Tour de Lombardie

compétition de cyclisme italienne
Tour de Lombardie
Giro di Lombardia (it)
Généralités
Sport Cyclisme sur route
Création 1905
Organisateur(s) RCS Sport
Éditions 113 (en 2019)
Catégorie UCI World Tour
Type / Format Classique
Périodicité Annuelle (octobre)
Lieu(x) Drapeau de l'Italie Italie
Flag of Lombardy.svg Lombardie
Statut des participants Professionnel
Site web officiel www.ilombardia.it

Palmarès
Tenant du titre Drapeau : Pays-Bas Bauke Mollema
Plus titré(s) Drapeau : Italie Fausto Coppi
(5 victoires)
Crystal Clear app kworldclock.png
Pour la dernière compétition voir :
Tour de Lombardie 2019

Le Tour de Lombardie (en italien : Giro di Lombardia), officiellement nommé Il Lombardia est une course cycliste italienne créée en 1905. La course est traditionnellement la dernière des cinq classiques « monuments » de la saison et est considérée comme l'une des courses d'un jour les plus prestigieuses du cyclisme sur route. Elle se dispute à l'automne, le plus souvent le troisième week-end d’octobre, ce qui lui vaut le surnom de Classique des feuilles mortes, qu'elle partage avec Paris-Tours. Elle se court sur un parcours difficile, entre les lacs et les montagnes de Lombardie. La montée la plus célèbre de la course est la Madonna del Ghisallo dans le final de la course.

La première édition a lieu en 1905. Depuis sa création, le Tour de Lombardie est la grande classique avec le moins d'interruptions, seules les éditions de 1943 et 1944 ont été annulées en raison de la guerre. En raison de son parcours exigeant, la course est considérée comme une classique pour grimpeurs. L'Italien Fausto Coppi détient le record de succès avec cinq victoires.

Cette classique, autrefois inscrite au calendrier de la Coupe du monde fait désormais partie de l'UCI World Tour.

HistoireModifier

Milan-MilanModifier

Le Tour de Lombardie est créé à la suite d'une idée du journaliste sportif Tullo Morgagni. Morgagni veut donner au coureur milanais Pierino Albini l'occasion de se venger après sa défaite face à Giovanni Cuniolo lors de la « Coppa del Re » (Coupe du Roi). Son journal, La Gazzetta dello Sport, organise une nouvelle course en tant que « revanche » le 12 novembre 1905, intitulée Milan-Milan (Milano-Milano en italien). La course attire de grandes foules le long du parcours et se termine à Milan par la victoire de Giovanni Gerbi, à l'époque une des stars du cyclisme. Il remporte la course 40 minutes devant Giovanni Rossignoli et Luigi Ganna[1].

 
Le Français Henri Pélissier gagne le Tour de Lombardie en 1911 au sprint.

La course est rapidement devenue un événement incontournable en tant que clôture de la saison cycliste italienne et européenne.

Elle connait une seule interruption de deux ans, en 1943 et 1944, à l'occasion du second conflit mondial. Elle a rapidement attiré des coureurs étrangers, et un Français, Gustave Garrigou s'y est imposé dès 1907, l'année où elle est renommée Tour de Lombardie. Après des années pionnières, la course est dominée à tour de rôle par le Français Henri Pélissier et les héros locaux Gaetano Belloni et Costante Girardengo, qui ont tous remporté la course trois fois.

La course des championsModifier

 
Recordman des victoires, Fausto Coppi a remporté la course à cinq reprises entre 1946 et 1954.

Des années 1930 aux années 1950, Alfredo Binda, Gino Bartali et Fausto Coppi, icônes du cyclisme italien, sont les protagonistes principaux et immortalisENT la course avec leurs exploits. Coppi a remporté la course 5 fois (dont 4 victoires consécutives) et Binda 4 fois. Coppi termine en solitaire lors de chacune de ses victoires, avec une stratégie immuable d'attaquer sur la Madonna del Ghisallo et de maintenir son avance jusqu'à l'arrivée à Milan. Gino Bartali obtient un record de 9 podiums (3 victoires, 4 deuxièmes places et 2 troisièmes places).

Elle est restée longtemps l'apanage des Italiens. Ces derniers n'ont ainsi laissé échapper que 6 éditions avant 1950, dont trois remportées par Henri Pélissier, et il fallut attendre la 53e édition pour y voir un podium dépourvu d'italiens.

La course de 1956 reste une bataille particulièrement notable dans l'histoire de la course. À 60 kilomètres de l'arrivée, une échappée se forme avec Fausto Coppi, à la recherche de sa sixième victoire. Le coureur italien Fiorenzo Magni absent de l'échappée, se retrouve plus loin derrière lorsqu'une voiture le double avec Giulia Occhini, la célèbre maîtresse de Coppi, assise à l'arrière. Les deux ne s'entendaient pas et lorsque la voiture le dépasse, Magni la voit se moquer de lui. Enragé, il se lance dans une improbable poursuite et réussit à ramener le peloton sur les échappées dans les derniers kilomètres. Alors que Coppi et lui se disputent la victoire sur le Vélodrome Vigorelli, André Darrigade réalise un sprint resté dans la légende, reléguant ainsi Coppi et Magni au deuxième et troisième places[2],[3].

En 1961, l'arrivée du Tour de Lombardie est déplacée de Milan à Côme et l'identité de la course change fondamentalement. Le classique final plat de l'arrivée à Milan est remplacé par une spectaculaire arrivée au lac de Côme, à seulement six kilomètres du sommet de la dernière ascension. Malgré un retour occasionnel à Milan, la course développe une nouvelle identité, définie par une série de montées difficiles dans un paysage montagneux[4].

Au fil des ans, la course est dominée principalement par des coureurs italiens. Le Français Henri Pélissier et l'Irlandais Sean Kelly sont les seuls coureurs étrangers à gagner la course trois fois. La légende du cyclisme Eddy Merckx remporte trois victoires consécutives de 1971 à 1973, mais sa dernière victoire est annulée après un contrôle anti-dopage positif et est attribuée à Felice Gimondi initialement deuxième[5].

L'édition 1974 donne naissance à une autre anecdote mémorable. Eddy Merckx veut prendre sa revanche, mais son compatriote belge Roger De Vlaeminck attaque tôt dans la course, ce qui pousse Merckx à faire en sorte que son équipe travaille à sa poursuite. De Vlaeminck, qui n'a pas vraiment l'intention de continuer en solitaire, s'arrête et se cache derrière un buisson pour laisser passer le peloton. Il retourne à l'avant du peloton et demande en plaisantant à un Merckx surpris « qui sont-ils en train de pourchasser ? ». De Vlaeminck remporte finalement la course devant Merckx[6].

Le classique d'automneModifier

Pendant près de 70 ans, la course est baptisée "il Mondiale d'Autunno" en Italie (le « championnat du monde d'Automne »), le véritable championnat du Monde ayant lieu à la fin de l'été. Il perd ce rôle particulier en 1995 lorsque l'Union cycliste internationale (UCI) révolutionne le calendrier cycliste international et déplace le championnat du monde d'août à octobre, une semaine avant le Tour de Lombardie. Elle reste néanmoins la dernière course importante de la saison européenne, et s'affirme progressivement comme une des courses d'un jour majeures du calendrier.

De 1988 à 2004, le Tour de Lombardie est la dernière étape de la Coupe du monde et est souvent la course décisive de cette compétition. En 1997, Michele Bartoli devait devancer Rolf Sørensen dans la course pour remporter le général de la Coupe du monde 1997. Pendant 30 kilomètres, il effectue seul le travail dans une échappée de quatre coureurs, sacrifiant ses chances de remporter le sprint. L'édition est remportée par le Français Laurent Jalabert, Bartoli terminant quatrième et s'adjugeant la Coupe du monde[7].

En 2005, elle rejoint le nouveau calendrier ProTour, où elle fait partie des cinq monuments des classiques, avec Paris-Roubaix, le Tour des Flandres, Milan-San Remo et Liège-Bastogne-Liège. À la suite des tensions entre l'UCI et l'organisateur de l'épreuve, la course quitte le ProTour à partir de 2009, et intègre le Calendrier mondial UCI. En 2011, elle intègre l'UCI World Tour.

 
Vincenzo Nibali a remporté le Tour de Lombardie 2015 et 2017.

La course est devenue la plus importante des Classiques d'automne avec Paris-Tours en France, remportée principalement par les sprinteurs ou des baroudeurs. Cependant, au début du 21e siècle, Paris-Tours perd son statut de course du UCI World Tour et le Tour de Lombardie reste la grande classique de l'automne, l'unique classique « Monument » de la fin de l'année. Triple vainqueur entre 2004 et 2008, Damiano Cunego devient le dernier à rejoindre la caste des coureurs à trois victoires.

En 2006, la course célèbre sa 100e édition, remportée par Paolo Bettini, une semaine après être devenue champion du monde. L'édition est particulièrement émouvante car le frère de Bettini est décédé dans un accident de voiture cinq jours seulement avant la course et l'Italien s'est montré ému lorsqu'il a franchit la ligne d'arrivée[8]. Bettini est l'un des sept coureurs à avoir remporté le Tour de Lombardie après être devenu champion du monde plus tôt la même année. Les six autres sont Alfredo Binda, Tom Simpson, Eddy Merckx, Felice Gimondi, Giuseppe Saronni et Oscar Camenzind.

Depuis 2012, le championnat du monde et le Tour de Lombardie sont placés fin septembre ou début octobre selon les années, alors que nom de la course est officiellement devenu Il Lombardia. La course est désormais la classique par excellence pour permettre aux coureurs de se venger du championnat du monde ou de réaliser une "Double victoire d'automne". Dans les années 2010, Philippe Gilbert, Joaquim Rodríguez et Vincenzo Nibali ont tous remporté la course à deux reprises.

ParcoursModifier

 
L'église de la "Madonna del Ghisallo".

Comme la plupart des classiques du cyclisme, le parcours se développe au fil des ans et le Tour de Lombardie subit plus de changements que tout autre classique « Monument ». Depuis les années 1960, il se distingue par son parcours vallonné et varié autour du lac de Côme, au nord-est de Milan, avec une arrivée plate dans l'une des villes situées au bord du lac.

Son symbole est l'ascension de la Madonna del Ghisallo, l'un des sanctuaires emblématiques du cyclisme. La montée commence près de Bellagio, au bord du lac de Côme, et se poursuit jusqu'à l'église de la Madonna del Ghisallo (754 mètres), patronne universelle des cyclistes. Au fil des ans, elle est devenu indissociable de la course et du cyclisme en général. C'était l'ascension préférée des grands cyclistes Fausto Coppi et Gino Bartali, qui l'ont rendue immortelle. L'église sert également de musée contenant des objets religieux et liés au cyclisme[9].

En 1960, le Mur de Sormano, une montée extrêmement difficile de 2 kilomètres arrivant à 1 105 mètres d'altitude, avec une pente de 15,8 %, est gravi pour la première fois par les coureurs, mais il ne reste dans le parcours de la course que pour trois éditions, jusqu'en 1962, année où Ercole Baldini établit le record de l'ascension en min 24 s. Réintroduit par l'organisateur en 2012, ce record a depuis été battu par Joaquim Rodríguez et Romain Bardet lors de l'édition 2012 avec un temps d'un peu moins de 9 minutes.

Changement de parcoursModifier

À l'origine, le Tour de Lombardie est couru de Milan à Milan et, comme de nombreuses classiques du cyclisme, des ascensions sont progressivement introduites sur le parcours, dans le but de rendre la course plus exigeante. En 1961, l'arrivée est déplacée à Côme et le caractère de la course change fondamentalement. La partie longue et plate menant à l'arrivée à Milan est abandonnée ; à sa place, l'arrivée est déplacée en bord de lac, à seulement 6 kilomètres du sommet de la dernière montée. Le parcours subit généralement quelques changements chaque année, parfois une refonte complète, pour être modifiée à nouveau lors de l'édition suivante.

 
Profil de l'édition 2008

De 1984 à 1989, l'arrivée revient à Milan et en 1990 dans la banlieue de Monza, invitant les attaquants à effectuer des échappées sur de longues distances. De 1995 à 2003, l'arrivée est à Bergame avec le Colle del Gallo (Col Gàl en Bergamasque) comme dernière ascension de la journée. Le Colle del Gallo, avec son sanctuaire de la « Madonna dei ciclisti » au sommet, se révèle souvent décisif.

En 2004, après vingt ans, la ligne d'arrivée fait son retour au bord du lac de Côme, avec la montée courte mais raide de San Fermo della Battaglia juste avant l'arrivée. L'édition 2010 a vu la réintroduction du fameux Mur de Sormano, une ascension spectaculaire avec une pente maximale de 25%, qui remplace le Civiglio après le Ghisallo[10].

En 2011, le parcours est entièrement renouvelé, avec une première arrivée à Lecco. Le Sormano est de nouveau inclus, mais est grimpé avant le Ghisallo. Après le Ghisallo, une partie plate conduit à la dernière montée de la course : la Villa Vergano à Galbiate. Après la descente, il ne reste que 3 kilomètres jusqu'à l'arrivée à Lecco. L'ascension de 3,4 kilomètres de la Villa Vergano est notamment l'endroit décisif des éditions 2011 et 2012[11].

En 2014, l'arrivée est déplacée à Bergame. L'organisateur RCS MediaGroup annonce que de 2014 à 2017, l'arrivée du Tour de Lombardie s'alternerait entre Bergame et Côme.

Caractéristiques de la courseModifier

Le Tour de Lombardie est considéré comme la classique des grimpeurs et l'une des courses les plus difficiles de la saison, en raison de sa distance (environ 255 km) et de ses ascensions célèbres. Dans l'époque moderne, le parcours comporte généralement cinq ou six montées importantes. La plus connue d'entre elles est la Madonna del Ghisallo, l'un des rares lieux fixes de la course. La montée fait 10,6 kilomètres de long, avec une pente moyenne de 5,2% et des passages à plus de 10%.

Parce que le parcours comporte généralement une descente et une partie plate à l'arrivée, les principaux prétendants sont des coureurs dotés d'un large éventail de compétences. En tant que tel, le parcours favorise les grimpeurs avec une bonne pointe de vitesse au sprint et même les spécialistes des grands tours. Le spécialiste du contre-la-montre Tony Rominger remporte le Tour de Lombardie à deux reprises dans les années 90 et le vainqueur du Tour de France, Vincenzo Nibali gagne les éditions 2015 et 2017 après une attaque en descente[12],[13]. La course est souvent comparée à Liège-Bastogne-Liège, la classique monument qui a lieu en Belgique plus tôt dans l'année. Les deux classiques ont un parcours vallonné similaire et présentent un palmarès similaire depuis les années 1960, mais sont de caractéristiques différentes. Les montée de la Lombardie sont généralement plus longues que celles des Ardennes belges et plus dispersées sur le parcours. Liège-Bastogne-Liège compte une douzaine d'ascensions catégorisées, généralement plus courtes et plus raides, se succédant plus rapidement que dans le Tour de Lombardie[14] .

 
Vue panoramique du lac de Côme avec Bellagio au pied du Ghisallo

En raison de sa position à l'automne comme l'une des dernières classiques de l'année, cette course est communément surnommée la « Classique des feuilles mortes ». Par conséquent, la météo joue à plusieurs reprises un rôle décisif dans la difficulté de la course. Par mauvais temps - assez commun en Lombardie - l'épreuve est souvent une course exténuante où les coureurs les plus forts attaquent bien avant l’arrivée. Les éditions de 2006, 2010 et 2012 ont été exceptionnellement pluvieuses. En 2010, Philippe Gilbert et Michele Scarponi ont attaqué à 40 kilomètres de l'arrivée. Gilbert a distancé Scarponi sur le San Fermo della Battaglia et a remporté la course. En 2012, celui-ci a chuté dans une descente mouillée.

Lorsque les conditions météorologiques sont favorables, les équipes sont en mesure de contrôler la course plus facilement et les attaques décisives arrivent plus tard dans la course. Les jours ensoleillés, les feuilles des arbres dessinent généralement un sentier doré autour de la Lombardie et la couverture télévisée diffuse de nombreuses images aériennes du paysage entourant le lac de Côme. La presse italienne, qui n'hésite jamais à introduire une épithète poétique, a également inventé l'expression « La classique romantique » pour désigner la course[4].

Côtes significativesModifier

Un aperçu des ascensions principales traversées par le Tour de Lombardie. Comme le parcours change chaque année, toutes les montées ne sont pas incluses dans la même édition.

Ascension Longueur % moyen % max
Civiglio 5,7 km 6,9% 10%
Colle Brianza 4,2 km 6,9% 7,5%
Colma di Sormano 9,6 km 6,5% 8,4%
Colle del Gallo 6 km 6,8% 10,4%
Madonna del Ghisallo 10,6 km 5,2% 11%
Ascension Longueur % moyen % max
Mur de Sormano 1,7 km 16% 27%
San Fermo della Battaglia 2,2 km 8,2% 8,3%
Valcava 11,8 km 8% 12%
Villa Vergano 3,2 km 7,4% 15%


Lieux de départ et d'arrivéeModifier

Année Ville de départ Ville d'arrivée
1905-1960 Milan Milan
1961-1984 Milan Côme
1984-1989 Côme Milan (Dôme)
1990-1994 Milan Monza
1995-2001 Varèse Bergame
2002 Cantu Bergame
2003 Côme Bergame
2004-2006   Mendrisio Côme
2007-2009 Varèse Como
2010 Milan Côme
2011 Milan Lecco
2012-2013 Bergame Lecco
2014 Côme Bergame
2015 Bergamo Côme
2016 Côme Bergame
2017-2019 Bergame Côme


PalmarèsModifier

Année Vainqueur Deuxième Troisième
1905   Giovanni Gerbi   Giovanni Rossignoli   Luigi Ganna
1906   Cesare Brambilla   Carlo Galetti   Luigi Ganna
1907   Gustave Garrigou   Ernesto Azzini   Luigi Ganna
1908   François Faber   Luigi Ganna   Giovanni Gerbi
1909   Giovanni Cuniolo   Omer Beaugendre   Louis Trousselier
1910   Giovanni Micheletto   Luigi Ganna   Luigi Bailo
1911   Henri Pélissier   Giovanni Micheletto   Cyrille Van Hauwaert
1912   Carlo Oriani   Enrico Verde   Maurice Brocco
1913   Henri Pélissier   Maurice Brocco   Marcel Godivier
1914   Lauro Bordin   Giuseppe Azzini   Pierino Piacco
1915   Gaetano Belloni   Paride Ferrari   Gaetano Caravaglia
1916   Leopoldo Torricelli   Camillo Bertarelli   Alfredo Sivocci
1917   Philippe Thys   Henri Pélissier   Leopoldo Torricelli
1918   Gaetano Belloni   Alfredo Sivocci   Carlo Galetti
1919   Costante Girardengo   Gaetano Belloni   Heiri Suter
1920   Henri Pélissier   Giovanni Brunero   Gaetano Belloni
1921   Costante Girardengo   Gaetano Belloni   Federico Gay
1922   Costante Girardengo   Giuseppe Azzini   Bartolomeo Aimo
1923   Giovanni Brunero   Pietro Linari   Federico Gay
1924   Giovanni Brunero   Costante Girardengo   Pietro Linari
1925   Alfredo Binda   Battista Giuntelli   Ermanno Vallazza
1926   Alfredo Binda   Antonio Negrini   Ermanno Vallazza
1927   Alfredo Binda   Alfonso Piccin   Antonio Negrini
1928   Gaetano Belloni   Allegro Grandi   Pietro Fossati
1929   Pietro Fossati   Adriano Zanaga   Raffaele Di Paco
1930   Michele Mara   Alfredo Binda   Learco Guerra
1931   Alfredo Binda   Michele Mara   Giovanni Firpo
1932   Antonio Negrini   Domenico Piemontesi   Remo Bertoni
1933   Domenico Piemontesi   Luigi Barral   Pietro Rimoldi
1934   Learco Guerra   Mario Cipriani   Domenico Piemontesi
1935   Enrico Mollo   Aldo Bini   Gino Bartali
1936   Gino Bartali   Diego Marabelli   Luigi Barral
1937   Aldo Bini   Gino Bartali   Aimone Landi
1938   Cino Cinelli   Gino Bartali   Osvaldo Bailo
1939   Gino Bartali   Adolfo Leoni   Salvatore Crippa
1940   Gino Bartali   Osvaldo Bailo   Cino Cinelli
1941   Mario Ricci   Cino Cinelli   Severino Canavesi
1942   Aldo Bini   Gino Bartali   Quirino Toccacelli
1943-44 Suspendu à cause de la Seconde Guerre mondiale
1945   Mario Ricci   Aldo Bini   Gino Bartali
1946   Fausto Coppi   Luigi Casola   Michele Motta
1947   Fausto Coppi   Gino Bartali   Italo De Zan
1948   Fausto Coppi   Adolfo Leoni   Fritz Schaer
1949   Fausto Coppi   Ferdi Kübler   Nedo Logli
1950   Renzo Soldani   Antonio Bevilacqua   Fausto Coppi
1951   Louison Bobet   Giuseppe Minardi   Fausto Coppi
1952   Giuseppe Minardi   Nino Defilippis   Arrigo Padovan
1953   Bruno Landi   Pino Cerami   Pierre Molineris
1954   Fausto Coppi   Fiorenzo Magni   Mino De Rossi
1955   Cleto Maule   Fred De Bruyne   Angelo Conterno
1956   André Darrigade   Fausto Coppi   Fiorenzo Magni
1957   Diego Ronchini   Bruno Monti   Aurelio Cestari
1958   Nino Defilippis   Miguel Poblet   Michel Van Aerde
1959   Rik Van Looy   Willy Vannitsen   Miguel Poblet
1960   Émile Daems   Diego Ronchini   Marino Fontana
1961   Vito Taccone   Imerio Massignan   Renzo Fontona
1962   Jo de Roo   Livio Trapè   Alcide Cerato
1963   Jo de Roo   Adriano Durante   Michele Dancelli
1964   Gianni Motta   Carmine Preziosi   Jos Hoevenaers
1965   Tom Simpson   Gerben Karstens   Jean Stablinski
1966   Felice Gimondi   Eddy Merckx   Raymond Poulidor
1967   Franco Bitossi   Felice Gimondi   Raymond Poulidor
1968   Herman Van Springel   Franco Bitossi   Eddy Merckx
1969   Jean-Pierre Monseré   Herman Van Springel   Franco Bitossi
1970   Franco Bitossi   Felice Gimondi   Gianni Motta
1971   Eddy Merckx   Franco Bitossi   Frans Verbeeck
1972   Eddy Merckx   Cyrille Guimard   Felice Gimondi
1973[15]   Felice Gimondi   Roger De Vlaeminck   Herman Van Springel
1974   Roger De Vlaeminck   Eddy Merckx   Tino Conti
1975   Francesco Moser   Enrico Paolini   Alfredo Chinetti
1976   Roger De Vlaeminck   Bernard Thévenet   Wladimiro Panizza
1977   Gianbattista Baronchelli   Jean-Luc Vandenbroucke   Franco Bitossi
1978   Francesco Moser   Bernt Johansson   Bernard Hinault
1979   Bernard Hinault   Silvano Contini   Giovanni Battaglin
1980   Fons De Wolf   Alfredo Chinetti   Ludo Peeters
1981   Hennie Kuiper   Moreno Argentin   Alfredo Chinetti
1982   Giuseppe Saronni   Pascal Jules   Francesco Moser
1983   Seán Kelly   Greg LeMond   Adrie van der Poel
1984   Bernard Hinault   Ludo Peeters   Teun van Vliet
1985   Seán Kelly   Adrie van der Poel   Charly Mottet
1986   Gianbattista Baronchelli   Seán Kelly   Phil Anderson
1987   Moreno Argentin   Eric Van Lancker   Marc Madiot
1988   Charly Mottet   Gianni Bugno   Marino Lejarreta
1989   Tony Rominger   Gilles Delion   Luc Roosen
1990   Gilles Delion   Pascal Richard   Charly Mottet
1991   Seán Kelly   Martial Gayant   Franco Ballerini
1992   Tony Rominger   Claudio Chiappucci   Davide Cassani
1993   Pascal Richard   Giorgio Furlan   Maximilian Sciandri
1994   Vladislav Bobrik   Claudio Chiappucci   Pascal Richard
1995   Gianni Faresin   Daniele Nardello   Michele Bartoli
1996   Andrea Tafi   Fabian Jeker   Axel Merckx
1997   Laurent Jalabert   Paolo Lanfranchi   Francesco Casagrande
1998   Oscar Camenzind   Michael Boogerd   Felice Puttini
1999   Mirko Celestino   Danilo Di Luca   Eddy Mazzoleni
2000   Raimondas Rumšas   Francesco Casagrande   Niklas Axelsson
2001   Danilo Di Luca   Giuliano Figueras   Michael Boogerd
2002   Michele Bartoli   Davide Rebellin   Oscar Camenzind
2003   Michele Bartoli   Angelo Lopeboselli   Dario Frigo
2004   Damiano Cunego   Michael Boogerd   Ivan Basso
2005   Paolo Bettini   Gilberto Simoni   Fränk Schleck
2006   Paolo Bettini   Samuel Sánchez   Fabian Wegmann
2007   Damiano Cunego   Riccardo Riccò   Samuel Sánchez
2008   Damiano Cunego   Janez Brajkovič   Rigoberto Urán
2009   Philippe Gilbert   Samuel Sánchez   Alexandr Kolobnev
2010   Philippe Gilbert   Michele Scarponi   Pablo Lastras
2011   Oliver Zaugg   Dan Martin   Joaquim Rodríguez
2012   Joaquim Rodríguez   Samuel Sánchez   Rigoberto Urán
2013   Joaquim Rodríguez   Alejandro Valverde   Rafał Majka
2014   Dan Martin   Alejandro Valverde   Rui Costa
2015   Vincenzo Nibali   Daniel Moreno   Thibaut Pinot
2016   Esteban Chaves   Diego Rosa   Rigoberto Urán
2017   Vincenzo Nibali   Julian Alaphilippe   Gianni Moscon
2018   Thibaut Pinot   Vincenzo Nibali   Dylan Teuns
2019   Bauke Mollema   Alejandro Valverde   Egan Bernal
 
Henri Pélissier, vainqueur au sprint en 1911.
 
Gino Bartali, vainqueur en novembre 1936.


Statistiques et recordsModifier

Multiples vainqueursModifier

Victoires Coureur Nationalité Années
5 Fausto Coppi   Italie 1946, 1947, 1948, 1949 et 1954
4 Alfredo Binda   Italie 1925, 1926, 1927 et 1931
3 Henri Pélissier   France 1911, 1913 et 1920
Costante Girardengo   Italie 1919, 1921 et 1922
Gaetano Belloni   Italie 1915, 1918 et 1928
Gino Bartali   Italie 1936, 1939 et 1940
Sean Kelly   Irlande 1983, 1985 et 1991
Damiano Cunego   Italie 2004, 2007 et 2008
2 Giovanni Brunero   Italie 1923 et 1924
Aldo Bini   Italie 1937 et 1942
Mario Ricci   Italie 1941 et 1945
Jo de Roo   Pays-Bas 1962 et 1963
Franco Bitossi   Italie 1967 et 1970
Eddy Merckx   Belgique 1971 et 1972
Felice Gimondi   Italie 1966 et 1973
Roger De Vlaeminck   Belgique 1974 et 1976
Francesco Moser   Italie 1975 et 1978
Bernard Hinault   France 1979 et 1984
Gianbattista Baronchelli   Italie 1977 et 1986
Tony Rominger   Suisse 1989 et 1992
Michele Bartoli   Italie 2002 et 2003
Paolo Bettini   Italie 2005 et 2006
Philippe Gilbert   Belgique 2009 et 2010
Joaquim Rodríguez   Espagne 2012 et 2013
Vincenzo Nibali   Italie 2015 et 2017

Victoire par paysModifier

# Pays Victoires
1.   Italie 69
2.   Belgique 12
-   France 12
4.   Suisse 5
5.   Irlande 4
  Pays-Bas 4
7.   Espagne 2
8.   Colombie 1
  Lituanie 1
  Luxembourg 1
  Royaume-Uni 1
  Russie 1

Triptyque d'automneModifier

Le « Trittico di Autunno » (Triptyque d'automne) est le nom officieux donné aux trois classiques italiennes qui se tiennent dans les régions de la Lombardie et du Piémont dans le nord de l'Italie, au début du mois d'octobre, à savoir : Milan-Turin, le Tour du Piémont et le Tour de Lombardie. Les trois courses, bien que désormais toutes organisées par RCS Sport, ne sont pas officiellement liées, contrairement par exemple au Trittico Lombardo (Triptyque Lombard) qui précède de quelques jours ces classiques, et au terme duquel un prix est généralement attribué au coureur qui a obtenu les meilleurs résultats dans les trois courses de l'épreuve.

Le Triptyque d'automne se déroule dans un délai de quatre jours, la semaine suivant le championnat du monde. Milan-Turin a lieu le jeudi après le mondial, le Tour du Piémont le vendredi et le Tour de Lombardie est la course de clôture le dimanche. Le Tour de Lombardie est l'apogée, la course la plus difficile et sans équivoque la plus importante de ce trio officieux.

Les trois courses ont une histoire riche, remontant à plus d'un siècle. Milan-Turin, avec sa première course en 1876, est la plus ancienne classique au monde, trois décennies plus âgées que le Tour de Lombardie. Jusqu'en 1986, puis de 2005 à 2007, Milan-Turin est organisée au printemps. Depuis 1987, les trois courses se déroulent à l'automne, initialement mi-octobre et depuis 2012 deux semaines plus tôt. Milan-Turin et le Tour du Piémont ont tous deux souffert de problèmes de continuité dans le passé, mais sont de retour sur le calendrier en 2015[16]. Pour de nombreux coureurs, en particulier italiens, Milan-Turin et le Tour du Piémont (tous deux longues de 200 kilomètres) sont les courses références pour préparer le Tour de Lombardie.

Performances notablesModifier

Doublé avec Milan-San RemoModifier

Le Tour de Lombardie est l'un des cinq monuments du cyclisme, l'un des deux monuments italiens avec Milan-San Remo. Milan-San Remo, surnommé la « Primavera » a lieu au printemps et est considérée comme une course de sprinteurs, tandis que le Tour de Lombardie a lieu à l'automne et est considérée comme une course de grimpeurs. Au total, 21 coureurs ont remporté les deux courses au moins une fois dans leur carrière. Le dernier en date est Vincenzo Nibali vainqueur de Milan-San Remo en 2018 après ses succès sur le Tour de Lombardie en 2015 et 2017.

Gagner Milan-San Remo et le Tour de Lombardie la même année est considéré comme le Saint Graal dans le cyclisme italien. La performance est surnommée par la presse italienne comme « La Doppietta » (Le Doublé)[17]. Sept coureurs ont réalisé cet exploit pour un total de dix reprises. Fausto Coppi l'a fait trois fois de suite, Eddy Merckx est le dernier coureur à l'avoir réalisé.

Encore plus rare est la combinaison de remporter les trois grandes courses cyclistes italiennes la même année, à savoir dans l'ordre Milan-San Remo, le Tour d'Italie et le Tour de Lombardie. Ce triplé italien s'est produit deux fois :

Doublé avec Paris-ToursModifier

Les deux Classiques des feuilles mortes se déroulent généralement à une semaine d'intervalle, mais le doublé Paris-Tours et Tour de Lombardie reste rare dans l'histoire, car les profils de ces deux courses sont radicalement différents. Seuls trois coureurs ont réalisé ce doublé : Rik Van Looy en 1959, Jo de Roo en 1962 et 1963, et Philippe Gilbert en 2009. Philippe Thys a lui aussi gagné les deux courses la même année (en 1917), mais à l'époque Paris-Tours se court au printemps.

Notes et référencesModifier

  1. « History of the Giro di Lombardia », sur gazzetta.it
  2. (it) 21 ottobre 1956 - Giro di Lombardia
  3. « Cycling Revealed Timeline », sur cyclingrevealed.com
  4. a et b « Daily Peloton - Pro Cycling News », sur dailypeloton.com
  5. (it) Gianni Pignata, « Merckx, doping nel "Lombardia" », Editrice La Stampa,‎ , p. 19 (lire en ligne, consulté le 27 mai 2012)
  6. « sporza video: Roger De Vlaeminck klopt Eddy Merckx in de Ronde van Lombardije (1974) », sur sporza
  7. http://www.autobus.cyclingnews.com/results/archives/oct97/lombardy97.html
  8. Cycling News, « Bettini's brother dies », sur Cyclingnews.com
  9. « Museo del Ghisallo », sur Museo del Ghisallo
  10. « Muro di Sormano returns to Tour of Lombardy route », Cycling News, Future Publishing Limited,‎ (lire en ligne, consulté le 23 septembre 2012)
  11. Stephen Farrand, « New Giro di Lombardia route unveiled », sur Cyclingnews.com
  12. Sadhbh O'Shea, « Nibali wins Il Lombardia », Cyclingnews.com, Immediate Media Company,‎ (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2015)
  13. Nigel Wynn, « Watch: Vincenzo Nibali’s amazing descending in Il Lombardia », Cycling Weekly, Time Inc. UK,‎ (lire en ligne, consulté le 6 octobre 2015)
  14. « The Hardest Monument Classic » Irish Peloton », sur irishpeloton.com
  15. Le vainqueur est le Belge Eddy Merckx en h 3 min 37 s (moyenne : 37,051 km/h) mais celui-ci a été déclassé à la suite d'un contrôle positif à la noréphédrine.
  16. (it) « Vogliono cancellare la corsa ciclistica più antica del mondo » (consulté le 1er octobre 2014)
  17. « 19 marzo 1952 - Milano-Sanremo », sur museociclismo.it

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier