Merville (Nord)

commune française du département du Nord

Merville
Merville (Nord)
Hôtel de ville de Merville
(inauguré le 7 avril 1929).
Blason de Merville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Intercommunalité Communauté de communes Flandre Lys
Maire
Mandat
Joël Duyck
2020-2026
Code postal 59660
Code commune 59400
Démographie
Gentilé Mervillois, Mervilloises
Le nom jeté des habitants
est les caous (chats)
Population
municipale
9 720 hab. (2017 en augmentation de 2,69 % par rapport à 2012)
Densité 361 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 38′ 40″ nord, 2° 38′ 28″ est
Altitude Min. 12 m
Max. 19 m
Superficie 26,96 km2
Élections
Départementales Canton d'Hazebrouck
Législatives Quinzième circonscription
Localisation
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Merville
Liens
Site web http://www.ville-merville.fr/v4/

Merville est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.

GéographieModifier

 
Merville dans son ANCIEN canton et son arrondissement. Merville fait désormais partie du canton d'Hazebrouck.

SituationModifier

Située au sud de l'arrondissement de Dunkerque (Plaine de la Lys) entre Lille (38 km), Hazebrouck (13 km) et Béthune (16 km).

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes de Merville
La Motte-aux-Bois puis Hazebrouck Vieux-Berquin Neuf-Berquin
Saint-Venant   Estaires
Calonne-sur-la-Lys Lestrem

ToponymieModifier

Meregem en flamand[1] ce qui signifie : "hameau du marais". Autrefois dénommée terre de Broyle (terrain marécageux) puis Maurante villa, du nom de Saint Maurand (Maurand de Douai)[2]. En latin, Merville se dit Maroutvilla[3]traduit par Maurontville.

HistoireModifier

Fin du VIIe siècle, Mauront, duc de Douai, fonde un monastère en un lieu appelé Bruël, près de la Lys. Il cède la direction à Aimé de Sion dit Saint-Amé, évêque exilé, en 690. Les deux sont considérés comme les fondateurs de Merville[3].

La population se développe autour du monastère, et ainsi naît une agglomération attestée en latin médiéval sous la forme Maurontivilla - Broislum en 697, puis Menrivilla en 1076, dans un diplôme de Philippe Ier, roi de France, qui consacre les droits et les biens de la cité à la Collégiale Saint-Amé de Douai.

En 1431, Meerghem (hameau du marais en flamand) reçoit le privilège de fabriquer des draps par Philippe le Bon. Ce même roi signe en 1451 la fameuse Ghisle de Menreville, qui constitue la véritable charte de Merville. La cité est rattachée à la France en 1678 par le traité de Nimègue.

En 1713, le roi Louis XV a établi à Merville une maîtrise des eaux et forêts[4].

De 879 à 1940, la ville a connu 6 destructions totales et 5 partielles. Au cours de la Première Guerre mondiale, Merville est totalement rasée : l'architecture néo-flamande de la ville est caractéristique de la période de reconstruction dans les années 1920. La commune reçoit au titre de ces destructions la Croix de guerre 1914-1918[5].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, l'aérodrome est utilisé par les Anglais (Hawker Hurricanes...), puis pris par les Allemands (Messerschmitt Bf 110...) ; ces derniers transforment alors le triangle d'herbe en une structure bétonnée, environnée de blockhaus et de tarmacs disposés en « marguerite », l'aérodrome se situant en effet près de la côte et donc de celle de l'Angleterre (Les hangars situés vers l'aéro-club datent a priori de cette époque). Lors de la libération de la ville, les infrastructures sont alors utilisées par les américains pour réparer et entretenir leurs avions, en particulier les bombardiers lourds (Boeing B-17, Flying Fortress...).

Le , un raid de bombardiers de l'USAAF fait de nombreux morts sur l'axe des actuelles « Rue du Général de Gaulle - Rue du docteur Rousseau », le mémorial de 1914-1918 situé aux « deux-ponts » fut endommagé à cette occasion. L'attaque serait due à une erreur d'identification de cible, en effet à cette époque, le débarquement venait de commencer et les aviateurs ont semble-t-il cru à des renforts ou des fuyards allemands lorsqu'il aperçurent nombre d'habitants dans ces rues. Ils provoquèrent la mort de 70 personnes en en blessant 59 autres, uniquement des civils[6].

HéraldiqueModifier

Les armes de Merville se blasonnent ainsi : « Coupé d'or sur azur, à trois fleurs de lys de l'un en l'autre. »

ToponymieModifier

  • Merville: Merkem/Mergem et Meerghem en flamand.
  • Caudescure: Koudeschure en flamand. Ce qui signifie "grange froide". L'orthographe a donc été francisée.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1804 Delpierre    
1805 Maniez    
1808 Philippe Harduin    
1812 Antoine Williot    
1814 De Songnies    
1816 Joseph Verhaeghe    
1830 Jean-Marie Olivier    
1862 Antoine Verhaeghe    
1872 Philippe Duhamel    
1880 Emile Bouilliez    
1881 Achille Delassus    
1892 Charles Duhamel    
1893 Achille Delassus    
1904 Antoine Grillet    
1908 Aimable Wambergue   Notaire
1912 Orphée Variscotte   Industriel
1914 Jean Bouilliez    
1918 Benjamin Degruson    
1925 Orphée Variscotte   Industriel
Conseiller général du canton de Merville (1919 → 1922)
1944 Albert Quille    
1949 Marcel Wantiez    
1968
(décès)
Frédéric de Jonghe SFIO Conseiller général du canton de Merville (1964 → 1968)
1971 Maurice Filleur    
1977 Oscar Delache    
1983 Francis Bouquet    
1995 Alfred Foy DVD Professeur de collège
Sénateur du Nord (1992 → 2001)
Conseiller général du canton de Merville (1988 → 2001)
mars 2008 Jean Rapaille DVD  
mars 2014 Jacques Parent PS Gérant de société
Conseiller général du canton de Merville (2008 → 2015)
En cours Joël Duyck DVD Cadre du secteur privé
Les données manquantes sont à compléter.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9].

En 2017, la commune comptait 9 720 habitants[Note 1], en augmentation de 2,69 % par rapport à 2012 (Nord : +0,67 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5 5805 3015 5205 9095 8646 2586 2826 0795 954
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
6 2366 5216 7536 8446 9127 0287 2557 5737 720
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
7 6767 6217 5615 3196 6756 7517 0897 3767 890
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
8 2898 6018 6589 0509 0268 9038 7658 7438 720
2013 2017 - - - - - - -
9 7139 720-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âgesModifier

Pyramide des âges à Merville en 2007 en pourcentage[12].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,3 
90 ans ou +
0,7 
5,2 
75 à 89 ans
9,1 
11,0 
60 à 74 ans
12,8 
21,1 
45 à 59 ans
19,3 
20,5 
30 à 44 ans
19,8 
19,3 
15 à 29 ans
17,7 
22,5 
0 à 14 ans
20,6 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[13].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

ÉconomieModifier

Agro-alimentaire
Métallurgie
  • L'ancienne fonderie Franco-Belge, devenue Staub fonderie, spécialiste en ustensiles de cuisine de haut de gamme.
Aéronautique

TraditionsModifier

 
Le Caou
  • Fêtes communales. À Pâques et à l’occasion de la Fête nationale.
  • Cortège Carnavalesque du Lundi de Pâques. Y défilent les sociétés locales et étrangères, ainsi que les géants mervillois « le Caou » et « Saint-Antoine », le char de clôture représentant la tentation de Saint-Antoine.
  • Fête de la Lys. Initiée par Lys sans Frontières. Les Prés de la ville sont le principal théâtre des nombreuses manifestations : marché du terroir, guinguette au bord de l’eau, promenades en bateau…
  • Fête de la Musique. Depuis le , des artistes comme le JAM, Miguel, Isme, Heart Of Ice, etc.
  • Joutes nautiques. Les Fêtes du et du sont les deux rendez-vous annuels des jouteurs.
  • Foire agricole, avicole, industrielle, commerciale et artisanale.
  • Parade de St Nicolas. Par l’association des Amis de Saint-Nicolas.

Lieux et monumentsModifier

 
Eglise Saint-Pierre

La ville ayant été complètement détruite lors de la Première Guerre mondiale, elle ne comporte pas de bâtiments anciens.

  • Hôtel de Ville. Inauguré le , l'hôtel de ville est construit dans le style de la Renaissance Flamande. Louis Marie Cordonnier en est l'architecte. Escaliers centraux imposants, salons d'honneurs et salle du conseil municipal au parquet lustré et vitraux aux couleurs des villes avoisinantes, plaques commémoratives...
  • Église Saint-Pierre. Après la Première Guerre mondiale, l'église de Merville est complètement détruite. La construction du nouvel édifice est confiée à Louis Cordonnier. La première pierre est posée le . Deux hautes tours carrées, surmontées d'une calotte byzantine, sur la place Bruël. L'église abrite : la piéta, copie de la Piéta du Bernin conservée dans l'église Saint-Jean de Latran à Rome ; le chemin de croix, peint en 1892-1893 par Pierre de Conincq ; la cuve des fonts baptismaux en pierre blanche; les orgues construites en 1928 par François Didier, facteur d'orgues à Epinal, récemment rénovées et bénies par Mgr Defois.
  • Le kiosque. Sur la place Jean-Baptiste Lebas, le kiosque à musique a été construit par les architectes Legrand, Bedu et Gruson. Il abrite généralement les concerts d'été de l'Harmonie municipale. En 2002, la municipalité a confié aux services techniques et à un chantier école, la réfection complète du kiosque.
  • Maison de retraite Léon-Duhamel 1923. La maison de retraite mervilloise a été créée en 1894. Détruite lors de la Première Guerre mondiale, elle voit ses bâtiments actuels être construit en 1923 par l'architecte L'Hermite.
  • Orphelinat Saint-Victor 1920-25. À l'initiative de Victorine Deroide, fin XVIIIe siècle, est construite la maison Saint-Victor, entourée d'un parc, avec pelouse et massifs arborés. Confié à la congrégation des Sœurs de l'Enfant Jésus, l'établissement accueille depuis la Première Guerre mondiale des enfants de 3 à 18 ans.
  • Couvent Saint-François d'Assise. Ce bâtiment accueillait jusqu'en 2002 la congrégation des Petites Sœurs de Saint-François d'Assise (infirmières).
  • Château Arnould. Bâtiment communal, le château Arnould abrite bon nombre de services (Anpe, mission locale, salles des associations) mais également le musée des Amis du Vieux Merville.
  • Maison diocésaine d'accueil : bâtiment appartenant au diocèse. Reconstruit de 1924 à 1926 par Louis Cordonnier, c'est un séminaire jusqu'en 1970 et depuis transformé en lieu de réunions, de retraites spirituelles. Elle possède un orgue Cavaillé-Call de 1892 installé dans la chapelle par le facteur d'orgues Gonzales en 1953.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Louis Fruchart, royaliste, résistant contre-révolutionnaire, né au hameau du Robermetz, Merville le .
  • Robert Bart (1930-2003), athlète international, spécialiste du 400 mètres haies.
  • Ouvrard Pierre-Albert 1922-1943 résistant armé 1941-1943, né le 28-8-1922 à Merville et fusillés par les Allemands le 7-2-1943, une victime du Charnier de la Serna, inh. à Flobecq en Belgique le 30-6-1945, (voir livre sur les 241 victimes du "Charnier de la Serna" à Jumet. auteur Aubry Jean-Marie 1996. Fleurus).
  • Arlette Chaumorcel [14] née le 20 mai 1935 à Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) est une poétesse et romancière qui réside à Merville (Nord).

Merville : Ville InternetModifier

Depuis 1999, le label des Villes Internet, illustré par l’octroi d’une à cinq @, offre à la collectivité locale la possibilité de montrer son implication et sa volonté dans la promotion et la mise en œuvre d’un Internet local citoyen à la disposition de tous pour l’intérêt général. Il est attribué par un jury d’experts engagé pour l’Internet citoyen.

  • 2002 : Ville Internet 1@
  • 2003 : Ville Internet 1@
  • 2004 : Ville Internet 3@
  • 2005 : Ville Internet 4@
  • 2006 : Ville Internet 4@ Mention libre
  • 2007 : Ville Internet 4@
  • 2011 : Ville Internet 3@[15].

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Centre de Recherche généalogique Flandre-Artois
  2. Mémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, Année 1855, page 176, lire en ligne
  3. a et b Louis de Backer, Château de la Motte-au-Bois, Douai,1843, in-4° ,71 pp. avec 2 lith., p. 41, lire en ligne
  4. Louis de Backer, Château de la Motte-au-Bois, Douai,1843, in-4° ,71 pp. avec 2 lith., p. 27, lire en ligne
  5. Annuaire Ravet Anceau Département du Nord Année 1922
  6. Merville : le 12 juin 1944, 70 habitants mouraient sous les bombardements américains, une cérémonie ce jeudi
  7. Mairie de Merville
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  12. « Évolution et structure de la population à Merville en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 30 juillet 2010)
  13. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 » [archive du ], sur le site de l'Insee (consulté le 30 juillet 2010)
  14. « MERVILLE - La poétesse Arlette Chaumorcel désignée officier des Palmes académiques », sur La Voix du Nord, (consulté le 17 mai 2020)
  15. N. G., « Villes Internet : 32 communes du Nord - Pas-de-Calais récompensées », La Voix du Nord, (consulté le 14 janvier 2010)