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Côte-d'Or

département français

HistoireModifier

Le département de la Côte-d’Or a été créé le par l'Assemblée constituante à partir de l'ancienne province de Bourgogne, province à laquelle le département fut toujours intimement lié. Il fut divisé en sept districts : Arnay-le-Duc, Beaune, Châtillon-sur-Seine, Dijon, Is-sur-Tille, Saint-Jean-de-Losne et Semur-en-Auxois. Le 17 février 1800, les sept districts furent transformés en quatre arrondissements : Dijon, Beaune, Châtillon-sur-Seine et Semur-en-Auxois[2]. Le 10 septembre 1926, les arrondissements de Châtillon-sur-Seine et Semur-en-Auxois furent supprimés au bénéfice de Montbard.

Origine du nomModifier

 
Morey-Saint-Denis, à l'automne.
 
Vignoble de Beaune en automne.

Une légende créée, « de mémoire de famille », en 1896 par un érudit dijonnais Henri Chabeuf, et régulièrement entretenue depuis lors, veut que le nom de Côte-d'Or soit dû, à l’aspect poétique et grandiose de la côte en automne, et à l'initiative d'André-Rémy Arnoult, député constituant de Dijon. Mais il n'en est rien.[3].

La réorganisation administrative de la France est mise en place au tout début de la Révolution, et les départements sont créés dès février 1790. Conformément aux principes arrêtés alors par l'Assemblée Constituante, la Côte-d'Or est dénommée, comme tous les autres départements, selon des critères « physiques et immuables comme la nature » (Target, membre du Comité de Division, séance de l’Assemblée Nationale Constituante du 27 février 1790). De fait les noms de tous les départements font références aux reliefs ou rivières qui les caractérisent. La Constituante, si pénétrée de principes égalitaires, ne peut avoir dérogé à ses principes pour la seule « Côte d’Or ».

C’est donc bien la caractéristique géographique de l’escarpement de la Côte, séparant la moitié ouest montagneuse du département, (partie du Morvan, haut Auxois, plateaux calcaires), de la plaine de la Saône, située à l’est, qui a retenu l’attention du Comité, et de ses experts géographes, chargé de la Division de la France.

La côte, en tant que montagne, est figurée par les géographes sur les cartes depuis 1584 (CARTE BURGUNDIAE INFERIORIS QUE DUCATUS NOMINE CENSETUR par Ortelius A. éditée à Anvers en 1584 par J & B Moretus, rééditée en 1612, BnF GE DD-2444). Quant au nom, Guillaume Delisle, important géographe du Roi et membre de l'Académie Royale des sciences, semble bien en être le précurseur dans une carte de 1703, et surtout dans une carte dressée en 1709 par ordre des Élus Généraux de la Province de Bourgogne (CARTE DU DUCHÉ DE BOURGOGNE ET DES COMTEZ EN DEPENDANTS, dressée par ordre des élus généraux de la Province, par Guillaume Delisle, géographe du Roi et membre de l’Académie royale des Sciences, Paris 1709, AN NN 58-27 et ADCO C 3529). Les reliefs y sont bien dessinés, une ligne de Côte apparaît clairement selon une topographie encore plus pittoresque que géométrique, mais pour la première fois elle est nommée « LA COSTE » entre NUITS et DIJON. C'est ce nom, seul, qui va désormais identifier la « Montagne » entre Beaune et Dijon.


« CÔTE D’OR » n’apparaît pour la première fois qu’au moment de dénommer le département, dans le texte des décrets collationnés le 27 février 1790 par le Président et les Secrétaires de l’Assemblée Nationale, et simultanément pour dénommer désormais sur les cartes, la côte entre BEAUNE et DIJON.

Rien n’indique dans les Archives Nationales comment ce nom est alors créé de toutes pièces. Mais, conformément aux principes de la Constituante, c’est bien dans les caractéristiques géographiques qu’il faut en chercher l’origine. Le nom « La Coste » ou « La Côte », seul,  était d’usage, et son orientation à l’orient était communément décrite dans la plupart des ouvrages de l’époque, en faisant naturellement LA caractéristique géographique du nouveau département.

Quant à la troncation d’Orient en Or, en l’absence de toute trace de délibérations du Comité de Division, et de toute autre explication crédible, elle paraît relever d’une interférence avec le Mont d’Or sur lequel, les membres du Comité de Division, renoncent au même moment à fonder le nom du département du Puy de Dôme, d’autant que la connotation méliorative en fait un référent idéal évoquant la valeur du vignoble.


Plus d'un siècle plus tard, ce nom inspira l'écrivain dijonnais Stéphen Liégeard, lorsqu'il baptisa une portion du littoral méditerranéen du nom de Côte d'Azur[4].

Ses habitants sont appelés les Côte-d'Oriens et Costaloriens[2].

XIXe siècleModifier

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

XXIe siècleModifier

Au , la région Bourgogne, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Franche-Comté pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

GéographieModifier

Article détaillé : Géographie de la Côte-d'Or.
 
La Côte-d'Or.

La Côte-d'Or fait partie de la région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est limitrophe des départements de l'Yonne, de la Nièvre, de Saône-et-Loire, du Jura, de la Haute-Saône, de l'Aube et de la Haute-Marne. Cinquième département par la taille derrière la Guyane et trois départements de la région Aquitaine, la Côte-d'Or couvre de nombreux espaces à la géographie bien distincte.

Le parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne est situé dans le Nord du département[5].

Le département de la Côte-d'Or possède une exclave au sud-ouest de son territoire, la commune de Ménessaire (limitrophe des départements de la Nièvre au nord et de Saône-et-Loire au sud).

Cours d'eauModifier

La Côte-d'Or se situe sur le seuil de Bourgogne, partageant les bassins versants de la Seine, du Rhône (de la Saône) et de la Loire. Le point de jonction des trois bassins versants se situe sur la commune de Meilly-sur-Rouvres. Sur le département coulent des affluents de chaque fleuve, notamment :

TopographieModifier

 
(image)
 
(relief)

La Côte-d'Or est divisée en quatre grands ensembles topographiques : le Morvan au sud-ouest, les plateaux de Langres-Châtillonnais dans la moitié nord-ouest, la plaine de la Saône au sud-est et l'Auxois au centre-ouest.

Le point culminant du département, 723 m (Mont de Gien) se situe dans le Morvan, dans l'exclave de Ménessaire alors que le point le plus bas 174 m se trouve à la sortie de la Saône sur la commune de Chivres.

ClimatModifier

Article détaillé : Climat de la Côte-d'Or.

Le climat de la Côte-d'Or, climat à tendance continentale, est altéré dans ses différentes parties et présente alors plusieurs faciès comme :

  • la vallée de la Saône, qui est à tendance continentale Côte d'Or
  • le Morvan ou sur les sommets des Côtes, où l'on retrouve plus un climat de moyenne montagne
  • le plateau de Langres où les hivers sont longs, froids avec très souvent des gelées.

D'une manière générale, les étés peuvent être chauds et secs ; quant aux hivers, ils sont généralement froids et humides avec de fréquentes chutes de neige.

ÉconomieModifier

La Côte-d'Or est au cœur d'un réseau routier, autoroutier, ferroviaire et fluvial dense. L'activité économique du département est pour 70 % tertiaire, 25 % industrie, 5 % agriculture. Les secteurs industriels les plus représentés sont :

  • bâtiments travaux publics (plus de 1 300 établissements)
  • agroalimentaire (plus de 400 établissements)
  • métallurgie (avec la Metal Valley à Montbard)
  • mécanique
  • électrique-électronique
  • chimie-pharmacie.

L'industrie agroalimentaire et l'agriculture représentent un axe à forte valeur ajoutée actuellement mis en valeur par le projet Vitagora (goût - nutrition - santé) qui est en compétition pour devenir le premier pôle de compétitivité français sur cette thématique. Outre Vitagora, le département compte aussi le Pôle nucléaire Bourgogne comme pôle de compétitivité. On trouve aussi sur le département plus de 2 000 PME-PMI employant environ 50 000 personnes.

DémographieModifier

 
L'agglomération dijonnaise regroupe près de la moitié de la population du département.
Article détaillé : Démographie de la Côte-d'Or.

Les habitants de la Côte-d'Or sont appelés les Côte-d'Oriens (ou, rarement, les Costaloriens[6],[7],[8],[9]).

Le département se classe dans la moyenne des départements français pour sa population (50e sur 100), mais en raison de sa superficie, sa densité est faible (56 hab km−2) à l'échelon national (63e).

Malgré le dépeuplement des milieux ruraux, constituant une grande partie du département, le relatif dynamisme démographique de Dijon permet à la population du département de croître à chaque recensement et de dépasser les 500 000 habitants.

Évolution de la population depuis un demi-siècle[10] :

Évolution démographique
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2010
356 839387 869421 192456 070473 548493 866506 755517 168524 358
2013 2015 2016 - - - - - -
529 761533 147533 216------
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes.

La commune la plus peuplée est Dijon avec 155 114 habitants. La commune la moins peuplée est Menesble avec 10 habitants.

En 2015, quinze communes du département de la Côte-d'Or dépassaient 5 000 habitants. En voici la liste ci-dessous:

Rang Nom de la commune Population municipale

(2015)

1 Dijon 155 114
2 Beaune 21 661
3 Chenôve 13 962
4 Chevigny-Saint-Sauveur 11 574
5 Talant 11 439
6 Quetigny 9 651
7 Longvic 8 981
8 Fontaine-lès-Dijon 8 881
9 Auxonne 7 743
10 Saint-Apollinaire 7 302
11 Nuits-Saint-Georges 5 552
12 Châtillon-sur-Seine 5 385
13 Genlis 5 342
14 Montbard 5 331
15 Marsannay-la-Côte 5 192

CultureModifier

Article détaillé : Culture dans la Côte-d'Or.

Voir aussi Catégorie:Culture dans la Côte-d'Or.

Un nombre important d'artistes français sont originaires de la Côte-d'Or. Parmi les peintres, Antoine Gadan et Louis Carbonnel.

La culture du département est intimement liée à son patrimoine. La Saint-Vincent tournante est une institution dans le monde du vignoble.

La culture de la vigne fait partie de la culture et du patrimoine du département notamment de l'axe Dijon-Beaune comme en témoigne la reconnaissance au patrimoine mondial de l'UNESCO des Climats du vignoble de Bourgogne.

TransportModifier

Le département est traversé par de nombreuses autoroutes (A6, A31, A36, A38, A39) en étoile autour de Dijon et Beaune. Il est également traversé par les rails du TGV (LGV Sud-Est, LGV Rhin-Rhône). Il n'y a aucune gare propre au TGV dans le département, mais il fut projeté un temps de créer une gare aux environs de Saulieu et de Liernais[7],[11].

TourismeModifier

Hauts-lieuxModifier

 
Paysage typique du vignoble bourguignon.

La Côte-d'Or dispose d'atouts touristiques parmi lesquels un patrimoine culturel non négligeable.

On peut citer :

  • Dijon, ville à secteur sauvegardé, et classée ville d'Art et d'Histoire, son palais des Ducs et des Etats de Bourgogne- musée des Beaux-Arts, ses églises Notre-Dame et Saint-Michel, sa cathédrale Saint-Bénigne, son musée archéologique, son musée de la Vie bourguignonne et d'Art sacré, son musée Rude, son musée Magnin , son jardin Darcy, son jardin des Sciences-Parc de l'Arquebuse, ses parcs, son lac Kir et sa chartreuse de Champmol avec puits de Moïse ;
  • Beaune, son hôtel-Dieu-hospices de Beaune, sa collégiale Notre-Dame, son hôtel de la Rochepot, son musée des Beaux-Arts ,ses parcs, son circuit des remparts, ses caves et sa moutarderie Fallot ;
  • l'abbaye de Fontenay, classée au patrimoine mondial de l'Unesco , à Marmagne ;
  • l'abbaye Notre-Dame de Cîteaux, berceau de l'ordre cistercien ;
  • le trésor de Vix et son cratère, le fameux vase de Vix, datant de l'âge de Fer, conservé au musée du Pays Châtillonnais à Châtillon-sur-Seine ;
  • l'église romane Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine, datant en partie du Xe siècle ;
  • Alésia (Alise-Sainte-Reine), son MuséoParc ;
  • la cité de Buffon, son parc, son musée à Montbard ;
  • les forges de Buffon ;
  • le château de Bussy-Rabutin ;
  • le château de la Rochepot ;
  • le château de Châteauneuf ;
  • le château de Montfort ;
  • le château du Clos de Vougeot ;
  • le château de Savigny-les-Beaune ;
  • le château de Pommard ;
  • le château de Meursault ;
  • le château de Commarin ;
  • le château de Talmay ;
  • la Route des Grands Crus allant de Dijon à Santenay ;
  • Semur-en-Auxois, cité médiévale, sa collégiale Notre-Dame et son musée municipal ;
  • Auxonne, ses maisons, ses fortifications, son arsenal et son église Notre-Dame ;
  • le canal de Bourgogne et son tunnel à Pouilly-en-Auxois ;
  • la basilique Saint-Andoche de Saulieu ;
  • l'église abbatiale de Saint-Seine-l'Abbaye ;
  • l'église de Saint-Thibault ;
  • les sources de la Seine et son temple dédié à Sequana à Source-Seine ;
  • Flavigny-sur-Ozerain : village médiéval, sa fabrique d'anis artisanale et son domaine de Flavigny-Alésia ;
  • le Cassissium à Nuits-Saint-Georges ;
  • le musée Papotte- Artisanat et vie rurale à Bligny-sur-Ouche ;
  • le parc-musée Noisot de Fixin ;
  • les jardins de Barbirey-sur-Ouche .

La Côte-d'Or présente également des paysages et des panoramas variés :

DiversModifier

Barycentre de la zone EuroModifier

Autrefois dans la Nièvre, depuis le , après l'adhésion de la Slovaquie dans la zone Euro, le centre géographique de cette zone est situé sur le département, près de la commune de Liernais en 2010 puis, avec l'arrivée de l'Estonie, près de celle de Villy-en-Auxois[12].

HéraldiqueModifier

 
Blason de la Côte-d'Or.

Blason de la Côte-d'Or : coupé, au premier parti, en I : d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée de gueules et d'argent ; en II : bandé de six pièces d'azur et d'or à la bordure de gueules ; au deuxième d'or plain.

Ce blason a été dessiné par Robert Louis et n'a strictement rien d'officiel.

PolitiqueModifier

 
Préfecture de la Côte-d'Or.

PersonnalitésModifier

  • Charles-André-Rémy Arnoult, député qui a choisi le nom du département.
  • Bossuet, né à Dijon, historien, ardent défenseur de la cause catholique.
  • Buffon , grand naturaliste, né à Montbard.
  • Gustave Eiffel, ingénieur et entrepreneur, né à Dijon ; on lui doit la célèbre tour parisienne qui porte son nom.
  • Claude Guyot, homme politique, député de la Côte-d'Or (1945-1946), résistant, écrivain, président du Comité Départemental de la Libération de la Côte-d'Or, maire d'Arnay-le-Duc (1926-1965).
  • Le chanoine Kir, né à Alise-Sainte-Reine, résistant, député et maire de Dijon
  • Stéphen Liégeard, écrivain ; il est à l'origine du nom Côte d'Azur pour désigner le littoral du Sud-Est de la France.
  • Hippolyte Michaud, né à Beaune, peintre.
  • François Pompon, né à Saulieu, sculpteur.
  • François Rude, né à Dijon, sculpteur.
  • Henri Vincenot, né et mort à Dijon, peintre, écrivain.
  • Xari, né à Dijon, streameur et animateur
  • Famille Carnot, ayant vécu à Nolay, personnalités politiques et militaires.

Notes et référencesModifier

  1. Pierre Laberrondo, « Jeu de chaises musicales dans la préfectorale et retour de l’ex-patron du CGET », acteurspublics.com, (consulté le 27 avril 2018)
  2. a et b Pierre Foncin, Les 86 départements de la France, Librairie Armand Colin, , 55 p., p. 18
  3. Louis-Régis AFFRE, "Côte d'Or, un nom et des légendes", Centre Beaunois d'Etudes Historiques, Mémoires - tome XCVIII, 2018.
  4. Site de RTL, article de Stéphane Bern, "Pourquoi la Côte d'Azur doit son nom à la Côte d'Or ?", publié le 13 juillet 2017
  5. http://www.parc-chatillonnais.com/
  6. Marie Morlot, « Costaloriens au lieu de Côte-d'Oriens ; les journalistes du Nouvel Obs s'expliquent », sur Le Bien public, (consulté le 9 juillet 2014)
  7. a et b Interview de Yves Burgalat, ancien préfet de la Côte-d'Or dans la Gazette du Morvan
  8. Patrick Dérienne, Petit atlas de la France : Départements et territoires d'Outre-mer, Ouest-France, (ISBN 2-7373-1227-2 et 978-2-7373-1227-4)
  9. Mérienne, Patrick., Petit atlas de la France : départements et territoires d'Outre -Mer, Ed. Ouest-france, (ISBN 2737323193 et 9782737323195, OCLC 39362626, lire en ligne)
  10. *.INSEE.
  11. [1]
  12. La zone euro sur le site Lormes.net.

Voir aussiModifier