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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gaza (homonymie).

Gaza
غزة
Gaza
Vue de Gaza.
Administration
Pays Drapeau de la Palestine Palestine
Territoire palestinien Bande de Gaza
Gouvernorat Gouvernorat de Gaza
Démographie
Gentilé Gazaoui
Population 449 221 hab. (2009[1])
Géographie
Coordonnées 31° 31′ 00″ nord, 34° 27′ 00″ est
Altitude m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)

Voir sur la carte administrative de Palestine
City locator 12.svg
Gaza

Gaza (en arabe : غزة (/ɣɑːzə/) ; parfois appelée en anglais Gaza City pour la distinguer de la bande de Gaza qui désigne la région dans son ensemble) est la ville qui donne son nom à ce territoire longiligne appelé « bande de Gaza ». Le terme Gaza city en français est un abus de langage pour la ville de Gaza. Après avoir été mise sous l'autorité civile et militaire de l'Autorité palestinienne dès l'application des accords de Jéricho et Gaza de 1994 avec Israël, elle est depuis juin 2007 la ville la plus importante sous l'autorité du Hamas.

La ville de Gaza compte 400 000 habitants tandis que la population totale de la bande de Gaza dépasse 1 500 000 personnes, dont environ un tiers vit dans des camps de réfugiés palestiniens[2] , un autre tiers étant constitué des réfugiés vivant en dehors des camps[3]. Ses habitants s'appellent les « Gazaouis ».

Gaza découle de la racine cananéenne du mot fort, à travers le nom hébreu de la ville, Ġazzā la forte ou forteresse.

Une particularité est qu'environ 60 % de la population de la ville serait constituée de personnes âgées de moins de 18 ans[4].

Sommaire

ÉtymologieModifier

Le nom de Gaza découle de la racine cananéenne Ġazzā, la forte ou forteresse[5].

Lieux remarquablesModifier

Le centre-ville comporte un certain nombre de monuments importants. La mosquée Al Omari, ancienne cathédrale Saint-Jean-Baptiste datant de l'époque croisée, a gardé son architecture gothique caractéristique. Le musée de la ville occupe une citadelle d'époque mamelouke magnifiquement restaurée au début des années 2000. Gaza compte également un hammam datant de l'époque ottomane, restauré récemment. On trouve enfin l'église Saint-Porphyre, érigée au IVe siècle, centre de la communauté orthodoxe de la ville, dont l'état actuel est le résultat d'une restauration entreprise à l'époque des croisades. Le centre-ville compte encore d'anciennes maisons familiales en pierre locale, également de l'époque ottomane[6].

 
La plage de Gaza

Le dédale de ses rues et ruelles était souvent le théâtre d'affrontements entre l'armée israélienne et les Palestiniens, jusqu'au désengagement israélien de cette région.

HistoireModifier

 
Zeus : statue du IIe siècle trouvée à Gaza

AntiquitéModifier

Article détaillé : Histoire de Gaza antique.

La première référence à la ville de Gaza remonte au règne de Thoutmôsis III. La ville est également citée dans les lettres d'Amarna. Son intérêt principal réside dans sa position stratégique sur la route côtière reliant l'Égypte et la Syrie. C'est alors un marché important et un poste avancé égyptien faisant partie du « Chemin d'Horus » (série de forteresses réparties entre Tcharou[7] et Gaza)[8].

Dans les années -1190, les Philistins, un des peuples de la mer originaires de Crète selon une tradition biblique[9] s'installent sur la côte sud cananéenne (de Gaza à Jaffa), après avoir attaqué l'Égypte. Les Philistins laisseront leur nom bien plus tard à l'ensemble du territoire, que les Romains appelleront « Palestine ».

La ville philistine était une ville murée d'environ 80 ha, construite sur une colline à environ 45 m au-dessus du niveau de la mer, à environ 2,4 km de la mer Méditerranée.

Gaza est aussi mentionnée dans la Bible, comme l'une des villes principales des Philistins en guerre contre Israël : c'est notamment là que Samson est capturé[10] et qu'il meurt en faisant s'écrouler un temple philistin.

En 525 av. J.-C., la cité est conquise par Cambyse II, grand roi achéménide de l'empire perse, pour servir de tête de pont à toutes ses campagnes vers l'Égypte.

La ville est prise en 332 av. J.-C. par Alexandre le Grand à l'issue d'un siège. Les habitants sont massacrés ou réduits en esclavage.

En 145 av. J.-C., Gaza est conquise par Jonathan Maccabée, frère de Juda Maccabée et fondateur de la dynastie judéenne des Hasmonéens.

Époque romaine et byzantineModifier

Article détaillé : Histoire de Gaza antique.

Moyen ÂgeModifier

La ville est considérée comme le lieu où serait mort Hachim ibn Abd Manaf, l'arrière-grand-père de Mahomet au cours d'une expédition commerciale, d'où le nom classique de « Gaza de Hashem »[11].

La conquête de Gaza par les Arabes intervint très tôt, sans doute en 634. Elle n'est pas évoquée par les sources arabes mais l'est par les sources byzantines: la population civile dut payer tribut aux Arabes et la garnison, constituée de 60 soldats, fut emprisonnée et mise à mort quelque temps plus tard. Sous les Omeyyades une garnison militaire et un atelier monétaire furent implantés en ville. L'islamisation de la cité fut progressive: c'est là que naquit l'imam al-Chafii (fondateur de l'école de jurisprudence chafiite), mais ce n'est pas là qu'il vécut et enseigna.

La cité fit peu parler d'elle jusqu'au XIIe siècle et, au moment de la Croisade, elle avait beaucoup décliné. Elle était en ruines et peut-être désertée quand les Croisés vinrent en 1149 réoccuper le site et y construire un château-fort dans la partie la plus élevée. Ce château fut confié à la garde des Templiers. Au sud du château se développa la ville franque avec une grande église gothique qui est aujourd'hui la grande mosquée de Gaza. Une autre église, plus petite, est toujours aujourd'hui l'église orthodoxe Saint Porphyre. Tenue par les Templiers, apparemment prospère si l'on en juge par la qualité de sa grande église, Gaza constitua l'avant-poste du Royaume Latin de Jérusalem face à l'Égypte. Les sources franques la nomment Gazara, et en ancien français Gadres. Elle ne constituait pas un lieu de pèlerinage, et sa renommée en France ne venait que d'une chanson de geste composée vers 1170, Li Fuerre de Gadres (le sac de Gaza), évoquant la prise de la ville par Alexandre le Grand.

À la fin de 1170 Saladin s'empara de la ville basse mais échoua à prendre le château. Ce n'est qu'en 1187, au lendemain de la bataille de Hattin, qu'il obtint l'évacuation de Gaza par les Templiers et la remise des forteresses de Gaza et de Darom (Deyr el-Balah, au sud de Gaza). Richard Cœur de Lion reprit Darom et Gaza en 1192, mais négocia ensuite avec Saladin l'abandon de ces positions trop exposées, qu'il fit évacuer après en avoir détruit les fortifications.

En 1239 un retour offensif des Francs fut brisé à Beyt Hanun, bourgade du nord de Gaza dont la mosquée abrite les tombes des musulmans qui furent tués au cours de cette bataille. En 1244 eut lieu à Hirbiyyah (en latin Furbia, en français la Forbie) une bataille bien plus importante opposant une coalition égypto-khowarizmienne et une coalition syro-franque : le roi al-Salih Ismail de Damas avait promis aux Templiers de leur restituer Gaza en cas de victoire, mais ils furent défaits. Gaza demeura au pouvoir des Ayyoubides d'Égypte, puis de Syrie, jusqu'en 1260 où la ville fut occupée un temps par les Mongols avant d'être reprise par Baybars.

L'époque des Mamelouks (fin XIIIe - début XVIe siècle) fut pour Gaza une période prospère de renaissance, malgré des crises.

Temps modernesModifier

Les Ottomans mettent fin au règne des Mamelouks au cours du XVIe siècle. La ville de Gaza et toute la région sont administrées par la province ottomane d'Égypte.

Durant la Première Guerre mondiale, les troupes britanniques, commandées par le général Allenby, s'emparent de Gaza des mains de l'Empire ottoman à l'issue de la bataille de Gaza du . Elle reste sous le mandat britannique jusqu'à l'évacuation des britanniques en mai 1948 à la suite de la décision de partage de la Palestine du 29 novembre 1947.

De 1948 à 1967, la bande de Gaza redevient administrée par l'Égypte. À la suite de la crise du canal de Suez, elle fut occupée par les Israéliens de novembre 1956 au 7 mars 1957 qui firent 4000 prisonniers. Cette occupation causa la mort de 930 à 1200 palestiniens pour une population totale de 330 000 personnes[12]. Elle fut à nouveau occupée après la guerre des Six Jours.

En 1987, c'est à Gaza que débute la première Intifada, la « révolte des pierres », avant de s'étendre à l'ensemble des territoires occupés jusqu'en 1993 avec l'ouverture de négociations israélo-palestiniennes aboutissant aux accords d'Oslo.

Le , l'OLP obtient la gestion de Gaza et Jéricho. Le président Yasser Arafat et l'Autorité palestinienne s'installent à Gaza.

GéographieModifier

ClimatModifier

Gaza a un climat chaud, semi-aride avec des hivers doux et secs, et des étés chauds . Les mois les plus chauds sont juillet et août, avec la température moyenne étant de 33 ° C. Le mois le plus froid est janvier avec des températures généralement à 7 ° C. La pluie est rare et se situe généralement entre novembre et mars, avec des taux de précipitations annuelles d'environ 116 mm (4,57 pouces).

température moyenne à gaza
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 7 7 9 13 15 18 20 21 19 17 12 8 14
Température maximale moyenne (°C) 17 17 20 26 29 31 33 33 31 28 24 19 26
Source : [13]

[13]

Géographie de la populationModifier

Gaza connaît un taux de croissance démographique très élevé (3 % en 2014[14]) et donc près de la moitié de la population a moins de 15 ans. Comme ce taux de croissance est supérieur à celui de la Cisjordanie et, également d'Israël, il fait évoluer les rapports de force démographique au Proche-Orient.

Personnalités historiquesModifier

Proverbes, anecdotesModifier

La gaze, tissu précieux commercé au Moyen Âge à l'instar de la mousseline (de Mossoul) ou du damas (de Damas), est originaire de Gaza.

Notes et référencesModifier

  1. 2009 census, page 61. Bureau central palestinien de statistiques (en).
  2. (en) « Gaza’s children bounce their way into record books at Summer Games », sur www.un.org (consulté le 23 juillet 2010)
  3. (fr) « Des millions de réfugiés palestiniens au Proche-Orient », sur www.monde-diplomatique.fr (consulté le 23 juillet 2010)
  4. (fr) « Que faire de Gaza ? », sur www.rfi.fr (consulté le 23 juillet 2010)
  5. Modèle {{Lien web}} : paramètre « url » manquant. (en) « http://www.abarim-publications.com/Meaning/Gaza.html », sur abarim-publications.com, 21 novembre 2017url=http://www.abarim-publications.com/meaning/gaza.html (consulté le 30 mars 2018).
  6. Pèlerinage, sciences et soufisme : L'art islamique en Cisjordanie et à Gaza, collection L'art islamique en Méditerranée, Edisud
  7. Poste frontière à l'est du Delta du Nil.
  8. Dominique Valbelle, « Recherches archéologiques récentes dans le Nord-Sinaï », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 133, no 3,‎ , p. 594-607
  9. J. Elayi, Histoire de la Phénicie, Paris, 2013
  10. cf. Juges, 16
  11. Muhammad, M. A. Cook, Oxford University Press, 1983, page 13
  12. Henry Laurens, Cours au Collège de France, La question de Palestine à partir de 1949, cours du 6 décembre 2006 Consultable en ligne
  13. a et b « Weatherbase: Climate Information for Gaza », Weatherbase
  14. Statistiques palestiniennes

Voir aussiModifier

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BibliographiesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier