Charles Mutin

facteur d'orgue français

Charles Mutin, né le à Saint-Julien-sur-Suran[1] (Jura), mort le à Paris[1], est un facteur d'orgue français, successeur d'Aristide Cavaillé-Coll.

Charles Mutin
Image dans Infobox.
Charlin Mutin, gravure du Monde musical (1895)
Biographie
Naissance
Décès
(à 70 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinction

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Une origine jurassienneModifier

Marie Charles Claude Hubert Mutin naquit le à Saint-Julien dans le département du Jura. Lorsqu'il avait trois ans, il perdit son père, qui était aubergiste. Sa mère, de vingt cinq ans plus jeune, resta veuve avec trois enfants. La famille endettée quitta le Jura pour Paris après la Guerre de 1870.

Apprenti à la manufacture d'orgues Cavaillé-CollModifier

En 1873, Charles Mutin était un élève brillant au Petit Séminaire à Meaux mais à l'âge de 14 ans, il entra comme apprenti chez Aristide Cavaillé-Coll[1] où il fut confié à Joseph Koenig (1846-1926), l’un des harmonistes de la maison qui venait d'obtenir la commande d’un grand orgue pour l’abbaye aux Hommes de Caen.

Joseph Koenig (le père du futur maréchal Koenig), épousa Ernestine Mutin, la sœur aînée de Charles Mutin et fonda sa propre maison de facture d'orgue à Caen.

Charles Mutin fut tiré au sort pour accomplir son service militaire (classe 1861) pour une durée de cinq ans. Incorporé au 117e Régiment d’Infanterie stationné à Argentan, il y fut nommé sergent-chef « fourrier » et occupa ses heures de permission à entretenir l’orgue de l’église Notre-Dame d’Argentan.

Un facteur d'orgue de talentModifier

Libéré de ses obligations militaires, il rencontra à Falaise, Eugénie Crespin (1870-1953), fille unique d’un entrepreneur de bâtiments, commandant des Sapeurs-pompiers et marguillier de l’église Notre-Dame-de-Guilbray à Falaise. Il épousa cette riche héritière, le . Le couple demeura à Falaise, où Charles Mutin fonda son premier atelier de facteur d’orgues. Puis le couple s'installa à Caen.

Charles Mutin, ancien employé de Cavaillé-Coll, installé à Caen, reprit l'entreprise en 1898 ; la situation financière étant désastreuse, Aristide Cavaillé-Coll la lui céda. La société prit par la suite le nom de Mutin-Cavaillé-Coll. Elle perpétua la tradition de la maison et fabriqua de nombreux instruments, jusque 1923[1].

Charles Mutin, héritier de la tradition Cavaillé-Coll, présenta à l’Exposition Universelle de 1900, un grand orgue qui se trouve aujourd'hui dans la grande salle du Conservatoire Tchaïkovski de Moscou.

En plus d’entretenir le patrimoine des orgues de Cavaillé-Coll, il construisit près de 300 orgues, développa la mode des orgues de salon pour les riches propriétaires privés. Il revendit la maison Cavaillé-Coll en 1924 à Auguste Convers. L'entreprise prit le nom « Manufacture d'orgues Cavaillé-Coll, A. Convers & Cie »

Jusqu’à sa mort le en son domicile dans le 15e arrondissement de Paris[2], Charles Mutin préserva la réputation de la Manufacture Cavaillé-Coll fondée en 1833.

Quelques instruments notoiresModifier

Sous sa direction, la maison Cavaillé-Coll construit et installe

  • 1899 – Orgue pour la résidence d’Alexandre Guilmant à Meudon, racheté par Marcel Dupré en 1926.
  • 1900 – À l’Exposition Universelle de 1900 à Paris, il présente un grand orgue de 50 jeux pour le Conservatoire de Moscou.
  • 1901 – Grand orgue de l'église Saint-Léonard de Honfleur, à partir d'un instrument de Merklin.
  • 1901 - Restauration de l'orgue de la basilique Saint-Denis, premier opus d'Aristide Cavaillé-Coll.
  • 1902 – Orgue de la salle de concert de la Schola Cantorum, Paris.
  • 1902 - Orgue de Madame Anna Boch (1848-1936), artiste peintre et musicienne originaire de La Louvière, légué par elle et inauguré 1937 par Fréteur à Ecaussinnes dans le Hainaut en Belgique. 12 jeux, 2 claviers et pédalier.
  • 1903 – Grand orgue de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Metz.
  • 1903 – Orgue de l’église de Cormeilles (Eure) : 10 jeux, 2 claviers et pédalier.
  • 1904 – Grand orgue de l'église Saint-Jacques d'Abbeville. L'instrument a été démonté au cours de la démolition de l'église[3].
  • 1905 – Orgue de salon de Georges Ancel, député maire de Harfleur, transféré tout d'abord à l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan (Morbihan), puis en 2014 à Séville (Espagne).
  • 1906 – Orgue du Sacré-Cœur de Buenos Aires.
  • 1907 – Orgue de chœur de la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux.
  • 1908 – Grand orgue de l'église Notre-Dame de Guebwiller.
  • 1908 – Orgue de la cathédrale de Nouméa (Nouvelle-Calédonie)
  • 1908 - Orgue pour un particulier à Andrésy, transféré en 1947 à l'Église Notre-Dame-de-Lourdes de Roubaix où il se trouve encore.
  • 1909 – Orgue de l'église Sainte-Geneviève des Grandes Carrières à Paris, se trouvant précédemment dans un théâtre de Clichy.
  • 1910 – Orgue de salon de Jean Huré.
  • 1911 – Orgue de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
  • 1911 - Orgue de l'Église Saint-Pierre de Bouvines.
  • 1912 – Grand orgue de la basilique du Saint-Sacrement de Buenos Aires.
  • 1913 – Grand orgue de l'église de Sarralbe.
  • 1913-1915 - Orgue de concert du Casino Municipal de Nice (commandé initialement par un particulier).
  • 1914 – Orgue de 4 claviers et 67 jeux prévu pour le conservatoire de Saint-Pétersbourg, finalement installé à la collégiale Saint-Pierre de Douai, après avoir servi d'orgue d'exposition dans les ateliers Mutin-Cavaillé-Coll.
  • 1918 – Grand orgue de la cathédrale du Sacré-Cœur d'Oran.
  • 1919 – Le grand Cavaillé-Coll du Baron de l'Espée à Biarritz (1898) est démonté et installé dans la Basilique du Sacré-Cœur de Paris.
  • 1921 - Orgue de St Jean Baptiste (quartier du Virolois) à Tourcoing. Orgue vendu et réinstallé à Kiel (Allemagne).
  • 1922 – Orgue de la Collégiale Saint-Pierre de Douai (construit en 1910–14 pour le Conservatoire de Saint-Pétersbourg, mais jamais livré à cause de la Révolution russe et du déclenchement de la Première Guerre mondiale).

Réalisations (sélection)Modifier

En tout, Mutin a construit 552 nouveaux orgues et réalisé 251 réparations.

Année Opus Lie Église Image Manuel Registre Remarques
1900 Moscou Conservatoire Tchaïkovski de Moscou  
1901 - 1902 Orgue de la basilique Saint-Denis Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Cathédrale de Saint-Denis (Seine Saint-Denis)  
1912 île de Wight Abbaye Notre-Dame de Quarr II/P 20
1914 Paris Sacré-Cœur de Montmartre   II/P 20 1922
1922 Douai Collégiale Saint-Pierre de Douai IV/P 67
1923 Paris Église Sainte-Marie des Batignolles   III/P 36
1889 Osnabrück Cathédrale Saint-Pierre d'Osnabrück II/P 12 (15) Transmissions dans la pédale
1920 Borken Johanneskirche II/P 9 Depuis 2010
1906 Schierling Priesterseminar II/P 10
1921 Kiel St. Nikolai II/P 18 Acquis en 2003

RéférencesModifier

SourcesModifier

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Liens externesModifier