and Transgender Characters Are on TV, Report Shows », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  23. Kerry, Stephen (2011), ‘Representation of intersex in news media: the case of Kathleen Worrall’, Journal of Gender Studies, 20 (3), 263-77.
  24. (en-GB) By Stephanie Busari CNN, « Gender row athlete: What is intersexuality? - CNN.com », sur edition.cnn.com (consulté le ).
  25. (en) Bryan N. Cochran, Angela J. Stewart, Joshua A. Ginzler et Ana Mari Cauce, « Challenges Faced by Homeless Sexual Minorities: Comparison of Gay, Lesbian, Bisexual, and Transgender Homeless Adolescents With Their Heterosexual Counterparts », American Journal of Public Health, vol. 92, no 5,‎ , p. 773–777 (ISSN 0090-0036, PMID 11988446, PMCID 1447160, DOI 10.2105/AJPH.92.5.773)
  26. (en) Arthur W. Blume, « Advances in Substance Abuse Prevention and Treatment Interventions Among Racial, Ethnic, and Sexual Minority Populations », Alcohol Research : Current Reviews, vol. 38, no 1,‎ , p. 47–54 (PMID 27159811, PMCID 4872612).
  27. (en) Jane M. Simoni, Laramie Smith, Kathryn M. Oost et Keren Lehavot, « Disparities in Physical Health Conditions Among Lesbian and Bisexual Women: A Systematic Review of Population-Based Studies », Journal of Homosexuality, vol. 64, no 1,‎ , p. 32–44 (ISSN 0091-8369, PMID 27074088, PMCID 5063711, DOI 10.1080/00918369.2016.1174021).
  28. a et b (en) Laura Kann, Emily O’Malley Olsen, Tim McManus et William A. Harris, « Sexual Identity, Sex of Sexual Contacts, and Health-Related Behaviors Among Students in Grades 9–12 — United States and Selected Sites, 2015; Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR) », Centers for Disease Control and Prevention, (consulté le ).
  29. (en) Kate Jackman, Judy Honig et Walter Bockting, « Nonsuicidal self-injury among lesbian, gay, bisexual and transgender populations: an integrative review », Journal of Clinical Nursing, vol. 25, nos 23–24,‎ , p. 3438–3453 (ISSN 0962-1067, PMID 27272643, DOI 10.1111/jocn.13236).
  30. a et b (en) Mark L. Hatzenbuehler, « How does sexual minority stigma "get under the skin"? A psychological mediation framework. », Psychological Bulletin, vol. 135, no 5,‎ , p. 707–730 (ISSN 1939-1455, PMID 19702379, PMCID 2789474, DOI 10.1037/a0016441, lire en ligne)

Bibliographie

  • Anne Arvy, Principes d'action pour l’accompagnement des personnes LGBTI suivies à l’Aide aux migrants, Genève, Hospice général, novembre 2017, 29 p.
  • Sébastien Chauvin, Sociologie de l'homosexualité, Paris, la Découverte, , 125 p. (ISBN 978-2-7071-5469-9 et 2707154695, OCLC 857794189).
  • Daniel Wetzler-Lang, Les nouvelles hétérosexualités, Éres, .

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Liens externes