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Aristide Cavaillé-Coll

facteur d'orgue français du XIXe siècle
Aristide Cavaillé-Coll
Description de cette image, également commentée ci-après

Aristide Cavaillé-Coll vers 1894 à l'âge de 83 ans.
Aristide Cavaillé-Coll - Signature.jpg
Signature d'Aristide Cavaillé-Coll.

Naissance
Montpellier
Décès (à 88 ans)
Paris
Activité principale Facteur d'orgue
Lieux d'activité Toulouse, Paris, France, Europe
Descendants Emmanuel Cavaillé-Coll
Famille Famille Cavaillé-Coll
Récompenses Officier de la Légion d'honneur Officier de la Légion d'honneur
Distinctions honorifiques Son nom est donné à l'astéroïde 5184 Cavaillé-Coll

Œuvres principales

Aristide Cavaillé-Coll est un facteur d'orgue né le à Montpellier et mort le à Paris. Il est considéré comme l'un des plus importants facteurs d'orgue du XIXe siècle.

Orgue d'Artistide Cavaillé-Coll (1840) à la basilique Saint-Denis.
Plaque à l'emplacement des ateliers d'Aristide Cavaillé-Coll, « Facteur de Grandes Orgues », 13 avenue du Maine à Paris.

Sommaire

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Aristide Cavaillé-Coll naît à Montpellier, dans le département de l'Hérault, le dans une famille de facteurs d'orgues[1]. Jean-Pierre Cavaillé (1743-1808) est le premier facteur d'orgue de la famille. Il épouse Maria Coll en 1767. Leur fils, Dominique-Haycinthe Cavaillé-Coll, épouse Jeanne Autard en 1810. Le fils aîné du couple, Vincent, naît le 8 octobre 1808. Aristide est leur deuxième fils. C'est tout naturellement et très tôt qu'il fait son apprentissage dans cette profession associé à son père et à son frère aîné. La famille vit alors à Toulouse.

Créateur et innovateurModifier

En 1830, Aristide, qui poursuit des études de mathématiques, invente, en collaboration avec son frère et son père, un instrument à clavier et à anches libres baptisé poïkilorgue ou orgue varié expressif, remarqué par Gioachino Rossini lors de la représentation de l'opéra de Giacomo Meyerbeer Robert le Diable qu'il dirigeait à Toulouse. En 1833, la famille s'installe à Paris[1] à la demande de Rossini qui a besoin d'un petit orgue pour la représentation d'un opéra.

Aristide se fait connaître en remportant le concours ouvert pour la construction d'un grand orgue à l'abbaye royale de Saint-Denis[1]'[2], avec l'appui de François-Adrien Boieldieu, Luigi Cherubini et Jean-François Lesueur, membres de la commission. Cet instrument colossal comporte, en germe, tout le génie du jeune facteur : emploi de machines Barker afin de soulager le jeu de l'organiste, jeux harmoniques, récit expressif, pressions multiples, plans sonores pensés non plus en opposition mais par masses venant composer un tutti puissant. Cet orgue novateur, terminé en 1841, marque le point de départ d'une importante carrière.

Une importante carrièreModifier

Avec l'aide de son père et de son frère, il construit par la suite les orgues de nombreuses églises à Paris comme en province. Après Saint-Denis, les plus prestigieuses paroisses de la capitale pour lesquelles il réalise ou modifie les instruments font appel à son talent. Il réalise également de nombreux orgues à l'étranger. Sa production avoisine les cinq-cents instruments, toutes tailles confondues. Les orgues sortis de ses établissements se trouvent dispersées à travers le monde : cinquante-cinq à Paris, trois-cents dans diverses cathédrales ou églises de France ; le reste se trouve dans différents pays européens : Angleterre, Belgique, Danemark, Espagne, Hollande, Italie, Portugal, Roumanie, Suisse, ou d'autres continents : Amérique du Nord, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Haïti, Mexique, Pérou, Chine, Indochine, Inde...

Un artisan d'exceptionModifier

À partir de 1868, les difficultés de tous ordres s'accumulent. Sa femme meurt le 30 octobre 1868. La guerre de 1870 aggrave les difficultés : les commandes ne peuvent être honorées du fait de la mobilisation aux armées du personnel et du siège de Paris, l'entreprise est momentanément fermée. Aristide Cavaillé-Coll doit emprunter, pour garantir la survie de son entreprise, la Manufacture d'orgues avenue du Maine est hypothéquée en garantie. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1849, il est nommé officier de l'ordre le [3]. En 1892, la liquidation judiciaire menace mais tous les fidèles compagnons groupés autour du « Patron » obtiennent un arrangement. Aristide Cavaillé-Coll cède son entreprise à Charles Mutin, ancien de la maison installé à Caen, le .

Atteint d’une cécité galopante, Aristide Cavaillé-Coll meurt l'année suivante, le (à 88 ans) à Paris[1]. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse. Dans son éloge funèbre, Charles Mutin prononça ces mots :

« Le Patron ... ce nom, en désignant M. Cavaillé-Coll, n'avait rien de l’appellation familière que des employés donnent au chef d’une maison ; il voulait dire quelque chose de plus, de plus affectueux aussi. Cavaillé-Coll fut le chef et le protecteur de la facture d’orgues tout entière ; lui seul, et pas d'autres, éleva son métier à la hauteur d’une science et d'un art, et grâce à son génie l'orgue est devenu l'instrument merveilleux que nous possédons aujourd'hui. »

Son fils Emmanuel Cavaillé-Coll (1860-1922) est un artiste décorateur. La petite histoire attribue à Aristide Cavaillé-Coll l'invention de la scie circulaire, qu'il n'a fait cependant qu'améliorer[4].

DécorationsModifier

Décorations françaisesModifier

Décorations étrangèresModifier

HommagesModifier

L'astéroïde 5184 Cavaillé-Coll découvert en 1990 par Eric Walter Elst de l'observatoire royal de Belgique a été nommé en l'honneur d'Aristide Cavaillé-Coll. Le square Aristide-Cavaillé-Coll situé près de l'église Saint-Vincent-de-Paul de Paris dans le 10e arrondissement porte son nom.

Protection du patrimoineModifier

En France, les orgues d'Aristide Cavaillé-Coll sont recensés dans les trois-cent-soixante-seize notices de la base Palissy du ministère de la Culture décrivant les orgues de tribune, les orgues de chœur ou leurs parties instrumentales protégés par les Monuments historiques au titre d'objets mobiliers ou versés à l'inventaire général du patrimoine culturel[5].

Localisation des instrumentsModifier

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Date Pays Région Commune Édifice Coordonnées Base Palissy Notes et références Illustration
1834
1841
France Île-de-France Saint-Denis Basilique Saint-Denis 48° 56′ 08″ N, 2° 21′ 35″ E « PM93000477 » Orgue de tribune 69 jeux orguesfrance.com  
1838 France Bretagne Lorient Église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle 47° 45′ 25″ N, 3° 22′ 02″ O Orgue de tribune orguesfrance.com Image manquante
1838 France Île-de-France Paris Église Notre-Dame-de-Lorette 48° 52′ 35″ N, 2° 20′ 20″ E « PM75004246 » Orgue de tribune 47 jeux orguesfrance.com  
1839 France Bretagne Dinan Basilique Saint-Sauveur 48° 27′ 12″ N, 2° 02′ 30″ O Orgue de tribune 28 jeux youtube.com Image manquante
1841
1846
France Île-de-France Paris Église de la Madeleine 48° 52′ 12″ N, 2° 19′ 27″ E « PM75004244 » Orgue de tribune 48 jeux musiqueorguequebec.ca  
1842 France Île-de-France Paris Église Saint-Roch 48° 51′ 55″ N, 2° 19′ 57″ E « PM75004213 » Orgue de tribune 49 jeux culture.gouv.fr  
1845 France Île-de-France Paris Église Saint-Roch 48° 51′ 55″ N, 2° 19′ 57″ E « PM75004214 » Orgue de chœur musiqueorguequebec.ca  
1845
1846
France Bretagne Saint-Malo Église Sainte-Croix 48° 38′ 02″ N, 2° 01′ 11″ O « PM35001019 » Orgue de chœur 15 jeux
2 claviers/pédalier musiqueorguequebec.ca
 
1846 France Corse Ajaccio Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption 41° 55′ 03″ N, 8° 44′ 17″ E Orgue de tribune 44 jeux culture.gouv.fr orguesfrance.com Image manquante
1846 France Centre-Val de Loire Orléans Cathédrale Sainte-Croix 47° 54′ 06,4″ N, 1° 54′ 36,9″ E « PM45000969 » Orgue de chœur musiqueorguequebec.ca Image manquante
1848 France Occitanie Nîmes Église Saint-Paul 43° 50′ 11,8″ N, 4° 21′ 22,1″ E « PM30000808 » Orgue de tribune orguesfrance.com Image manquante
1852 France Île-de-France Paris Église Saint-Vincent-de-Paul 48° 52′ 43,7″ N, 2° 21′ 06,6″ E « PM75004203 » Orgue de tribune 48 jeux musiqueorguequebec.ca  
1853 France Île-de-France Paris Église Notre-Dame du Val-de-Grâce 48° 50′ 26″ N, 2° 20′ 31″ E « PM75004228 » Orgue de tribune 8 pieds de deux claviers-pédalier et de 21 jeux valdegrace.org culture.gouv.fr  
1853 France Occitanie Pézenas Collégiale Saint-Jean 43° 27′ 36″ N, 3° 25′ 27″ E « PM34001189 » Orgue de tribune Lépine-Cavaillé-Coll 38 jeux reconstruction dans le buffet de Jean-François Lépine youtube.com  
1853 France Hauts-de-France Saint-Omer Cathédrale Notre-Dame 50° 44′ 57″ N, 2° 15′ 09″ E « PM62001406 »
« IM62001597 »
Orgue de tribune 49 jeux restauration des grandes orgues  
1855 France Grand Est Ban-de-Sapt Église Saint-Grégoire 7° 00′ 52″ N, 48° 20′ 37″ E « PM88000044 » « IM88004174 » Harmonium 2 claviers et pédalier Image manquante
1856 Belgique Gand Église Saint Nicolas 51° 03′ 14″ N, 3° 43′ 22″ E Orgue de tribune (nl) 45 jeux  
1856 France Occitanie Lunel Église Notre-Dame-du-Lac 4° 08′ 10″ N, 43° 40′ 40″ E « PM34002316 » Orgue de tribune youtube.com Image manquante
1857 France Pays de la Loire Luçon Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption 46° 27′ 16″ N, 1° 10′ 00″ O « PM85000783 » Orgue de tribune 54 jeux
4 claviers/pédalier musimem.com
 
1857
1861
France Grand Est Nancy Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation 48° 41′ 29″ N, 6° 11′ 11″ E « PM54001310 » Orgue de tribune 65 jeux 4 claviers reconstruction dans le buffet de Nicolas Dupont (1763) musiqueorguequebec.ca  
1858 France Bourgogne-Franche-Comté Poligny Collégiale Saint-Hippolyte 46° 50′ 14″ N, 5° 42′ 38″ E « PM39003590 » Orgue de tribune musiqueorguequebec.ca  
1858 France Île-de-France Paris Église Saint-Louis-d'Antin 48° 52′ 28,25″ N, 2° 19′ 41,89″ E « PM75004248 » Orgue de tribune 26 jeux francemusique.fr Image manquante
1859 France Île-de-France Paris Basilique Sainte-Clotilde 48° 51′ 30″ N, 2° 19′ 09″ E « PM75004239 » Orgue de tribune 46 jeux musiqueorguequebec.ca  
1859 1860 France Occitanie Auch Cathédrale Sainte-Marie 43° 38′ 47″ N, 0° 35′ 09″ E « PM32000539 » Orgue de chœur musiqueorguequebec.ca  
 
Plaque constructeur de la console de l'orgue de l'église Saint-Sulpice de Paris.
 
Plaque de la console de l'orgue de l'église du Gésu de Toulouse.
 
Cathédrale Saint-Maurice, Angers.
 
Cathédrale Notre-Dame d'Amiens, les grandes orgues
 
Rennes, Cathédrale Saint-Pierre : grandes orgues
En province
En Europe

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Henri de Rohan-Csermak, Aristide Cavaillé-Coll, Le Pérégrinateur, Toulouse, coll. « L'esprit Curieux », (ISBN 2-910352-22-6)
  • François Turellier, Les orgues et les organistes de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. Leur place à l'église et dans la ville, des origines jusqu'aux travaux d'Aristide Cavaillé-Coll, in : L'Orgue, revue trimestrielle publiée par l'Association des Amis de l'Orgue en coédition avec Symétrie, no 291, Versailles, Lyon, 2010-III, p. 3-33.
  • Ariam / Île-de-France, Orgues de l'Île-de-France. Inventaire réalisé sous la direction de Pierre Dumoulin : tome IV - Inventaire des Orgues de Paris, Première Partie, Paris, Aux Amateurs de Livres, 1992 ; tome V - Inventaire des Orgues de Paris, Deuxième Partie, Paris, Klincksieck, 1995 ; tome VI - Inventaire des Orgues de Paris, Troisième Partie, Paris, Klincksieck, 1997.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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