Ouvrir le menu principal

Dick Cheney

vice-président des États-Unis de 2001 à 2009
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cheney (homonymie).

Dick Cheney
Illustration.
Dick Cheney en 2004.
Fonctions
46e vice-président des États-Unis

(8 ans)
Élection 7 novembre 2000
Réélection 2 novembre 2004
Président George W. Bush
Gouvernement Administration Bush
Prédécesseur Al Gore
Successeur Joe Biden
17e secrétaire à la Défense des États-Unis

(3 ans, 9 mois et 30 jours)
Président George H. W. Bush
Gouvernement Administration G.H.W. Bush
Prédécesseur Frank Carlucci
Successeur Les Aspin
Représentant des États-Unis

(10 ans, 2 mois et 17 jours)
Circonscription District at-large du Wyoming
Prédécesseur Teno Roncalio
Successeur Craig Thomas
7e chef de cabinet de la Maison-Blanche

(1 an et 2 mois)
Président Gerald Ford
Prédécesseur Donald Rumsfeld
Successeur Hamilton Jordan
Biographie
Nom de naissance Richard Bruce Cheney
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Lincoln (Nebraska, États-Unis)
Nationalité Américain
Parti politique Parti républicain
Conjoint Lynne Vincent
Enfants Elizabeth Cheney
Mary Cheney
Diplômé de Université Yale
Université du Wyoming
Profession Homme d'affaires

Signature de Dick Cheney

Dick Cheney Dick Cheney
Vice-présidents des États-Unis
Secrétaires à la Défense des États-Unis

Richard Bruce Cheney[1], dit Dick Cheney, né le à Lincoln (Nebraska), est un homme d'affaires et homme politique américain. Membre du Parti républicain, il est vice-président des États-Unis entre 2001 et 2009 dans l'administration du président George W. Bush.

Sommaire

Situation personnelleModifier

Dick Cheney est le fils de Richard Herbert Cheney, agent du département de l'Agriculture des États-Unis, et de Marjorie Dickey Cheney. Selon les affirmations en 2007 de son épouse Lynne Cheney, Dick Cheney est un cousin éloigné de Barack Obama et de l'ancien président Harry Truman : les trois ont un ancêtre commun qui est Mareen Duvall, un protestant français né au XVIIe siècle[2].

Il grandit à Casper (Wyoming).

Il entre rapidement dans la vie active en travaillant sur les lignes électriques de la compagnie locale d'électricité. Il intègre également l'université Yale grâce à une bourse scolaire, mais c'est à l'université du Wyoming qu'il obtient sa maîtrise en science politique en 1966. Il est exempté de service militaire à cause de son statut d'étudiant et de jeune père de deux enfants en bas âge.

En 1964, il se marie avec Lynne Vincent, qu’il a rencontrée au collège et avec laquelle il a deux enfants : Elizabeth (née en 1966) et Mary (née en 1969).

À partir de ses 37 ans, Dick Cheney est victime de plusieurs accidents cardiaques. En 1988, il subit un quadruple pontage coronarien, et plus tard deux angioplasties afin de dégager des artères coronaires rétrécies. Depuis 2001, il porte un stimulateur cardiaque. En 2012, il annonce son rétablissement à la suite d'une transplantation cardiaque[3],[4].

Parcours politiqueModifier

DébutsModifier

 
Dick Cheney (à gauche) en 1976.

La carrière politique de Dick Cheney commence en 1969, dans l'administration de Richard Nixon, au sein même de la Maison-Blanche. Il est alors l'assistant de Donald Rumsfeld, son mentor en politique.

Chef de cabinet de la Maison-BlancheModifier

En 1975, sous la présidence de Gerald Ford, il succède au poste de chef de cabinet de la Maison-Blanche à Donald Rumsfeld, nommé secrétaire à la défense. À cette époque, les deux hommes s'opposent à la politique d'apaisement d'Henry Kissinger qu'ils jugent trop molle à l'égard de l'Union soviétique. En 1976, il dirige aux côtés de James Baker la campagne de Gerald Ford, qui sera battu par Jimmy Carter.

Représentant des États-Unis pour le WyomingModifier

En 1978, Dick Cheney est élu sous la bannière républicaine représentant du Wyoming et est réélu jusqu'en 1989. Il refuse de voter en faveur d'un jour férié en l'honneur de la naissance de Martin Luther King Jr. et de la création du département fédéral de l'Éducation. Il s'oppose également à l'imposition de sanctions économiques contre l'Afrique du Sud et le régime d'apartheid, qualifiant Nelson Mandela et l'ANC de terroristes. Il défend également les intérêts pétroliers et plus largement le monde des affaires[réf. nécessaire].

Secrétaire à la DéfenseModifier

 
Portrait officiel comme secrétaire à la Défense (1989).

Après son investiture, le président George H. W. Bush nomme le sénateur texan John Tower au poste de secrétaire à la Défense. Mais ce choix est rejeté par le Sénat[5]. Bush nomme alors Cheney qui est lui approuvé (92-0) par le Sénat le 17 mars 1989 ; il prend officiellement ses fonctions le 20[6].

En tant que secrétaire à la Défense, Dick Cheney supervise l'opération Just Cause au Panama et l'opération Tempête du désert au Koweït en 1991, année où il reçoit la médaille présidentielle de la Liberté pour avoir « assuré la défense de l'Amérique dans des temps de grands bouleversements internationaux ». Il fait massivement privatiser les tâches logistiques et d’arrière des opérations militaires, faisant appel à la société Blackwater[7].

En 1993, Dick Cheney rejoint le think tank (cercle de réflexion) néoconservateur American Enterprise Institute (Institut de l'entreprise américain) après la défaite de George Bush à l’élection présidentielle. De 1995 à 2000, il dirige la société d'ingénierie civile Halliburton spécialisée dans l'industrie pétrolière. Le fait que cette société ait décroché de gros contrats en Irak en 2003 lui est très fortement reproché[réf. nécessaire]. En 1997, avec Donald Rumsfeld et d'autres, il fonde le think tank néoconservateur PNAC (Project for the New American Century) - « Projet pour un nouveau siècle américain » - dont le but est de promouvoir le leadership global des États-Unis au XXIe siècle.

Vice-président des États-UnisModifier

ÉlectionModifier

En 2000, en dépit d'une santé fragile à la suite de plusieurs attaques cardiaques, il devient le candidat républicain à la vice-présidence aux côtés de George W. Bush, démissionne de ses fonctions à Halliburton et cède une grande partie de ses titres à des organismes de charité. La même année, il rejoint comme membre le Conseil consultatif du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA)[8].

Exercice de la fonction et influence controverséeModifier

 
Dick Cheney, Dennis Hastert et George W. Bush, Discours sur l'état de l'Union en 2003.
 
Dick Cheney et le président du Conseil des ministres italien, Silvio Berlusconi, en 2005.

En janvier 2001, il devient vice-président des États-Unis. Dès le début, Dick Cheney se révèle le vice-président le plus puissant que le pays ait connu jusque-là. Fort de sa longue expérience et de son culte du secret, il se charge, dans les premiers mois, de guider le jeune Bush encore novice sur de nombreux sujets de politique interne ou internationale[9]. Il prend en main la direction du groupe chargé du développement de la politique énergétique incluant parmi ses membres des dirigeants du groupe Enron en dépit de la faillite retentissante de celui-ci.

Dick Cheney est en première ligne à la suite des attentats du 11 septembre 2001.

Ses détracteurs[Qui ?] l'accusent d'avoir poussé le président à l'invasion de l'Irak en plaidant notamment pour une opération militaire contre Saddam Hussein sans la saisine préalable de l'ONU, d'avoir affirmé que le dictateur possédait des armes chimiques et bactériologiques et qu'il avait remis en route son programme de fabrication d'une bombe atomique.

Le , il devient le second vice-président à exercer par intérim la fonction de président pendant une hospitalisation du président Bush.

Dick Cheney est réélu vice-président au côté de George W. Bush à l'issue de l’élection présidentielle de 2004.

Affaire Plame-WilsonModifier

Article détaillé : Affaire Plame-Wilson.
  Cette section est trop longue. Elle pourrait gagner à être raccourcie ou répartie en plusieurs sous-sections.
Il est également possible que sa longueur crée un déséquilibre dans l'article, au point d'en compromettre la neutralité en accordant à un aspect du sujet une importance disproportionnée.

En , Dick Cheney est accusé dans un article de The New York Times d'avoir révélé à son chef de cabinet, Lewis Libby, l'identité d'un agent secret de la CIA, Valerie Plame ce qui déclenche l'affaire Plame-Wilson. Il serait alors indirectement à l'origine de la divulgation criminelle à la presse de l'identité de cet agent. Cette affirmation du New York Times contredit les déclarations de M. Libby, qui dit avoir appris l'identité de Plame par des journalistes. Révéler l'identité d'un agent de la CIA est un crime fédéral aux États-Unis alors que Dick Cheney est considéré comme un adversaire historique de la Centrale de renseignement dont il dénonce depuis la fin des années 1980 les échecs et les insuffisances (incapacité à prévoir la disparition de l'Union soviétique, incapacité de prévoir l'invasion du Koweït par Saddam Hussein, le peu d'informations sur l'arsenal irakien...). Il aurait ainsi tenté d'utiliser la CIA comme bouc émissaire pour avoir gonflé l'ampleur des programmes d'armes de destruction massive de Saddam Hussein et d'avoir fourni de faux renseignements au gouvernement sur l'achat d'uranium au Niger par l'Irak. Lewis Libby a été inculpé le pour avoir révélé l'identité de Valerie Plame[10],[11].

Fin de mandatModifier

Le , un attentat-suicide fait 23 morts et 20 blessés à l'extérieur d'une base militaire américaine en Afghanistan, visitée au même moment par Dick Cheney[12]. Un porte-parole des talibans revendique l'attentat pour son groupe et indique que Cheney était la cible visée par l'attentat[13].

Le , Dick Cheney quitte ses fonctions. Il est remplacé par Joe Biden, colistier de Barack Obama.

Après la vice-présidenceModifier

Après son départ de la vice-présidence, Dick Cheney reste actif sur la scène politique américaine[14]. Il défend le bilan, décrié, de l'administration Bush[15], et critique la politique menée en matière de sécurité nationale par le président Barack Obama, qu’il juge trop laxiste et n'accordant pas assez d'importance aux guerres d'Irak et d'Afghanistan dans la lutte contre le terrorisme[14],[16].

Il critique à plusieurs reprises le Républicain Donald Trump, considéré comme plus nationaliste et moins conservateur que lui[17].

Positionnement politiqueModifier

Dick Cheney est traditionnellement qualifié de néo-conservateur. Il est ainsi interventionniste en matière de politique étrangère.

Il est partisan d'un État aussi minimal que possible ainsi que du port d'armes, et s'oppose à l’avortement. Il estime que les régimes matrimoniaux relèvent des États et que le gouvernement fédéral n'a pas à s'en mêler.

L'une de ses filles, Mary Cheney, est homosexuelle et militante LGBT ; son autre fille, Liz Cheney, afin de remporter son élection dans un Wyoming conservateur, s’est déclarée contre le mariage homosexuel[18].

Dans la culture populaireModifier

Dans son album The Last Sucker sorti en 2007, le groupe de metal industriel Ministry lui consacre un titre, The Dick Song.

Le rôle de Dick Cheney est interprété par Richard Dreyfuss dans le film W. : L'Improbable Président (2008) d'Oliver Stone, et par Christian Bale dans le film Vice d'Adam McKay (2018).

Notes et référencesModifier

  1. Son nom est prononcé en anglais ['tʃi:ni].
  2. Les descendants célèbres de Marin sont aussi par exemple Wallis Simpson (épouse d'Édouard VIII du Royaume-Uni), le juge Gabriel Duvall (en), et l'acteur Robert Duvall.
  3. « Dick Cheney a subi une transplantation cardiaque après une attente de 20 mois », sur Huffington Post, .
  4. « L'ex vice-président américain Dick Cheney s'est fait implanter une pompe cardiaque », sur Le Point, .
  5. (en) Michael Oreskes, « Senate Rejects Tower, 53-47; First Cabinet Veto since '59; Bush confers on new choice », sur The New York Times, .
  6. (en) Melissa Healy, « Senators Vote 92-0 for Cheney Confirmation : New Defense Secretary Completes Cabinet; Seat Unfilled for 2 Months », sur 1989-03-18, Los Angeles Times, .
  7. « Blackwater, saga d’une armée privée », sur Le Monde.fr, (consulté le 11 février 2018).
  8. Right Web : Jewish Institute for National Security Affairs, consulté le .
  9. Pierre Mélandri, Histoire des États-Unis, Perrin, , p. 425.
  10. (en) Dan Froomkin, « Spinning the Course », The Washington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 24 octobre 2006).
  11. (en) « Cheney's top aide indicted; CIA leak probe continues », CNN,‎ (lire en ligne[archive du ], consulté le 2 janvier 2008).
  12. « Cheney échappe à un attentat », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 4 novembre 2018).
  13. Afghanistan-les talibans affirment avoir visé Cheney, Reuters, , consulté le .
  14. a et b « Afghanistan, Irak, Libye : Woodward juge Obama », par le journaliste américain Bob Woodward, NouvelObs.com, mis en ligne le 18 avril 2011.
  15. « Cheney défend son bilan bec et ongles », LeFigaro.fr, mis en ligne le 22 décembre 2008.
  16. « Un mauvais procès contre Obama », CourrierInternational.com, mis en ligne le 7 janvier 2010.
  17. (en) « Dick Cheney says Donald Trump's Muslim ban 'goes against everything we stand for' », sur theweek.com, (consulté le 30 juin 2019).
  18. « Mariage gay: du rififi chez les Cheney », sur Big Picture (consulté le 30 juin 2019).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :